Merci à Lololitaoe, bêta de choc !
CHAPITRE 9
Harry se réveilla tôt le lendemain, malgré l'heure tardive à laquelle il s'était couché. Il avait mal dormi. Il se sentait nerveux à l'idée de la conversation qu'il allait avoir avec son directeur. Il s'habilla sans faire de bruit, pour ne pas réveiller Ron, et descendit à la cuisine. Il trouva Hermione déjà attablée, avec un gros livre posé devant elle, et Molly s'affairait à finir de préparer le petit déjeuner.
-Bonjour Mesdames ! Lança Harry en faisant une petite courbette.
Molly lui offrit un sourire, et Hermione leva les yeux au ciel.
-Bonjour mon chéri. Toasts ?
-Oui, merci.
-Salut Harry. Tu as bien dormi ?
-Très bien, mentit le Survivant, sous le regard peu convaincu de son amie.
Ils eurent tout juste fini leur petit déjeuner quand Ron se leva à son tour. Il engloutit rapidement le sien, et les trois jeunes gens se levèrent pour aller dans le salon. Ils ne savaient pas exactement à quel moment Dumbledore arriverait.
-Harry, commença Hermione, j'ai trouvé un sortilège assez intéressant qui fonctionnera peut-être pour décrocher le tableau de la mère de... Sirius. Enfin, si tu veux toujours t'en débarrasser ?
-Oh oui. Entre autres choses. Il leva les yeux vers l'immonde arbre généalogique qui tapissait le salon. Faudra enlever ça aussi.
Hermione sourit.
-On pourra s'en occuper un peu plus tard, dans ce cas. Et je...
Un bruit de sonnette l'interrompit. Quelques instants plus tard, le Directeur de Poudlard fit son entrée, suivi par un plateau de thé.
-Bonjour les enfants.
Les trois jeunes répondirent à ses salutations en choeur.
Le vieil homme leur proposa du thé. Harry s'installa en face du Directeur.
-Ils peuvent rester ?
-C'est à toi de décider.
-Très bien. Alors ils peuvent.
-Bien. Harry, il y a beaucoup de choses que nous devrons voir aujourd'hui, alors si tu permets nous allons commencer de suite.
Le directeur sortit une sacoche de sa poche, et lui redonna sa taille normale. Il en sortit une grosse boîte qu'il posa devant lui.
-J'ai ici le testament de tes parents. Il y a plusieurs choses. (Il prit une grosse enveloppe dans la boîte.) Je te fais grâce des formules d'usage. Les Potter étaient plutôt riches et politiquement influents. Il n'étaient pas des Sangs-Purs et sont toujours restés discrets. Il n'y a que trois familles de Sang-Mêlé au Magenmagot et ils en faisaient partie. Ton père était enfant unique, tu hérites donc des biens de la famille, qui sont assez conséquents. Il y a bien sûr la maison de Godric's Hollow, enfin ce qu'il en reste...
Harry le coupa.
-Ma famille ? Influente ?
-Oui, Harry. Leur lignée reste ancienne, même si des Moldus sont entrés dans leur famille. Ils ont su garder le respect des autres, car leurs idées étaient justes.
-Et le fait que ma mère était une née de moldue n'a jamais posé de souci ?
-C'est ça. Je te propose de finir ça, et ensuite nous verrons si tu as des questions.
Ses deux amis s'étaient rapprochés de lui, en signe de soutien. Le Directeur continua.
-Il y a également le manoir familial. Enfin, ce n'est pas vraiment un manoir, c'est plutôt une grande maison, qui ne se situe pas très loin de Poudlard, un peu plus au sud. La bâtisse est ancienne, mais elle est entretenue par plusieurs elfes de maison. Il y a aussi pas mal de liquidités, dans le coffre de tes parents. Tous les biens de la famille y sont, y compris la clé de la maison. Les gobelins s'occupent d'administrer les affaires, notamment les actions qui apportent de l'argent tous les mois. Si tu le veux, cela peut continuer jusqu'à ce que tu puisse tout reprendre en main. Il y a là toute une liste des affaires en cours, et des derniers versements effectués, notamment aux Dursley. (Il lui tendit un rouleau de parchemin) et là, le sceau des Potter.
Il ouvrit une petite boite qui contenait une chevalière. Il la tendit à Harry, qui la prit lentement. Un P était gravé dessus, entrelacé avec ce qui semblait être du lierre.
-Attendez... Harry pâlit. Les Dursley percevaient une pension?
-Bien sûr... Environ 40 Gallions par mois il me semble. Tu ne le savais pas? Tout est détaillé là-dessus. Pour ce qui est de ton héritage par ton parrain, il y a comme tu le sais la maison ici et un coffre. Il voulait te faire hériter du blason aussi, mais ce n'est pas possible pour le moment. Il était certes le dernier héritier mâle, mais d'autres Black sont encore en vie.
Harry retint une grimace. D'autres Black. Comme Narcisssa. Comme Bellatrix.
-As-tu des questions ?
-Je euh... dois faire quoi avec le sceau ?
-Tu peux l'utiliser pour les correspondances et il te donnera accès au coffre de tes parents. Porte le simplement comme une bague. Il devrait s'adapter tout seul à ton doigt.
-Oh… Et pourquoi... Je veux dire, pourquoi je n'ai rien su de cela avant ?
Dumbledore sembla gêné.
-Je ne voulais pas te lancer là-dedans. Et le testament officiel n'a été déverrouillé qu'au moment de ta majorité. Avant cela, personne n'aurait pu y accéder.
-Pourquoi ne me l'a-t-on pas envoyé directement ?
-Je me suis présenté à la banque avant le départ du courrier. Les Gobelins me connaissent depuis longtemps.
Harry était dubitatif. C'était tout de même étrange que les Gobelins confient aussi facilement des papiers aussi importants à quelqu'un d'extérieur à la famille.
-Il y a ceci aussi, continua le vieil homme.
Harry prit une petite enveloppe magiquement scellée que lui tendait le Directeur. Il ne pu l'ouvrir qu'après avoir apposé une goutte de son sang. Il déplia le parchemin lentement, ses deux amis lisant par dessus son épaule.
"Harry
Si tu as cette lettre, c'est que nous n'avons pas survécu et nous en sommes profondément désolés. Nous avons fait le nécessaire pour que tu sois à l'abri du besoin. Nous te laissons découvrir ton héritage tranquillement.
Nous savons que Sirius t'as offert tout l'amour que nous t'aurions nous-même donné. Nous ne regrettons pas nos choix, mais nous aurions aimé être à tes côtés.
Tu dois savoir que nous sommes fiers de toi, et que nous t'avons aimé de tout notre cœur, de toute notre âme. De là où nous sommes, nous continuons à t'aimer. Nous te souhaitons une longue et heureuse vie. Un jour nous nous retrouverons...
Joyeux Anniversaire, fils.
Lily et James Potter"
Une larme roula sur la joue de Harry, et ses amis l'entourèrent de leur bras. Le Directeur regarda le trio, leur laissant le temps d'assimiler tout ce qui était écrit.
Harry releva les yeux, le visage à présent fermé.
-Est-ce tout ?
-Oui.
-Très bien. J'ai une requête à faire.
Dumbledore soupira.
-Je t'écoute.
-Je veux entrer dans l'Ordre.
Ron et Hermione le regardèrent, ébahis. Ils ne s'attendaient visiblement pas à ce que leur ami soit aussi direct.
-Nous aussi !
-Vous êtes trop jeunes... Harry, il faut...
-Non, Monsieur. Selon vous je suis trop jeune ? Qui a été marqué ? Qui doit détruire Voldemort ? Depuis que je suis entré à Poudlard, je n'arrête pas de lui faire face. Je suis plus âgé que la première fois où j'ai eu à faire à lui... Je suis majeur. Nous le sommes tous les trois. Je pense que nous avons le droit d'en faire partie... Je ne demande pas à connaître tous vos secrets, mais je veux savoir la vérité. Je veux être prêt le jour où... ça arrivera.
-Harry. J'ai prévu un entraînement spécial pour toi. Tu n'as pas besoin de faire partie de l'Ordre pour ça. Tu seras prêt.
-C'est à dire ?
-Le Professeur Snape s'occupera de t'enseigner certaines choses tout au long de l'année. Il commencera avant la rentrée, sans doute la semaine prochaine. Tu seras largement assez préparé. Et d'ailleurs, Monsieur Weasley, il vous prendra en Potions si vous le voulez.
Harry croisa les bras, le regard froid.
-J'ai une condition pour suivre votre programme.
Le directeur soupira, se doutant déjà de ce que le jeune homme dirait.
-Laquelle ?
-Je... Nous voulons entrer dans l'Ordre. Vraiment.
A cet instant, Dumbledore eut vraiment l'air très, très vieux.
-Bien. J'organiserai une réunion avec les anciens. Il y aura un vote... comme pour chaque nouveau membre. Je vous ferai part de notre décision après la rentrée. Si vous deviez y entrer, ne vous attendez pas à avoir une quelconque mission tant que vous serez scolarisés. Maintenant, pour ce qui est des cours... Tu vas commencer les entraînements avant la rentrée, Harry. Le Professeur Snape viendra ici te dispenser des leçons tous les jours, en attendant que tu reviennes à l'école. Et j'attends de vous que vous fassiez des efforts pour vous entendre.
-C'est lui qui me déteste, bougonna le brun.
Dumbledore soupira et prit congé.
Les trois jeunes gens restèrent un moment silencieux, pendant que Harry jetait un œil aux autres papiers qui avaient accompagné l'enveloppe scellée. Il ferma un instant les yeux.
-Vous ne trouvez pas ça bizarre ?
-De quoi parles-tu, Harry ?
-Mes parents m'avaient apparemment confié à Sirius. Pourquoi suis-je allé chez les Dursley ?
Hermione fronça les sourcils.
-Mais enfin, Sirius était à Azkaban...
-Oui... Et il nous avait dit ne pas avoir eu de réel procès. Pourquoi Dumbledore n'a pas usé de son influence pour cela ?
-Avec Voldemort, il n'en a peut-être pas eu le temps...
Le jeune homme n'était pas vraiment convaincu par cette hypothèse. Il devrait sans doute songer à aller voir les Gobelins.
Au début de la semaine suivante, les deux derniers Weasley, Molly, Hermione et Harry allèrent au Chemin de Traverse pour faire leurs achats scolaires. L'ambiance avait bien changé. Plusieurs boutiques étaient fermées, et les gens ne flânaient plus. Les attaques de Mangemorts étaient régulières, et on voyait que la foule n'était pas aussi calme que les autres années. Tout le monde passa d'abord à la banque. Harry dut signer quelques papiers pour percevoir légalement son héritage et demanda à récupérer la clé du Manoir Potter, en cas de besoin. Il retira aussi de l'argent, plus que d'habitude, assez pour faire ses courses et en avoir encore sur lui pour Noël et le reste de l'année. On n'était jamais trop prudent. Il ne fit cependant rien d'autre. Il préférait être seul pour demander plus d'explications sur son héritage. Ils passèrent ensuite chercher de nouvelles robes, refaire le plein d'ingrédients (Harry dut en prendre un peu plus, Snape voulant lui donner des cours avant la rentrée), acheter des plumes et des parchemins et chercher leurs livres.
Harry s'éloigna du groupe quelques instants, et aperçut Draco Malfoy. Il était accompagné d'une femme, sans doute sa mère, à qui il tenait le bras. Le jeune homme passa tout près de lui, et Harry le trouva plus pâle qu'à l'ordinaire. Il arborait une expression soucieuse, loin de sa façade arrogante habituelle. Ils n'échangèrent pas un mot, mais leurs yeux s'accrochèrent quelques instants. Ceux du blond étaient étrangement vides, alors que ceux du brun reflétaient ses interrogations.
Harry remisa cette rencontre dans un coin dans son esprit et rejoignit les autres.
L'après-midi passa rapidement, et ils ne s'attardèrent pas pour manger leur habituelle glace. Ils s'étaient quand même arrêté à la boutique des jumeaux, toujours aussi impressionnante et avaient refait le plein de douceurs.
Il ne restait plus que trois semaines avant la rentrée.
