Titre : Meilleurs Ennemis (beurk)
Auteur : Syhdaal
Genre : Weiss to the rescue ! Si si… Bon bientôt quoi!
Base : Weiss Kreuz
Couples : Constatez par vous-même… On me pousse au crime.
Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…
Ai-je déjà mentionné que je haïssais l'école ? Et les maths ? Et ce titre ?
Bon… Etant donné que certaines personnes dont je ne citerai pas le nom me poussent au crime (elles se reconnaîtront… Nan mais vous avez pas honte vous deux ! Me faire ça à moi qui suis pure et innocente !)… Et qu'elles veulent absolument le caser le Yohtan, eh ben voilà !… Je vais me cacher…
P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.
Meilleurs Ennemis
Chapitre 9
Devant le vent de panique qui avait saisi Schuldig, Yohji décida d'intervenir et lui attrapa les mains pour le forcer à s'immobiliser. Schuldig se dégagea presque aussitôt, commençant à faire les cent pas dans le salon sous le regard un peu inquiet des Weiss. Un Schwarz stressé ou en colère, ça n'était jamais vraiment bon.
– Calme-toi, tu vas encore te faire mal, c'est pas le moment.
Le rouquin sembla revenir un peu à la raison et s'immobilisa un moment, les bras croisés, l'angoisse et la tension visible sur son visage.
– Il est trop tard pour paniquer, je te l'ai déjà dit, reprit l'aîné des Weiss d'une voix douce. S'ils t'ont effectivement pris du sang, ce n'est pas bien grave…
Il n'eut pas le temps de continuer sa phrase, Schuldig secoua violemment la tête.
– Mais si c'est grave, vous ne comprenez pas ! S'écria-t-il avec brusquerie.
Ah si seulement Brad était là, lui il savait toujours trouver les mots ! Omi et Ken s'étaient rapprochés des deux hommes, pour parer à tout problème. Même blessé, Schuldig pouvait se révéler dangereux. Et pour le moment, il semblait très agité. Qu'y avait-il de si grave à lui prendre du sang pour qu'il se mette dans un état pareil ? Il était malade ? Ou il avait peut-être peur qu'on lui ait injecté autre chose ?
– Et ben explique ! On n'est pas télépathes nous, on sait pas ce que tu penses ! S'exclama Yohji un peu plus fort que lui pour lui faire entendre raison.
– Quand des ravisseurs prennent du sang à quelqu'un c'est jamais bon. Ca veut dire qu'ils ont mon ADN. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent !
– Oui, mais j'imagine que votre ADN comme le nôtre doit être fiché, ne serait-ce que parce qu'on est morts dans des circonstances inexplicables. Kritiker dispose de tous nos dossiers médicaux.
– Et vous vous êtes jamais dit qu'ils pourraient s'en servir contre vous, genre vous faire tomber pour meurtre ?
– Ca pourrait se tenir oui, mais vu que nous sommes déjà morts et qu'ils préfèreraient nous couler vivants dans une dalle de béton plutôt que nous envoyer en taule, le calcul est vite fait.
– Un point pour toi, marmonna Schuldig en passant une main dans ses cheveux.
Si Schwarz avait longtemps eut des comptes à rendre à Esset, Rosenkreuz et toute la clique, il oubliait souvent que les Weiss étaient vraiment tenus en laisse. Des chiens, voilà ce qu'ils étaient. Ce n'était pas un hasard s'il avait employé ces mots exacts avec Yohji. Il savait pertinemment comment Kritiker les traitait. Schuldig se laissa retomber dans le canapé.
– Il y a longtemps, Brad m'a dit que par certains processus scientifiques, on pouvait déclencher l'apparition de pouvoirs psychiques chez des sujets tout à fait normaux, qui ne sont pas censés avoir de pouvoirs.
– C'est possible ça ? Demanda Omi en se rasseyant aussi, très intéressé.
– En théorie, oui. Mais la théorie rend beaucoup de choses possibles, du voyage dans le temps à la télétransportation. Bref. Il a longtemps été admis que les humains « normaux » n'utilisent que cinq à dix pourcents des capacités de leur cerveau[S1] . Pour nous, les études ont montré que c'est un peu plus, ça monte à vingt pourcents étant donné que notre pouvoir demande beaucoup de concentration. Tout être humain possède un potentiel de pouvoir psychique, seulement, ce potentiel reste endormi pour quatre-vingt-dix pourcents d'entre eux.
– Et j'imagine que ce n'est pas l'Institut d'Observation des X-Men qui a décrété ça ? Fit Ken.
– Non, ces chiffres on les a obtenus à Rosenkreuz. Comment ils les ont eus à la base, je préfère ne pas le savoir, admit Schuldig.
– Et comment peut-on débloquer des habilités psychiques chez des humains normaux ? Interrogea Yohji.
– Il y a eu des recherches faites sur des gens comme nous. Beaucoup sont morts. C'était ce qu'ils faisaient là-bas quand j'étais plus jeune…
Les trois autres membres de Weiss le regardèrent sans comprendre. Voulait-il parler d'un de ces centres d'expérimentation sur des cobayes humains comme on n'en voyait qu'en science-fiction? C'était ça, Rosenkreuz ?
– Franchement, vous croyez pas que les hommes allaient laisser passer un bon moyen de se faire du blé en exploitant des gamins doués de pouvoirs surnaturels ?
– Mais c'est inhumain, murmura Omi, sincèrement écœuré parce l'hypothèse qu'il commençait à entrevoir.
– Estime-toi heureux de n'y avoir jamais mis les pieds, rétorqua amèrement Schuldig. Ils utilisaient ceux qui avaient le moins de potentiel pour leurs expériences. Les autres étaient trop précieux. Beaucoup sont morts durant leurs petites manipulations.
– Que faisaient-ils ? Interrogea Ken après une hésitation.
– Des expériences diverses. La résistance aux éléments, à la douleur, au stress. Privation de sommeil, situation de combat, toussa, toussa… On poussait les cobayes aux limites de leurs pouvoirs. Souvent c'était soit devenir dingue, soit mourir. Là-bas, les scientifiques essayaient aussi de jouer sur la génétique. Ils voulaient obtenir des sujets parfaits qui cumuleraient les pouvoirs. Seulement il y avait un risque certain pour que les sujets se rebellent, nous ne sommes pas très dociles. Il était hors de question de risquer une mutinerie de psychiques surentraînés. D'après ce que Brad m'a dit, ils ont mis ce projet en attente... Faut dire que les moyens d'aujourd'hui ne doivent pas permettre ce genre de manipulation pour le moment.
– Mais ?
– Mais ça viendra. Et ils se sont concentrés sur la manière de développer des pouvoirs chez des humains normaux.
– Ils y sont arrivés ? Questionna Yohji, l'estomac noué sans savoir pourquoi.
– Je ne sais pas. Brad n'en était pas sûr. Mais il n'a jamais voulu me dire comment il avait appris tout le reste. C'est pourtant probable qu'ils y soient parvenus. A l'époque, Brad m'avait dit qu'ils étudiaient le sang, le cerveau et l'ADN, bref tout le génome[S2] de personnes comme nous pour voir s'il y avait des éléments différents par rapport à des sujets normaux. Il y avait aussi du prélèvement de moelle épinière, pour voir si quelque chose leur permettait de trouver la « Clef du Don ». J'ai entendu dire qu'il y avait aussi eu des dissections de cerveaux de psychiques… Peut-être même des vivisections.
Ken et Omi firent la même grimace dégoûtée pendant que Yohji, toujours à ses côtés, avait les lèvres pincées tout en reliant les informations entre elles. Schuldig essayait de rassembler ses souvenirs, dans lesquels Brad lui expliquait exactement le processus des expériences. Brad le lui avait dit, il en aurait mis sa tête à couper mais il lui était parfois dur de se rappeler certaines choses à cause des esprits qui piétinaient ses pensées en permanence. Ca, et le fait qu'il n'ait jamais été très calé en sciences… C'était quelque chose de beaucoup trop compliqué pour lui de se concentrer très longtemps sur un sujet donné comme les sciences ou les mathématiques. Le calcul mental lui était impossible en raison du chuchotis perpétuel de pensées qui résonnait dans son esprit. C'était une des limites de son pouvoir, avec les trous de mémoire.
– Mais bon, c'est que des rumeurs, hein, ajouta-t-il en les voyant blêmir visiblement.
– Personne ne peut rien faire ? Demanda Ken du bout des lèvres.
– Rosenkreuz c'est pas seulement Esset, c'est tout un réseau à travers le monde. Ils sont nombreux et ils sont dangereux. Ca m'étonnerait pas que des gouvernements entiers soient au courant voire carrément gangrénés, mais qui a envie de déclencher une guerre avec les X-Men comme tu dis ?
– Vu comme ça…
Yohji s'alluma une cigarette et leva le nez en l'air, signe qu'il réfléchissait.
– Donc tu penses que ton enlèvement aurait un rapport avec la fameuse Clef ?
Schuldig pesa un instant ses mots et ses opinions.
– J'ai très peur que ce soit le cas.
Que Schuldig ait très peur de quelque chose, ça n'annonçait rien de bon pour eux, et Yohji ne rata pas le regard inquiet qu'échangèrent Ken et Omi.
– ... L'endroit où ils nous ont emmenés ressemblait à un labo. Mais je n'en suis pas sûr, ça aurait aussi pu être un centre de détention High-Tech pour psychiques récalcitrants… Je percevais trop mal les pensées à cause de ce qu'ils nous avaient injecté.
– S'ils peuvent neutraliser des pouvoirs momentanément, ils peuvent peut-être les déclencher chez quelqu'un, ça n'est pas en dehors de toute possibilité.
– Ouais, fit le télépathe d'un air abattu. Et c'est bien là tout le problème.
– Imagine-nous dans tout ce merdier. Avant de vous rencontrer, la télépathie ça appartenait au royaume de la science-fiction pour nous, pauvres mortels, ironisa Ken en se relevant.
– Il commence à être tard. J'ai toujours besoin des numéros de téléphones portables ou bipeurs, pagers, ce que tu as, demanda Omi au télépathe.
– T'as d'quoi noter ?
Schuldig nota tout ce qu'il pouvait relatif à leurs appareils de communication, l'endroit où ils se trouvaient au moment de l'attaque, sur le lieu d'une mission. Ca voulait dire que même s'ils avaient été localisés par quelqu'un, ils ne savaient probablement pas où ils vivaient. Il aurait été beaucoup plus facile de les agresser dans un lieu réduit où la seule issue était la porte renforcée d'un appartement. Omi et Ken descendirent ensemble au sous-sol, l'un pour tenter de lancer une triangulation et pendant que l'autre affichait une carte de la ville et des alentours pour y pointer les endroits connus. Le Koneko dans le quartier d'Ueno[S3] , à l'est de Tokyo, et l'appartement des Schwarz au cœur de Shinjuku. Marrant de constater qu'ils n'étaient pas si loin que ça les uns des autres. Au moment de leur attaque, les Schwarz se trouvaient sur les bords de la baie de Tokyo du côté de Shinagawa, au sud. A partir de là, tout était possible.
De son côté, Yohji avait raccompagné Schuldig à sa chambre, préférant l'escorter pour éviter un malaise.
– Alors… Tu restes un peu le temps que mon intelligence supérieure éclaire cette affaire ? Demanda-t-il un peu amusé en piochant dans son armoire pour y pécher un pyjama et un oreiller en rab.
Il allait sûrement squatter le canapé ou la chambre de Ken, il pouvait bien se mettre à l'aise.
– Quand c'est si gentiment demandé, dit Schuldig en bâillant discrètement.
– Ca va ? T'as l'air crevé.
– Comme ça peut aller. Je récupère plus vite que vous dans ces cas-là. Mais ouais, je suis lessivé.
– J'ai pu le constater. C'est inhérent aux psychiques ou c'est juste toi ?
Schuldig contempla sa question, confortablement assis sur le lit de Yohji.
– Ca dépend, je crois. Nous on s'en sort plutôt bien mais Nagi met toujours un temps fou à cicatriser. Son pouvoir lui prend tellement de forces que c'est pas très étonnant.
– Okay. Tu devrais dormir un peu en attendant qu'Omi termine ses recherches.
– Tu crois qu'il trouvera quelque chose ?
– Ce gosse est un magicien. Allez, je te laisse, j'ai du sommeil à rattraper. Ne fais pas de bêtises, je ne voudrais pas être forcé de t'attacher au lit.
– Oh mais ça fait déjà plusieurs fois que tu en parles, je vais finir par croire que je t'intéresse ? S'enquit Schuldig avec un sourire enjôleur.
– Certainement pas, je préfère mes conquêtes avec une poitrine plus généreuse et moins de poils au menton !
Il n'avait pas plus tôt dit ça que la main de Schuldig agrippait son col pour l'attirer à lui. Leurs visages ne se trouvaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
Invasion de l'espace privé ? Check.
– Ce n'est pas ce que j'ai lu dans tes pensées ce matin…
– C'était une erreur, souffla Yohji.
Respiration impossible ? Check.
– Ce n'est pas ce que tu penses en ce moment, Yohji.
« Yohji ».
Grosse envie de s'enfuir en courant ? Check.
Un frisson glissa le long de la colonne vertébrale du jeune homme. La façon que Schuldig avait de prononcer son nom envoyait un courant électrique parcourir tout son corps.
Très grosse envie de l'embrasser ? Tripeul check.
Il se rendit compte que là tout de suite, peu lui importait en ce moment même qu'il préférait les femmes ou les hommes… C'était Schuldig qu'il voulait. Et il se devait de constater qu'il n'avait pas tant de poils au menton que ça. L'homme qu'il avait face à lui éveillait un désir qu'il ne connaissait pas. Il sentait même la caresse de son souffle chaud sur ses lèvres… Il n'y avait plus que quelques millimètres qui les séparaient à présent.
– Si tu en as envie… Fais-le, murmura le télépathe.
Guidé par la voix du Mastermind, Yohji l'embrassa délicatement d'abord, tendrement, puis avec plus de passion. Lorsqu'ils se séparèrent le souffle court, Schuldig lui fit un sourire un peu timide, tellement différent.
– Tu regrettes ? Murmura le rouquin.
– Non, souffla Yohji tout bas, ne voulant surtout pas briser leur petite bulle de silence.
Il toucha ses longs cheveux roux avec douceur, caressa sa joue.
– Alors reste avec moi, s'il te plait ?
Le ton presque suppliant du jeune homme le fit frissonner de la tête aux pieds. Il avait l'air tellement jeune, tellement fragile comme ça. Quelque chose qu'il n'aurait jamais associé de prime abord avec Schuldig, mais il découvrait chaque jour quelque chose de plus étonnant à son sujet. Il l'avait vu pouvait passer du plus grand calme au désespoir en l'espace de quelques instants, de la colère à la séduction en un battement de cils.
Il était terriblement désemparé devant toutes ces émotions contradictoires qu'affichait le télépathe, encore plus devant les siennes mais il ne pouvait pas se résoudre à tourner les talons et le laisser seul avec sa détresse.
– Je reste.
Il l'invita à se coucher, se glissant sous les draps lui aussi. Ca faisait plusieurs jours qu'il dormait mal et il n'aspirait qu'au repos. Schuldig toucha son bras sous les couvertures pour attirer son attention. Yohji prit sa main qu'il serra doucement pour le rassurer, puis toucha son front. Schuldig avait froid. L'aîné des Weiss attrapa une couverture supplémentaire repliée au pied du lit pour la poser sur lui. Le roux lui adressa un regard interrogateur.
– Je ne peux pas te toucher sans te faire mal, ça ira mieux comme ça.
– … Danke…
– Bitte schön.
Schuldig sourit. La prononciation n'était pas parfaite, mais c'était mignon. Il ferma les yeux, rapidement emporté par la fatigue et Yohji suivit de peu.
######
Aya ouvrit péniblement les yeux et son premier geste fut pour son réveil. La soirée était bien avancée, il était plus de vingt-deux heures. Il avait dormi quasiment toute la journée. Il s'était brièvement réveillé dans l'après midi pour boire, avait échangé deux mots avec Ken et s'était rendormi presqu'aussitôt. Son corps lui faisait mal et sa gorge le brûlait. Son mal de crâne était nettement plus supportable, comme quoi il n'avait pas tout perdu. Il soupira en se frottant le visage, essayant de se remémorer un peu de sa journée. Il se souvenait vaguement de Schuldig ? Bof, bof, bof. Sa parano le suivait même dans ses rêves.
– Zut, le magasin…
Il se redressa difficilement et s'assit sur son lit. Il constata qu'un de ses gardes-malade avait eu le bon sens de lui retirer ses vêtements trop chauds pour le mettre à l'aise. Il se leva avec la bonne résolution de faire un crochet par la salle de bain, puis par la cuisine car il mourrait de faim. S'avançant dans le couloir, il constata que ni Ken, ni Omi ne se trouvaient dans leur chambre, les portes étaient restées grandes ouvertes.
Schuldig devait toujours squatter la chambre de Yohji et Yohji… Sûrement quelque part en centre-ville, plus probable, vautré sur le canapé du salon. Une fois dans la cuisine, il fouilla les placards, répétant les mêmes gestes qu'Omi quelques heures auparavant.
– T'es réveillé ? Ca va ? Lança une voix dans son dos.
Aya se retourna brusquement vers la voix, manquant de perdre l'équilibre et se rattrapant de justesse au plan de travail. Ken se tenait sur le seuil de la porte, une canette à la main. Il le regarda d'un air soucieux.
– Ca va tu n'as rien ?
Aya n'eut pas le temps de lui répondre, Ken le tirait déjà vers une chaise pour l'y pousser.
– Tu n'aurais pas dû te lever, tu as encore de la fièvre.
– Je ne suis pas en sucre, marmonna Aya.
– C'est pour ça que tu es tombé dans les pommes ce matin ! Reprocha le jeune homme en lui servant un grand verre d'eau qu'il posa devant lui avec deux comprimés blancs. Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu étais si mal ?
– Je suis tombé dans les pommes ? Moi ? S'étonna Aya, répétant bêtement les mots de Ken avec la vague impression d'être une chochotte.
– Tu ne t'en souviens pas ?
– Non. Pourquoi tu me l'as pas dit tout à l'heure ?
– T'étais crevé. Quand tu es parti du Koneko pour aller te reposer tu as fait un malaise. Apparemment c'est Schuldig qui t'a rattrapé, mais il s'est aussi évanoui, expliqua Ken en levant les yeux au ciel. Bref, avec Yohji, on a joué les infirmières.
– C'est toi qui m'as déshabillé ?
Ken vira instantanément pivoine. Il nota également qu'Aya n'avait pas pris la peine d'enfiler un autre vêtement pour descendre de sa chambre.
– Fallait bien… Mais c'est Yohji qui s'est chargé de ton jean, j'arrive même pas à comprendre comment tu peux respirer là-dedans, expliqua nerveusement le plus jeune en se remémorant sa lutte acharnée avec le pantalon de la discorde...
– Ah ? Ben ça va pourtant, fit Aya un peu étonné.
C'est sûr, Ken traînait la majeure partie du temps en jean au moins une taille trop large, en jogging ou en short de sport. De mémoire, il ne se rappelait pas l'avoir déjà vu avec des vêtements un peu ajustés, et il continuait de s'habiller comme l'ado qu'il était, finalement.
– Et les autres ? Dit-il en changeant de sujet, voyant bien que Ken pataugeait dans l'embarras sans vraiment comprendre pourquoi.
Qu'est-ce qu'il pouvait en avoir marre de le voir balbutier chaque fois qu'il était dans le coin ! Il savait qu'il n'était ni le pote qu'on rêve d'avoir, ni même un modèle de camaraderie, mais quand il voyait à quel point Ken était à son aise avec Yohji, ou la complicité toute fraternelle qu'il partageait avec Omi, il avait un pincement au cœur. En même temps, il en allait de même pour les deux autres qui même s'ils s'entendaient parfois comme chiens et chats, passant leur temps à se chamailler gentiment pour des babioles, ressemblaient franchement à deux frères. Leurs cheveux et leurs yeux clairs avaient déjà permis de les faire passer pour tels, et il leur arrivait même d'en jouer. C'était sa faute, il avait tellement décidé de jouer les icebergs qu'il avait presque réussi à le devenir. Et puis finalement, il s'était un peu réchauffé à leur contact, littéralement. Ca, et puis, il était arrivé le dernier dans leur petit groupe déjà tellement soudé, pas facile d'y faire sa place, quelque part. Il avait du mal à laisser tomber son rôle de grand méchant leader.
– Omi fait des recherches pour voir s'il peut trouver quelque chose sur l'endroit où on été emmenés les Schwarz. Yohji est en haut avec Schuldig.
– Okay.
– Tu dois avoir faim, non ? Je vais te faire quelque chose, si tu veux. J'ai grave les crocs…
Aya ne l'écoutait pas vraiment et il mit donc un moment à intégrer ce que Ken venait de dire.
– Alors là, même pas en rêve mon petit gars ! Décréta Aya en se levant de sa chaise et en s'approchant du plan de travail.
– Pourquoi, t'as peur que je t'empoisonne ?
– Entre autres. Je tiens pas à ce que tu me fasses péter un autre four.
– Roh t'exagères Aya, c'était pas si terrible.
– Non, je n'exagère pas vu l'état dans lequel j'ai retrouvé la cuisine hier matin.
– Mais Aya-kun !
– Pas de mais, je m'en occupe. Va t'asseoir.
– Mais t'es malade !
Aya se contenta de lui jeter un regard noir et Ken obéit sans trop discutailler pour s'asseoir sur la table.
– Sur une chaise Ken, fit Aya sans se retourner en mettant de l'eau à bouillir.
– Comment t'as su ?
– Je te connais.
Aya se tourna vers lui avec une esquisse de sourire.
– Je te fais quelque chose à manger, j'imagine ?
– Vouiii ! Grimaça Ken avec un large sourire.
Aya secoua la tête à son enthousiasme et lui tourna le dos pour ouvrir le réfrigérateur, en inspectant le contenu. Ken rougit violemment. L'absence de pantalon de son leader le perturbait au plus haut point. Maudit jean moulant. Même quand il était pas là, ça n'allait pas !
– Hm… Il reste des œufs, une omelette ça te dit ? C'est ça ou des nouilles.
– Omelette alors, les nouilles j'en ai marre, ça fait trois fois que j'en mange depuis hier.
Aya referma la porte et soupira d'un air un peu blasé.
– Qu'est-ce que vous feriez si j'étais pas là pour vous faire la bouffe ?
– Euh… Pizza ? Fit Ken avec un sourire idiot.
– Ken…
– Ben quoi ! Se défendit le brun. C'est ce qu'on faisait avec Omi quand vous n'étiez pas encore là ! Un jour pizza, un jour nouilles instantanées, un jour onigiri…
– Omi sait faire la cuisine pourtant…
– Il a bien fallu qu'il apprenne. C'est grâce à lui si on n'est pas morts de faim. Et puis, après y a eu Yohji mais il est infoutu de faire cuire un truc correctement, donc…
– Donc, heureusement que vous êtes tombé sur quelqu'un qui sait faire à manger, c'est ça ?
Ken lui adressa un autre sourire.
– C'est ça !
Aya soupira de nouveau en secouant la tête.
– Mets la table au lieu de t'asseoir dessus.
– Hai Aya-kun !
Ils finirent par se mettre à table dans une relative bonne humeur, Ken lui faisait la conversation, ce qui lui ôtait une épine du pied en la matière, il n'avait jamais été très bavard. Aya passa une main devant ses yeux. Il ne savait pas s'il avait encore beaucoup de fièvre. Ken avait tendance à exagérer les choses. En tous cas, il ne se sentait pas très bien là, tout de suite.
– Aya, ça va ?
Il leva les yeux pour rencontrer un regard franchement inquiet.
– Ca va.
– C'est vrai ce mensonge ?
– Tu me crois pas ?
– Tu me dis toujours que ça va, même si tu es blessé. Comment je peux être sûr ?
Aya haussa les épaules et pour éviter une autre discussion de ce genre, il débarrassa la table, mettant une assiette au frais pour Omi s'il avait faim dans la soirée.
– Je vais voir Omi.
– Aya-kun, fais pas ta mauvaise tête, attends. Rahlala.
Ken soupira et débarrassa lui aussi son assiette en râlant. Il tourna rapidement la tête vers son leader à genoux et lourdement appuyé contre l'encadrement de la porte, une main sur ses yeux.
– Merde Aya, tu fais chier ! Gronda Ken franchement agacé cette fois.
En un instant, il était près de lui, l'aidant à se remettre debout avec précaution. Aya sentait la pièce tanguer, rouler tout autour de lui. Et bouger n'arrangeait pas les choses.
– Là… Ca va pas, murmura Aya.
– Je vois bien ! Viens, je t'emmène te coucher bourrique.
– C'est juste un coup de barre.
– Oui ben le dernier coup de barre en date, j'ai dû te traîner au premier par les cheveux, je la refais pas dans cinq minutes.
Aya leva les yeux au ciel. Il exagérait toujours ! Il consentit quand même à se laisser aider, et Ken enroula un bras autour de sa taille pour le guider jusqu'à sa chambre. Le brun ouvrit la porte avec un coup de pied, s'attirant un regard assassin, et le poussa dans son lit sans plus de cérémonie. Aya opposa un peu de résistance mais une fois qu'il fut couché, Ken s'installa sur sa chaise.
– Merci Ken, ça ira.
– Aya, la ferme et dors. Je reste ici cette nuit. De toute façon, Yohji a besoin de dormir.
Aya le fusilla du regard mais Ken ne détourna pas les yeux.
– Dis-toi que je fais ça pour ton bien, Aya-kun, dit le brun amusé.
– Ken…
– Vi Aya-kun ?
– … Merci.
Ken lui jeta un regard un peu surpris avant lui dédier un sourire franc qui envoya plein de frissons brûlant dans le corps de son ami.
– Tu l'as déjà dit.
Notes : A y est ! Il est fini ! Et j'ai enfin collé les deux feignasses ensemble !
Ah, ils m'auront donné du mal ces deux là !
Les deux autres aussi, remarquez…
Alors, pour mes explications pseudos-scientifiques, je m'excuse d'avance auprès de ceux qui s'y connaissent. Etant donné mes graaaaaaaannnnnnnnndes connaissances en sciences, quelles qu'elles soient, et bien… Ca tourne SF, donc hautement improbable.
En même temps, la probabilité de rencontrer Farfie ou Ken au coin d'une rue doit se réduire à peu près au même chiffre que celle de déclencher un pouvoir psychique chez quelqu'un ou pour moi de devenir bonne en maths…
…Hm… Qui en pense quoi ?
Commentaires :
[S1] 27/01/2015. Un mythe, pourtant. Mais bon, en partant de ce postulat, je peux noircir des dizaines de pages sur WK, que demande le peuple ?
[S2] 27/01/2015. Notez comme je fais semblant de savoir de quoi je parle.
[S3] 27/01/2015. Et là, la fille elle se dit merde alors, Tokyo, c'est grand. Genre, ville monstrueuse. Alors j'ai un peu sollicité Google pour trouver une carte. Il m'apparait assez évident que le Koneko ne se trouve pas sur la plus grosse artère commerciale de Shinjuku mais sortie de ce genre de lieux commun, je suis un peu larguée. On fera donc comme si je savais de quoi j'parle lol.
Pour les Weiss, j'ai d'abord mis Ikebukuro, pis finalement Ueno parce que ça me paraissait moins monstrueux que Shinjuku et surtout, paske y a d'la VERDURE ! Désolée, j'suis une amie des plantes.
