Bonne Année 2013 ! Pfiou, c'est dure d'écrire entre deux coupes de Champagne mais j'ai réussi à finir ce chapitre à temps ! J'espère qu'il vous plaira. Je précise que j'aime les frères Winchester et qu'ils ne m'ont rien fait pour que je sois aussi cruelle avec eux… C'est à cause de l'histoire !

Merci à vous toutes et tous pour vos reviews vraiment formidables, vous récompensez mon travail de cette façon !

Avec deux jours d'avance et parce qu'on me l'a demandé ;) je vous laisse découvrir la suite…

Chapitre 9

Le chemin du retour est lent et difficile. Le moindre bruit suspect les fait réagir immédiatement. Menaçants, ils saisissent leurs armes et les pointent vers le danger potentiel, prêts à tirer. Ils savent qu'ils sont tendus et exténués mais ils doivent accélérer le pas pour venir en aide à Sam qui s'affaiblit de plus en plus.

Dean passe également la plupart de son temps à faire de l'apnée pour éviter de soulever trop fréquemment sa cage thoracique, la douleur est désormais trop diffuse et permanente. Sa blessure au front a été plusieurs fois nettoyée et un pansement plus petit à remplacé les compresses trop volumineuses et inconfortables. Sa cicatrice a diminuée de volume et paraît plus saine compte tenue de l'humidité qui les environne.

Pourtant l'aîné des Winchester se sent vulnérable et déteste ressentir cet état de faiblesse, d'autant plus qu'il veut prendre soin de Sam qu'il n'a jamais vu aussi mal de toute sa vie.

Le climat chargé d'humidité n'est pas là non plus pour les aider à progresser rapidement. Une petite pluie fine tombe en continue depuis la disparition de l'esprit, la terre se gorge d'eau progressivement et le sol devient glissant. Ils dérapent souvent et lancent des jurons très fleuris tout en reprenant l'équilibre. Leurs vêtements, malgré une bonne couche de protection, prennent tout de même l'eau et collent désagréablement à la peau.

Ils rêvent tous d'une bonne douche bien chaude et d'avoir les pieds au sec.

Lorsqu'ils sont obligés de faire une halte, alors que la nuit s'est depuis longtemps installée, ils sont éreintés.

Dean s'abrite sous une cavité creusée naturellement dans la roche et prend appui contre un vieil arbre éclaté par la foudre qui s'est effondré sur l'excavation. Cette configuration les protège temporairement des intempéries et sera suffisante pour y passer provisoirement la nuit.

Bobby, qui soutenait Sam par les épaules, l'installe à l'abri du vent au côté de son frère. Il tire de son sac une petite couverture polaire vert kaki et la dépose sur le jeune homme grelottant de froid. Le chasseur fronce des sourcils et lance un regard chargé de reproche à son père qui capte son message mais ne réagit pas volontairement.

Dean s'approche de son frère et prend la trousse de secours afin de lui donner des médicaments qui feront tomber sa fièvre mais John arrête son geste en lui saisissant le bras.

- Il ne faut plus rien lui donner. L'avertit-il trop sérieusement. Cela risque d'empirer son état !

- Mais il est brûlant de fièvre ! Constate son aîné.

- Je sais ! Répond John avec agacement. Fais-lui boire de l'eau en petite quantité, rafraîchit-le et vérifies ses blessures, mais en aucun cas tu lui donnes quelque chose, c'est bien claire ?

- Bien Monsieur ! Souffle Dean, habitué à obéir aux ordres directs de son père.

- Par contre, tu n'es pas exempté de prendre les tiens ! Reprend John en s'adoucissant.

Il s'apprête à rajouter quelque chose lorsque son téléphone vibre contre son flanc. Il s'éloigne et Dean n'entend que le nom de son interlocuteur : Jim.

John, agité, transmet son inquiétude au pasteur et semble agacé par ce qu'il entend. Il lui répond d'un ton chargé de lassitude que « Bien sûr, ils se sont débarrassés de l'esprit vengeur et qu'ils ont toujours besoin d'aide, car Sam ne va pas bien et que Dean ne va guère mieux. Qu'il faut lui trouver un généraliste en urgence pour les soigner dès qu'ils seront sortis de cette putain de forêt sinistre Et encore oui, il est hors de question de les emmener dans un hôpital ! En plus d'être blessé, Sam a désormais une blessure par balle et il est hors de question que les travailleurs sociaux s'en mêlent et que bordel de merde, s'il ne trouve personne qu'il kidnappe un médecin si nécessaire ».

Le ton de sa voix n'a cessé d'augmenter durant la conversation et ses compagnons de voyage le regardent silencieusement.

Quand John est inquiet, les personnes qui sont avec lui doivent réagir rapidement et efficacement sinon rien ne leurs est épargné, que l'on soit un chasseur ou un homme d'église.

John frémit encore de nervosité en écoutant les paroles de Jim puis se calme doucement en se massant lentement l'arête du nez. Son ami va faire le maximum pour arriver à leur rencontre. Dans une journée, tout au plus, il devrait les rejoindre. Il faut qu'il reste calme et qu'il laisse Bobby prendre les choses en mains car ses émotions prennent le dessus sur sa logique et ce n'est pas comme ça qu'il va aider ses fils.

Lorsque le plus vieux des Winchester raccroche, il se frotte sa barbe de plusieurs jours vigoureusement puis inspire l'air qui sent le bois mouillé et la moisissure.

- Jim devrait nous rejoindre demain. Faisons du feu et occupons-nous de Sam !

Bobby s'exécute et n'oublie pas de tracer une nouvelle ligne de sel devant l'entrée de leur abri… Au cas où !

Dean, quand à lui, fait boire son frère une gorgée d'eau tous les quart d'heure et lui essuie son visage pour enlever la sueur et la poussière qui s'y sont collées durant sa progression dans la forêt.

- Hey p'tit frère ! Lance-t-il pour attirer son attention. On va bientôt quitter cet endroit pourri pour retrouver notre hôtel bon marché autour d'une bonne bière bien fraîche !

Sam tourne son regard obscurci par la fièvre et lui répond par un sourire triste. Les efforts qu'il a fourni pour les suivre ont terminé par l'épuiser complètement. Il est à deux doigts d'être complètement découragé et sombre peu à peu dans la morosité.

- J'vais regarder ton bras maintenant. Continue Dean qui sent une boule d'anxiété se loger inconfortablement dans la gorge devant le peu de réaction de son cadet.

Il lui remonte doucement la manche de son ample chemise et arrive jusqu'à la blessure par balle.

- Papa t'a pas raté dit donc ! Constate-t-il en observant l'entrée et la sortie de l'impact. Encore une belle cicatrice pour impressionner les filles, hein Sammy.

Son frère le fixe, mais le jeune homme voit bien que sa vision est haut delà de ce qu'il observe. Le corps de Sam est présent mais son esprit vagabonde dans un endroit connu de lui seul.

Dean soigne la plaie doucement et applique un nouveau bandage autour de son bras.

- Maintenant je vais regarder ton dos. Le prévient-il.

Il se relève lentement, s'approche plus près de lui et lui soulève la chemise pour découvrir un bandage zébré de sang.

- N… Non… Marmonne Sam en se débattant faiblement.

- Sam, je veux juste te remettre un pansement propre !

- ça fait… trop mal… Parvient-il à dire d'une voix terriblement faible.

- Je sais frangin ! Répond Dean. Mais je fais vite, d'accord !

Sam, assis, s'agite maladroitement et cherche à s'éloigner de son frère. Il est soudainement arrêté par son père qui le maintient fermement contre lui, sa tête appuyée contre son torse. Sa lutte semble dérisoire devant la force physique de John et après un instant, il laisse ses bras retomber mollement de chaque côté de son corps, vaincu.

- Presse-toi Dean ! Demande John hâtivement.

Le jeune homme prend une paire de ciseaux et découpe les bandes souillées sur les deux côtés de son dos. Les premières compresses se détachent facilement mais lorsqu'il arrive aux dernières, son père agrippe plus fermement Sam qui se tend et gémit de douleur contre lui.

Avant même d'avoir tout retiré, Dean voit que la plaie est mauvaise. Pourtant il faut enlever le pansement infecté qui colle à la peau et nettoyer la blessure.

Cependant il hésite et tremble, car il voit son petit frère se crisper et se contracter à chaque fois qu'il le touche. S'il devait soigner une autre personne ou bien lui-même, il ne serait pas si affecté mais là, il s'agit de Sam et rien qu'à l'idée de lui faire du mal, son estomac se retourne.

- Je ne peux pas ! Constate son aîné impuissant, ne voulant plus lui infliger aucune peine.

Sam, quand à lui, ne veut plus qu'on le touche et se débat pour échapper aux bras de son père qui l'enserrent solidement pour qu'il reste immobile.

Le jeune homme délire et se croit encore prisonnier de Peter. Il revit les instants où l'esprit lui a fait clairement comprendre ses intentions et frémit de peur.

- Et moi je ne peux pas le lâcher ! S'énerve John. Il faut désinfecter cette plaie rapidement sinon ton frère n'y survivra pas !

Les paroles de John sont comme des claques et Dean réagit immédiatement. Il hésite encore une seconde et enlève les derniers lambeaux de tissu gorgés de sang tout en ignorant délibérément les sanglots étranglés que son frère pousse étouffés dans la veste de son père.

Dean fixe une petite lampe de poche entre ses dents et oriente la lumière directement sur le dos de son frère. La blessure est vraiment profonde. Une partie a commencé à cicatriser tandis que l'autre est boursoufflée et purulente.

Sam grimace à chaque contact et le supplie d'arrêter. Il se cambre et vit un vrai calvaire. Mais Dean continue, encouragé par la voix rassurance de son père.

L'éclairage de la lampe met soudain en évidence un reflet brillant dans la chair meurtrie et le jeune homme s'aperçoit qu'un éclat de verre est resté planté dans la peau.

- Merde. Chuchote-t-il. Il a encore un truc planté dans le dos !

Dean fouille dans la trousse de secours et prend une petite pince pour retirer le fragment. Son père resserre son étreinte en prévision de la souffrance que va éprouver son plus jeune fils et fait un signe de la tête pour que Dean commence l'opération.

- Encore un petit instant et ça va aller Sam ! Murmure John en lui caressant les cheveux pour le réconforter alors qu'il le bloque dans ses bras. Tu es en sécurité… Sammy… tu es en sécurité !

- Nooooon… Supplie son cadet d'une voix enfantine.

Lorsque Dean réussit à se saisir de l'éclat profondément planté dans la plaie, juste sous l'omoplate, il est surpris par sa taille. Sam ne pouvait pas aller mieux avec deux centimètres de pare-brise planté dans le dos !

Pendant que Dean s'applique à sa tâche, son petit frère éprouve d'énormes difficultés pour respirer et cherche par tous les moyens d'arrêter son supplice. La douleur lancinante est trop forte et quand Dean termine enfin son travail, Sam s'effondre inconscient dans les bras de son père.

- La vache ! S'exclame Bobby en observant le dos de Sam puis l'éclat de verre. Pauvre gosse !

- Vérifies le reste de la blessure. Reprend John soutenant toujours son fils.

Dean reprend son examen de la plaie, appuie à certains endroits mais ne trouve plus rien de suspect.

- C'est bien Dean ! Le rassure son père. Maintenant prends le temps de bien désinfecter et n'hésites pas à y aller en profondeur.

Bobby se saisit de la lampe que lui tend Dean et éclaire la blessure tandis que l'aîné des Winchester prend soin de Sam avec le plus de douceur possible tout en grimaçant pour repousser le vertige qui le submerge.

John écoute la respiration rapide de son cadet et sent contre son torse son cœur tambouriner rageusement.

Lorsqu'il a terminé, Dean souffle de soulagement, libérant un poids qui lui compressait le ventre. Il cligne plusieurs fois des yeux et essuie d'un revers de la main les quelques gouttes de sueurs qui lui chatouillent les sourcils. Il applique ensuite une épaisse couche de crème antibiotique sur la plaie et y pose, pour terminer, un pansement assez léger pour la laisser respirer.

Pendant ce temps, Bobby a préparé un sac de couchage à l'abri des intempéries que John utilise pour y installer son fils en position latérale de sécurité.

Tous les trois le regardent avec inquiétude, soulagement et tristesse. Il faut maintenant qu'il se repose pour affronter la journée du lendemain qui ne sera pas de tout repos.

Lorsqu'il sera dans un bon lit et en sécurité, Sam ira sûrement mieux.

John se tourne alors vers Dean et lui prend le menton entre ses doigts pour l'ausculter rapidement.

- ça va ! Grogne son aîné agacé en se dégageant la tête.

- J'espère bien Dean ! Lance son père en fronçant du front. Repose-toi maintenant.

- Il faut que je surveille Sam. Répond-il déterminé.

- C'est un ordre ! Conclut John impératif.

Dean s'exécute avec mauvaise humeur et s'installe avec difficulté au côté de son frère qui n'a toujours pas repris connaissance. Il pose une main sur lui pour garder un contact qui se veut réconfortant et ferme les yeux épuisés. Il ne lui faut pas plus d'un quart d'heure pour qu'il s'endorme profondément.

Bobby s'installe auprès du feu, rejoint rapidement par John qui lance un dernier regard vers ses fils. Il n'a pas le temps de songer à autre chose qu'il pique également du nez puis redresse soudain la tête en sursaut, surprit lui-même d'avoir pu faillir à sa tâche.

- Je peux faire le premier tour de garde ! Suggère le vieux chasseur. Il ne manquerait plus que tu nous fasses un coup de grisou et j'aurai le trio Winchester sur le dos !

John bougonne dans sa barbe mais ne conteste pas la proposition de son ami. Il se couche près du feu et s'endort aussi vite que Dean, le doigt posé sur la gâchette de son révolver.

Il est quatre heures du matin lorsque Bobby entend un bruit étrange se déplacer sur sa droite à une dizaine de mètres tout au plus. Il secoue l'épaule de son compagnon et lui montre la direction voulue. Immédiatement John est sur le qui-vive. Il se rapproche silencieusement de lui et avance dans la direction indiquée, l'arme toujours en main.

C'est peut être un animal ! Songe le chasseur. Mais il vaut mieux en être certain.

Les deux hommes ratissent consciencieusement les environs alors que Dean et Sam dorment encore. Ils n'ont pas jugé bon de les réveiller car la roche élevée et escarpée protège leurs arrières.

Dean s'agite cependant dans son sommeil et frissonne trouvant l'air plus frais. Il réajuste sa couverture sur les épaules et se retourne contre le mur rocailleux pour soulager ses côtes.

Sam tremble également, saisi lui aussi par le froid soudain et ouvre timidement ses paupières lourdes de fatigue. Il ajuste sa vision et aperçoit son père et Bobby à plusieurs mètres de lui en se demandant ce qu'ils chassent alors que le jour pointe faiblement ses premiers rayons de lumière à l'horizon.

Le froid se fait plus agressif et l'étonne. Il frisonne encore, puis s'inquiète lorsqu'il voit sur le sol du givre se créer instantanément et se rapprocher dangereusement de lui. Il se redresse difficilement sur les coudes et recherche son frère du regard. Lorsqu'il le voit enfin endormi, le corps appuyé contre la paroi, il cherche à le réveiller mais sa voix est trop basse et râpeuse pour être entendue.

L'air est maintenant glacial et le jeune Winchester lance des regards désespérés vers son père et Bobby qui ne s'aperçoivent pas de ses efforts pour les avertir.

La mince couche de glace touche bientôt ses doigts et Sam s'apprête à hurler.

Lorsqu'il se redresse et cherche à atteindre Dean, il voit Peter se matérialiser et foncer vers lui.

Le choc est brutal et Sam tombe lourdement sur le sol. Il pense que l'esprit lui est passé au travers, mais lorsqu'il se retourne effrayé, il ne voit personne.

Ignorant la douleur, il pivote instinctivement vers son frère épuisé qui n'a rien vu de ce qui c'est passé ni entendu le moindre bruit. Le froid semble avoir totalement disparu et le givre sur le sol s'est transformé en de toutes petites goûtes d'eau.

Pourtant le jeune Winchester se sent terriblement glacé à l'intérieur de lui-même. Il observe ses mains puis son torse comme s'il se voyait pour la première fois. Il a l'impression d'étouffer et se sent étrangement à l'étroit dans son propre corps…

- J't'avais bien dit que je ne te laisserais plus jamais tomber, fils ! Eclate une voix dans sa tête.

Sam est soudainement pris de panique, Peter ne l'a pas traversé mais il s'est enfermé en lui. Il s'est faufilé le long de la paroi comme un serpent et a réussi à éviter la ligne de sel protectrice pour l'atteindre.

La peur le saisit à la gorge et l'asphyxie. Il observe Dean et l'appelle désespérément… mais ses cris n'ont aucun impacte.

Affolé, il hurle, se débat, griffe l'esprit et cherche à reprendre possession de lui-même.

Pourtant il ne bouge pas d'un pouce et se recouche silencieusement.

Il ne peut retenir ses larmes et pleure sans retenue alors qu'aucune goûte salée ne s'échappe de ses yeux.

Doucement, un sourire se dessine sur ses lèvres tandis qu'il observe son père et Bobby se diriger vers deux autres personnes qui viennent de surgir de la forêt et leur serrent la main amicalement.

A suivre…