Réponses aux reviews anonymes:

: Merci pour la review, ce chapitre n'est pas de tout repos, mais ce n'est pas ce a quoi tu dois t'attendre j'imagine. J'espère que ce chapitre te plaira !

ariane : Ah … tu vas voir ce qui se passe avec les flics … merci pour la review !

emmjackedjazz : Non, non merci a toi, vraiment ! C'est génial de se sentir soutenue comme ça, ça me donne la force d'écrire, je reste toujours motivée ! Je suis contente que mon histoire te plaise toujours, j'espère que tu aimeras ce chapitre aussi. Merci pour cette nouvelle review !

Lunaa-tique : J'en ai effectivement parlé dans mes AN, au début, du fait que Bella semble ne pas avoir évolué psychologiquement, et fonctionne comme un enfant. Oui, elle va finir par grandir, évoluer, au prix de sa tranquillité d'esprit, et elle va en souffrir grandement, parce que la garder enfant, c'est l'empêcher de comprendre ce qui lui arrive, donc l'empêcher de souffrir. Un mécanisme d'autodéfense du psychisme. Quand elle sera confronté à la réalité, elle va comprendre, grandir, souffrir. Voila ^^ Je suis contente que le chapitre t'ai plu, j'espère que celui la te conviendra également ! Merci pour la review :)

AV : Merci pour ta review, et je suis un peu soulager de savoir que tu ne veux pas ma peau tant que je poste de nouveaux chapitres ! Parce qu'il m'en reste une quinzaine avant d'avoir fini la première partie ! Dans ce chapitre, j'approfondis la psychologie des personnages, notamment celle d'Edward. J'espère qu'il te plaira (le chapitre, pas Edward !) !

Lilia : Je suis contente que ma fiction te plaise, et de faire l'effort de me lire. Je comprends ceux qui ne lisent pas, j'ai une amie qui me soutien et m'a aidé en me confiant son témoignage (dont j'ai besoin pour la suite de l'histoire) qui est incapable de lire parce que la violence lui est insupportable, et qu'en lisant elle revit son horreur. Alors je n'ai aucun souci avec ceux qui souhaitent arrêter de lire ou ne pas commencer, je ne poste pas mon histoire pour enfoncer, blesser les gens, ou leur faire du mal, mais pour faire réagir, comprendre, toucher. Merci pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira :)

Kali : Ahaha ! Tu va bien voir ! suffit de lire, hein :p Chose promise, chose due, voici la suite. J'espère que tu aimeras ce chapitre autant que les précédents ^^ Merci pour la review.

Chapitre VII – Protect Me.

POV Edward

Lentement, je me gare sur le bas côté. Rien de grave ne peut arriver. Ils ne peuvent pas nous emmener. J'ai le permis de conduire et les papiers de la Volvo ; achetée, et non volée. Enfin … payée par ce business, ouai.

J'ai le permis de port d'arme. Et les papiers du Colt. Même si c'était un achat illégal, l'arme n'est pas volée. Tore me l'a assuré. Enfin … un mensonge de plus ou de moins, venant de lui …

On verra bien.

Une fois à l'arrêt, je sors tranquillement de la voiture. Je retire les clefs et ferme les portières. On ne m'appelle pas con : je connais la technique, merci je ne me ferais pas voler ma caisse. Encore moins avec Bella dedans.

J'avance nonchalamment vers la voiture de patrouille, et deux flics en uniforme m'accueillent.

- Cullen … balance le premier, ça faisait longtemps ! Il me tape sur l'épaule.

L'officier Brown. Petit, bedonnant, cheveux roux. Un ami de longue date …

- On fait quoi dans les parages, hum ? Demande de deuxième.

Oh. Très chanceux aujourd'hui. Le Cherif Watson, grand, blond, rachitique. Une bonne quarantaine d'années chacun. Un autre ami de longue date …

- Oh, rien d'extraordinaire, je dis, décontracté. Je rentrais chez moi. Je me baladais.

- Tu te baladais ? Watson relève. C'est pas le 22 décembre au soir qu'on se balade. Tu pourrais faire … de mauvaises rencontres.

- T'inquiète pas, il les a déjà faites avant les mauvaises rencontres, j'entends Brown marmonner.

Je ne peux pas m'empêcher de sourire devant le spectacle.

- En fait, j'ai une amie de longue date qui venait pour les fêtes, alors j'ai pensé lui faire faire le tour de Dearborn, Détroit, tout ça …, j'ajoute avec un haussement d'épaules.

- Une amie ? Et elle est où, ton « amie » ? Cette fois c'est Brown. Vraiment, on se croirait dans un mauvais film.

- Dans la voiture, elle dort. Franchement, ne la réveillez pas, elle a eut une dure journée. Faites moi chier autant que vous voulez, j'ai l'habitude, mais elle, elle n'a rien fait, je plaide.

- Surveille ton langage, Watson crache.

- On va vérifier, quand même, Brown se presse d'ajouter.

Je soupire. Deux blaireaux. C'est vraiment ça. Complètement à côté de la plaque. Ça fait 3 ans qu'ils essayent de me coincer, 3 ans que je laisse des traces énormes, et plus elles sont grosses, moins ils s'en aperçoivent. Je ne m'en plains pas. J'ai juste pitié de leur connerie.

Ils s'approchent de la voiture, et regardent à travers les vitres. Je regarde aussi.

Bella dort toujours. Allongée sur la banquette arrière en position fœtale, retenue tant bien que mal par les ceintures de sécurité.

- Hum. Tu n'as pas le droit de rouler comme ça, avec elle dans cette position. Finit par dire Brown, fièrement.

J'explose de rire. Je sors mon carnet de chèque.

- Ouai. Ça fera combien ? Je demande, près à leur signer le truc pour qu'ils me foutent la paix.

- Range ton chéquier Cullen, on a un marché à te proposer, lâche Watson.

Abasourdis, je range mon carnet et mon stylo dans la poche intérieure de mon blouson de cuir noir.

- Quel marché ? Je demande.

- On passe pour l'amende. En échange, tu nous aide à coffrer quelqu'un. Brown explique calmement.

- Qu'est-ce qui vous fait croire que je peux vous aider à cela ?

- Oh ! Cullen on sait très bien que tu mouille dans le milieu. On te foutra la paix. On ne demandera pas quelles sont tes sources. Tu ne feras pas de déposition. Pas besoin d'assister au procès. On abandonne les enquêtes te concernant. Et si l'on n'entend pas parler de toi pendant un moment, on te foutra la paix. Achève Watson.

Wow. C'était vraiment sérieux alors.

- Vous abandonnez les enquêtes me concernant, ainsi que Jasper Hale et Emmett McCarthy. Et vous me foutez une paix royale. Vous arrêtez de demander de mes nouvelles à Alice ou Rosalie quand vous les voyez. J'ajoute.

- Tu crois pas que t'en demande un peu beaucoup là !? Dit Watson en éclatant de rire.

- Ah, mais c'est comme vous voulez, je dis en levant les mains, moi je m'en fou que vous ne le coinciez pas, ce type, après tout c'est pas mon problème. Son visage se décompose. Bon signe.

- Bien. Marché conclu. Watson grince.

- Alors c'est qui ce type ? Qu'est-ce qu'il a fait pour que vous soyez après lui, et pire que vous me demandiez de l'aide !

- Trafic d'arme, de faux-papier, et de drogue, dit Brown.

Merde.

- Son nom, je demande inutilement. Je le connais déjà.

- Dieter Jenks. Il s'empresse d'ajouter.

- Ouai. Disons que je le connais bien. Disons que j'ai entendu dire que ce que vous dites est vrai … Et que j'ai entendu pire. Je dis, sans vraiment savoir ou cette déclaration me mènerait.

- Comme ? Demande avidement Watson.

- Proxénétisme. Je lâche.

- Comme ça, on va trainer aux putes, Cullen ? Demande Brown en riant.

J'aimerai essayer, mais je ne peux pas. Je ne peux pas ignorer ce que cette enfoiré vient de sortir. Sans réfléchir je m'approche de lui, le dominant de toute ma taille, et le regard menaçant.

- J'en ai appris récemment plus que je ne l'aurais voulu, je dis, articulant chaque mot parfaitement, la voix rauque, proche d'un grognement, des choses qui ne m'ont pas plus. Du tout. Alors j'ai tenté de faire le ménage moi-même. Mais il m'a échappé. Maintenant, si jamais il recroise mon chemin, il ne vivre pas assez longtemps pour profiter de la lumière du soleil.

- Euuh, d'accord, Cullen. Donc tu dis qu'il s'est … enfui ? demande Watson tandis que Brown me regarde toujours, effrayé.

Je ne peux qu'acquiescer.

Je me recule. Je m'adosse contre la Volvo. Je soupire.

- Derrière le Metropolitan Building. Il y a un appartement. Vétuste. Théoriquement inhabité. C'est là. Je soupire, encore.

- Mais alors, tu faisais quoi, là-bas ? Demande soucieusement Brown.

- J'ai appris pour les prostituées. Je trainais dans le quartier un jour et j'ai trouvé une fille presque morte, complètement défigurée. Elle m'a dit d'où elle venait, et que quelqu'un que j'avais … perdu de vue depuis longtemps était là-bas. Je connaissais bien Jenks. J'ai pété un câble.

Je savais ce que je faisais. Ils étaient peut-être cons tous les deux, mais ils respecteraient le deal. Je leur donnais beaucoup d'informations. Et dans le fond, après ces trois années de course poursuite, ils avaient appris à me connaitre. Un peu. Il savait que je n'étais pas le méchant dans l'histoire. Enfin … pas vraiment.

- On trouvera quoi en arrivant sur place ? Watson demande avec hésitation.

- Eh bien, je suppose que vous trouverez une petite pièce qui ressemble à un bureau. Avec un ordinateur et pas mal de paperasse. La petite porte dans le fond mènera sans doute à une grande pièce, emplie de jeunes filles complètement dénudées et d'hommes en positions fâcheuses. A côté d'un corps inanimé. Laurent, l'homme de main de Jenks. Ensuite, un couloir qui mène à la chambre. Dans la chambre, un type mort, encore. Je dis calmement.

- Et les morts, ils viennent d'où ? Brown m'interroge.

- Le marché, on s'en souvient, hein ? Je dis. Laurent, c'était de la légitime défense. Je cherchais à faire cracher le morceau à Jenks, et il arrivait par derrière, pour essayer de m'abattre. Et pour l'autre type … il était en train de blesser la raison pour laquelle j'étais dans ce trou. Je fermais le dossier.

- Ouai, de toutes façons, ce sont des criminels … ils seront classés mort dans les fichiers, mais aucune enquête ne sera ouverte. Watson répond simplement.

- Je peux y aller maintenant ? Vous tiendrez parole ? Je demande.

- Ouai, file. La petite sur la banquette risque d'attraper froid, et c'est pas très confortable pour dormir, cette position. A voir sa tête, elle à bien besoin de repos. Me dit Brown.

- Merci pour les renseignements. On tiendra notre part du marché. Mais si t'entends parler de …, Watson commence, mais je l'interromps vite.

- Si j'ai des nouvelles de Jenks j'en fais mon affaire. Je réplique, impatient.

- On ne pourra pas te couvrir sur ce coup là, Cullen, le mieux c'est que tu nous …, je le coupe une nouvelle fois.

- Je sais. Je gérerais avec les conséquences. Sur ce, au revoir. Et avec ça, je grimpe dans la Volvo, et roule en direction de la maison.

Il ne reste plus que deux miles. Deux miles. Deux miles et je suis chez moi, deux miles et Bella est chez moi.

Je regarde l'heure sur l'horloge numérique de la voiture : 22h54. L'interrogatoire sur le bord de la route avait duré un petit moment. Une bonne demie heure, puisqu'il me semblait avoir quitté Tanya vers 20h30 …

Nous étions arrivés. Je me garais dans la cour devant la maison, ma voiture à côté de la Mercedes de Carlisle.

Je déboucle ma ceinture, et me prends la tête dans les mains. Putain. Journée de dingue. Jamais, jamais je n'aurais cru vivre autant en quelques heures seulement. Je mis quelques minutes avant de réaliser que je n'avais pas rêvé les évènements de la soirée. Mais quand je me retourne vers la banquette arrière, Bella est toujours là, allongée, endormie.

Elle est là. Pour de vrai.

Je prends soin d'ouvrir la portière avec délicatesse pour ne pas la réveiller. Je sors du véhicule, puis, ouvre la portière du côté de sa tête. Toujours doucement. Je détache les ceintures, puis la prends dans mes bras. Elle gigote un peu, mais se calme rapidement. Elle est beaucoup trop fatiguée pour se réveiller. Les cernes profonds sous ses yeux en témoignent.

Je referme la portière et verrouille la voiture, puis me dirige vers la maison. Pour le poids qu'elle pèse, elle n'est pas encombrante. Et pas très grande non plus. Dire qu'elle n'a pas changé depuis la dernière fois que je l'ai vue, il y a 5 ans, serait un mensonge. Mais elle n'a pas grandit. Ni grossi. Elle est même peut-être plus maigre qu'avant.

J'ouvre la porte de la maison, et j'entre dans le salon, ou je vois Esmée par l'encadrement de la porte, lisant sur le canapé. Aie. Elle s'est certainement encore disputée avec Carlisle à cause de moi. J'aimerai mieux ne pas leur causer autant de souci. Mais ce soir, je ne pouvais pas agir autrement.

- Esmée, je dis, doucement.

Elle se retourne immédiatement, le sourire aux lèvres et la main sur le cœur. Oui. Elle était inquiète.

Elle s'approche pour m'enlacer, lorsqu'elle remarque que je porte quelqu'un. Je lui souris, et lui demande un instant pour aller coucher Bella dans ma chambre, avant de lui expliquer.

Par chance, je n'ai pas besoin de monter d'escalier. Ma chambre se trouve au rez-de-chaussée. C'était l'ancienne chambre d'amis. Carlisle et Esmée n'avaient qu'Alice lorsque je suis arrivé, et n'avait jamais pensé à avoir d'autres enfants. Alors, ils ont aménagé la chambre d'amis pour moi. Je leur dois tellement.

En entrant dans la pièce, j'allume l'halogène et met l'intensité lumineuse la plus basse. Juste le temps d'installer Bella confortablement, et je repars, et j'éteins la lumière. Avec toute la douceur dont je puisse faire preuve, je lui retire la veste et le pantalon, et la met sous la couette, avec un plaid encore par-dessus pour qu'elle ait bien chaud. Les hivers dans le Michigan sont particulièrement rigoureux, et bien que la maison soit chauffée suffisamment pour que nous y soyons confortables, je ne veux pas qu'elle se réveille à cause d'un courant d'air frais.

Avant de partir, je lui embrasse le front, puis éteins la lampe. Je laisse la porte entrebâillée, un léger halo de lumière pénétrant la pièce, juste assez pour l'aider à en sortir si jamais elle en avait besoin. Et je descends au salon rejoindre Esmée.

- Edward, commence-t-elle de sa voix douce et basse, qui était cette … cette jeune fille, tout à l'heure ?

A la pensé de Bella, je souris. Un souvenir qui, avant, m'emplissait de peine et de douleur.

- Je l'ai trouvée, je dis, je l'ai retrouvée ! L'émotion palpable dans ma voix.

- Tu … quoi ? Tu as trouvé qui ça ? Elle ne comprend pas.

- Je l'ai retrouvée, elle ! J'ai retrouvé Bella !

- Oh ! Lâche-t-elle dans un hoquet de surprise.

Et elle me prend dans ses bras. Elle me sert fort contre elle. Elle pleure avec moi. Comme une mère.

Du soulagement. Un intense soulagement. Voila ce que je ressens. Voila l'atmosphère qui règne dans la pièce.

Au bout d'un moment, Esmée me lâche, et essuie ses larmes, avant de me regarder droit dans les yeux, un petit sourire triste sur les lèvres.

- Et … Et comment va-t-elle, elle me demande, toujours sous l'émotion.

Je m'assois sur le canapé, les coudes sur les genoux et la tête dans les mains. Parce que je ne sais pas. Je ne sais pas si elle va bien. Je n'en sais rien.

- Je …, Je ne sais pas, je dis. Elle a vécu des choses très difficiles et … j'en sais rien. J'espère, ma voix à peine plus forte qu'un murmure.

- Je me doute, oui, dit-elle doucement, sa main sur mon épaule pour me consoler.

- Non. Non c'est … c'est encore pire que ce qu'on pourrait imaginer, ma voix emplie de sanglots retenus.

- Raconte-moi, Edward, je suis là. Tu sais, je suis ta … mère, enfin je le pense. Tu peux me le dire. Elle ajoute, toujours avec ce même petit sourire malheureux.

Je me confiais beaucoup à Esmée. Ces dernières années, nous étions devenus très proches. Elle avait effectivement remplacé la mère que je n'avais pas eu, par sa douceur, sa dévotion, son amour.

Parce que Carlisle savait. Il savait pour la drogue. Il l'avait appris il y a presque deux ans et depuis, nous nous évitions le plus possible. La conversation impossible. Carlisle était psychiatre. Il avait fait un an de médecine avant de commencer ses études en psychiatrie, et connaissait donc les symptômes physiques d'une telle consommation. Et les conséquences. Il m'en avait parlé, à mots couverts au départ. Puis franchement, quand j'avais nié. Il avait peur pour moi. Il s'inquiétait, lui aussi. Et en même temps, il comprenait. Il comprenait le besoin d'oublier, il comprenait la recherche d'une alternative, il me comprenait. Il ne m'en voulait pas vraiment. Il s'en voulait, surtout, rongé par la culpabilité. Parce qu'incapable de faire quoi que ce soit, incapable d'agir. Trop partagé par tout ce qu'il savait. Alors, il s'était éloigné, doucement. J'imagine que cela lui évitait de souffrir. Je ne le veux pas. Mais je ne peux pas m'en empêcher.

Evidement, Esmée est au courant. Mais comme la femme, la mère qu'elle est, elle ne peut s'empêcher d'aimer. Je crois qu'elle a toujours l'espoir que j'arrête un jour. Qu'elle à peur de me perdre si elle s'éloigne de trop. Elle préfère rester. Quitte à souffrir pour quelque chose que ni elle, ni moi ne pouvons contrôler. Complètement dévouée à sa famille, à n'importe quel prix. Je m'en veux, de la voir souffrir à cause de moi. J'aimerai arrêter. Mais je ne peux pas. Le monstre d'égoïsme que je suis ne peut pas arrêter. Même pour faire cesser les pleurs de sa mère. Même pour retrouver le semblant de famille qu'il avait, la complicité de celui qui est comme son père. Son sauveur. La culpabilité ne fait pas le poids face aux sensations incroyables, au bonheur, au soulagement, à l'apaisement qu'apporte l'héroïne. Alors je fais souffrir ceux qui m'aiment. Ceux qui m'ont aidé. Pour continuer d'exister. Je ne peux plus m'arrêter. Je suis ingrat. Mais dans le fond, tant que l'héro me maintient en vie, je m'en fou.

Alors une nouvelle fois, je vais être honnête. Et faire mal à Esmée. Mais j'ai besoin d'elle. De son soutien, de son affection. J'ai besoin d'une maman.

- Ouai. Ben, l'autre jour, je me baladais dans Détroit, j'allais régler quelques affaires, je dis, sachant très bien que Esmée comprenait ce que j'appelais « affaires », et puis, sur mon chemin, j'ai trouvé une fille. Presque morte. Défigurée, affreusement maigre, recouverte d'hématomes, de coupures, ensanglantée, nue. Alors je l'ai amenée à l'hôpital. Je suis retournée la voir assez souvent, pour prendre de ses nouvelles. Et puis, ce soir on a parlé. Elle m'a enfin expliqué ce qui lui était arrivé et …, à ce stade, je n'avais plus confiance en ma voix.

- Edward, dit moi, me demande-t-elle, je ne peux pas deviner seule.

- Je l'ai retrouvée près de chez mon dealer, je dis. Et elle m'a expliqué que lui et son homme de main l'avaient battue parce qu'elle faisait du « mauvais travail ». Qu'elle se rebellait. Qu'elle en avait marre d'être prostituée.

Esmée pousse un petit cri sous l'horreur, et, en croisant son regard, je ne peux m'empêcher d'y voir toutes les larmes retenues, toute la peine qu'elle ressent. A cause de moi, encore. Je tourne la tête de l'autre côté.

- Je lui ai demandé qui avait osé faire cela, la prostituer, la forcer à ce genre de … saloperies, je dis, serrant les poings et les mâchoires, et quand elle m'a dit que c'était mon dealer, je suis tombée des nues.

- Tu veux dire que … que tu ne savais pas qu'il était proxénète ? Elle me demande doucement.

Ah. Merveilleux. En plus d'un tox, elle a cru que j'allais là-bas pour baiser des jeunes filles non consentantes. Joie.

- Non. Non, j'y suis jamais allé que pour la dope, je dis, mentant un peu. J'étais pas au courant de … ça, je continue, avec dégout.

- Oh ! Elle soupire. Et je vois le soulagement dans ses yeux. J'avais raison.

Je suis une erreur de la nature. Un déchet humain. Je suis déjà une raclure, mais elle m'a cru capable d'encore pire. Ça me rend malade. Parce qu'elle a peut-être raison. Je suis peut-être encore pire que ce que je crois. Je suis peut-être capable d'encore pire.

- Et puis, elle m'a parlé d'une fille, là-bas, qui quand elle était petite, avait passé plusieurs années avec un garçon qui s'appelait Edward. Ça a fait tilt et j'ai posé des questions sur cette fille. Il se trouve que c'était Bella. Fin de l'histoire.

- Edward, me demande Esmée, de l'appréhension dans la voix, tu veux dire que … ?

- Ouai. James s'est débarrassé de Bella en même temps que moi. Que ça fait 5 ans qu'elle est à Détroit. 5 ans qu'il la prostitue ! Tu te rends compte ?! Elle avait quoi, 12 ans quand elle est arrivée ici ! Après tout ce qui s'est passé chez cet enfoiré, il fallait qu'elle vive ça en plus ! J'étais énervé. Très énervé. Il fallait que je sorte, que je frappe quelque chose, même si mon envie était plutôt de frapper quelqu'un.

Je rêve de battre Jenks à mort. L'enfermer dans une toute petite pièce, dans le noir. Et puis, de temps en temps, je lui parlerais. Lui soufflerais des horreurs. Je le terroriserais. Je le pousserais à la rupture émotionnelle. Je le briserais psychologiquement. Et quand l'entendre pleurer et implorer ma pitié ne sera plus suffisant, je le déshabillerais, lui laisserai uniquement ses sous-vêtements, et l'attacherais à une chaise. Poings liés. Chevilles liées. Attaché à la chaise à la taille par une corde. Je commencerais par le gifler. Puis, j'en viendrais aux poings. Ensuite, je lui casserais soigneusement chaque phalange de chaque doigt, et de chaque orteil. La, il commencera à hurler, a pleurer encore plus. A me supplier, à m'implorer. Alors, je sortirais mon couteau. Je l'entaillerai derrière les genoux, pour commencer. Puis je remonterais, du genou jusqu'au pubis, en tailladant l'intérieur de ses cuisses. Il hurlerait beaucoup trop, à ce stade. Alors je le bâillonnerais. Et je lui mettrais une bonne droite, pour lui casser le nez. Il commencera à saigner beaucoup. Avoir des difficultés à respirer. Je partirais, le laissant seul un moment, souffrant le martyr. Mais je n'en aurais pas fini, je garderais le meilleur pour la fin. Quand j'y retournerai je …

- Edward? Dit une toute petite voix.

Je souris. J'oublie tous mes fantasmes sadiques pour me concentrer sur la personne en face de moi. Pour le moment …

- Oui, Bella ?

- Je me suis réveillée j'étais tout seule dans la chambre j'ai fais un cauchemar j'ai peur ! Au son de sa voix, elle n'a pas peur.

Non. Elle n'a pas peur.

Elle est complètement terrorisée, sa voix crache l'horreur de son cauchemar.

Je m'avance vers elle lentement, de manière à ne pas l'apeurer, et la prends dans les bras. Elle se jette dans mon étreinte et sanglote fort, secouée, à nouveau, par de violents tremblements.

Je tente de l'apaiser, lui caressant doucement les cheveux, m'asseyant sur le canapé, l'installant sur mes genoux, et je remarque qu'Esmée est partie.

Bella continue de pleurer, et je regarde la pendule. 1h38.

Encore une fois, je me sens incapable, inutile. Bella pleure, pleure, pleure, et je n'arrive pas à la calmer.

Au bout d'un moment, les pleurs finissent par ralentir. Sa respiration est de plus en plus régulière, bien que bruyante. Cette crise de larmes l'a fatiguée.

Je la porte jusqu'à la chambre, et les pleurs redoublent. Ses bras s'accrochent à mon cou, et elle secoue ses jambes dans le vide.

- Non ! Non non ! Je serais gentille, je ferais tout qu'est-ce que tu veux ! Si te plait !!! Si te plait, je veux pas, Edward j'ai peur je veux pas y aller a la salle de bain, je veux pas, je veux pas ! Y va faire méchant ! Ça fait mal et y va me tuer ! Non …, si te plait …, elle dit difficilement entre plusieurs sanglots, d'une voix comme enrhumée à cause des larmes.

C'est donc cela. Son cauchemar. Elle a prit la chambre pour une salle de bain. A nouveau, je serre les mâchoires. J'allume la lumière dans la pièce.

- Non. Non, regarde, regarde Bella. C'est ma chambre, je te promets que c'est pas une salle de bain, je lui murmure à l'oreille, doucement pour ne pas l'effrayer.

Avec hésitation, elle relève lentement la pièce et regarde minutieusement autours d'elle. Elle soupire lourdement, puis tourne là tête vers moi, et enfoui sa tête dans mon cou encore.

- Oh, j'ai eu trop peur. J'ai … j'ai cru …, hou …, j'ai cru c'était une salle de bain et James et Laurent et Papa ils étaient la et … et … et y me baisaient et … et après y me tuent que je suis morte ! Elle dit, dans sanglots silencieux dans la voix.

Elle est rassurée, et se calme progressivement. Moi je n'y arrive pas. Pas après qu'elle m'ait dit sur quoi son cauchemar portait. Face à elle, je reste tranquille. Mais la rage boue à l'intérieur. Quand je retrouverai Jenks, je prendrai un malin plaisir à lui faire endurer les pires souffrances qu'un humain puisse subir.

Mais finalement il n'est pas humain, non. Alors il mérite encore pire.

Pour tout ce qu'il a fait, pour tout ce qu'il lui a fait, il paiera. Cher. Très cher.

Bella s'est endormie. Je me lève pour aller éteindre la lumière, mais je sens sa main s'agripper à mon tee-shirt.

- Si te plait, reste, elle supplie presque, avec sa petite voix. J'ai peur quand je suis tout seule que t'es pas la, elle dit, et un bâillement lui échappe.

Je souris. J'ai beaucoup souris, aujourd'hui, malgré tout.

- D'accord, mais je vais éteindre la lumière, hum ?

- Bon d'accord, elle marmonne.

J'éteins la lampe, et je reviens, m'allonge à côté d'elle, et serre sa main dans la mienne. Elle me semble ridiculement petite à côté de la mienne. Et au bout de quelques minutes, sa respiration est parfaitement régulière, ses paupières closes et son corps détendu sous les couvertures. Elle dort.

Alors je suis rassuré. Elle est là, en parfaite sécurité. Elle se repose. Je suis là, à côté, je la vois, je la touche, je la sens. Je profite de la quiétude du moment pour fermer mes yeux, et me laisse happer par un sommeil bienvenu.

OOOOOOOO

Voila le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous aura plus, il est légèrement plus long que le précédent, et surtout j'ai trouvé l'écriture plus intéressante, car on creuse dans la personnalité des personnages, leurs psychologie, surtout pour « Edward » (excusez moi, j'ai du mal à penser Edward, étant donné que quand j'écris, ce personnage à un nom propre ;) ). J'en suis satisfaite, personnellement. Le prochain sera très, très riche en émotion, et on verra apparaitre Alice et Rosalie, notamment. J'ai vraiment hésité à poster ce soir, étant donné que je ne savais pas si j'allais re-écrire dans la soirée, et le lendemain (17 pages en deux jours, ça pompe l'énergie, croyez moi !), donc par mesure de précaution, je m'étais donné un petit délai, pour avoir le plus de temps pour écrire la suite et ne pas devoir le faire en catastrophe pour ne pas décevoir mes lecteurs ! J'ai horreur de travail dans l'urgence, car cette fiction, cette histoire a besoin d'être traitée correctement et je ne veux pas faire n'importe quoi, quelque chose de mauvais, ou juste « mieux que mauvais ». Je veux donner le meilleur pour cette histoire. Parce que dans ce contexte, on ne peut pas se permettre d'être juste au dessus de la médiocrité. Il faut approcher la perfection, du moins sa perfection, c'est-à-dire le mieux que nous soyons capable de faire. Et je travaille dur pour cela chaque jour, a relire, réécrire, et je prête attention aux moindres détails, ne laisse rien au hasard. Mais bon voila, comme j'ai trop d'inspiration je me couche je dors, je me lève j'ecris, et après je retourne au lit, et puis j'ai trop craqué j'avais grave envie de poster ce soir, donc VOILAAAAA ! J'attends vos reviews avec impatience ! Merci d'être la, cher lecteurs, je ne vous le dirais jamais assez, mais JE VOUS AIME !

Bisous,

Petite Fée.