Tag pour « The Scourge »
Résumé : Jack craint qu'il soit peut-être l'heure de tenir ses promesses.
« Et je veux que tu te rappelles que tu m'as rendue complètement, parfaitement heureuse. Plus heureuse que je n'aie jamais été de ma vie. Plus heureuse que je n'aie jamais pensé pouvoir l'être. Plus heureuse que personne ne mérite de l'être. »
Jack continuait d'entendre sa voix à la fois douce et rauque. Il continuait de se repasser cette nuit dans son esprit encore et encore, essayant de se rappeler chaque instant, chaque détail, chaque son, chaque baiser, chaque contact. La dernière nuit qu'ils avaient passée ensemble, il y a de cela presque une semaine maintenant.
Le visage dans ses mains, ses coudes appuyés sur le bureau, il lutta pour garder le désespoir à distance. Il fut en fait heureux quand sa secrétaire frappa sur la porte fermée et passa sa tête à l'intérieur du bureau, interrompant ses sombres réflexions. « Monsieur, votre réunion avec les Généraux… » commença-t-elle à lui rappeler, mais s'arrêta quand elle vit son visage pâle et hagard. « Monsieur ! Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle d'une voix inquiète en entrant dans le bureau. Elle n'avait jamais vu Jack si abattu.
Le Général hocha seulement la tête d'un air fatigué, et commença à se lever pour se diriger vers sa réunion, essayant d'oublier sa conversation téléphonique avec Landry.
« Nous avons perdu le contact avec le site Gamma, Monsieur. J'ai besoin de votre autorisation pour envoyer l'Odyssée et enclencher le Protocole CR91. Nous craignons le pire. Je suis désolé, Jack. »
L'inquiétude avait été palpable dans la voix du Général, mais Jack avait gardé la sienne complètement professionnelle lorsqu'il donna son autorisation et ordonna à sa secrétaire, via l'intercom, que le personnel concerné contacte Landry. Des années de pratique à garder ses émotions enfouies dans le but de diriger les missions lui avaient bien servi durant les quinze minutes qui suivirent. Le temps pendant lequel il avait pu maintenir son calme. Le beau visage de Sam envahissant, avec insistance, ses pensées par la suite (Il réussit encore à maintenir son calme durant les 15 minutes qui suivirent, grâce aux années de pratique à garder ses émotions enfouies dans le but de diriger les missions, avant que le beau visage de Sam n'envahisse à nouveau ses pensées avec insistance).
« Jack, tu réalises que nous sommes très chanceux, n'est-ce pas ? » demanda Sam avec douceur.
« Je réalise que je le suis, » se rappela-t-il avoir répondu.
« Nous le sommes tous les deux, » insista-t-elle. « Nous serions tous les deux morts si nous ne l'étions pas. Avec tant de situations où nous nous en sommes sortis de justesse durant toutes ces années, nous devrions être morts. Mais nous ne le sommes pas. Nous restions vivants pour l'autre, et à cause de l'autre. »
Elle était en vie. Il devait y croire. Il fallait qu'elle soit en vie. Et tant que l'Odyssée n'aurait pas fait son rapport, il refuserait même de considérer la possibilité qu'elle soit partie pour toujours.
« Nous avions toujours une bonne raison de survivre, Jack. Beaucoup dépendaient de nous, de nos efforts. Et c'est toujours le cas. Chéri, j'ai la meilleure des raisons pour survivre maintenant. Je t'ai toi vers qui revenir. »
Elle devait revenir. Elle savait qu'il l'attendait. Elle savait qu'il avait besoin d'elle. Alors que Jack sortait de son bureau, seul son visage pâle trahissant son angoisse, et laissant une secrétaire inquiète sur son sillage, il se rappela ses promesses.
« Quoiqu'il arrive, tu prendras soin de Cassie. Et tu dois me promettre que tu continueras ton travail, pour que les vies perdues ne le soient pas pour rien. La Terre a besoin de toi. »
Sam avait eu peur pour lui, pour ce qui lui arriverait si elle était tuée. Il grogna amèrement pour lui-même à l'ironie de cela. Alors qu'il parcourait lentement le couloir vers la salle de réunion où les Généraux et le personnel ignorants l'attendaient, une boule se logea soudain dans sa gorge. Il s'arrêta, se reprenant avant de continuer.
« Et tu dois me promettre que tu ne te blâmeras jamais de me laisser vivre ma vie, peu importe comment elle se termine. »
Non. Il ne se blâmerait pas. C'était la seule promesse qu'il savait pouvoir tenir. Il avait essayé de la protéger. Bien ou mal, il avait tenté de la renvoyer à un job sans danger dans le Nevada. Mais ce n'était pas ce que Sam Carter avait voulu. Si elle avait péri, c'était en faisant ce qu'elle désirait, et en servant son pays et sa planète au mieux de ses capacités. Il avait accepté que les choses devaient être ainsi. Cette nuit-là il avait fait la paix avec ce sujet pour toujours.
Ayant repris son sang froid, il continua le long du couloir et s'arrêta à la porte de la salle de conférence, son visage impassible fermement en place, prêt à continuer à faire son travail de son mieux. Sa main agrippa la poignée, et il soupira en la tournant, se rappelant les mots qui le garderaient sain d'esprit pour les prochaines heures.
« Tu dois croire que, s'il est humainement possible, je reviendrai chaque fois. »
Bien des heures plus tard, l'Odyssée, ayant finalement atteint la Terre après un long et stressant voyage, transporta sans encombre SG1 au SGC. On s'était occupé, comme il se devait, des délégués, et le Général Landry avait requis un débriefing immédiat malgré l'heure tardive, s'excusant de cette précipitation.
Sam put à peine rester éveillée durant la réunion, car elle avait été incapable de dormir ou même de se doucher sur le vaisseau spatial. Elle et Daniel avaient été occupés à prendre soin des besoins des représentants épuisés du CIS, espérant qu'un peu de lèche minimiserait les répercussions pour le SGC. Daniel fit la plus grande partie de la discussion durant le débriefing, comme d'habitude. Teal'c fut typiquement laconique, et elle fit de son mieux pour contribuer quand c'était nécessaire. Son esprit continuait de s'égarer vers Jack, et à son besoin de l'appeler. Elle savait ce que cette journée avait dû être pour son bien-aimé Général. Même Landry paraissait ridiculement heureux qu'ils soient de retour. Hammond n'avait jamais, pour toutes ces fois où ils avaient été déclarés perdus ou blessés, affiché son soulagement de manière si visible.
Sam voulait aussi désespérément prendre une douche avant de se coucher. N'ayant jamais été attirée par les insectes, sa récente expérience sur le site Gamma l'avait laissée avec la chair de poule. Aussi soupira-t-elle de reconnaissance quand Landry les congédia enfin, les remerciant à profusion pour leur succès à protéger les délégués. Ne voulant pas prendre le temps de rentrer chez elle, elle alla directement à son labo, ferma la porte et se saisit du téléphone.
« O'Neill, » répondit Jack après la première sonnerie, sa voix profonde et fatiguée.
« Coucou. C'est moi, » dit-elle avec un sourire, toujours transportée de joie d'entendre sa voix virile. « Nous sommes finalement de retour, » ajouta-t-elle comme s'ils avaient été sur une mission de routine sans danger.
« J'ai entendu ça, » répondit-il brièvement, sa voix épaisse, et Sam réalisa immédiatement que Jack avait eu une journée plus dure qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer.
« Les délégués vont bien, si ce n'est une cheville cassée. Daniel, Cam et Teal'c te disent bonjour, » tenta-t-elle de continuer d'un ton insouciant.
« Peux-tu venir ici ce week-end ? » demanda-t-il ignorant ce qu'elle avait dit.
« Oui, je prévoyais de prendre l'avion vendredi après-midi. Jack ? » demanda-t-elle inquiète.
« Oui ? »
« Est-ce ça va ? »
« Bien sûr ! Pourquoi ? » répondit-il, d'une voix brusque.
« Tu ne sembles pas aller bien, » le défia-t-elle d'une voix douce.
« Je vais bien. Seulement occupé, c'est tout. » Sam détecta une dureté dans sa voix qu'elle n'avait pas entendue depuis les jours où il était sur le terrain.
« Oh, bien… Je suppose que je devrais te laisser alors. Je te verrai vendredi soir, » répondit-elle d'un ton abattu.
« Non ! Attends… attends, » soupira-t-il. « Je te demande pardon. Je ne voulais pas être brusque. Je t'en prie, ne raccroche pas. » Sa voix avait perdu ce ton métallique de sa précédente réplique, et était maintenant plus douce.
« Bien, je ne vais pas raccrocher. Chéri, je sais que tu as eu peur aujourd'hui. J'ai eu peur moi aussi. Mais je suis OK, et tu devrais l'être aussi. »
« Je sais. »
« S'il te plait, Jack, » supplia-t-elle doucement. « Je ne serai pas capable de dormir cette nuit si je ne t'entends pas dire que tu vas bien. »
« Je vais bien maintenant que je peux entendre ta voix. Je ne veux pas que tu partes tout de suite. Continue de parler, s'il te plait. »
« De quoi aimerais-tu parler ? Tu connais déjà les détails des événements d'aujourd'hui. Veux-tu savoir lequel des délégués était le plus chiant ? » essaya-t-elle de plaisanter.
« Je le sais déjà. Landry m'en a parlé dès que l'Odyssée vous a récupérés. Mr. 'Lamentation' avait dû être mis sous sédatif, mais il va s'en remettre. Il a en fait complimenté la performance de SG1, et il a en particulier été impressionné par toi. »
« Vraiment ? J'aurais pensé qu'il me détesterait à présent. »
« Il a dit que tu les as maintenus calmes et que, si tu n'avais pas été là, ils seraient tous morts à 24 000 années lumières de la Terre. »
« Au moins, il a retenu la bonne distance cette fois, » gloussa-t-elle.
« Tu avais raison, Sam. »
« A propos de quoi ? »
« Ils ont besoin de toi là dehors. »
« Jack… »
« Non, ça va. Je peux reconnaître quand j'ai tort. Ils ont besoin de toi plus que moi, que je l'aime ou pas. »
Sam ne sut pas quoi dire. Elle soupira seulement et ferma les yeux, souhaitant pouvoir être là pour donner à Jack une étreinte plus que nécessaire. « J'essaierai de prendre le dernier vol pour DC vendredi, » dit-elle finalement. « Tu m'auras enroulée autour de toi vers 1800 heures, mon Général. Sois à la maison ou tu auras à faire à moi. »
« Oh, je serai à la maison ! Seulement, ne rate pas cet avion, Colonel, » prévint-il avec un sourire, commençant finalement à se détendre.
« Je t'aime Jack, » dit-elle d'une voix émue.
« Dépêche-toi simplement et viens. Je serai là à attendre avec un verre de ton vin préféré et une surprise spéciale, » promit-il.
« Une surprise ? Tu sais que je déteste les surprises ! » se plaignit-elle de façon charmante.
« Que tu aimes ou pas, elle t'attend. C'est le week-end de la Saint Valentin, tu te rappelles ? »
« OH… mon Dieu ! » Elle grimaça, se frappant la tempe. « Je suis contente que tu me le rappelles. Maintenant je dois aller faire du shopping. Ca a intérêt à être une bonne surprise, » menaça-t-elle.
« Moi, j'adore ! » déclara-t-il avec un gloussement diabolique. Et les yeux de Sam s'agrandirent d'horreur.
« Jaaack ? »
« Va au lit, Colonel. Ne t'inquiète pas. Je te promets que ce sera amusant. »
« Oh. Mon. Dieu ! »
« Oh-Mon-Dieu, c'est tout à fait ça ! Mes pensées précisément ! »
Sam ne put s'en empêcher. Elle éclata de rire. Il la faisait toujours rire.
