Bonjour à tous !

Voici la suite des aventures d'Harmonie, avec la rencontre face au professeur Rogue. J'espère que ça va vous plaire.

Je vous remercie tous de vos reviews et de votre soutien. Dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre, je vous en serais reconnaissant.

Bonne lecture à tous.

Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling


Chapitre 9 : Le maître de Potions

Lorsque vint le premier vendredi de la nouvelle année, Harmonie était pleine de curiosité, ce qui tranchait avec l'habituel masque d'ennui blasé qu'elle montrait généralement.

C'était ce jour-ci qu'elle allait rencontrer le directeur de sa maison, l'homme qui l'avait fixée étrangement et qui se révélait être son professeur de potions. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle avait le sentiment que cet homme indéchiffrable semblait troublé par sa présence.

Or, s'il y avait bien une chose que la brune aimait percer, c'était le mystère.

Elle avait mené sa petite enquête auprès des différentes maisons au sujet du professeur Rogue. Sévère et exigeant étaient les termes qui revenaient le plus souvent chez les siens et il fallait croire que l'homme méritait bien son prénom. Cependant, en ce qui concernait les autres maisons, Harmonie n'avait obtenu que peu d'informations viables et exploitables sur cet homme. Le fait que la moitié de l'école le qualifiait de multiples termes injurieux, dont le moins grossier était " l'injuste chauve-souris graisseuse des cachots", n'était pas suffisant pour une fouineuse comme Harmonie.

Elle aurait bien aimé savoir ce qui se cachait derrière ces yeux noirs et sans chaleur, semblables à des puits de souffrances, dissimulés derrière un rideau de cheveux gras. Elle voulait savoir qui était l'imposant directeur au nez crochu, qui semblait lire en eux lorsqu'il les fixait avec un silence gênant.

Quoi qu'il en soit, elle serait très vite fixée. La journée du vendredi se terminait par deux heures dans les cachots, en la charmante compagnie des Gryffondor qui stressaient déjà à cause des informations de leurs aînés. Au moins, les choses pourraient être propices à un peu de distraction.

Quelques minutes avant le début du cours, tous les élèves des deux maisons s'étaient réunis devant le laboratoire indiqué par leur emploi du temps. La ponctualité était presque une question de survie. L'angoisse commença à monter, alors qu'un courant d'air poussait les plus frileux à refermer leurs capes.

La porte de la salle de classe de classe vide s'ouvrit alors magiquement, laissant entendre le grincement sinistre de ses gonds mal huilés. Une fois entrés, les étudiants se retrouvaient dans une salle de laboratoire, avec de nombreuses tables éloignées les une des autres pour éviter toute contamination par les bouillonnements des chaudrons. Le laboratoire était glacial, sans doute pour préserver certains ingrédients et éviter que les éléments sensibles à la chaleur n'entrent en réaction avant d'être incorporés à la potion dans laquelle ils entraient en composition. Les murs de pierre nue étaient parfois recouverts de tâches qui ressemblaient à du sang humain séché, tandis que les chaînes rouillées qui pendaient au plafond laissaient penser que cette pièce était une ancienne salle de torture. La roue et le chevalet remisés dans un coin confirmaient cette impression. Les étagères surchargées de plantes et de multiples bocaux emplis de créatures et d'organes très disparates, donnaient l'impression d'être plongé dans le laboratoire d'un savant fou.

Plus cliché tu meurs, songea Harmonie, qui s'installa à l'une des paillasses, en compagnie de Blaise Zabini, tandis que Greengrass la frôlait en l'ignorant superbement. Malefoy se plaça juste devant eux, en compagnie de Crabbe.

Dès que les jeunes sorciers furent tous installés et que les plus organisés avaient sorti leur matériel, la porte ouverte claqua violemment, faisant taire les rares chuchotements.

Le professeur Rogue était entré ans la pièce à leur insu et se dirigeait vers son bureau d'un pas raide. Il avait ce don de maintenir l'ordre par sa seule présence, sans avoir à dire un seul mot, ce qui lui permit de commencer immédiatement par un discours clair et sans ambiguïtés.

- Il n'y aura ni baguettes magiques, ni incantations idiotes durant ce cours, débuta t-il d'une voix doucereuse et basse. Ainsi, je ne m'attends pas à ce que vous compreniez la véritable beauté des vapeurs scintillantes s'élevant d'un chaudron, ou les volutes qui émanent d'une fiole dont l'arôme s'empare de vos sens. Je pourrais vous apprendre à distiller la gloire, à emprisonner la force ou même à mettre la mort en bouteille, si vous n'étiez pas autre chose que la bande de cornichons à qui je dispense ordinairement mes cours.

Il était bon, songea Harmonie, tout y était.

Il parlait des potions avec un amour décelable, indiquant qu'il était envoûté par son sujet et qu'il révélait aussi des qualités de poète insoupçonnées. Elle aussi aimait bien la chimie, voir ces mélanges de produits si utiles se transformer en médicaments, ou alors en armes mortelles et éclater en de magnifiques flammes sombres.

Mais ce qui transparaissait dans ce discours, qu'il avait sûrement du répéter tout l'été et qui faisait désormais son petit effet, c'était sa maîtrise du sarcasme et son exigence.

- Miss Potter, dit-il d'un ton peu avenant en parcourant la liste des élèves, notre nouvelle célébrité.

Quelques rires discrets parvinrent de différents coins, suscitant un regard noir du professeur qui surveillait l'ensemble de la salle.

- Dites-moi, demanda t-il avec un ton doucereux, qu'est-ce que j'obtiens lorsque je mélange une racine d'asphodèle à une infusion d'armoise ? demanda t-il en la regardant dans les yeux.

- Vous obtenez une base de Gopa, une substance qui entre dans la composition de cinq potions de troisième catégorie, notamment un somnifère très puissant appelé la goutte du mort-vivant, Monsieur, répondit-elle sans le moindre sarcasme.

Si Rogue sembla surpris, il n'en montra rien. Apparemment, la brune avait au moins bien travaillé son sujet. Elle avait même étudié les bases, ce qui était appris en début de troisième trimestre.

- Et vous, Mr Weasley, dit-il en se retournant rapidement vers les lions. Si je vous demandais de trouver un bézoard, ou iriez-vous ?

Ron Weasley écarquilla les yeux, ne connaissant pas la réponse, avant de se tourner vers ses camarades. Ceux-ci haussèrent également les épaules, indiquant qu'eux non plus n'en avaient aucune idée.

- Alors, Mr Weasley, votre réponse ? reprit Rogue avec un rictus mauvais.

- Euh, tenta lamentablement Ron. Dans votre placard ?

Quelques Gryffondor ricanèrent bêtement, mais Rogue n'avait pas l'air d'être amusé.

- Insolent, siffla t-il, vous faites perdre cinq points à Gryffondor. Dites-nous, Potter, quelle est la réponse ?

- On trouve un bézoard dans le second estomac d'une chèvre ou d'un animal caprin, Monsieur.

- Bien Potter, dix points pour Serpentard. Pouvez-vous nous dire ou avez-vous trouvé cette information ? demanda t-il en observant l'air inexpressif et détaché d'Harmonie.

- Dans Milles herbes et champignons magiques, chapitre deux, si ma mémoire est bonne, Monsieur.

Rogue avait l'air satisfait, alors qu'un abominable rictus gagnait ses lèvres et qu'il se retournait vers le garçon roux dont les joues avaient pris la couleur de ses cheveux.

- Vous n'avez pas pris la peine de lire votre livre, Weasley ? Vous faites perdre dix nouveaux points à votre maison.

Weasley se rassit, écarlate, tandis qu'il adressait un regard haineux à la brune imperturbable. Pendant ce temps, Rogue avait agité sa baguette, faisant apparaître les instructions au tableau pour la réalisation d'une potion de guérison des furoncles.

- Pour cette première heure d'expérimentation, vous réaliserez cette potion simple, si vous n'êtes pas manchots au point de ne pas arriver à suivre les instructions. Le but n'est pas seulement de réaliser la commande de Mme Pomfresh, il s'agit surtout d'acquérir les gestes basiques, nécessaires à tout bon préparateur. Vous agirez en autodidactes pour brasser cette potion en binôme et je passerais dans les rangs pour corriger vos gestes. Les ingrédients sont dans l'armoire et vous n'avez pas de raison de bavarder avec d'autres personnes que celle qui collabore avec vous. Au travail.

Le professeur commença à observer les élèves dans leur démarche. Harmonie se dépêcha d'aller chercher tous les ingrédients nécessaires, tandis que Blaise calibrait la balance de cuivre. Harmonie se maudissait intérieurement de ne pouvoir disposer de matériel électronique de pointe, plutôt que de ces antiquités imprécises.

La brune essayait de compenser du mieux qu'elle pouvait. Elle calculait les doses au millilitre près, faisant preuve d'une rigueur qui impressionna Rogue. Peut être qu'elle tenait plus de sa mère, après tout. James Potter devait se retourner dans sa tombe, songea t-il avec délectation.

Si Rogue semblait effrayant, son regard captait la moindre erreur. Tout mauvais geste était corrigé d'un ordre clair et aisé à comprendre. La rigueur extrême qu'il exigeait transparaissait dans ses gestes et ses consignes. Il n'avait aucune clémence, le moindre geste était analysé et critiqué.

- Des lamelles de deux millimètres, Crabbe. Six tours dans le sens des aiguilles d'une montre, Jordan. Vous ne savez donc pas compter ? Ou bien lire ?

C'était ces sarcasmes habilement glissés qui faisaient de ce cours une heure ou l'on ne s'ennuyait jamais. Il y avait toujours quelque chose d'imprévu qui allait se passer.

Alors que Rogue corrigeait les gestes des élèves du fond, une explosion ébranla la salle, alors qu'un nuage vert s'élevait de la première table des Gryffondor. Neville se tenait le nez, enflé comme un navet, alors que son chaudron en fragments laissait couler son contenu semblable à de la vase verte sur le sol, grignotant sacs et chaussures.

- Espèce d'imbécile ! vociféra Rogue. Vous avez sûrement mis les épines de porc-épic avant de retirer le chaudron du feu, je suppose ! Quant à vous, Finnigan, pourquoi ne pas avoir aidé votre camarade ? Vous pensiez que vous auriez l'air plus malin si votre binôme ratait tout ? postillonna t-il en direction dudit élève qui sentait la honte le gagner. Et l'on dit les Gryffondor héroïques, ajouta t-il avec mépris, voila qui vous coûtera dix nouveaux points.

Finalement, après que Rogue eut distribué des antidotes, il ramassa des échantillons pour les embouteiller. Il convoqua Harmonie, sous les regards mauvais des lions et ceux, inquiets, des serpents. Etre convoqué par Rogue et passer dans son bureau était rarement une partie de plaisir.

Le maître de potions ferma la porte, avant de jeter un sort d'insonorisation. Il se planta sur son siège, fixant la brune en prenant soin d'éviter de croiser ses yeux verts.

- Potter, il faut que je vous annonce une chose, qui pourrait nuire à nos relations. Vous êtes l'une de mes élèves, mais vous êtes aussi étudiante dans ma maison et comme tous les autres, vous avez mon soutien et ma protection. Le problème que je veux aborder, c'est que pendant des années, votre père et moi, nous ...

- Vous connaissiez mes parents ? demanda t-elle en abandonnant toute retenue et en interrompant Rogue.

- Ne m'interrompez pas, coupa t-il sèchement. Je les ai connus. Votre père et moi étions ennemis, il était à la tête d'une bande d'imbéciles arrogants et ne se souciait aucunement des règles. Une de ces blagues à même failli me coûter la vie et pendant sept ans, nous nous sommes haïs. Quant à votre mère, dit-il en se radoucissant, elle était mon amie. Lily était excellente, terriblement douée et d'une gentillesse sans pareille. D'un certain coté, vous lui ressemblez. Elle aussi était minutieuse et intéressée que vous l'êtes.

Harmonie le remercia intérieurement. Même si elle savait qu'il n'en reparlerait pas avant un bon moment, elle avait eu quelques informations de plus.

- Merci Professeur. Je veux que vous sachiez que je ne suis pas James Potter. Je ne veux pas savoir ce qui s'est passé entre vous deux. Il est mort, enterré je ne sais où, alors laissez-le où il se trouve.

La brune discuta encore quelques minutes, avant de se retirer du bureau de son professeur. La conversation avec Rogue lui avait donné envie de réfléchir.

Sauf que repenser à ses parents n'était pas utile en l'état actuel des choses. Tout ce qu'elle voulait, c'était en savoir davantage, mais c'était impossible pour le moment.

La brune décida donc de chasser temporairement James et Lily de son esprit. Elle voulait songer à autre chose pour dégager son esprit.

Même l'ennuyeuse Gemma Farlay était un sujet plausible, pour changer de sujet.

La brune voulait se débarrasser de la préfète de façon discrète et permanente. Mais elle savait qu'elle devait faire ça de façon à ne courir aucun risque et ce n'était pas dans cet état actuel de frustration et de souci, que les choses iraient mieux.

La colère était mauvaise conseillère et elle savait que foncer devant Farlay en lui mettant un sort en pleine face serait totalement idiot et suicidaire. C'était bon pour le plus sanguin et le plus borné des Gryffondor, à comprendre le sixième Weasley et l'idée de ressembler à celui-ci la dégoûtait.

Harmonie connaissait ses limites et ses faiblesses. Elle n'avait pas la puissance et les connaissances magiques pour rivaliser avec une élève de septième année. Elle n'avait pas non plus intérêt à avoir des témoins à proximité. Elle devait agir par derrière et sans personne pour la voir. Ni humain, ni portrait, ni fantôme, ne devrait la voir. En conclusion, il lui faudrait se servir d'une méthode moldue.

Pour se calmer et se vider la tête, Harmonie se dirigea vers la haute tour d'astronomie, son télescope en main, afin d'observer le ciel nocturne qui était dégagé. On voyait bien Saturne en ce moment, ses anneaux brillaient au milieu de l'étendue astrale, constellée de milliers de points qui scintillaient faiblement, avec leurs couleurs si nuancées, que les étoiles semblaient avoir leur vie propre.

La jeune brune se coucha sur le sol, avant d'enrouler sa cape sur elle même. Il faisait un peu froid, alors qu'une bise automnale se glissait à l'intérieur de ses vêtements sombres.

Harmonie contempla le ciel avec une expression de sérénité, un peu comme si ce phénomène avait la capacité de la calmer. Elle se serait presque surprise à sourire, alors qu'elle fermait ses yeux et qu'elle inspirait profondément l'air pur, légèrement humide et chargé de la magie du château.

Ce n'est que plus tard, lorsque sa montre lui indiqua que l'heure du couvre feu allait bientôt être atteinte, qu'elle se dirigea vers sa chambre.

Malgré le fait que les cours avaient commencé depuis une semaine, il y avait déjà des exercices et des études à faire. Harmonie ne voulait pas prendre de retard, elle savait que l'effort était exigé, et pas seulement par le professeur Rogue. Elle ne voulait pas être dans ses mauvais papiers, surtout si c'était pour avoir droit à une réunion dans son bureau.

Harmonie s'installa dans sa chambre, libérant Apos qui se glissa sur le tapis de laine, réchauffé par les feux de la cheminée.

Avachie sur son bureau, elle se décida à commencer l'essai de métamorphose demandée par McGonagall. Les livres de la bibliothèque étaient utiles, mais moins que les revues spécialisées comme l'ouvrage scientifique Le mensuel de métamorphose, dans lequel son enseignante écrivait des articles sur ses dernières recherches.

La brune sentit les mots venir, comme un poème fluide ou l'amour transformait votre pensée en une sonate divine pour l'oreille. Citer McGonagall dans les sources flatterait sûrement son enseignante.

- Bon, j'ai fini, soupira t-elle en faisant une copie magique de son devoir, au cas ou il disparaîtrait.

Lorsqu'elle rangea ses affaires, un air blasé sur le visage, elle activa involontairement son stylo à quatre couleurs. Le cliquetis l'immobilisa subitement, alors que son regard s'élargissait.

Harmonie dévissa fébrilement le capuchon, révélant l'intérieur du mécanisme.

D'une simple pression, elle activa le ressort relié à la cartouche. Elle le désactiva, puis le réactiva.

Harmonie sourit de plus en plus, étirant ses lèvres en une expression qui, combinée à ses yeux qui se plissaient davantage, n'était pas belle à voir.

Toujours avec cet air inquiétant, elle rangea son crayon pour se glisser dans ses draps, recevant une insulte d'Apos qui se plaignit de ses pieds froids.

Ca y est, songea Harmonie, avant de sombrer dans les bras de Morphée.

" Ce qui m'a intriguée chez Harmonie Potter, c'était le fait qu'elle privilégiait du matériel d'origine moldue, plutôt que de se servir du nôtre. Même les nés-moldus s'adaptaient à nos traditions, comme l'encre et la plume, enchantés qu'ils étaient à l'idée de s'intégrer à notre communauté.

Potter a toujours privilégié l'efficacité et la rapidité. Elle ne se soucie absolument pas des normes et des conventions, elle ne jure que par la rationalisation de son temps disponible. Elle repère le moyen d'obtenir ce qu'elle veut le plus rapidement et le plus facilement possible et agit en fonction de ses observations. Le reste n'est que gaspillage de temps et d'énergie selon elle."

Témoignage du Professeur de Métamorphose Filius Flitwick, à l'Historien Harfang Odgen, recueilli le 28 avril 2020.