- SBAM -
SOURIRE - BONJOUR - AU REVOIR - MERCI
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JOUR 20 – 22 heures 15 minutes
« Laisse-moi deviner, » commença Régina en découpant sa part de pizza avec application, « si je n'avais pas apporté du vin, c'est de la bière qui accompagnerait ce repas ? »
Emma croqua le bout de pizza qu'elle tenait en main.
« Et un bon point pour la dame, » lança-t-elle après avoir avalé sa bouchée.
« Un bon point ? »
« Pour féliciter ta perspicacité. »
« Oui, justement, tu ne me donnes qu'un bon point ? »
« A quoi t'attendais-tu au juste ? » Demanda la blonde avant de laisser couler du vin dans sa gorge.
« Certainement pas un bon point, je ne suis plus à l'école primaire. »
Emma reposa son verre sur la table, plongeant ses yeux dans ceux noirs et amusés et appréciateurs de Régina.
« Et en plus tu es râleuse. »
« Je ne râle pas très chère, » enchaîna la caissière en portant sa fourchette à sa bouche, « je constate. »
« Évidemment. »
« Et sais-tu ce que je constate d'autre ? »
« Que cette pizza est délicieuse ? »
« Non. »
« Non ? »
« Elle n'est pas mauvaise en effet mais ce n'est pas ce que je constate. »
« Que tu es vraiment ravissante ? »
La brune sourit.
« Merci du compliment mais ce n'est pas ça. »
« Que tu passes un agréable moment ? »
« Évidemment mais cherche encore. »
« Que ce vin est vraiment un délice ? »
« Tu trouves aussi ? Je suis contente. Emma, tu es vraiment mauvaise en devinette. »
« Pourtant j'ai un bon instinct. »
La brune fronça les sourcils dans un tendre sourire.
« Je ne vois pas le rapport. »
Emma fit mine de réfléchir.
« Oui, je crois qu'il n'y en a pas. »
« Je me disais bien. »
« Et donc ? Que constates-tu au juste ? » Demanda la blonde les yeux curieux, terminant sa deuxième part de pizza avec appétit.
« Que j'ai une furieuse envie de poser de nouveau mes lèvres sur les tiennes. »
A cette réponse, Emma se figea, suspendant ses gestes quelques instants, totalement prise au dépourvu par ce qui venait d'être dit. Puis, elle ouvrit la bouche pour la refermer, pour la rouvrir, pour cligner plusieurs fois des yeux, pour juste finir par rougir violemment devant une Régina fière de son commentaire et surtout, totalement conquise par la réaction de l'autre femme.
« Comment va ton fils ? » Finit par demander la caissière, après de longues minutes, désireuse de remettre la blonde à l'aise.
« Oui... euh... hein ? Que dis-tu ? »
« Ton fils ? »
« Henry ? »
« Comment va-t-il ? »
« Son état est stable. Suite au fracas de l'accident, Henry a subi un choc à la tête qui a débouché sur un traumatisme du cerveau. Son coma est artificiel, les médecins l'ont provoqué à l'aide de médicaments pour protéger son cerveau en diminuant son métabolisme. »
Régina attrapa la main de la blonde dans un geste tendre, et doux.
« Provoquée ou on, j'imagine que la perte de conscience qui résulte du coma nécessite des soins constants ? »
« Oui et la sortie de son coma va passer par la stimulation des sens. »
« Je ne vois pas trop en quoi cela consiste, » dit la caissière en lâchant sa main pour se découper une nouvelle part de pizza.
« Je vais commencer depuis le début, » lui répondit la blonde, la regardant, sans cacher son sourire de voir cette femme manger une pizza aussi gracieusement. « Le traitement commence dans une unité de soins intensifs, où les patients restent jusqu'à ce qu'ils puissent assurer eux-mêmes leurs fonctions vitales. »
« C'est-à-dire ? »
« Avoir une respiration et une activité cardiocirculatoire stable. »
« Je vois, et ensuite ? »
« S'ils passent ce cap, il faut assurer les soins de base et éviter des complications. En gros, une personne dans le coma doit être nourrie artificiellement, généralement à l'aide d'une sonde. »
« Il faut aussi le bouger fréquemment j'image.»
« Tout à fait, pour éviter des escarres et des contractures. »
La blonde termina d'une traite son verre avant de se resservir et de poursuivre :
« Les soignants mettent ensuite en place des routines précises pour l'ensemble des soins car avec des procédures de soins répétées à l'identique, on offre au malade des points de repère, notamment temporels. Il est également important de parler au patient, de le masser, de faire toutes ces choses qui sollicitent ses capacités cérébrales. »
« Le cerveau est donc mis en activité sans que le patient ne s'en rende compte ? » Demanda Régina en aidant la blonde à débarrasser la table pour ensuite s'installer, à ses cotés, dans le canapé.
« Exactement. J'ai dû remplir un questionnaire de vie afin de recréer autour d'Henry un univers familier, aussi ils lui proposent des repas selon ses goûts, ils lui font écouter la musique qu'il aime, lui font sentir des parfum qu'il connaît... »
« Ils adaptent les traitements à la personnalité de ton fils ? C'est bien. »
« Oui mais il n'y a pas de changement pour le moment, son réveil tarde. »
« Qu'en disent les médecins ? »
Emma fit tourner son verre de vin devant elle avant de répondre :
« Qu'il faut lui donner du temps. Ce qu'a subi son cerveau n'est pas anodin. »
« Un accident de voiture n'est jamais anodin, le corps humain n'est pas fait pour se confronter à de la tôle. »
« C'est une évidence, » dit la blonde en portant son verre à ses lèvres ou du moins, voulut porter son verre à ses lèvres.
Régina posa une main sur son bras.
« Tu devrais arrêter avec ça pour ce soir, » commença doucement la brune, lui attrapant le verre pour le déposer sur la table basse. « Tout ce que tu vas y gagner est un affreux mal de crâne et, je suis persuadée que ce n'est pas ce que tu veux. »
« La situation d'Henry me fatigue moralement. »
« Je sais. »
« J'ai peur Régina. »
Des larmes perlèrent dans le coin des yeux verts. La brune se plaça à califourchon sur ses genoux puis les essuya d'un doigt.
« Tout va bien se passer, » dit-elle dans un chuchotement.
« Comment ne pas le croire alors que tu es à mes cotés ? » Répliqua Emma, plus pour elle-même que pour la caissière, plaçant ses mains sur ses flancs pour la rapprocher davantage d'elle.
« Je suis là à présent, Emma. »
« Je le vois. »
« Et tu le sens ? »
« Co-Comment.. ça ? » Demanda la blonde entre deux baisers.
« Mes baisers... mes caresses... » répondit-elle en laissant ses doigts courir sur ses bras dénudés, ne manquant pas de la faire frisonner. « Et ce baiser là, tu le sens ? » Régina embrassa son front. « Et celui-ci ? » Elle embrassa sa joue, puis l'autre, puis son menton, puis le bout de son nez. « Alors, tu le sens ? »
Sans répondre, semblant avoir besoin de plus, Emma remonta rapidement ses mains pour venir les plaquer sur la nuque de cette si belle femme qu'elle tenait entre ses bras, écoutant le désir, impérieux, qui dansait en cet instant dans ses yeux. Elle l'embrassa, presque sauvagement, mêlant rapidement sa langue à celle de Régina qui ne se fit pas prier pour lui donner l'accès à sa bouche, désireuse elle aussi de partager plus avec l'autre femme.
Tout s'enchaîna alors très vite, nombre de baisers, plusieurs caresses, la chemise de la blonde qui, bouton après bouton, fut jetée au loin, de nouveaux baisers, leurs doigts se cherchant, s'accrochant au corps de l'autre.
La raison de Régina avait volé en éclat, la douceur de la peau d'Emma, la souplesse de son corps, le parfum délicat qui s'échappait d'elle et le désir qui occupait à présent seul son esprit, la piégeaient telle une araignée dans sa toile, si bien qu'elle eut l'impression de se noyer, vague après vague, dans les bras de la blonde.
Puis, elle finit par relever la tête, tâchant tant bien que mal de reprendre son souffle. Et, ce laps de temps lui permit de réaliser qu'elle se trouvait allongée sur le canapé, sur une Emma, les cheveux en bataille, torse nu dont le soutien-gorge avait volé, elle ne savait comment, quelques mètres plus loin.
Régina secoua la tête, cherchant à reprendre contenance, à empêcher son désir de gouverner le moindre de ses sens, profitant de la chaleur des bras de la blonde qui, ne cessa à aucun moment de la serrer contre elle.
« Je crois que j'ai trop bu, » finit par murmurer Emma, comme une excuse.
Régina laissa reposer sa tête contre sa poitrine, fermant les yeux pour écouter son cœur.
« Tu t'es pratiquement sifflée la bouteille entière aussi. »
« Ton vin était bon. »
La brune sourit, appréciant les doigts de l'autre femme se promenant, habiles et réconfortants, dans ses cheveux.
« Il se fait tard. »
« Reste dormir ici. »
« Em-... »
« J'ai trop bu, » la coupa la blonde, « et si je fais un malaise ? Reste pour veiller sur moi. »
« C'est petit. »
« Mais efficace, non ? »
La caissière sourit en se redressant, attrapant la main d'Emma pour la guider vers la salle de bain.
« Tu vas devoir me prêter de quoi dormir. »
Le sourire, plus qu'explicite de la blonde obligea Régina à reprendre :
« Et je veux quelque chose de décent qui me couvre entièrement le corps, je te préviens. »
Le sourire d'Emma s'effaça.
« Vraiment ? »
« Vraiment. »
La blonde, après négociation qu'elle remporta plutôt rapidement, réussit à faire dormir la brune dans son lit et, quelques baisers et caresses plus tard, les deux femmes, dans les bras l'une de l'autre, fermèrent les yeux pour un sommeil profond et réparateur, chargé d'un sentiment de bien-être qui ne semblait plus vouloir les quitter.
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JOUR 21
Emma ouvrit les yeux dans un long bâillement, puis s'étira, se tortillant dans le lit après cette nuit qu'elle avait passée d'une traite. Voilà longtemps qu'elle ne s'était pas éveillée pour broyer du noir ou tourner en rond ou juste subir les effets d'une cruelle insomnie.
Il était encore tôt, le soleil ne filtrait pas encore au travers des persiennes. La blonde se redressa subitement, cherchant autour d'elle.
Où était passée Régina ?
Elle se leva et fit le tour de son appartement. De la présence de la brune, il ne restait plus que la vaisselle de la veille traînant dans l'évier et le long tee-shirt et le short qu'elle lui avait prêtés pour la nuit, correctement pliés et déposés dans la balle de linge sale.
Où était passée Régina ?
Pas un mot, rien, elle n'avait même pas pensé à récupérer son numéro de téléphone. La blonde se maudit, elle aurait dû prendre un moment pour le faire depuis le temps qu'elles avaient commencé à se rapprocher.
La blonde se demanda alors pourquoi, pourquoi Régina avait-elle quitté ses bras, son lit, son appartement sans rien dire ? Avait-elle des regrets sur ce qui s'était passé entre elles ? N'avait-elle pas aimé ? Lui en voulait-elle ? Pourtant elle semblait être bien en sa compagnie, ayant même été à l'initiative de nombreux baisers.
Emma attendit, dix minutes, une demie-heure, une heure, trois heures, passa au magasin... sans succès. La brune semblait s'être totalement volatilisée.
Mais, où était donc passée Régina ?
...
MERCI à Not gonna die pour son aide, comme toujours, tu es super efficace ! :P
MERCI à VOUS de me lire, de me suivre et surtout pour vos encouragements ! Je suis vraiment heureuse de voir que cette histoire suscite votre intérêt et j'espère que cela va continuer !
