Bonsoir les ami-e-s ! Voici pour vous un chapitre plutôt conséquent ! Et je pense continuer d'écrire ce soir, afin d'essayer de vous poster plus rapidement une suite.
La joie du lundi matin, vous la connaissez ? Si vous répondez non, on est pas dans la merde ! On passe par toutes sortes d'événements lors de ce jour fatidique de début de semaine : prendre le bus, retourner en cours, fumer sa première cigarette ou boire son premier café, d'autres vont chez le médecin, comme le malheureux Stan. Ça fait maintenant longtemps qu'il somnole dans la salle d'attente. Les magazines mis à dispositions sont chiants comme la pluie et une grand-mère parle toute seule à côté de lui. Il y a mieux comme ambiance. Il se demande ce qu'il fait là en fait. Ses symptômes qui le perturbaient tant ont comme disparu depuis hier soir. C'est toujours comme ça lorsqu'on se décide enfin à prendre rendez-vous chez le docteur, ironie du sort. Après une éternité et quelques secondes, il se retrouve enfin face au médecin familial, qui ressemble à un parfait imbécile à première vue mais ne l'est pas tant que ça, du moins on l'espère.
Le Docteur (un peu con): Salut Stanley, ça fait un moment qu'on ne s'est plus vu dis-moi !
Effectivement, les crises d'asthmes se sont calmées au fil des années. Le cinquantenaire lui demande la raison du pourquoi il est là.
Stan: C'est difficile à expliquer. Par moment j'ai mon cœur qui bat très fort, j'ai chaud et j'ai les mains moites. Je me sens tout embrouillé et je n'arrive plus à me concentrer sur ce qu'il se passe autour de moi.
Le Docteur (légèrement stupide): Je vois. Peux-tu me dire à quel moment plus ou moins tu ressens tout cela ?
Bonne question. Stan met un certain temps avant de répondre.
Stan: Tout le temps je crois. Sauf hier, quand j'étais seul chez moi.
Le docteur l'ausculte, prend son pouls, sa température et tout le toutim.
Le Docteur (non mais sérieux, il est un peu bête): Je ne constate rien d'anormal. Tu fais un effort physique particulier quand ça te prend ?
Stan: Non.
Le Docteur (qui est quand même gentil): Quelque chose a changé dans ton quotidien récemment ?
Stan se creuse la tête, un changement ? Mis à part ce qu'il se passe avec Kyle et qui a pour conséquent éveillé en flèche sa libido, il ne voit pas. Il se met à rougir en se remémorant leurs expériences sensuelles.
Stan: Heu.. non je-je crois pas.
Le docteur se met à sourire, qu'est-ce qu'il y a de si amusant ?
Le Docteur (pas très lucide): Vois-tu Stanley, je ne pense pas tu sois souffrant.
Stan: Ah ?
Le Docteur (ou peut-être que si ?) Oui, ce que tu ressens, ça ressemble à s'y méprendre à l'état amoureux.
Stan reste bouche bée et son visage s'enflamme encore plus.
Le Docteur (un peu chiant): Ah oui oui, c'est bien ça, j'ai vu juste !
Stan: Mais... attendez, je comprends pas. On m'a toujours dit que quand on est amoureux on vomi !
Cette fois le professionnel de la santé perd son sourire, laisse place à une expression d'ahuri.
Le Docteur (hébété): Hé bien, on peut ressentir des « papillons dans le ventre » mais vomir me parait exagéré !
Il se retient visiblement de rire.
Stan: Mais avec mon ex petite-amie, je vomissais tout le temps ! J'arrivais même pas à l'embrasser.
Stan est de plus en plus perdu. Qu'est-ce qu'il ne va pas chez lui ?
Le Docteur (qui est rusé pour finir): Stanley, on n'a pas la nausée à ce point normalement. Je pense que le problème n'est pas là... Je pense que c'était lié au stress ou quelque chose du genre. Etais-tu à l'aise avec cette fille ?
Stan: Bah ouais je crois.
Le Docteur (plus malin qu'on ne pense): D'accord... Et as-tu eu d'autres relations ?
Stan: J'ai connu d'autres filles et c'était toujours pareil.
Stan ne comprend pas pourquoi il a besoin de répondre à ça lors d'une consultation médicale, mais bon, si ça peut l'aider à mettre en lumière ce qu'il vit ces derniers temps...
Le Docteur (qui a conscience qu'on parle de lui): Et avec un garçon ?
Stan est percé à jour, gêné, il baisse les yeux. Ça se voit tant que ça qu'il est gay ? Il préfère les mecs c'est vrai, bien qu'il n'est connu que Kyle et n'a pas spécialement envie de connaître ça avec quelqu'un d'autre, il ne ressent pas d'attirance pour un autre.
Stan: Heu... là ça va. Je me sens bien avec lui.
Le médecin familial prend une longue inspiration et lance dans souffle :
Le Docteur (qui commence en avoir marre d'être analysé entre parenthèses): J'ai peut-être tort, mais selon moi, tu es probablement attiré par les hommes, ce qui explique ton malaise avec les femmes et tes vomissements répétés en leur présence. Et tu es vraisemblablement amoureux de celui avec qui « tu te sens bien ». Ça fera 25 dollars.
? : Butters ! BUTTERS ! Ramène ton cul ici, bordel de merde !
Cartman est de mauvaise humeur, sa haine du premier jour de la semaine y est pour quelque chose, mais s'il n'y avait que ça ! Le petit blond le rejoint, souriant, comme toujours.
Butters: Salut Eric ! Tu vas bien, tu as passé un bon dimanche ?
Cartman: Épargne-moi ça, Butters ! Il faut qu'on parle !
Sous le regard menaçant de Cartman, il perd sa mine enjouée, devient penaud.
Butters: Pourquoi ? J'ai fait quelque chose de mal ? Holala je suis hors de contrôle, c'est horrible !
Cartman: Écoute : j'ai approfondi mes recherches et il semble que le virus yaoi touche de plus en plus de monde. Méfie-toi des mecs qui t'approchent trop, c'est un conseil.
Butters s'inquiète de plus en plus, effaré devant le visage grave de l'inspecteur.
Butters: Quoi ? Mais pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai ?!
Cartman: TA GUEULE BUTTERS ! Laisse-moi parler. Kenny est le premier à avoir été contaminé et comme par hasard, vous êtes beaucoup plus proches d'un coup ! Coïncidence, je ne crois pas !
Cette fois les joues de Butters prennent une teinte rosée, contrairement à Cartman, il ne parait guère horrifié par cette idée.
Butters: Waw tu crois vraiment que je plais à Kenny ?! J'ai vraiment de la chance, le plus beau garçon de tout South Park m'aime bien !
Cartman: Oui et c'est pour ça que ... Attends, quoi ?!
Butters: Mais je me demande ce qu'il me trouve... lui qui est si parfait. Je ne ressemble à rien à côté de lui, il est grand, musclé aussi et ses cheveux sentent bons et...
Cartman: Mais arrête, bordel !
Cartman devient rouge de colère, il se passe quoi là ?! Ça suffit, tout de suite ! Cet idiot ne comprend même pas la gravité de la situation, alors qu'il est pris pour cible ! Incroyable ça quand même !
Cartman: Butters, sérieusement, il faut que tu t'éloignes de Kenny, tu risques de devenir pd comme lui.
Butters: Mais Eric, je suis déjà pd.
Cartman: QUOI ?!
Butters lui dit ça, comme ça, comme une fleur. Il se fout de sa gueule ?! Il continue de sourire bêtement. Était-il contaminé depuis le début ? Si c'est le cas, c'est un brillant acteur. Il n'est peut-être pas si con que ça en fin de compte...
Butters: C'est mon papa qui me l'a dit hier. Lui il est pd depuis toujours et il m'a dit que c'était sûrement héréditaire ou quelque chose comme ça. Tu sais, il va souvent faire du catch au sauna pour hommes, par contre il est nul, c'est lui qui finit toujours au sol avec un monsieur au-dessus de lui et...
Cartman: Mais la ferme ! LA FERME ! Je voulais t'aider Butters, sincèrement, mais là tu me casses les couilles !
Déchaîné, Cartman tourne les talons, laissant un Butters perplexe, ne comprenant pas pourquoi il s'était fâché comme ça. Cartman voulait rejoindre sa bande habituelle, mais une mauvaise surprise l'attend : il y a juste Kyle, qui est assis sur un banc. Kenny est certainement sorti fumer et Stan n'est pas là, bravo ! Il s'installe à côté du rouquin, bon gré mal gré. Il sent son regard s'assombrir.
Kyle: Je n'ai pas le temps pour tes conneries, gros cul, je te le dis tout de suite.
Cartman: On est de mauvaise humeur, le juif ? C'est parce que ton petit toutou est absent ?
Kyle: Ne parle pas de Stan comme ça, connard ! Il est chez le docteur, il ne va pas très bien en ce moment.
Sa voix se radoucit, il est véritablement inquiet pour son ami. Il ne lui a encore donné aucune nouvelle. Et si c'était quelque chose de grave ? Il ne le supporterait pas. D'autant plus qu'il est désormais bien plus qu'un ami à ses yeux... Son rêve est qu'ils deviennent ensemble bien plus que cela, mais il n'ose pas trop y espérer. La situation dans laquelle ils sont est spéciale, excitante oui mais il a peur d'en souffrir. Pour lui, ce n'est plus un jeu, des sentiments sont nés. Ou peut-être qu'en fait, ils ont toujours été là ?
Cartman: Je vois, il s'est enfin décidé à se faire soigner. Je crains hélas que le syndrome yaoi soit incurable.
La colère fait rage dans les orbes vertes de Kyle qui se retient de tabasser Cartman, de le rouer de coups et de le laisser dans le couloir de l'école pour mort. Mais ce n'est pas le moment de se causer des ennuis pour lui.
Kyle: Tu n'en as toujours pas marre de cette histoire ridicule ?!
Cartman: Stan est pd Kyle, faudra t'y faire. C'est sûrement les gothiques qui l'ont contaminé.
Kyle: Putain, ça y est, t'as réussi à me pourrir la journée ! Je préférais être sourd que d'entendre ça, je me casse !
Cartman hausse les épaules, ce que les juifs peuvent être susceptibles !
Tweek est étonnement près de la machine à café (ou pas) prenant sa dose avant le début du cours et rejoindre les autres. Il sursaute à l'entente de son prénom.
Tweek: GAH ! Oui, quoi, qui a-t-il ?!
C'est Chris Donnely, un mec qu'il ne connait pas vraiment. Il sait juste qu'il a son âge et jouait avec eux dans leur quête du bâton de la vérité quand ils étaient gosses.
Chris: T'es un ami de Clyde pas vrai ?
Tweek: O-Oui, pourquoi ?!
Chris: Je me disais que tu pouvais... tu sais, lui parler de moi. Il ne répond pas à mes messages mais il me plait beaucoup...
Tweek: Ah ! Ok ! Je vais voir ce que je peux faire !
Tout pour s'en débarrasser ! Chris le remercie et disparait. Pourquoi a-t-il fallu qu'il s'adresse justement à lui ?! Il prend son gobelet de café et rejoint la bande. Craig sourit et vient l'embrasser doucement, sous le regard appréciateur de Clyde. Tweek en oublierait presque sa mission. Il se détache à contre-cœur de son petit-ami et se concentre sur le châtain. Il est tout sourire et ses vêtements sont plus « rock » qu'avant. Craig le raillait toujours en disant qu'il faisait tâche à côté d'eux avec ses fringues passe-partout, ce n'est maintenant plus d'actualité.
Tweek: C-Clyde ! Chris voudrait te faire savoir qu'il ... Gah ! est très intéressé.
Le jeune Donovan lève les yeux au ciel, feignant la lassitude d'être réclamé alors qu'il n'attendait que ça il n'y a pas si longtemps.
Clyde: Encore ! Quand est-ce qu'il va comprendre qu'il n'est pas du tout mon style ?
Tweek: Gah ! C'est quoi ton style alors ?
Clyde: Beau, grand, musclé mais pas trop, brun. Canon quoi !
Tweek: Désolé mais Craig est déjà pris !
Ils éclatent de rire, le concerné vient l'enlacer par derrière, ayant entendu qu'on parlait de lui. Le seul à ne pas s'amuser de la situation est Token. En vérité, il est même carrément furax.
Token: Ces mecs ne s'intéressent à toi uniquement parce que tu as changé d'apparence ! Ce qu'ils peuvent être superficiels !
Cela ne plut pas à Clyde, qui ne manifeste pas son mécontentement par sa petite voix triste habituelle.
Clyde: Les filles qui te courraient après c'était mieux sans doute ? Elles n'en avaient que pour ton fric !
Tweek laisse échapper un cri de panique, une tension commence à s'amplifier au fur et à mesure de la conversation. Mais qu'est-ce qui leur arrivent ? Ça ne leur ressemble pas de se chamailler comme ça ! "Trop de pression !"
Token: Je me fais du souci pour toi, c'est tout. Mais si tu le prends comme ça... Tu fais ce que tu veux de ton cul.
Token s'en alla rejoindre Kenny à l'extérieur du bâtiment, prétextant avoir besoin d'une dernière clope avant les cours. Les trois autres restent dubitatifs, ce n'est pas le genre du black à réagir comme ça et de partir sans demander son reste. Ça ressemble plutôt à la drama queen, qui n'en est plus vraiment une d'ailleurs. Clyde serre les poings, en rage.
Clyde: En vrai, il ne supporte pas que je sois devenu plus populaire que lui, c'est juste ça ! Il avait toutes les nanas pour lui, hé ben maintenant j'ai tous les mecs pour moi, na !
Sur ce, il laisse à son tour Tweek et Craig, en prenant bien soin de s'éloigner dans la direction opposée de Token.
Craig: C'était chiant.
Commente Craig, blasé de cette scène de gamins.
Tweek: Gah ! Token et Clyde se font la gueule c'est terrible ! Doux Jésus !
Craig: Calme-toi, chéri.
Il enlace son petit-ami névrosé avec délicatesse. Tweek soupire, ferme les yeux et se concentre sur la chaleur et les bras rassurants de Craig. Ça va déjà mieux.
Tweek: Nous aussi on de disputait avant de sortir ensemble.
Le blond se remémore leurs bagarres, il avait même appris à faire de la boxe pour le défi qu'ils s'étaient lancé. Ils en ont fait du chemin quand il y pense. Il se love un peu plus contre son brun en souriant.
Craig: L'amour commence toujours par une dispute et blablabla... Continue de sourire comme ça et j'arrête de faire des efforts pour ne pas te sauter dessus en public.
Les premières heures de la matinée passent comme une flèche, surtout pour l'inspecteur, occupé à échafauder toutes sortes de théories. Il tombe sur une impasse, le fait est là : il n'y connait pas grand-chose à cet art asiatique, et il se retrouve bloqué. Qui donc pourrait éclairer sa lanterne ? Il doit ajouter à son enquête l'objectif de se trouver une sorte d'informateur, le genre de type présent dans chaque enquête de série policière, qui connait tout sur tout. Il doit dénicher son Watson ! Ce ne sera pas aisé : qui s'y connait dans ce milieu ? Et surtout, l'individu ne doit pas être contaminé, dans le cas contraire cela serait contre-productif ! Bordel c'est compliqué ! Il jette un œil à sa liste de choses à faire : durant la pause il devra enquêter sur ces tarlouzes de gothiques. Cartman est persuadé qu'ils ont quelque chose à voir avec tout ça, leur échange de salive lors de la soirée de Token n'a fait que confirmer ses doutes. Ils doivent être dehors en train de s'intoxiquer les poumons, quelque part. Il est soulagé en les voyant l'un à côté de l'autre mais sans pour autant se donner en spectacle en faisant des trucs pas cools. Il voit aussitôt le plus petit à la mèche rouge lever les yeux au ciel en le voyant s'approcher. L'inspecteur choisi de l'ignorer et s'adresse au leader d'une voix autoritaire.
Cartman: Je sais ce que vous manigancez ! Vous êtes faits comme des rats, les gothiques !
Pete: Mais qu'est-ce qu'il nous veut ce minable ?
S'interroge Pete en remettant sa mèche en place. Michael se contente de lui lancer un regard interrogateur, le gros conformiste l'indiffère mais on peut dire que sa curiosité naturelle prend le dessus. Cartman se retient de jurer sur le plus jeune mais il n'a pas vraiment envie de mettre en rogne le chef qui est vachement grand et a des allures de tueur en série. Il tient à la vie quand même, et puis il ne touche pas de prime de risque. Pays à la con !
Cartman: Une épidémie touche l'entièreté des mecs de South Park et tout me force à croire que vous avez quelque chose à voir là-dedans.
Pete: Et moi, tout me force à croire que t'es ravagé du cerveau ! Casse-toi, le conformiste.
Cartman fulmine, ne pas craquer, ne pas craquer ! Ils sont résistants, ils ne parleront pas si facilement, il aurait dû s'en douter !
Cartman: Laissez-moi vous expliquer : il y a de plus en plus de gay. Vous êtes des sataniques bizarres, et les pd, c'est le mal : tout est lié ! Vous avez fait un de vos rituels diaboliques pour maudire cette ville qui vous rejette. Maintenant je vous demande de tout annuler !
Pete: Putain, mais qu'est-ce que t'as fumé ?!
Michael: Attend, je regarde dans mon agenda, voir quelles malédictions on a fait récemment... ah désolé la fin du monde par invasion de sodomites n'était pas au programme !
Les deux compères s'esclaffent devant la tête déconfite du conformiste. Ils l'auront voulu !
Cartman: Vous n'êtes qu'une secte de malades ! Et toi, je sais que c'est toi qui a rendu Stan pd !
Aboie-t-il en désignant Michael du doigt. Pete le fusille du regard, son aura devient sombre au possible.
Pete: Il y a quoi entre Raven et toi ?
Michael: Strictement rien. Ne l'écoute pas, tu vois bien que c'est un putain d'attardé !
Cartman jubile intérieurement, il semble avoir réussi à semer la zizanie entre eux. Cette tarlouze est jalouse de Stan ! Hilarant ! Il vient de trouver un point faible et il compte bien en faire bon usage.
Cartman: A ton avis, pourquoi est-ce que Stan garde contact avec vous alors qu'il ne partage pas toutes vos convictions ? C'est suspect, non ? C'est peut-être, je sais pas moi, pour rester auprès de quelqu'un en particulier...
Il fixe Michael du regard qui se décompose peu à peu. Pete est fou de rage, ça se voit dans ses yeux, Cartman s'en frotte les mains : si ça casse entre eux il y a une chance pour que la ville soit sauvée. Au pire, s'ils ne sont pas responsables de la contamination, ça reste marrant à faire, de foutre la merde. L'inspecteur s'éclipse : mission accomplie.
Stan profite de la pause pour retrouver sa bande, encore secoué par son diagnostic. Il ne sait même pas s'il arrivera à regarder en face son meilleur ami après ça. Kenny et Token sont assis sur un banc, fumant tranquillement en observant au loin Clyde et Butters qui papotent vivement. Stan les rejoint, aussitôt suivi par Cartman.
Cartman: Tien, te voilà toi ! Alors ça donne quoi ? On va pouvoir te soigner ?
Stan: Je ne suis pas malade, Cartman.
Kenny: Il t'a dit quoi le médecin ?
Demande Kenny avec intérêt. Stan s'apprête à lui répondre quand il s'aperçoit de l'arrivée de Kyle tout près d'eux. Il vient directement à ses côtés.
Kyle: Stan ! Tu ne m'as pas donné de nouvelles, je m'inquiétais !
Stan pique un fard et se met bégayer.
Stan: Bah heu... c-c'est parce que c'est rien de grave du tout et heu...
Cartman: Hahaha mais regardez-moi ces fiotes ! Vous êtes tellement mignons les mecs, prenez une chambre tant que vous y êtes !
Cartman hurle de rire, foudroyé du regard par l'assemblée. Franchement, les blagues homophobes ne sont pas à faire en ce moment, mais alors pas du tout, et ça, tout le monde est d'accord là-dessus.
Tout le monde: Ta gueule, Cartman !
Cartman: Je vous emmerde, les mecs !
C'est l'heure de manger ! Les élèves se ruent vers la cantine, les estomacs crient famine. Ike picore dans son assiette, sans vraiment y toucher, ce qui ne passe pas inaperçu auprès de ses amis.
? : Tu n'as pas faim, mec ?
Demande Billy, un de ses amis proches. Il est toujours aux petits soins avec lui, il lui rappelle un peu son grand frère parfois. Il apprécie toute l'attention qu'il porte sur lui, mais il ressent la même sensation d'étouffement qu'avec Kyle. Il veut juste qu'on lui foute la paix de temps en temps !
Ike: Cette bouffe est dégueu en fait.
Filmore, son pote de toujours assis juste à côté de lui éclate de rire, Ike n'a jamais mâché ses mots et c'est tant mieux ! A vrai dire, la nourriture n'est pas si mauvaise que ça, la vérité c'est qu'il n'a pas vraiment d'appétit et qu'il a l'esprit ailleurs. Il cherche Firkle du regard. Depuis leur rapprochement lors de la soirée de samedi, le jeune gothique occupe toute ses pensées. Enfin, encore plus que d'habitude. Il le voit s'installer à une table, seul. Il a de la peine pour lui, même s'il sait que c'est délibéré, Firkle n'a aucune envie de se taper la discute avec des conformistes. Il préfère être seul que d'être mal accompagné, sans doute. Ike le contemple de loin, l'observe dans ses moindres gestes. Il suit des yeux la fourchette qui frôle ses lèvres maquillées de noir...qu'est-ce qu'il aimerait être cette fourchette tout à coup !
Filmore: Hey, le canadien !
Ike sursaute et ses amis se mettent à rire.
Billy: Ça fait plusieurs fois qu'on t'appelle !
L'informe Billy avec un petit sourire.
Filmore: Tu matais encore le gothique ?
Demande Filmore d'un ton moqueur. Ike sait très bien que ses potes ne portent pas Firkle dans leur cœur. Ils le surnomment le psychopathe ou la pédale suicidaire, le genre de trucs qu'il ne supporte pas en gros. Il les adore, mais ce qu'ils peuvent être cons parfois ! Ils s'arrêtent uniquement aux apparences et ne cherchent même pas à savoir ce que Firkle est réellement. Ok, lui aussi c'est retourné sur lui à cause de son look, mais c'était par curiosité, puis par intérêt et ensuite par attirance. C'est totalement différent, lui, il ne le dénigre pas, au contraire.
Billy: Il mange encore tout seul.
Filmore: Tu m'étonnes, qui voudrait s'afficher avec lui !
Ike se lève et abandonne son plateau repas, excédé. Billy et Filmore l'interpellent, surpris de sa réaction.
Ike: Allez-vous faire foutre !
Il est suivi de son meilleur ami, une fois dehors, il l'attrape par le bras fermement.
Filmore: Qu'est-ce qui t'arrive, Ike ? On va pas se faire la gueule pour cette tafiole quand même ?
Filmore jure et serre les dents, comprenant sa gaffe.
Filmore: Ouais enfin c'est pas ce que je voulais dire. J'ai rien contre les homos. Mais lui est super bizarre, peut-être pas gay mais super bizarre !
Ike: Tu me fatigues, Filmore !
Ike est à deux doigts de foutre son poing dans la gueule de son ami d'enfance et de se tirer, celui-ci doit le sentir et tente de se rattraper.
Filmore: Tu restes mon meilleur pote Ike, rien à foutre de ton orientation, tu le sais pas vrai ?
Il marmonne un « ouais ouais », évidemment qu'il est au courant de ça. Il n'avait d'ailleurs pas hésité à faire son coming out auprès de Billy et lui, il les sait tolérants à ce sujet et ils sont amis depuis toujours.
Filmore: Mais...
Il y a toujours un putain de « mais ».
Filmore: Je me demande pourquoi tu t'intéresses autant au... à... Il s'appelle comment déjà ?
Ike: Georgie... ou Firkle.
Répond sèchement le brun, il n'est même pas foutu de retenir son prénom alors qu'il est dans leur classe !
Filmore: Ouais c'est ça... Tu connais même son surnom...
Filmore lui lance un regard suspicieux et Ike le défie en ne le quittant pas des yeux, glacial. Son ami fini par baisser les yeux, vaincu.
Filmore: Je veux dire, il y a des mecs bien mieux que lui !
Ike: Et je peux savoir comment tu sais ça ? Tu ne le connais même pas !
Ike hausse le ton, il perd patience, cette colère qui le démange de temps à autre refait surface.
Filmore: Putain Ike tu fais chier ! Tu vois pas que Billy s'intéresse à toi ? Tu préfères vraiment ce cinglé à lui ?!
Filmore lui balance ça comme ça et Ike est sous le choc. Billy craque sur lui ? Impossible, il ne s'en est jamais aperçu ! Sa surprise est vite remplacée par la haine, provoquée par la fin de cette phrase. Personne ne traite Firkle de cinglé ! Il en a plus qu'assez de ces insultes qui ne sortent de nulle part, qui n'ont aucun fondement.
Ike: Retourne à l'intérieur, Filmore. Éloigne-toi où je te jure que je t'explose les dents.
Son ami trésaille, cherche dans ses yeux s'il est sérieux, il a sa réponse en voyant des éclairs dans ses orbes bleues. Il frémi, Ike peut être vraiment flippant parfois. Il sait qu'il ne sera pas de taille à l'affronter, il préfère rentrer, rejoindre Billy, la queue entre les jambes.
Ike grogne en s'appuyant contre le mur. Il se masse les tempes, encore sur les nerfs. A croire que Filmore et Billy se sont passés le mot pour le foutre en rogne aujourd'hui. D'ailleurs, en ce qui concerne Billy, il n'a pas la moindre idée de comment réagir avec lui désormais. Est-ce seulement vrai ? Le truc c'est que ce n'est pas réciproque, mais alors pas du tout. Il est trop calme, simple, il est trop normal en fait. Il l'apprécie comme ami, mais il n'y a aucune attirance, physiquement, il le trouve ennuyeux, sans vouloir être vexant. Quoi qu'il en soit, ça lui prend la tête, il a envie de hurler.
Ike: Je hais le monde entier.
?: Tu deviens lucide, Broflovski.
Ike sursaute, il reconnaîtrait cette voix entre mille ! Firkle le rejoint contre le mur, un sourire narquois aux lèvres. Il s'allume une clope en silence. Ike se sent nerveux, comme à chaque fois qu'il est en sa présence. Il espère juste que le gothique n'a rien entendu de leur conversation, avec Filmore.
Ike: Je commence à en avoir assez des autres. Cons, intolérants, sans intérêt.
Il se surprend lui-même à se confier de la sorte à son crush, il n'avait pas prévu ça, mais il n'a pas pu s'en empêcher.
Firkle: Au moins tu t'en rends compte, c'est déjà ça.
Ike décide de prendre son courage à deux mains, tant que l'occasion se présente. S'il échoue lamentablement, il pourra tourner la page. Non, il sait très bien qu'il n'y arrivera pas, a renoncer ça lui, alors c'est hors de question d'échouer !
Ike: Je veux apprendre à te connaître. Je veux découvrir autre chose que... tout ça.
Il sent les yeux noisette du gothique se poser sur lui, il en est tout troublé. Il cherche à l'analyser, il en est certain.
Firkle: C'est Michael qui s'occupe des « recrues ». Pourquoi tu me demandes ça à moi ?
Firkle se rapproche de lui, le cœur de Ike s'emballe face à cette proximité soudaine. Il le teste.
Ike: Parce que... tu m'intrigues... beaucoup.
Firkle: L'intérêt est partagé.
Ike peut ressentir son souffle contre son visage. Il fixe sa bouche avec envie, il a vraiment envie de l'embrasser, là, maintenant. Cependant, il s'y résigne, il n'y parvient pas. Il perd tout ses moyens face à lui. Firkle s'éloigne subitement et prend la direction de l'école.
Firkle: On en reparle plus tard. Je t'enverrai un message.
Lui lance-t-il sans se retourner. Ike se retient de crier de joie. Il a réussi ? Il a vraiment réussi ?!
A suivre...
C'est la deuxième fois que je termine sur Ike et Firkle, si c'est pas un coup du destin ça ! Je veux connaître vos ressentis, et vite ! Respectez mon autorité ! (Cartman sort de ce corps).
