Disclaimer : Tous les personnages qui vous reconnaîtrez appartiennent à Masami Kurumada. Les autres sont le fruit de mon esprit malade et ma propriété.
Chapitre 8: Athéna
Une apparition céleste, voilà ce qui pourrai tle mieux décrire la jeune femme qui foulait de sa démarche aérienne le dallage de la maison des Poissons. Gageons que le plus talentueux des artistes aurait eu du mal à définir exactement pareille beauté.
Son visage, pour commencer, était d'une délicatesse et d'une régularité absolument parfaites. Ces grands yeux perses obliquaient sur Dohko qui, pour une fois, se sentit insignifiant. Sa longue chevelure blonde, soigneusement peignée, épousait avec grâce chacun de ses mouvements.
Elle portait une robe à crinoline, embellie de ci de là par quelques touches de dentelle. Une broche ovale, sertie d'une topaze, ornait sagement son corsage.
Niemand, oubliant son ton provocateur coutumier, s'agenouilla pour saluer l'entrée de celle à qui il avait juré allégeance. En se redressant, il murmura à Dohko, toujours bouche bée :
- C'est normal. Elle fait toujours cet effet-là lorsqu'on la rencontre pour la
première fois.
- Tu l'auras deviné, je suis Athéna, dirigeante du sanctuaire et des 88 Saints, qui en composent la force armée. Je tiens avant tout à te présenter mes excuses pour cet accueil plus que cavalier. N'en porte pas rancune à Niemand, il n'a fait que suivre mes directives.
- Vos directives, s'emporta soudain Dohko. Vous avez vraiment de drôles de manières ! Vous vous permettez de m'amener ici pour me soumettre à cette mascarade ridicule ! A la fin, qu'attendez-vous de moi ?
- Modères tes propos jeune homme, annonça une extraordinaire voix de baryton. Ta rancœur ne doit pas te faire oublier à qui tu t'adresses !
Une ombre monolithique se glissa derrière la déesse. Elle était composée d'une toge carmin, d'un masque d'ivoire et d'un heaume surmonté d'une effigie de créature ailée grimaçante. Dohko, qui malgré les apparences connaissait ses classiques, reconnut le personnage et dit :
- Vous devez être le grand Pope, précepteur de la déesse ! En d'autres circonstances, j'aurais été ravi de vous rencontrer !
Le Saint des Poissons esquissa un large sourire. Visiblement, cette situation surréaliste le réjouissait au plus haut point.
- Cela ne fait rien grand Pope, déclara la douce Athéna. Sa méfiance et sa colère sont justifiées. Nous lui devons des explications. Voudriez-vous vous en charger, vous êtes meilleur orateur que moi.
- Comme il vous plaira ! J'irai droit au but. Si Niemand t'a agressé, c'était pour jauger de tes capacités et vérifier que l'armure te reconnaissait comme légitime propriétaire. Ce qui ne fut pas le cas !
- J'avais compris, répliqua du tac au tac Dohko.
- Il faut nous comprendre, intervint Niemand. Tu défends une vulgaire armure de bronze et dans la foulée sauve deux Saints, qui passaient par là ! Ca sentait le coup fourré à plein nez !
- C'est un peu imagé, mais c'est exact, reprit le grand Pope. Je suivais mentalement les agissements de Fiodor et Vassili. Durant ton évanouissement, je leur ai ordonné de te conduire au domaine sacré, ceci afin d'observer tes réactions !
- Je suis impatient de connaître vos conclusions !
- Difficile d'en établir… Tu ne sembles pas animé d'intentions belliqueuses à notre égard. Mais ton absence de passé me pose souci ! Tu étais sincère quant tu as raconté ton histoire, je l'ai perçu dans le timbre de ta voix. Mais tu fais peut-être partie d'une machination dont les ramifications te dépasseraient !
- Le principe du loup dans la bergerie, osa Dohko. Je vous aide en sauvant deux des vôtres afin d'endormir votre vigilance ! Et une fois entré au cœur du sanctuaire, je le gangrène de l'intérieur ! Mais dans votre réflexion paranoïaque, vous avez omis un détail capital ! Je n'ai jamais demandé à venir sur ce domaine, c'est vous, encore une
fois, qui m'y avez conduit ! Je trouve à ce propos qu'il flotte ici une fragrance assez malsaine ! Je vais vous laisser à vos petites supputations et regagner mes pénates ! Je garde malgré tout cette frusque en souvenir, adieu !
Dohko tourna les talons et prit le chemin de la maison du Verseau.
- Attends un instant, cria Athéna.
- Ne me dites pas qu'en plus, je suis votre prisonnier ! Cela risquerait de m'énerver !
- Non, tu es libre de partir si tu le désires. Mais n'as-tu jamais songé que ton passé devait être également lié aux Saints ? Nous serions peut-être à même de t'aider à recouvrer la mémoire !
Les sourcils du Pope, sous son masque, se relevèrent de façon interrogative.
- Merci, mais non merci ! J'ai choisi de me tourner vers l'avenir et de ne jamais plus regarder en arrière ! Inutile de me raccompagner, je trouverai tout seul la sortie !
Ainsi se termina cette entrevue. Le Saint d'or recoiffa sommairement sa tignasse et s'exclama :
- Je crois que nous l'avons contrarié ! Je vous avais dit que ce n'était pas une bonne idée !
- Epargne-nous ce genre de commentaire, grommela le grand Pope. Princesse, que pensez-vous de cet individu ?
- Il est effrayé…
- Effrayé !? S'étonna Niemand. Par vous ?
- Non, il ne s'agit pas de cela. Il est très courageux, au contraire. A aucun moment je ne l'ai vu détourner le regard. Non, c'est au sujet de sa mémoire. S'il refuse aussi catégoriquement d'y faire appel, c'est qu'inconsciemment elle lui fait peur ! Sans doute a-t-il connu une expérience si traumatisante que son esprit aura choisi de se vider pour éviter de sombrer dans la folie !
- Et qu'est-ce qui pourrait terroriser un homme de cette trempe, s'enquit le Saint des Poissons.
- Je l'ignore ! Mais ce quelque chose doit être terrible, bien au-delà de toute imagination !
- Si je suis paranoïaque, coupa le Pope. Vous, altesse, êtes encore trop candide. Ne réfutez pas trop vite l'hypothèse du coup monté !
- De toute façon, ça ne change rien ! Il est déjà loin à présent et…
Surprenant le Saint, une forme humaine se dressa sans un murmure entre les convives. Ce silencieux protagoniste était équipé, lui aussi, d'une armure d'or mais d'aspect plus rectiligne.
En avance sur son temps, il portait les cheveux courts et colorés d'un blanc peroxydé. A moins que ce ne soit leur teinte naturelle. Ses yeux, deux billes de jade piquées d'une nuance d'ébène, s'étiraient langoureusement en une expression de mystère typiquement orientale. Une fine cicatrice, presque invisible, lui divisait le sourcil droit.
Détail insolite pour un guerrier de ce statut, il n'avait pas de cape d'appart. Probablement pour ne pas être gêné dans ses mouvements.
- Je déteste quand il fait ça, râla Niemand. Si j'avais le cœur moins bien accroché, il y a belle lurette que j'aurais eu une crise cardiaque !
- Ganymède du Verseau, annonça le Saint en s'agenouillant rapidement. Pour vous servir !
- Relève-toi, lui intima Athéna, lasse de ces vicissitudes protocolaires. Quelles sont les nouvelles de l'île d'Andromède ?
- Tout va bien ! Nos insaisissables ravisseurs d'armures semblent ne pas vouloir de celles de l'île ! Conformément à vos ordres, nous les avons rapatriées, tout comme les occupants du camp d'entraînement !
- Voilà enfin un rapport rassurant, concéda le grand Pope. Mais j'ai l'intuition que ton récit n'est pas fini, n'est-ce pas ?
- En effet… Sur le chemin du sanctuaire, un courrier du village Hyppolite est venu à ma rencontre, porteur d'un message improbable ! Ce matin, un habitant aurait retrouvé les sépultures des princesses éventrées ! Mais il ne s'agirait pas d'une profanation, car tout porte à croire que les tombes ont été ouvertes de l'intérieur !
- Excusez mon manque de culture générale, se permit Niemand. Mais qui sont les princesses dont tu parles ?
- Les princesses Amazones, répondit le Pope. Celles qui jadis mirent cette contrée à feu et à sang…
