Le miroir
Chapitre 8
Tony tendit la main devant lui.
Elle était bleue, comme il l'avait voulu. Les lignes sur ses doigts et le dos de ses mains se prolongeaient sur ses poignets puis ses bras.
Il dédia un immense sourire plein de dents à Loki qui le lui rendit.
Les deux hommes travaillaient sur la magie de Tony depuis plusieurs mois à présent.
« - Je crois qu'il est temps de rentrer à présent. »
Tony hocha la tête.
Avant, sa capacité de concentration pouvait parfois effrayer Pepper. A présent, elle en ferait sans doute une attaque. Il n'avait pas dormit depuis plus d'un mois, n'avait rien avalé depuis autant. Mais il se sentait bien.
La magie courrait dans ses veines, son esprit était chargé d'idées toutes plus révolutionnaires les unes que les autres et…il avait le temps….
Loki déchira la bulle temporelle qui encaissait ses appartements.
Comme tous les matins, il utilisait à la fois ses pouvoirs et la puissance de la Cassette pour créer une bulle temporelle dans ses appartements.
Pour chaque heure passée « réellement », un mois de Jotunheim, s'écoulait à l'intérieur de la bulle. La magie était quelque chose de subtile. Même si leur temps personnel s'étirait, leurs corps restaient soumis au temps de l'extérieur. Ils n'avaient besoin ni de manger ni de dormir. Ils ne vieillissaient pas davantage. Seul leur esprit était réellement prit dans le flux temporel différent que créait la magie de Loki.
Pourtant, pour chaque jour qui passait, le prince et l'ingénieur passait entre 5 et 10 mois en tête à tête.
Un tête à tête de plus en plus difficile à supporter pour Loki sans sauter sur l'humain. Son intelligence, sa morgue, son humour, son insolence…Tout conspirait pour que Loki ne puisse le trouver que des plus désirables.
Il ne parlait pas d'amour, non… Mais de pur désir, ho ça oui !
« - LOKI ! »
Byleist ouvrit la porte de la chambre de son frère dès que la magie ne l'en empêcha plus pour se jeter à son cou. Le jeune prince adorait son ainé si petit.
Il se bouina contre lui avec un sourire. Depuis la mort de Laufey et l'arrivée de Loki, le petit prince avait plus ou moins prit la place de leur mère auprès de ses petits frères.
« - Byleist, voyons… Un peu de tenue. »
Le bambin s'en cognait. Son frère lui manquait affreusement pendant qu'il entrainait l'humain. Au moins, il espérait que Tony faisait des progrès ! Sinon, ça aurait été vraiment tout nul qu'il leur vole leur frère pour ne rien en faire en prime. Ils voulaient bien partager, mais uniquement si ça servait à quelque chose. Fallait pas déconner !
« - Et moi, on me fait pas des bisous ? »
Byleist gloussa avant de sauter au cou de Tony. Encore quelque chose qui aurait vraiment choqué Pepper, mais Tony se révélait adorer les gosses. Il avait commencé à les traiter comme des humains conscients avec Harley mais les deux frères de Loki avaient fini de l'apprivoiser. Ce n'était pas parce que c'était petit et agité que c'était idiot. Ou dangereux. Ou incapable d'écouter.
C'était juste, et de loin, incapable de présenter un masque au monde.
Tony aimait ça.
Après tout, il n'était lui-même qu'un grand gamin.
C'était peut-être pour ça qu'il s'entendait si bien avec Loki.
Le jotun avait tout d'une maman.
Et il fallait une maman à un gamin.
Que Tony ait de plus en plus envie que ça devienne plus physique entre eux n'avait rien à voir à l'affaire. Ça aurait même été un peu crade sur les bords.
Bref.
Il fallait qu'il arrête de reluquer les fesses de Loki quand même.
Le jeune jotun avait de longtemps laissé tomber les pantalons et les chemises pour des pagnes.
Depuis quelques temps, ils étaient d'ailleurs de moins en moins couvrant.
Depuis quelques jours, ils laissaient voir la moitié de son postérieur quand il marchait et se collait de façon assez indécente à son membre quand il s'asseyait.
Tony en venait à se demander si Loki lui faisait du plat.
Parfois, Tony Stark était un peu oublieux de son environnement.
Comme ils étaient trèèès occupés avec la magie, il n'avait pas tout à fait le temps non plus de s'y pencher, mais ses hormones commençaient à lui rappeler qu'il était Tony Stark. Et que Tony Stark n'avait plus dormit seul depuis qu'il avait 15 ans. Alors si en plus on venait lui ajouter un cuissot dodu sous le nez alors qu'il mourrait de faim…
Tony se lécha les lèvres lorsque Loki prit la main de son petit frère et qu'ils s'éloignèrent pour aller manger un petit quelque chose à la cuisine.
Loki avait-il toujours eut cette taille étroite ? Ses hanches larges et chaloupantes ?
Il en bavait.
« - Vous savez, à moins qu'il ne se mette nu les jambes écartées devant vous, je ne crois pas qu'il puisse être plus clair dans ses intentions. » Susurra Farbauti à l'oreille de Tony, le faisant bondir en couinant.
Le régent avait une capacité déconcertante à pouvoir se glisser dans le plus grand silence dans le dos de quelqu'un pour lui faire peur.
Et il s'y amusait grandement le grand dadais ! Surtout avec Tony.
« - Vous m'avez fait peur ! »
« - J'espère que la double anatomie de mon fils ne fait pas la même chose ? »
« - Vous savez que normalement, un père protège la vertu de son enfant hein ? Il ne le jette pas en pâture dans les bras de n'importe qui. »
« - Vous n'êtes pas n'importe qui. Vous êtes Tony Stark. Vous n'arrêtez pas de le répéter. » Sourit Farbauti, moqueur.
Tony grogna. Il fallait bien que ça revienne un jour lui mordiller les orteils.
« - Ne faites pas celui qui ne comprends pas ! »
Farbauti perdit son sourire joueur, très sérieux soudain. Tony avait déjà vu ce genre de regard de la part d'un père. Mais en général, c'était un père outragé qui venait le menacer de le castrer avec une tringle à rideau s'il s'approchait encore de son petit bébé d'amour de fille. Fille pure et innocente qui en général lui avait sauté au cou elle-même avant de lui arracher ses vêtements pour littéralement se le taper de force.
Son adolescence avait été bizarre. Mais quand on perdait son innocence à 14 ans avec une femme de 40, fallait plus se poser des questions.
Il ne comptait plus le nombre de filles qui avait couché avec lui pour plus tard hurler a la face du monde que le bébé qu'elles attendaient était le sien. Manque de bol, un test en paternité ne coutait rien à la famille Stark, mais Tony avait très vite apprit à avoir un excellent contrôle sur lui-même. Et à simuler si nécessaire.
Il se finissait à la main après.
Autant éviter d'égarer quelques millilitres de sa personne là où il ne fallait pas. Ça aurait pu être dangereux. Tony n'osait imaginer s'il avait effectivement mit une fille enceinte quand il était en pension ou au MIT.
Howard l'aurait écorché vif.
« - Anthony Stark. Je vois bien que mon fils vous plait. Et que vous lui plaisez. Vous avez l'intelligence qu'il faut pour contenter la sienne. Vous êtes aussi joueur que lui, vous êtes un amoureux du plaisir comme lui, votre magie est forte et vous connaissez votre valeur. Comme lui. Je ne vous jette pas à sa tête. Simplement, je connais le passé de mon fils. Je sais ce qu'il a vécu, je sais ce que sont advenu ses mariages politiques, ses unions pour le trône et tout ce que Odin lui a imposé. Je vous vois interagir avec mes cadets. Je ne vois personne d'autre qui pourrait être assez bien pour Loki. A part vous. Je ne vais pas vous le vendre en mariage, Anthony Stark. Même si votre durée de vie égalera la sienne à présent. Mais je ne verrais pas d'un mauvais œil du tout que vous lui fassiez la cours. Ou même simplement que vous partagiez quelques moments de plaisirs entre adultes consentant. »
Tony était écarlate. Aussi bien des compliments que des paroles crues du régent.
Les jotuns ne s'embarrassaient généralement pas de subtilité, mais là, c'était quand même beaucoup, même pour lui !
Farbauti lui tapota gentiment la tête.
« - Je serais heureux de vous avoir comme gendre, mais je me contenterai parfaitement de vous avoir comme « ami » de mon fils quelques temps. »
Puis il s'en fut, très digne dans son pagne tout aussi minimaliste que celui de son fils, les hanches rondes et ses longs cheveux noirs et bouclés battant sa croupe.
Tony frémit.
Il avait besoin d'un verre. Voir de plusieurs.
Odin était choqué.
La femme le choquait.
Profondément.
Elle choquait tout en lui.
Elle le choquait par ses attitudes, ses vêtements, ses manières, sa cruauté et sa force.
Il l'avait fait jeter de sa tente une fois.
Elle était revenue.
Il l'avait fait tuer.
Elle était revenue !
Il l'avait fait tuer puis bruler.
Elle était ENCORE revenue !
Il l'avait retrouvé dans sa tente, assise sur son fauteuil, les jambes croisées.
Un sourire aux lèvres, elle avait décroisé ses longues, très longues jambes qui sortaient d'une robe rouge, fendue sur le côté, aux armes d'HYDRA. Elle portait des bottes à hauts talons qui lui arrivaient aux genoux. Avec ça aux pattes, elle était plus grande que lui.
Finalement ulcéré, traumatisé par ces humains qui se moquaient de lui, il lui avait hurlé dessus.
Qu'est-ce qu'elle voulait ? Qu'est-ce qu'elle était ?
Un humain ne pouvait pas mourir, être brulé et revenir !
Mais Asgard n'avait jamais entendu parler de clones. Encore moins d'empreinte mémorielle pour faire passer la mémoire, la personnalité, TOUT d'un individu d'un corps a un autre.
Pour l'instant, la jeune femme jouait avec ses longs cheveux blonds sans plus accorder un regard au vieux roi.
De l'autre côté de la tente, silencieux, Thor fixait la femme avec une haine évidente.
Les plaies du prince avaient finis par se refermer.
A la demande de son père, il était venu le rejoindre sur Midgar pour l'aider dans leur guerre contre les mortels.
Thor avait renâclé. Il renâclait encore d'ailleurs.
Il ne voulait pas tuer les Avengers. Certes, Midgar méritait une punition, mais pas l'annihilation.
Et puis, il y avait Madame Hydra.
Thor la haïssait de toute son âme.
Il savait qui et ce qu'elle était pour avoir combattu contre elle et ses troupes à plus d'une reprise. Il avait voulu prévenir son père.
Le vieux roi ne l'avait pas écouté.
Odin n'écoutait pas son fils de toute façon. Thor réalisait avec agacement que son père ne l'avait jamais écouté et qu'il ne l'écouterait sans doute pas avant d'être froid.
Se posait alors la question : Pourquoi Odin avait-il voulu le faire couronner si c'était pour ne pas l'écouter et ne lui laisser aucune latitude de rien faire ?
Il réalisait douloureusement qu'Odin voulait juste un gentil petit clone obéissant qui disait oui à tout ce qu'il voulait.
Etait-ce donc ce qu'il avait voulu pour lui s'il avait pris le trône ?
Nombre d'Ases râlaient qu'Odin était trop vieux à présent. Qu'il devait se retirer pour laisser la place à un nouveau roi jeune et surtout puissant.
Mais si ce jeune roi était contrôlé par l'ancien, quelle différence ?
Thor ne savait plus que croire.
Il avait toujours écouté son père. Il lui avait obéit de son mieux malgré sa violence et ses régulières boulettes que Loki devait réparer pour lui.
Mais n'avait-il jamais été considéré comme un être indépendant par son père ?
Il en doutait de plus en plus.
Et cette femelle visqueuse qui s'amusait à tourner de plus en plus la tête du roi… C'était dégoutant.
Madame Hydra savait parfaitement ce qu'elle faisait. Pour contrôler un homme, son entre jambe était plus puissant que le reste. Odin était vieux certes. Mais il était veuf. Et même un vieux crouton avait des besoins et des envies.
Elle en jouait pour le manipuler plus facilement.
Sans compter qu'elle lui avait fait gagner une première bataille, le vieux roi l'écoutait bien plus que Thor.
Ce dont elle était ravie.
Dès qu'elle le pouvait, elle jetait de petits sourire aussi méprisant que triomphant au prince qui ne pouvait que serrer les dents s'il ne voulait pas se faire expulser de la tente de commandement.
« - Combien de victimes ? »
« - Plus du leur que du notre. »
Ce qui ne voulait pas dire grand-chose. Les ases n'étaient que quelques milliers. Les humaines des dizaines de milliers. Des centaines. Des millions même s'il le fallait.
« - Vous avez massacrés des civils. » Gronda Thor, dégouté.
Madame Hydra haussa les épaules.
« - Un civil n'est qu'un soldat qui n'a pas pris son arme. »
Odin approuva.
Il se fichait des femmes et des enfants massacrés. Il se fichait des familles anéanties.
« - Je n'ai rien contre tuer des guerriers. Mais pas des femmes et des enfants ! » Protesta encore Thor.
« - Ces mortels n'ont que ce qu'ils méritent. » Aboya Odin. « Ils doivent apprendre qui sont leurs maitres ! »
Thor sortit à grand pas de la tente, furieux.
Il passa devant les enclos ou un petit millier d'enfants se serraient les uns contre les autres après avoir été sortis de force de leurs écoles.
Madame Hydra avait empêché Odin d'attaquer à nouveau New York. Elle lui avait fait attaquer les petits villes des alentours qui n'avaient pas été évacuées parce que considérées comme trop loin. Dans l'absolu, c'était le cas. Les ases n'avaient que leurs pieds et quelques glisseurs. Mais ce n'était pas le cas d'HYDRA. Eux avaient des camions.
La rafle des gamins avait eu lieu en pleine journée. Les adultes qui avaient tenté de s'y opposer avaient été massacrés. Les pauvres gosses forcés de monter dans les camions et emportés dans le camp des ases. Les plus forts seraient emmenés à Asgard pour y servir de serviteur inferieur. Il n'y avait pas d'esclave à Asgard bien évidement. Ils n'étaient pas des barbares. Les autres seraient crucifiés à l'aube pour servir de message aux humains.
Soit ils se soumettaient, soit ce serait l'avenir de leur monde.
Thor était écœuré.
« - MONSIEUR L'AVENGERS ! PITIE ! RENDEZ-MOI MA MAMAN ! » Supplia un des gamins.
Thor se détourna.
« - S'IL VOU PLAIT ! »
Le prince allongea le pas à mesure que les enfants réalisaient qui il était et le suppliait de leur rendre leurs familles.
« - VOUS ETES UN HEROS ! »
Thor s'enfuit littéralement en courant.
Un héros ouai. Vraiment.
Steve tremblait.
De rage impuissante, de dégout, d'horreur.
Près de lui, Bruce vomissait bruyamment dans la poubelle.
Les ases s'étaient retirées de quelques kilomètres pour leur laisser le plaisir de trouver le champ de cadavre qu'ils n'avaient plantés rien que pour eux.
Des dizaines, des centaines d'enfants… Morts.
Ils avaient été crucifiés sur des planches puis brulés vifs.
L'horreur était si totale que le Capitaine n'arrivait même pas à réaliser réellement ce qu'il voyait.
Personne ne pouvait faire ça n'est-ce pas ? Personne ne pouvait être aussi monstrueux.
« - IL Y A UN SURVIVANT ! » prévint soudain Clint en se mettant à courir à l'autre bout du champ de cadavre.
Il l'avait vu de loin bouger encore légèrement.
Lorsque ses amis et les agents le rejoignirent, il le descendait déjà lentement de sa croix.
Natasha sortit immédiatement sa trousse de secours pour panser les poignets transpercés de l'enfant ainsi que ses chevilles.
Le gosse respirait vite, très vite. Trop.
Les yeux dilatés par l'horreur, il avait juste eut de la chance. Le brasier au pied de sa croix n'avait pas pris et c'était éteint tout seul. Pendant près d'une heure, il avait vu et entendu les autres enfants mourir dans les plus atroces des souffrances.
Clint le berçait contre lui.
Dès qu'il put, l'enfant s'accrocha à lui de toutes ses forces.
Un sanglot échappa soudain à Clint quand l'enfant ouvrit la bouche pour parler sans y parvenir.
On lui avait en plus coupé la langue.
Thor était presque catatonique.
C'était sans même comprendre ce qu'il voyait autours de lui qu'il avait avancé toute la journée puis aidé à monter les tentes.
Nombres d'Ases étaient dans le même état que lui.
Ils n'arrivaient pas à croire ce que leur roi leur avait ordonné de faire.
Plus d'un avaient pleuré comme des gamins.
Plus d'un avait décidé de prendre comme « serviteur » un gosse pour leur épargner la torture et la mort lorsqu'ils avaient compris ce que Odin avait en tête pour eux.
Une partie riait et buvaient, ravi de ce massacre sanglant.
Mais une bonne partie des guerriers étaient horrifiés.
Les gamins survivants, traumatisés, se serraient contre leurs sauveteurs et kidnappeurs en même temps. Leurs parents étaient morts, leurs amis avaient été massacrés…
Que pouvaient-ils faire d'autre pour tenter de survivre ?
Thor se laissa tomber sur le lit bois dans sa tente. Il l'avait monté le plus loin possible de celle d'Odin en signe de protestation.
Il avait tenté de lui faire changer d'avis mais le vieux roi avait trouvé l'idée de Madame Hydra excellente. Il voulait que ses ennemis aient peur de lui.
Odin ne réalisait pas que ce n'était pas la peur qu'il allait déclencher contre lui. C'était la haine et la vengeance. Les humains n'étaient pas un peuple passif qui pardonnait facilement.
Lorsque le choc et l'horreur serait dépassés, les humains passeraient en mode « terre brulée », il le savait.
Le conseil planétaire n'avait eu aucun complexe à décider d'atomiser New York pour endiguer l'attaque des chitauris. Odin pensait-il réellement qu'ils auraient plus de scrupules à ne pas vaporiser des champs à l'extérieur de la ville ?
Le roi était idiot.
« - Mon prince ? »
Thor sursauta.
Fandral, Hogun, Volstagg et Sif attendaient à l'entrée de la tente. Ils n'étaient pas les seuls.
Comme leur prince, ils étaient écœurés.
Ils étaient des guerriers, pas des bourreaux d'enfants.
Tous avaient pris avec eux un ou deux enfants. Autant qu'ils pouvaient en fait.
Thor n'eut pas besoin qu'ils leurs expliquent pour comprendre.
« - Filez avant le matin. »
« - Venez avec nous mon prince. »
Fandral tenait serré contre sa jambe un petit garçon blond qui ne devait pas avoir quatre ans.
« - Non. Si je pars avec vous, Odin va me chercher et vous avec. Partez. Vous serez des déserteurs mais… »
« - Je ne peux accepter les actes d'Odin ». Gronda Hogun. « S'il le faut, nous nous réfugierons à Vanaheim. » Le monde d'origine du nomade serait un asile suffisant. Une poignée de quelques dizaines d'ases s'y fondraient sans peine.
Il n'y avait là que de jeunes guerriers, probablement tous célibataires. A partir, ils ne perdraient pas grand-chose. Odin aurait trop honte de leur fuite pour la rapporter. Ils seraient « morts au combats » pour leur famille, mais mieux valait ça de devenir complice de ce massacre.
Un frisson parcourut soudain le dos de Thor.
Il pensait soudain a un autre monde envahit et massacré.
Perturbé, il regarda les ases partir. Seul Volstagg était resté. Il ne pouvait abandonner sa famille.
Thor n'aimait pas ce qui était en train de se passer. Il avait toujours accepté sans réfléchir ce que faisait et disait son père. Il avait toujours accueillit le combat et la mort sans sourciller.
Maintenant…
Ce n'était pas honorable
C'était de la boucherie.
Au matin, les troupes d'Asgard étaient plus lestes de 200 guerriers environ et de tous les petits enfants encore en vie qu'ils avaient encore avec eux.
Les cris d'Odin s'entendirent de New York mais Thor prit le blâme de la disparition des jeunes guerriers sans broncher.
Il réfléchissait trop pour ça.
