éHey hey !
Après une longue semaine d'attente, voici le nouveau chapitre !
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Meurtre de sang froid
Un courant d'air frais qui courait dans son dos fit grogner Hermione avant de la faire sourire. Si elle avait froid, c'est qu'elle était vivante. Son sourire s'agrandit en se rappelant que Regina avait dignement fêté son retour à la vie la veille au soir. Par elle-même, qu'elle aimait cette femme. Finalement, rien ne pourrait plus jamais gâcher son humeur. La Source décida de s'étirer, juste pour le plaisir de le faire, de sentir dans son corps les courbatures qu'elle devait à son épouse. Juste pour le plaisir, elle respira profondément le parfum de la brune qui trainait sur son oreiller. Avant d'éternuer. Avant de rire. Elle se sentait bien, à sa place, heureuse. Et cela faisait vraiment longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Peut-être que savoir Minerva et Aliénor ensemble de l'autre côté avait rendu son cœur léger. Elle fit un effort pour ouvrir un œil et vit au cadran qu'elle avait vraiment profité de son retour parmi les vivants. Et que sa femme avait été coulante, pour une fois, la laissant trainer dans les draps alors qu'il était déjà 13h.
- Allez ma vieille, le café ne va pas monter tout seul.
Sans sortir de la couette, elle se pencha pour ramasser sa chemise de la veille et attrapa le boxer qui gisait près du lit. Elle passa le tout rapidement et finit par quitter la chaleur des draps pour s'aventurer dans la fraicheur de ce matin d'hiver. Descendant les escaliers, elle bailla à s'en décrocher la mâchoire et pénétra quelques instants plus tard dans la cuisine, sa main grattant le bas de ses fesses. Et quand tous les regards se posèrent sur elle, elle suspendit son geste peu gracieux. Rose leva les yeux au ciel, Emma ravalait difficilement un sourire et Regina lui jeta un regard noir, autant pour la tenue que pour le grattage de postérieur.
- Euh... bonjour... bafouilla la brunette, restant sur le pas de la porte.
- A cet instant, j'envisage très sérieusement de t'interdire de revoir Merlin, fit l'ancienne maire sur un ton peu avenant.
- Ou tu peux essayer de les éduquer tout les deux, proposa Emma narquoise.
- Malheureusement, c'est peine perdue. Même Aliénor n'a jamais rien pu faire, soupira Rose en tirant un tabouret à côté d'elle pour sa mère.
- Il est où d'ailleurs ? questionna la brunette, trop contente que la conversation dévie sur autre chose que son manque de savoir-vivre.
- Je parie qu'il drague Zelena, ne put s'empêcher de dire Emma avant de prendre une tape sur l'arrière de la tête de la part de Rose. Quoi ? s'insurgea-t-elle.
- S'il y'en a un qui peut mettre cette folle furieuse dans le droit chemin, c'est bien lui. Alors un peu de respect pour le Premier Sage, Swan, marmonna le Maître des Chimères. Café, m'man ?
- Avec plaisir, sourit la médecin.
- Après t'être habillée décemment, gronda Regina.
Hermione lui envoya un baiser avant de claquer des doigts pour qu'un jean apparaisse par-dessus son boxer, et retroussa ses manches de chemise avant de mettre ses mains autour de la tasse de café posée devant elle.
- Hier soir tu demandais l'inverse, ajouta-t-elle avec une moue coquine.
Le regard noir se fit assassin et la médecin frémit. Qu'avait-elle encore fait pour s'attirer les foudres de son épouse ?
"La connaissant, je le saurai bien assez tôt.", songea-t-elle en grimaçant.
- Swan, tu peux nous dire ce qui nous vaut ta visite ? demanda Rose, pour changer de sujet.
- Y'a une fête chez Granny ce soir… pour la naissance de mon petit frère, Neal...
- C'est le prénom du père d'Henry, fit remarquer Hermione.
- C'est d'un glauque, ajouta la dixième Sage dans un murmure. Pauvre gosse.
- Ouais, souffla la shérif. Bref, la fête est annoncée dans toute la ville depuis ce midi à grand renfort d'affiches et... je venais vous demander d'y assister.
Hermione se mit à rire, s'attirant une nouvelle fois tous les regards.
- Euh... je suis pas sûre que tes parents souhaitent ma présence, se justifia-t-elle.
- Pourquoi ? interrogea la blonde surprise.
- Si je me rappelle bien, ils ne m'ont jamais vraiment appréciée, j'ai failli mourir en prison à cause de ton père, j'ai failli ne pas être mariée, j'ai failli perdre ma tête quand ta mère a su qu'on avait...
- S'il y a bien quelque chose que je ne veux pas entendre c'est ça, coupa Regina d'une voix froide.
- Désolée chérie, fit l'Anglaise en plongeant son nez dans son café. Bref, je suis pas certaine que ce soit l'endroit idéal pour moi ce soir.
- Mais t'es mon amie, comme Regina, et Rose... et je veux pas être toute seule, ajouta la shérif, mal à l'aise.
- T'auras ton pirate, rétorqua la Sage.
- C'est pas pareil, insista la blonde.
- Assume ton mec, Sauveuse, même si je t'accorde que c'est pas évident vu le gars en question, se moqua gentiment le Maître des Chimères.
- Vous venez alors ? relança Emma avec un air de chat potté pour Regina, surprenant les deux Granger.
- Je ne vais parler qu'en mon nom, commença Regina, mais je viens. Je ne raterai pas l'occasion de donner des sueurs froides à tes parents. Ils passeront leur soirée à se demander si je ne vais pas la gâcher.
- Désolée, mais compte pas sur moi, lâcha Rose. J'ai mieux à faire qu'assister à une soirée de conte de fées.
- Et quoi ? Marmonna Emma.
- On n'a récupéré qu'un seul des esprits échappés pendant votre soirée de spiritisme. Il y en a encore deux dans la nature, répondit la Sage. Je vais m'en occuper.
- Hermione, tu viens toi, supplia la blonde.
- Et bien je...
- Elle a autre chose de prévu ce soir, coupa Regina.
La médecin tourna un regard interrogatif vers son épouse.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? s'enquit-elle.
"Réfléchir aux raisons de ma vindicte." répondit mentalement la souveraine. "Ce n'est pas sorcier mais te connaissant, ca va bien te prendre le reste de la journée et une bonne partie de la soirée."
"Tu m'en veux parce que je suis descendue en boxer ?" questionna la brunette en ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes.
"C'est bien ce que je disais. Ca va te prendre la journée." rétorqua la reine avant de couper l'échange.
- Elle nous rejoindra peut-être plus tard, ma chère, conclut l'ancienne maire pour la shérif.
Hermione souffla sa frustration avant de se lever pour aller s'asseoir sur le comptoir, ouvrir la fenêtre et allumer une cigarette sans cesser de ronchonner.
- A la limite, c'est pas bien grave que tu ne viennes pas, j'ai cru entendre chez Granny que Robin des bois va se pointer avec sa femme, Roland, et sa bande, maugréa la shérif.
Hermione se raidit et tira longuement sur sa clope.
- Tu peux m'expliquer pourquoi cet assassin n'est pas en prison ? demanda la brunette d'une voix glaciale.
Emma recula d'un pas. La gentille médecin de banlieue avait laissé place à l'Origine de toutes magies. En témoignait le regard noisette vide d'émotion humaine.
Regina posa une main sur la cuisse de sa femme pour lui donner un lien avec la réalité tandis qu'Emma levait les mains.
- Je... on n'a pas vraiment eu le temps de s'occuper de lui avec l'Initiale sur les bras. On a surtout voulu que tout le monde soit en sécurité et Robin était encore le mieux placé pour veiller sur ses compagnons. Et puis Regina et Rose l'ont pas mal amoché, si ça peut te rassurer.
- Non, ça ne me rassure pas, gronda la Source d'un ton qui fit frissonner reine. Un meurtrier se promène librement en ville. Si tes parents et leur justice à géométrie variable ne règlent pas ce problème d'ici ce soir, je m'en occuperai personnellement.
- Tu aurais dû me laisser faire, marmonna Rose pour Regina.
La reine regarda sa belle-fille qui finit par hausser les épaules. Elle reporta son attention sur son épouse qui fumait sans quitter la shérif des yeux.
- Et si tu mets la main sur le voleur, que feras-tu ? s'enquit doucement Regina.
Hermione attrapa une pomme de sa main libre et elle l'écrasa d'une simple pression des doigts. Du jus ruisselait entre ses phalanges et elle secoua la main pour s'en débarrasser. Des morceaux de pomme jonchaient le sol à ses pieds et Rose se mordit la lèvre.
- M'Man... calme-toi s'il te plait.
- Je suis très calme, sourit-elle froidement. Et s'il me tombe entre les mains, je te promets que ce sera plus propre qu'avec la pomme, conclut-elle sans aucune émotion.
La médecin balança son mégot par la fenêtre ouverte et quitta le comptoir de la cuisine.
- Blanche Neige et Charmant ont jusqu'à la tombée de la nuit pour mettre le voleur sous les verrous. C'est le seul endroit où il sera à l'abri, conclut-elle avant de sortir de la cuisine.
- Et merde... revoilà la boule de magie tyrannique. Elle ne m'avait pas manquée, celle-là, souffla Rose.
- Et on fait quoi pour la reconnecter en mode Hermione ? s'enquit la shérif en se grattant la nuque.
- Je m'en occupe, soupira la reine en claquant des doigts pour faire disparaître le mégot disgracieux de sa pelouse, avant de quitter la pièce à son tour.
Emma porta son regard sur Rose qui finissait sa tasse de café.
- Besoin d'aide pour enquêter sur les deux esprits ?
- T'as autre chose à faire, comme te trouver une robe, ton Altesse. Et une belle, pour que ton pirate ivre soupire après toi. Laisse la plèbe s'occuper des basses considérations matérielles, répondit la Sage avant d'attraper son blouson qui traînait sur le dossier d'une chaise. Amuse-toi bien ce soir !
Sur ces mots, elle transplana, laissant Emma seule dans la pièce.
- Ouais… Et merci pour le café ! lança la shérif avant d'hausser les épaules et de prendre la direction de la sortie. Franchement, ils ne savent pas recevoir, dans cette famille…
Regina poussa tranquillement la porte de leur chambre, s'attendant à trouver Hermione occupée à fumer devant une fenêtre ouverte. Elle fronça les sourcils en constatant que la brunette n'était visible nulle part, avant d'entendre le bruit de la douche. Sur un soupir, elle toqua à la porte mais ne reçut aucune réponse.
- Du shampoing plein les oreilles je suppose, fit-elle sans vraiment y croire avant de pousser sur la porte.
Hermione haussa un sourcil à la vue de l'ancienne maire mais continua de se savonner.
- Oui ? demanda la brunette, étalant le gel douche le long de ses jambes.
Visiblement, la Source était toujours aux commandes et n'était pas de bonne humeur. Sinon Hermione aurait été bien plus intéressée par son arrivée. La maire se sentait un peu prise au dépourvu. Les banalités ne recevraient sans doute pas de réponse, autant y aller avec les questions directes, après tout, la méchante reine ne s'embarrassait pas non plus des banalités. Elle s'adossa contre la porte de la salle de bain, croisant les bras sous sa poitrine.
- J'ai retenu ta fille de tuer Robin, énonça-t-elle tranquillement.
- Tu as bien fait, répondit la médecin sans quitter du regard la souveraine. Je pourrais donc m'offrir ce petit plaisir pour fêter mon retour à la vie.
Les mains de la brunette s'attardaient à présent sur sa poitrine, la recouvrant d'une mousse qui était aussitôt chassée par l'eau.
La vision avait tendance à assécher la bouche de la reine, son imagination la laissant prendre le relais pour savonner le corps de son épouse qu'elle avait redécouvert hier soir. Pourtant le regard sans éclat qui la fixait suffit à refroidir ses ardeurs, l'implacable des reflets gris qui étiraient leurs fils dans les iris chocolat l'invitaient surtout à s'éloigner.
- Tu sais quoi ? Tu devrais y aller de ce pas. L'Initiale a fait l'erreur de nous laisser une journée, je suppose que tu seras plus maline, lâcha-t-elle en la défiant à son tour du regard. Et ensuite, tu devrais punir une fois pour toutes les Charmants, la Fée Bleue et les nains qui passent leur temps à réparer la mine. Oh, et n'oublie pas Miss Swan, un puits sans fonds pour tes ennuis.
- C'est une excellente idée. Je vais sévir. J'ai été bien trop coulante avec les habitants de cette ville. Et où cela m'a-t-il mené ? En enfer.
Hermione coupa le jet d'eau et attrapa une serviette qu'elle noua autour de ses hanches.
- Je vais commencer par supprimer toute magie de ce monde, reprit-elle sur un ton affable. Sauf pour Rose qui va en avoir besoin pour rattraper cette séance de spiritisme qui a mal tourné... Ensuite je corrigerai Bleue en place publique, histoire de montrer ce qui arrive quand on me chie dans les bottes.
- Et tu devrais reconsidérer l'alliance avec l'Initiale, le pouvoir réunifié irait très bien à ton humeur, se moqua la souveraine.
- Ce serait une excellente chose si mon corps pouvait supporter autant de magie. Ce qui n'est pas le cas. Mais j'ai bien assez de puissance pour mettre à genoux cette ville.
La souveraine retint un soupir et fourra les mains dans les poches de sa veste.
- Je sais que je n'ai rien à t'apprendre, pas même la vengeance, et encore moins la compassion. Et qui suis-je pour te suggérer le libre-arbitre ? Mais il y a une chose que je sais encore plus sûrement que toi, c'est que le chemin que tu veux emprunter est sans issue.
- Je m'en moque. Tes sujets n'ont aucune considération pour moi. Et toi non plus, par moment.
Le regard de Regina s'assombrit. Hermione semblait encline à enclencher une dispute.
- C'est vraiment ce que tu penses ? lâcha l'ancienne maire.
- Tout à l'heure, quand tu as décidé à ma place de mon absence à la petite sauterie des Charmants, j'ai eu le sentiment d'être un de tes vassaux. Pas ton épouse.
- Dans ce cas, libre à toi d'aller où bon te semble, ma chère, tu n'es pas ma prisonnière, répondit froidement la reine.
- Tu veux que je parte ? demanda la Source, les sourcils froncés. Tu m'envoies chier devant Emma et alors que je te demande un peu de considération, tu me proposes de me tirer ?
- Je ne veux pas que tu partes ! siffla la brune entre ses dents serrées.
- Alors quoi, bordel ? aboya la médecin.
- Je veux que tu cesses de voir tes anciennes compagnes ! Je veux que tu arrêtes de les avoir dans tes bras à tout bout de champ ! s'emporta la brune.
- Tu te fous de moi ? répondit l'Origine de toutes magies sur le même ton. Je suis revenue des enfers pour toi alors que j'aurais pu rester avec elles.
La reine eut un rire désabusé.
- Evidemment, tu ne vois pas le problème.
Hermione claqua des doigts et se trouva habillée en un instant.
- Le seul problème que je vois, c'est notre mariage, rétorqua sèchement la brunette. Fait sous la pression, décidé dans la précipitation. On ne se connaît pas, on n'a pas pris le temps de se connaitre. Tu me jettes au visage ta jalousie et ton sentiment d'insécurité sans te demander un seul instant ce que je peux ressentir.
Les premiers mots prononcés l'empêchèrent de comprendre la suite, et Regina sentit sa respiration se bloquer. Le reste de la phrase lui arriva comme un bourdonnement dans les oreilles tandis qu'un froid intense s'emparait d'elle.
- Notre mariage est un problème, répéta-t-elle d'une voix blanche.
La Source roula des yeux et, attrapant la main de sa femme, l'entraîna dans la chambre pour l'asseoir sur le lit.
- As-tu entendu ce que je t'ai dit ou as-tu bloqué sur la première phrase ? demanda-t-elle patiemment.
La plus grande peur de Regina reprenait vie, encore et toujours. Et cette fois, ça n'était pas Cora ou Robin qui la privait de l'être à qui elle avait imprudemment confié son bonheur. Là au moins elle avait eu quelqu'un contre qui se battre. Mais aujourd'hui...
- J'aurais dû savoir que tu regretterais, fit la brune d'une voix atone, les yeux perdus dans le vide devant elle, déjà en train de chercher comment sortir de ce cauchemar qui la dévorait.
- Je n'ai pas dit que je regrettais, rectifia la médecin. J'ai juste dit que nous ne nous connaissions pas avant de nous passer la bague au doigt et que tu ne prenais pas en compte mes sentiments quand tu me faisais part de ton insécurité.
Hermione soupira et se leva pour aller à la fenêtre afin de fumer une cigarette.
- Nous sommes deux... handicapées des sentiments, chacune à notre façon. Toi parce que ta mère a assassiné Daniel sous tes yeux, faisant de toi la Méchante Reine, moi parce que je porte depuis des siècles une charge trop lourde pour des épaules humaines. Nous ne sommes pas parfaites, ma chérie, et nous ne prétendons pas l'être. Mais essayons de faire en sorte d'être parfaite l'une pour l'autre, dans nos qualités et nos défauts.
Regina eut un petit rire désabusé, le regard toujours rivé sur un point invisible.
- De quelles qualités puis-je donc habiller un cœur noir comme du charbon, consumé par sa propre destruction... J'étais juste venue te dire que je ne voulais pas ce destin pour toi. J'ai emprunté ce chemin tant de fois que j'en connais toutes les ornières. Crois-moi, Robin ne vaut même pas une seule de tes pensées. Et comment mieux te dire que je t'aime qu'en ayant peur de te perdre au profit de ces femmes que tu as déjà aimées et qui pourtant ne sont plus.
La reine attendit une réponse mais la brunette ne semblait pas encline à poursuivre la conversation, préférant laisser un silence inconfortable s'installer dans la chambre. Entendant un petit gémissement douloureux, Regina finit par tourner la tête, portant son regard sur sa femme, et la souveraine retint un cri de surprise. La Source avait sorti de sa poitrine son coeur et le regardait avec attention.
Regina s'était attendue à trouver un organe étincelant de rouge, sans la moindre part sombre, parfaitement uniforme dans sa teinte. Mais le cœur de la Source était un mélange de rouge et noir, chacune des couleurs se mêlant à l'autre dans un ensemble harmonieux. Sans être aussi noir que le cœur de Regina, celui d'Hermione n'avait pas la pureté du cœur de Blanche-Neige.
- Comme le dit la pub, tu t'attendais à quoi ? plaisanta la brunette.
- C'est le fait d'héberger la Source qui te… commença la reine.
- Non. Et j'en reviens au fait qu'on ne se connait pas vraiment, toutes les deux, sourit la médecin sans quitter l'organe du regard. Avant d'avoir la Source en moi, j'ai connu une guerre. Je sais que tu as lu les livres Harry Potter et de ce qu'Emma m'en a dit, ils sont assez fidèles à ma scolarité à Poudlard. Lors de ma cinquième année, j'ai conduit Dolores Ombrage dans la Forêt Interdite, l'emmenant droit vers le cousin géant d'Hagrid et la bande de centaures. Je savais qu'il y avait 90% de chances qu'elle se fasse tuer par l'un ou l'autre, mais tu sais quoi ? Je m'en moquais. Je crois aussi avoir tué des mangemorts, pendant la bataille finale à Poudlard, avant de prendre un sort de Bellatrix Lestrange. La fin justifie les moyens… Harry n'était pas comme ça. C'était lui, le vrai héros au cœur pur. A l'époque, du moins.
Elle replaça son cœur dans sa poitrine en grimaçant.
-Ca fait un mal de chien… enfin, pour en revenir à mes exs. Regina, tu ne peux pas comparer notre relation naissante à ce qui m'a liée à ces deux femmes. Nous débutons à peine notre histoire, alors que celles que j'avais avec Aliénor et Minerva se sont terminées depuis bien longtemps. Oui, je suis complice avec les deux, mais qui ne le serait pas après des décennies ou des siècles de vie commune ? Un jour, je finirai tes phrases et toi, tu lèveras les yeux au ciel avant même que je sorte une connerie, car tu sauras exactement ce que je vais dire. Mais cela demande du temps. Ne sois pas jalouse d'une complicité qui ne peut pas encore exister mais qui sera. S'il te plait.
- Je comprends ce que tu me dis, j'en accepte la logique. Mais ce que je ressens prend toute la place. Traite-moi d'enfant capricieuse, mais avoue que je n'ai jamais été gâtée. Le peu que j'ai eu, je l'ai arraché à la vie, et ce que tu représentes aujourd'hui, je ne peux pas le perdre...
Hermione jeta son mégot par la fenêtre et alla s'asseoir à côté de Regina.
- Tu ne le perdras pas, répondit doucement l'ancienne Gryffondor avec assurance. Maintenant, nous devons nous préparer car ce soir, nous allons à une fête. Et je compte t'y faire danser. Je crois savoir que tu n'es pas à l'aise avec l'exercice…
L'ancienne maire haussa un sourcil sur un regard noir.
- Je suis la Méchante Reine, je sais tout faire avec magnificence.
Hermione haussa un sourcil, dubitative, et la souveraine roule des yeux avant de soupirer.
- Très bien. Oui, je ne sais pas danser. De toute façon, je ne comptais pas me trémousser sur de la musique vulgaire devant mes sujets.
- Il y a des danses très agréables pourtant, lui murmura la brunette avant de déposer un baiser sur sa tempe. En attendant, que veux-tu faire ?
- Raconte-moi ton histoire, demanda l'ancienne maire.
Hermione sourit et serra contre elle sa femme, l'amenant à s'allonger avec elle sur le lit.
- Il était une fois… commença-t-elle avant de se prendre un coup de coude et de lâcher un grand éclat de rire. Mon histoire commence sur l'entrée d'une jeune femme à la prestigieuse école militaire d'Avalon.
Quelques heures plus tard...
Merlin précéda Zelena chez Granny, tenant la porte à la rousse qui renifla son mécontentement de passer en second.
- Et bien, la galanterie est morte à ce que je vois, ironisa la sorcière.
- Tu sauras, chérie, que la vraie galanterie veut que l'homme entre avant la femme dans un lieu, rétorqua le Sage alors que tous les regards se posaient sur eux.
- Qu'est ce qu'elle fout là, celle-là ? demanda un des nains.
- Excellente question. Qu'est-ce que je fais là ? s'enquit doucereusement Zelena.
- La même chose que moi, répondit l'enchanteur en la prenant par le coude pour l'emmener au bar. On s'intègre. Deux whisky, siouplait, fit-il à Granny dans un sourire enjôleur.
- Je suis pas sûre... maugréa la vieille femme en jetant un regard hostile à la Sorcière de l'Ouest.
- C'est pas pour elle, c'est pour moi. Faut au moins ça pour supporter l'ambiance, expliqua l'enchanteur en désignant les convives qui semblaient se faire suer en attendant leur tour pour s'extasier devant le nouveau prince.
- J'en prendrai deux aussi, soupira la rouquine en s'installant sur un tabouret.
Emma s'approcha de Merlin et, ignorant superbement Zelena, se posa près du Sage.
- Dieu merci tu es là... Je devrais pas dire ça mais je me fais chier, soupira la shérif.
- Tu ne me dis pas bonjour ? susurra la sorcière de l'Ouest.
- Je parle pas aux assassins, feula la sauveuse.
- Ah oui ? N'est-ce pas Robin, sa moitié et sa joyeuse bande que je vois sur la banquette au fond de la salle ? se moqua Zelena.
La shérif la foudroya du regard.
- J'ajouterais même que, contrairement à lui, j'ai participé à protéger la ville du chaos pas plus tard qu'hier soir, continua la sorcière en attrapant un des verres que Granny venait de poser sur le comptoir.
- Elle a pas tort, fit Merlin entre deux gargarismes alcoolisés. D'ailleurs, pourquoi l'est pas encore en taule, l'autre tocard ? Je croyais que tu devais t'en occuper.
- Mes parents, souverains de cette ville, ont décidé de lui accorder une grâce, vu que la victime est miraculeusement vivante... marmonna sombrement la Sauveuse. Et comme ni Regina, ni Hermione n'ont porté plainte, je suis marron. Tiens, quand on parle du loup...
La clochette de la porte d'entrée tinta alors qu'Hermione entrait dans la salle, poussant la poussette d'Elizabeth, Regina les suivant, la main posée dans le dos de son épouse.
Emma sourit en les voyant, sentant que l'ambiance s'était réchauffée entre les deux femmes. Elles semblaient plus sereines, et les gestes de la souveraine pour son épouse étaient empreints de douceur.
- LUMIERE ETERNELLE ! cria Clochette, réjouie, depuis le bout du comptoir.
La Source voulut la saluer mais, en remarquant les voleurs au fonds du restaurant, elle fronça les sourcils. Zelena n'en perdit pas une miette et afficha un rictus mauvais.
- Je sens qu'on va enfin s'amuser... se réjouit-elle.
- Ou pas, souffla Merlin frustré d'avance en sentant les auras magiques d'Hermione et de Regina en interaction. J'ai toujours pensé que se marier et se faire castrer, c'est du pareil au même, maugréa-t-il.
- Je t'ai entendu Premier Sage, fit la voix basse de la Source, penchée au-dessus de la poussette pour en extraire sa fille qui babillait et tendait les bras vers Emma.
- Gnagnagna, fit malgré tout l'enchanteur, boudeur.
"Et tu sais que personne n'a jamais réussi à m'empêcher de faire des conneries..." susurra l'Origine de toutes magies dans son esprit, l'air mutine.
"Me semblait aussi que ma grosse allait pas laisser passer ça !" sourit-il dans son verre pour éviter le regard sombre de la reine.
La brunette confia la petite à l'ancienne maire puis marcha jusqu'à la table de Robin.
- Je vais sortir fumer une clope. A mon retour dans cinq minutes, toi et tes potes ne serez plus là...
Ne laissant pas le temps au groupe de répondre, elle se dirigea vers la sortie de secours et sortit du restaurant sans un regard en arrière. Elle s'éloigna en allumant une cigarette et soupira, chassant les envies de vengeance qui s'emparaient d'elle.
- J'ai besoin d'une cuite... maugréa-t-elle en remontant une petite ruelle. Ou d'une bonne bagarre. Merlin, ça me ferait du bien de cogner sur quelqu'un.
L'air froid de la nuit l'aidait à se recentrer et à garder les idées claires. Une fois sa cigarette finie, elle jeta le mégot dans une bouche d'égout et prit le chemin du restaurant. Elle regarda sa montre et poussa un grognement.
- Sept minutes... il a eu le temps de se tirer. Enfin, je l'espère pour lui.
Quelque chose sur le sol, à quelques pas de l'entrée de secours, attira son attention. La silhouette d'une femme, allongée sur le bitume, près des poubelles.
Rapidement à genoux à côté du corps, la médecin en elle constata son état. Les sourcils froncés, elle notait les lèvres bleuies qui auraient pu faire penser à une asphyxie, la froideur extrême au touché qui aurait indiqué à n'importe quel légiste une heure de la mort largement dépassée, mais le givre qui frisait le long des cils de la femme n'avait rien à faire là. Un esprit retors avait-il échappé à Rose, écumant les rues pour faire des victimes ? La brunette leva la tête, regardant autour d'elle si quelque chose flottait dans l'air.
Et évidemment, Grincheux choisit ce moment pour sortir du diner. Le nain avisa la Source, le corps allongé, blêmit subitement avant de répartir en hurlant.
- LA SOURCE A TUÉ MARIANNE !
- Ma vie, c'est vraiment de la merde... lâcha la médecin en se relevant, époussetant ses genoux couvert de poussière et de saleté.
Elle fit sauter une nouvelle cigarette de son paquet et, le temps de l'allumer, quelque chose la percuta dans le dos. Elle se trouva propulsée contre le mur en face dans la ruelle, David lui faisant une clé au bras d'une main et lui écrasant le visage contre les briques effritées.
- Mais t'es vraiment con, souffla-t-elle sans pour autant se débattre, ayant promis à Regina de ne pas s'emporter cette nuit. Va donc rejoindre ta grosse et ton mioche.
- Ils sont à l'intérieur, à l'abri des meurtriers dans ton genre, claqua James.
Plusieurs bruits de pas se firent entendre dans la ruelle suivis d'exclamations indignées.
- Elle a tué la femme du type qui l'a plantée ? Frangine, ta femme me plait beaucoup, lança Zelena.
- Elle n'a rien fait, rétorqua Regina.
- Dans ce cas, elle me plaît beaucoup moins, soupira la Sorcière de l'Ouest.
- Papa, lâche-la ! ordonna Emma tandis qu'Hermione percevait le bruit des bottes de la shérif sur l'asphalte.
- Emma ! Quand vas-tu enfin admettre que cette chose est une meurtrière ? répondit James en appuyant un peu plus sur sa prise.
- Le jour où elle admettra que son père est un sombre con, se moqua Hermione. Ma chérie, je peux m'énerver maintenant ?
- Tu as deux secondes pour lâcher ma femme, Charmant ! tança Regina en faisant apparaître une boule de feu dans sa main.
Un grognement sourd résonna dans la ruelle suivit d'un autre hurlement de Grincheux.
- Il se passe quoi ? demanda Hermione, toujours plaquée visage contre brique. J'vois rien...
- UN MONSTRE DES NEIGES GIGANTESQUE ! cria le nain alors qu'une tête blanche apparaissait par-dessus les toits des immeubles du centre-ville.
David affirma sa prise sur le bras de la médecin qui grimaça de douleur.
- C'est elle qui a fait venir le monstre ! ajouta le nain en pointant la brunette de son index.
- Arrêtez de tout lui mettre sur le dos, intervint Emma qui bousculait son père afin qu'il lâche la Source pendant que Regina privait un Grincheux vociférant de l'usage de ses cordes vocales pour pouvoir se concentrer sur la vraie menace.
- La Source va-t-elle nous faire l'honneur de nous débarrasser du monstre neigeux ? demanda Zelena, ses lèvres s'étirant dans un rictus amusé.
- Non. Démerdez-vous, rétorqua froidement Hermione en massant son épaule douloureuse.
- Hermione, tu ne peux pas laisser un monstre en liberté… commença la shérif.
- Désolée mais si, répliqua la médecin. Je suis fatiguée, Emma. Ton père est un crétin qui n'évoluera jamais et les habitants de cette ville ne sont que des ingrats qui ressentent uniquement le besoin de me coller la responsabilité de leur malheur.
- Pas tout le monde... tenta la blonde.
- Je vous aurais aidé avec plaisir si seulement les gens nous respectaient, Regina et moi. Comme ce n'est pas le cas, démerdez-vous.
- J'y vais, annonça l'ancienne maire. Pendant ce temps, shérif Swan, faites en sorte d'innocenter mon épouse de la congélation de cette femme. A tout à l'heure, ma chérie, et ne fais pas de bêtise.
Sur ces mots, elle disparut dans un nuage de fumée violette. Hermione soupira en fermant les yeux.
- J'ai vraiment besoin d'une cuite, marmonna-t-elle en secouant la tête.
- Est-ce que tu peux au moins me dire ce qui arrive à Marianne ? questionna la Sauveuse. Et, heu…, hésita-t-elle un instant avant de passer son pouce à plusieurs reprises sur la joue de la brunette. Voilà, c'est juste des égratignures, ça saigne même pas, sourit-elle contrite.
- Elle est congelée, voilà ce qui lui arrive, répondit Hermione avec humeur. Et non, je ne peux rien faire pour elle. Son cœur s'est arrêté, elle est morte.
- Merde, grommela Emma. T'en es sûre ? Je veux dire, la cryo-je-sais-pas-quoi, c'est pas fait pour préserver ? Et puis, si c'est magique, c'est peut-être réversible ?
- J'ai une tronche de micro-onde ? Je ne peux rien faire et pire, je m'en fous. Vois avec Bleue ou Gold.
Navrée et déçue, Emma regarda Hermione rentrer à l'intérieur du Granny. En rogne, elle se retourna vers son père.
- Tu es fier de toi ? Tu viens sans doute de tuer toi-même Marianne s'il y avait encore quelque chose à faire. Et pour quoi ? Non, me réponds même pas, je suis pas intéressée, cingla-t-elle en attrapant le corps de la femme de Robin pour le porter à bout de bras jusqu'à son véhicule de service. Si on me cherche, je suis chez Gold.
Robin arriva sur ces faits, et se précipita sur la blonde pour lui prendre le corps de sa femme.
- Robin, je t'avais dit de rester à l'intérieur. Tu ne dois pas la voir dans cet état, fit doucement Petit Jean.
- Marianne, murmura-t-il. Qui a fait ça ? Elle ?
- Je ne pense pas, non, répondit calmement la shérif. Pour l'heure, l'important est de savoir quoi faire pour aider votre femme. Gold est notre meilleure carte, suivez-moi.
Et voilà le travail ! Alors ? Ca vous a plus ?
La suite dans 7 jours !
D'ici là, portez-vous bien !
Bisous,
Link9 et Sygui
