ENFIN.

Eh oui, je suis bien de retour. Konichiwa, bref, vu que l'introduction va être assez longue, autant commencer tout de suite.

Je suis désolée pour cette absence très (trop) longue (cinq semaines ! par mavis, qu'est-ce que je m'en veux) qui ne dépendait malheureusement pas de ma volonté – mais surtout, je suis en colère.

En colère parce que ma box – merci Free, hinhin je vous hais – a décidé d'avoir ses règles pendant exactement trois semaines, ha bah oui, c'est drôle hein de faire chier les gens. Résultat, aucune connexion, rien. Pas moyen de poster en ligne à temps. Et ça a duré trois putain de semaines, pendant lesquelles je n'ai pas pu poster ni lire aucune fiction, j'avais UN TOUT PETIT PEU les boules. Mais le pire, ça été quand ma clé USB a planté, la dernière semaine. Tous mes chapitres envolés et aucun moyen de les récupérer pour l'instant puisque je ne pouvais pas accéder aux fichiers stockés sur le site. Donc j'ai dû réécrire tout le présent chapitre sans pouvoir me référer à ce que j'avais écrit avant – et croyez-moi, même quand c'est votre propre œuvre, y'a des fois où vu qu'on peut pas se rappeler de tout, ben on galère. J'ai donc galéré et même là, la réécriture a pris du temps, à cause de moult ennuis : le découragement, le manque d'infos, la rage absolue, le syndrome de la page blanche, des phases passagères alzheimériennes pendant lesquelles je ne me souvenais absolument DE RIEN, et puis aussi de problèmes familiaux assez casse-couilles et relativement déprimants (ouais, une chère âme de par chez moi a décidé d'aller faire un coucou au paradis et de rejoindre mes chapitres décédés par la même occasion).

Tout ceci joint à une semaine et demi de vacances en Espagne (les semaines passées, là) sans WiFi ni rien donc pas de possibilité non plus de poster. (Ouais, y'a pire comme destination mais avec l'enterrement et tout, on n'avait pas trop la tête à faire la fiesta). Et comme je revenais jeudi, j'avais la flemme de poster et de prendre un rythme irrégulier, surtout que le chapitre neuf était approximativement commencé et que j'allais encore être en retard si j'essayais de poster ET le vendredi d'après mon arrivée ET le mercredi qui suivait. Surtout que ma corres' allemande est arrivée lundi et que voilà, hein, entre les excursions au Croisic, au Mont-Saint-Michel, à Saint-Nazaire et à Guérande, mierda. J'allais pas franchement avoir le temps d'écrire.

Ouais je raconte ma vie mais j'en peux plus, ça fait trop longtemps alors je vide mon sac. Et puis je tiens à tout bien vous expliquer.

Voilà pourquoi après un mois et une semaine d'absence forcée je reviens avec seulement un chapitre dans mes bagages, mais plus long que tous les autres – alors ça compense, j'espère un peu ^^ – puisqu'il fait TREIZE pages en police 12 (14-15 pages avec la longue introduction et la conclusion), j'ai également le prologue de la fiction à quatre mains en collab' avec ma chère Froshounette que j'ai malheureusement délaissé à cause de tous les problèmes de connexion mais que j'ai ENFIN fini, donc si ça vous intéresse allez jeter un œil au compte Froshe et Andoryss, et aussi la traduction du prologue de ma propre fiction en allemand par Vilandel que j'admire énormément (ouah, une bilingue qui va se casser la tête à traduire mon histoire ! génial !) : si ça vous intéresse, bien que j'en doute vu que vous êtes francophones, allez lui demander le lien en MP ^^

Voilà pour les news, allez je vous embête pas plus longtemps et je vous laisse lire. (réponse à la RA à la fin) (oui j'ai changé de pseudo explications sur le profil si ça vous intéresse ;) désormais je m'appelle Andoryss)

:p.

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Il pleuvait à verse. C'était une pluie vicieuse et glaciale, qui se glissait entre les pans des vêtements et dont les gouttes semblaient se changer en grêle à mi-chemin.

Les Fioriens s'étaient dépêchés de quitter le dirigeable pour courir jusqu'à la navette qui les attendaient au bout de l'aérodrome. La bleutée jeta un coup d'œil en arrière, au mastodonte au bout de son treuil, et sourit en voyant le petit balcon de fer se balancer contre la toile du ballon.

Au pied de la nacelle, Cheney discutait avec Hugues. Le capitaine lui serra la main et disparut à l'intérieur du dirigeable, tandis que l'étranger les rejoignait au pas de course, le manteau battu par les bourrasques cinglantes, un bras en face de son visage pour s'en protéger. Il s'arrêta à côté de lord Vermillion et de sa sœur, ses cheveux trempés collés à son front.

- Faites rentrer les jeunes femmes, ordonna-t-il à Terence.

Le blond hocha la tête et saisit Lucy et Kinana par le bras. Miss Ayria, devant eux, se débattait avec la portière de la navette.

Petit bolide à huit places, on aurait dit un oiseau de cuivre au dos creux où on aurait rajouté des sièges. La voûte était complètement opaque. À hauteur d'yeux, des hublots rectangulaires couraient tout le long de l'engin. Un petit espace aménagé dans la tête de l'oiseau abritait le pilote, un vieil homme rêche qui n'accorda pas un regard à ses passagers.

Juste avant de grimper dans l'habitacle, Yukino jeta un coup d'œil derrière elle. Lord Cheney était en train d'attacher un message à la patte d'un pigeon messager. L'oiseau mécanique prit son envol dans le grincement de ses ailes chromées. Le brun tourna ensuite les talons, prit la bleutée par le coude et l'aida à monter dans le véhicule.

Yukino se cala dans son siège, ferma les yeux et respira profondément. Dès que la navette décollerait, son destin serait scellé. L'idée qu'elle ne puisse plus jamais retourner en arrière la terrifiait. Elle boucla sa ceinture autour de sa taille et sursauta quand une main agrippa la sienne.

La jeune femme tourna la tête et découvrit une Levy aux paupières et aux dents serrées, les ongles rivés dans les accoudoirs. La petite jeune femme semblait au bord de l'évanouissement. La bleutée pressa sa main pour la réconforter en souriant, tandis que les turbines se mettaient à gronder en-dessous d'eux. Levy eut un hoquet et serra si fort la main de son amie que ses jointures blanchirent.

Lord Cheney et lord Terence s'installèrent derrière elles. Tout à l'avant, miss Ayria était assise à côté de Lucy, et les inséparables Lisanna et Kinana se trouvaient au milieu. Le pilote enclencha une manette – il était visible à travers les parois transparentes du cockpit – et la navette décolla brusquement.

Yukino eut l'impression que son estomac remontait dans sa poitrine avant de retomber d'un coup. C'était une sensation à la fois effrayante et délicieusement grisante.

Levy, elle, avait l'air sur le point de rendre son petit déjeuner.

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Le trajet se passa dans le calme. La révélation de la bleutée la veille au soir, et plus particulièrement la réaction de Levy, avaient douché l'enthousiasme des jeunes filles. Même Lisanna et sa meilleure amie ne disaient rien.

Il fallait six heures pour rejoindre la capitale. En chemin, des paysages d'une beauté glaciale défilaient par les hublots, contre lesquels Yukino était collée, se gorgeant comme une éponge de ces images qu'elle brûlait de coucher sur le papier. Des pins couverts de neige aux loups perchés sur les rochers, tout cet endroit respirait une sauvagerie brute et pure. Le ciel semblait irradier d'une lumière irréelle dans le froid du Pôle.

L'air à l'intérieur de l'habitacle avait fraîchi. La jeune femme resserra les pans de sa cape autour d'elle. Elle jeta un coup d'œil à ses voisins de derrière : lord Cheney et lord Terence se tenaient tous les deux le plus loin possible de l'autre. L'animosité entre eux était flagrante, et elle aurait bien aimé savoir ce qui en était la cause.

À mesure que le temps passait, son stress commençait à monter. Elle avait la gorge nouée et un mal de ventre persistant. Savoir que dans quelques instants elle serait face à son futur époux l'angoissait de plus en plus. Serait-elle à la hauteur ? Son éternelle maladresse la desservirait-elle encore ou réussirait-elle à se tenir tranquille ?

- Au fait, sir Cheney, vous ne nous avez pas expliqué comment vous nous avez appariées. Existe-t-il une cérémonie du Choix au Pôle aussi ?

La question de Levy jeta un froid (sans mauvais jeu de mots, compte tenu de la température actuelle dans la navette). Tout devant, miss Ayria se retourna, bouche bée, tandis que Lucy souriait, comme si elle reconnaissait bien son amie dans le fait de poser La question, si importante que personne n'osait en parler, avec une telle nonchalance.

Yukino, comme le reste des passagers, regardait à présent Cheney. Il avait les yeux fermés et des mèches noires vinrent cacher son regard pendant un bref instant. Lorsqu'elles s'en allèrent, les iris rouges les fixaient à leur tour.

- Pas exactement.

- Alors, insista Levy sans plus tenir compte de l'étiquette, comment cela s'est-il fait ?

La bleutée reporta son attention sur la petite lectrice à ses côtés et frissonna. Miss McGarden avait à nouveau cet air effrayant cette lueur calculatrice dans les yeux, comme si elle connaissait déjà la réponse à sa question, et qu'il s'agissait d'un secret inavouable. Elle ne la posait que pour piéger le Dragon, le pousser dans ses retranchements et le forcer à se dévoiler.

Mais lord Cheney était au moins tout aussi manipulateur qu'elle. Il planta ses yeux de serpent dans ceux de Levy et répliqua avec un mince sourire :

- Disons que nous nous sommes basés sur vos caractéristiques à tous les deux.

Et sur cette réponse énigmatique, il se renfonça dans son siège et ferma les yeux, signifiant clairement que la discussion était close.

Yukino sentit le nœud dans sa gorge s'accentuer quand elle vit le regard noir que la petite bleue lança au Dragon. Le reste du voyage se déroula dans une atmosphère oppressante, tandis que la bleutée observait avec inquiétude Levy triturer rageusement le cordon de sa cape.

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- La Citacielle !

Le chuchotement frénétique de Kinana résonna avec la force d'un coup de fouet. Et Yukino s'y connaissait, en coups de fouets.

Aussitôt, les cinq jeunes filles se collèrent aux vitres, éblouies. Même les jumeaux Vermillion avaient du mal à garder un visage impassible.

La capitale était fantastique. On aurait dit un gigantesque rocher volant, dans lequel on aurait taillé des demeures aussi aériennes et délicatement ciselées que de la dentelle. Elle avait la forme d'un triangle isocèle incliné qui pointait vers le sud-est. Des tours de contes de fées se lançaient à l'assaut du ciel et perçaient les nuages de leurs sommets effilées. Des fanions aux couleurs des Dragons claquaient au vent. Des lambeaux de brumes masquaient la partie inférieure, formant des volutes vaporeuses aussi pâles que le ciel.

Il faisait froid. Là où le brouillard ne venait pas cacher la pierre, des gouttelettes de givre recouvraient les parois de la ville volante. Dès qu'un rayon de soleil réussissait à pointer le bout de son nez derrière les nuées hivernales, la Citacielle se mettait à briller de mille feux.

C'était encore plus beau que sur toutes les gravures qu'elles avaient ou voir. La « cité des anges » avait bien mérité son surnom. Elle semblait tout droit sortie d'un utopique paradis où même les plus irréalisables prouesses architecturales prenaient vie.

Yukino se tourna vers leur guide pour partager avec lui son enthousiasme, et surtout son envie de dessiner qui fourmillait dans ses doigts, mais l'expression sur le visage de Rogue la refroidit immédiatement. Il fixait sa ville natale avec tout un mélange d'émotions : appréhension, colère, haine et dégoût. L'arc de sa mâchoire était tendu à se rompre tant il serrait les dents, et ses yeux rouges brillaient intensément.

Il faisait peur.

Yukino frissonna et se détourna lentement. Sa joie de voir un si beau spectacle était retombée d'un coup. Si même l'homme originaire de cet endroit n'avait pas l'air de vouloir y retourner, Mavis savait ce qui pouvait bien les y attendre…

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Il avait un visage austère. Une mâchoire carrée, des yeux noirs et perçants, un long nez aquilin et des cheveux plus sombres que la nuit elle-même. Sur ses joues, ses tempes, son cou s'entrelaçaient de délicates volutes bleu pâles, des marques qui rappelaient les tatouages tribaux de certains humains primitifs de l'Ancien Monde. Il était vêtu simplement : si elle l'avait croisé dans la rue, elle l'aurait pris pour un simple laboureur, si ce n'était son impressionnante carrure. Il devait bien faire deux mètres de haut : deux mètres de muscles et de nerfs sans cesse sur le qui-vive.

Elle avait l'âme créative. Elle pouvait déceler toute la nature d'une personne à travers une simple peinture, ou même un dessin. Le grand tableau de pied accroché au fond du vestibule avait beau ne pas rendre totalement honneur au Roi Dragon, il suffisait pour s'en faire une idée.

Yukino se tenait bien droite, ses mains gantées de blanc jointes sur son jupon vert pâle. Son chemisier était trop serré et elle avait chaud, mais elle ne bougeait pas. Le moindre mouvement lui attirerait un regard foudroyant de la part de miss Ayria.

La délégation fiorienne attendait patiemment dans le vestibule qui menait à la salle du trône. Lord Cheney les avait quittés peu de temps auparavant pour aller prévenir le régent de leur arrivée, bien que les gardes postés dans la cour l'aient sûrement déjà fait lorsqu'ils avaient atterri sur le parvis du château.

Il n'y avait qu'un divan pour les sept personnes, aussi seules Ayria, Lucy et Lisanna s'étaient assises. Terence avait galamment cédé sa place à sa sœur, tandis que les trois autres Choisies, sous l'influence de vieux réflexes liés à leur statut social, étaient restées debout sans un mot. La bleutée était fébrile. À côté d'elle, Kinana avait l'air terrifiée et psalmodiait à mi-voix des prières dans une langue qui lui était inconnue. Les deux héritières des maisons Heartfillia et Strauss ne semblaient pas dans un meilleur état. Seule Levy attendait paisiblement, souriant à Yukino quand elle croisait son regard et se balançant négligemment d'un pied sur l'autre.

De plus, la jeune femme sentait le regard de lord Vermillion peser sur elle, ce qui ne faisait qu'ajouter à son malaise. Elle ne pouvait pas oublier la sensation de ses doigts autour des siens. Elle se fustigea intérieurement pour penser à un autre homme qu'à celui qu'on lui assignerait, et même alors, son esprit dériva sur l'embarrassant épisode du balcon la veille.

Soudain, une pensée la traversa comme un éclair, et elle se sentit stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt. Si elles allaient épouser les héritiers du clan Dragon, y avait-il une chance pour qu'elle tombe sur Rogue ? Elle rougit à cette idée. Tout du moins ne se marierait-elle pas à un parfait inconnu, c'était toujours ça de pris. Et puis… elle devait avouer qu'elle aimait beaucoup la compagnie du jeune homme taciturne. Il semblait ne jamais s'offusquer de ses manquements à l'étiquette et partageait avec joie leurs différences culturelles. Certes, il n'était pas très démonstratif, et Yukino avait plus d'une fois surpris les autres filles à frissonner sous son regard si singulier, presque venimeux, mais à elle il ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle n'irait pas jusqu'à dire qu'il ne l'avait jamais effrayée, mais elle décelait bien plus facilement que les autres les émotions cachées dans les plis de son visage, parfois pratiquement imperceptibles.

La porte du vestibule se rouvrit et une servante en livrée bicolore blanche et noire entra. Elle s'inclina poliment avant de leur annoncer que le Roi les attendait.

Miss Ayria se releva lentement, lissa les pans de ses jupons et hocha la tête à l'adresse de son jumeau. Lord Terence prit la tête du petit groupe, tandis que sa blonde sœur fermait la marche. Yukino sourit à la petite maid en passant : cette dernière parut surprise de son attention, et la bleutée se désola intérieurement, persuadée d'avoir encore fait quelque chose de travers.

Ils traversèrent un long couloir aux dalles de marbre et s'arrêtèrent face aux immenses battants de la salle du trône. Ayria passa une dernière fois en revue toutes ses protégées, puis la servante qui les accompagnait poussa la porte.

Lord Terence Vermillion, représentant de la délégation fiorienne, ainsi que misses Heartfillia, Strauss, Aguria, MacGarden et Cuberios, annonça un héraut invisible.

La bleutée fronça les sourcils. Le crieur n'avait pas présenté Ayria. Cette dernière se tenait un peu en retraite, le regard baissé, le dos voûté. La jeune femme la dévisagea un instant, intriguée, puis reporta son attention sur la scène qui se déroulait.

La salle du trône n'était pas aussi grande que la réputation du Roi Dragon aurait pu laisser imaginer. Tout du moins avait-elle des dimensions raisonnables : elle devait faire à peu près l'équivalent de la salle de bal des Heartfillia. En revanche, le trône en lui-même était gargantuesque. Énorme, massif, taillé dans un bloc d'obsidienne, il paraissait immuable. Planté au centre de la pièce, il avait un aspect à la fois hideux et fascinant. Des crânes et des squelettes draconiens étaient sculptés sur tout son pourtour, et Yukino frissonna en croisant le regard vide et sinistre des reptiles emprisonnés dans la pierre.

Dans une certaine mesure, le trône ressemblait à son occupant. La dessinatrice avait eu raison quand elle s'était dit qu'aucune représentation picturale ne pourrait rendre justice à la personne en face d'elle. Leur première impression d'Acnologia, le Roi Dragon, le Guerrier Barbare, l'Antéchrist, qu'importe le nom qu'on lui avait donné, était à l'image de celle qu'elles avaient eue de la Citacielle en comparaison avec ce qu'elles en savaient.

Ça n'avait rien à voir. À croire que les gens qui l'avaient vu en avaient été si terrifiés qu'ils n'avaient pas pu en retranscrire toute la puissance sauvage, magnétique. Écrasante. Et même, la jeune fille doutait que ce soit possible.

Il y avait le noir insondable de ses yeux en négatif : la pupille était d'un blanc éclatant, à l'inverse de la cornée et de l'iris. Les tatouages cobalt marqués sur ses pommettes et tout autour de son visage buriné. Ses cheveux, consciencieusement plaqués en arrière, se rebellaient sur sa nuque, puis cascadaient le long de son dos en une natte épaisse. Ses épaules étaient larges et ses mains comme des battoirs. Il était gigantesque.

Au pied de son trône, lord Cheney se tenait bien droit, le visage fermé. À côté de lui, une femme brune, plus âgée qu'Ayria, était vêtue d'une robe vert sombre fendue sur les côtés. Deux tresses encadraient son visage lourdement fardé.

Terence posa un genou à terre et s'inclina, une main posée sur le cœur. Les cinq Choisies, ignorantes de comment elles devaient agir, ne bougèrent pas. Aucun des jumeaux ne leur avait dit quoi que ce soit.

- Mes hommages, Roi Dragon.

Acnologia eut un sourire carnassier. Il se leva lentement son manteau noir bordé de fourrure se déploya autour de lui, ses pans formant comme deux ailes sombres. Il s'inclina courtoisement lui aussi, bien que moins profondément compte tenu de sa supériorité.

- Bienvenue à la Citacielle, milord. Avez-vous fait bon voyage ?

- Excellent, Sire.

Le colosse descendit de son perchoir et se rapprocha des sept étrangers. Il dévisagea tour à tour les Fioriennes, son regard inversé s'attardant longuement sur chacune d'entre elles. Sa voix rauque retentit :

- Serait-ce donc là les futures femmes de mes héritiers ? Vous êtes toutes bien belles et fortes. J'ai bon espoir de vous voir perpétrer avec succès notre noble lignée. Le sang des Dragons courra dans les veines de vos enfants, je le sens. Soyez bénies par les Dieux.

Les Choisies hochèrent la tête en remerciement. La présence magnétique du régent agissait sur elles comme un sédatif : elles se sentaient paralysées, prises au piège de ses prunelles à l'éclat dérangeant. Décidément, chaque Dragon avait-il un regard aussi singulier ? se demanda Yukino. De ce qu'elle avait vu de Rogue et d'Acnologia, il semblerait que oui.

Le souverain se détourna et revint vers sa royale assise où il prit place à nouveau. D'un geste de la main, il désigna les deux personnes qui se tenaient à ses côtés :

- Vous connaissez déjà mon petit-fils, lord Cheney, qui vous a guidés jusqu'ici. Cependant, il me semble qu'aucun d'entre vous n'a encore rencontré mademoiselle Orlando…

La femme au visage maquillé exécuta une petite révérence, plus ironique que réellement courtoise. La bleutée vit Terence et Ayria se crisper brusquement – il fallait dire que tout, dans l'attitude de la demoiselle, dégageait une impression de dédain amusé et d'arrogance hautaine.

- Cette précieuse amie m'est d'un grand secours, et je lui voue autant d'admiration que de respect. J'ai l'honneur de vous présenter Minerva Orlando, Oracle de l'Arche du Pôle et grande prêtresse de Temple.

Même son prénom correspondait à son physique. Yukino trouvait que, plus que tous les membres du clan Dragon, elle avait quelque chose de définitivement… reptilien. Elle avait une soudaine envie de la dessiner en Méduse, des serpents à la place de ses longues mèches d'ébène.

- Merci, mon Roi, répondit poliment la Méduse.

- Sur ce, poursuivit Acnologia, je pense qu'il n'est d'aucune nécessité de s'attarder plus longtemps. Il est temps que vous rencontriez vos futurs époux.

- Si je peux me permettre, Sire, nous n'avons pas été avisés de la façon dont se déroulerait la rencontre, intervint Terence.

Le Dragon eut un sourire qui faisait froid dans le dos. Il déclara d'une voix suave :

- Nous avons pensé qu'il serait préférable de privilégier une certaine intimité lorsque vous feriez connaissance. Aussi, mes héritiers vous attendent tous dans un salon où vous aurez le temps de discuter à loisir et de vous découvrir l'un l'autre.

- Vous voulez dire que nous allons être seules face à eux ? lâcha Lisanna, estomaquée.

- Quelle idée ! protesta Ayria avec force. Il n'est pas question de les laisser rencontrer leurs fiancés sans moi pour les chaperonner !

Le roi abaissa lentement son regard glaçant sur la jolie blonde, qui venait d'intervenir pour la première fois. D'une voix terriblement méprisante, il articula :

- Je n'ai pas de remarques à recevoir sur ma façon d'organiser les choses, surtout pas d'une… moins-que-femme dans votre genre. Vous n'avez rien à dire dans ma maison.

Miss Vermillion blêmit d'un coup. À côté d'elle, Terence serra les poings, tandis que Minerva poussait un petit rire cynique, sa bouche cachée derrière sa longue manche.

Yukino toisa lentement le régent. Elle l'appréciait de moins en moins. Il avait quelque chose de volontairement calculateur et supérieur, comme s'il voulait les écraser de sa grandeur. Il ressemblait à son père. Aussi sournois que mielleux, respectant autant l'étiquette qu'il était bon menteur, et portant des jugements sur tout et tout le monde.

- Bien ! Mesdemoiselles… Lavinia va vous conduire à vos salons respectifs.

La petite servante s'inclina diligemment, puis fit signe aux cinq jeunes filles de la suivre. En partant, elles jetèrent un dernier regard à Terence, qui ne s'était pas décrispé, et à Ayria, qui leur adressa un pâle sourire avec un vague geste de la main qui signifiait : « ne vous occupez pas de moi ». Sur ce, le petit cortège quitta la salle du trône, et les battants de bronze de la porte massive se refermèrent derrière elles.

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Première porte. Levy adressa un sourire réconfortant à ses amies, qui la regardaient avec un mélange de peur et de pitié. Yukino lui répondit faiblement, et la petite lectrice se dit que décidément, la jolie bleutée au regard mélancolique était très courageuse. Elle la savait bourrée d'une sincérité et d'une honnêteté sans failles, contrairement à elle qui se complaisait dans le mensonge et la dissimulation. Elle se retourna face au panneau et, prenant une grande inspiration, le poussa, entra, puis referma derrière elle.

Elle l'avait fait. Maintenant, elle ne pourrait plus retourner en arrière. Son destin était décidé et elle ne pourrait pas y échapper. Elle faillit se laisser aller et éclater en sanglots quand elle prit violemment conscience de ce fait.

Elle aurait dû s'enfuir quand ils avaient rejoint la navette. Mais s'enfuir, pour aller où ? Depuis le jour où miss Ayria avait lu son nom lors de ce fichu tirage au sort, elle avait abandonné. D'une certaine façon, elle le savait déjà. Elle savait que sa poisse éternelle se manifesterait forcément d'un moment à l'autre pour lui pourrir la vie. Elle avait décidé de ne pas se laisser abattre, mais maintenant qu'elle se trouvait face à celui qui partagerait son futur pour les années à venir, sa résolution était de plus en plus difficile à tenir.

Elle releva prudemment les yeux, pas certaine de vouloir affronter la réalité. Le salon était plongé dans l'ombre. Aucun chandelier, aucune chandelle n'avait été allumée. Les rideaux étaient tirés, et devant la fenêtre centrale se tenait une silhouette imposante, qui retenait la tenture de la main droite et regardait à l'extérieur. Levy se mit à trembler. Elle ne pouvait pas y croire.

Non…

La personne se retourna lentement, et la bleue lutta pour ne pas s'évanouir quand ses craintes s'avérèrent réalité. Une crinière noire, des iris rouges, des canines pointues et des clous le long du nez, au-dessus des sourcils et sur son menton.

En face d'elle se trouvait le Dragon qui ne lui avait inspiré rien d'autre que la terreur, alors qu'elle ne l'avait vu qu'en portrait, Kurogane no Gajeel.

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Deuxième porte. Lisanna serra sa meilleure amie dans ses bras, tandis que Kinana chancelait, sur le point de tomber dans les pommes. Elle essuya rapidement les larmes qui lui perlaient aux yeux, hocha la tête puis fit courageusement face à la porte. Elle la poussa, pénétra dans le salon et l'entendit claquer dans son dos, la faisant sursauter.

En face d'elle, un jeune homme la fixait, visiblement aussi nerveux qu'elle. Il avait des cheveux rouge foncé complètement ébouriffés, un œil clos par une cicatrice et des oreilles pointues. Ses mains étaient enfoncées dans les poches de son grand manteau blanc et au vu de sa position, elle était visiblement entrée au moment où il faisait les cent pas au milieu du salon.

Le Dragon se racla la gorge, fébrile. Il ne semblait pas vraiment savoir comment agir, et Kinana se sentit rougir. Ils restèrent ainsi pendant quelque temps, à se dévisager sans trop savoir quoi faire.

Finalement, le prince (c'était l'équivalent d'un prince, non ?) esquissa un geste pour l'inviter à s'asseoir. Elle prit place sur une causeuse en face de lui, qui se laissa tomber dans un fauteuil, les paupières serrées.

Il fit par relever le menton et lui adressa un sourire un peu tremblotant. Surprise de le voir aussi anxieux qu'elle, alors qu'il se trouvait selon toute logique en territoire connu et en position dominante, Kinana se demanda si au final, les héritiers avaient réellement voulu cette union… Après tout, ils devaient être comme elles, forcés de sacrifier leur jeunesse pour leur pays et leur honneur. Ce constat, bien qu'assez lugubre, la tranquillisa et elle se détendit un peu.

- J-Je me présente, Erik Dragneel, fils d'Igneel, pour vous servir, ma dame.

Sa voix retentit à l'intérieur du crâne de Kinana avec la force d'un ouragan. Elle se sentit brusquement toute retournée, et son cœur se mit à battre la chamade. Cette voix…

Par Mavis, ce n'était tout de même pas possible ! Cette voix… c'était la même que celle qui chuchotait à son oreille, chaque nuit, dans le secret de ses rêves. Elle avait rêvé de la personne à qui appartenait cette voix pendant douze ans. Elle ne pouvait tout simplement pas y croire. Le souffle coupé, les larmes aux yeux, elle fixa l'homme devant elle qu'elle allait épouser.

- Vous… vous allez bien ? s'inquiéta Erik devant l'absence de réaction de sa fiancée.

- Parlez encore une fois. Je vous en supplie, implora l'orpheline.

Bouche bée, il se figea avant de s'exécuter, doucement, gardant un contact visuel avec la jeune femme apparemment bouleversée.

- Tout va bien. Je ne vais pas vous faire de mal. Je vous le jure, vous êtes en sécurité. Je suis désolé, tout ceci est très nouveau pour nous deux… je comprends que vous soyez troublée. Ne pleurez pas, je vous en prie…

Sa future épouse sourit et essuya rapidement les larmes qui avaient dévalé ses joues. Il fut soudain comme avalé par ses iris violets, empreints d'une douceur et d'une tendresse infinies. Elle sourit à nouveau et balbutia :

- Je suis désolée… pardonnez-moi pour m'être laissée aller. Je m'appelle Kinana.

- Kinana comment ?

- Kinana tout court. Le reste n'est pas important, puisque je serais bientôt votre femme, non ?

Erik rougit devant l'innocente question de sa fiancée et hocha lentement la tête.

- Eh bien… bienvenue à la Citacielle, Kinana, ajouta-t-il avec un pauvre sourire, honteux de lui-même d'une telle piètre phrase.

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Troisième porte. Lucy adressa un dernier signe de la main aux deux jeunes femmes restantes et entra sans plus attendre. Elle détestait faire traîner les choses, et si elle devait épouser quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, raison de plus pour faire rapidement sa connaissance.

Le petit salon dans lequel elle se trouvait à présent était décoré dans des couleurs chaudes. Le marron des lambris et le rouge des tapis lui étaient familiers, elle ne se sentit donc pas trop oppressée par l'endroit.

Devant la cheminée, où rougeoyait un feu mourant, se trouvaient deux fauteuils, dont l'un était déjà occupé par une personne dont elle ne voyait qu'une mèche blonde et l'arête du nez. Il lisait un livre, la joue droite appuyée sur son poing ganté.

- Vous n'allez pas rester collée à la porte indéfiniment, si ? Venez plus près.

Sa voix était rauque et quelque part un peu bougonne, mais avec un ton définitivement aristocratique. Il semblait à la fois ennuyé et irrité d'être ici. Lucy ne s'était jamais sentie aussi peu à sa place. Elle avança donc et découvrit l'homme dans le fauteuil avec un sursaut.

Il était grand, très. Même assis, il lui donna la sensation de la regarder de haut. Ses cheveux étaient blonds, autant que les siens, et soigneusement plaqués et peignés en arrière, à l'image du Roi Dragon. Seules deux mèches rebelles venaient balayer l'air entre ses sourcils, qu'il avait longs et fournis. Une cicatrice en forme d'éclair traversait son œil droit et griffait son visage de son front à l'arête de sa mâchoire. Ses iris étaient vert sombre, avec un cercle extérieur plus foncé, ses épaules larges et ses traits durs. Il était vêtu d'un costume vert en queue-de-pie aux boutons dorés et d'un pantalon clair. Deux bottes de cavalier et des gants blancs complétaient sa tenue.

Lui aussi l'étudiait, la disséquant de ses pupilles scrutatrices. Elle faillit se dérober à son regard insistant mais elle savait qu'il prendrait cela comme une preuve de faiblesse, et refusa de baisser les yeux. Il finit par esquisser un petit sourire en coin tandis qu'elle soutenait toujours son regard, et l'invita à s'asseoir.

- Bien ! De quoi une poupée futile comme vous peut bien parler qui pourrait m'intéresser ? Avez-vous seulement des centres d'intérêts, miss Heartfillia ?

Lucy rougit sous l'affront. Glaciale, elle croisa ses mains sur ses genoux et répliqua avec sarcasme :

- Malheureusement non, seigneur Dreyar. Entre les tâches ménagères, la cuisine et les virées chez le tailleur, je n'ai pas beaucoup de temps libre. Et puis de toute façon, étudier est si ennuyeux… Je suis d'ailleurs étonnée que vous-même, qui ne me paraissiez rien d'autre qu'une brute sans cervelle ni manières, ayez suffisamment de notions pour lire le tome 7 de La Guerre des Failles, de Dante Collangher, en arkalaan* ancien.

En effet, le pavé qu'il avait entre les mains au titre indéchiffrable pour qui ne pratiquait pas l'arkalaan faisait le récit des événements tragiques qui s'étaient déroulés quelques centaines d'années plus tôt. Dommage pour le Dragon, Lucy se passionnait pour cette saga retranscrite par un célèbre écrivain Fiorien, et pour les langues anciennes en général, depuis qu'elle était toute petite.

Le seigneur retira ses lunettes de lecture et les plia soigneusement, sans dévier son attention de la jolie blonde. Il esquissa à nouveau un sourire en coin, plus respectueux que le précédent, et Lucy put déceler un gramme d'admiration dans ses yeux verts.

- Intéressant… murmura Laxus, faisant frissonner la jeune fille.

En effet, cette union promettait d'être intéressante.

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Cinquième porte. Lisanna frémit. Elle venait de dire au revoir à Yukino qui était ensuite entrée dans le petit salon où son fiancé l'attendait. La blanche, elle, suivait la maid dans les couloirs du palais, intriguée par ce brusque changement de direction.

- Excusez-moi ? Lavinia, c'est ça ? Heu… où m'emmenez-vous ?

- Nous y sommes bientôt, répondit la servante sans donner plus d'informations.

Frissonnant, Lisa suivit sans poser plus de questions. Qu'est-ce qui lui arrivait ? N'était-elle pas censée retrouver son fiancé à elle ?

Lavinia ouvrit une nouvelle porte et s'effaça. La Strauss pénétra à l'intérieur de la pièce, tremblante. Elle fut encore plus déstabilisée quand elle vit une dame d'âge certain, belle malgré ses rides et aux cheveux de la même couleur que les siens, assise dans un fauteuil et sirotant tranquillement une tasse de thé. La lady planta ses iris gris dans les siens et lui sourit.

- Bienvenue, miss Strauss. Je vous en prie, asseyez-vous.

La jeune Choisie obéit.

- J'imagine que tout ceci doit vous paraître très singulier, soupira la dame. J'aurais aimé vous l'annoncer dans d'autres conditions, mais après tout, il est inutile de tourner plus autour du pot, n'est-ce pas ? Mademoiselle Strauss, votre fiancé, Natsu Dragneel pour ne pas le nommer, a disparu hier.

Lisanna laissa échapper la tasse que la lady inconnue lui avait donnée. Le verre se brisa au sol, répandant son contenu sur le parquet ciré.

- Ha, là, là, se désola la dame. Je comprends que vous soyez choquée, mon enfant.

- Puis-je savoir qui vous êtes ?

Quand Lisanna avait une désagréable surprise, elle devenait désagréable. Sa voix était un peu trop sèche pour la bienséance, elle s'en rendit compte, mais elle s'en fichait.

- Je suis Grandine, fille de la Reine Dragon Ananéosi. Enchantée de vous rencontrer.

- Vous comprendrez si je vous dis que ce n'est pas mon cas, répondit la blanche, les dents serrées.

- Je comprends, acquiesça Grandine en inclinant la tête.

- Mon… mon fiancé a disparu ? Comment est-ce possible ?

- Natsu a beau être mon neveu, et j'ai beau l'aimer beaucoup, je dois reconnaître qu'il n'est pas très mature. Il fait souvent de mauvais choix. Il a choisi d'écouter la voie de la honte plutôt que de celle de l'honneur, mais il devra affronter ses responsabilités tôt ou tard. Nos Mercenaires sont actuellement à ses trousses. Il vous épousera, je vous en fais le serment. J'espère juste que cet affront ne troublera pas nos relations plus qu'elles ne le sont déjà.

Lisanna resta un instant silencieuse, assimilant ce que la Dragonne venait de lui dire. Alors comme ça, son fiancé avait refusé d'épouser une femme dont il ignorait tout, au risque d'apporter la honte et le déshonneur sur son clan ? Elle sourit pensivement. Il avait beau avoir l'air d'être un vrai gamin, elle l'aimait bien quand même. Et puis, on ne pouvait pas dire qu'elle aussi avait vraiment eu hâte de se marier à un parfait inconnu. Ce répit était finalement le bienvenu. L'humiliation d'avoir été rejetée par son futur époux ? Bah. Si elle avait été homme au lieu d'être femme, elle savait qu'elle aurait été capable de faire la même chose.

- Il s'est enfui la nuit dernière. Nous nous en sommes rendus compte quand il a été temps de prévenir les héritiers de votre arrivée. Nous sommes vraiment désolés de cette offense, poursuivait Grandine.

- Je comprends. Quand vous dites les Mercenaires, ce sont…

- Des chevaliers à nos ordres. Ne vous inquiétez pas, ce sont d'excellents traqueurs. Ils le retrouveront bien vite.

Lisa ne put s'empêcher de frissonner. Le vocabulaire qu'employait Grandine, la façon dont elle parlait de son neveu, la « traque » évoquée… Natsu Dragneel avait bien plus l'air d'un animal chassé que d'un prince…

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Quatrième porte. Yukino dit au revoir à Lisanna et sourit une dernière fois à la petite maid aux cheveux roux. Puis elle entra.

Une pièce grande, éclairée, aux boiseries claires et décorée dans des tons pastel. Du lavande, du bleu pâle, du crème recouvraient les causeuses, les fauteuils, le sofa et le parquet. A propos de sofa…

Elle s'avança, intriguée. Il y avait quelqu'un allongé sur le canapé. Un jeune homme aux cheveux blond pâle en bataille, plus foncés néanmoins que ceux de Terence, mais plus clairs de ceux de Lucy. Une cicatrice lui griffait la tempe et il dormait paisiblement, un bras sur le front, l'autre posé sur son ventre plat. La bleutée rougit en voyant que la chemise à jabot du garçon était remontée, découvrant sa peau lisse et cuivrée et ses abdominaux bien dessinés. Il portait des chausses rouges et des bottes nonchalamment croisés sur l'accoudoir du sofa.

Yukino sentit soudain une déception amère lui nouer la gorge. Alors… ce serait lui, son fiancé ? Elle aurait aimé voir des mèches noires à la place de cette touffe blonde hirsute, une peau bien plus pâle et au lieu de ces mains calleuses, des doigts fins et expérimentés, qui savaient faire courir un crayon sur du papier. Elle aurait aimé voir Rogue à la place de cet homme, quel qu'il soit.

Il était très beau, certes. Mais honnêtement, il ne l'attirerait pas plus que ça. Il avait un visage… prétentieux. Et il ressemblait bien trop à Terence à son goût.

La bleutée ne savait pas quoi faire. Le réveiller ? Attendre qu'il le fasse tout seul ? Ne pas bouger ? Non, elle ne pouvait pas décemment rester à ne rien faire et ne pas se manifester, comme une voleuse. Après tout, c'était de la faute de cet homme de s'être endormi alors qu'il était censé attendre sa fiancée !

Elle avança donc la main pour pousser son épaule, mais une poigne de fer s'empara de son poignet et le serra trop fort. Elle poussa un hoquet, à la fois de surprise et de douleur, et croisa le regard azur du jeune homme.

Il la fixait, maussade.

- Alors comme ça, c'est toi.

Elle ne sut que répondre. Il la repoussa un peu trop violemment et elle chancela, manquant de tomber. Mais qui était ce rustre ?

- Pas enchanté de te connaître, jeune fille assez mignonne malgré tout mais qui va me voler ma vie. Je suis Sting Eucliffe, fils du Lys. Et pour notre malheur à tous les deux, ton fiancé.

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*arkalaan : langue internationale du Nouveau Monde. Arche = ark = arkalaan, ouais le rapport est tiré par les cheveux mais bref. L'arkalaan ancien correspond à peu près au vieux français mixé à du gréco-latin, un truc tellement incompréhensible que tu te demandes comment ça a pu donner la langue que tu parles actuellement. Les caractères typographique – les lettres quoi – de l'arkalaan ancien sont carrément différentes de l'alphabet actuel. Un peu comme l'alphabet grec ou arabe avec celui latin. Rien à voir.

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J'ai tellement hâte de voir vos réactions x)

Et voilà, enfin, la fameuse rencontre tant attendue. J'ai eu beau l'avoir réécrit plusieurs fois, je suis toujours aussi insatisfaite de ce chapitre. M'enfin, au moins il est fait, c'est déjà ça. Et puis j'espère que vous avez quand même aimé et que vous êtes pas trop déçu(e)s… xD

Eh non, Yukino n'est pas fiancé à Rogue ! Et oui, Acnologia est un fils de pute, et son petit-neveu (Sting) a l'air d'en tenir une sacrée couche pareil, mais tout s'éclaircira avec les chapitres qui suivront, je vous le promets )

Je suis à bout de souffle, plus de 6000 mots sans compte l'intro et la présente conclusion, et treize pages ! C'est plus du double de mon chiffre habituel *w* Mais il fallait bien vous donner de la substance, mes chers qui avez attendu si longtemps (maintenant, je me sens un peu ridicule quand je relis mes anciennes intros où je me désespère parce que j'ai un jour de retard :D promis, je serais plus régulière à l'avenir !) (enfin… j'espère).

Maintenant, je vais retourner manger mon chocolat et déprimer, puis me rappeler que j'ai une corres' et un contrôle de maths à réviser, et continuer à noircir les pages de mon petit carnet.

Merci infiniment de vos reviews qui m'ont aidée à ne pas me décourager, parce que je savais que vous m'attendiez ! Sayonara !

une visiteuse : Wow ! Quelle longue review ! ça fait plaisir ) merci pour tous ces beaux compliments ! Eh oui, Yukino a des steaks et elle sait s'en servir :3 (moi aussi, j'ai jubilé en l'écrivant ce moment). Non en effet, arrête-toi là vu le peu de temps qu'il te restait ! (snif, déjà la rentrée x(). Pour l'instant non, je ne prévois pas de parler de l'Arche d'Erza puisqu'elle n'a aucune connexion avec mes héros mais c'est à voir, peut-être un bonus dessus… ? ^^ Tadaa, je suis de retour et je ne compte pas relâcher, sauf si caprices freeboxiens il y a… (grr !)

Après une boulette suite à un clic sur Delete alors que je ne voulais pas deleter, je reposte ce chapitre ^^' l'autre arrive de suite !