Je savais que ce ne serait pas facile.
Je me doutais bien que Bella allait me faire payer mon attitude.
Mais à ce point-là…
Dans ma vie, dans mes relations avec les filles, j'avais toujours été celui qui menait la danse.
Il m'a fallut longtemps pour comprendre que ma-notre- histoire avec Alice avait marqué un tournant dans ma vie.
Pour la première fois je m'étais débattu avec des sentiments que je connaissais peu.
La jalousie.
L'amour.
La perte.
J'avais aimé Lili, j'aimais encore Alice, je l'aimerai toujours.
D'un amour en partie fraternel ,en partie amical, en partie réellement amoureux.
Une partie de moi-même savait que sans Jasper j'aurais pu être celui qui passerait sa vie avec elle.
Une autre partie savait que je n'étais pas celui qu'il lui fallait.
Enfin, une dernière partie, la plus puissante, me répétait que c'était Bella, mon âme sœur.
Bella, que j'avais d'emblée vu comme une menace.
Elle en était une.
Elle avait eu le pouvoir de me détruire.
En quelques semaines, je n'étais plus rien.
Fini le Edward arrogant et sur de lui.
Je n'étais plus que l'ombre de moi-même.
Je ne savais pas comment me comporter. J'improvisais, chaque jour.
J'essayais juste de lui montrer qu'elle comptait, que je la voulais, autant que je la désirais.
Mes parents se sont aperçus du changement.
Un dimanche ou j'étais allé manger chez eux, lorsque je suis parti, ma mère m'a demandé :
« comment s'appelle-t-elle? »
« Bella »
Je lui ai offert un pale sourire et elle m'a caressé la joue.
« tout va s'arranger. Si elle est celle qu'il te faut, alors tout s'arrangera! »
Mon père s'est contenté de me tapoter le dos.
Dans la voiture, sur le chemin du retour, je me suis répété cette phrase comme un leitmotiv.
Tout va s'arranger.
Les choses se seraient sans doute arrangées plus vite si Jacob Black n'avait pas lui aussi tenté sa chance auprès de Bella.
Bella avait une attitude que j'aurais trouvé amusante si je n'avais pas été le dindon de la farce.
Elle était en position de force et elle le savait.
Elle était de plus en plus proche d'Alice.
Alice traversait une période difficile.
Elle pleurait souvent.
Comme si les larmes qu'elle n'avait pas versé depuis des années sortaient enfin.
La plupart du temps elle pleurait dans les bras de Jasper.
Dans ceux de Rosalie aussi, sauf que Rose pleurait avec elle et que l'ambiance vous donnait immédiatement envie de vous coller une balle dans la tête.
Elle pleurait aussi dans les bras de Bella, et si personne n'était disponible dans les miens ou ceux d'Emmett.
Je l'ai même vue une fois pleurer assise sur les genoux de Jacob, qui était seulement venu emprunter du sel.
Rosalie nous avait expliqué que c'était une phase nécessaire.
Néanmoins, nous attendions tous avec impatience qu'elle prenne fin.
L'ambiance des repas s'en ressent, quand un des convives pleure à fendre l'âme sans discontinuer. Ca coupait l'appétit de toute la table, même celui d'Emmett.
Bella passait beaucoup de temps à étudier. Elle était une étudiante brillante et sérieuse.
Elle posait aussi, parfois, souvent pour du shampoing.
La photo de la pub qu'elle avait réalisé avec Jasper était sorti, et je ne sais comment, Emmett et Alice avaient réussi à se la procurer et en avaient fait faire un immense tirage, plus grand que nature, que nous avions placardé dans le salon, provoquant les cris et la fureur des principaux intéressés.
Bella et Jasper avaient immédiatement commencé à la décrocher du mur, et Rosalie avait maintenu Bella pendant qu'Emmett se chargeait de Jazz.
Mais Alice avait crié qu'elle adorait cette photo et qu'il était hors de question que quiconque la décroche. Bella et Jasper avaient immédiatement obtempéré.
Même Jacob, qui était venu admirer la photo, avait rit en constatant qu'Alice avait l'étoffe d'un chef.
Quand elle était à la maison, Bella passait son temps avec Alice.
Rosalie et elle ne s'appréciaient pas vraiment , au début.
Mais elles avaient Alice en commun et finalement elles s'étaient liées d'amitié.
Je partageais toujours la même chambre avec Emmett, même si il dormait souvent dans celle de Rose.
Non pas qu'il ne se passe quoi que ce soit de sexuel entre eux, Rosalie n'étant pas du tout prête, mais il faisait preuve d'une patience angélique.
Je me serais sans aucun doute moqué, si je n'avais pas été dans le même cas.
Moi aussi je faisais ceinture, et du coup je trouvais du charme à n'importe qui, Emmett compris.
Malgré tout, je réussissais à passer du temps avec Bella.
C'était mon but.
Mais je n'étais pas le seul.
Jacob ramait aussi.
Bella se la jouait ingénue ,innocente, mais nous savions parfaitement qu'elle se complaisait à nous torturer.
Je l'invitais au restaurant et elle conviait immédiatement Jacob avec nous.
Jacob l'amenait au cinéma et Bella exigeait que je sois de la partie…
Jake avait été un bon copain, mais à présent j'avais à son égard des envies de meurtre.
Sans doute autant qu'il en avait vis-à-vis de moi!
Bella se comportait envers nous comme si on était de simples copains.
Alors que Jake et moi crevions d'envie d'elle.
Et elle ne pouvait pas l'ignorer.
Je ne savais pas lequel de nous deux elle allait choisir. Ni même si elle allait choisir un jour.
La situation n'avait, pour elle, que des avantages, ou presque.
Je lui offrais un bouquet de fleurs? Le lendemain Jake lui offrait une plante verte.
Jacob lui donnait des chocolats? Je revenais avec un bon d'achat de la librairie la plus proche.
Bella refusait toujours les cadeaux, mais nous insistions suffisamment et elle finissait par accepter.
J'avais un avantage indéniable: j'étudiais le droit et je faisais tout mon possible pour aider Bella dans ses études. Elle n'avait pas besoin de moi, étant plus intelligente que Black et moi réunis, mais j'avais réussit à la convaincre d'étudier avec moi pour faire plaisir à Alice.
J'adorais passer du temps cote à cote avec elle, penchés sur nos livres. Je ne perdais pas une occasion de lui sourire, ou même de lui caresser les cheveux, et la joue. Elle n'acceptait pas très bien les manifestations physiques, ne me laissant jamais aller plus loin qu'un baiser sur la joue.
Je savais parfaitement pourquoi.
Elle avait autant envie de faire l'amour que moi.
Jacob avait trouvé sa revanche.
Cet imbécile s'était inventé de toutes pièces une passion pour le théâtre shakespearien. Il prenait à merveille un air affligé pour expliquer à Bella qu'il regrettait profondément d'avoir arrêter ses études trop tôt pour pouvoir étudier les œuvres classiques au Lycée.
Bella avait foncé droit dans le piège et elle passait beaucoup de temps à expliquer à Jacob les différentes tragédies.
Evidement je m'incrustais, et c'est comme ça que je m'étais retrouvé, par un beau samedi de février, à expliquer patiemment à un Jacob dont je savais parfaitement qu'il était tout sauf intéressé, les mystères de Hamlet.
Bella nous regardait en souriant et je me demandais jusqu'ou j'irais pour elle.
Rosalie n'était pas dupe.
Elle me taquinait souvent à ce sujet.
Pour elle, le monde était simple: il y avait les hommes qui étaient des salauds, c'est-à-dire 90% de mes congénères, et puis il y avait ceux qui étaient corrects avec les femmes.
Dès le départ, pour elle, Jasper avait fait partie de la deuxième catégorie.
Emmett avait rejoint le troupeau très rapidement.
Pour Jacob et moi, elle était plus circonspecte.
Elle était parfaitement au courant de la nature de nos relations avant qu'elle n'arrive dans la coloc. Les groupes de parole sont fait pour parler, et Alice , si elle n'avait pas pleuré pendant des années, avait toujours babillé comme un moulin à parole.
Je savais que Jacob était au courant aussi. Je ne crois pas qu'aucun de nous ne lui en ai jamais parlé mais Jacob était tout sauf idiot, et il habitait juste à coté de chez nous.
J'aurais du me douter qu'il se servirait de cet argument.
Même moi, aussi anxieux et peu de sur de moi que je l'étais, je m'étais rendu compte, courant mars, que la balance penchait en ma faveur.
Bella avait accepté de venir se promener seule avec moi plusieurs fois.
Elle ne me repoussait plus quand je caressais ses cheveux. Elle venait d'elle-même se serrer contre moi de temps en temps.
Visiblement ma patience et ma gentillesse portaient leurs fruits.
Je savais que je n'étais plus très loin de gagner.
J'exultais.
Bella acceptait à présent que je vienne lui dire bonsoir dans son lit.
Au début je me contentais de lui souhaiter bonne nuit sur le pas de la porte, mais au fur et à mesure j'avais gagné du terrain, et à présent nous nous câlinions longuement sous sa couette. Je pouvais même déposer un baiser sur ses lèvres sans qu'elle ne me repousse.
Je savais que nous étions proches.
Je savais qu'elle faisait juste durer un peu plus le jeu, mais qu'elle aussi était tombée amoureuse de moi.
Elle l'avait dit à Alice, qui l'avait dit à Jasper, qui me l'avait rapporté.
Un samedi matin je lui ai proposé d'aller ensemble au restaurant le soir même et elle a accepté en souriant. Elle s'est mordue la lèvre inférieure, m'a regardé d'un air à la gêné et triste, et m'a dit qu'elle devait parler à Jacob.
J'ai acquiescé. Je savais qu'elle devait lui annoncer qu'elle allait se mettre en couple avec moi.
Je savais parfaitement qu'elle aimait bien Jake, mais elle comme moi étions du même niveau intellectuel. Nous nous stimulions.
Je savais, et elle aussi, que avec Jake, au bout d 'un moment, elle se serait ennuyée.
Elle est partie parler à Jake un peu avant 10H00.
J'étais heureux.
Je l'attendais dans ma chambre, trop énervé pour travailler.
J'ai été surpris en l'entendant rentrer très rapidement.
La porte de ma chambre s'est ouverte à toute volée.
Bella est entrée, pale et furieuse;
Je n'ai pas eu le temps d'esquisser un geste, qu'elle a parlé, question et accusation mêlées:
« c'est vrai que tu as couché avec Alice? Et aussi avec Emmett et Jasper?! »
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Non je n'allais pas lui faciliter le travail à Edward non plus! ah mais!^^
