Blue Paralysia

Auteur : Angelscythe

Genre : Mystère, un peu science-fiction, presque fantastique

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yusei Matsui (hormis les nouveaux élèves de la classe E) je ne fais qu'honteusement jouer avec


Chapitre 8 : Lutte inégale

Koro-sensei écarquilla ses petits yeux lorsqu'il se trouva face à un Nagisa qu'il n'avait plus vraiment vu depuis six ans, depuis ce jour fatidique. Ils avaient enfin une opportunité ! Il lança ses tentacules en avant et eut soudainement mal. Regardant ses longs bras, il les vit fondre.

- Mais…

Kotaro se tenait entre le bleu et son ancien professeur, le bout d'un filet anti-sensei encore dans sa main.

Kayano se leva à son tour et vit les mains pleines d'aiguilles dangereuses rivées vers elle.

- Je n'ai envie de faire du mal à aucun de vous.

Il pencha la tête en regardant vers le jeune Asano qui venait de fermer son ordinateur.

- Toi non plus alors reste assis.

- Nagisa, libère Koro-sensei ! S'écria l'actrice.

Elle amorça un geste pour se lever mais les aiguilles furent tournées vers elle.

- Kayano, s'il te plaît…

Le poulpe essayait de se dépêtré dans le filet mais ne faisait que s'enliser encore plus.

- Donnez-moi tout ce que Takebayashi-kun a demandé sur Karma.

- Tu n'as qu'à fouiller dans tes souvenirs. Dit Gakushuu en se levant.

Nagisa lui jeta une aiguille mais elle se ficha dans le dossier qu'il venait de lever. Les dents du garçon se serrèrent.

- On t'a toujours battu. Souffla le garçon.

- Je n'ai jamais eu peur de quelqu'un d'aussi ridicule que toi.

Asano jeta le dossier à l'instant où une valse d'aiguilles filait dans l'air.

- Tu es loin de la force et de la tactique d'Isogai-san, loin de l'intelligence et de l'efficacité de Kimura-san et quant à Akabane-san…

Il sourit et bondit, envoyant son pied dans le ventre de Nagisa brusquement jeté en arrière.

- Kaede-san, occupe-toi de lui !

Il désigna Takebayashi d'un mouvement et sauta au-dessus de l'appui de fenêtre.

- Asano-san, fais attention à ses techniques de paralysie ! Lui cria Kayano.

Son cœur battait rudement dans sa poitrine. Entre autre parce qu'elle s'en voulait de sa trahison mais que pouvait-elle faire d'autre ? Elle ferma vivement la fenêtre lorsque son collègue évita une rangée d'aiguille. Il n'y avait qu'une chose satisfaisante à voir ces alènes au milieu de la vitre, craquelant la fenêtre : Nagisa épuisait ses minutions.

- Asano-chan, fais attention ! Ordonna Koro-sensei.

L'intéressé grogna et se laissa tomber au sol, fauchant les jambes du bleu qui tomba violemment sur la terre. Il couina et vit quelques tiges lui échapper. Il se recula précipitamment, fouillant sous ses vêtements pour récupérer ses armes. Mais il n'avait pas que cette option !

Il recula vivement en plusieurs rondades retournant vers la forêt où il savait qu'il aurait l'avantage. Il avait appris durant six années alors qu'il ne croyait absolument pas dans les compétences d'Asano. Ils l'avaient battu auparavant, il ne doutait pas que ça arriverait à présent.

- Pourquoi tu me suis ? Souffla agressivement Nagisa.

- Tu ne savais pas que tu étais recherché ? Se moqua Gakushuu.

Il s'approcha si vivement que le garçon eut un sursaut avant de se reculer aussi rapidement qu'il le pouvait. Il sentit son pied battre l'air et la vitesse de son adversaire le cogna avec une telle force qu'il bascula et roula le long de la pente. Il poussa un grognement et glissa ses mains sous son pantalon pour en extirper ses aiguilles.

Il entendit des éclats de voix et jeta un coup d'œil à Asano avant de se rabattre. Il ne devait pas laisser Kotaro derrière lui non plus !

Le rouquin serra les dents.

- Sugino-san, frappe-moi une balle ! Cria-t-il.

Nagisa tourna la tête, surpris. Après Kayano, Tomohito était ici ? Après Takebayashi…

Il vit la balle foncer vers lui et l'évita de peu en tombant dans l'herbe. Il se tourna vers Asano au moment où il se rapprochait de lui. Il sourit. Comme s'il pouvait vraiment tomber sans que ce ne soit complétement voulu !

Il frappa violemment dans ses mains alors que le jeune homme arrivait vers lui.

Il se figea en voyant le sang couler de la bouche pâle. Est-ce qu'il… s'était mordu la langue ? Ses doigts tremblèrent sur son aiguille. Il lui ressemblait tellement. Il serait devenu comme ça. Ses yeux s'embuèrent, ses mâchoires se carrèrent.

- C'est lui ! Sugino-sensei ? C'est lui ? Lança une élève en tendant le doigt.

- Nagisa… Souffla le concerné.

Il n'avait pas changé !

Le garçon sentit un liquide âcre emplir sa bouche alors qu'une vive douleur éclatait dans son visage. Le coup de pied du jeune homme l'avait presque rejeté sur la pente. Il se redressa d'un bond et s'éloigna.

Il leva la main pour jeter ses aiguilles lorsqu'il sentit un corps contre le sien. Il se tourna vivement, donnant un coup de coude dans le visage de la personne qui l'attaquait. Il leva le bras pour repousser l'attaque d'Asano alors qu'Oikawa tombait au sol. Intrépide, les autres élèves foncèrent vers leur cible. On leur apprenait ça depuis deux mois après tout. Et ils étaient plusieurs.

Nagisa sortit des vingtaines d'aiguilles de son pantalon. Gakushuu lui donna un coup dans la gorge mais le garçon jeta ses projectiles.

- NON ! Cria Sugino qui était dépassé par les évènements.

µµµ

Kayano se leva de sa chaise dès que Nagisa et Asano furent éloigné. Son cœur battait encore la chamade. Elle se précipita vers Koro-sensei, toujours tristement recroquevillé sur lui-même, son corps fondant lentement. Et il ne se plaignait absolument pas.

- Ne vous battez pas. Commanda-t-il même vers eux.

La jeune femme avait pourtant mis sa main sur une chaise. C'était la seule arme disponible mais ça lui allait très bien de l'utiliser pour affronter l'Otaku. Mais elle le vit lever les mains en tremblant.

- Je… Je n'y tiens pas, Kaede-san.

Il ajusta nerveusement ses lunettes.

Lui qui n'avait jamais fait tenté un seul assassinat s'il ne se faisait pas assister, il se voyait mal tenté quelque chose contre l'un des meilleurs éléments de la classe… D'autant plus en s'était rouillé au fil des années. Il avait même pris du poids, devenant presqu'un cliché, alors que Kayano avait seulement pris en beauté avec ses longs cheveux noirs qui flottaient autour d'elle.

Presque comme des tentacules.

- Tu peux le libérer. Mais… nous avons vraiment besoin de ces informations sur Karma. Tout pourrait changer. Professeur, je vous en prie…

- À quoi ça servira ? Demanda Kayano.

- Nagisa s'en remettra enfin. Murmura Takebayashi.

L'actrice jeta un regard au poulpe qui remuait pour se défaire du filet mais il ne faisait que se resserrer. Il n'avait même pas regardé son visage plein de doute et d'inquiétude. Elle comprenait et se précipita vers lui pour soulever le filet. À chaque extrémité, des immenses balle anti-sensei était accrochée et elle se rendait également compte que c'était très humide…

- Vous n'avez pas lésiné sur les moyens.

- Nagisa… est devenu bizarre. Il est devenu…

- Ce que la classe d'assassinat voulait faire de vous. Murmura Koro-sensei.

Cette honte l'entourait toujours avec le même effroi, le ressentiment gêné qui lui rappelait que tout ça, c'était de sa faute. Parce qu'il avait aimé Aguri et qu'il avait voulu prendre soit des élèves qu'elle affectionnait tant, parce qu'il avait besoin que quelqu'un le tue avant qu'il ne détruise la Terre…

- Mais j'ai espoir. Dit Kotaro.

Il attrapa le filet que lui tendait Kayano et le plia. Il était assez lourd et il se demandait encore comment il l'avait tenu aussi longtemps dissimulé.

- Je dois y aller ! Lança Koro-sensei.

Il bondit par la fenêtre et fonça vers les odeurs de Nagisa, qui avait beaucoup changé depuis la dernière fois, et celle du jeune Asano. Il les découvrit près du terrain de sport. Il vit les aiguilles empoisonnées être jetée vers ses précieux élèves.

- Nagisa-kun !

Fonçant, il s'interposa, étendant son bras pour attraper chacune des épingles. Son corps aspira le métal qui fondit alors que le poison faisait poindre des oreilles d'éléphant à mesure qu'il l'assimilait.

- Koro-sensei ! S'écrièrent-ils avec soulagement.

Mais le poulpe n'eut même pas le temps de tendre ne fut-ce qu'un tentacule pour leur frictionner le crâne qu'il vit Gakushuu sauter sur Nagisa qui bascula sur le sol.

- Asano-chan, non !

Mais la tête rousse disparut contre son cou et le garçon hurla de douleur. Il leva la main et enfonça une aiguille dans l'épaule de son assaillant. Le poulpe attrapa son collègue et l'éloigna de l'assassin. Oikawa poussait des cris alors que le jeune homme conservait sa main devant sa bouche. Le garçon se redressa en haletant alors que Kotaro courait vers lui. Il attrapa son ami, pantelant, et l'éloigna vivement alors que le poulpe était trop occupé à utiliser un de ses tentacules pour aspirer le venin de la plaie et le rejeter sur le sol.

- Asano-sensei ?! Ça va ?! Cria Oikawa, en pleurs.

Tomohito la prit dans ses bras avec compassion.

- Ça va ? Demanda-t-il vers les autres élèves.

Misuki Tota, qui avait été jetée au sol, opina en reniflant. Leur professeur de sport lui tendit la main pour l'aider à se lever.

- On les laisse s'enfuir ? S'étonna Kayano.

- Ils n'iront pas bien loin. Souffla Asano.

Koro-sensei se redressa et guetta l'odeur de Takebayashi et Nagisa. Il regarda vers les enfants, puis vers son collègue et colocataire qui tremblait.

- Tu as encore du poison en toi ?

- Probablement pas…

Le poulpe lui caressa la tête.

- Tu dois voir ton père… Kayano-chan, Sugino-kun, je vous confie nos précieux élèves.

- Que fait-on pour Nagisa ? Demanda le jeune homme.

- Ce que vous estimez de mieux.

- Il crèvera sans doute. Souffla Asano.

Koro-sensei se saisit de ce dernier, assurant sa prise en le glissant entre son torse gélatineux et les vêtements, puis disparut. Kayano serra sa main devant son cœur en jetant un coup d'œil à son ami.

- J'y vais. Occupe-toi d'eux ! Somma-t-elle.

Elle partit en courant vers la forêt. Si quelqu'un pouvait faire quelque chose, ça devait forcément être elle puisque seul Nagisa avait pu la sauver.

µµµ

Takebayashi tira sur le bras de Nagisa qui se mordait la lèvre inférieure à sang pour s'empêcher de hurler. Le liquide vermeil mouillait son menton alors qu'il se laissait tomber au sol, le dos arquer. Son camarade lui attrapa la taille et le souleva. Il n'était pas fort mais le garçon était toujours aussi léger qu'il y a six ans.

Il se précipita vers la voiture qu'ils avaient laissée là et l'ouvrit pour y déposer son ami. Il le vit se tordre de nouveau alors qu'il relâchait un cri.

- Nagisa… Ça va aller ?

- C… Conduis… Souffla-t-il.

Son front était déjà en sueur. Mais le pharmacologue remarqua une marque étrange sur son cou. Un peu de sang y perlait mais aussi des gouttelettes presque transparente.

- Je vais t'emmener à Yanagisawa-sempaï.

Nagisa opina vivement en se tordant de douleur. Un feu sans pareille rongeait ses chairs depuis qu'Asano l'avait… Est-ce qu'il l'avait vraiment mordu ? Non ! La souffrance qui en avait résulté, la pression sourde, tout ça lui laissait penser que c'était autre chose. Il travaillait dans une école d'assassin avec des centaines de petits assassins, il devait avoir des techniques secrètes. Lui aussi en avait. Ses doigts se contractaient d'ailleurs sur les aiguilles enduites de curare. Est-ce qu'il était mort ? Lui qui ressemblait tellement à Karma…

Il ferma les yeux lorsqu'il vit la taule de la voiture se déformer. Est-ce qu'il avait vu des crochets la traverser ? Non, non, non. Il haletait et ne se sentait plus du tout en sécurité d'un seul coup.

µµµ

Kotaro se gara devant l'établissement pharmaceutique et en sortit rapidement pour aller à la réception.

- Excusez-moi, pouvez-vous prévenir Yanagisawa-sempaï ? Son… cochon d'inde a un gros problème. Il n'est pas bien du tout.

La secrétaire tiqua au mot « cochon d'inde » et s'empressa de prendre le téléphone pour prévenir leur chef.

- Il dit que vous devez l'emmener à lui immédiatement. Souffla-t-elle.

- D'accord.

La femme appela un homme de la sécurité pour qu'il leur ouvre les portes. Takebayashi retourna à l'extérieur et vint chercher Nagisa qui remuait de douleur en gémissant.

- Tout va bien se passer.

- J'ai vu… vu des… cr… crochets…

- Viens… Intima-t-il doucement.

Il le ramena vers le bâtiment et vit le garde s'approcher de lui. Il lui prit son fardeau et l'emmena vers l'étage réservé à Shiro. Nagisa continuait de remuer et geindre, pantelant, couinant après des crochets qui dansaient devant ses yeux.

Ils durent arriver en seulement deux minutes mais pour l'Otaku ça semblait une éternité. Déjà que ça faisait une demi-heure qu'il roulait avant d'arriver ici, au bas mot. Il était inquiet pour son camarade qui n'était plus que sueur. Devait-il l'être également pour le jeune Asano ? Il voulait toujours le sauver mais, manifestement, il le haïssait…

- Que s'est-il passé ? Demanda l'autre Kotaro en poussant son fauteuil roulant jusqu'à eux.

- C'est Asano-kun qui l'a attaqué. Il a dû lui injecté un venin ou quelque chose du genre. Expliqua son employé.

- Apportez-le vite.

- On pourra le sauver ? Demanda Takebayashi.

- Oui, ne vous inquiétez pas. Dit l'handicapé. Emmenez-le. Ordonna-t-il.

Il fit un geste et le garde mena son fardeau sur une table d'opération. Là, Shiro entreprit de faire des prises de sang et de tester rapidement ses constantes avant de lui injecter un seul produit. Sous les yeux stupéfaits, mais aussi incroyablement rassuré, de l'Otaku, il vit Nagisa s'endormir. Il s'empressa de lui prendre la main alors que son visage se détendait et qu'il s'assouplissait.

- Avez-vous au moins récupéré les informations que vous alliez chercher ?

- Non. Mais je sais comment les récupérer.

- Bien, parce qu'il me tarde. Répondit le scientifique.

Il effleura une mèche bleue en souriant.