Note de moi : Salut tout le monde ! Oui, oui, je sais je suis méga à la bourre, mais j'ai des circonstances atténuantesoutre ma féniantise légendaire. Je vais pas vous raconter ma vie, mais sachez juste que j'ai quelques petits problème au boulot depuis quelques temps et cela me gache légèrement la vie, enfin la bonne nouvelle du mois, c'est que j'ai un chéri (enfin !) héhéhé
Sinon, j'aime beaucoup ce chapitre. Il me plait même plus que le chap 7, à vrai dire , j'espère que vous l'aimerez autant que moi et que rirez comme il m'a fait rire. Normalement, il aurait du être le dernier chapitre mais je me suis légèrement étalée, j'ai donc du couper. Paradis va donc continuer un peu, le chap 9 étant le denier cette fois. J'ai déjà commencé son écriture mais je ne vous promets pas de l'avoir vite, vu comme ça tourné la dernier fois. J'espère que vous remarquerez les efforts d'ortho que j'ai fait. Le "poteau rose" me reste encore en travers de la gorge, surtout que ma stupide cousine se fout de ma gueule à chaque fous qu'elle m'appelle ! grrrrr... J'ai mis le chap 7 corrigé, au fait. Pour le chap 8, ma béta a fait un travail extra, donc, il ne devrais pas y avoir de fautes ou du moins pas de grosses fautes.
Une fois Paradis terminer, j'aurais une nouvelle fic à vous proposer. Elle s'intitule "Propriété privée", c'est un slash Draco/Harry classé R et un défie de Umbre77. Pour l'instant, j'en ai que 4 chap, et le 5ème avance doucement. Voilà ! si vous voulez des nouvelles de mes autres fics, allez sur ma bio.
J'ai fait les RAR, oui, oui vous ne rêvez pas, j'ai bien répondu à toutes reviews. Les RAR sont dans le chap 1 Disclaimer, mais comme c'est un chap remplacé, il va falloir peut-être attendre un petit peu pour les lire.
Je vous fait un gros bisou à tous
Spéciale remerciements et dédicaces à ma chère bêta Drunette et à Umbre77
« Mais enfin qu'est-ce que ça signifie ?! » s'écria Côme en se levant d'un bond. « Draco ne me dit pas que tu crois les insinuations de ce san… de ton mari ?! Comme si ton parrain pouvait faire du mal à grand-mère ! »
Draco sortit de sa stupeur. Il lança un regard d'avertissement à son cousin. Celui-ci parut scandalisé que le blond soutienne Harry au lieu de sa famille.
« Côme, assis-toi. » ordonna sèchement son frère. « Il nous faut d'abord savoir tous les éléments de cette affaire avant de juger. »
« Je n'arrive pas à le croire ! Même toi, tu t'es laissé avoir par ce moins que rien ! Vous ne voyez donc pas qu'il cherche à nous diviser ! Il a déjà détruit notre famille une fois, cela ne vous suffit pas ? » siffla Côme. « Quand je pense que je vous admirais ! Vous êtes mes models ! Comment pouvez-vous me décevoir à ce point ? »
« Assis-toi ! » cingla Draco.
« Tu crois que je vais obéir au pantin d'un Sang-de-bourbe ! » cracha son cousin. « Finalement, vous vous valez bien ! Tu n'es pas mieux que... Aaaaahhhh !! »
Des racines venaient de percer la terre et d'emprisonner le jeune homme.
« Côme ! » s'écria son frère en s'élançant vers lui pour le délivrer.
Mais les racines le soulevèrent hors de sa portée, resserrant leur étreinte acérée autour du corps du sorcier. Plus ce dernier essayait de se libérer, plus ses entraves le comprimaient.
« Je vous déconseille vivement de bouger, Côme. Vous pourriez mourir étranglé. » avertit nonchalamment Harry.
Il jeta un coup d'œil neutre au prisonnier. Draco constata alors que les yeux de son mari étaient d'un vert très sombre.
« Draco, fait quelque chose ! » pria Conor, très inquiet pour son petit frère.
Voyant que son cousin était en train de se faire étrangler par les racines, le blond décida d'intervenir, bien qu'une petite voix très vengeresse lui soufflait de laisser faire.
« Harry, libère-le ! Il est en train de s'étouffer ! »
« C'est fort regrettable, mais je n'y peux rien. Je lui ai déjà dit de se tenir tranquille mais il n'en fait qu'à sa tête. Qu'il en subisse les conséquences. »
« Harry, il va mourir ! » s'exclama son mari.
Le brun eut un soupir agacé. Il se leva brusquement, se tourna vers Côme, le regard glacial.
« Côme, pour l'instant, je ne m'occupe pas de votre cas. Mais si vous voulez que je le fasse, continuez de me gêner. » prévint-il d'un ton coupant.
Tremblant de peur, le cousin de Draco cessa instantanément de gesticuler. Les racines desserrèrent leur étreinte.
« Asseyez-vous ! » ordonna-t-il à Conor et son mari.
Ceux-ci s'affalèrent très peu gracieusement dans leurs fauteuils respectifs, comme s'ils avaient été poussés par une onde magique.
« Que je n'ai plus à intervenir. » avertit Harry.
Sa voix était aussi coupante qu'une lame et ses yeux aussi impardonnables qu'un Avada. Et Draco tremblait. Comme si de rien n'était, le brun se rassit avec un calme bien plus inquiétant que la plus explosive des colères. Draco ne savait plus que penser. Etait-ce vraiment son mari ?
« Draco, suis-je seul ? »
Le blond sursauta. Il fixa le fauteuil où était installé son mari, dérouté. Il se souvenait très bien de cette question. C'est celle qu'il lui avait posée avant d'entrer dans la salle de bal, tout à l'heure. Il lui avait demandé son soutient, sa confiance. Et Harry les lui avait accordés sans limite. Maintenant, c'était à lui de porter foi en son époux.
Son époux…
Quelque soit son rôle, il en était pas moins son époux, son Harry. Et le Harry que Draco connaissait méritait toute sa confiance. Il eut un sourire serein.
« Tu n'es pas seul. » répondit-il tranquillement.
« Bien. » fit simplement Harry.
Mais Draco eut l'étrange impression qu'il venait de l'embrasser. Cela avait été à peine appuyé, mais il aurait reconnu les lèvres de son mari les yeux bandés. Il faudrait qu'il lui explique comment il faisait ça.
« Jonathan, installez-vous donc que l'on discute tranquillement. » proposa Harry, affable.
L'avocat ne bougea pas d'un pouce. Le premier instant de surprise passé, il s'était vite repris et recomposé un visage neutre. Seuls les coups d'oeils fréquents qu'il avait lancés aux membres de la famille Malefoy prouvaient son mal aise. Mais la scène à laquelle il venait d'assister lui montra bien vite qu'il n'aurait aucune aide de leur côté. Les deux seules personnes qui auraient pu intervenir en sa faveur étaient soit évanouies, soit ligotées.
« Vous ne voulez vraiment pas me faire ce plaisir ? » insista Harry d'une inflexion plus dure.
L'avocat s'assit avec réticence, ayant compris qu'il ne valait mieux pas croiser la baguette avec son interlocuteur.
« N'êtes-vous pas mieux ainsi ? » s'enquit aimablement Harry.
L'avocat ne répondit rien, se contentant de lui lancer un regard hostile.
« Bien, et si vous nous expliquez cette charmante tentative de meurtre ? » suggéra Harry comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.
« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. » affirma catégoriquement Hayes avec un froncement de sourcils perplexe très convainquant.
« Vraiment ? Alors il va falloir vous rafraîchir la mémoire. »
Des racines jaillirent du sol pour s'enrouler autour de Hayes.
« Qu'est-ce que… ? » paniqua l'avocat en tentant de se lever.
Mais bientôt, il finit paralysé par ses entraves. Il hurla à l'aide mais personne ne bougea. Pas même Draco qui décida de faire confiance jusqu'au bout à son mari. De tout façon, si son parrain était vraiment derrière tout ça, ce qu'il lui réservait était bien plus terrifiant que quelques lianes capricieuses !
Conor n'était pas très rassuré mais décida de faire confiance à son cousin. Quant à Côme, il s'était remis à gesticuler, dans le but visible d'aider l'avocat mais quand ses liens se resserrèrent autour de son cou, il se tint tranquille.
Dans un tourbillon, des pétales de cerisier s'amoncelèrent sur le côté jusqu'à former un gigantesque écran rose. Un pétale se déposa gracieusement sur le front du parrain de Draco. Elle luit et projeta une image sur l'écran. Jonathan Hayes et Reine Malefoy étaient en train de discuter vivement.
« Mais enfin, Reine, vous n'allez pas laisser Draco commettre deux fois la même erreur ! » s'exclamait l'avocat.
« Et que voulez-vous que je fasse ? Draco ne m'écoute plus ! J'ai tenté de le faire revenir à la raison et tout ce que j'y ai gagné, c'est d'être bannie de ma propre maison ! »
« Comment ? » s'ahurit l'avocat.
« Vous n'étiez donc pas au courrant ? Vous êtes bien le seul ! » ricana Mrs Malefoy avec amertume. « Draco m'a enjoint d'aller m'installer à Grindelwald Housse après le mariage de Conor. »
« On en est donc arrivés là ! » souffla Hayes, incrédule.
« Je crains bien que oui, mon cher ami. » se désola Mrs Malefoy.
On voyait qu'elle faisait un effort pour ne pas pleurer.
« Mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Tout est de ma faute. J'ai voulu perpétuer la plus ancienne tradition des familles de sang pur, en me voilant la face. »
« Comment ça ? »
« Bien sûr, en tant qu'homme vous ne la connaissez pas. C'est une tradition qui se transmet de mère en fille, à travers toutes les familles de sang pur. La loi du Velours. »
« La Loi du Velours ? »
« C'est un test que les douanières font passer à leurs brus pour juger de leur capacité à seconder leurs époux. Je l'ai fait passer à Harry et il a lamentablement échoué. Chaque fois que je contredisais l'un de ses ordres, il se contentait de m'envoyer un regard assassin avant de fuir. Jamais il n'a su imposer sa volonté. J'aurais cru que le Survivant aurait un peu plus de répondant que cela. Narcissa n'a mis qu'une semaine pour me reléguer à mon rôle de douanière. Lui, en un an il n'a pas gagné une seule fois contre moi. Au lieu de ça, il se défoulait sur Draco. J'en suis vite venue à la conclusion qu'il ne ferait jamais un bon époux pour mon petit-fils. »
« La suite des évènements vous a donné raison, Reine. » la soutint Hayes.
Mrs Malefoy eut un sourire triste.
« Non, mon cher ami. Avant le bal, j'ai repensé à cette période et je me suis rendue compte que j'avais fait énormément d'erreurs. La première de toutes étant d'avoir délibérément négligé le fait que Harry soit un homme. Seule les femmes connaissent cette Tradition. Harry l'ignorait et l'ignore toujours. Dans ce cas, comment aurait-il pu se défendre à arme égale ? De toutes mes épreuves, il n'y a vu que de la méchanceté et du rejet. Et il avait bien raison. Si j'avais réellement voulu lui laisser une chance, je lui aurais expliqué les règles dès le début. Or je n'ai rien dit. Je me suis contentée de le blesser… Tout ça parce qu'il est Harry Potter et qu'il a précipité la chute de mon fils. Je suis pathétique ! »
« Reine ne soyez pas si dure avec vous-même. Harry aussi a des tords. Lui non plus n'a pas fait d'efforts. »
La vieille dame secoua la tête.
« Non. S'il y a une chose que j'ai apprise sur Harry, aujourd'hui, c'est qu'il était loin d'être aussi sûr de lui que nous le pensions. Sur le plan magique, bien sûr, il ne doutait pas de ses capacités. Mais sur le plan affectif et relationnel, il était très peu sûr de lui. S'il ne me défiait jamais, ce n'était pas par manque de volonté, mais parce qu'il était persuadé que j'étais plus apte que lui à régenter le manoir. Ce n'était pas tant les ordres que je donnais qui l'irritaient mais ma manière de faire. Je suis même sûre que si je le lui avais demandé poliment au lieu de le mettre plus bas que terre, il m'aurait laissé mon rôle de maîtresse de maison avec joie. Je m'y suis très mal prise avec lui. Maintenant, j'en paie le prix. J'ai vraiment été stupide… »
Il y eut un long silence.
« Vous n'allez donc rien faire, même en sachant que Draco court à sa perte ? » soupira Hayes.
« Cela, seul le temps nous le dira. Mais si j'ai raison, alors je serais là pour mon petit-fils… Même s'il ne veut pas de mon aide. »
Il y eut un autre silence. Mrs Malefoy prit une profonde inspiration.
« Suis-je présentable ? » demanda-t-elle.
« Vous êtes parfaite, comme toujours, Reine. » lui assura l'avocat avec un sourire admiratif.
« Vil flatteur ! » rit la vieille dame.
« Mais je suis sincère ! » protesta Hayes, faussement dépité.
« Merci. » sourit Mrs Malefoy.
Elle soupira, son sourire s'étant éteint.
« Bien, je pense qu'il est l'heure. »
« De quoi donc ? »
« Allez proposer l'armistice à Harry. Je ne serais bientôt plus là, ce sera à lui de s'occuper du manoir. Je dois donc lui apprendre en très peu de temps toutes les ficelles du métier de maîtresse de maison. Et cela ne pourra se faire dans une ambiance de méfiance. Souhaitez-moi bonne chance, mon ami. Je crains que le Harry d'aujourd'hui ne soit pas aussi conciliant que celui d'autantt. »
« Reine, avez-vous conscience que Orthon ferait un bien meilleur mari pour Draco ? » soupira l'avocat.
« Oui. Mais Orthon ne détient pas son cœur. Nous devons tous enterrer nos rêves, Jonathan. »
« Bonne chance. »
Elle lui sourit et s'éloigna.
« Je suis désolé d'en arriver là, Reine. Mais vous ne me laissez pas le choix. » murmura le parrain de Draco.
Elle allait entrer dans la salle de bal quand Hayes lui jeta discrètement un sort. Un rayon violet, sortilège de contrôle mental. Hayes s'approcha lentement d'elle. Il se pencha sur son oreille et y murmura :
« Allez retrouver Harry. Essayez de lui faire entendre raison quant à son mariage avec Draco. S'il reste sur ses positions, tuez-le. »
Reine Malefoy hocha.
« Bien, allez ici, maintenant. »
« Espèce de pourriture ! » cracha Draco, sa baguette en main.
Au fur et à mesure du visionnage, sa colère avait augmenté d'un cran. Il ne pouvait plus se contenir. Il allait rosir ce sale traite, parrain ou pas ! Rogue et Remus tentèrent de l'arrêter mais c'était trop tard. Harry eut un petit soupir agacé. Décidément son mari était dur de la feuille !
Il tourbillon de pétale rose s'enroula autour de Draco et avant qu'il ne puisse se jeter sur son parrain, il fut transformer en fouine. Un silence de mort accueillit cette métamorphose. Harry fit venir le petit animal gesticulant et crachant à lui. Il le prit dans ses bras alors que son mari l'incendiait de cris indignés, de regards meurtriers et de coups de griffes acérés.
« Tu es vraiment trop mignon comme ça, Dray chéri. » sourit le brun.
Ce compliment lui valut d'autres piaffements, griffures et morsures. A cette heure, Draco regrettait vivement de n'avoir pas deux puissants bras pour étrangler son cher et tendre.
Pour le calmer, Harry lui embrassa le museau avant de lui gratouiller le ventre. Pour sa plus grande honte, Draco se mit à ronronner, appréciant grandement cette attention. Etalé de tout son long à travers les cuisses fermes de son mari, il était tout sauf digne et si loin de l'image du Chef intransigeant des Malefoy, qu'il valait mieux que sa grand-mère soit dans les vaps. L'oiseau du brun poussa un cri qui ressemblait étrangement à un ricanement, faisant échos à Ron qui se payait allègrement la tête du blond derrière son dos. Mais trop dans son monde de délice, la petite fouine remit sa terrible vengeance à plus tard.
Jonathan Hayes avait profité de cette malencontreuse diversion pour s'enfuir. Quand ils le constatèrent, ils ne purent que le déplorer.
« C'est pas vrai ! Tout ça c'est à cause de la fouine ! » reprocha Ron, furieux.
« Ronald Wea… ! » gronda Hermione.
Mais elle se tut aussitôt quand un tourbillon de pétale de fleur vint entourer son ami et qu'une belette apparut à la place où il était quelques instants plus tôt. Après un silence abasourdi, tous éclatèrent de rire.
« Eh bien, il est d'humeur joueuse. » dit Rogue en lança un regard de bais à Harry qui cajolait toujours la petite fouine.
La belette sauta rageusement sur son soi-disant ami, mais sa femme l'attrapa à temps. Quand elle se mit à le papouiller, il en remercia presque Harry. C'était divin !
« Harry, qu'est-ce qu'on va faire pour Hayes ? » demanda Remus.
« Je vais aller le débusquer ! » assura férocement Conor, sa baguette déjà en main.
« Ce ne sera pas nécessaire. Savez-vous quelle est la particularité d'un kekkai ? C'est que nul ne peut en sortir sans le consentement de son créateur ou sans l'avoir tué. Il n'est pas allé bien loin… Ah tiens, le voilà, justement. »
La terre se mit à trembler en crescendo jusqu'à ce que de grosses racines labourant le sol ne viennent vers eux à grande vitesse. Elles s'arrêtèrent net derrière le fauteuil qu'avait occupé l'avocat et y jetèrent un corps tremblant, couvert de sang. Jonathan Hayes n'avait plus rien de l'avoué sophistiqué et sûr de lui. L'élégante robe déchirée, les cheveux hirsutes, le corps tremblant de terreur, la bouche ballante et les yeux écarquillés, on aurait dit un animal traqué.
« Vous êtes vraiment très peu coopératif, maître Hayes. J'aurais pensé qu'un homme tel que vous aurez su où se trouvait son intérêt. Mais je vais vous donner une autre chance. Il vous suffit simplement de me dire qui est le cerveau de tout cette affaire et vous serez libre. Mais sachez que si vous vous obstinez, je serais beaucoup moins indulgent. »
« C'est mon neveu, Or… »
L'avocat explosa d'un coup, jetant une pluie de sang aux alentours. Un mur de pétales se dressa, protégeant Harry et ses compagnons des giclements. Un silence de plomb s'en suivit. Draco s'était même soustrait aux agréables cajoleries de son époux. Redressé sur ses pattes, il fixait le mur rose avec incrédulité. Ron, que Luna avait jeté par terre en se redressant, rouspétait vivement en se frottant le museau devenu un peu rouge.
« Côme ! » s'écria Conor alors que les racines libérèrent son frère. Ce dernier s'affala dans un fauteuil, un peu tremblant et semblant perdu.
« Je ne savez pas quel était votre lien avec Hayes, maintenant je le sais. Vous êtes de la même famille, bien évidemment. C'était la seule conclusion logique d'une telle ressemblance dans vos flux magiques. » dit tranquillement Harry, peu affecté par la mort atroce du parrain de Draco, alors que le mur de pétales se désagrégeait. « Allons, Orthon montrez-vous donc… mais peut-être que vous préféreriez que je vous y aide ? »
Incrédule, Draco tourna la tête si brusquement vers son mari que son cou craqua. Il ne se rendit pas compte tout de suite qu'il avait repris une apparence humaine.
Qu'est-ce qu'il disait ? Orthon, le paisible Orthon, était derrière tout ça ?! C'était impossible !
Pourtant, la personne qui apparut devant lui était bien celui qu'il avait projeté d'épouser après son divorce avec Harry. Terriblement élégant dans sa robe bleue pâle, le regard d'Orthon était lourd de dédain, très loin des yeux chaleureux qu'il arborait habituellement.
« Comment vous avez fait ? J'étais pourtant sûr d'avoir camouflé ma présence. » siffla le jeune homme.
« Oh, je dois reconnaître que j'ai eu un peu de mal à vous repérer. » lui confia Harry avec une petit sourire aimable. « Mais vous voyez, vous maîtrisez beaucoup moins bien votre pouvoir de marionnettiste que votre aïeul, feu Grindelwald. Lui ne se serait sûrement pas contenté d'un seul rempart. Cela a été votre première erreur. L'autre ayant été de manipuler un membre de votre famille. La ressemblance de vos flux magiques était un indice en soit. La seule raison pour laquelle je ne me suis pas directement attaqué à vous, c'était parce que Côme était toujours sous votre emprise. Mais pour tuer votre oncle tout en restant à couvert, vous avez été obligé de rompre votre emprise sur Côme. Voilà votre troisième erreur : manipuler trop de personnes à la fois pour vos capacités. »
Langester ne semblait pas démonté par ces révélations, ni d'avoir été démasqué, d'ailleurs.
« Pourquoi ? » demanda durement Draco, étant enfin revenu de sa surprise.
Le regard que lui lança Langester n'était pas moins qu'haineux.
« Comment peux-tu me demander ça ?! » cracha-t-il, le visage déformé par la rage. « Nous étions destinés l'un à l'autre ! J'ai été élevé dans l'optique de t'épouser un jour, d'être le parfait mari pour toi ! Tu avais beau ne pas me voir, toutes les Pansy Parkinson pouvaient dire ce qu'elles voulaient, tu pouvais changer d'amant comme de chapeaux, je savais qu'au bout du compte, tu serais à moi. Puis, tu es allé à cette soirée des anciens élèves à Poudlard, et plus rien n'a été pareil. Quand tu es parti au Japon, j'ai cru que cela te ferait du bien de t'éloigner d'ici, mais tu y es revenu avec lui… »
Il y avait tant de haine dans ce simple « Lui » que Draco se mit machinalement devant son mari pour le protéger.
« Tu veux me faire croire que tu m'attendais alors que tu es sorti avec Conor et bien d'autres. » ricana méchamment Draco.
« Il n'y a eu que Conor, et il ne s'est jamais rien passé avec lui. Les autres n'étaient que des racontars d'une certaine presse. »
« C'est vrai. » confirma son cousin. « C'était un accord tacite entre nous pour nous protéger des mères en quêtes d'époux pour leurs charmantes progénitures. »
« Tu vois. Quand je pense que j'ai gardé ma virginité pour une fouine racoleuse soumise à un sang-de-bourbe arriviste ! » cracha Langester, suprême de mépris.
Harry se leva et força son mari à s'installer dans le fauteuil qu'il venait de libérer.
« Amour, tu permets que je finisse ce que j'ai commencé ? » sourit le brun, en lui plantant un baiser sur le front.
Draco le détailla un instant et finit par donner son accord, comprenant que s'il ne voulait pas subir une autre humiliation, il valait mieux qu'il dise oui. Harry le récompensa d'un autre baiser, sur la bouche cette fois-ci.
« Oh, comment c'est mignon ! » cingla Langester. « Comment peux-tu te laisser embobiner par un homme qui ne s'est même pas battu pour toi ? Il s'est laissé influencer par tout le monde, sans jamais t'accorder sa confiance ! Et toi, tu le soutiens ! Je ne comprends pas ! Je ne te comprends ! »
« Comment pourriez-vous comprendre puisque vous n'avez jamais aimé que vous-même ? » rétorqua Harry en lui faisant face.
« Ne m'adresse pas la parole, détritus ! »
Langester lui jeta un sort que Harry ne fit même pas mine d'esquiver.
« Harry ! » s'alarma Draco en voulant secourir son mari, mais il se retrouva encastré dans son fauteuil.
Il eut un soupir de soulagement quand le sort tapa sur une barrière invisible. Il aurait du se douter que son puissant mari aurait une parade toute prête.
« Savez-vous pourquoi je les ai empêchés d'utiliser leurs baguettes depuis notre arrivée dans ce monde ? » s'enquit le brun.
Mais son adversaire ne l'écoutait pas. Il lui lançait tous les sorts de sa connaissance… Et ils étaient variés !
« Vous donnez votre langue au chat ?... Alors je vais vous le dire. Tout simplement parce que les arbres de ce monde détestent voir les cadavres de leurs frères si outrageusement souillés… Et ils peuvent être très cruels lorsqu'ils sont en colère. »
Draco comprit ce que le brun voulait dire en voyant d'énormes racines menaçantes se dresser dans le dos d'Orthon. Ceux-ci s'agrippèrent durement autour des membres du sorcier qui ne put qu'hurler sa rage et sa terreur. Avec une douceur extrême, une branche vint prendre la baguette d'Orthon, mais Draco était sûr que cette douceur était plus pour la baguette que pour le sorcier. Alors les racines tirèrent chacune dans un sens. Orthon poussa un cri inhumain qui fit trembler tous les sorciers, sauf Harry qui semblait totalement imperméable à la douleur de son rival.
Draco vit avec effarement le sorcier se diviser en trois. L'un était aussi transparent qu'un fantôme, l'autre était d'une laideur sans nom – on avait du mal à reconnaître le magnifique Orthon Langester en lui –, et le dernier n'avait pas changé d'apparence. Tous trois semblaient partager la même souffrance. Une douleur visiblement insupportable.
D'un coup, les trois Orthon furent emportés dans des directions différentes à très vive allure. Ils se firent chacun avalés par trois gigantesque cerisiers à l'écorce aussi blanche qu'un pelage de cygne.
Puis, le silence reprit ses droits.
Alors seulement, le champ d'arbres laissa lentement place à la terrasse du manoir Malefoy. Mais ils étaient toujours dans la dimension de Harry.
« Ha-Harry… q-que… ? » fut tout ce que réussit à articuler Hermione.
« Son corps, son âme et son esprit ont été séparés et servis en offrande aux cerisiers blancs. » répondit simplement le brun, avant de se pencher et de déposer un baiser sur le sommet du crâne de son mari. « Ils y resteront prisonniers jusqu'à la fin de sa vie d'homme, alimentant le pouvoir des cerisiers. »
Il y eut un long silence où tous dévisagèrent Harry avec horreur.
« Je ne pardonne pas facilement le mal que l'on fait à ceux que j'aime. » dit Harry.
Ce n'était pas une justification à son acte, mais une simple constatation plus proche de l'avertissement que du remord. Côme, qui avait parfaitement compris le message, blêmit davantage.
« Harry, rappelez-moi de ne jamais être votre ennemi. » finit par grimacer Conor en soutenant son frère.
« Y a-t-il une raison particulière qui devrait faire de vous mon ennemi ? » s'enquit le brun, affable.
« Lucifer merci, aucune ! » souffla de soulagement le cousin de Draco.
Cela détendit un peu l'atmosphère.
« Alors vous n'avez strictement rien à craindre. » sourit gentiment Harry. « Ce dont ne peut se venter votre frère, ici présent. »
Côme blêmit un peu plus, alors que les regards se braquèrent vers lui.
« Qu'est-ce que tu as encore fait, Côme ? » cingla aussitôt Conor.
Son ton sec dissimulait mal son inquiétude. Vu la démonstration que venait de faire le mari de son cousin, il ne voulait pas que son frère se trouve dans sa ligne de mire.
« J-je… je… » balbutia son frère, se recroquevillant sur lui-même.
« Il a été raconter des bobards que même un enfant ne croirait pas. » intervint Draco.
« Est-ce un reproche ? » demanda Harry à son mari.
« Franchement, Harry, je pensais que tu me connaissais suffisamment pour savoir que jamais je ne tolèrerais que mon mari porte des choses offertes à un autre, auparavant. Mes cadeaux ont toujours été et seront toujours du neuf, créés spécialement pour toi. »
« Je suis désolé. » s'excusa Harry en l'embrassant, alors que les autres levaient les yeux au ciel devant tant de misogynie. « Je ne le ferais plus. »
« Tu as intérêt, homme. » avertit Draco, faussement grondant.
« Pour en revenir à vous, Côme, sachez que je ne vous ferais rien de répréhensible. Remerciez-en votre famille qui vous aime tendrement et dont je ne veux pas causer la peine. Mais sachez que je n'oublie pas. Tôt ou tard, il vous sera rendu ce que vous avez si généreusement donné. » prévint Harry, d'un ton glacial.
Côme se recroquevilla un peu plus sur lui-même, lançant un regard implorant vers Draco qui ne répondit pas à son appel à l'aide. Il le méritait. Mais en voyant le visage soulagé de son cousin et de sa grand-mère –qui s'était réveillée juste à temps pour voir la fin d'Orthon –, il fut heureux que Harry ne lui réserve pas le même sort qu'à Orthon… quoiqu'il se demandait s'ils devaient vraiment en être soulagé… « Tôt ou tard, il vous sera rendu ce que vous avez si généreusement donné. » Voilà une phrase qui donnait à méditer.
« Potter, qu'allons-nous faire pour expliquer la disparition de Hayes et Langester ? J'espère que vous y avez réfléchi. C'est bien beau de se venger, mais on se retrouve avec deux morts sur les bras. Et il est évident que nous ne pouvons être impliqués dans leur soudaine disparition. » intervint Rogue.
« Ne vous inquiétez pas. C'est déjà réglé. J'ai modifié la mémoire des invités pour qu'ils oublient leurs présences, ce soir. Orthon Langester et Jonathan Hayes ne sont jamais venus à cette fête. L'un pour cause de jalousie, l'autre pour des raisons professionnelles. Toutes les preuves étayant cette version ont été mises en place. Les seuls à connaître la véritable version sont sur cette terrasse. Inutile donc de vous prévenir qu'à la moindre rumeur douteuse se rapprochant de la vérité, je m'occuperais personnellement du responsable. »
« Euh, Harry, prends pas cet air-là. Tu fait peur, mec ! » grimaça Ron, aussi pâle que les autres sorciers.
« C'est parce que je ne plaisante pas, Ron. Langester a eu raison sur une chose. Il y a trois ans, j'ai laissé trop de choses se mettre entre Draco et moi. Dans ma volonté de respecter la vie privée de chacun, je n'ai jamais utilisé les moyens à ma disposition pour vérifier certains dires. J'ai payé cette bonne conscience trop chère pour la rééditer. Cette fois-ci, je veux que tout le monde comprenne le risque à intervenir à tord et à travers dans nos vies. Si notre couple doit se séparer, je veux que se soit de notre fait et non parce que telle ou telle personne y aura mis son grain de sel. »
Côme blêmit un plus si c'était possible et fit un pas en arrière quand le regard glacial de Harry plongea dans le sien.
« Comment avez-vous pu modifier la mémoire de tout le monde ? Ce n'est pas quelque chose à la porter du premier imbécile venu. » intervint Rogue, intrigué, devançant Hermione qui s'apprêtait à poser la même question.
Lui ne semblait pas bien impressionné par la petite mise au point de son ex-élève.
« C'est très facile, je vous l'assure… quand on sait comment faire et que l'on possède la volonté suffisante pour s'imposer à celle des autres, bien sûr. » répondit Harry, légèrement moqueur.
Le professeur grogna quelque chose sur les importables gamins qui se croyaient plus malins que tout le monde. Ce qui lui valut un regard noir de Draco.
« Reine, j'ai pris la liberté de renvoyer tout le monde. » dit Harry en se tournant vers la vieille dame. « Je pense que nous avons eu suffisamment d'émotions pour la soirée, sans avoir à supporter une longue réception. Mais ne vous inquiétez pas, tous gardent un souvenir agréable de la fête. »
Celle-ci hocha la tête, n'osant le regarder en face. Elle avait l'air si vulnérable à cet instant que Draco dut combattre sa nature pour ne pas la prendre dans ses bras. Et puis, Conor était déjà près d'elle. Côme s'était aussi approché d'elle, mais visible plus pour avoir du soutient qu'en donner.
« Si tout est réglé, je pense qu'il est tant d'aller se coucher. » déclara Draco.
« Mais oui, c'est ça, jette-nous dehors ! » dit Ron, faussement indigné.
« Je pensais pousser l'hospitalité jusqu'à vous proposer une chambre où passer la nuit, mais je ne voudrais pas détruire la si merveilleuse image que tu as de moi, Weasley. » répliqua le blond.
« Ca suffit, vous deux, ou je vous redonne vos fourrures ! » menaça Harry, agitant un doigt grondant sous leur nez.
« Espèce de traître ! » s'écrièrent Draco et Ron.
Tout le monde éclata de rire devant leur mine déconfite. Harry enleva son kekkai et ils quittèrent la terrasse.
« Il n'y a vraiment plus personne ! » souffla Hermione, impressionnée, balayant la grande salle vide où seuls quelques elfes de maison s'affairaient pour tout remettre au propre. « Harry, il faut absolument que tu m'expliques comment faire. »
« Grand-mère, je vous raccompagne à votre chambre. » proposa Conor en tendant le bras à la vieille dame.
Côme était déjà monté ce coucher, pressé de mettre plus de distance possible entre Harry et lui.
« Harry, tu montres leur chambre à tes amis pendant que j'installe Severus ? » suggéra Draco.
« Bien sûr. Suivez-moi. » dit le brun pour ses amis, en poussant le fauteuil de Remus.
« Je suppose qu'une chambre prés de celle de Lupin serait la bienvenue ? » demanda narquoisement Draco à son ex-professeur.
« Mêlez-vous de vos affaires ! » assena Rogue, glacial.
Le blond haussa un sourcil, pas plus impressionné que ça.
« Mais cela ne me dérange pas d'avoir une chambre communicante à celle de Lupin. » ajouta Rogue d'un ton se voulant désinvolte.
Draco éclata de rire, en secouant la tête.
« Cela fait plaisir de vous entendre rire à nouveau. » dit Rogue.
Draco parut surpris, puis il fit un sourire rayonnant à son vis-à-vis.
« Je suis heureux. » déclara-t-il, comme si cela expliquait tout. « Faites tout de même attention. Si jamais vous faites souffrir Remus, Harry vous détruira… et je ne ferais rien pour l'en empêcher. »
« Quel bonheur de se sentir si appuyé ! » dit sarcastiquement Rogue. « Mais mes intentions ne sont pas de faire souffrir Lupin… du moins pas dans le sens où vous l'entendez… »
« N'en dites pas plus ! » s'écria Draco en se bouchant les oreilles.
« Draco, je suis dans le regret de vous avouer que l'immaturité légendaire des Gryffondor a déteint sur vous. » dit sobrement son ancien professeur.
Pour tout réponse, il eut une langue puérilement tirée, ce qui confirma sa théorie.
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En voyant une moue agacée déformer le coin de la bouche de Harry, Draco comprit qu'il allait devoir se faire pardonner.
« Désolé. J'ai un peu discuté avec Rogue et je n'ai pas vu le temps passer. » expliqua-t-il en prenant son mari dans ses bras.
« Laisse-moi tranquille, espèce de scroutt ! Retourne donc papoter de potions avec la chauve-souris ! Je veux dormir ! » bougonna Harry en se débattant.
« Tu ne crois tout de même pas que je vais te laisser dormir avec trois longues années de devoir conjugal à rattraper ? Tu es d'une naïveté étonnante parfois, petit lion ! »
« T'avais pas l'air si pressé que ça de les rattraper, ces trois années ! » siffla Harry en le repoussant.
« Laisse-moi te prouver à quel point tu as tord. » souffla Draco.
Avant que Harry ait le temps de protester, son mari l'embrassait avec une ferveur contagieuse. Ses mains chaudes coururent sur ses fesses provoquant des tumultes de sensations violentes chez le brun. Il laissa s'échapper un soupir béat, incapable de lutter contre la vague de désir qui montait en lui. Draco avait se pouvoir sur lui.
Cependant, un petit billywig vint s'immiscer dans sa bulle de bonheur, et prit un malin plaisir à l'éclater de son dard empoisonné. Harry s'arracha soudain aux lèvres chaudes et humides de son mari, pour le fixer avec une certaine froideur, fouillant son visage comme s'il cherchait la réponse à une question essentielle. Bien qu'interloqué, Draco se soumit à cet examen, sans broncher, attendant que son lion indomptable lui explique la raison de sa soudaine colère.
« Tu as couché avec Langester ? » demanda enfin Harry, après un long moment.
C'est donc ça, soupira intérieurement Draco qui s'était déjà imaginé le pire.
Après la première seconde de soulagement passée, il fut assez content de voir son mari envahi par la jalousie.
« Pourquoi mets-tu ça sur le tapis maintenant ? »
« C'est moi qui pose les questions ! » assena Harry en interchangeant leur position d'un coup de rein.
Il cloua Draco au lit, aidé de sa magie crépitante dans l'air. Bien que dérouté, Draco n'en laissa rien paraître.
« Non. Orthon l'a dit lui-même. » répondit-il simplement, en voulant l'embrasser à nouveau.
Mais, Harry n'en avait apparemment pas fini.
« Il a dit qu'il avait conservé sa virginité pour toi, pas que tu ne l'avais pas prise. »
« Je ne l'ai pas prise. » assura fermement Draco.
« Mais tu en as eu envie. » poursuivit Harry.
Le regard de Draco s'assombrit, se souvenant du désir qu'il avait ressenti pour Orthon quand ils étaient sur son yacht, à San Sauge.
« Oui. »
Ce ne fut visiblement pas la bonne réponse. Vengeur, Harry lui tira les cheveux jusqu'à ce qu'il esquisse une grimace de douleur. Mais Draco ne se libéra pas de la poigne de son mari.
« Mais cela n'est arrivé qu'une fois et j'ai vite eu l'impression de te trahir. » répondit simplement Draco en plongeant son regard argent dans le sien.
« Cela ne t'as pas empêché de vouloir divorcer pour l'épouser ! » cingla Harry, définitivement sous l'emprise du démon de la jalousie.
« C'est faux ! »
Harry lui lança un regard si terrifiant que Draco se glaça. Les yeux de son mari étaient devenus plus sombres, presque noirs… comme ceux de Lui…
« Je te conseille vivement de ne pas me mentir, Draco, car je sais la vérité. » murmura le brun d'une voix aussi chaleureuse qu'un sortilège de congélation.
Surmontant son trouble, Draco plongea son regard dans celui de son époux, avant de répondre d'une voix teintée de sincérité.
« Je dis la vérité. »
La poigne de Harry se fit plus dure dans ses cheveux. Draco grimaça mais ne le lâcha pas des yeux.
« Explique-toi ! » ordonna sèchement le brun.
« Je n'ai pas voulu divorcer pour épouser Orthon, mais pour me libérer de cet amour dévorant que j'éprouve pour toi. Tu me manquais tellement… La seule façon que j'ai trouvé pour ne pas devenir fou, c'était de me convaincre que je ne t'aimais plus. Mais à chaque fois que je voyais un homme brun aux cheveux en bataille, mon cœur battait plus vite. Je ne pouvais alors que penser à toi et tout remontait à la surface. A ces moments-là, j'avais tellement mal que je souhaitais mourir pour ne plus rien ressentir… J'haïssais ce pouvoir que tu avais sur moi. Je voulais me débarrassais de cet amour, me convaincre que je n'avais plus besoin de toi, comme toi tu ne semblais plus avoir besoin de moi. J'espérais qu'épouser un autre, m'y aiderait… Mais je me suis trompé. Il a simplement fallu que je te revoie pour être à nouveau sous ton charme… »
La pression sur son cuir chevelu diminua un peu. Son mari l'écoutait avec une vive attention et ses yeux brillaient tant que le brûlait. Draco ferma les yeux un instant avant de reprendre, fixant de nouveau son mari. Cela lui demandait beaucoup d'effort de se dévoiler ainsi.
« Harry, tu ne te rends pas compte à quel point je t'aime… Le verbe « aimer » n'est même pas assez fort pour contenir tout ce que je ressens pour toi, mais c'est celui qui s'en reproche le plus, alors je le conjugue qu'à une seule personne, au présent, au passé et au futur… cette personne c'est toi… toujours toi… rien que toi… Je ne nie pas avoir éprouvé du désir pour Orthon à un moment. Mais jamais je ne l'ai touché. Pas de cette manière, du moins… parce que se serait te trahir, te perdre définitivement… et malgré tous mes efforts pour m'en persuader, je ne veux pas te perdre… tu es le seul que j'ai envie de regarder… »
Il le dévisagea intensément, comme pour faire passer par ses yeux tout l'amour qu'il éprouvait pour lui.
« … de toucher… »
Doucement, comme pour ne pas l'effaroucher, il lui caressa lentement le dos de la main. Il vit le regard de son mari vaciller, alors qu'il se pencher légèrement sur lui.
« … de goûter… »
Il passa langoureusement la langue sur l'avant-bras du brun, seule partie de son corps lui étant accessible pour l'instant. La caresse arracha un petit soupir de plaisir au brun. Draco eut un léger sourire tendre.
« … d'écouter… »
Il huma l'air comme pour aspirer en lui toutes les senteurs de son époux.
« … de sentir… »
Il lui caressa tendrement la joue.
« Parce que tu es mon mari… mon valéon… » acheva-t-il dans un murmure à peine audible.
Quelque chose explosa dans les yeux de Harry. Si bien que Draco eut l'impression qu'un feu d'artifice vert avait éclatée dans son champ de vision. Son ciel était devenu émeraude et cela lui convenait parfaitement.
Mais bientôt, il se noya. Harry l'embrassait.
Le brun laissa échapper un petit soupir de contentement. Il relâcha la pression de ses mains sur les mèches blondes de son mari.
« Je t'aime. » confessa-t-il contre la bouche de Draco.
« Si j'en doutais encore, ta féroce jalousie vient de m'en convaincre ! » grimaça le blond en vérifiant qu'il avait toujours des cheveux.
Le rouge envahit les joues de son époux. Il fit une moue d'excuse n'osant rencontrer le regard de Draco. Il n'arrivait pas à comprendre comment ce petit blondinet, certes incroyablement sexy mais ayant un caractère hyper pourri, pouvait lui faire perdre la raison si rapidement. Avec lui, il n'arrivait jamais à rester indifférent.
Draco éclata de rire devant la gêne évidente du brun, avant de soulever le visage de son mari de façon à ce que leurs yeux se rencontrent. Il lui dévora les lèvres d'un baiser vorace, punition pour son comportement. Châtiment que Harry accepta avec complaisance. Pendant quelques instants, le silence ne fut interrompu que par les souffles mêlés et leurs gémissements rauques.
« Depuis que je sais que tu voulais divorcer pour l'épouser, j'ai imaginé des tas de choses, tu sais. » confessa Harry d'une petite voix, alors que Draco semblait fort intéressé par le lobe de son oreille. « Je crois que si je t'avais eu en face de moi au moment où Urfless Blass me l'a appris, je t'aurais tué. »
« Je suis en compagnie du seul homme capable de me satisfaire. » murmura son mari à son oreille, alors que sa main descendait lentement le long du dos de Harry, arrachant à celui-ci un petit cri de plaisir. « Pourquoi me contenterais-je de moins ? »
« Cela fait trois ans que nous sommes séparés, Draco. Trois ans… c'est long pour un homme. »
A ces mots, Draco se figea. Il abandonna son oreille pour fixer son mari, le visage impassible.
Long pour un homme ?
Est-ce que ça voulait dire que cela avait été trop long pour Harry ? Le Prince des Enfers lui avait dit que son mari n'avait pas couché avec Mister Vélane, mais cela ne signifiait pas qu'il n'avait pas eu de relations avec d'autres hommes. C'était à son tour d'être tenaillé par le démon de la jalousie.
« M'as-tu été infidèle ? » demanda-t-il à brûle-pourpoint.
« Jamais de la vie. »
Au regard outré que lui lança son petit lion, Draco comprit qu'il disait la vérité. Contrôlant difficilement le soulagement qui fit chavirer son cœur, il dit d'une voix qui se voulait désinvolte :
« Alors pourquoi parlons-nous de ça ? »
Ils se turent en effet et n'émirent plus que des soupirs ponctuant un ballet de caresses enfiévrées. Ils firent l'amour avec passion, presque sauvagement, voulant marquer l'autre de leur emprunte respective, de le faire totalement sien.
C'est comme si on m'avait jeté un sort, songea Harry un long moment plus tard, blotti entre les bras protecteurs de son mari.
Sa joue reposait sur son épaule musclée et ses doigts jouaient tendrement avec les quelques boucles blondes qui recouvraient son torse magnifique. Comme il se sentait bien ! Il n'y avait que dans les bras de Draco qu'il éprouvait une telle plénitude. Il avait l'impression d'être enfin arrivé à bon port, d'être là où il devait être. Il ne tarda pas à s'endormir, un sourire heureux aux lèvres.
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Ils se réveillèrent en même temps et prirent leur douche ensemble. Douche qui dura plus que de raison, Draco voulant montrer à son mari à quelque point il lui avait manqué. Mari qui, soit dit en passant, ne fut pas en reste…
Quand ils quittèrent enfin leur chambre, il était midi passé. Dans la salle à manger réservée au déjeuner, seuls Conor, son fiancé, Remus, Rogue et les Weasley étaient déjà attablés.
Les autres convives étaient partis depuis longtemps, devoir professionnel (Hermione) ou familial (Les Londubat) les appelant.
La grand-mère de Draco était souffrante. Des maux de tête, séquelles de l'emprise de Langester, la clouée au lit. Selon le médicomage, un peu de repos suffirait à la remettre sur pieds.
Quant à Côme, personne ne l'avait vu. Il serait sorti très tôt dans la matinée et ne serait toujours pas rentré.
Harry alla embrasser son oncle sur la joue, notant le teint éclatant de celui-ci sous les attentions plus que marquées de Rogue à son égard.
C'est vraiment la grande offensive de charme, songea le brun, amusé.
Avisant son petit sourire, Remus lui adressa un regard qui signifiait clairement que toute remarque serait fort mal venue.
C'était tout de même un peu dérangeant de voir son ancien professeur de Potions si attentionné. Oh, il n'était pas plus démonstratif qu'à l'accoutume, mais il y avait certains gestes, certains regards, sans équivoque.
Ce n'était pas vraiment la personne à laquelle Harry aurait pensé pour sortir Remus de sa vie de moine. Mais tant qu'il le rendait heureux, Rogue avait tout son aval. Et heureux, son oncle l'était incontestablement. Harry le voyait à ses yeux brillants, mais surtout, à l'aura rayonnante de sa magie.
« Eh bien, pour des hôtes, je vous trouve bien négligeant. » rouspéta Ron, un coup d'œil appuyé à sa montre.
« Pour un invité, je te trouve bien envahissant. » riposta Draco, en tirant la chaise pour son mari.
« Ça suffit, les petits, sinon, je sévis. » intervint Harry, jouant nonchalamment avec sa baguette.
Les deux chamailleurs déglutirent et se tinrent à carreaux. Les autres se moquèrent plus ou moins ouvertement d'eux, peu impressionnés par les regards assassins dont ils étaient l'objet.
« Draco, je ne vais jamais pouvoir manger tout ça ! » protesta Harry, avisant la tonne de nourriture que son cher mari avait disposée dans son assiette.
« Tu as perdu du poids ! Je ne veux pas d'une baguette pour époux. »
Harry plissa dangereusement des yeux.
« Ce n'est pas ce que tu disais cette nuit. » fustigea-t-il, boudeur.
« Grmph ! » s'étrangla Ron, dont les péripéties nuptiales de son meilleur ami n'étaient pas compatibles avec sa digestion.
Sa femme lui vint aussitôt en aide, lui donnant de puissantes tapes dans le dos, au risque de le projeter sur la table – heureusement que le rouquin avait l'habitude de la force surhumaine de Luna.
« Racontez-nous ça, Harry ! » le pria Calhoum, le fiancé de Conor, prépignant de curiosité.
« Cal ! »
Le cousin de Draco lui lança un coup réprobateur auquel son amant répondit par un sourire innocent.
« Par pitié, Potter, épargnez-nous les détails ! On ne vous a jamais appris la compassion ! » persifla Rogue qui se prit un coup de coude de Remus.
Harry haussa des épaules, toute son attention posée sur son mari.
« C'est plutôt de pudeur dont il semble manquer. » rectifia Draco, avec une grimace significative.
« Ca aussi, ça ne te dérangeait pas, la nuit dernière. Mais on réglera ça, plus tard. » promit-il d'une voix mielleuse.
« Ca va chauffer pour tes fesses, Malefoy. » commenta platement Luna.
Il y eut un silence choqué, tous regardant la jeune femme, ne sachant comment interpréter cette remarque.
« Voilà qui est remarquablement approprié ! » pouffa Calhoum.
Draco, lui, devint rêveur, songeant à ce qu'il ressentirait si Harry le prenait. Il n'avait jamais laissé personne le posséder, c'était une partie encore vierge de son anatomie. La seule en fait. Il fixa pensivement son mari, se disant qu'il était peut-être temps de lui offrir cette partie encore inexplorée de son corps. Ce serait un gage d'amour en plus.
Etrangement, cette idée ne heurta pas sa fierté légendaire. Si c'était avec Harry, il n'éprouvait pas de répulsion, mêlée de gêne, à être dominé. Au contraire, il se demandait avec une certaine lubricité comment ce serait d'être totalement empli de Harry. De sentir sa passion, sa puissance en lui…
« Malefoy, je ne sais pas à quoi tu penses, mais vu la tête de pervers que tu fais, je ne veux surtout pas le savoir. » bougonna Weasley.
A ces mots, Draco se reprit promptement. Il décocha un regard meurtrier au rouquin, alors qu'il était le point de mire de tous.
« Tant qu'il fait cette tête en pensant à moi, tout va bien ! » déclara Harry, en déposant un petit bisou au coin de la bouche de son mari.
« Merlin, cessez cela ! Je vais finir par croire que je suis entouré de Poufsouffles ! » grimaça Rogue.
« Regardez qui parle ! » rétorqua moqueusement Conor. « Lupin, es-tu bien installé ? Veux-tu un coussin ? N'as-tu pas trop froid ? » imita-t-il calquant à la perfection la voix glaciale de Rogue.
L'assemblée éclata de rire alors que le lycan rougissait abondamment. Les yeux de Rogue s'étrécirent jusqu'à devenir deux petites fentes assassines, mais cela ne sembla pas perturber outre mesure le cousin de Draco. Harry n'aurait pas cru Conor si doué en imitation… ni si téméraire !
Le sourire de Harry s'affaiblit quand il vit un elfe de maison porter une missive sur un petit plateau d'argent. Généralement, cela signifiait que l'entreprise familiale appelait son mari loin de lui.
« Si vous voulez bien m'excuser. » dit Draco en prenant le courrier.
Il le lut et eut une petite moue satisfaite.
Harry, qui le surveillait à la dérobée, eut le cœur pincé. C'était une réaction assez stupide. Ce n'était pas parce qu'ils venaient de se rabibocher que son mari allait cesser de travailler pour passer tout son temps avec lui. Il fallait bien gagner les galions que dépensait sans compter le clan !
D'une majestueuse plume verte noir, Draco écrit soigneusement sur le parchemin. Une fois fini, il posa le papier à côté de son époux.
« Tu veux bien signer ce document ? »
« Qu'est-ce que c'est ? » s'enquit Harry, curieux.
« Une demande de changement de nom. » répondit Draco, un peu nerveusement.
Harry fronça les sourcils.
« On a déjà eu cette conversation il y a quatre ans, il me semble. » dit-il un peu sèchement.
Hors de question d'abandonner le nom de son père. C'était une des rares choses qui lui restait de ses parents. Il pensait que Draco avait compris cela. Visiblement, il s'était trompé.
« Cela n'a strictement rien avoir avec ma première demande. » lui assura le blond avec empressement.
Les sourcils de Harry se froncèrent de méfiance.
« Tu essaye de me faire comprendre que tu veux abandonner ton nom pour prendre le mien. » suggéra-t-il, sceptique.
« Oui et non. »
Il eut un son étouffé du côte de Conor. Il fixait son cousin avec incrédulité.
« Draco, tu n'y penses pas ! » se récria-t-il.
Son couin ne lui prêta pas d'attention. Il avait les yeux rivés sur Harry.
« En fait, j'avais pensé à une association de nos deux nom… Harry et Draco Potter-Malefoy, ça sonne bien, non ? Qu'est-ce que tu en penses ? »
Le blond eut à peine le temps de voir les autres disparaître en des « pop » sonores, la nappe s'envoler emportant vaisselles et mets, qu'il fut étalé sur la table et coincé sous un corps brûlant. Harry l'embrassa passionnément, ondulant contre son ventre, l'excitant indéniablement. A cet instant, Draco se fichait pas mal de la disparition subite des autres sorciers, du désordre de la pièce.
« Ca veut dire que tu es d'accord ? » réussit-il à demander un long moment plus tard, quand son cou devint plus intéressant à dévorer que sa bouche.
Pour toute réponse, son mari fit voler ses vêtements d'un claquement de doigts et entreprit de lui faire perdre la tête de la plus délicieuse des manières.
Si ça voulait dire oui dans le jargon gryffondoresque, par Merlin, il se devait d'apprendre cette langue !
Tandis que les futur Messieurs Potter-Malefoy s'adonnaient à des activités plus brûlantes de minutes en minutes, le formulaire, source de tout ce feu, alla soigneusement se poser sur le buffet, la signature des deux futurs renommés se faisant de l'œil avec l'envie désespérée de s'unir comme le faisait leurs créateurs.
Mais qu'ils ne s'inquiétaient pas. Leur tour viendrait bientôt. Draco allait s'en assurer personnellement.
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« Rappelez-moi d'empoisonner ce fichu gamin dès que nous serons rentrés ! » siffla Rogue pataugeant lamentablement dans la magnifique fontaine du non moins magnifique jardin du plus magnifique encore manoir Malefoy.
Remus était le seul à avoir doucement atterri prés de la fontaine et pas dedans.
« Est-ce que ça va, Severus ? » s'enquit ce dernier, le coin de ses lèvres tremblotant suspicieusement.
Le maître des potions retint une réplique cinglante. Il était trempé jusqu'au os, tremblait de froid, marchait comme un troll ivre, s'empêtrait à chaque pas dans ses robes, et tout ça devant l'homme qu'il aimait. Est-ce qu'il avait l'air d'aller bien, franchement ? Il allait tuer ce maudit gosse, Survivant ou pas !
Quand il sortit enfin de la fontaine, il avait eu le temps de façonner divers plans d'assassinat. Il allait se sécher d'un coup de baguette lorsqu'il remarqua l'attention particulière dont il était l'objet. En effet, Remus ne le quittait pas des yeux, détaillant son torse moulé par le tissu trempé de sa robe noire avec… fièvre ?
Un lent sourire étira les lèvres jusqu'alors pincé de colère de Severus. Il allait peut-être remercier Potter, finalement.
Sans crier gare, il prit Remus dans ses bras et l'emporta vers le manoir, peu enclin à écouter ses contestations. Et comme Severus lui fermait le claquet d'un baiser à chaque fois qu'il faisait mine de se récrier, Remus protesta souvent.
Ils laissèrent sans remords derrière eux un Ron Weasley fou de rage qui injuriait copieusement son soi-disant meilleur ami ; un Calhoum très inspiré qui persuada sournoisement son futur mari de faire des choses pas très conventionnelles à la vu et au su de tous ; et une Luna toujours aussi diplomate qui tentait de calmer sans grand succès la statue de la fontaine, scandalisée de l'outrage dont elle était l'objet.
Mais très, très loin de se soucier d'eux, les futurs Messieurs Potter-Malefoy ravageaient la salle du déjeuner avec délectation.
A suivre...
