Et voilà le nouveau chapitre, plus rapidement comme je vous l'avais promis !!! Un grand merci à Poiroo, ma beta bien-aimé, qui a corrigé ce chapitre à la vitesse de l'éclair !
Et surtout .... Un, deux, trois .... BONNE ANNEE A TOUS !!!
On commence par l'habituelle réponse aux reviews !
Anders Andrew : Wow ... je crois que tu as battu ton propre record en matière de review !!! Sinon, si ça peut te rassurer, j'ai plutôt du mal aussi avec les scènes de viol, alors tu as peu de chances de me voir en écrire un jour dans une fanfiction ... Par contre je ne voyais pas Yuui tuer quelqu'un pour un minou, qui est certes adorable mais pas un être humain ... x3 Mais ne t'en fais pas, ce chapitre-là aussi a son lot de rebondissements !!!
Sanashiya : Bon, partir de le prison, je dis pas .... (après tout, j'ai promis un happy-end, non ? #sifflote#) . Mais je suis pas sûre que le mariage homosexuel entre dans les mœurs de la Grèce antique. Menfin, tu me diras, Yuui peut toujours essayer de se travestir ....x3
Sitatu : Un peu tard pour le joyeux nowel, mais bonne année à toi aussi ! Tous mes voeux de yaoi et de bonheur (et surtout de yaoi XD). Quant à la punition de Yuui .... ça viendra peut-être tôt ou tard, qui sait ?
Kuroxfyechan : T'inquiète pas, même si j'ai du mal à trouver de l'inspiration, je compte bien continuer jusqu'à la fin ! Je l'aime trop pour l'arrêter, cette petite fic !
Poiroo : Youhou ! Encore une review (et deux dans la soirée), j'en serai presque inquiète XD. Quant au portable ... ne remue pas la tronçonneuse dans la plaie TT_TT (mon bébé !!!). Quant au chapitre, je l'ai lu comme tu peux le voir XP (merci pour ta correction toujours aussi géniale !!!)
Ayu, Namine : Merci ! Et voilà la suite !!!
Quelques traces d'hydromel s'étaient déposées sur le rebord de la chope , posée au milieu de la table. Kurogane les essuya d'un air absent, l'esprit bien loin de cette cuisine qu'il occupait comme à son habitude. Une légère auréole en arc de cercle jaunâtre faisait sur la table un petit croissant de lune, collant et peu attrayant, mais il ne prit pas la peine d'y toucher. Il ne serait plus ici pour très longtemps, alors pourquoi se soucier de ce que les cuisinières pouvaient penser de lui ...
Il s'était écoulé moins d'une semaine depuis "l'incident", mais sa situation au cœur de la prison avait déjà considérablement empiré. De moins en moins de gorges s'asséchaient devant la seule férocité de son regard rougeoyant, et s'il continuait à amocher aussi régulièrement ses collègues qu'il l'avait fait durant cette semaine son cas serait probablement réglé d'ici la fin du mois ... D'une façon ou d'une autre.
Yuui allait devoir apprendre à se débrouiller sans lui. Kurogane rit légèrement à cette pensée. Bien sûr qu'il y parviendrait, c'est bien ce qu'il avait fait pendant des années avant qu'il n'arrive, non ? Et il commençait à se demander s'il n'avait pas apporté plus d'ennuis qu'autre chose à ce fichu blond ... Et c'était seulement maintenant, en réalisant qu'il risquait de ne plus jamais le revoir, qu'il s'apercevait ... Qu'il ne parvenait pas à y être indifférent.
Kurogane ferma les yeux un instant, repoussant la chope loin de lui. Depuis son incartade avec Théophane, Yuui, lui, s'était appliqué à se comporter comme si de rien n'était – si ce n'est qu'il se montrait un peu plus gai que d'habitude, ses sourires un peu plus forcés et surjoués que d'ordinaire. Il avait fermement refusé de donner un seul mot d'explication à Kurogane concernant ce qui avait bien pu se passer entre Théophane et lui. La seule chose qui était sûre, c'est que son visage revêtait toujours ce petit voile de haine mal dissimulée chaque fois que son nom tombait dans la conversation – ce qui n'arrivait pas fréquemment, et toujours de l'initiative de Kurogane.
Ainsi donc, le blond pouvait tenir une rancune tenace envers quelqu'un d'autre que lui même. A défaut de mieux, c'était toujours intéressant à savoir, supposa-t-il.
Des pas qui lui étaient maintenant familiers retentirent dans le couloir, et le garde retint un léger sourire. Il ne fallut pas longtemps pour qu'un grincement de porte ne se fasse entendre, suivi par quelques secondes de silence – le temps que la jeune fille identifie la silhouette qui lui tournait le dos, assise à la table du fond.
"Bonjour, Monsieur Kurogane. Cela faisait longtemps."
Kurogane se retourna, faisant face à la jeune Sakura, qui l'observait avec une pointe de curiosité.
"Quelques jours, seulement. Tu as l'air d'aller toujours aussi bien."
Ils continuèrent à discuter pendant quelques temps, tranquillement. La jeune princesse avait une présence agréable, et ils avaient pris l'habitude de parler le matin, lorsque Kurogane prenait son petit déjeuner. C'était un miracle qu'elle ne se soit pas encore fait démasquer par son père, à passer autant de temps dans cette prison ... Il commençait à s'interroger sur les liens qui unissaient le père et la fille, et l'intérêt que ce dernier lui portait ... Enfin, il n'avait pas vraiment d'affinités avec le paternel, lui-même. Pas après ce qu'il avait appris le concernant.
Le repas fini, Kurogane lui tendit son gobelet pour qu'elle s'occupe de la vaisselle – mais s'interrompit en plein mouvement. Il lui semblait avoir aperçu, l'espace d'un instant, un éclat de tissu blanc au-dessus de la main tendue de la jeune fille ...
Sakura, suivant son regard, recula tout de suite ; trop tard. L'attrapant fermement par la main, il retroussa sa manche – prenant soin de ne pas lui faire de mal. Le gobelet alla rouler sous la table, déjà oublié. Un bandage courait le long du poignet droit de la jeune fille, jusqu'à son coude. Kurogane lui prit la main pour l'étudier de plus près ; la faisant rougir instantanément. Vue de près, la blessure semblait assez mauvaise : à divers endroits, le bandage s'était teinté d'un rouge profond, signe qu'un peu de sang avait percé au travers.
"Que t'est-il arrivé ? Quelqu'un dans cette prison t'a agressée ?"
"Non, pas du tout !" Sakura secoua la tête avec force. "Je me suis montrée imprudente, c'est tout !"
Kurogane fronça les sourcils : une telle réponse n'était pas pour le convaincre. Il avait du mal à imaginer comment la jeune fille aurait pu se faire seule une blessure de ce type. Cette dernière sembla s'en apercevoir ; elle lui adressa aussitôt un sourire rassurant.
"Ne vous en faites pas. Personne n'a essayé de me faire de mal."
"Bien."
Cela pouvait paraître improbable, mais il savaitqu'il pouvait lui faire confiance. Bien sûr, il était évident qu'elle lui cachait quelque chose, mais rien qui ne puisse la mettre en danger.
"Je vais te croire pour l'instant. Mais en échange, tu dois accepter de passer un marché avec moi."
"Un marché ?" Sakura le dévisagea, intriguée.
"Si jamais les choses, pour une raison ou pour une autre, échappaient à ton contrôle, viens me chercher."
"Bien." Elle lui sourit, un large sourire chaleureux et sincère. "Je vous le promets."
Elle se pencha pour ramasser le gobelet. Au moins, elle avait l'air de penser ce qu'elle disait – c'était un heureux changement, en comparaison d'une certaine tête de mule à laquelle il avait l'habitude d'avoir à faire. Kurogane eut un léger sourire, tous les membres de cette famille n'étaient peut-être pas des cas si désespérés, finalement. Peut-être avait-il une vague chance d'aider le second ... celui qui lui donnait le plus de travail, mais pour qui c'était ... différent.
Yuui ne le salua pas lorsqu'il vint relever le garde en faction devant sa cellule: il ne prit même pas la peine de le regarder, restant assis tout au fond, à-demi caché dans l'obscurité.
Les ombres qui se peignaient sur son visage pâle lui donnaient un air lugubre, presque menaçant. Kurogane, l'observant en silence, mit le comportement du blond sur le compte de la fatigue. Depuis la réapparition de Cruzad et de Théophane, l'état de santé de Yuui s'était de nouveau peu à peu dégradé. Il regarda d'un oeil critique le sang caillé qui collait quelques mèches de cheveux ternis entre elles, ses vêtement défraîchis et tachés eux aussi. En bref, un bilan qui était loin d'être glorieux.
Kurogane poussa un soupir résigné. Dans les circonstances actuelles, il valait mieux éviter toute nouvelle escapade, surtout quand il s'agissait de choses au mieux à la limite du règlement de la prison. En particulier lorsqu'il risquait sa place – au mieux - si l'un des gardes avait le malheur de l'apercevoir. S'il n'avait jamais reculé une seule fois devant les risques ou le danger, il y avait tout de même un moment où un homme raisonnable devait apprendre à jeter les armes, pour sauver sa peau.
Le problème, c'est que Kurogane n'était pas un homme raisonnable.
Et puis, il n'avait pas vraiment le choix. Les petits yeux bleus pales et baissés du blond, couleur de ce ciel dont ils étaient privés depuis des années, avaient fini par le toucher bien plus que ce qu'il n'aurait dû autoriser. Moins ils dégageaient de rancune, plus ils semblaient perçants, comme une petite lame glaciale et persistante. Kurogane secoua la tête, irrité. S'il continuait ainsi, son cas n'allait pas tarder à être aussi désespéré que celui de Yuui.
"Je vais te ramener à la salle de bains ... " Il fouilla ses poches à la recherche des clés. "Dans l'état où tu es, ça ne peut pas te faire de mal. Au retour, on demandera à Sakura qu'elle te donne une nouvelle tunique, une dont on puisse au moins dire quelle était la couleur d'origine ..."
"Mauvaise idée." La voix de Yuui était aussi froide que le regard qui l'accompagnait.
"Oui, je sais, je vais avoir des ennuis, quelqu'un va nous voir et je vais devoir quitter mon poste ... Ce qui serait d'ailleurs, à la réflexion, la meilleur nouvelle qu'on m'ait annoncé dans les dernières semaines."
Kurogane ne portait pas grande attention à ses paroles, occupé à chercher la clé au milieu de la dizaine qui peuplait son trousseau. Bien sûr, Yuui avait oublié son mutisme à l'instant même où il s'agissait de lui faire la morale – mais le brun commençait à être habitué à ces réflexes surprotecteurs, au point de ne plus les considérer que comme un simple bruit de fond.
"Je t'aurai prévenu."
À cette dernière réplique, Kurogane se figea soudainement. Ça, ce n'était pas habituel ... Relevant la tête de son trousseau, il ne croisa que les yeux durs, indéchiffrables de Yuui qui soutenaient son regard. Il ne l'avait jamais vu avec une expression aussi fermée – du moins pas à son intention.
"Arrête un peu tes enfantillages. Ce n'est pas comme ça que tu arriveras à me convaincre."
Yuui pouvait bien changer de stratégie autant de fois qu'il le voudrait, lorsque le brun avait décidé quelque chose, il s'y tenait. Il ignorait quel nouveau caprice le blond avait en tête aujourd'hui, mais il finirait bien par lui passer tôt où tard.
Au moment de tourner la clef dans la serrure, pourtant, Kurogane fut traversé d'une pointe d'appréhension. Quelque chose le troublait, tout de même, dans ce comportement ... Peut-être le fait qu'il se montre aussi silencieux tout d'un coup, lui qui était d'habitude toujours si loquace ... Ou ce ton grave, qui changeait tellement du ton volontairement léger que Yuui s'aimait toujours à employer.
Un ton qu'il sentait annonciateur d'ennui.
Il entra cependant, et Yuui n'esquissa aucun geste inhabituel lorsqu'il vint s'occuper de ses chaînes, se contentant de tendre docilement les poignets. Il gémit lorsqu'il lui retira la seconde menotte ; Kurogane se pencha pour examiner son bras, à la recherche d'une écorchure plus profonde ou infectée.
Grave erreur.
Il eut à peine le temps d'apercevoir un mouvement rapide à sa droite, sa dague avait déjà quitté son fourreau, et avant qu'il ne puisse lui reprendre Yuui se tenait dos aux barreaux de la cellule, tenant la lame devant lui pour ôter à Kurogane l'envie de s'approcher.
"Ne pense même pas à me la reprendre ... Pas si tu tiens à la vie."
Préférant ne pas le contrarier tant qu'il avait encore une chance de l'avoir par la raison, Kurogane choisit de rester hors de portée.
"J'avoue que tu m'impressionnes sur ce coup-là : prétendre d'être blessé pour que je baisse ma garde ... Tu as dû en avoir un tas avec de tels talents d'acteur. Mais tu veux vraiment mesurer ta force avec la mienne ?" Kurogane tendit la main vers lui, paume ouverte, assez lentement pour qu'il ne croit pas à un geste hostile. "Rends-moi ça, avant qu'il n'arrive quelque chose qu'on regrettera tous les deux."
"Tous les deux ?" Yuui éclata de rire. "Il n'y aucun tous les deux. Seulement un foutu garde qui se trouve entre moi et la sortie depuis bien trop longtemps ... Une situation, qui heureusement, est en train de s'arranger ..."
Yuui fit un pas vers la porte encore ouverte - Kurogane l'intercepta, l'attrapant par le bras qui tenait le poignard. Se débattant comme un diable, il tenta de se dégager, mais le garde refusa de lâcher prise. Abandonnant la lutte, Yuui le fixa avec une expression de dégoût intense, haletant encore sous le coup de l'effort qu'il venait de fournir.
"Sois raisonnable, et lâche ça." Le brun le tenait fermement, sans le lâcher du regard. "Tu sais déjà que c'est peine perdue."
"JE NE SAIS RIEN !" Kurogane failli reculer d'un pas, surpris par l'explosion soudaine du prisonnier. Yuui ne tenta cependant aucun mouvement agressif, et le brun décida de desserrer un peu son poing – pas assez pour que le blond puisse se dégager, mais suffisamment pour tenter de lui faire rentrer dans le crâne qu'il n'était pas une menace.
Lorsque le blond poursuivit, pourtant, le ton haineux de sa voix n'avait pas faibli. "Je ne sais rien, Et toi non plus. Tu es là pour m'empêcher de faire ce que j'ai à faire, et moi j'ai une dette à payer. À quelqu'un de bien plus important qu'un des chiens du roi !"
"Un chien du roi, hein ?" Une pointe de mépris dans la voix du brun, les mots de Yuui semblaient l'avoir blessé. " J'ai pourtant ignoré mes ordres un paquet de fois pour te rendre service ... Qu'est-ce que tu voudrais, que je t'aide à sortir ? À enterrer ton frère ? " Il secoua lentement la tête. "Moi aussi, j'ai une promesse à tenir. Un devoir ..." Pour ne pas faire honte au nom de mon père.
La colère de Yuui retomba, et à la place une expression bien plus inquiétante vint se peindre sur son visage. Un large sourire glacial étira ses lèvres, donnant à ses yeux la lueur menaçante de ceux des oiseaux de proie.
"Alors remplis ton devoir, et meurs."
D'un mouvement vif, Yuui dégagea son bras et poignarda Kurogane. Une vague de douleur le submergea et il trébucha en arrière, se tenant l'épaule. Il se rattrapa au mur de justesse, luttant contre le vertige et la nausée pour tenter de retrouver Yuui dans son champ de vision.
Ce dernier lui sourit avec un calme délibéré, puis passa la porte pour partir en courant dans le couloir.
Il lui fallut encore quelques secondes pour réaliser pleinement ce qui venait de se passer.
"Le sale petit fils de p..."
Prenant appui sur le mur, Kurogane se stabilisa le temps de se fabriquer un bandage de fortune à l'aide d'un pan de sa tunique. La dague, qui avait frappé son épaule droite, ne semblait avoir causé aucun dommage sérieux, bien que l'hémorragie paraisse assez impressionnante ... En tout cas, rien qui ne puisse l'empêcher d'aller chercher Yuui par la peau des fesses pour le ramener à sa cellule.
Le bandage achevé, il se lança donc à sa poursuite. Ses jambes lui semblaient un peu plus molles qu'elles n'auraient dû l'être - sans compter son épaule qui le lançait à chaque tressautement – mais il se força à accélérer le pas. La douleur, il la connaissait, c'était une vieille ennemie qu'il avait depuis longtemps appris à apprivoiser : sur les champs de bataille, il avait continué le combat après avoir subi des dommages bien plus importants. Tant qu'il avait assez de sang dans le corps pour courir sans s'étaler au sol, tout allait aussi bien qu'il pouvait l'espérer.
Croisant le regard interrogateur de deux gardes en faction devant l'entrée d'un couloir, il passa devant eux sans s'arrêter. Yuui ne pouvait pas être bien loin ... Toute sa ruse et son habileté ne pouvaient guère compenser les carences physiques causées par ses conditions de vie, le rendant beaucoup moins endurant qu'un soldat entraîné et expérimenté ... Même blessé.
À peine avait-il achevé ces réflexions qu'il aperçut la silhouette de Yuui à l'angle d'un couloir. Ce dernier pressa le pas lorsqu'il s'aperçut qu'il le talonnait ; peine perdue : une poigne de fer enserra son épaule, le forçant à se retourner, et le poing de Kurogane l'atteignit en plein dans l'abdomen - l'envoyant s'écraser contre le mur le plus proche. La dague tomba au sol avec un bruit métallique, entre Yuui et Kurogane. Le blond leva vers lui un regard un peu hagard, encore sonné. Il se mit à genoux pour l'attraper, mais le pied de Kurogane s'écrasa sur l'arme, plus rapide.
"Tu pensais vraiment que j'allais te laisser faire aussi facilement ?"
Le garde dominait Yuui de toute sa stature, prêt à réagir au moindre mouvement agressif. Il n'y avait plus grand-chose qu'il puisse faire ... Il avait perdu. Le blond haussa les épaules, avant de se laisser retomber le long du mur - vaincu.
"Ça valait le coup d'essayer."
Prochain chapitre : Hum ... vous croyez pas que je vais gâcher un seul suspens avec une fichue bande-annonce, hein ?
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