Réponses aux commentaires :

LegolasKili : Je suis contente que ma fiction te plaise. Je voulais une héroïne un peu différente des autres, suffisamment forte sans être non plus trop masculine. Et apparemment c'est réussi. Elle est indépendante et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Une vraie femme de caractère ! Legolas devra s'y faire ! xD

Melanie : Oui, j'imagine. Mais je me suis doutée que cette phrase là serait amusante. Je me suis demandée : qu'est-ce que Gimli pourrait sortir comme connerie à ce moment là ? Et paf, c'est venu tout seul et je me suis marrée comme une tarée pendant dix minutes ! Voilà pour l'anecdote de l'auteur complètement tarée que je suis. -' Bref, tant mieux si l'histoire te plaît. =)

Guest : Génial, je ne sais pas si c'est le mot, mais si tu le penses, alors tant mieux. Et pour ne pas te décevoir, voilà la suite. =)

Shadows1399 : Et bah ! Si c'est pas de la passion ça ! Tant mieux si elle te plaît, mais n'oublier pas de respirer, hein ! ;) Voici donc la suite en espérant que je ne t'ai pas trop fait attendre. =)

aku696ten : J'essaye de rester un maximum fidèle à l'histoire originelle, tout en incorporant mon petit grain de sel. Pour ce qui est du personnage Arya, je me suis grandement basée sur ma personnalité et un peu de celle d'autres héroïnes que j'ai pu croiser dans d'autres livres. Et je pense pour ma part que le résultat est plutôt pas mal. Voici donc la suite. =)


Je vous souhaite à tous une bonne lecture et j'espère que ce chapitre vous plaira.

Je suis navrée si la durée entre chaque publication est longue, mais il n'est pas simple de conjuguer études et écriture.

Je vous promets cependant une chose, je n'abandonnerai pas cette histoire et irai jusqu'au bout ! =)


Chapitre 9

La complexité des émotions

~0~

J'ouvris les yeux sur un léger rayon de soleil, bien que ma tête me semblait être prête à exploser. Je refermai les yeux, ne supportant pas cet éclat de lumière qui me brûlait la rétine. A priori, j'étais allongée dans un lit, mais je n'avais pas vérifié.

Ce fut à ce moment que les souvenir me revinrent. La communauté de l'anneau, l'enlèvement, Fangorn, les loups sauvages, Wolf, le Rohan, Saroumane possédant mon esprit, la tempête... et puis plus rien. Je fis un effort pour rouvrir les yeux et tentai de me redresser. Apparemment je devais être dans une chambre dans la maison de Meduseld.

- Le moins qu'on puisse dire est que vous êtes puissante, fit une voix, attirant mon regard vers le côté du lit où se trouvait Gandalf, assis sur une chaise.

- Gandalf ? murmurai-je, détestant cette voix faible qui sortait de ma gorge.

- Oui, mon enfant, répondit-il. Vous nous avez fait une belle frayeur en vous effondrant ainsi, dit-il en se penchant vers moi. De quoi vous souvenez-vous ?

Je le regardai un moment, à la fois rassurée et gênée de le voir. C'était la première fois que mes pouvoirs me faisaient perdre conscience. Mais peut-être était-ce dû au combat avec Saroumane qui m'avait à la fois épuisée, et grandement blessée, psychiquement parlant.

- Je me souviens de mon combat contre Saroumane, de mes pouvoirs incontrôlables... et puis plus rien, avouai-je alors que j'entendis des jappements venant du couloir.

Wolf s'engouffra dans la chambre tel un ouragan et me sauta dessus, me léchant le visage. Je fus d'abord surprise, puis cette surprise laissa place au soulagement, et au rire. Wolf me chatouillait. Je le serrai contre moi avant de reporter mon attention sur Gandalf. Quand j'ouvris la bouche pour parler, quelqu'un entra dans la chambre.

- Arya... souffla une voix qui semblait ne pas y croire.

Legolas se tenait debout, sur le seuil de la porte. Il ne savait pas trop s'il pouvait entrer ou devait passer son chemin. Je restai neutre, ne savant moi-même pas trop si je voulais qu'il vienne auprès de moi ou si je voulais qu'il s'en aille. Ce fut Gandalf qui résolu mon dilemme en se levant pour laisser la place à Legolas, m'enjoignant du repos avant de partir.

- Comment allez-vous ? me demanda-t-il doucement en s'asseyant.

- Bien, je vous remercie... murmurai-je, le fixant du regard avant de détourner les yeux.

Le silence se fit alors lourd et gêné. Que dire à cet homme qui m'avait détruite et qui à présent semblait être là pour me sauver ? Je ne savais quoi faire, prise entre gratitude et rancœur. Voilà un choix bien difficile que je ne parvenais pas à faire.

- Bien... souffla-t-il avant de se lever. Reposez-vous, fit-il avant de s'en aller.

- Legolas ! l'appelai-je soudain alors qu'il arrivait au niveau de la porte. Je... merci... soufflai-je, surprise de l'avoir rappelé.

C'était comme si j'avais voulu le retenir, l'empêcher de partir, de m'abandonner. Il fit demi-tour et revint vers moi. Il se pencha sur moi et je sentis ses lèvres se poser sur mon front, juste à côté de la pierre elfique. Je me figeai de surprise et, quand il partit, cette fois je ne le retins pas. J'étais encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Venait-il vraiment de m'embrasser sur le front ? Et étais-je vraiment parcourue d'un frisson pas si désagréable que ça ? Non ! Ça ne pouvait pas être possible ! Certainement pas...

Je me laissai retomber sur le matelas, éreintée. Je fermai les yeux et ne fut réveillée que lorsque j'entendis de l'agitation venir des couloirs. Je me forçai à me lever, remarquant que je n'étais plus vêtue de mes vêtements de cuir souple. Je portais une chemise de nuit légère, blanche. Mes cheveux s'étaient défaits, je n'ose imaginer depuis combien de temps. La longue tresse qui les retenait auparavant étaient libres et cascadaient dans mon dos.

Après avoir mis une cape sur mes épaules pour me couvrir un peu, j'ouvris la porte pour voir plusieurs servantes courir dans les couloirs. Apparemment, deux enfants avaient été trouvés, ou étaient arrivés, je ne sais pas très bien. Je remontai le couloir, tombant finalement sur le hall où le roi siégeait sur son trône, Legolas était adossé à l'une des colonnes, près d'une table où ripaillait Gimli tandis qu'Aragorn fumait sa pipe, également assis. Gandalf se déplaçait, parlant au roi de choses que je ne comprenais pas, n'ayant pas assisté au début de la conversation.

Legolas m'aperçut le premier et vint à ma rencontre, passant mon bras sous le sien pour m'escorter jusqu'à la table où il me fit asseoir. Il s'assura que j'allais bien avant de retourner s'adosser à la colonne.

- Comment va notre magicienne en herbe ? s'enquit le roi en m'observant.

- Je suis confuse sire, je ne suis pas à proprement parler une magicienne, soufflai-je.

- Vous avez pourtant suivi un rude entraînement auprès de Saroumane il y a longtemps. Cela fait combien... quarante-sept ans ? tenta-t-il apparemment de se rappeler.

- Comment... commençai-je.

Theoden sembla se détendre, souriant légèrement. Je ne pouvais m'empêcher de me demander comment il avait su pour mon entraînement long et rigoureux auprès de mon mentor perdu.

- Je me souviens, petit, avoir vu une elfe chercher refuge pour une nuit à Meduseld. Elle disait venir d'Isengard et reprendre sa route le lendemain...

La compréhension se fit dans mon esprit. Le petit garçon qui courait partout dans le hall... C'était le fils du précédent roi. Je me rappelle l'avoir surveillé un long moment durant mon repas. Ce petit homme avait tellement la bougeotte, que pour soulager un peu les gouvernantes, je l'vais soulevé et installé sur mes genoux, lui racontant l'une des aventures de mes frères, Elladan et Elroir.

- Je me souviens à présent, majesté. Vous étiez turbulent à cette époque, et pas plus haut que trois pommes. Les gouvernantes ne cessaient de se plaindre et je vous avais raconté les aventures de mes frères pour vous occuper un moment... dis-je en souriant. Cela m'avait échappé... J'essaye d'oublier ces années en Isengard...

Aragorn, Legolas et Gimli semblèrent surpris. Ce n'était pas étonnant à vrai dire. Jamais je n'avais raconté mon apprentissage en Isengard. Gandalf le savait pour m'avoir si souvent rendu visite, mais lui non plus n'en avait jamais parlé. Je savais que lorsque je serais de nouveau seule avec mes compagnons, je serais submergée de questions sur le pourquoi du comment.

- Le Rohan doit se préparer à combattre, reprit alors Gandalf après cet intermède entre Theoden et moi. Envoyez des messagers demander de l'aide.

- Et qui répondra... les elfes ? fit-il en faisant un mouvement de tête vers Legolas. Les nains ? (cette fois il regarda Gimli. Non Gandalf, décréta-t-il. Je ne risquerai pas une guerre ouverte !

- Elle est pourtant déclarée ! intervint Aragorn. Que vous le vouliez ou non... ajouta-t-il.

- Aux dernières nouvelles, c'était Theoden, et non Aragorn, le roi du Rohan, riposta Theoden violemment.

Je me levai alors lentement et tanguai. Legolas se précipita vers moi pour m'aider à me tenir droite. Je lui en fus reconnaissante et me tournai vers le roi, le bras de Legolas enserrant ma taille pour m'empêcher de basculer d'un côté ou de l'autre.

- Majesté, commençai-je doucement. L'avenir est sombre... Lorsque j'apprenais auprès de Saroumane, je fis malheureusement une erreur qui aurait pu causer ma mort immédiate, annonçai-je. La Palentir, une pierre dangereuse car n'importe qui peut voir à travers, me révéla les plans noirs de Sauron. J'ignore ce qui le terrifia en moi, continuai-je. Mais une chose est sûre, il cherchera à détruire les hommes, les elfes... tous ceux qui le menacent...

- Vous ne m'avez jamais parlé de cela, souffla Gandalf.

- Pour vous dire quoi, Mithrandir ? Que ma mort était presque certaine ? Que je mourrai dans d'atroce souffrances parce que je suis... quoi d'ailleurs ? débitai-je, incapable de m'arrêter. Je sais ce qui m'attend, Gandalf. Je l'ai accepté malgré la difficulté. Je ne suis pas ce que j'ai pensé être toute mon existence. Pourrez-vous me le dire, vous ? terminai-je.

Gandalf resta muet. Bien évidemment, il ne pouvait rien dire. Soi il savait et ne pouvait pas m'en informer, soi il l'ignorait. Je ne savais pas quelle explication était la bonne. Mais j'étais à bout. Fatiguée de cette vie sous le mensonge. Fatiguée de ne pas comprendre d'où me venaient tous ces pouvoirs. Fatiguée de tout.

- Vous devez vous préparer, Theoden, dis-je enfin pour revenir sur le sujet principal de cette conversation.

Il y eut un long silence. Je n'osais me retourner pour inspecter le visages de mes compagnons après toutes ces révélations. Je devinais cependant, à la crispation de la main de Legolas sur ma taille, que je n'allais pas m'en tirer ainsi sans une explication. Et je devinais que cette dernière serait plutôt tôt que tard.

- Nous irons nous réfugier au Gouffre de Helm, annonça finalement le roi.

Je fermai les yeux. Le choix de Theoden n'était pas forcément mauvais, mais un flash traversa mon esprit soudainement. Le Gouffre de Helm risquait d'être notre fin à tous. Voyant la détermination du roi, je n'en fis pas part à haute voix, mais mon regard envers Gandalf parlait de lui-même et il comprenait ce que je pressentais.

Je commençai à m'éloigner, d'un pas incertain quand Legolas me souleva dans ses bras. Je devinais à son expression que je ferais mieux de me taire. Je sentais qu'il était furieux. Pas besoin de se demander pourquoi. Je m'en doutais. Jamais je n'aurais dû dévoiler tout cela, mais de toute façon, le roi avait déjà commencé à amener le sujet. Tôt ou tard, j'aurais été obligé de tout leur raconter. Mieux valait tôt que tard.

Wolf vint se coller à la jambe de Legolas alors qu'il me déposait sur mon lit. Je me demandais où le louveteau avait été, maintenant j'avais la réponse : Legolas avait dû s'occuper de lui pendant mon repos. Legolas rabattit d'un mouvement sec les couvertures sur moi.

- Legolas... commençai-je.

- Non ! m'interrompit-il. Taisez-vous, Arya. Je m'étais toujours demandé ce que vous faisiez tout ce temps... mais jamais je n'aurais pensé...

- Quoi... que j'apprenais à contrôler mes pouvoirs ? répliquai-je, piquée au vif et la colère commençant à se montrer.

- Non... murmura-t-il. Arya... pourquoi ne pas nous l'avoir dit ? A propos de cette vision, de votre supposé destin.

- Qu'est-ce que cela aurait changé ? marmonnai-je.

- Je ne sais pas... c'est juste que... fit-il, sans réussir à me dire ce qu'il voulait dire.

Il soupira et s'assit, fatigué, sur la chaise à côté de mon lit. Je le vis relever la tête pour observer les traits de mon visage.

- Je ne vous laisserai pas mourir, Arya... Jamais... conclut-il avant de se lever pour s'en aller.

Je ne le retins pas, consciente qu'il avait besoin d'un peu de solitude. Je m'emmitouflai dans mes couvertures avant de fermer les yeux, épuisée. Demain nous partirions tous pour le Gouffre de Helm, malgré mes réticences, mes peurs et mes visions.

Cette nuit là, je fus assaillit de rêves horribles. Peut-être était-ce des visions, où simplement le reflet de mes peurs que mon inconscient, débridé, mettait sous forme d'images. Toujours est-il que je me réveillait, en pleur. La seule chose qui me surpris, fut que deux bras m'encerclaient en me berçant tendrement.

- Lazulli... soufflai-je.

- Rendormez-vous, Arya... murmura une voix qui n'était pas celle de Lazulli, mais s'en rapprochait.

- Legolas ? appelai-je hésitante.

- Dormez, je veille sur vous, me souffla-t-il à l'oreille en s'allongeant à côté de moi, me serrant contre lui.

Le sommeil m'envahit à nouveau, mais les cauchemars, eux, désertèrent. Legolas semblait les éloigner. Son étreinte réconfortante me rassurait et je me sentais en sécurité. Pourtant, j'aurais dû le détester, encore un peu pour la forme, mais plus le temps passait, moins je le pouvais. Il était toujours là, à veiller sur moi, à me protéger, à s'inquiéter pour moi. Jamais quelqu'un n'avait été autant là pour moi que lui en cet instant.

Ce fut le soleil qui me réveilla le lendemain. C'était l'aube et je commençai doucement à émerger. Je ne fus pas surprise de sentir deux bras m'enlacer. Je me souvenais parfaitement bien qu'au milieu de la nuit, Legolas était venu me tirer d'un mauvais rêve et était resté avec moi pour m'apporter du réconfort et me rassurer.

Il dormait encore, sans doute fatigué de veiller sur moi... et sur Wolf aussi apparemment. Quand je semblais être dans incapacité de m'occuper du louveteau, Legolas semblait prendre le relais. Wolf avait déjà commencé à grandir et à gagner en puissance, je le voyais très bien. Il m'arrivait sans doute à la taille à présent. Bientôt il me dépasserait, ça aucun doute.

Je me levai, essayant de ne pas réveiller Legolas qui semblait avoir besoin de sommeil. Puis je m'avançai vers la chaise où avait été posés mes affaires, nettoyée et sèches. Je m'habillai en vitesse et démêlai mes cheveux à l'aide de la brosse que je trouvai sur une table dans le coin de la chambre. Puis j'entrepris de les tresser, mais la tâche se révéla plus longue que prévu.

- Laissez-moi faire, fit la voix de Legolas derrière moi alors que ses mains continuaient mon ouvrage.

Je restai silencieuse, un peu gênée en fait d'être aussi près de lui. Cette nuit déjà avait de quoi m'effrayer et me rendre encore plus mal à l'aise. Cependant, je me forçai au calme, ne montrant rien de mon trouble... enfin presque. Je savais bien qu'il le remarquerait malgré tous mes efforts pour le cacher. A quoi bon même essayer de le lui cacher...

Toutefois, il ne fit aucune remarque, et une fois mes cheveux attachés, il se retira pour aller chercher ses affaires dans sa chambre. Je restai un moment immobile, regardant pensivement par la fenêtre le soleil qui se levait, puis attrapai mes armes et autres possessions avant de quitter la pièce, me dirigeant vers le hall où Wolf me sauta dessus.

- Tout doux mon gars, tu commence a être trop lourd pour moi, lui dis-je en lui grattant les oreilles.

- Cette bête est toujours collé à vos pas, ou quand ce n'est pas vous, c'est l'elfe, fit Gimli qui fumait sa pipe, assis sur un banc.

- L'elfe ? relevai-je en arquant un sourcil avant de comprendre. Oh, je vois.

Aragorn arriva quelques minutes plus tard, rangeant une longue dague dans un de ses fourreaux. Il s'arrêta pour me saluer et s'enquérir de ma santé avant de se tourner vers Gimli qui continuait à râler pour je ne sais plus quoi. Et il râla encore plus lorsque Legolas arrive, fin près. Parfois, j'aurais aimé bâillonner ce cher Gimli. Vous savez... juste pour avoir un moment de répit sans ses perpétuelles gérémiades.

- Vous êtes près ? demanda-t-il alors.

- Gandalf ? m'enquis-je.

- Il est parti à la recherche des Rohirim, m'annonça Aragorn alors que nous nous dirigions vers les portes.

Je me tus, réfléchissant. D'après ce que je savais, cela faisait un moment que les Rohirim chevauchaient loin du Rohan, vers l'ouest... ou le nord plutôt. Gandalf arriverait-il à les retrouver à temps pour les ramener au Gouffre de Helm ? Je n'en étais pas sûre, et je ne parvenais pas à lire l'avenir à volonté. Mes visions me prenaient toujours par surprise. C'est dans ces moments là que je regrette avoir refusé l'aide de Galadriel pour contrôler ce don.

- Espérons qu'il y arrivera à temps... fis-je tout bas.

- Nous devons lui faire confiance, répondit mon ami rôdeur.

- La confiance ne fait pas tout, Aragorn, soufflai-je. Mais il faut croire en Mithrandir, vous avez raison.

- Quoi qu'il arrive, restez auprès de l'un d'entre nous, Arya, me dit-il en se tournant vers moi une fois devant nos chevaux.

- Mais... commençai-je.

- Gandalf m'a prévenu que vous devez être protégée, à tout prix. Je ne sais ni pourquoi ni comment, mais vous avez un rôle important dans l'avenir, dit-il en me prenant le poignet. Restez près de l'un de nous, d'accord ?

Ce bon vieux Aragorn. Il savait très bien que les ordres me hérissaient et que je faisait toujours le contraire, alors il faisait passer cela pour une faveur. Il me connaissait trop bien. Trop à mes dépends. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Il ne cherchait qu'à faire de son mieux, et par dessus tout, je sentais une vive inquiétude pour moi, ce qui me touchait encore plus que son tact.

- Très bien, acceptai-je après un moment de silence.

Il me sourit avec son air de vagabond et se hissa sur Arod. Je regardais alors le cheval qui m'avait été donné. Un magnifique étalon gris souris avec des yeux pétillants d'intelligence. Je caressai son chanfrein, tentant d'entre un peu en connexion avec l'animal. Je ne connaissais rien de lui, mais je savais qu'il serait une monture parfaite pour moi.

- Gablin m'a dit que ce cheval se nommait Goliath. Apparemment il appartenait à un excellent cavalier et aucun autre n'a réussi à devenir son maître, m'annonça Legolas qui arrivait avec la bride de sa monture en main.

- Goliath... répétai-je en fixant l'animal droit dans les yeux. Tu es majestueux, l'ami.

Puis, je m'apprêtai à monter en scelle avant que Legolas ne me surprenne en me soulevant par la taille pour m'y installer avec douceur. Avant que je n'ai pu le remercier malgré ma gêne, il s'était détourner, grimpant sur sa monture avant d'aider Gimli à s'asseoir en croupe. Le nain ronchonnait encore que ce soit "l'elfe" qui tienne les raines. Je ne pouvais décemment pas lui jeter la pierre, mais je dois avouer que c'est plaintes perpétuelles me faisaient bien rire... du moins par moments.

Goliath piaffa et fit quelques pas de côté avant de s'immobiliser, sagement. Je sentais bien sa puissance et son caractère. Il ne devait pas être un petit animal docile, et cela me convenait parfaitement. Qu'il ait du caractère ! Cela ne m'effrayait pas le moins du monde, bien au contraire. Aragorn vint se positionner à côté de moi, près au départ.

Quand enfin nous nous mîmes tous en route, je compris pourquoi ce cheval était si compliqué à monter. A peine le départ fut-il annoncé que la chère bête se cabra d'excitation avant de vouloir s'élancer au grand galop. Fermement mais calmement, je le retins et lui fis comprendre qui était aux commandes. il se calma au bout d'un moment, mais je savais qu'à la moindre occasion, il recommencerait. Un défit alléchant que j'étais prête à relever à tout instant.

Au bout de quelques lieux, je finis par descendre de cheval, tout comme Legolas et Aragorn. Gimli, lui, savourait à présent le plaisir d'être celui qui tenait les raines. Voyant une petite fille fatiguée de marcher trébucher à plusieurs reprise, je la soulevais par la taille pour la mettre sur le dos de Goliath, le tenant par la bride. La petite me sourit, heureuse avant de me dire une petit "merci".

Wolf, lui, marchait en se collant contre ma jambe la plupart du temps, refusant de m'abandonner. On aurait presque crut une mère poule si ce n'était pas moi qui tenait le rôle de mère ici. Aragorn conversant avec le roi, je m'approchai de Gimli et Eowyn qui parlaient de femmes nains. Ce ne fut qu'en voyant sa monture se cabrer avant de partir au galop que j'éclatai de rire, attirant sans doute l'attention de Legolas car, quand je regardai dans sa direction, il me fixait avec une expression douce.

Je détournai les yeux presque immédiatement, me rappelant ce que Sylvebarbe m'avait dit à propos de mes amours. J'étais à la fois troublée... et extrêmement gênée. J'avais aimé Lazulli tout ce temps, et haïs Legolas si longtemps, pour m'apercevoir qu'à présent, je ne le détestais plus, malgré mes réticences à l'admettre. Et cela me faisait peur, en quelque sorte.

- Votre amoureux vous manque ? s'enquit la petite, qui m'avait observé sans doute tout ce temps.

- Euh... fis-je, prise de cours.

- Il est beau, ajouta-t-elle. Vous avez de la chance, fit-elle rêveuse.

- Mais de qui parles-tu petite ? demandai-je finalement, ayant peur de comprendre.

- Bah... l'homme aux cheveux blonds et aux oreilles en pointes, fit-elle, innocente.

Je restai muette un moment et aperçu le sourire d'Eowyn qui, pendant ce temps, s'était mise à mon niveau. Je regrettai à ce moment que Gimli ne soit pas là pour attirer l'attention sur lui. Je détestais être le point de mire, et encore plus maintenant !

- Je... ce n'est pas...

- Si vous rougissez cela vous enlève toute crédibilité, surtout si vous protestez, sourit Eowyn, amusée.

- Vous ne pourriez pas me venir en aide, vous, au lieu de me descendre ?! m'écriai-je, subjuguée, faisant rire la jeune femme et la petite fille.

Un peu plus et j'aurais même cru que Goliath lui-même se payait ma tête. Toutefois, de bon cœur, je ris avec elles. Ce n'était pas tous les jours que l'on riait à mes dépends, et ce n'était pas trop désagréable. Je survivrais. Mais tout cela avait amené une question que j'avais tenté d'ignorer depuis un moment : Quel était ce sentiment si agréable qui me réchauffait le cœur quand Legolas près de moi ? Je ne voulais pas savoir... j'avais bien trop peur de la réponse, à vrai dire.

- Toujours est-il, Dame Arya, fit Eowyn, me surprenant avec le titre honorifique qu'elle me donnait, que cet homme là n'a d'yeux que pour vous.

- Dame Eowyn, je vous en prie, appelez-moi Arya, fis-je, gênée par l'importance qu'elle me donnait.

Être appelée ainsi par mes frères des bois, et mes amis de la communauté tels que Gimli et parfois Aragorn quand il voulait me taquiner, cela ne me gênait pas, mais par une noble dame comme Eowyn, humaine de surcroît, cela me rendait profondément mal à l'aise.

- A la condition que vous fassiez de même, répondit-elle avec un sérieux qui m'aurait presque étonnée si ce n'est pour le sourire qui illumina ses traits quelques secondes plus tard.

- Très bien, acceptai-je. Et pour en revenir à ce que vous avez énoncé, je pense que vous vous trompez.

- Et pourquoi cela ? s'étonna-t-elle.

- Je l'ai repoussé il y a si longtemps qu'il a dû cesser de me dévorer du regard. De plus, il n'est pas sans savoir l'amour que je porte à son frère... conclus-je, étonnée de la facilité avec laquelle je pouvais parler à Eowyn.

- Pourtant, il vous regarde comme un homme épris regarde celle qui anime son cœur, reprit-elle, avec un sourire lointain. On ne peut pas lutter contre son propre cœur, vous savez... avoua-t-elle et je crus même l'apercevoir jeter un regard à Aragorn.

- Eowyn ? m'enquis-je.

Elle me fit un sourire gêné avant d'accélérer le pas et de rejoindre d'autres personnes pour les aider. Marchant toujours aux côtés de Wolf et de Goliath qui portait sur son dos la petite fille, je me perdis dans mes pensées. Cette discussion avait soulevé un énorme problème. Si ce que j'avais vu était vrai, alors Eowyn n'était pas indifférente à Aragorn. Je fermais les yeux en soupirant. C'était vraiment très mauvais. Comment lui faire comprendre qu'il valait mieux pour elle de ne pas l'approcher avec ce genre d'intentions ?

Quand le soleil commença à décliner vers l'horizon, nous nous arrêtâmes pour la nuit. Chacun se prépara son petit coin pour dormir, conscient que les soldats se relaieraient pour des tours de garde afin d'assurer leurs sécurité. Je laissai alors Goliath près des autres montures et allai m'asseoir sur un rocher plat, observant le ciel décliner vers des couleurs plus flamboyantes.

- Le crépuscule est un merveilleux moment, n'est-ce pas ? fit la voix de Legolas quelque pas derrière moi.

- Les couleurs sont magnifique, lui accordai-je. Pourquoi ne venez-vous pas vous asseoir ? proposai-je tranquillement avant de sortir un peu de Lambas que je lui tendis.

Il s'assit et accepta mon offre, conscient que refuser me taperait sur les nerfs. Lui aussi me connaissait suffisamment pour connaître mes réactions à la moindre des choses. Parfois c'était déconcertant, mais dans certains cas, c'était très pratique. Il croqua un morceau de pain elfique avant de me le redonner. Je le pris, en croquai également un morceau avant de le ranger. L'avantage de ce pain là, c'est qu'une bouchée suffisait à nous rassasier. On perdait moins de temps à ripailler.

- Vous semblez un peu inquiète, nota-t-il au bout d'un long moment de silence.

Eowyn passa avec une petite marmite, proposant à chacun du ragoût et, sentant l'odeur, je me pris à décliner poliment et avec le sourire son offre. Je plaignais la pauvre personne qui serait prise au piège. Quand elle s'approcha d'Aragorn, je me tendis et me frappai le front quand ce dernier accepta.

- Quel imbécile ! soufflai-je, surprenant Legolas.

- Pardon ?

- Aragorn... il vient d'accepter du ragoût... fis-je en grimaçant.

Je vis Legolas grimacer et, quand il croisa mon regard, nous fûmes pris d'un petit rire qui redoubla quand notre ami tenta de se débarrasser en douce de ce qu'il avait dans son bol. Malheureusement pour lui, il fut pris au piège par Eowyn qui revint vers lui pour lui parler.

- Notre pauvre ami joue de malchance, dit Legolas, amusé bien malgré lui.

- C'est heureux que ce soit lui et non vous, répondis-je, le taquinant inconsciemment comme je le faisais il y a si longtemps.

- J'aurais partagé, répliqua-t-il avec un sourire moqueur.

- Vous pourriez essayer avec Wolf, mais je doute qu'il accepte, repris-je.

Nous tournâmes tous deux notre regard vers le pauvre loup qui alla se cacher derrière moi. Nos rires fusèrent alors, surprenant les personnes qui passaient devant nous. Puis, une fois calmés, nous nous allongeâmes dans l'herbe, regardant le ciel d'un bleu nuit où les étoiles commençaient à apparaître.

- Vous savez ce qui me manque le plus ? murmura Legolas.

J'en avais certes une vague idée, mais je n'avais pas la prétention de lire dans son esprit... du moins pas en ce moment. J'évitais cette expérience la plupart du temps car elle était déconcertante. Il est tellement plus simple de répondre à des simples paroles qu'à des pensées. La plupart des gens sont terrifiés de voir leur monde intime ainsi violé et ils en ont bien raison. Je déteste leur voler cette part de secret. C'est pourquoi je ne le fais pas, sauf cas extrêmement urgent.

- C'est cette complicité que nous avions avant que tout ne se brise... souffla-t-il suite à mon silence.

- Le passé doit rester là où il est, répondis-je finalement, les yeux rivés sur les étoiles. Maintenant nous devons tourner notre regard vers le présent et l'avenir, si tant est qu'il y en ait un...

- Alors... vous me pardonnez ? souffla-t-il, surpris.

- Une part de moi l'a déjà fait... mais l'autre ne le fera peut-être jamais, conclus-je. Pour jouir du présent, il nous faut laisser partir le passé, Legolas. C'est une leçon que j'ai apprise bien difficilement... et je l'ai payé très cher, croyez-moi... Ne faites pas la même erreur que moi et ne vous enfermez pas dans le passé.

Il ne répondit pas, mais je sus, au plus profond de moi, que mes paroles l'avaient touchées et qu'il ne les oublierait pas de si tôt. Il suivrait mes conseils, j'en étais certaines... ou du moins je le voulais profondément. Je me blottis contre Wolf qui était revenu auprès de moi, m'apportant sa chaleur, et fermai les yeux. Je les ouvris un instant quand je sentis un corps masculin se coller contre mon dos pour m'apporter plus de chaleur. Je m'endormis finalement, priant les Valars* qu'aucun rêve ne vienne perturber mon repos. Peut-être Irmo** m'entendit-il, car mon sommeil fut paisible.

~0~

A Suivre...

* Je parle souvent des Valars, mais je me rends compte que ce n'est pas toujours évident pour tout le monde, comme ceux qui n'ont vu que les films. Alors... Les valars sont des esprits qui peuvent prendre la forme d'hommes, de femmes, d'elfes... (le plus souvent) ou bien rester invisible. Ils furent envoyés au commencement sur Arda (le monde dans son intégralité) afin d'aider à façonner le monde. Mais ils ne sont pas des dieux, juste les émissaires du dieu unique Ilùvatar. ils vivent dans l'ouest Aman, là où fut créé Valinor (donc dans les terres immortelles).

** Irmo est un des seigneurs Valars. Il est le maître des rêves et des désirs.