Miou tout le monde !

Point de retard ce weekend ! Au menu, conférence de Ludwig, incompétence de Trump, et retrouvailles de nos adorables et adorés protagonistes.

Bonne lecture !

Disclaimer : Je pense pas qu'actuellement Himaruya soit sous la neige. Et même s'il l'était, ce serait toujours lui le papa de Hetalia.


Dix jours plus tard, les nations européennes s'ennuyaient à mourir à une réunion que Ludwig dirigeait, et qui traitait d'un sujet que personne d'autre que l'allemand n'avait lu ou préparé. Un nouveau record fut même établi par le BTT, qui nota les premiers bâillements imputables à l'ennui moins de quatre minutes après le début de la séance, pulvérisant l'ancien record de plus de deux minutes. Après ce qui sembla huit heures pour la grande majorité mais seulement deux en réalité, ils eurent droit à une pause. Ceux qui ne dormaient pas déjà allèrent presque tous se chercher un café, et plusieurs personnes entreprirent un concours de métaphores pour décrire la situation. Antonio fut déclaré vainqueur après avoir trouvé une formulation particulièrement appréciée.

- Je crois que si on pouvait matérialiser mon ennui, il pleuvrait des parpaings.

Devant une telle vérité, un silence admiratif s'établit pendant quelques secondes, que Ludwig mit malheureusement à profit pour déclarer la reprise et achever d'endormir tous ceux qui avaient résisté jusque-là. Les seuls qui ne dormaient pas jouaient sur leurs portables de façon plus moins discrète, et Ivan était aussi sur le sien. Mais lui parlait avec Alfred. Ils étaient apparemment tous les deux coincés en réunion barbante et s'amusaient beaucoup à décrire les poses de leurs collègues à l'autre, puis à imaginer ce qui se passait dans leur tête. L'avantage d'Ivan était que personne ne se risquait à lui reprocher de ne pas prêter attention à ce qui se passait, ou pourquoi il pouffait.

Alfred, de son côté, avait choisi de totalement assumer son image de branleur qui n'écoutait rien. De un parce qu'avec Trump, ça ne posait aucun problème, et de deux, parce qu'en plus le suscité trouvait ça classe et donc le laissait faire ce qu'il voulait tant qu'il restait l'image parfaite du "vrai" américain. Sans compter que comme ça il pouvait quand même écouter sans être emmerdé toutes les cinq minutes par quelqu'un qui n'entendait pas, ou ne comprenait pas. Et dieu sait qu'ils étaient nombreux à ne pas comprendre l'actuel président des Etats-Unis. En fait, ça allait plus vite de compter ceux qui étaient capables de suivre son raisonnement. Il en fit la remarque à son interlocutrice, qui lui renvoya un message avec une émoticône qui riait, suivie de quelques mots de compassion.

Alors que le blond tentait tant bien que mal de se retenir de baffer celui qui dirigeait son pays, ledit dirigeant termina son discours.

- ... et donc, je vais retourner voir Poutine la semaine prochaine !

- Mais, monsieur le président, tenta vainement le porte-parole, une rencontre de ce type ne peut pas s'organiser en si peu de temps...

- Je suis le président des Etats-Unis, tout le monde est prêt à me recevoir ! Et il faut rouvrir les négociations avec la Russie !

Personne n'était capable de dire à quelles négociations il faisait référence, mais après plusieurs tentatives de dissuasion, toutes inutiles, Trump décida d'appeler Poutine lui-même pour caler un rendez-vous. Etrangement, il y parvint et fut parfaitement hautain et satisfait de lui après avoir raccroché. Alfred se retint de grincer des dents en imaginant à quel point le gouvernement russe, et surtout l'enfoiré de ruskof devaient se marrer. Toutefois, il relativisa en réfléchissant au fait que s'il allait à Moscou, il avait une chance de revoir Anya rapidement. Cela lui remonta le moral, et il se dépêcha de la prévenir qu'il avait une occasion d'aller en Russie pour deux ou trois jours dans la semaine à venir. Il espérait qu'elle serait disponible pour le voir, et comptait sur le fait qu'elle lui avait dit habiter dans la capitale russe.

Ivan reçut le message d'Alfred une minute avant celui de son gouvernement l'informant de la visite officielle d'une délégation présidentielle américaine, suite à un coup de fil de Trump à Poutine. Il sourit en imaginant la déconvenue de l'américain. Vraiment, son dirigeant était pitoyable. C'était presque plus triste d'avoir un incompétent aussi ridicule que de tomber sur un dictateur ou un roi fou sanguinaire. Il réfléchit deux minutes et lui répondit qu'ils devraient pouvoir au moins se croiser pendant le cours délai. Le russe eut un sourire à la fois innocemment joyeux et sadique. Il allait laisser Alfred dans le flou quelques temps avant de lui dire précisément quand il, ou plutôt elle serait disponible. Le mystère attise la curiosité, c'était la première règle d'une longue série concernant la manipulation par les sentiments. Il reçut ensuite un autre message qui le surprit.

"Super ! Tu crois que tu pourrais me faire visiter Moscou ? J'ai jamais pris le temps de le faire et il paraît qu'il y a des trucs sympas à voir"

Depuis quand l'américain s'intéressait à la culture et au patrimoine des autres pays ? Et encore plus à son pays à lui ? Dire qu'il avait toujours refusé en bloc la moindre visite, guidée ou non, et s'enfermait dans sa chambre d'hôtel à chacune des rares fois où il avait posé les pieds en Russie... Il le faisait sans doute par simple volonté de passer plus de temps avec sa chère et tendre, dans le but de se faire bien voir. Mais quand même, c'était touchant. Et après tout, Ivan était probablement la personne qui connaissait le mieux la ville, et ce serait agréable d'avoir enfin quelqu'un à qui montrer tout ce qu'il savait dessus. Quelqu'un d'attentif qui plus est, et pas juste terrorisé.

Au final, l'intérêt serait des deux côtés, songea-t-il en souriant derechef, cette fois plus naturellement. Sourire qui disparut vite quand il constata le regard plus que soupçonneux de Natalya, assise deux chaises plus loin. Elle le collait encore plus que d'habitude, se montrait insupportable depuis sa série de mini-disparitions à New-York, et était d'autant plus énervée qu'elle n'avait pas réussi à trouver où son frère dormait la nuit lorsqu'il fuyait sa résidence officielle. Et elle avait l'air de trouver très étrange qu'il soit de plus en plus souvent de bonne humeur et aussi souvent en train de regarder son portable. Heureusement, elle n'était pas au courant que celui-ci contenait deux cartes, dont une dissimulée. Un petit jouet bien pratique qu'Ivan avait emprunté au KGB quelques mois plus tôt. Il allait devoir jouer très finement pour échapper à la biélorusse pendant les deux jours où Alfred serait là...

-oOo-

Lorsque l'avion se posa, Trump, sa femme et la petite délégation qui l'accompagnait furent accueillis par un groupe de quelques ministres et interprètes, mais ni Poutine ni Ivan n'étaient là. Autant dire que le mépris et l'insulte furent compris par tout le monde, sauf pour Trump qui trouva parfaitement plausible l'excuse quelconque que lui servit le porte-parole. Sans doute devait-il penser qu'il aurait fait la même chose pour un chef d'Etat en visite à Washington, et qu'il n'était pas indispensable de s'accueillir en personne. Le manque de connaissance de l'étiquette et du protocole du président de la première puissance mondiale était tout bonnement exaspérant pour ceux qui travaillaient avec lui. Alfred s'arma de courage et s'obligea à se répéter qu'il n'en avait que pour deux heures aujourd'hui, avant d'aller à l'hôtel. Puis le lendemain, petite réunion le matin, et après-midi de discussion entre les deux chefs d'Etat. Pour le reste de l'équipe ou presque, cela signifiait quartier libre et la nation américaine comptait bien passer le maximum de temps possible avec sa petite amie. Mais avant d'arriver à ce bon moment, il fallait passer par la case semi-humiliation et Ivan.

Comme ils arrivaient au Kremlin, Alfred prépara son plus beau et éclatant sourire d'imbécile heureux et arrogant avant de sortir de la voiture. En ouvrant la portière, son regard fut directement accroché par l'image d'Ivan, souriant et apparemment amusé, Poutine légèrement devant lui pour accueillir Trump. Le dirigeant russe arborait lui aussi un fin sourire, que son homologue interpréta à tort comme une façon de lui souhaiter la bienvenue. Après une poignée de main protocolaire, tout le monde se dirigea vers la salle de réunion prévue. Tenant son rôle à la perfection, Alfred sortit un burger d'une poche et une canette de soda d'une autre. Il fut ravi de constater la grimace de la nation russe lorsque celle-ci s'aperçut de son petit manège.

- Un problème ? demanda-t-il entre deux gorgées.

- Je n'aime pas beaucoup les miettes et les taches sur la moquette, répondit simplement Ivan.

- C'est bête, personne ne m'a prévenu. Bon, ben je vais quand même finir, ça se fait pas de laisser de la nourriture entamée !

Réprimant une réplique cinglante, le russe resta silencieux, et tourna la tête vers leurs présidents respectifs qui discutaient. Ou plutôt, vers Trump qui parlait à tort et à travers à Poutine, qui ne l'écoutait vraisemblablement même pas. Il fit ensuite son fameux et charmant sourire de nounours à l'attention d'Alfred. Celui-ci se força à le regarder droit dans les yeux avec l'air de ne pas du tout comprendre ce que l'autre essayait de lui dire. Pour se venger de la moquerie à peine dissimulée, l'américain prit grand soin de déverser un maximum de miettes, bouts de salade, sauce et gouttes de soda jusqu'à ce qu'ils arrivent à la bonne pièce, tout en savourant le regard irrité de son hôte. Dans un souci de symétrie avec leurs présidents, ils furent placés l'un à côté de l'autre. Une fois les débats ouverts, ils profitèrent du bruit ambiant pour reprendre leurs habituelles joutes verbales.

- Tu sais, initia Ivan d'un ton doucereux, si tu as peur de ne pas retrouver ton chemin, il suffit de me demander, pas la peine de jouer au petit poucet.

- Le héros sait parfaitement s'orienter, ruskof !

- Oh, au temps pour moi, s'excusa-t-il de façon ironique.

- Si j'avais pu, je serais même pas venu et ça t'aurait arrangé, alors pas la peine de jouer les hypocrites.

- Tu me fends le coeur, répliqua le russe. Moi qui attendais nos retrouvailles avec impatience...

- Va te faire mettre, enfoiré.

- Serait-ce une proposition ?

- Dans tes rêves, je suis pas une tapette, moi.

- Si ma mémoire est bonne, tu y as pourtant plus d'une fois fait allusion lors de nos échanges au téléphone rouge...

- Je parlais de t'enculer d'un point de vue politique et je l'ai fait, fit Alfred en posant sa tête sur ses mains, ses coudes appuyés sur la table. Le reste ne concerne que tes fantasmes chelous, dude.

- Mais bien sûr... Je te sentais bander contre moi quand on se battait, tu sais ? le provoqua Ivan.

- On a pas les mêmes souvenirs alors, répliqua l'américain en haussant les épaules.

- Je suis sûr que ça pourrait vite te revenir si on se remettait dans les mêmes conditions.

- Va te faire mettre, je t'ai dit.

- Avec ou sans toi ?

- T'es lourd dude.

- Si tu veux, demain j'ai tout l'après-midi de libre pour se retrouver et se taper dessus comme au bon vieux temps, le tenta le russe en dissimulant un sourire.

Alfred allait forcément mordre à l'hameçon. C'était presque trop facile.

- Trouves-toi quelqu'un d'autre, j'ai autre chose à faire de mes journées que les passer avec un psychopathe !

- Quelle froideur... Tu repousses rarement des avances de ma part d'habitude.

- C'est pas intéressant de se battre quand on gagne à tous les coups, répliqua Alfred avec un sourire arrogant.

Ivan grogna. Il n'aimait ni le sourire, ni la réplique, ni le sous-entendu. En fait, toute l'attitude de son interlocuteur était détestable. Il se contenta de le fusiller du regard avant de se créer un alibi pour le lendemain.

- Je serai chez moi tout l'aprèm. Si tu veux venir te prendre une raclée, n'hésite pas à passer... sauf si tu es trop effrayé pour sortir de ta chambre d'hôtel, comme d'habitude.

- Fais-toi une aprèm branlette si ça te chante, je viendrai pas t'aider.

- Mais c'est qu'il est chaud comme la braise, le petit capitaliste... S'il n'y a que ça, je peux t'aider à assouvir tes envies. Sous certaines conditions, bien évidemment.

- T'oublies que t'as autant de sex-appeal qu'une huitre, enfoiré.

- On verra si tu diras toujours ça quand je t'aurai enculé.

- Tu rêves, connard. Le héros domine toujours.

- Je serais meilleur que toi quoi qu'il arrive, même si tu avais une éternité d'expérience derrière toi... Ce qui n'est pas le cas.

- Le héros est toujours le meilleur.

- Frimeur.

- Connard.

Et ils continuèrent pendant toute la durée de la réunion, se contentant de lancer un regard noir à toute personne qui semblait montrer ne serait-ce que l'intention de vouloir les interrompre.


Désolée, j'ai pas pu résister à l'idée de leur faire avoir une scène de ce genre. On retrouve Anya bientôt, ne vous en faites pas, mais je ne pouvais décemment pas les laisser se voir sans un bon échange plein de tension et d'allusions subtiles. Si si, je vous assure que c'était subtil. Enfin bon, des bisous, laissez un ptit mot si vous voulez, ça fait plaisir, et à la prochaine.

Plein de pavlova pour vous !