Disclamer : on ne le dira jamais assez mais : tous les personnages appartiennent à S. Meyer.
Nouveau petit chapitre pour le week end.
J'ai hésité entre publier « esclave » ou « les morsures »… mais c'est définitivement plus facile d'écrire cette fic !
J'espère que vous apprécierez.
Merci pour les nombreux compliments sur le lemon entre Edward et Bella. Ca fait vraiment plaisir. N'hésitez pas avec le bouton vert : J'ADORE !!!!!!
Bonne lecture
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Un corps git à mes pieds.
La nuit est déjà bien avancée et la rosée se dépose partout, doucement.
Le cadavre étendu à mes pieds, Je le connais : c'est un habitant de Forks. C'est un pêcheur dont la faille a toujours vécu ici. Tout le monde le connait, c'est même un ami proche de mon père. J'attends depuis de longues minutes maintenant que son sang vide ses chaires. J'ai bien fait attention à ne pas meurtrir son visage, pour qu'on le reconnaisse. Le pauvre homme n'a rien compris : j'ai été rapide, je ne voulais pas qu'il souffre. J'étais déjà un monstre de nature, je ne voulais pas l'être dans ma morale. Ainsi, j'ai d'abord visé sa tête et d'un geste violent l'avait percuté suffisamment fort pour que son cou se brise. Puis j'ai entrepris de le vider de son sang. La plaie était bien localisée : ça ne me prendrait pas beaucoup de temps.
Dans un moment de lucidité, je comprends que désormais je ne pourrai plus faire marche arrière. Je doute quelques instants… mais me ressaisit. J'en ai besoin… j'veux dire : de cette vie que je venais de prendre… C'était nécessaire.
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Dire comment j'en suis arrivé là ?
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J'ai tout vu.
J'ai vu celui à cause duquel je me transforme en clébard.
Je l'ai vu, lui, embrasser ma petite amie.
J'ai vu le corps nu de Bella se déhancher sur ce monstre…
Alors j'ai fait ce que j'avais à faire.
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Je suis arrivé au matin, désireux de m'expliquer avec la femme que j'aime. Je n'avais pas eu la veille un comportement très « gentlemen ». Je dois lui dévoiler certaines choses, j'ai même eu l'accord des anciens pour lui parler en détail des conditions de notre race. Je suis heureux que l'alpha m'ait appelé suffisaient tôt, hier, soir pour ne pas commettre l'irréparable. Bella a réveillé sans le vouloir mes instincts bestiaux et je revois encore son visage terrorisé... Je sais que la partie est loin d'être gagnée. Mais le temps et l'amour que nous nous portons feront les choses.
Le soleil immergeant seulement de la terre, je comprends qu'il est encore tôt : Bella doit dormir. Je m'assois au pied de l'arbre en face de sa chambre, celui-là même où nous jouions enfants, celui dans lequel je m'étais souvent caché pour observer en secret Bella…. Jusqu'à ce qu'elle me surprenne… Je souris en pensant à tout ça. Cette fille fait partie de ma vie, elle est une bonne portion de moi. Je l'aime comme jamais personne ne pourra l'aimer… Et c'est réciproque, je le sais.
La voiture de patrouille de Charlie vient de partir : des vapeurs d'essences flottent encore dans l'atmosphère. La pluie commence à tomber mais je n'ai pas froid, ma nouvelle condition m'épargne bien des soucis humains. Je suis épuisé : j'ai passé la nuit avec le reste de la meute. Eux et les anciens m'ont fait prendre toute la dimension de ma nature. Je connais ma raison d'être et les lois qui nous gouvernent. Je m'oblige à lutter contre le sommeil.
Je réfléchis à ce que je vais dire à Bella… je tente de préparer mon discours :
« Ecoute Bella, tu sais toutes ces histoires qu'on nous racontait petits, bah… c'est vrai… »
Non, connaissant la fragilité de ma belle, elle tomberait dans les vapes. Peut-être devrais-je tout d'abord m'excuser puis tenter l'explication. Ou mieux, je pourrai la kidnapper et l'emmener à la tribu où les anciens se chargeraient de son « instruction »… Non, elle avait déjà eu à faire à la face cachée et violente de ma personnalité, je ne peux, en plus, lui faire endurer ça ! La franchise est toujours la solution aux problèmes, elle a confiance en moi malgré tout. Peut-être devrais-je tenter :
« Bella, je suis un loup garou »
Non : hors de question ! Je ne parviens pas à simuler ma discussion prochaine avec Bella. Aucun mot ne me satisfera de toute manière. Une chose est sure cependant t : je dois lui présenter mes excuses pour l'avoir grognée… Je m'en veux terriblement : ca ne sera pas simple.
Ca ne le sera plus jamais
Hier soir, je suis passé si près du bonheur complet ! Bella s'était enfin offerte à moi, et je n'avais pas su me contrôler. J'avais même manqué de la tuer ! Jamais je ne pourrai me remettre de ça. Même si mon alpha et les anciens m'ont assuré qu'avec le temps, je parviendrai à totalement me maitriser. Je ne vois pas ma vie se dérouler sans elle. Le temps fera les choses : ce leitmotiv résonne et cogne dans mon crâne. Je m'y accroche avec toute la force de désespoir.
Pour passer le temps, je m'imagine les scénarios les plus fous et les plus rassurants aussi : Bella se jette sur moi et m'embrasse avec passion. Elle me pardonne tout, elle amie ce que je suis devenu, même, et nous finissons par faire l'amour… et c'est beau, et c'est doux… Je nous imagine sous une arche fleurie, elle devient mon épouse…
La lumière de sa chambre s'allume.
Enfin : Bella est debout ! Même si j'ai envie d'aller la voir maintenant, je suis bien élevé. Je vais attendre quelque temps encore, histoire qu'elle soit bien réveillé et habillée. C'est la moindre de la politesse après a conduite d'hier soir.
Je vois le battant de la fenêtre s'ouvrir un peu. Chaque matin, c'est le même cinéma : Bella « aère » sa chambre -comme elle dit-. Combien de fois ai-je râlé au réveil en sentant l'air froid percuter ma peau... Pourrais-je encore seulement prétendre à une nuit avec elle ? La nostalgie me gagne et elle a un gout amer.
Je me concentre quelques secondes : je maitrise suffisamment mon flair pour espérer respirer l' effluve matinale de Bella.
Alors une odeur vient s'accrocher à mes narines, forte, désagréable. Et bien qu'inédite, je sais d'instinct exactement de quoi il retourne.
Bella est accompagné d'un vampire.
Les vampires : genèse de notre race. C'est à cause d'eux que nous sommes marginaux de ce monde : ni hommes, ni bêtes. C'est leur présence qui fait de nous ce que nous sommes. D'après nos légendes, les hommes de la tribu se révèlent loups garous lorsque des vampires menacent la vie des leurs. Ainsi, en quelques mois, une demie douzaine de loups s'étaient déclarée à la réserve, et j'en faisais parti depuis quelques jours.
Une famille de sangs froids étaient revenus dans la région depuis peu, ce qui expliquait les mutations. Cette famille avait conclu il y a des décennies, un pacte avec la tribu : pas de meurtre, pas de guerre. Il n'empêche que même s'ils étaient civilisés, leur présence suffisait à briser nos vies, à nous les métamorphes. Certes ils ne tuaient pas d'humains –seulement les animaux- mais ils brisaient nos vies en nous faisant devenir, comme eux, des monstres.
Je devine à son odeur, qu'il s'agit d'un mâle. Je prends alors conscience qu'au vue de l'heure à laquelle je suis arrivé et de ma présence ici depuis, le sang froid est : soit venu plus tôt que moi, soit qu'il a passé la nuit chez Bella. Mon cœur s'accélère de colère et frappe dangereusement dans mes tempes. D'une manière ou d'une autre, ce vampire a été témoin de l'intimité de Bella. Cette dernière vient de se réveiller, je le sens, et il est là : dans la même pièce qu'elle… Se peut-il que Bella ait crée une amitié avec un vampire ? Non, il est impossible qu'un monstre de son espèce crée des liens. Les animaux de sa race n'ont pas de sentiments, pour preuve : leur cœur ne bat plus. Ce sont des cadavres ambulants. Me revient alors des scènes de films, dans lesquelles le vampire savoure sa chasse en charmant sa proie, attendant qu'elle s'offre à lui de son propre gré pour la vider de son sang…
Je suis tétanisé. Le traité m'oblige à ne rien tenter.
Je vais rester là : on ne sait jamais. Je n'hésiterai pas à violer la loi si …
Au mieux, J'attendrai que le vampire s'en aille avant de parler à Bella et lui dévoiler toute l'horreur de la nature de ce monstre… je décide donc de rester à distance raisonnable, et de les épier grâce à ma vue surdéveloppée, au cas où …
Je découvre enfin le visage du monstre à travers la fenêtre du salon. Sa pâleur cadavérique me fait frémir. Ses traits sont fins, son visage parfait, ses yeux sont rieurs, charmeurs, tout comme son sourire. Ces monstres sont vraiment dotés d'armes machiavéliques. Leur beauté et leur séduction sont leurs armes de chasse. Bella est piégé, traquée sans le savoir. Le fauve en moi guette : je résiste à l'envie de le laisser me submerger. Je ne sais pas si j'arriverai à me retenir d'entrer et d'arracher la tête de ce vampire si je devenais loup.
Je ne distingue plus leurs têtes : ils doivent être assis dans le divan et je devine qu'ils regardent un film, car la télé laisse filtrer une lumière reconnaissable et changeante.
Par chance, et bien que la pluie soit torrentielle, Bella ouvre une fenêtre : elle a toujours aimé la fraicheur. Ce geste me permet, d'accéder enfin à leurs conversations.
Le sang froid est malin : sa stratégie est rodée. Il s'intéresse aux loisirs de Bella, à son passé, à sa vie présente. Il va même lui réciter ses poèmes préférés… Pitoyable ! Son ton est mielleux : j'ai envie de vomir. Il est doux et avenant : sans doute l'hypnotise-t-il pour parvenir à ses fins. Et elle, naïve, se laisse faire. Je ne la reconnais plus : elle lui livre ses secrets, partage ses rires et nos anecdotes d'enfants. C'est insupportable : ces moments nous appartiennent ! Que lui a donc fait ce monstre pour qu'elle lui fasse confiance, elle qui d'habitude est si réservée… Je fulmine : il me tarde que le vampire commette une erreur pour le tuer.
Bella ferme la fenêtre. Et je ne perçois plus rien. Je panique : mon corps tremble du désir de se transformer.
Mais ils se relèvent et je distingue de nouveaux leurs silhouettes. Bella est face à moi, derrière le comptoir de sa cuisine. Elle ne me voit pas, ses yeux sont rivés vers le sang froid, qui, pour sa part, me tourne le dos. Soudainement, le vampire se dirige vers la sortie. Je suis soulagé.
Je vrille mon regard sur la porte d'entrée de la maison. J'attends qu'il se montre. Et rien ne vient. Que se passe-t-il derrière cette porte ? Que dois-je faire à présent ? Il me devient carrément impossible, douloureux de freiner ma transformation qui déjà s'amorce. Je sens mes muscles se gonfler violemment. Leur volume double, triple, quadruple et mes vêtements sont sur le point d'imploser.
Enfin, j'entends un bruit venu de la chambre de Bella. Mes yeux se relèvent vers l'unique fenêtre de la pièce. Je cherche des yeux la silhouette de Bella et découvre une scène qui me transperce le cœur.
Le vampire tient ma petite amie dans ses bras. Il me fait face mais je ne distingue que les cheveux de Bella, son visage était occupé à s'acharner sur la bouche de ce monstre. Elle est nue contre le corps mort de cette abomination de la nature et semble apprécier cet état de fait.
Puis je devine qu'il la pose sur le lit : et je ne les vois plus. Je ne peux pas croire que Bella soit ainsi offert à ce monstre sanguinaire. Le piège venait de se refermer sur la femme que j'aime : elle vivait certainement, sans qu'elle ne le sache, ses dernières minutes. La stupéfaction me cloue sur place. Bientôt un soupir me sort de ma torpeur. C'est la voix de Bella, ou plutôt son gémissement. Je m'apprête à intervenir et à arracher la tête de cet animal. Puis je perçois :
« Bella, tu es magnifique…N'en doute jamais.
- Oh Edward… continue…. »
Il ne lui fait pas de mal… Il semble même qu'il lui procure du plaisir et Bella en redemande, encore et encore. Mon cœur se déchire. Ma femme se donne à lui, alors qu'elle m'a toujours refusé. J'aurai préféré qu'elle se meurt en cet instant, vidée de son sang. L'évidence me tue encore un peu : elle prend du plaisir dans ce qu'il lui administre. Un plaisir que je ne lui ai jamais entendu gémir dans mes bras.
Je ne sais combien de minutes se passent alors que suis dans un état de léthargie totale. J'épie les moindres bruits, et chaque cri de plaisir de Bella éparpille un peu plus les morceaux de mon cœur. Soudainement, à travers la fenêtre, je vois Bella de nouveau. Elle est définitivement nue et concentrée sur son plaisir : je peux même dessiner les contours de ses seins. Son corps se soulève et retombe avec souplesse. Sa tête bascule en arrière dès que son corps se relâche. Ses bras sont en arrière, reposés sur je-ne-sais-quoi, et ils sont tendus de satisfaction. Je perçois des cris qui viennent compléter l'insupportable tableau qui se déroule devant moi. Elle ondule son corps avec indécence au dessus du cadavre. Je serre les dents. La transformation s'opère sans que je ne puisse rien contrôler, mais je n'essaye même pas de la retenir. Je suis un gros chien, sous la pluie, le poil détrempé.
Bientôt, le vampire se redresse, il serre le corps nu de Bella contre lui : elle exulte sa jouissance. Il prend un de ses seins en bouche. Le corps de Bella s'agite plus prestement encore, il est comme possédé, en transe. Ses mains s'accrochent avec force au dos du sang froid. Et leurs libérations viennent simultanément : deux cris rauques s'élèvent et trouvent écho dans la rue. Alors le vampire l'entraine contre lui vers le lit et la voix de mon alpha résonne dans ma tête :
« Jakes : ici ! »
Je n'ai pas d'autre choix que partir.
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En route, les images défilent dans mon esprit. Un plan se met en place dans ma tête : il est infaillible. Le vampire disparaitra de la vie de ma dulcinée d'ici peu.
Bella me reviendra et nous nous pardonnerons.
La traque peut commencer.
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Vous l'avez compris : l'histoire va basculer… bientôt.
La quatrième vitesse est amorcée : en route !
PS : bouton vert pour éviter de caler …. ;-)
