Oyez brave gens, nous sommes de retour
Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.
Rating : T
Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leurs aides non négligeables.
Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)
Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier. Hé vous avez vus ? On à écrit vite cette fois, le prochain chapitre arrivera bientôt, et la fin de cette fiction aussi.
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Chapitre 9 : I'm not yours
De Angus & Julia Stone
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1 Septembre 1976 :
Lorsqu'elle passa la grande porte, elle inspira un grand coup. Ça lui avait manqué, cette odeur si particulière de cire, de vieux livres, de poussière. C'était une odeur singulière, et, elle en était sûre, dans quelques années ce serait l'odeur de son enfance, l'odeur de la nostalgie.
Esther avait passé ses vacances dans le stress des remontrances de sa mère par rapport à sa relation avec Remus, qui n'était pas sérieuse vis-à-vis de Sirius, tout un blabla dont elle n'avait cure. En effet, elle se foutait des conséquences. Cette année serait peut-être la dernière qu'elle aurait en liberté, dans la mesure où l'année prochaine, elle devrait peut-être s'afficher avec son fiancé. Avec tout cela, Sirius et la jeune femme avaient eu une petite discussion : ils étaient tous deux libres jusqu'au mariage et c'était non négociable. Son été avait donc été un jour sur deux sa mère qui lui faisait des reproches, et les autres jours, la Gazette du Sorcier qui ajoutait des pages à ce qui était prévu pour la rubrique nécrologique, par manque de place. Un été particulièrement glauque en somme.
Mais actuellement, Esther respirait le bon air de la grande salle qui emplissait à nouveau ses poumons.
« MAIS FERME-LA POTTER ! »
Tiens, ça, ça m'avait pas manqué…
8 Octobre 1976 :
En ce vendredi, Adélaïde était l'avant-dernière dans le dortoir et elle était de très bonne humeur ; le cours de métamorphose de la veille avait été annulé, elle avait un rendez-vous avec un beau Serdaigle et demain était le jour de son anniversaire, quoi de mieux ? Elle attrapa son sac, et se dirigea vers la sortie, non sans lancer un chausson sur la masse que se trouvait être sa colocataire sous les couvertures. Il fallait bien une demi-douzaine de chaussons pour la faire sortir de son antre en ce moment.
Adélaïde enfin partie, Esther se leva et se dirigea vers la salle de bain. Après une douche et le passage une robe sur laquelle la jeune fille épingla son insigne de préfète, elle sortit sans même prendre la peine de fermer son encrier - qu'elle avait laissé sécher toute la nuit, ce qui lui était bien habituel.
Elle descendit tranquillement à la salle commune presque vide. Dans l'angle près de la fenêtre se trouvait Regulus Black, assis sur un fauteuil en cuir en train de travailler. Il avait l'air las voir triste.
Esther le fréquentait peu, en tout cas moins que son frère. Si, auparavant, on lui avait demandé de choisir entre les deux frères Black, la Serpentard aurait choisi sans hésiter le cadet. Mais les années les avaient changés tous trois. Sirius restait un grand enfant, malgré tout, ces débuts de guerre l'avaient rendu plus sombre, pas fataliste, juste moins idéaliste, ou peut-être plus. On ne saurait donner un mot sur cette haine qui l'habitait parfois. Sirius s'était endurci au fil des années, c'était indéniable.
Regulus, elle s'en souvient, était un enfant assez calme, au caractère sournois. Ce gamin, elle s'en serait accommodé. Parfois elle l'avait vu jouer avec son aîné, mais la rupture c'était clairement faite à l'entrée à Poudlard de ce dernier. Ce gamin avait grandi et après avoir été dans l'ombre de son frère, il avait été dans celle de ses parents, et elle n'en était pas dupe, bientôt de Vous-Savez-Qui. Aujourd'hui elle n'échangerait pour rien au monde Sirius contre Regulus, car certes ils se ressemblaient, mais Sirius ne la pousserait jamais à quoi que ce soit. Ils s'y était fait, ce n'était plus vraiment de la haine entre eux, ils ne s'aimaient juste pas, chacun mènerait sa vie, au sein d'une même maison. Rien de plus. Rien de moins non plus, alors qu'avec Regulus elle savait qu'en se mariant à lui, elle aurait dû se marier à ses idées, et ça, ça lui aurait été insupportable.
Elle se limitait donc à de la courtoisie avec Regulus, la courtoisie qui est de rigueur lorsque l'on se connaît depuis des années et que l'on va bientôt être de la même famille.
Elle n'avait pas envie de manger ce matin, depuis déjà trois jours elle avait mal au ventre. Un mal fort contagieux aux femmes de 13 à 45 ans.
Arrivée devant la porte de l'infirmerie, elle se fit bousculer par Severus, l'air hagard, qui la secoua comme un prunier.
"Mais calme-toi, t'es malade ou quoi ? Rentre dans l'infirmerie, vu l'état dans lequel tu es, tu ferais mieux d'y rester !
Elle accompagna la parole du geste et le poussa à franchir les portes de nouveau. À sa droite était alité Remus, qui ressemblait plus à un légume qu'à un Gryffondor.
- Je ne resterai pas plus longtemps ici ! C'est un monstre ! Tu m'entends Esther ? UN MONSTRE !
- Qui donc ? Dit-elle en levant les yeux au ciel. Le Serpentard avait le don de toujours tout exagérer et de s'emporter pour un rien.
- LUI ! C'EST UN MONSTRE ! COMMENT DUMBLEDORE PEUT-IL L'ACCEPTER ICI ! hurlait-il à plein poumon. Le brun se fichait apparemment bien que montrer du doigt était impoli, puisqu'il le fit sans remords, désignant le corps allongé sur les draps.
-Arrête tes conneries… Remus ne ferait pas de mal à une mouche. Tu exagères.
Remus avait légèrement relevé la tête et les regardait fixement, comme un condamné à mort attendrait sa sentence.
-C'est un monstre ! Crois-moi pour une fois ! C'est un loup garou ! Tu m'entends ?! Un loup garou ! Et à ces mots Remus grinça.
-Je t'entends très bien, arrête de me crier dans les oreilles, Severus ! Elle le saisit par les épaules et le regarda droit dans les yeux. Tu vas me laisser passer. Car mon utérus, faute d'avoir enfanté ces dernier temps, se prend pour un elfe et me martèlent les ovaires et je ne suis donc pas en état d'écouter tes jérémiades. Et puis, laisse ce pauvre Remus tranquille enfin, vu l'état dans lequel il est, il n'est pas bien dangereux. En plus, si Dumbledore l'accepte, c'est qu'il a ses raisons. Alors maintenant tu vas arrêter de crier dans l'infirmerie ! C'est un lieu pour les malades, donc soit tu te calmes soit je te calme !» Sa tirade avait eu l'effet d'une gifle. Elle s'en alla, laissant Remus soulagé et Severus choqué, la bouche grande ouverte. Elle revint avec deux fioles, l'une verte, l'autre violette. Elle avala la seconde et tendit la première au Serpentard.
«Bois ça, ça te calmera, et par pitié ferme-la, ne t'abaisse pas aux commérages de Brown.» Elle replaça l'oreiller de Remus et partit s'enfermer dans son dortoir.
22 Octobre 1976 :
À Poudlard, lorsque Remus John Lupin disait "stop", Sirius et James savaient qu'il fallait arrêter s'ils ne voulaient subir les foudres de leur ami. Toutefois, aujourd'hui le préfet n'avait pas dû le dire assez distinctement, ou du moins c'est ce que prétenderaient plus tard ses deux acolytes pour se justifier. Le loup-garou essayait perpétuellement de les faire revenir à la raison, mais rien n'y faisait jamais. Actuellement, Severus était pendu par le pied à un arbre, tandis que James et Sirius se moquaient de lui. La routine, Ce qui fit cesser cela fut l'arrivée de Lily et d'une distribution de gifle pour les deux maraudeurs… Et elles ne venaient pas de Remus.
«Lily…» La dite Lily n'eut que faire de la supplication de James, et tenta de relever son ami qui était tombé du grand chêne. Mais elle ne réussit pas jusqu'au bout car, allez savoir pourquoi, Severus, plus qu'énervé, la repoussa.
« Je n'ai pas besoin de ton aide, sale sang de bourbe ! » Lui cracha le Serpentard en pleine face. Lily, aussi étonnant que cela puisse être, ne parut pas si choquée que cela, ou du moins elle ne le montra pas. La jeune femme se retourna et avec flegme partit vers le château. Elle eut à peine le temps de faire trois pas, que James accourut et l'apostropha.
« Lily, ce n'est qu'un con, oublie-le… La grande rousse le regarda avec un profond dégoût.
- De vous deux, je ne sais qui me dégoute le plus actuellement Potter, que ce soit lui qui n'ait aucune reconnaissance du ventre, ou toi. Tu me fais vraiment pitié Potter ! »
Elle lui donna une seconde gifle sur l'autre joue, et partit en courant.
Ayant fini de se frictionner la joue, Sirius s'approcha de son meilleur ami sonné.
« Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre, belle philosophie, merci Jésus !
- Ta gueule Sirius … »
Remus, lui qui avait tout observé de loin, toujours adossé à l'arbre, regardant ce spectacle si familier et pourtant il en était sûr, qui resterait dans les mémoires. Plus que cela, il se demanda quelle serait la prochaine connerie que ses amis feraient. Plus ça allait, moins il arrivait à les tenir. Et plus ça allait, plus il remerciait Peter de ne pas être un super actif mais plutôt comme disait Esther 'un super passif'.
1 Novembre 1976 :
Le corps et le cœur lourd, Sirius se redressa ; un marteau piqueur résonnait dans son crâne et sa joue n'avait cessé de lui faire mal. Le soleil était bas mais pas encore couché. Il trouva la force de relever le bras pour regarder l'heure. 19:36. Cela faisait exactement trois heures et 12 minutes qu'il avait dit à Rebecca… était-ce Rachel ? Il ne savait plus bien. Le fait était qu'il avait mis un terme à leur relation, qui durait depuis deux semaines ; ce qui était déjà beaucoup pour le damoiseau Black, allégorie moderne du Dom Juan. Et ce Dom Juan avait découvert aujourd'hui qu'il avait beau esquiver les sorts, il avait toujours du mal à esquiver les gifles. Se hissant sur ses deux jambes, il se cogna le front contre le rebord du lit. C'était vraiment sa journée. Le regard vide, il descendit à la salle commune où il ne croisa aucun de ses comparses habituels. Les flammes, dans l'âtre de la cheminée, produisaient une douce lumière qui se dispersait dans la pièce. L'odeur apaisante de chocolat vint à ses narines ; la cause ? Une tasse oubliée par inadvertance sur la table à sa gauche. Cette dolce Vita, il ne se voyait pas la quitter l'année prochaine. Sirius n'arrivait pas à se projeter avec une femme et un enfant en bas âge dans une petite maisonnette aux volets bleus. Sirius n'était pas quelqu'un qui rêvait de se poser avec une famille, un travail et une routine. Sirius n'aimait pas la routine, lui vivait dans l'insouciance de sa jeunesse et voulait vivre mille et une aventures avec ses trois amis. Il n'était pas contre une ou deux aventures en compagnie de la gente féminine, mais pas plus. Il rêvait sa vie en couleurs, et si possible en rouge et or.
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À 20:12 il déposa ses fesses sur le tabouret en bois toujours aussi inconfortable, en face de Remus, qui -sans mauvais jeux de mots- semblait avoir une faim de loup. Lui n'avait pas vraiment d'appétit, il se contenta de fixer sans réelle conviction le col de chemise tâché de sauce tomate appartenant à Peter.
"Alors ? La voix de son frère spirituel résonna dans son crâne.
-Que veux-tu que je te dise Cornedrue, j'ai rien à ajouter. Je m'en suis pris une. Je te l'ai déjà dit ; Rachel est rancunière.
-C'était Rebecca, Patmole…
-C'est du pareil au même…"
Elle s'appelait finalement Rebecca. Cette fille, il ne l'avait écoutée que très peu. La Poufsouffle était bien faite, de longs cheveux blonds, presque blancs, avec des yeux noirs lui donnant un air mystérieux, mais ceci était bafoué par son intelligence plus que discutable et son atroce naïveté. Elle ne savait pas s'imposer et marchait le long des murs, pour ne pas se faire remarquer. Raté. Sirius devait avoir un radar.
Elle avait été assez ingénue pour croire qu'il l'aimait. Sirius était un homme à femmes. Sirius ne tombait pas amoureux. Toujours dans un état second, le jeune brun ne la vit pas arriver à grands pas vers lui. Il ne vit pas non plus les gestes de Remus pour le prévenir. Ce n'est que lorsqu'il se retourna pour s'étirer, que sa présence le frappa, comme la deuxième claque qui arriva et qu'il ne parvint pas à esquiver. Elle est plus que rancunière…
"La deuxième est pour cette pauvre Walsh ! Je la plains… avec un pauvre type comme toi!
- Smith ! Ce n'est ni le lieu ni le moment !" Siffla James le regard haineux. James n'aimait pas le comportement de son meilleur ami avec les filles, mais n'aimait pas non plus la Poufsouffle. Elle lui tapait sur les nerfs continuellement. Visiblement il avait réussi à la faire partir. Merci Merlin !
Cette fille était un véritable pot de colle. Sirius se massa la joue et retourna à sa contemplation de la coupe de mirabelle qui était apparue sous ses yeux. C'est vraiment ma journée ! Il resta comme cela facilement dix minutes, avant que Peter le prévienne qu'ils montaient à la salle commune. Il les suivit tel un bon petit pantin. James partit alors de son côté pour retrouver Lily. Il marchait d'un pas pressé vers leur point de rendez-vous habituel, une petite salle avec un canapé qu'ils s'étaient dégottés. Le comportement de son ami le mettait vraiment en rogne. Lui qui avait toujours aimé secrètement Lily, il ne comprenait pas l'indifférence aux femmes de Sirius. Et maintenant qu'il était avec elle, il avait aussi mûri sur ce point. Il aurait aimé faire comprendre à ce coureur de jupon que les sensations procurées par ses aventures avec des quasi inconnues ne tenaient pas, comparées à une relation désirée pendant longtemps et enfin accomplie. Certes cela demandait des sacrifices, et mettait le cœur à découvert, mais quelle expérience ! Elle était avec lui… Lorsque cette pensée le traversa au détour d'une salle, le sourire lui monta aux lèvres. Il pouvait désormais se permettre de lui faire ce même sourire complice en la croisant dans un couloir, rien que pour la voir s'éclairer de l'intérieur… Son cœur ne cessait de faire des loopings en ce moment. Mais il était dur d'évoquer ce sujet dans leur trio. Il paraissait niais, il le savait, mais s'en moquait. Après la gifle, tout était allé si vite ! Il avait remarqué que le regard de Lily s'était terni les jours suivants. Il avait fait alors quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé faire : il avait bafouillé des mots d'excuses à Severus, mais attention, de manière à ce qu'elle entende. Il ne l'avait pas fait de bon cœur. Mais l'événement avait quand même renforcé son estime personnelle (déjà assez haute) et une sensation de sérénité inavouable. De plus, Lily ne l'avait semble-t-il plus regardé comme avant, mais comme un jeune homme avec un cœur. Et ça avait tout changé.
Ces pensées, chemin faisant, le rendaient tout léger. Il se sentait le même qu'avant mais comme neuf. Cela le séparait un peu de ses deux amis d'ailleurs. Ah, les femmes ! Remus avait toujours été le plus mature et responsable, et James continuerait à faire des bêtises mais il cernait désormais mieux les limites et, pire encore, s'en imposait à lui-même ! Il avait changé, c'était finalement indéniable...
Peter lui se dirigeait alors vers sa salle de bain, et Remus s'assit en face de Sirius, les yeux pleins de compassion. Lui aussi n'aimait pas le comportement de son ami, mais il le plaignait tout de même. Le brun défaisait ses lacets lorsqu'un hibou, qu'il ne connaissait que trop bien, vint donner de violents coups de bec à la fenêtre. Le Hibou de ses parents venait d'achever sa journée.
14 Novembre 1976 :
S'il n'avait pas été aussi heureux cette nuit, il serait sorti de ce lit et serait rentré dans son dortoir. Mais il était vraiment trop bien. Cependant, là il avait froid, vraiment. En même temps je risquais pas d'avoir chaud, à poil dans un lit ? À côté de lui, Esther dormait comme un loir et avec la couverture. Doucement, il essaya de la récupérer, mais sans résultat probant. Il l'appela faiblement, rien n'y fit. Finalement après quelques secondes, elle grogna et se retourna.
« Tu peux arrêter ton bordel, st' plait ?
- Tu peux me passer un peu de couverture, j'ai froid. Supplia le jeune homme
- Mets un pull. Rétorqua-t-elle en s'enroulant encore un peu dans les draps
- Esther, je suis nu dans ton lit, tu crois vraiment que je vais mettre un pull. S'impatienta son amant
- Ah mais c'est pas ma faute … Dit la Serpentard avec un demi sourire.
- Un peu, allez passe-moi ça. Répondit le loup-garou avec le même demi sourire, tout en tirant la couette.
- Nan… » Esther roula sur elle-même et se colla à Remus, qui était enfin couvert.
16 Novembre 1976 :
La femme était assise sur ce petit banc de fer forgé le long du chemin de Traverse, occupée à lire la gazette du sorcier. Elle ne souciait pas de ce qu'il se passait aux alentours. Y avait-il du monde, peut-être, elle n'aurait su le dire. Sa journée, elle l'avait passée à flâner dans les rues. Le congé qu'elle s'était octroyé, était exceptionnel. Son quotidien ne lui permettait ni l'ennui ni la rêverie. Et, ne serait-ce que lire le journal sur un banc en prenant son temps était un luxe qu'habituellement elle ne se payait pas. Quinze minutes plus tard, elle ne serait plus de ce monde. Et en quelque sorte, elle en fut heureuse, mourir en cet instant, c'était particulier. Elle en était heureuse. Être sur ce banc, maintenant.
17 Novembre 1976 :
Severus n'était franc qu'avec Esther. Avec Lily, il ne disait que ce qui pouvait le valoriser, avec sa mère il ne disait rien, il ne voulait pas la mêler à ses problèmes. Et les autres ? Les autres il s'en moquait bien, il les ignorait au mieux. Mais Esther, il pouvait bien lui dire n'importe quoi, elle serait là à l'écouter et même si elle ne le comprenait pas toujours, elle ne cherchait pas à le faire culpabiliser à chaque fois qu'il foudroyait du regard un première année. Alors, lorsque Esther rentra dans cette salle commune presque vide, elle sut. Qu'est-ce qu'elle savait, elle n'aurait su le dire. Mais elle savait et c'était ce qui était important. La jeune femme s'assit à sa droite, dans ce canapé qui se réfléchissait un peu dans le hublot.
« J'ai fait le strict minimum. Annonça Severus de but en blanc.
- C'est-à-dire ? L'interrogea son amie en fixant leur reflet dans le hublot.
- Juste une femme. Rien d'autre. Continua-t-il sur le même ton.
- Quel âge ?
- Tu veux pas non plus que je te dise la couleur de son soutien-gorge ?! S'énerva le Serpentard, les mains tremblantes.
- On parle d'une femme que tu as tué Severus ! Je veux savoir à quoi elle ressemblait. Rétorqua Esther en tournant ses yeux vers lui ;
- Pff… Une grande perche d'une cinquantaine d'année avec des cheveux gris et habillée à la moldu sur un banc à lire la gazette. Ça te va ? Lui répondit le jeune homme, plus qu'énervé mais pourtant contenu.
- Sur un autre ton, de nous deux, c'est toi qui as tué pas moi, alors ne me parle pas comme ça, je ne suis pas Evans ! Le calma automatiquement la brune.
- Comprends juste, c'est compliqué pour moi, je ne veux pas y penser.
- Tu fais bien, faut pas y penser. »
Sur ces mots, Esther se releva en serrant une dernière fois les mains de son ami entre les siennes. Les tremblements du jeune homme se calmèrent et une seule larme, parfaitement ronde, coula sur sa joue droite.
20 Décembre 1976 :
Ils ne savaient pas exactement ce qu'ils faisaient ici, dans cette réception du ministère, avec le fleuron de la société sorcière, en buvant du rhum de groseille. Esther comme Sirius étaient totalement blasés, ils auraient préféré être dans leur salle, avec leurs amis, comme d'habitude, du moins pour Sirius. Esther, elle, se serait installée dans la bibliothèque et n'en serait sortie que le 6 janvier. Bref tout cela pour dire qu'ils faisaient acte de présence sans grande conviction.
La plupart des personnes se trouvant à cette réception étaient d'illustres sang-purs dont ils se fichaient comme de l'an 40, il y avait aussi quelques élèves, mais ils n'étaient guère nombreux à être dans la même posture qu'Esther et Sirius .
'Faire Bonne Figure' avait toujours été ce que sa mère exigeait d'elle lors des évènements mondains, et Esther s'en était toujours accommodée. Cela consistait à avoir un sourire de circonstance, en toute circonstance. Hypocrisie ? Très certainement, mais surtout paix. Paix de pouvoir à peu près agir comme bon lui semblait, tout en restant dans le cadre de ses parents. Alors oui c'était lâche, comme disait Sirius, mais on ne peut pas toujours être courageux, et puis Esther était à serpentard, et ce n'était pas pour rien.
« J'ai pas envie d'être ici… Souffla discrètement la demoiselle;
- Tu crois que j'ai envie que tout le monde te voit critiquer ma virilité et envier mes cheveux ? Lui répondit le Gryffondor sur un ton mi- rieur mi désespéré.
- Tu préfèrerais que j'envie ta virilité et que je critique tes cheveux ? Rétorqua-t-elle sur un ton identique.
- Non ça me suffit comme ça, merci. Tu te les coupes quand tes cheveux d'ailleurs ?
- Jamais.»
La conversation se stoppa là, ils n'avaient pas grand-chose à se dire de toute manière.
Ils croisèrent le nouveau couple Malefoy, qui leur parut étrange. Lucius premièrement, qui était clairement amoureux de sa femme, ce qui paraissait déjà inhabituel. Lucius Abraxas Malefoy amoureux ? Yerk ! Ça c'était selon Esther. Et secondement il y avait Narcissa qui, toujours aussi extraordinaire que cela puisse être, suivait son mari comme son ombre, tout en gardant son statut d'impératrice des glaces. Et ça c'était selon Sirius.
Pour continuer dans l'étrange, se comporter comme un couple durant toute une soirée les fit bien rire. Peut-être, voir certainement, trop du goût de Max qui les surveillait de loin. Max était sans doute le seul à n'avoir jamais été trop dupe vis à vis des romances de sa fille. Odette était persuadée qu'elle testait juste les limites en sortant avec son meilleur ami. Beh bien sur … Tout cela pour vous dire, qu'ils riaient tout de même bien lorsque des personnes leurs posaient des questions, Esther, autant que Sirius, se plaisaient à raconter n'importe quoi. Un rien était prétexte à égayer leur soirée, tout en restant dans un calme relatif à la soirée, cela s'entend.
Une fois, il firent croire à une quinquagénaire que Sirius avait été à la naissance une femme et que ses parents, pour des soucis d'héritage avait décidé de le faire opérer. Esther avait énormément rit, Sirius un peu moins. Puis il avait fait croire l'inverse. Le fils de l'ambassadeur Français qui devait avoir à peine deux ans de plus qu'eux demanda si elle avait utilisé cette invention moldu qu'étaient les lentilles - que ni Sirius, ni la concernée ne connaissait - pour se donner un style tellement elle était banale. Autant vous dire qu'elle n'apprécia pas du tout. Mais alors pas du tout. Alors la jeune femme se retint tant bien qu'elle put.
"Mais évidemment, je suis même si insipide que j'ai cru que vous parlez, serait une bonne idée pour égayer ma soirée, sans vouloir vous offenser, ce n'est pas que notre conversion m'ennuie, mais je vais aller de ce pas vérifier s'il reste des tartelettes à la mélasse."
Une bonne demie heure plus tard, ils s'ennuyaient de nouveau à en mourir. Il n'y avait plus de petit vieux crédule, ni de fils d'ambassadeur, même si cela n'avait fait rire que Sirius, cette histoire, cela avait mis un peu d'animation. Mais là c'était le vide total, il ne restait plus que quelques couples qui discutaient dans leur coin. Les deux adolescents se morfondaient en attendant leurs parents.
"Tu vois l'année dernière c'était ça pendant toute la soirée, c'était horrible. Entama Sirius en observant platement la salle de réception.
- Rappelle-moi pourquoi James ne vient pas ? L'interrogea Esther en vidant un énième verre.
- Ses parents n'y vont pas… Lui répondit-il en la regardant.
- Ah oui chuis con ! Rigola-t-elle un peu fort.
- Conne et pas que, t'es surtout crevée et un peu bourrée. Dit-il en lui reprenant le verre qu'elle venait de remplir.
- C'est ton rôle ça normalement de dire des âneries ! Continua la Serpentard en riant et en essayant de récupérer son verre.
- Faut croire qu'on échange nos rôles avec un coup dans le nez et de la fatigue. Proposa le jeune homme en déposant le verre loin de sa fiancée.
- Tu deviens intelligent quand t'es bourré ! Annonça celle-ci en s'appuyant maladroitement sur une chaise.
- Je suis pas bourré, et James dit que j'ai l'alcool triste. Rétorqua Sirius en observant l'assemblée de personnes.
- Je crois pas que ce soit ça… Continua Esther, les yeux mi-clos, s'asseyant sur la chaise.
- Je sais pas, j'ai pas envie de mettre un mot sur ça." Conclut son homologue en s'asseyant à ses côtés.
22 Avril 1977 :
"If there's no-way of showing where your love lies;
Is it me? Is it him? Or no-one ;
What will be done?
About the mess you made me,
Oh don't you give a damn,
You're gonna drive me crazy...
- Ne chante pas ça Esther, c'est sordide venant de toi… Soupira le Gryffondor, la tête penchée sur un livre à la couverture rouge.
- Ce n'est rien qu'une chanson 'Mus ! Rigola la jeune fille en collant son nez dans le cou de son compagnon.
- Oui mais venant de toi c'est de très mauvais goût. Continua-t-il sans stopper sa lecture.
- Pfff la belle affaire !" Répondit Esther en lui retirant le livre des mains et roulant sur lui dans un rire.
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En espérant que ce chapitre vous ait plu. Vous savez vous pouvez nous laisser des commentaires, promis on ne mord pas ! (D'ailleurs merci à Lune Patronus) Le titre du prochain sera «Lovely Night» de Rayan Gosling & Emma Stone
