Disclamer : ces personnages ne m'appartiennent pas, hormis Gahou évidemment. Et celui-là, je le garde pour moi toute seule, na !

Note : merci pour toutes vos reviews, c'est très gentil de votre part et j'espère que ce chapitre vous fera également plaisir.

Apprivoise-moi

Chapitre 9 : Alerte et tornade maxwellienne

Une sonnerie stridente réveilla Wufei en sursaut, et il ouvrit difficilement un œil en maugréant. Son regard se posa aussitôt sur Quatre qui ouvrait également les yeux en baillant, émergeant en douceur du repos bénéfique où il était plongé quelques minutes auparavant.

Wufei lui sourit tendrement, heureux de revoir les deux prunelles turquoise et, se penchant pour déposer un petit baiser sur son front entre les mèches blondes, il murmura :

- Rendors-toi, ce doit être Yui qui appelle pour le rapport.

- Moui…

Le pauvre Quatre était fatigué et il se contenta de sourire doucement avant de refermer bien vite ses yeux, retournant au doux royaume de Morphée, Gahou tendrement blotti dans ses bras. Bizarrement le téléphone ne semblait pas le gêner outre mesure et Wufei profita donc du calme du couple enlacé pour se relever et aller répondre à ce maudit téléphone qui les privait d'un peu de tranquillité.

Son œil s'attarda sur l'horloge électronique avant de décrocher et il fronça les sourcils quand il se rendit compte qu'il était très tôt… Les chiffres affichaient à peine 4h17 du matin, et même si Heero était le soldat parfait en tous points, cela étonnait le chinois qu'il puisse être réveillé aussi tôt.

A moins que…

Inquiet, il décrocha rapidement et la voix froide et sans ton d'Heero répondit aussitôt :

- Allô 05 ?

- Oui. Qu'est-ce qui…

- Repli immédiat 05 ! Oz présente des signes inquiétants de déplacements, qui semblent se diriger vers vous. Nous soupçonnons qu'ils aient découvert votre planque.

- Quoi ? s'alarma Wufei, sentant l'adrénaline monter en lui.

- Peu importe les risques maintenant, vous devez rentrer le plus vite possible ! C'est un ordre.

Pour une fois, le chinois ne tiqua pas au mot ordre et sans attendre, saisissant la gravité de la situation pour qu'Heero s'adresse ainsi à lui, il raccrocha sans ajouter un mot de plus et se précipita dans la chambre.

Dire que Quatre venait de se rendormir… Malheureusement s'ils restaient ici trop longtemps, il s'endormirait probablement pour toujours et il était hors de question de courir ce risque-là !

Wufei secoua un peu brutalement l'épaule du blondinet. Les mots se bousculèrent à ses lèvres, lui qui d'habitude était si calme.

- Quatre, dépêche-toi ! Il faut partir !

Il courut à l'armoire et sortit une tenue qu'il jeta sur le lit, en ordonnant sèchement :

- Habille-toi, Oz arrive !

Si Quatre eut un mal fou à émerger, la simple évocation d'Oz le pétrifia et il ouvrit brutalement les yeux, inquiet.

- QUOI ? OZ ?

Ce brusque mouvement eut un impact considérable sur son corps affaibli et la douleur de sa blessure se rappela à lui, lui arrachant une grimace affreuse alors que son teint pâlit. Il était loin d'être remis malheureusement et il avait présumé de ses forces, ce dont le chinois se rendit compte tout de suite. De toute façon, vu ses capacités et ses connaissances en médecine, il ne pouvait pas en être autrement : Quatre était loin d'être guéri.

- Ecoute, contente-toi de t'habiller, je file préparer nos affaires. Ne bouge pas sans mon accord !

Et sans attendre de réponse, ayant déjà enfilé un simple pantalon et s'évertuant à enfiler un t-shirt à la va-vite, le chinois sortit précipitamment de la pièce, partant au rez-de-chaussée pour emmener le plus important. Il récupéra quelques affaires indispensables et prépara un sac contenant les choses les plus essentielles, à savoir les documents sur la mission et quelques armes, ainsi que tout objet susceptible de devenir dangereux pour eux si jamais il tombait dans les mains de Oz…

De son côté Quatre tenta de s'habiller en faisant fi de la douleur, sans même remarquer que tout ce remue-ménage avait grandement énervé Gahou. L'enfant s'était redressé dans le lit, les oreilles bien droites, et fixait avec nervosité le jeune arabe, essayant de comprendre ce qui se passait. Pourquoi s'affolaient-ils ainsi et quelle était cette agitation ? Les évènements lui échappaient totalement et inquiet, il se saisit de la manche que Quatre venait à peine de réussir à enfiler, pour tirer dessus, exigeant une explication de ses petits yeux suppliants.

L'arabe sentit le pincement sur le tissu et quand il croisa le regard terrifié de Gahou, il eut un petit sourire crispé et passa machinalement sa main dans les cheveux couleur sable. Le geste était maladroit et peu rassurant dans le fond, mais l'enfant sembla pourtant s'en contenter.

- Tout va bien aller hein ? On doit quitter cet endroit mais tu viens avec nous bien sûr. Ne t'inquiète pas.

Les prunelles de l'enfant s'agitaient, remplies de peur et d'une lueur d'incompréhension. Tout cela l'inquiétait terriblement. Il se passait quelque chose, il en avait conscience mais il était incapable de mettre la main dessus. Après tout, il n'était qu'un gamin âgé de quelques années, qui venait de quitter une prison sinistre mais tranquille, contre un monde nouveau et coloré, mais terriblement dangereux. Quatre ne comprenait que trop bien sa peur et il voulut le rassurer en le serrant contre lui, mais Gahou lui échappa soudainement, glissant hors des draps pour sortir précipitamment de la chambre, ses jambes tricotant allègrement sous les yeux effarés du jeune arabe.

- Non Gahou !!! Reviens ici !

Son cri et l'affolement qui s'empara de lui réveillèrent la douleur à son estomac et il suffoqua pendant quelques secondes angoissantes. Il n'avait pas le temps…

L'esprit fixé sur son objectif, essayant de mettre de côté sa douleur, il fit glisser ses jambes sur le côté du lit et tenta de se relever. L'effort fut considérable et lui arracha une larme qu'il refusa de prendre en considération. Son corps vacilla une fois debout et il se retint juste à temps contre le mur, d'une main tremblante.

Un pas l'un après l'autre, réapprenant les rudiments de la marche, qui ne lui avait jamais semblé aussi difficile qu'en cet instant, il ne réussit même pas à atteindre la porte de la chambre.

Celle-ci s'ouvrit brusquement et le blondinet croisa deux onyx surprises, qui se teintèrent rapidement d'une lueur colérique :

- Quatre, tu ne devais pas bouger !

N'écoutant même pas les faibles balbutiements du jeune arabe, le chinois s'approcha et passa un bras sous ses genoux, un autre sous ses bras, pour le soulever loin du sol, l'empêchant ainsi de gaspiller le peu de forces qu'il avait réussi à gagner durant ces quelques jours.

- La voiture est prête, on y va !

- Non Wufei… Attends…

Le chinois ne l'écouta même pas : de toute façon, à part sauver leurs vies et empêcher Oz de refaire le moindre mal à son ange blond, il n'y avait aucune autre urgence dans l'immédiat. Il descendit précipitamment les escaliers, secouant peut-être un peu trop Quatre qui retint difficilement des grimaces de douleur. Leur simple vue força Wufei à se calmer un peu, mais c'est d'un pas tout aussi stressé qu'il sortit dehors avec son précieux fardeau. Il l'installa à l'avant et l'aida à attacher sa ceinture, quand les gémissements de Quatre tiltèrent enfin dans son esprit.

- Merde ! Le gamin !

Sursautant comme un diable en boîte, il claqua rapidement la portière de Quatre et courut à l'intérieur, hurlant comme un damné :

- On doit partir ! Hé le môme !!

Il se précipita dans les escaliers et ouvrit la porte de la chambre violemment. Un rapide coup d'œil lui indiqua qu'il n'y avait personne et Wufei sentit son taux d'adrénaline grimper encore plus.

- Saleté de gamin… Merde, merde, merde…

Il fit ainsi toutes les chambres à l'étage, se démenant pour constater avec effarement que le gamin n'y était pas. Même pas l'ombre de deux petites oreilles pointues…

- Mais c'est pas possible ça !

Wufei redescendit et fouilla le salon du regard. Le temps pressait, Oz pouvait être là d'une minute à l'autre et si jamais ils repéraient leur mouvement de fuite, ils ne les lâcheraient plus ! S'ils devaient partir, c'était maintenant. Et de toute urgence !

Le chinois eut brusquement envie de hurler, quand un mouvement dans les coussins du canapé attira son attention et ni une ni deux, il se précipita vers le gamin qui tentait de trouver un refuge quelconque à la tension qui régnait dans la demeure. Sans prévenir, il l'attrapa par la taille et son précieux paquet enfin dans les bras, il courut à l'extérieur pour venir s'asseoir devant le volant, juste à côté de Quatre qui tendit instinctivement les bras vers ce que le chinois n'avait absolument pas tenu à abandonner derrière eux.

Terrifié par les évènements, Gahou se jeta contre lui en couinant et jetant sur lui un regard exaspéré, Wufei enclencha la première…

Maintenant le plus urgent était de rentrer. Parce que Quatre avait vraiment besoin de soins, vu la pâleur inquiétante de son visage…

o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o

10h de route… Wufei ne s'était arrêté que pour refaire le plein d'essence, foudroyant du regard le jeune pompiste qui avait cru qu'il désirait de l'aide et lui enjoignant muettement de ne pas approcher du véhicule. Ce que l'homme avait préféré éviter, vu l'attitude clairement hostile du chinois. Son client avait payé et était reparti aussitôt, le pied collé sur l'accélérateur.

10h de route… et d'angoisse. A se poser cent fois la même question, sans oser la formuler à voix haute pour ne pas inquiéter Quatre : est-ce que Oz les avait repéré ? Est-ce qu'ils étaient partis à temps ?

Mais cette précaution semblait inutile : avec son empathie, le jeune arabe n'avait cessé de percevoir l'inquiétude et la nervosité de son compagnon, ce qui l'avait lui-même plongé dans un état de stress intense. N'étant pas en état de le supporter longtemps, il avait fini par s'évanouir deux heures auparavant et depuis, il semblait dormir paisiblement, même si son visage était parfois crispé dans une grimace de souffrance.

Wufei s'en voulait de lui faire subir cela, mais il en voulait encore plus à Oz et il s'était juré une bonne dizaine de fois durant le trajet qu'ils payeraient dés qu'il serait aux commandes de Nataku. Foi de Wufei !

Jamais son soulagement ne fut plus grand que quand il aperçut enfin la planque où se cachaient les trois autres. Perdue à côté d'une petite bourgade dont même le nom ne lui disait rien, Oz ne risquait pas de les retrouver ici et le chinois soupira quand il arrêta enfin le moteur. Il s'appuya contre son siège et jeta un coup d'œil à ses deux passagers. Quatre dormait enfin ou tout du moins était plongé dans une sorte de somnolence qui, si elle ne devait pas vraiment être rassurante, n'était pas non plus mauvaise pour lui. Quant à Gahou il venait de se réveiller, émergeant du sommeil avec une facilité déconcertante qui aurait donné des leçons importantes à Duo. Ses oreilles dressées sur le crâne, il observait Wufei avec curiosité, se demandant sûrement quelle serait la suite du programme.

Une porte s'ouvrit et le chinois aperçut bientôt la silhouette familière du français s'approcher de la voiture : il avait dû reconnaître son conducteur car il semblait détendu et son visage apparu bientôt par la fenêtre du côté de Quatre.

Cette apparition effraya le gamin qui sauta soudain hors du siège et fila à l'arrière avec une agilité déconcertante, sous les yeux écarquillés de Trowa. Ce dernier ouvrit la porte passager et questionna Wufei du regard :

- Ce n'est rien Trowa. Un invité surprise dirons-nous. Dis, tu peux t'occuper de Quatre. Il a besoin de soins urgents et de repos surtout.

- Bien.

Le français ne demanda pas plus d'explications et il prit le blondinet dans ses bras, son regard inquiet se posant sur son meilleur ami, dont le visage un peu trop pâle n'était pas vraiment rassurant.

Il l'emmena à l'intérieur et même Wufei pu entendre de là où il était le cri de joie de Duo, visiblement heureux de les voir rentrer. Le connaissant il avait dû se ronger les sangs depuis leur appel et le chinois secoua la tête en maugréant contre ces 'abrutis expressifs d'américains…'.

Puis il descendit et ouvrit le coffre pour commencer à décharger leurs affaires, avant de lancer un regard sur le gamin qui, blotti à l'arrière, continuait de le regarder fixement, avec ce regard incroyable qui avait un don certain pour faire craquer Wufei.

Le pauvre soupira et il revint ouvrir la porte au gamin à l'arrière, lui indiquant d'un signe de tête de descendre de là.

- Allez viens toi. Tu ne pas rester ici quand même…

Obéissant, le gamin descendit non sans peine de la voiture, bien trop haute pour les jambes d'un enfant de quatre ans, et il jeta un regard curieux sur la maison qui se présentait devant lui.

- Avance Gahou. Ici on ne risque rien.

Le chinois s'avança, comme pour confirmer ses dires, et trop inquiet pour rester tout seul, Gahou le suivit à la trace, trottinant derrière lui.

Wufei espérait sincèrement pouvoir poser les affaires dans l'entrée pour continuer ensuite à décharger le coffre, mais c'était sans compter la tornade maxwellinenne qui se précipita sur lui en hurlant :

- WUFFYYYYYYY !!!

- WUFEI MAXWELL ! Je m'appelle WUFEI !!

Mais pour une fois, il n'y eut aucune réplique cinglante de la part du natté. Ce dernier venait de se figer, une expression surprise sur le visage et les yeux agrandis d'émerveillement. Ce qui mit aussitôt l'alarme intérieure du chinois en route.

Il vit très nettement Heero s'avancer vers lui pour l'aider à porter ce qu'il tenait, et ce dernier se figea à son tour alors que son regard se posait vers le sol, juste derrière Wufei. Une lueur froide traversa les yeux du soldat parfait et le chinois écarquilla les yeux quand il le vit prêt à sortir son arme.

- Non Heer….

- SO CUUUUUUUUTE !!!! (1)

Le cri de Maxwell fit même sursauter Wufei qui foudroya Duo du regard. Il allait lui répliquer de se taire quand il sentit quelque chose s'agripper avec force à la jambe de son pantalon et inquiet, il tourna son regard vers Gahou.

Le pauvre semblait complètement affolé et il se cramponnait à Wufei comme si sa vie en dépendait, jetant sur Duo un regard terrorisé. Ses lèvres se pliaient doucement et s'incurvaient dans un pli annonciateur de larmes prochaines.

- Maxwell, tu ne peux pas te la fermer de temps en temps…

- Mais il est trop adorable ce bout de chou ! Vous l'avez trouvé où ?

Duo voulut venir s'agenouiller devant l'enfant mais ce dernier, affolé par les cris qu'il avait poussé, se cramponna avec davantage d'ardeur à Wufei, couinant de peur.

Le chinois réagit aussitôt et déposa sans douceur ce qu'il tenait sur le sol, avant d'attraper l'enfant qui se blottit aussitôt dans ses bras, enfouissant son visage contre son épaule comme pour se cacher de tous ces étrangers aux cris assourdissants et aux manières effrayantes.

Evidemment, Duo n'avait pas pu se contenir, et Wufei sentait le cœur affolé de Gahou battre avec frénésie, alors qu'il se cramponnait à lui en gémissant légèrement.

- Maxwell, bon sang… ! Les mots 'calme', 'douceur' et 'tact' ne te disent rien ?

Furieux, le chinois décida qu'il était temps d'éloigner Gahou de là, sans quoi le gamin risquait de lui faire une crise cardiaque dans les bras, et abandonnant les affaires dans l'entrée, ce qui ne ressemblait absolument pas à son sens de l'ordre et du rangement, il remonta rapidement vers Quatre, son précieux fardeau dans les bras. Il lui paraissait évident qu'il fallait du temps à Gahou pour s'habituer à sa nouvelle vie, et avec une tornade folle furieuse telle que Duo, ce n'était pas gagné…

De son côté, le natté tourna un regard sidéré vers le soldat parfait, qui avait gardé un visage impassible, et il demanda d'un air ahuri :

- Non mais attends ! C'est lui qui me dit ça ?... Je rêve là, c'est pas possible !

A suivre…

(1)  traduction anglaise de 'très mignon'