Bonjour/bonsoir tout le monde !

Voici le neuvième chapitre de Walt Works, tout frais tout neuf, rien que pour vous ! (légèrement en retard, mais je pense que vous avez l'habitude). Bonne lecture à vous, j'espère qu'il vous plaira !

DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animations Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient ! Merci de ne pas plagier.

Lisez-bien, et à tout de suite !


Oui. Non… peut-être ? Après tout, pourquoi pas ? Mais si je tombe je vais me ridiculiser… mais on serait tous les deux ? OUI ! Non… qu'est-ce que je lui réponds ?

Dans la tête d'Anna, tout semblait s'embrouiller, s'emmêler, pour ne laisser qu'un fouillis indescriptible et impossible à défaire. Elle fixait l'écran de son téléphone depuis maintenant un bon quart d'heure, elle avait déjà tapé une quinzaine de réponses différentes avant de les effacer, et en était toujours au même stade de réflexion : qu'est-ce que je lui réponds ?

Son cerveau semblait avoir fondu au cœur d'un volcan, et son cœur lui donnait l'impression de s'être jeté du haut d'une falaise. Cette fois-ci, elle aurait du mal à le récupérer. Elle le sentait vrombir sous sa poitrine, battre aussi rapidement que si elle avait couru un marathon juste avant.

DING !

Un autre message de Hans: « Anna ? Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave, je comprendrais tu sais… »

Argh ! S'il savait… si seulement il savait à quel point elle avait de lui répondre un oui magistral en majuscules roses brillantes ! Bon, peut-être pas, mais dans tous les cas, elle devait lui répondre. Mérida allait l'engueuler, c'était sûr et certain. Anna ne comprenait pas pourquoi, mais la rouquine ressentait beaucoup trop de méfiance envers le jeune homme, qu'elle qualifiait de « pas fréquentable, trop lisse et trop suspect ». Sa meilleure amie avait sans doute regardé trop de séries policières, pour suspecter Hans d'être un connard de première qui cachait bien son jeu.

C'est vrai, il était charmant. Grand, bien bâti, visage très agréable, poli, respectueux, et de ce qu'elle entendait sur lui, il était aussi intelligent et sportif. Que demander de plus ? Raiponce et Elsa partageaient l'avis d'Anna sur la question : il était parfait. Sans doute cachait-il ses défauts en présence d'Anna, tout le monde le fait ! Mais de ce qu'elle voyait et de ce qu'elle connaissait, elle devait l'admettre : ce mec était génial.

Elle respira profondément, et tapa son message aussi rapidement que si sa vie en dépendait :

« Bien sûr que j'aimerai passer l'après-midi avec toi ! Je t'attendrai à 15h devant la patinoire »

Elle l'avait fait. Elle avait répondu. Elle avait rendez-vous avec Hans, demain à 15h, à la patinoire. Rien que tous les deux.

Ce n'était pas la première fois, mais depuis leur cinéma en tête-à-tête, ils ne s'étaient vus que dans l'enceinte du lycée. Anna avait commencé à perdre espoir, mais il avait évoqué une nouvelle sortie à la fin de la semaine, en la croisant dans un couloir. Elle avait attendu toute la semaine pour ce message, qui était enfin arrivé. Elle avait tellement hâte d'y être!

« ELSA ! PUNZIE ! CODE ROUGE ! URGEEEEENCE ! »

Elle se précipita vers son armoire, et commença à en fouiller chaque recoin dans l'espoir de trouver quelque chose de potable à porter. La porte s'ouvrit violemment sur une Raiponce qui semblait avoir monté les escaliers à toute vitesse (ce qui était sûrement le cas).

«Qu'est-ce qu'il y a ? C'est grave ? T'es mourue ? demanda la blonde à toute vitesse.

-J'ai rendez-vous avec Hans demain ! Juste nous deux ! »

Sa cousine poussa un cri de joie avant de serrer Anna dans ses bras. Raiponce adorait quand tout se passait bien, et elle attendait depuis un moment déjà le moment où Hans proposerait à Anna de sortir avec elle.

« Où est Elsa ? questionna Anna.

-Elle est partie y'a environ vingt minutes, expliqua Raiponce, ils devaient finir un devoir de mécanique avec Harold je crois…

-Mince… jamais là quand il faut ! »

Elle se mit à vider t-shirts, jupes, pantalons et robes en tout genre tandis que Raiponce fouillait dans le meuble à chaussures du couloir pour lui dénicher quelque chose de simple mais joli. La blonde prévint également sa cousine du fait que Jack devait arriver d'une minute à l'autre, car ils avaient prévu un marathon Game of Thrones dans l'après-midi. Après de longues recherches dans son dressing et dans celui de Raiponce, Anna avait enfin trouvé la tenue parfaite : un jean foncé avec un pull à motifs beige et des bottines à talons qui affinaient bien ses jambes. Elle prit son petit blouson assez léger, en espérant qu'elle aurait assez froid pour que Hans lui passe sa veste.

« C'est parfait… simple, mignon, et ce jean te donne un fessier à tomber par terre ! lui assura Raiponce en tournant autour d'elle.

-Euh, merci aha ! J'espère qu'il me trouvera assez jolie…

-Tu t'en fiches d'être jolie ! Ton charme et ton caractère d'amour le feront tomber raide dingue de toi en un aprèm, là-dessus, tu peux me croire ! »

Anna rougit en entendant cela : et si Hans et elle sortaient ensemble ? Elle préférait ne pas se faire de faux espoirs. C'était une sortie à la patinoire entre amis, juste eux deux, tout ce qu'il y a de plus normal. Elle se changea à nouveau, quand Jack entra dans sa chambre :

« Wow, une tornade est passée par là ou quoi ? »

Elles regardèrent tout autour d'elles, et en effet, Anna avait du boulot : tous ses vêtements recouvraient le sol ainsi que son lit, ses paires de chaussures étaient éparpillées sur son tapis, et elle retira à toute vitesse un soutien-gorge qui était suspendu à sa commode, bien en évidence. Leur ami la regarda bizarrement, avant de lui faire la bise à elle et à Raiponce. Cette dernière expliqua la situation au garçon tandis qu'il enlevait écharpe, bonnet, gants et veste.

« Donc, ma petite Anna et Hans, hein ? Si on s'attendait à ça ! ironisa-t-il en s'asseyant au bureau de la jeune fille.

-Eh oh, y'a rien de concret encore donc ne commencez pas ! rétorqua-t-elle.

-Mouais, c'est ça ! »

Jack croisa le regard de Raiponce : ils savaient aussi bien l'un que l'autrequ'Anna rêvait de sortir avec Hans depuis qu'il l'avait renversé dans les couloirs. Etrange, c'est vrai. Après un petit rangement bien nécessaire, ils s'installèrent dans la chambre de Raiponce et passèrent l'après-midi devant la dernière saison de leur série préférée.

Elsa rentra quelques heures plus tard, et Anna lui annonça la nouvelle toute excitée. Elle se souvint aussi d'envoyer un message sur la conversation de groupe pour prévenir Mérida et Harold. Ce dernier était content pour son amie, mais Mérida expliqua de nouveau clairement son mauvais pressentiment à l'égard du jeune homme : trop mystérieux, trop parfait pour être sincère, il avait forcément quelque chose de louche à cacher.

Anna, cependant, préféra ignorer les aprioris de sa meilleure amie et passa une nuit merveilleuse à imaginer son rendez-vous du lendemain.


Il faisait froid. Une légère couche de givre recouvrait le sol et son souffle produisait des volutes de buée dans l'air. Elle retira son gant mauve pour sortir son téléphone de sa poche et déverrouiller l'écran, en espérant y trouver un message de son rencard. Il était déjà 15h23, et Anna commençait sérieusement à s'inquiéter.

Et s'il avait eu un souci ? Si ça se trouve il lui est arrivé quelque chose ! Ou peut-être qu'il a changé d'avis et qu'il ne viendra pas… ROH ! mais répond à mon message !

Tandis que son cerveau tournait à cent à l'heure, elle grelottait malgré ses gants et sa grosse veste. Elle avait pourtant prévu sa tenue la veille, mais elle avait quand même réussi à oublier son écharpe dans l'entrée. Son pull ne suffisait visiblement pas, et elle sentait ses oreilles et son nez geler totalement. Elle se regarda dans le reflet d'une vitrine, pour vérifier qu'elle était bien présentable : son nez était tout rouge, et des mèches rebelles s'étaient échappées de ses tresses et encadraient son visage en pendant lamentablement.

Je suis horriblement lai…

« ANNA ! »

Elle se retourna précipitamment en entendant la voix l'appeler, cette voix chaude et rassurante qu'elle connaissait bien. Elle sourit de toutes ses dents et l'appela à son tour :

« Hans ! Je suis là ! s'écria-t-elle.

-Anna ! Salut, je… je suis désolé, j'étais censé arriver plus tôt, mais j'ai raté le premier bus, et mon téléphone n'avait plus de batterie, je suis vraiment désolé…

-T'en fais pas, je savais que tu arriverais ! »

(Mytho)

« Prêt à patiner ? lui demanda-t-elle.

-Oui, allons-y. »

Ils se dirigèrent ensemble vers la patinoire, qui était juste en face d'eux. Hans insista pour lui payer son entrée, et comme il semblait ne pas vouloir abandonner, elle le laissa faire. Si ça pouvait lui faire plaisir ! Après avoir récupéré leurs patins à l'accueil, ils les enfilèrent et marchèrent comme des canards boiteux jusqu'à la glace.

« Hum… comment te dire, je… je n'ai jamais fait de patin à glace, en vérité, lui avoua Hans.

-Vraiment !? Ne t'en fais pas, je vais t'apprendre ! J'en fais depuis que je suis toute petite avec Elsa ! »

Elle s'avança sur la piste et fit un tour rapidement pour montrer à Hans comment faire. Ses pieds glissaient de gauche à droite, encore et encore, et elle accélérait petit à petit sur la glace. Elle sentait ses cheveux flotter derrière elle, et le froid lui fouetter le visage tandis qu'elle avançait toujours plus vite. Elle ralentit sur le retour et fonça vers la bordure pour se stopper, juste à côté de Hans :

« Wouah ! T'es vraiment forte… si je tombe, tu ne rigoles pas d'accord ? demanda-t-il, tout en continuant à se tenir à la barrière.

-Hum, oui oui d'accord, on verra ! » promit-elle.

Malheureusement, elle failli à sa promesse : Hans avançait en canard tel Bambi qui apprend à marcher, et il était impossible de ne pas rire en le voyant ainsi. Dès qu'il s'éloignait un peu du bord, il se mettait à tanguer dangereusement et Anna devait le retenir pour éviter qu'il ne tombe.

Ils commencèrent par faire quelques tours de piste, tout en restant assez proches de la bordure. Hans commençait à comprendre que pour réussir à patiner, il ne fallait pas lever les pieds comme pour marcher mais laisser le patin glisser à la surface de la glace. Il arrivait presque à patiner seul, et il fut alors prit d'un élan de confiance en soi, et il décida de lâcher la barrière et de traverser la piste tout seul.

Anna l'attendait à l'autre bout, comme une mère qui apprend à son enfant à marcher. Elle le regardait, avec ses joues toutes roses à cause du froid, avancer vers elle tout en patinant de mieux en mieux. Elle le vit s'approcher de plus en plus rapidement. Mais surtout, elle le vit lui foncer dessus en hurlant car il ne savait pas comment freiner ou comment tourner. Le choc fut aussi violent que lors de leur rencontre (les adolescents mâles d'un mètre quatre-vingt n'étaient pas vraiment ce que l'on peut appeler léger).

« AIE !

-AOUTCH ! »

Anna avait atterri violemment sur les fesses, et la douleur lui était remontée jusque dans le crâne. Hans, quant à lui, était tombé sur la jeune fille, ce qui avait amorti le choc (mais pas pour Anna). Il se poussa précipitamment pour ne pas écraser la jeune fille plus que nécessaire.

« Il faut que tu arrêtes de me foncer dedans comme ça ! fit-elle en rigolant.

-On peut dire que t'es vraiment à tomber par terre, toi. »

C'était nul. Après réflexion, elle s'en était rendu compte. Mais sur l'instant, cette disquette bien assortie au contexte la fit rire, et également très plaisir. Après avoir remis son bonnet en place, elle se releva à l'aide de son compagnon qui lui tendait la main.

« Je pense que je ferai mieux d'arrêter le patinage, ce n'est vraiment pas pour moi, dit-il en la regardant.

-Mais non ! assura Anna, il faut simplement que tu t'entraînes !

-Tu veux bien me garder comme élève ? fit-il en lui souriant.

-Seulement si tu ne me tombes plus dessus ! »

Il lui prit la main, ce qui eut pour effet de la faire rougir jusqu'aux oreilles. Même à travers ses gants en laine, elle sentait la chaleur de sa paume, et elle ne put s'empêcher de sourire intérieurement.

Ils passèrent l'après-midi à patiner, tout en discutant et en riant pour tout et rien. Hans tomba quelques fois, mais seul cette fois-ci, ce qui arrangeait plutôt Anna. Il lui parla de sa famille, et de tous ses frères ainés qui n'étaient pas tous très sympas avec lui, il lui expliqua avec passion ce qu'il aimait dans l'équitation, et elle lui parla de sa sœur, de sa cousine, de ce qu'elle aimait faire ou ne pas faire. En une heure et demie, ils en avaient plus appris sur l'autre qu'en deux mois de discussion par messages.

Fatigués et transpirants après tous leurs efforts, ils décidèrent de partir pour aller grignoter quelque chose à l'extérieur.

« Alors, monsieur le patineur artistique, cette nouvelle expérience t'as plu ? demanda Anna tout en enlevant les lacets de ses patins.

-Beaucoup de bleus et de courbatures à prévoir, mais c'était une super idée ! Et tu es une prof très douée tu sais ? »

De nouveau, le rouge lui monta aux joues en une seconde. Il avait le don de la déstabiliser rien qu'avec une phrase, et elle ne savait pas encore si cela lui plaisait ou l'effrayait. Ils mirent leurs chaussures et il l'aida à se relever, avant d'aller déposer leurs patins à l'accueil.

Le choc de température entre l'intérieur et l'extérieur lui donna envie de retourner faire quelques tours de pistes. Elle se mit à frissonner, et Hans lui proposa son écharpe pour lui tenir plus chaud. Elle accepta avec grand plaisir et enroula l'écharpe autour de son cou. Elle enfouie son nez dans les plis de la laine, qui était imprégnée du parfum du garçon. Elle respira profondément, et ne put penser qu'à une seule chose : qu'est-ce qu'il sent bon !

Ils remontèrent la rue principale pour aller chercher des gaufres, marchant l'un à côté de l'autre, et discutant tranquillement. Leurs bras se frôlèrent un certain nombre de fois tandis qu'ils avançaient. Anna faisait exprès, en espérant qu'il ait le réflexe de lui prendre la main à un moment ou à un autre. Ils arrivèrent au centre-ville et demandèrent leurs gaufres, qu'Anna décida de payer. Hans n'allait tout de même pas payer à chaque fois qu'ils sortaient quelque part !

« Bon appétit les jeunes !

-Merci ! » répondit Hans au vendeur.

Il récupéra les deux gaufres noyés sous la couche de Nutella et donna la sienne à Anna, et ils allèrent s'asseoir sur un banc non loin d'ici. Après un moment assez problématique pour essayer de manger sans s'en mettre partout, Anna décida d'abandonner et mangea son dessert du mieux qu'elle put. Elle sentait un filet de chocolat chaud couler le long de son menton, et se mit à rire en voyant la tête de Hans : elle pensait manger très salement, mais lui avait une moustache de chocolat au-dessus de sa bouche. Ils finirent de manger et se nettoyèrent le visage tous les deux, rigolant tous les deux sur leur façon de manger.

« Bon, et bien, commença Hans, je vais devoir prendre mon bus, il est déjà dix-huit heures alors…

-Oui, je vais envoyer un message à mon oncle pour qu'il vienne me chercher. »

Ils marchèrent pendant une dizaine de minutes jusqu'à l'arrêt de bus de Hans. Durant la moitié du chemin, le garçon lui prit la main. Anna avait tellement attendu qu'il le fasse qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de sourire comme une imbécile. Une fois arrivés sous l'abris-bus, il se tourna vers elle et lui prit les deux mains, en la regardant droit dans les yeux :

« Ecoute Anna, commença Hans, je… j'ai vraiment passé un super après-midi avec toi. Et je ne sais pas si c'est pareil pour toi, mais je t'apprécie beaucoup. Tu es gentille, drôle, et j'aime vraiment passer du temps avec toi… bien sûr, je comprendrai si tu ne…

-C'est… c'est exactement pareil pour moi Hans. Je n'osais pas venir te voir, j'avais peur de t'embêter ou de paraître stupide ou inintéressante, et je ne voulais pas que tu me trouves envahissante alors je…

-Non, non jamais je n'aurai pensé ça ! Je veux juste que tu saches que… tu me plais beaucoup. »

Anna n'y tenait plus. Son cœur bouillonnait et semblait bloqué en mode pause. Elle le regarda, bouche bée, avec ses beaux yeux verts et sa mâchoire contractée. Son cerveau se débloqua soudainement, et de façon imprévisible. Et sans y réfléchir, elle se pencha sur la pointe des pieds et déposa ses lèvres contre celles du jeune homme.

Elle n'avait jamais embrassé personne, et elle ne s'était pas attendue à ça. Ce n'était pas grand-chose, finalement. C'était doux, simple, et extrêmement satisfaisant. Tandis qu'elle se reculait, elle affichait un grand sourire, et sentait son cœur battre à tout rompre. Hans lui sourit également, tendrement, et l'embrassa à nouveau, cette fois avec plus d'ardeur. Elle sentit ses mains se poser sur sa taille, la chaleur qu'il dégageait, et son parfum si entêtant qu'elle aimait tant.

Ils rompirent leur baiser au bruit de l'autocar, qui s'était garé juste à côté.

« J'espère qu'on se reverra bientôt, Anna. Envoie moi un message quand tu es rentrée, d'accord ?

-D'accord, je… à bientôt, Hans. »

Elle ne savait pas quoi lui dire. Elle était encore sous le choc. Elle l'embrassa alors encore une fois, rapidement, et il monta dans le bus, sous le regard impatient d'un chauffeur agacé. Elle lui fit un petit signe de la main tandis qu'il s'éloignait, et alors qu'il tournait au coin de la rue, elle relâcha toutes ses émotions d'un seul coup :

« Aaaaaaaaaaaaah ! Ah ah ah ! Je sors avec Hans, je sors avec Hans, Hans est à moi ! »

Elle se mit à trépigner de joie sous l'arrêt de bus, ignorant les quelques gouttes de pluie glacées qui commençaient à tomber. Quelques instants plus tard, son oncle arriva sur la chaussée et elle monta en voiture.

« Alors, ton rendez-vous galant à l'air de s'être bien passé ! dit-il tout en redémarrant la voiture.

-Même plus que bien ! J'ai un petit ami ! J'ai enfin un petit ami ! C'était absolument gé-nial ! »

Edward Corona se mit à rire en voyant l'excitation et la joie sur le visage de sa fille adoptive. Le trajet passa relativement vite, et ils arrivèrent à la maison en un rien de temps. A peine le temps d'ouvrir la porte d'entrée que Raiponce et Elsa étaient déjà là, après avoir dévalé les escaliers.

« Alors ? C'était comment ? commença Raiponce.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? continua Elsa. Raconte-nous tout ! »

Anna dut les repousser gentiment pour retirer ses chaussures ainsi que sa veste, et elle monta les escaliers avec ses sœurs jusqu'à sa chambre. Une fois là-haut, elle s'assit sur son lit, le regard des deux autres fixés sur elle.

« Eh bien… il m'a embrassé ! J'ai un copain ! Moi, Anna Arendelle, je sors avec Haaaans ! »

Les deux blondes lui sautèrent dessus et passèrent la soirée à lui demander des détails croustillants : est-ce qu'il embrassait bien ? Comment était leur rendez-vous ? Qu'est-ce qu'il portait comme vêtements et est-ce qu'il avait payé pour elle, bref, un million de questions plus inutiles les unes que les autres, mais auxquelles Anna répondit avec joie, tant elle était heureuse à cet instant présent.

Elle se souvint d'envoyer un message à Hans pour lui dire qu'elle était rentrée, et en envoya ensuite un aux garçons et à Mérida pour leur annoncer la nouvelle. Après une bonne douche brûlante pour se réchauffer et une délicieuse raclette des familles (le fromage fondu est et restera la solution pour la paix dans le monde, c'est une certitude), Anna remonta dans sa chambre et s'allongea dans son lit avec son ordinateur portable, l'écharpe de Hans autour de son cou.

Elle avait oublié de lui rendre avant qu'il ne parte, mais il lui avait assuré que ce n'était pas grave et qu'elle pouvait la garder. Elle en profitait donc pour respirer à pleines narines l'odeur du One Million qui imprégnait le tissu. Comment elle savait de quel parfum précis il s'agissait ? Secret professionnel voyons ! Disons simplement que Raiponce avait un certain talent pour déterminer les parfums, surtout depuis qu'elle piquait celui de Jack et d'Harold à chaque fois qu'ils avaient le dos tourné. Après avoir regardé quelques vidéos et écouté un peu de musique, tout en discutant avec son nouveau petit ami (elle aimait entendre et se répéter ces mots), elle éteignit son ordinateur et se coucha, tout en se repassant cette journée dans sa tête, le parfum de son copain tout autour d'elle.


Les semaines avaient bien changé pour Anna : avant, elle n'allait voir Hans que très rarement, le matin pour lui dire bonjour et parfois pendant leurs heures de libres en commun. Maintenant, elle passait son temps avec lui, du matin jusqu'au soir, lorsqu'ils devaient se séparer pour prendre le car et rentrer chez eux. Et quand ils ne s'embrassaient pas, ou qu'ils ne se faisaient pas de câlins, ils s'envoyaient des messages. Beaucoup de messages. Et cela commençait à en agacer certains, dont une en particulier:

«Mais tu vois, elle n'arrête pas de me reprocher tout le temps des choses ! expliqua Mérida. La dernière fois, je n'avais pas débarrassé la table, mais c'était au tour d'Hamish de le faire ! Et elle m'a accusé, MOI ! Tu te rends com… Anna ? Tu m'écoutes au moins ?

-Oui, oui… »

Elle avait le regard fixé sur son téléphone, tandis qu'elle tapait son message, ignorant superbement les problèmes existentiels de sa meilleure amie.

« Hum, écoute Mér, je dois retrouver Hans parce qu'on mange ensemble ce midi, tu me raconteras plus tard d'accord ? »

Elle lui colla une bise sur la joue et partit vers son 'Hansounet', laissant ainsi la rouquine en plan au milieu du hall.

« Non mais c'est une blague j'espère ? se dit-elle à voix basse.

-Qu'est-ce qui est une blague ? »

Mérida sursauta et se retourna soudainement pour faire face à Jack et Harold qui déposaient leurs sacs dans le casier.

« Non mais vous avez vu ? Elle ne m'écoute même plus et elle me lâche sans me prévenir parce qu'elle va manger avec son copain !

-Et alors, elle a le droit non ? répondit Jack.

-Non ! Elle peut prévenir, et m'écouter quand je lui parle, protesta la jeune fille. Ca fait cinq jours qu'ils sont ensemble et j'ai l'impression d'être un pot de géraniums dès que je lui adresse la parole !

- Aller Mér, laisse-les respirer ! lui fit Harold tout en refermant son casier. Ils sont en couple, après tout ils ont le droit ! Et tu fais un très joli géranium, par ailleurs.

-Humpf ! »

La rouquine bouda pendant tout le repas du midi. Ils furent rejoints par Elsa et Raiponce, et elle leur expliqua la situation, mais personne ne semblait partager son avis. Oui, Anna était en couple, mais ce n'était tout de même pas une excuse pour ignorer ses meilleurs amis !

Elle décida donc de garder son ressenti pour elle-même, et ce jusqu'au lendemain. Mérida passa tout l'après-midi ainsi que le lendemain matin à ignorer Anna et à rester dans son coin, dessinant n'importe quoi sur le bord de ses feuilles de cours et mâchonnant son stylo.

Pendant le cours d'histoire, Anna remarqua l'état de la rouquine et se pencha vers elle :

« Bah alors, qu'est-ce que t'as ? chuchota-t-elle. Tu boudes ?

-Ecris ton cours, t'avais qu'à m'écouter avant ! répondit sa meilleure amie sur la défensive.

-Roh, tu vas pas m'en vouloir à cause d'hier quand même !

-Ecoute, je suis vraiment contente pour toi Anna mais si c'est pour que tu m'ignores et que tu me lâches tous les midis sans me prévenir, c'est même pas la pe…

-SILENCE les deux filles au fond ! » ordonna Monsieur Fredricksen au-devant de la salle.

Mérida baissa encore la voix, et continua de parler à Anna :

« Ton copain, je le sens pas. Si t'es heureuse avec lui, tant mieux, mais évite d'oublier tes amis, simple conseil. »

Anna fronça les sourcils en entendant cela et préféra ne pas répondre. Elle ne comprenait vraiment pas l'attitude de sa meilleure amie vis-à-vis de Hans. Elle ne le connaissait même pas ! En voyant le regard agacé de leur professeur, elle décida de couper court à la discussion, et continua de prendre des notes de la leçon sur la Seconde Guerre Mondiale.

La sonnerie retentit après trente-deux longues minutes, et elles se dirigèrent vers le foyer pour leur heure de libre. Pour une fois que leur professeur de maths n'était pas là, Mérida avait décidé de se reposer tranquillement. Les journées de grève des professeurs étaient vraiment les meilleures !

Harold et Jack étaient déjà à une table en compagnie de Flynn, plongés dans une partie de cartes qui semblait vraiment passionnante.

« Vous n'avez pas cours ? demanda Jack en les voyant arriver.

-Non, répondit Mérida, et vous ? Vous n'avez pas eu cours de la matinée ?

-Notre seule heure de cours est de midi à treize heures, expliqua Harold, et il n'y a aucun bus le matin pour rentrer chez nous… alors on joue aux cartes ! Vous vous joignez à nous ?

-Oui bien sûr ! »

Mérida prit une chaise et s'assit avec eux. Flynn tira la chaise à côté de lui pour Anna, mais elle déclina pour partir rejoindre Hans et ses amis à une table un peu plus loin.

« Vous voyez ? fit Mérida. Qu'est-ce que je vous disais !

-Oh aller, arrête de te plaindre et joue ! » lui répondit Jack en lui donnant un paquet de cartes.

Ils passèrent toute l'heure à faire des parties de Uno, et furent rejoint l'heure d'après par Raiponce et Elsa. Cette dernière posa son sac violemment sur la table et s'assit tout aussi brutalement avant de pousser un long soupir de désespoir.

« Oula, un problème ma belle ? demanda Mérida en la voyant ainsi.

-Je suis… exténuée… je n'ai pas dormi de la nuit et on vient de vivre le cours le plus long du monde, c'était affreux ! »

Raiponce s'assit de l'autre côté de Flynn et prit quelques cartes pour rejoindre la partie de Uno en cours de route. Elsa posa sa tête sur son sac et fit une sieste pendant une petite demi-heure avant de se réveiller un peu plus en forme.

« Bon ! Les gars, j'ai une proposition à vous faire, dit Harold. C'est Noël dans un mois et je sais qu'on ne va pas beaucoup se voir pendant les prochaines vacances, donc on pourrait se faire une petite soirée chez moi un soir dans pas trop longtemps, ça vous dit ?

-Ouais ! Je suis pour ! Enfin, si je suis invité ? demanda Flynn.

-Non non, on propose ça quand tu es là mais toi tu n'es pas voulu, affirma Jack. Bien sûr que t'es invité, imbécile ! »

Jack lui lança un stylo dessus, et Flynn se vengea en lui ébouriffant les cheveux, ce que Jack détestait par-dessus tout. Elsa calma le jeu en claquant les deux garçons derrière la tête avant que cela ne dégénère, ce qui eut pour effet immédiat de les arrêter. Raiponce proposa également d'aller faire du shopping de Noël tous ensembles durant l'après-midi pour trouver leurs cadeaux, ce qu'ils approuvèrent tous.

Anna revint vers eux à ce moment-là, sourire aux lèvres et sautillant à moitié, et leur demanda :

« De quoi vous parlez ?

-Samedi prochain, shopping de Noël et soirée chez moi ! répondit Harold.

-Samedi comme… samedi-là ? Samedi qui vient ? Ce samedi qui arrive maintenant ?

-Euh, ben oui pourquoi ? demanda Elsa à sa sœur.

-Oh, je suis vraiment désolée les gars je… je vais à l'anniversaire de Denahi, c'est le meilleur ami de Hans et on va au bowling l'après-midi et au cinéma le soir… on peut pas repousser au week-end d'après ? tenta-t-elle de négocier.

-Peux pas, match de foot ! répondit Jack.

-Moi j'ai une balade en forêt de prévue avec mes parents, ajouta Mérida.

-Oh… d'accord, tant pis alors… »

Harold voyait bien qu'Anna était déçue, mais son père rentrait le week-end d'après, et il n'avait pas trop envie de l'embêter en invitant autant de monde. Comme il n'était pas souvent à la maison, Harold préférait profiter de la présence de Stoïck lorsqu'il rentrait. Il avait tout le temps de voir ses amis le reste du temps !

Personne n'avait plus cours jusqu'à l'après-midi, ils partirent donc tous vers le self pour aller manger. Anna les quitta pour rejoindre Hans et ses amis, un grand sourire sur le visage comme à chaque fois qu'elle voyait son petit ami. Ils la regardèrent partir et Flynn prit la parole :

«Ils passent leur vie ensemble ces deux-là, non ?

-Tient ! Qu'est-ce que je disais ! » soutint Mérida.

Cette fois-ci, personne n'avait plus rien à redire. Ils mangèrent tous ensemble, Flynn s'amusant à lancer des petits pois un à un dans les cheveux de Raiponce, ce qui eut pour résultat d'énerver celle-ci qui lui jeta un verre d'eau à la figure. Après s'être fait virer de la cantine, ils allèrent en cours pour une dernière heure avant de pouvoir enfin rentrer chez eux.

Mérida écouta de la musique pendant tout le trajet, et après avoir dit au revoir à tout le monde, elle descendit du bus et remonta la rue jusque chez elle. Elle avait hâte d'être à samedi ! Elle adorait ces soirées cool entre amis, même si elle aurait aimé qu'Anna vienne également.

« Je suis rentrée ! » cria-t-elle dans l'entrée tandis qu'elle retirait chaussures et veste.

Personne ne lui répondit : le bonheur ! Même si elle aimait beaucoup sa famille (quand elle ne souhaitait pas leur mort), Mérida adorait être seule chez elle : avoir la musique à fond sans personne pour vous en empêcher, chanter à tue-tête sans personne pour vous rappeler que votre voix est catastrophique et SURTOUT pouvoir manger dans sa chambre sans que sa mère ne pique une crise, ça, c'était la vraie liberté.

Elle se prépara un chocolat chaud avec un paquet de gâteaux et monta dans sa chambre. P!nk à fond dans son lecteur de CD, elle se coucha dans son lit et se mit à jouer sur son téléphone. Quelques minutes plus tard, elle entendit la porte du bas claquer, avant d'entendre le fameux « JE SUIS RENTRÉE » avec la voix haute de sa mère. Manquait plus que ça, pensa-t-elle.

Elle ne prit pas la peine de descendre pour la saluer : elle savait qu'Elinor monterait directement dans sa chambre pour lui dire bonjour et pour lui faire baisser le volume de la chaîne audio. Et en effet, à peine cinq minutes plus tard, la porte de sa chambre s'ouvrit sur sa mère, très belle avec ses longs cheveux bruns qui tombaient dans son dos :

« Bonjour ma fille ! Tu as passé une bonne journée ?

-Humpf.

-Je vois, rayon de soleil… tu pourrais baisser un petit peu s'il te plaît ? »

La jeune fille lâcha un autre soupir et se leva à contrecœur pour mettre pause au beau milieu de 'So What'. Sa mère entra dans sa chambre et commença à regarder autour d'elle, sur son bureau, les photos sur les murs, ou encore les petits dessins que sa fille avait griffonné au compas sur son bureau tout neuf. Mérida détestait quand elle faisait cela : traîner dans sa chambre en espérant qu'elle lui explique pourquoi elle faisait la tête. Seulement, elle n'était pas d'humeur à discuter. Sa mère était adorable, mais pas quand elle essayait de découvrir les sombres problèmes stupides de sa fille adolescente.

Cette dernière prétexta des exercices de physique pour se débarrasser de sa mère, ce qui fonctionna puisqu'elle quitta sa chambre tout en lui disant au passage de passer un coup d'aspirateur dans le salon. Génial !

Mais la jeune fille n'était pas motivée. Elle avait l'impression de ne plus avoir de meilleure amie, et sa mère voulait absolument une relation mère-fille parfaite à passer des après-midi vernis à ongles ensemble comme dans les films américains. Elle décida d'aller faire un tour à l'extérieur pour se changer les idées, avec son cheval. Mais tandis qu'elle se dirigeait vers le box de son étalon, quelque chose la fit changer de direction au dernier moment.

Malgré les hennissements de son cheval sur sa gauche, qui se demandait pourquoi sa maitresse ne venait pas le voir, elle resta concentrée sur un point fixe, à la lisière du bois. Elle n'avait jamais vu quelque chose de pareil. Elle se frotta les yeux, pensant avoir une hallucination, mais même après cela, elle le voyait toujours.

Elle ne savait pas ce que c'était. La lueur fantomatique flottait à quelques centimètres du sol, et ne dépassait pas la taille d'un ballon de football. On aurait dit une sorte de feu de cheminée bleuâtre, qui volait, au beau milieu des bois. De quoi effrayer n'importe qui. Mais la seule chose que Mérida pouvait se demander en voyant cela était : Mais qu'est-ce qu'un feu follet fait dans mon jardin ?


Alors, vous en avez pensé quoi ?

Hans et Anna sont enfin ensemble, je sens que ça va vous faire plaisir ! (vague de gens en colère dans 3…2…1…). Une fin un peu mystérieuse pour changer, dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre en reviews !

Pour ceux qui ne sont pas au courant, j'ai commencé une fiction en parallèle de Walt Works avec des interviews des personnages pour vous faire patienter entre les vrais chapitres : la première interview est déjà en ligne ! (regardez sur mon profil pour la trouver directement) (n'hésitez pas à la suivre pour être notifié lorsqu'une nouvelle interview sort).

Je remercie Mayacho d'avoir suivi/favorisé la fanfiction, et je remercie également Lyrah22, Night Bloody, KingOfMetal666, AmandineReader et un guest pour leurs reviews ! Ça me fait toujours beaucoup de bien de lire vos commentaires et ça me motive pour la suite, donc merci à vous !

J'espère que ce chapitre vous aura plu et je vous donne rendez-vous très très vite pour le prochain chapitre !

Des gros bisous sur vos faces de cornichons,

-Delenya

PS : merci pour votre soutien, vous êtes tous des amours 3