Dans le précédent chapitre :
Roy sentit son trouble et il l'attira de nouveau, la serrant contre lui. Riza laissa aller sa tête contre son torse. Ils restèrent ainsi silencieux, tournant au rythme de la musique.
L'un comme l'autre sentait que la situation basculait et qu'ils étaient à la croisée des chemins. Mais quelle route allaient-ils choisir ?
Chapitre 9
Ils dansaient ainsi depuis plusieurs minutes, voulant oublier tout ce qui les entourait et qui n'était pas eux : l'odeur de leurs peaux, leurs souffles, leurs mains qui survolaient leurs corps, les battements de leurs cœurs.
Riza avaient les yeux fermés et se laissait guider par Roy, se remettant totalement à lui, au confort de ses bras, sa tête reposant sur son épaule.
Elle savait que ce moment devrait finir tôt ou tard, et qu'elle devrait reprendre son rôle de premier lieutenant. Mais d'ici là, elle souhaitait être juste Riza Hawkeye, amoureuse de Roy Mustang, Alchimiste d'Etat et Colonel de son armée.
La musique s'arrêta.
Riza releva sa tête, un peu perdue mais reprenant peu à peu conscience de la pièce et de ses occupants. Roy la libéra et lui adressa un sourire. Il ne quitta pas pour autant sa main qu'il garda dans la sienne.
Ils cherchèrent du regard la raison de l'interruption de la musique. La réponse leur vint lorsqu'ils virent s'avancer au milieu de la salle, Patrick et Sarah, les parents de Riza. Patrick avait passé une main possessive au creux de la taille de sa femme.
Sarah s'éclaircit la voix.
« Patrick et moi-même voulions vous remercier d'être venus si nombreux à la fête de nos trente ans de mariage. »
Sarah marqua une pause pour reprendre son souffle et calmer son trac.
« Trente ans de vie merveilleuse et d'harmonie avec mon mari formidable, et nos trois enfants : Jeffrey, Saïna et Riza. »
Sarah marqua une nouvelle pose :
« Venez tous les trois. » Elle agita sa main dans leur direction jusqu'à ce qu'ils les aient rejoints.
« Mais ce bonheur ne serait pas complet sans notre adorable gendre : Fred et nos petits-enfants : Charles, Pierre et Pauline. »
Fred accompagné des enfants se joignit au petit groupe.
« Vous formez tous notre fierté et nous voulions que vous sachiez combien nous vous aimons. »
« Nous aussi nous vous aimons maman. » lui dit Jeff en la serrant dans ses bras.
Jeff la relâcha enfin. Sarah se retourna une fois de plus vers ses invités qui les entouraient.
« Et la famille va encore s'agrandir avec l'arrivée d'un tout nouveau venu qui a su conquérir le cœur de notre très chère Riza et le nôtre par la même occasion. »
Sarah se tourna vers Roy :
« Venez Roy, vous faites partie de la famille maintenant. »
Riza avait violemment rougi. Roy gêné s'approcha de Sarah qui le prit dans ses bras :
« Merci Sarah. Je ne sais que dire. Vous êtes tellement gentille de m'accueillir comme vous le faites. »
Sarah le libéra et c'est Patrick qui s'approcha de lui et lui enserra son épaule dans sa large main robuste, de l'autre il attrapa Riza et la serra contre lui, les tenant tous les deux prisonniers de son étreinte.
« Vous êtes un brave garçon Roy. Tout ce que nous vous demandons, c'est de rendre notre fille heureuse. »
Roy déglutit et lança un regard inquiet vers Riza qui avait blanchi.
Leur salut vint de Saïna :
« Papa, si tu ne les lâches pas tout de suite, tu vas les étouffer ! Tu ne voudrais pas gâcher la fête à maman à cause d'un malaise de Riza ? »
Sarah, les poings à ses hanches, roulait des yeux menaçants à l'encontre de son cher et tendre mari, Patrick libéra immédiatement Roy et Riza.
« Bien, assez parlé, comme on dit : Que la fête continue ! »
Saïna s'approcha de Roy et de Riza.
« Ca va vous deux ?
« Oui, merci d'être intervenue. » lui répondit Riza en la gratifiant d'un sourire.
« De rien petite sœur. » Saïna lui adressa un clin d'œil. « Fred m'attend au bar, vous nous accompagnez ? »
« Volontiers, après toutes ces émotions, un verre s'impose. »
Le trio se lança à la conquête du bar et retrouva Fred et Jeff qui les attendaient.
Jeff passa un bras sur les épaules de Roy :
« Mon vieux, tu aurais vu ta tête lorsque papa t'a attrapé ! C'était trop drôle, j'ai cru un instant que tu allais mouiller ton pantalon !
« J'avoue que je n'ai pas du en être loin non plus. »
Fred s'approcha de lui à son tour :
« T'inquiète, j'y ai eu droit aussi lorsque nous nous sommes fiancés avec Saïna. Si j'avais pu, j'aurai creusé un trou pour m'y cacher. On se doutait bien avec Jeff ici présent que Patrick te ferait un coup pareil, mais on n'a pas voulu te gâcher la surprise.
« Merci les mecs, c'est sympa…
« Hé, tu vas bientôt faire partie de la famille Hawkeye, prend le comme un bizutage. Après tout, ce n'est qu'un début. Tu n'as pas encore eu droit au chapitre sur la nécessité de faire des petits-enfants. »
Riza s'étouffa avec son champagne. Les hommes se tournèrent vers elle avec des yeux surpris.
« Désolée, c'est passé par le mauvais chemin. »
Saïna s'interposa :
« Vous allez le laisser tranquille non ? Tu feras moins le fier Jeff, lorsque papa et maman s'occuperont de toi, à ce que je sache tu es toujours célibataire… Tiens d'ailleurs, où est passée Paula, je ne l'ai pas vue depuis un petit moment ?
« Elle ne se sentait pas bien, elle a préféré remonter dans sa chambre. Et il n'y a rien entre elle et moi pour ton information, c'est juste une amie.
« Heureusement, je ne l'aime pas beaucoup. Je ne voudrai pas l'avoir pour belle-sœur.
« Rassure-toi, aucun danger de ce côté-là. En fait, si tu veux tout savoir. Je vois déjà quelqu'un, d'ailleurs je dois la retrouver après la fête.
« Mais, alors pourquoi ne pas l'avoir amenée plutôt que Paula ?
« Tu as vu comment ils ont traité Roy, je ne voulais pas qu'ils fassent la même chose à Elise, je tiens à elle, je ne veux pas qu'elle s'enfuit en courant à la première rencontre. Paula m'a juste servi à détourner l'attention des parents.
« Mais c'est monstrueux de se servir des gens comme ça.
« Pas tant que ça, Paula s'ennuyait, elle vient de se faire jeter par son ami, elle n'avait pas le moral, elle voulait s'éloigner un peu de chez elle, alors je lui ai proposé de venir ici. Elle était enchantée. Je me suis dit que ce serait l'occasion pour elle de rencontrer peut-être quelqu'un d'autre. Nous nous rendions service mutuellement. »
Jeff se tourna vers Riza :
« Mais je crois que ce n'était pas une si bonne idée, je suis désolé Riza, j'ai bien vu qu'elle tournait autour de Roy et que cela te faisait de la peine, j'ai essayé de la raisonner mais c'est une vraie tête de mule. »
Riza lui sourit.
« Ce n'est rien, tu n'as pas à t'excuser pour son comportement. »
Roy s'approcha d'elle.
« Et puis, je crois qu'elle a compris que ça ne servait à rien d'insister lorsque Riza lui a dit que j'étais l'homme de sa vie et elle la femme de ma vie ! »
Riza se tourna vers lui choquée :
« Roy Mustang ! »
Roy éclata de rire :
« Assez parlé de Paula, je préfère de loin te faire danser. Allez, vient par là ma belle. »
Il l'entraîna vers la piste de danse.
Riza gardait obstinément le visage baissé.
« Riza que se passe-t-il ?
« Rien. Rien du tout.
« Si, je vois bien que si. C'est parce que je vous ai appelée ma belle ?
« Non, enfin, un peu peut-être.
« Mais c'est parce que vous êtes belle et que je préfère réellement danser avec vous plutôt que de continuer à parler de Paula.
« Je sais. C'est juste que…
« Que quoi ?
« Que tout cela ne fait qu'embrouiller un peu plus la situation. Comment vais-je pouvoir dire à mes parents que nous ne sommes pas fiancés ? Maintenant, je vais couvrir mes parents de honte devant toute la famille. Moi, je peux encore le supporter, mais il n'était pas question que mes parents se ridiculisent. Toute cette histoire va trop loin. »
Roy la serra contre lui,
« Nous trouverons une solution, mais ne croyez-vous pas que pour ce soir, nous devrions seulement profiter de cette soirée qui a plutôt été assez agréable jusqu'à présent. Nous verrons demain ce que nous pourrons faire. D'accord ? »
Riza se détendit un peu :
« D'accord.
« Alors, souriez un peu et détendez-vous. Ou bien faut-il que j'aille vous chercher une nouvelle coupe de champagne ?
« Hum… J'avoue que je ne dirai pas non à une petite coupe.
« J'en étais sûr ! Venez allons étancher cette soif de bulles ! »
Riza lui sourit. Il avait raison, demain serait un autre jour. Un jour beaucoup moins drôle vraisemblablement, alors autant vivre cette soirée comme la dernière volonté d'un condamné à mort.
La soirée touchait à sa fin, la plupart des invités étaient repartis ou bien avaient regagné les chambres mises à leur disposition.
Roy aida Riza à regagner leur chambre. Elle était un peu pompette de tout ce champagne qu'elle avait bu et de toutes ces danses.
Elle s'assit à sa coiffeuse pour détacher ses cheveux. Roy la regarda défaire avec des gestes gracieux une à une les pinces qui retenaient ses boucles.
Il dénoua son nœud papillon, retira sa veste et ses chaussures.
Riza se leva et s'approcha de lui. Remontant ses cheveux sur sa nuque, elle lui présenta son dos.
« Vous pourriez m'aider ? »
Roy baissa les yeux sur son dos, ses mains se mirent à trembler lorsqu'il saisit la boucle de la fermeture éclair et qu'il commença de la descendre lentement. Il lui semblait qu'il n'avait jamais fait quelque chose de plus sensuel que baisser cette fermeture. Sa respiration devint difficile.
Enfin Riza relâcha ses cheveux et se retourna pour lui faire face, retenant d'une main sa robe pour ne pas qu'elle tombe.
« Merci. »
Roy plongea ses yeux dans les siens, à la fois doux et emplis de désir. Les lèvres de Riza frémissaient.
Roy répondit à leur appel sans attendre une minute de plus.
Il se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. De doux et tendre, le baiser se fit plus hardi, Riza s'abandonnant contre lui, passant ses bras autour de son cou pour le rapprocher un peu plus d'elle.
Roy fit descendre de ses épaules les bretelles de sa robe qui tomba au sol. Riza était quasiment nue contre lui. Son sang battait à tout rompre à ses tympans.
Il passa ses mains sur le dos dénudé, appréciant la chaleur et la douceur de sa peau. Les yeux toujours fermés dans leur baiser, il la sentit qui déboutonnait sa chemise. Il n'osait pas baisser les yeux sur elle, pas pour le moment, il voulait la découvrir d'abord par ses mains, savourant chacune de ses courbes.
Enfin, ils brisèrent leur baiser et Riza lui retira sa chemise. Il sentit sa poitrine contre son torse. Elle se tenait tellement proche de lui qu'il était sûr qu'elle ne pouvait pas ignorer le désir qu'il avait d'elle. Enfin, il ouvrit ses paupières et lentement la regarda. Ses mains ne lui avaient pas menti, elle était parfaite.
« Tu es belle. »
Elle lui sourit et l'embrassa de nouveau tout en s'attaquant à la fermeture de son pantalon qui tomba aux pieds de Roy. Il s'en débarrassa d'un coup de pied.
« Je crois que ce soir, nous n'aurons pas besoin de pyjamas.
« Je ne crois pas non plus. »
Ils reposaient enlacés, laissant leurs mains caresser rêveusement la peau nue de l'autre.
Roy se pencha sur elle pour l'embrasser. Il se redressa et tout en riant, déposa de petits baisers vifs sur ses joues et ses lèvres.
« Que t'arrive-t-il ?
« Rien, je suis heureux. »
Riza se redressa sur ses coudes et l'embrassa en retour. Puis d'un coup de rein le fit se retourner sur son dos. C'était elle à présent qui le surplombait. Elle l'embrassa.
« Moi aussi je suis heureuse. »
Puis de nouveau câline, elle se coucha sur son torse, la tête posée sur son épaule. Roy passa son bras autour d'elle. Il l'entendit pousser un petit soupir.
Ils restèrent un moment silencieux ainsi. Roy s'enivrait de son odeur. Il sentait son cœur battre contre lui.
« Riza... Je t'aime. »
Elle se releva et prit appui sur son torse pour mieux le voir. Elle se remonta un peu pour pouvoir l'embrasser.
« Moi aussi, je t'aime Roy. »
Puis elle reprit sa position et ferma les yeux.
Le sommeil les trouva ainsi, enlacés dans les bras l'un de l'autre.
