Bonjour à tous !
Voici un des textes que j'ai le plus aimé écrire ! Je vous souhaite de vous amuser à le lire autant que j'ai pu m'amuser à l'imaginer et l'écrire XD
Cette case peut être lue dans la continuité de celle du 4 décembre (ou être envisagée indépendamment, peu importe).
Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.
Rating : K
Wanted
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« Papa ! Tu peux m'aider à écrire ma lettre au Père Noël, s'il te plaît ? »
Draco leva les yeux de son dossier et avisa son rejeton, de l'autre côté de son bureau. L'enfant tenait une feuille de parchemin entre ses mains et posait sur son père un regard confiant et plein d'attente.
Draco Malefoy trouvait ça flippant. Vraiment. Surtout qu'il ne comprenait pas ce que Scorpius voulait dire.
« Tu veux écrire à qui, mon Scorpinet ? »
« Au Père Noël. » répéta l'enfant.
« Mais… c'est moi ton père. » répondit Draco, décidément perdu. Après une seconde de réflexion, il ajouta : « Ah, tu veux écrire à ton grand-père, c'est ça ? »
Ce fut au tour de Scorpius d'afficher un air perplexe.
« Papy Lucius est le Père Noël ? » demanda-t-il finalement, impressionné, les yeux brillant d'excitation.
« Mais non. » contredit Draco, détruisant le fol espoir qui venait de naître dans l'esprit crédule du petit. Agacé de ce dialogue sans queue ni tête, le sorcier finit par s'exclamer : « Et puis c'est qui ce Noël dont tu me parles ? » Une pensée affreusement déprimante lui traversa alors l'esprit : « C'est le nouveau petit copain de ta mère, c'est ça ? Tu l'appelles déjà « père » ? »
« Heu, non. Maman n'a pas de petit copain. Ses amis sont plutôt grands, je crois. »
Draco songea que discuter avec un enfant de cinq ans pouvait être vraiment compliqué. En comparaison, aller lustrer les écailles d'un dragon chatouilleux et irascible lui apparaissait comme une promenade de santé. S'épongeant le front avec son mouchoir brodé, le blond inspira longuement pour reprendre son calme, puis esquissa un sourire nerveux en demandant :
« Mon Scorpinet, reprenons depuis le début, tu veux bien ? »
L'enfant se redressa et hocha la tête avec gravité.
« Tu veux écrire une lettre. C'est bien ça ? »
Scorpius posa le parchemin sur le bureau, et acquiesça de nouveau.
« Bon. Et à qui veux-tu écrire ? »
« Au Père Noël. »
« Et qui est le Père Noël ? »
« Le gentil monsieur qui apporte des cadeaux à tous les enfants du monde. »
Première nouvelle ! Mais qui était ce type ? songea Draco avec affolement.
« C'est un sorcier ? » demanda l'homme, tentant de rester calme pour ne pas laisser transparaître son inquiétude. Mais par Salazar, qui pouvait bien être cet individu qui tentait de soudoyer d'innocents enfants ?
Cette fois, Scorpius prit le temps de réfléchir. Il finit par concéder :
« Je pense que oui. Il a un traîneau qui vole dans le ciel. »
Mouais. D'après ce que Draco savait, les moldus aussi avaient des engins volants. Il lui fallait plus d'indices.
« Il est aidé par des lutins. » précisa Scorpius à ce moment-là.
Damned ! Un gang organisé ! Le gars Noël était en tout cas bien un sorcier, si ses complices étaient des lutins.
« Et… où peut-on trouver ce Mr Noël ? » balbutia Draco, en sentant une goutte de sueur froide lui descendre le long de la colonne vertébrale.
« Ben, c'est dur de le trouver. Il se cache un peu... »
Tu m'étonnes ! Pas fou le Noël !
« D'accord. » fit alors le sorcier d'une voix aussi blanche que son teint. « Je vais voir ce que je peux faire. » Il attrapa le parchemin de son fils et lui demanda d'un air absent d'aller prendre son goûter.
« Super ! Merci papa ! » s'exclama Scorpius, radieux. Il sortit du bureau de son père et partit en trottinant jusqu'à la salle à manger du manoir.
Froissant d'un geste nerveux la feuille blanche, Draco appela ensuite l'un de ses elfes de maison.
« Vicious. Je dois me rendre d'urgence au Ministère. Occupe-toi de Scorpius. C'est l'heure de son goûter. »
Draco Malefoy était tellement préoccupé par cette inquiétante affaire qu'il ne remarqua pas l'étrange bonnet rouge et blanc que Vicious portait -comme tous les elfes de maison du manoir- à la demande de Scorpius.
Sans plus attendre, le blond empoigna une pincée de poudre de cheminette et cria en entrant dans l'âtre :
« Bureau de Harry Potter, Ministère de la Magie ! »
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Harry et Ron faillirent s'étrangler avec leurs truffes au chocolat quand ils virent débouler de la cheminée de leur bureau Draco Malefoy. Le Survivant crut même à l'apparition d'un fantôme tant le teint de l'arrivant s'accordait avec sa chemise blanche en soie.
« La fouine ? Qu'est-ce que tu fous là ? » s'exclama Ron après avoir repris ses esprits -et fini d'avaler correctement sa bouchée chocolatée.
Ignorant superbement le rouquin, Draco s'avança à grands pas jusqu'au bureau de Harry et lança, presque hystérique, en fixant le brun d'un regard un peu fou :
« Potter ! Tu dois m'aider ! Une affaire très grave vient de se présenter. »
« Yahou... » siffla Ron, goguenard, tout en rapprochant sa chaise de celle de son meilleur ami. « Le grand Draco Malefoy qui vient implorer Harry de lui venir en aide, c'est quelque chose... »
« Calme-toi, Malefoy... » fit Harry d'un ton apaisant. Contrairement à son ami, il n'avait pas envie de plaisanter. Il voyait bien l'air sérieux et inquiet du blond. « Explique-moi ce qui t'amène. »
Légèrement soulagé de voir que Potter était prêt à l'écouter sans tenter d'en venir d'abord aux mains avec lui -oubliant dans sa panique qu'ils étaient tous deux aujourd'hui des adultes responsables, et non plus des adolescents belliqueux et guidés par leurs hormones-, le sorcier blond reprit :
« Je viens signaler la présence d'un satyre. Qui s'en prend aux enfants. »
« Oh merde... » souffla Harry, cette fois véritablement préoccupé. Même Weasley n'osa pas sortir de blague à ce moment-là. Il reprit une truffe au chocolat, en revanche.
« Oui. C'est mon fils qui me l'a dit. »
Les deux anciens Gryffondors échangèrent un regard, puis Harry demanda, un peu embarrassé, tout en faisant signe à Malefoy de prendre un siège :
« Tu veux dire qu'il… que Scorpius l'a… rencontré ? »
« Non, je ne crois pas. Mais il veut correspondre avec lui, et semble très admiratif de cet homme. »
Le brun poussa un petit soupir de soulagement, et fit :
« Oui, ces personnes-là sont souvent habiles pour mettre les enfants en confiance. » Il tira vers lui un bloc-notes et aiguisa sa plume, avant de demander : « Bon. Que peux-tu nous dire de plus sur lui ? »
Draco s'épongea le front avec son mouchoir, puis consentit enfin à s'asseoir. Rassemblant ses pensées, il indiqua :
« Il s'appelle Noël. Je n'ai pas son nom de famille. Il n'agit pas seul, il a des complices. »
« Des anciens amis à toi ? » railla Ron. Mais il perdit aussitôt son sourire ironique en percevant les regards noirs de Harry et Draco sur lui. « Ok. C'était encore un peu tôt pour la faire, celle-là. Mes excuses. »
Notant les indications de Malefoy, Potter poursuivit :
« Une idée sur l'identité des complices ? Leur nombre ? »
« Je ne sais pas trop… Ce sont des lutins, en tout cas. »
« Des lutins de Cornouailles ? » s'étonna Harry.
« Peut-être, je ne sais pas. Scorpius a juste parlé de lutins. Pourquoi, ça te paraît bizarre ? »
Le sorcier brun haussa les épaules :
« Peu probable, en effet. Je ne vois pas pourquoi ils s'en prendraient à des enfants... »
Mâchonnant un autre chocolat, Ron intervint :
« Ouais, ils sont chiants, mais pas spécialement pervers. Contrairement à Seamus, qui peut être les deux. Mais pas envers les enfants, bien sûr ! » précisa-t-il, un peu confus.
« Weasley... » soupira Malefoy. « Les années passent, mais ton cerveau est toujours aussi ramolli. A moins que ce ne soit encore pire qu'avant ? J'ai du mal à m'en rendre compte. Tu pars de loin, quand même, il faut dire... »
Pour toute réponse, Ron lança une boulette de papier métallisé -l'emballage d'une de ses sucreries- à la tête de Draco, qui fronça les sourcils en retour. Stoppant net les enfantillages des deux autres, Harry ramena leur attention sur le sujet -grave- qui les occupait :
« Mettons de côté l'identité des complices pour le moment. Nous aurions donc affaire à un homme… un sorcier, probablement ? »
« Scorpius m'a dit qu'il se déplaçait sur un engin volant. »
« Ça pourrait être moldu. » objecta Harry.
« Oh oui ! Comme un de leurs affreux avions ! » pâlit Ron, au souvenir de la seule fois où Hermione avait réussi à la faire monter à bord d'un avion. Six ans après, le rouquin en faisait encore des cauchemars.
« J'y ai pensé aussi. » fit Draco. « Mais comme Scorpius m'a parlé des lutins, j'ai pensé à un sorcier. Voire à un mage noir. » Un silence de plomb s'abattit dans le bureau, minant pendant quelques secondes les trois hommes.
Puis Potter reprit contenance, et poursuivit avec professionnalisme -contrairement à son partenaire, qui reprit, lui, une grosse poignée de truffes pour se réconforter de l'idée d'un potentiel mage noir de retour dans le monde sorcier :
« As-tu plus d'informations à me donner, Malefoy ? »
« A part qu'il appâte les enfants avec des cadeaux, non, hélas... » A cet instant, Draco perdit le semblant de courage qu'il avait eu en voyant Harry prendre au sérieux son histoire. Il réalisait qu'il n'avait que peu d'indices à leur fournir, et que retrouver ce satyre n'allait pas être aussi aisé qu'il l'avait pensé.
D'un ton encourageant, le brun tenta malgré tout :
« Est-ce que tu pourrais me le décrire ? Scorpius sait peut-être à quoi il ressemble... »
Relevant la tête, Draco s'exclama :
« Je n'ai pas pensé à le lui demander ! Ça pourrait beaucoup nous aider, s'il pouvait le décrire. » Se levant d'un bond, il ajouta, tout enthousiasme retrouvé : « Ou même le dessiner ! Mon fils a un talent certain pour le dessin. Ça nous aiderait, n'est-ce pas ? »
« Oui, bien sûr, mais... » Harry n'eut malheureusement pas le temps d'en dire plus que Malefoy se levait déjà de sa chaise, et filait vers la cheminée en s'écriant :
« Je reviens le plus vite possible ! » Déjà, il avait disparu dans un nuage de poussière et de suie.
Piochant le dernier chocolat de la boîte, Ron demanda d'un air blasé :
« Qu'est-ce qu'on va faire du portrait-robot dessiné par un gamin ? L'accrocher au mur pour décorer la pièce ? » Il jeta un œil aux jolis peintures faites par sa fille Rose et aux gribouillages très abstraits d'Albus, punaisés sur un grand panneau de liège entre leurs deux bureaux. Le sorcier roux semblait considérer avec beaucoup de sérieux la possibilité d'y rajouter une affiche estampillée d'un WANTED, réalisée par un marmot de cinq ans. Ça pourrait être amusant, et non sans pertinence dans leur bureau d'Aurors.
Poussant un petit soupir, Harry répondit, en observant d'un œil morne les maigres indices qu'il avait griffonnés sur son bloc-notes :
« Je ne sais pas… Attendons le retour de Malefoy pour se prononcer. » Il s'étira et demanda ensuite à son ami : « Je nous prépare un chocolat chaud avec de la cannelle, en attendant ? »
Le regard brillant de Ron se posa sur lui :
« Toi, tu sais comment parler à mon estomac, mon pote ! »
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Faisant nerveusement les cent pas derrière son fils, Draco siffla :
« Plus vite, fiston ! Je ne te demande pas une oeuvre d'art. Faut juste que ça soit ressemblant. »
« Ben oui, c'est ce que je fais. » répondit avec calme Scorpius, en piochant un autre crayon de couleurs dans sa trousse. Tirant la langue pour se concentrer, il appliqua du rouge sur son parchemin.
« Mais on s'en fiche de la couleur ! » s'emporta de nouveau le sorcier -tout en se sentant coupable de crier sur son fils, qui les aidait du mieux qu'il pouvait. « Juste le dessin suffira. »
« Mais papa, tu m'as dit de faire « ressemblant ». La couleur, pour dessiner le Père Noël, c'est super important. »
« Ah oui ? »
« Oui. C'est à ça qu'on le reconnaît. Et à sa grande barbe blanche. »
Fronçant les sourcils, Draco se dit que si ce criminel portait un postiche pour cacher ou vieillir ses traits, ça allait être vraiment ardu de le retrouver ! Mais il ne devait pas se décourager. Il avait de la chance de connaître le plus efficace des Aurors, qui semblait prêt à l'aider séance tenante, alors il devait garder espoir.
Quand enfin Scorpius eut fini son dessin -après y avoir ajouté un gros cœur rouge dans un coin-, il tendit son parchemin à son père. Celui-ci prit la feuille, y jeta un œil, et crut s'évanouir.
L'homme, sur le dessin… il le connaissait.
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Quand Malefoy revint, Harry et Ron débattaient des intérêts comparés du Christmas pudding et de la bûche de Noël, tout en sirotant leurs chocolats chauds. Mais ils cessèrent net leur discussion pour accorder immédiatement leur pleine attention au blond.
« Alors ? » demanda Weasley, curieux de voir le « chef-d'œuvre » de l'enfant. « C'est ressemblant, tu crois ? » Il désignait du menton le parchemin que l'autre tenait, crispé, dans la main.
Pâle comme la mort, Draco acquiesça, et murmura, désespéré, en fixant Harry :
« Ce type… qui se fait appeler Noël… je le connais. »
Haussant les sourcils, Harry glissa prudemment :
« Et bien, c'est plutôt une bonne nouvelle, si je puis me permettre. On le retrouvera plus facilement. Non ? »
« Potter… tu le connais aussi. » glissa Draco du bout des lèvres, embêté. « Et toi aussi, la belette. »
Le blond paraissait tellement défait de leur annoncer cela que les deux autres sentirent leur ventre se nouer. De qui pouvait-il bien parler ?
« Par les pantoufles de Merlin... » souffla Ron, décomposé. « Ce n'est quand même pas Seamus ? Je plaisantais, tout à l'heure ! »
Malefoy secoua la tête négativement, et tourna vers eux le dessin fait par Scorpius. D'une voix blanche, paraissant prêt à pleurer, le blond annonça :
« C'est Dumbledore. »
Il fallait reconnaître que le bonhomme ventru, à la longue barbe blanche, griffonné sur le parchemin, n'était pas sans rappeler l'ancien directeur de Poudlard.
Toutefois, Harry, trop estomaqué pour rire -comme Ron, qui tentait de cacher son fou rire dans son mug de chocolat chaud (ce qui lui fit faire des bulles dedans !)-, répondit seulement :
« Tu te rappelles que Dumbledore est mort, n'est-ce pas, Malefoy ? »
« Je sais ! C'est encore pire… soit c'est son fantôme qui revient hanter et persécuter les enfants... »
« Mais pourquoi ferait-il cela ? Arrête de rire, Ron, s'il te plaît... » poursuivit Harry.
Levant les bras au ciel, Draco s'écria :
« Mais c'est évident, enfin ! J'ai failli le tuer ! Il revient se venger en s'en prenant à mon fils... »
« En lui offrant des cadeaux ? » fit Harry, dubitatif, tout en tapant dans le dos du rouquin qui s'étranglait maintenant de rire en ayant avalé de travers une gorgée de chocolat chaud.
« Ou alors quelqu'un a ramené son corps à la vie pour semer la terreur ! » proposa Draco, qui le temps de son court trajet entre le manoir et le Ministère avait eu le temps d'imaginer mille scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres -y compris celui dans lequel il s'agissait non pas de Dumbledore, comme il l'avait d'abord cru, mais de Merlin lui-même qui exerçait un châtiment divin sur les petits sorciers du monde entier (bon, il manquait encore le mobile dans ce scénario funeste, mais le cerveau paniqué de Draco y travaillait).
Un grand éclat de rire incontrôlé de la part de Ron interrompit la conversation entre les deux hommes. Tapant du poing sur le bureau pour tenter de se reprendre, le sorcier roux hoquetait, entre deux spasmes de rire :
« Ah, Malefoy… Si tu n'existais pas, il faudrait… t'inventer ! Mer… merci pour ce grand moment de détente... Houhouhou... »
Tournant un regard effaré vers Potter, Draco demanda :
« Ton ami vient de griller le dernier neurone qui lui restait, ou quoi ? » D'un air à présent offusqué, il ajouta d'un ton pincé, presque glacial : « Je viens vous parler d'une affaire d'agression d'enfants, et cette misérable belette se permet de rire... »
Légèrement embarrassé que l'hilarité de Ron ait à ce point vexé Malefoy, Harry ne put toutefois réprimer un petit sourire quand il indiqua :
« Il faut dire, Malefoy, qu'il y a quand même de quoi rire... »
« Pardon ? » s'étrangla le blond, ulcéré. Potter aussi venait de basculer dans la folie, ou quoi ?
Désignant le parchemin du doigt, Harry précisa alors, poussant Ron hors de sa chaise pour qu'il aille calmer son fou rire plus loin :
« Sur le dessin, là… Ce n'est pas Dumbledore. C'est le Père Noël. »
« Oui, exactement ! Mais c'est sans doute un pseudonyme... »
« Je ne crois pas, non. »
« Ah non ? » s'étonna le blond. « C'est vraiment son nom ? Alors tu le connais ? »
« En quelque sorte... » admit Harry, amusé. S'adressant un instant à Ron, il cria : « Ferme la porte du cagibi, Ron ! On t'entend encore rire ! » Un « d'accord » hilare et étouffé leur parvint depuis la petite remise.
Posant ses deux mains sur le bureau du Survivant, Malefoy, cette fois véritablement en colère, exigea des explications. Se pouvait-il, comble de l'horreur, que Harry Potter fasse partie du gang du Père Noël ?
Tapotant d'un geste apaisant la main de l'autre, Harry précisa :
« Tu n'as aucune raison de t'en faire, Malefoy. Le Père Noël n'est pas un criminel. Et encore moins un satyre. »
« Ah bon ? Tu es sûr ? » Draco n'osait croire à cette bonne nouvelle.
« Oui, crois-moi. Il est marié à la très respectable Mère Noël, et n'a à cœur que le bonheur des enfants. Tu peux laisser Scorpius lui écrire sans aucun souci. Ni le Père Noël ni ses gentils lutins ne viendront enlever ou torturer ton fils. »
Draco Malefoy était si soulagé qu'il voulait bien tout permettre à son fils, à présent. Mais il ne comprenait toujours pas bien qui était ce mystérieux Père Noël :
« Mais alors… c'est un sorcier ou un moldu ? »
Harry haussa les épaules :
« Ni l'un ni l'autre. »
« Tu veux dire… qu'il serait un peu comme Merlin ? »
Le brun réfléchit un instant, puis répliqua :
« En quelque sorte. C'est pour ça qu'on ne peut pas le voir, ni le trouver même si on le cherche. Mais il répondra toujours présent à l'appel des enfants, une fois l'an... »
Draco baissa les yeux vers le dessin, et observa en silence le visage rubicond et souriant qui lui faisait face. Après un moment de réflexion, il glissa :
« C'est une drôle de magie que celle du Père Noël, quand même... »
« Oh, ça, tu n'as pas idée. » répondit, dans un clin d'œil, Ron, qui venait de sortir de la remise, enfin calmé. Alors que Draco les remerciait d'un hochement de tête et s'apprêtait à repartir, un peu gêné mais surtout soulagé, le sorcier roux ajouta : « Dis… Le dessin de ton fils, on peut le garder ? »
Malefoy hocha la tête :
« Oui, si vous voulez. » Il recula d'un pas vers la cheminée, et ajouta : « Bon, et bien, je vous laisse à votre travail. Scorpius et moi avons une lettre à écrire, je crois bien... » Et au moment où il disparaissait dans un nuage de cendres et de poussière, il entendit Weasley lui crier :
« Transmets nos amitiés au Père Noël, surtout ! »
Resté seul avec son meilleur ami, Harry s'exclama :
« Oh, tu exagères, quand même ! »
Finissant d'accrocher le portrait-robot du Père Noël entre une citrouille souriante peinte par Rose et un Cornacru des Bois (quoique cela puisse être) barbouillé par Albus, Ron conclut, souriant :
« Il faut bien le taquiner un peu, Malefoy. Sinon il ne se décoincera jamais ! » Tapant dans ses mains, il lança : « Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un petit creux, moi. Il reste des petits bonhommes de pain d'épices ? »
