Bonjour, bonsoir ! ( - v -)

J'ai pas fait très vite sur ce chapitre non plus, toutes mes excuses ( U3U) Mais au final, il est là ! Et avec ce qui se passe dans les scans en ce moment, je suis plus motivée que jamais pour écrire la suite ! ((( * ^*)))

Petite section (désormais rituelle) des commentaires ( o . 6) :

x Mangas Louana : Wouah, merci beaucoup d'avoir écrit un commentaire à chaque chapitre, c'est super ! ( ^ 3^) Alors je vais essayer de répondre point par point : pour le chapitre 2, je pense que tu parles de la référence aux cadeaux de Noël. En fait c'était juste une image, la fic se passe bien en été, au mois d'août (^ ^) Pour le chap' 5 ... "Daiki-sama" ? Vraiment ? xD J'essaierai d'égrainer au fur et à mesure tous les gâteaux que Mukkun a fait pour chacun, si j'y arrive ! Et enfin, ce chapitre devrait te rassurer sur le sort de Hyûga xD Par contre, ne t'en fais pas, je ne suis pas sadique au point de tuer Akashi avant même le début de la fic, ça serait un peu extrême quand même xD (Mais oui, évidemment, Akashi est immortel ( = 3 =)) Encore merci et bonne lecture !

Emy-nee : Aaaah, ça me fait plaisir ! Tu peux déjà préparer un commentaire pour ce chapitre, alors ! ( o v o)

Laura-067 : Huhu, pour l'instant, c'est encore M. Mystère~ Rendez-vous dans le chapitre suivant ! ( - v 6) Pour Kise par contre, ce chapitre-là répondra à ta question... Ou pas ? x3 Himuro a beauuuucoup de pain sur la planche s'il veut convaincre Mukkun, c'est pas gagné ! On ne voit pas beaucoup Kuroko dans ce chapitre, je voulais passer un peu plus de temps sur les autres (surtout Midorin~). Mais oui, il en sait de plus en plus, fatalement (c'est un héros tragique, Tetsu-kun ! x3) Et pour Akashi... Argh, je comptais écrire la suite de la scène finale de ce chapitre dès maintenant, mais ç'aurait été trop long, donc je l'ai coupée et reportée au prochain... Mais elle sera là, et elle devrait mettre au clair un ou deux points le concernant~

Mangas Writer : C'est super gentil, ne t'excuse pas pas pour ça, moi ça me fait très plaisir d'avoir tes impressions, que ce soit sur un seul ou sur l'ensemble des chapitres qui sont sortis pour l'instant ( ^ ^) J'essaierai de maintenir le cap pour que le scénario soit à la hauteur ! Merci~

Voili voilou, bonne lecture mina-sama (U U)/


La nuit n'était pas particulièrement fraîche en cette fin de mois d'août. Pourtant, l'air semblait mille fois moins suffocant au sortir du hall de l'hôtel. A l'intérieur, les robes de lin et de soie flottaient légèrement autour des tables nappées de blanc, dévoilant à tout instant un talon, ici ou là, qui martelait le sol avec la précision d'un burin.

La réception avait beau se prolonger depuis des heures, les couronnes de petits fours et autres mignardises ornant les présentoirs ne s'amenuisaient pas. Aucun détail n'était négligé - tout était sous contrôle. Tout, jusqu'au plus petit sourire adressé à telle ou telle célébrité fortunée au détour d'une conversation, jusqu'à la plus subtile contrefaçon de sincérité dans les compliments que l'on déployait à tour de bras. Dans les quelques soirées auxquelles s'était rendu Kise du temps où il était lycéen, les liens se tissaient à raison de petites vannes bon enfant et d'une certaine dose d'autodérision. Ici, la monnaie de cours était les louanges à outrance. Avec une prédilection manifeste pour celles qui s'apparentaient clairement au cirage de mocassins.

Une fois dehors, il emplit ses poumons des senteurs de la rue, ô combien plus authentiques que tous les parfums qui embaumaient la salle. Mais à peine avait-il quitté les feux de la fête pour se réfugier dans l'ombre d'une rue adjacente que sa compagne d'un soir (du moins l'espérait-il) fit son apparition devant lui.

Inlassablement souriante, elle ne le quittait pas d'une semelle. Au cas sans doute où lui viendraient des envies de fugue, et sur ce point elle n'avait pas tort.

- Tu es fatigué ?

- Je ne peux pas rester jusqu'au bout, il n'y aura bientôt plus de métro.

- Inutile, je t'appellerai un taxi. Mais tu as raison sur le fond, c'est épuisant toutes ces mondanités, surtout quand on n'en a pas l'habitude. Je vais fumer un coup pour me remettre.

D'un mouvement souple du poignet, elle tira un ravissant étui à cigares de son petit sac à main en cuir verni, où se reflétaient les lumières des réverbères. Elle l'ouvrit d'un coup sec et le lui tendit.

- Je ne fume pas, merci.

- Poli, beau gosse, et sage avec ça. Tu es le mec parfait, tu sais.

Glissant un cigare entre ses lèvres pourpres, elle le maintint en suspension tandis que sa main libre s'affairait dans l'immensité purement féminine de sa trousse en bandoulière. Puis, enfin, elle en sortit un briquet et fit tourner la roulette une demi-douzaine de fois jusqu'à en faire jaillir une flamme.

- Vous êtes sûre que vous avez le droit de fumer, ici ?

- Sans doute pas. Mais qu'importe. La réglementation japonaise finira par nous asphyxier encore plus vite que le tabac.

A travers les minces volutes qui s'élevaient entre eux, Kise crut surprendre comme un air de mélancolie sur son visage poudré. Mais bientôt la fumée de la première bouffée se dissipa, et sa figure se para de nouveau de son immuable sourire narquois.

- Tu ne veux pas venir dîner ?

- Où ça ?

- Chez moi. Mon appartement est tout près d'ici.

Il sentit qu'il se braquait à nouveau. Il savait maintenant que cette réaction de rejet presque viscérale ne ferait qu'empirer les choses. Tout était dans le maintien : fermement, et même froidement.

- Je crois que ce serait inapproprié. Je vous remercie de ce que vous avez fait pour moi ce soir, mais je ne peux pas accepter davantage.

- Ca, tu peux me remercier. Mais rassure-toi, je considère que nous sommes quittes. Tu as été du plus bel effet, on ne regardait que toi.

- Vous exagérez.

Elle pouffa de rire entre deux tirées. Ils restèrent silencieux un long moment, face à face. Debout sur le trottoir, elle fumait tranquillement, tandis qu'il observait les allées et venues des convives aux portes de l'hôtel.

Lorsque le mégot tomba sur le sol, de petites étincelles jaillirent autour de lui, puis s'évanouirent aussitôt.

- Je n'insiste pas. Si tu veux rentrer, c'est sans doute la bonne chose à faire. Tu es un garçon raisonnable, après tout.

Du bout de son talon, elle écrasa ce qui restait du cigare, et composa rapidement un numéro sur son téléphone. Comme il s'y attendait, elle appelait un taxi pour l'escorter jusque chez lui. Ainsi, nul doute que le chauffeur lui communiquerait son adresse une fois sa course accomplie. Il songea qu'il avait tout intérêt à donner un numéro à quelques pâtés de maisons du sien, pour ensuite finir le chemin à pied.

- Il sera là dans quelques minutes. Ne t'inquiète pas, je rentre de mon côté.

En guise de ponctuation, elle lui dévoila deux perles blanches d'entre ses lèvres, et passa devant lui sans plus attendre.

- A très bientôt, jeune homme.

Kise attendit qu'elle ait complètement disparu à l'angle de la rue pour avaler d'un seul coup tout l'air qu'il pouvait, et l'expirer en rejetant la tête en arrière. Il avait beau faire bonne figure, la tête lui tournait. Décidément, il n'avait jamais été du genre à tenir l'alcool.


- Tu en penses quoi de l'idée de Kuroko ? Tu sais, à propos de l'équipe qu'ils veulent mettre sur pied ?

Midorima ne prit pas la peine de répondre, Il ne décolla même pas de son téléphone portable, sur lequel il enchaînait inlassablement des alignements de confiseries multicolores. Depuis qu'il était arrivé, Takao ne l'avait pas vu en démordre une seule seconde. Derrière ses lunettes de premier de la classe, ses yeux verts paraissaient vissés à l'écran, au point qu'il se demandait s'il pouvait encore cligner des paupières.

- Hmm… Shin-chan ? Tu te rappelles, ce truc qu'on appelle communément le monde réel et dans lequel tu vivais avant de télécharger Candy Crush ? Il est toujours là.

Son sarcasme lui valut un regard noir de son acolyte, qui reporta aussitôt son attention sur le jeu. Takao soupira, faisant mine de s'asseoir plus confortablement sur le banc de l'arrêt de bus. Il balança mollement ses jambes l'une après l'autre, vérifiant à tout hasard si leur bus n'était pas en avance. Mais il ne distinguait rien de particulier au bout de la route, brouillée par les ondes de chaleur qui s'élevaient du sol.

Finalement la sonnerie par défaut du téléphone surprit Midorima en pleine partie, lui valant un Game Over sans appel.

- Bon sang, encore elle !

Intrigué, Takao tendit le cou pour voir le nom qui s'affichait sur l'écran, mais son voisin avait déjà mis fin à la communication.

- Tu lui raccroches au nez ?

- C'est Momoi. Elle me lâche plus depuis deux jours, ça commence à bien faire.

- La fille de Tôô ? Pourquoi ?

Midorima paraissait excédé au possible. Il envisagea, l'espace d'un instant, de se murer à nouveau dans son jeu régressif, mais l'idée de devoir tout recommencer depuis le premier niveau le coupa dans son élan.

Il garda donc son portable en main et posa les coudes sur les genoux, le regard perdu devant lui.

- Je désapprouve cette histoire de nouvelle équipe de basket, si tu tiens à le savoir. Comme si Kuroko ne pouvait pas se consacrer à une autre activité pour reprendre pied, il faut qu'il fonce la tête la première dans la seule chose que toute personne un peu cohérente lui déconseillerait vivement. Je suppose que s'il a fait ce choix, c'est parce qu'il tient sérieusement à retrouver la mémoire. Alors je suis allé le voir, avant-hier. Pour lui parler. Maintenant, Momoi m'en veut parce qu'il est complètement perturbé.

- Et tu lui as dit quoi, exactement ?

-Je lui ai juste donné une piste. S'il veut se souvenir, grand bien lui fasse. Je n'ai pas envie que Kise et toi, vous continuiez votre travail de sape en me poussant à bout pour que je lui vienne en aide.

- Ben voyons. Ça va être de ma faute, maintenant.

- Toujours est-il que ses résolutions ne devaient pas être si solides que ça, puisque qu'en moins d'une minute, il a fini complètement liquéfié sur le trottoir.

- Je suppose que tu as usé de tout ton tact et de ta délicatesse naturels pour faire passer la pilule en douceur…

Etrangement, il se retrouva tout d'un coup face à Midorima, ses yeux verts plongés dans les siens avec une intensité dérangeante. Il déglutit bruyamment.

- Je n'ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit. J'ai mentionné Akashi, c'est tout.

Takao resta muet un court instant, l'air profondément perplexe. Venant de Midorima, il se serait attendu à une révélation bien crue, bien fracassante, balancée par-dessus la jambe sans prendre en compte les éventuels dommages collatéraux. De la réaction de Kuroko ou du fait que son vis-à-vis avait renoncé à lâcher le morceau alors qu'il en avait l'occasion, il ne savait pas bien quel aspect du problème était le plus déconcertant. Midorima l'avait pourtant dit lui-même : il avait horreur d'être harcelé, encore plus au sujet de Kuroko, et préfèrerait mille fois se laver les mains de cette affaire une bonne fois pour toute. Malgré cela, il n'avait pas parlé. Quelque chose dans la fragilité de Kuroko lui avait fait craindre les conséquences d'en dire davantage.

Les conjectures de Takao se heurtaient à un mur. Si son vieux camarade avait tout simplement révélé tout ce qu'il pouvait savoir, il aurait pu comprendre que Momoi lui reproche son indiscrétion. Mais rien de tel ne s'était produit. Il ne s'était presque rien passé.

- Je suis plus, là. Qu'est-ce que ça a de si dramatique, que tu aies parlé d'Akashi ?

- Rien. Il fallait bien que quelqu'un le fasse. Maintenant, elle peut râler tant qu'elle veut, ce qui est dit est dit.

Il marqua une pause.

- Kuroko cherche des réponses, il est encore loin de les avoir si son inconscient refoule à ce point le passé.

Le jeune homme aux cheveux de jais sentit une pointe de tristesse monter en lui, sa gorge se serra. Une fois de plus, Midorima se faisait désespérément elliptique. Rien ne pouvait l'amener à parler à cœur ouvert. Il gardait son secret cadenassé à double tour, hors d'atteinte de tous ceux qui le côtoyait, même de son ami le plus proche. Aussi nombreuses que furent ses tentatives, jamais il n'était parvenu à lui faire dévoiler ce qu'il cachait si obstinément. Sans doute ne le jugeait-il pas suffisamment digne de confiance pour le lui avouer. Bien qu'il respectât sa liberté de garder le silence, Takao ne pouvait s'empêcher de se sentir blessé.

Il avait l'habitude d'échafauder lui-même ses propres hypothèses au gré des indices qu'il piochait de-ci, de-là, que ce soit de la bouche de Midorima ou de toute autre source extérieure. Et ce dont il était de plus en plus convaincu, c'était que tout était lié, d'une manière ou d'une autre. L'accident de Midorima, les souvenirs de Kuroko, et maintenant, la mention d'un nom qui semblait réveiller de vieux tourments encore bien vivaces, sous la surface.

Le portable de son voisin sonna une nouvelle fois. Souverainement agacé, il jeta un regard furieux au nom du contact qui s'affichait et referma le clapet d'un mouvement sec, avant de le fourrer dans sa poche de pantalon.

- J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi borné !

- En dehors de toi, tu veux dire ?

Takao songea que si le regard pouvait tuer, il aurait été foudroyé sur place. Au lieu de ça, il se délecta du surplus d'irritation qu'avait suscité son outrecuidance.

- Zen, Shin-chan. Elle et Kuroko vivent dans le même appart', elle l'a sous les yeux tous les jours. S'il est vraiment aussi perturbé que tu le dis, c'est plutôt normal qu'elle se sente concernée.

- Elle a choisi de se taire pour le protéger. Même si ça partait d'une bonne intention, elle s'est mise dans une situation impossible. Elle est du côté de Kuroko, mais elle est aussi la meilleure amie de la fiancée d'Akashi. Peu importe combien elle s'efforce de les tenir à distance l'un de l'autre, elle ne peut pas tout contrôler.

- Akashi a une fiancée ?! Mais il a 18 ans, non ?

- Dans ces milieux-là, c'est assez courant.

A nouveau, il contemplait la route desséchée, devant lui. Les cigales se livraient une joute sonore dans un concert de grésillements. L'air était lourd, moite, et Takao regretta de ne pas avoir rempli son brumisateur, qu'il trimballait inutilement dans son sac depuis le matin.

Il réalisa qu'aucun d'eux n'avait vraiment l'énergie de parler, trop accablés par la chaleur. Jusqu'à ce que Midorima reprenne la conversation là où ils l'avaient laissée.

- Quoi qu'il en soit, elle joue avec le feu. Quand Kuroko apprendra qu'elle savait depuis le départ ce qu'il est advenu d'Akashi depuis – y compris où il se trouve actuellement – et qu'elle le lui a caché, elle aura du mal à se justifier…

- Shin-chan, qu'est-ce qu'il y aurait de si grave s'il apprenait la vérité ?

Midorima tourna la tête vers lui. Pas pour le fusiller oculairement, cette fois. Mais pour le regarder dans le fond des yeux. D'un coup Takao comprit qu'il était en complet décalage avec la situation. Ce n'était pas ceux qui étaient impliqués dans cette histoire qui en exagéraient l'ampleur. C'était lui, lui qui ne savait rien, qui prenait les choses à la légère. Nul doute que Midorima refusait de se confier à lui. Lui non plus ne l'aurait probablement pas fait, s'il avait eu le sentiment que la personne en face de lui tournait constamment en dérision les blessures qui le meurtrissaient depuis des mois.

Pourtant, à sa grande surprise, son vis-à-vis s'apprêtait à répondre. Pour la première fois depuis qu'il se cassait les dents sur ce sujet tabou. Il n'aurait pourtant jamais cru qu'il obtiendrait quoique ce soit en posant une question aussi directe.

Midorima sembla chercher ses mots un long moment, puis soupira, comme par résignation. Lorsqu'il le regarda à nouveau, le doute s'était dissipé de ses yeux émeraude.

- Takao…

Brusquement, la sonnerie du téléphone retentit avec force, et les deux garçons sursautèrent violemment. Takao peinait à faire redescendre son rythme cardiaque au comble de l'affolement. Son voisin arracha l'appareil démoniaque de sa poche et le plaqua brutalement contre son oreille.

- Mais qu'est-ce que tu me veux, bordel ?!

- Shintarô ?

Le visage de Midorima sembla se décomposer. Tout son corps s'immobilisa, comme pris dans la glace. Takao cligna des yeux et le regarda d'un air incrédule, moitié surpris, moitié inquiet par l'expression d'effroi qu'il arborait peu à peu.

- … Akashi ?


Lorsque Kise pénétra dans le gymnase, l'accueil exalté qu'il y reçut lui fit une impression singulière, sans doute comparable à ce que ressentit Jésus lorsqu'il marcha vers Jérusalem à dos d'âne, ou à Justin Bieber montant sur scène face à un océan déchaîné d'adoratrices. Mais la jouissance fut de courte durée. A peine les membres de la petite assemblée eurent-ils tourné les yeux vers lui dans une synchronisation quasi-parfaite, qu'un voile de profonde déception couvrit leur visage, et qu'ils détournèrent les yeux sans plus attendre.

- Euh… Salut ?

Riko le regarda à nouveau, manifestant cette fois un désintérêt sans équivoque.

- Ah, c'est vrai que tu es dans le coup, toi aussi. J'avais presque oublié…

- Hein ?! Mais j'étais là quand on a pris la décision de former l'équipe !

- Oui, oui, maintenant que je te vois, ça me revient.

- Pas sympa…

Deux choses étaient claires comme de l'eau de roche : la première, c'était qu'ils attendaient tous quelqu'un, avec une impatience presque palpable. La deuxième, c'est que ce quelqu'un n'était pas lui. Manifestement.

Dépité, Kise allait s'asseoir sur le banc, la tête basse, lorsque la porte grinça à nouveau derrière lui. Méfiant, l'auditoire observa du coin de l'œil l'angle du couloir, et plusieurs lâchèrent un soupir de soulagement en apercevant Kuroko, aux côtés de Momoi. Riko s'empressa de les saluer.

- Désolée, on est les derniers arrivés…

- L'important c'est que vous soyez là. On va surtout faire des mises au point, aujourd'hui.

Derrière elle, Kiyoshi adressa un signe de tête à Kuroko. Le silence de ce-dernier intrigua la petite assistance qui se tenait autour du banc. Il n'avait pas émis le moindre son depuis son arrivée.

- Kurokocchi ?

Il sembla se réveiller, comme s'il réalisait tout juste où il se trouvait. L'air hagard, il se frotta la joue avec la paume de la main avant de répondre d'une voix faible :

- Désolé, je ne dors pas très bien, en ce moment.

Le regard que Momoi lui adressa n'échappa pas aux trois autres. Alors qu'ils étaient tous réunis pour faire renaître l'équipe de ses cendres, celui qui avait pourtant été l'instigateur du projet leur revenait vide et terne, presque apathique. Le sursaut d'enthousiasme qui avait été le sien quelques jours auparavant semblait s'être évaporé. C'était tout juste si l'appel de Kise avait ramené sa conscience parmi eux.

- C'est comme ça que tu nous accueilles, Kuroko ? Si j'avais su, j'aurais pas fait le déplacement.

Brusquement, l'intéressé s'illumina. Ils n'étaient pas seuls dans le gymnase – et il ne s'en était même pas aperçu, tant il était empêtré dans les débris de ses mauvais rêves. Dès qu'il reconnut celui qui ne s'était pas formalisé de l'aborder sur un ton quelque peu cavalier pour des retrouvailles, malgré ses huit mois d'absence, un sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait beau avoir sollicité l'aide de Riko et Kiyoshi pour la formation de leur nouvelle équipe, la surprise de retrouver ses anciens coéquipiers était totale.

- Hyûga, y a façon et façon de dire bonjour à quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis un bail…

- T'occupe, Kiyoshi. Moi tout ce que je vois c'est qu'il est entré ici sans nous calculer, cet espèce de cachet d'aspirine.

Derrière lui, Koganei faisait un grand coucou à Kuroko, l'air béat comme à son habitude, et Mitobe lui souriait sans faire le moindre bruit, malgré sa stature bonne à enfoncer des portes blindées. Leur ancien rookie parut aux anges alors qu'ils s'agglutinaient autour de lui, l'un lui ébouriffant les cheveux, l'autre lui passant un bras par-dessus l'épaule.

- Content de te revoir sur pied, Kuroko.

Hyûga posa sur lui un regard sincèrement bienveillant, et son sourire, dont les manifestations se faisaient rares sur son visage d'éternel râleur, en disait plus long que ses mots. Il n'était pas du genre à se prêter aux effusions, contrairement à Kiyoshi qui ne se priva pas de les serrer tous les quatre contre lui, s'attirant immanquablement les foudres du binoclard. Malgré les insultes que déversait Hyûga sur cet « imbécile heureux », Kuroko se sentit pénétré d'un profond sentiment de cohésion, ce sentiment dont il était si coutumier du temps où ils disputaient leurs matches tous ensembles.

Une fois que l'étreinte se fut desserrée, il les regarda chacun à tour de rôle, peinant à trouver ses mots.

- Merci d'être venus… Ça me fait tellement plaisir de vous revoir…

- Nous aussi, qu'est-ce que tu crois ! J'ai pas arrêté de penser à toi, pendant des mois !

- T'en fais pas un trop, Koga ?

- Mais quoi, c'est vrai !

Tandis que la bande de joyeux lurons pépiait de plus belle, une autre recrue, qui s'était faite discrète jusque-là, rejoignit le groupe qui s'était formé autour de Kuroko. Lorsque ce dernier le vit approcher, il le salua d'un signe de tête, sans se départir de son sourire radieux.

- Himuro-san.

- J'ai hésité, et puis je me suis dit que ça serait trop bête de manquer ça.

Kise ne laissa pas passer l'occasion de se lancer des fleurs.

- C'est moi qui suis allé le dépêcher ! J'ai fait du bon boulot, hein ?

- Mais tu n'as pas réussi à convaincre Atsushi. Moi non plus, d'ailleurs.

Le ton de Himuro semblait s'être fait plus grave. Mais son expression restait inchangée – toujours la même douceur paisible qui lui conférait une certaine sérénité. Kise se passa la main derrière la tête, un peu penaud.

- Bah, je m'y attendais… Il a toujours fallu qu'on le pousse à jouer alors qu'il ne montrait aucun enthousiasme. Peut-être qu'il n'attendait que ça, d'arrêter.

Himuro ne dit rien. Au même instant, Kuroko se rendit compte qu'on l'appelait.

- Kuroko ! La coach te parle.

Les poings sur les hanches, Riko regardait dans sa direction avec impatience.

- Merci. Je disais donc : dans l'état actuel des choses, on a pu réunir 7 membres. Kuroko-kun, Kise-kun, Himuro-kun, Hyûga-kun, Koganei-kun, Mitobe-kun et Tsuchida-kun. C'est un peu juste, mais en une semaine à peine, je ne pensais pas qu'on serait déjà si nombreux.

- Kiyoshi a su faire sa pub.

- Et moi, alors ?! J'ai fait de mon mieux, aussi !

Hyûga semblait prendre un malin plaisir à faire tourner Kise en bourrique il ne lui en décocha pas moins une bonne claque dans le dos pour mettre fin à ses jérémiades.

- Au final, tu n'as ramené qu'un seul joueur, alors mets-la en veilleuse.

- Aïeuuh !

De son côté, Himuro posa sur Kiyoshi un regard interrogateur.

- Tu ne fais pas partie de l'équipe ?

Celui-ci parut surpris par sa question. Puis son habituel sourire nonchalant reprit le dessus.

- Je pourrais toujours jouer pour le fun, de temps en temps. Mais je n'ai plus les moyens de faire vraiment partie d'une équipe.

Les anciens de Seirin parurent tous affectés par sa réponse. Mais Kiyoshi s'empressa d'attraper Hyûga par les épaules et de le secouer allègrement.

- Allez, sois pas triste !

- Personne pourrait être triste avec ta tête de demeuré sous les yeux ! Et lâche-moi, bordel !

Après s'être dégagé d'un coup de coude, sans parvenir pour autant à entamer la bonne humeur de Kiyoshi, Hyûga fit mine de s'étirer les épaules, en parlant dans sa barbe.

- En plus du nombre de membres, on a un autre problème. Sans Kiyoshi, on a aucun joueur versé dans la stratégie.

Riko acquiesça elle en était arrivée à la même conclusion.

- Izuki-kun ne pourra pas être là puisqu'il est parti étudier dans le sud. Et parmi les joueurs qu'on a, c'est vrai que personne n'est familier du poste de meneur.

- Peut-être que Kurokocchi pourrait être meneur ? Il sait bien observer les autres…

Il eut à peine le temps d'achever sa phrase qu'une nouvelle claque de la part de Hyûga résonnait derrière sa tête.

- Kuroko a toujours tiré profit du fait qu'il n'occupe pas un poste trop voyant. Et toi, tu voudrais qu'il distribue le ballon et gère tout l'aspect stratégique ? Y a pas de doute, la blondeur chez toi, c'est naturel !

La nouvelle complainte de Kise contre l'injustice du monde fit rire la petite assemblée, à l'exception de Riko. Tirant nerveusement sur le bout de ses manches, elle ne quittait pas Kiyoshi des yeux. Mais ce qui surprit davantage Kuroko, c'était l'inquiétude qu'il lisait sur son visage d'ordinaire si gai.

Sans doute l'ex-pivot de Seirin n'avait-il pas remarqué qu'elle le fixait avec tant d'insistance, car il enchaîna d'un ton posé :

- J'aurais peut-être quelqu'un de très compétent à suggérer…

Mais Riko le coupa net.

- C'est absolument hors de question, Teppei ! On ne peut pas lui faire confiance.

- Oui, mais il est tout à fait qualifié pour ce poste.

-En théorie oui, mais…

- Riko.

Il se tourna vers elle et la toisa du haut de son mètre quatre-vingt-treize, ce qui, sans qu'il l'eût véritablement cherché, intimida la jeune fille plus qu'autre chose. Sans un mot, elle baissa les yeux, comme en proie à une vive anxiété. Kuroko s'approcha d'eux.

- Kiyoshi-senpai, de qui tu parles ?

- De quelqu'un qui a de l'expérience en tant que meneur, et qui excelle à mettre au point des stratégies de jeu. Il comblerait notre lacune en moins de deux.

- Oui, mais il mettrait aussi l'équipe sens dessus dessous.

Riko avait repris contenance et le dévisagea d'un air irrité. Elle avait toujours été prompte à relever la tête lorsqu'elle se trouvait dans une mauvaise passe.

- Je veux que tu ne fasses appel à lui qu'en cas de dernier recours.

- Ben en fait… Je lui ai déjà proposé.

- Quoi ?!

Tous les autres se sentaient complètement à côté de la plaque. Sans doute parce qu'il estimait qu'il ne pouvait pas être plus largué, Koganei posa la question de circonstance :

- Et… il a dit quoi ?

- Qu'il verrait.

- Génial, et en plus il va se faire prier.

Cette fois, elle semblait carrément sur les nerfs. Tandis que Kiyoshi tentait d'apaiser son courroux à force de bonnes excuses et de dérision, Kuroko nota le silence inhabituel de Kise. Celui-ci resta plongé dans ses pensées pendant un certain temps, pour finalement prendre la parole sans crier gare.

- Dites… Si c'est un meneur qu'il vous faut, il vaudrait mieux quelqu'un qui convienne à tout le monde, non ? On parle d'un poste plutôt important, là.

Surpris, les autres se turent.

- J'aurais quelqu'un à qui demander, moi aussi. Takao Kazunari, de Shûtoku. Je pense qu'il acceptera.

Kiyoshi pencha la tête d'un air dubitatif.

- Il fait des études de commerce, non ? Je ne suis pas sûr qu'il aura tant de temps à nous consacrer.

- Je peux quand même lui proposer ! Laissez-moi jusqu'à la fin du week-end, OK ? Après, s'il refuse, on tentera le coup avec l'atout mystère de Kiyoshi.

Celui-ci pouffa de rire. Néanmoins, l'intervention de Kise avait eu le mérite de calmer Riko.

- D'accord, d'accord. Si tu veux. C'est sûr que ça simplifierait bien nos affaires, s'il acceptait.

- Alors c'est bon, je vais le convaincre de ce pas !

Et de se diriger gaiment vers la sortie. Riko eut à peine le temps de réagir qu'il avait déjà quitté les lieux en saluant tout le monde d'un grand geste emphatique. Elle se contenta de soupirer, comme fatiguée à l'avance d'avoir à gérer cette équipe tout juste constituée.

Kuroko semblait un peu désarçonné par la tournure que prenait ce premier meeting, mais Kiyoshi lui fit un clin d'œil, passant un bras autour des épaules de la jeune coach pour la taquiner.

- Ne vous en faîtes pas, il n'y a pas d'enjeu dans tout ça, pour l'instant. Pas la peine de se mettre la rate au court-bouillon.

- Pas d'enjeu, c'est toi qui le dis. Moi, je suis revenu pour jouer sérieusement.

En entendant Hyûga, les autres anciens élèves de Seirin acquiescèrent vivement. Himuro n'ajouta rien, mais son silence était consentant. A son tour, Kuroko fixa Kiyoshi droit dans les yeux, et hocha la tête.

- Moi aussi. Je veux qu'on puisse s'investir dans cette équipe pour de vrai, ensemble.

Ni Riko, ni Kiyoshi n'y trouvèrent à redire. Implicitement, ils s'étaient tous réunis avec le même objectif. Autant que l'exaltation d'un match battant son plein, c'était l'envie de reprendre les choses où ils les avaient laissées qui les poussaient vers l'avant.


Le battant de la porte qui menait aux cuisines se rabattit mollement derrière Murasakibara. Dans le même temps, la clochette qui surmontait l'entrée du salon de thé tinta. A peine arrivé, Kise arborait déjà un large sourire, ce qui ne manqua pas d'agacer Midorima, assis face au bar aux côtés de Takao.

- Tiens ? Midorimacchi est là aussi ?

- Oui, il est là.

D'après la brièveté de sa réponse, et son visage tout renfrogné derrière ses lunettes, Kise en vint à la conclusion que ce jour-là, Midorima devait avoir activé le mode Ronchon. Ce dernier l'avait à peine regardé, et reportait déjà son attention sur la porte percée d'une fenêtre en hublot derrière le bar. Leur afficionado des gâteaux allait sans doute revenir d'une minute à l'autre. En attendant, ils étaient seuls tous les trois car, chose peu commune, Himuro n'était pas présent non plus.

Kise fit mine de ne pas remarquer l'animosité de son vieux camarade et s'assit sur un tabouret à son tour, de sorte que Takao était au milieu, bien en peine de savoir vers qui se tourner en premier.

- Shin-chan, je sais que tu adores ça, mais arrêtes de faire la tête pour une fois.

- Si tu insinues que mon expression naturelle t'indispose, tu n'as qu'à discuter avec Kise. Il a l'air en forme.

- Et voilà, il boude.

- Au fait, Takaocchi, qu'est-ce que tu penses de la proposition que je t'ai faite au téléphone ? Tu sais, pour l'équipe de basket…

Ulcéré, Midorima leva les yeux au ciel et leur tourna le dos d'un même mouvement. Takao se retint de pouffer de rire et haussa les épaules.

- Comme tu peux le voir, c'est un dilemme de taille, pour moi. Si je fais le choix de me joindre à vous, je me brouille avec mon camarade ici présent, pourtant ô combien tolérant et ouvert d'esprit.

- Takao, va te pendre.

Cette fois, ni lui ni Kise ne purent s'empêcher de rire. Si Midorima avait été un chat, son poil se serait hérissé tout net.

- Sérieusement, je ne peux pas trop prendre le risque d'accepter maintenant si au final, ce projet tombe à l'eau. Je me serais grillé pour rien.

- Mais on prend pas ça à la légère !

- Je sais. C'est pour ça que je pense que vous saurez vite me convaincre. Faites vos preuves d'abord, et on en rediscutera.

Takao ne payait pas de mine, mais il était un homme de parole. A l'inverse, il était inutile d'essayer de l'influencer. Lorsqu'il avait pris une décision, il s'y tenait. Kise sentit que c'était peine perdue, au moins pour l'instant, et soupira, dépité.

Murasakibara choisit ce moment précis pour faire son apparition, ce qui coupa net les négociations. Il déposa devant Midorima une assiette où trônait un somptueux gâteau aux teintes brunes, et devant Kise un verre de jus de citron.

- Mais… Tu savais que j'étais là ?!

- Je t'ai entendu depuis l'arrière. Tu parles trop fort, Kisechin.

- Ah, désolé, désolé… Et merci pour le verre.

Il acquiesça d'un hochement de tête quasiment imperceptible, puis observa Midorima du coin de l'œil. Celui-ci avait déjà entamé le dessert, et suçotait sa cuillère sans dire un mot.

En y regardant mieux, Kise constata qu'une fine couche vert pâle traversait le gâteau horizontalement, rappelant les petits copeaux qui parsemaient sa surface.

- Il est à quoi, ce gâteau ? Au chocolat ?

- Pâte de haricot rouge et matcha.

- Sérieux ?!

Il fixa Murasakibara la bouche grande ouverte et les yeux ronds comme des balles de ping-pong - on lui aurait annoncé que Kyary Pamyu Pamyu était un homme, son expression n'aurait pas été plus extrême.

La remarque acerbe de Midorima ne se fit pas attendre.

- Tu ne sais pas distinguer l'anko du chocolat ? Tu es sûr que tu es japonais ?

- Kisechin est de plus en plus américanisé à force de porter du Vuitton.

- Je ne pose pas pour Vuitton ! Et en plus, c'est français !

- Ahlala, c'est vrai ?

Kise soupira, moitié par lassitude, moitié par honte de s'être bêtement trompé. Il nota cependant que Midorima ne semblait pas s'être étonné de la réalisation de leur pâtissier en chef, qu'il avait sans doute confectionnée à son attention. Ou en « pensant à lui », comme il le disait. Lui non plus ne semblait pas attendre de commentaires.

- Midorimacchi, tu es déjà venu ici ?

Cette fois, l'intéressé ne put s'empêcher de tourner la tête pour le regarder par-dessus Takao.

- Evidemment.

- Mais je ne t'ai jamais vu !

- Je me débrouille pour venir quand je sais qu'il n'y a personne.

Murasakibara hocha la tête.

- Tout le monde finit par venir ici.

Le blondinet médita cette phrase un court instant. Il se demanda brièvement si leur hôte exagérait, ou si, réellement, nombre de leurs connaissances communes étaient passées ou continuaient à passer régulièrement ici, sans qu'il n'en sache rien. Mais cette interrogation lui rappela une autre question qu'il s'était posée en arrivant.

- Dans ce cas, c'est vraiment une coïncidence incroyable qu'on se soit croisés aujourd'hui !

- Ça n'a rien d'une coïncidence.

La gravité de sa voix fit place à un silence étrange, inconfortable. A cet instant, Kise réalisa que Takao ne parlait plus depuis de longues minutes. A vrai dire, depuis qu'il était entré, il l'avait senti moins volubile qu'à l'accoutumée. Quand à Midorima, malgré son manque patent d'enthousiasme en général, il était particulièrement sombre cette fois-ci.

Quelque chose flottait dans l'air, une chose assez légère pour qu'on ne la détecte pas tout de suite, mais persistante, et entêtante, une fois qu'on avait senti qu'elle planait autour de soi.

Mal à l'aise, Kise tenta de conserver un ton enjoué.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu savais que je viendrais ?

- Oui.

Cette réponse succincte ne fit qu'accroître son malaise. Ni Takao ni Murasakibara ne pipaient mot, comme s'ils savaient ce que Kise était le seul à ignorer. Il les regarda chacun à tour de rôle, une inquiétante sensation de froid lui emplissant peu à peu l'estomac.

- Il y a… un truc que j'ai raté ?

Aucun d'eux ne le regardait. Seul Midorima finit par prendre la parole.

- Takao m'a dit que tu l'avais contacté, alors j'en ai profité pour lui demander de te donner rendez-vous ici. Pour qu'on soit tous les trois ensembles.

Mais en disant cela, il regardait Murasakibara. Les « trois » dont il parlait n'incluaient donc pas Takao, mais seulement lui, Kise et Murasakibara, les trois anciens de Teikô, les trois ex-membres de la Génération Miracle.

D'étrange, la situation devint progressivement inquiétante aux yeux de Kise.

- Et tu n'aurais pas pu le faire toi-même?

- Si, mais j'aurais dû t'en donner la raison. Et en faisant ça, je craignais que tu ne refuses.

Inconsciemment, le blond se leva. Tout dans leur attitude paraissait contrit, comme s'ils appréhendaient quelque chose, quelque chose de proche. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'ils étaient venus faire ici, mais l'attente devenait oppressante.

- Ok, quelqu'un peut me dire ce que c'est que ce plan ?

Midorima ouvrit la bouche pour parler, mais un son l'immobilisa.

La clochette au-dessus de la porte d'entrée venait de retentir.

Lentement, Kise tourna la tête.

Et sentit son cœur rater quelques battements.

- Bonsoir, Shintarô, Atsushi, Ryôta. Il y avait longtemps.

Sur le seuil, identique à celui qu'il était huit mois auparavant, se tenait Akashi.