Disclaimer : Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de leur créateur, l'écriain JK Rowling. Merci à elle.
Paring : George/Angelina à terme. Actuellement, George/Alicia et William/Angelina
Attention, dans ce chapitre, la température monte drôlement, ce qui explique le changement de catégorie. J'avais dit que je ne m'imaginais pas écrire un texte traitant des relations sexuelles entre William et Angelina, il semblerait que ce soit venu bien plus facilement que je ne le pensais. J'en suis la première surprise et la première atterée. Donc, prévoyez en conséquence, même si l'acte n'a rien de douloureux ^^, ça ne sera pas facile à lire - j'en suis encore un peu retournée - et surtout, ne m'en voulez pas trop !
Merci à Angelina, je viens de voir la review, je répondrais vite - à condition que je ne m'endorme pas devant mon écran - et merci aussi à toutes les alertes, n'hésitez pas à donner votre avis, j'en serais ravie !
Chapitre 8 : Eruption
Le noir, partout, uniforme, isolant. Les battements de son cœur en écho incessant, douloureux. L'angoisse, suffocante, la transpiration glissant sur ses tempes. Les secondes s'écoulent et elle continue de marcher, du moins lui semble-t-il. Dans ce monde obscur, il n'y a ni sol, ni plafond, ni aspérités.
Elle penche la tête pour vérifier la présence de son corps. Elle porte une robe blanche sans bretelles, resserrée sous sa poitrine par un ruban de satin large de la même teinte. Pas un seul bijou à ses poignets, ni autour de son cou. Ces pieds nus disparaissent dans l'obscurité.
Le son d'une respiration quelque part. Où ? Elle court à présent dans ce vide intolérable. Son souffle haché s'envole en volutes blanchâtres rapidement englouties par le noir dévorant. Elle ralentit et s'arrête pour reprendre une avancée à petits pas timides.
Une nouvelle inspiration. Un gémissement qui s'éteint. Les larmes, brûlantes dévalent ses joues creusées par une tristesse implacable. Un soupir meurt sur ses lèvres rouges et sèches qu'elle humidifie d'un coup de langue et sur lesquelles s'échouent comme des vagues, l'eau salée de ses pleurs.
Un point blanc à l'horizon, qui grandit, atteint la taille d'un poing. Sans bouger, elle le fixe. Ses yeux protestent, ses paupières tressaillent, ses mains tremblent. Le point blanc est devenu une fenêtre lumineuse qui l'aveugle. Prudemment, elle s'en approche et du bout de ses doigts tremblants, en touche les contours.
Il n'y en a pas. La lumière est là et s'arrête où commence le noir. Juste assez large pour qu'elle y rentre si elle le souhaite. La peur, sourde, grandit en elle. Quelque soit ce qu'il y a de l'autre côté, son corps tout entier anticipe la blessure que la découverte ne va pas manquer d'occasionner.
Imprudente, elle lève la jambe et d'un pas, d'un seul, franchit la distance pour entrer dans la lumière.
Des ombres connues, celles du canapé, du fauteuil, de la lampe sur la table basse. Elle est chez elle et il fait nuit. Les volets roulants sont à demis fermés, comme si le propriétaire s'était avéré indécis au moment de les descendre. Peut être a-t-il été interrompu aussi ?
Quelques détails paraissent différents. Cette veste en cuir de dragon oubliée sur le canapé, les restes d'un repas sur le comptoir de la cuisine, une tasse sur le sol, brisée et le cendrier débordant de mégots de cigarettes.
Elle se souvient de ce jour, celui de sa dispute avec George. Elle avance vers sa chambre tranquillement, prête à se voir dormir aux côtés d'Alicia mais à peine a-t-elle franchit la porte qu'elle ne voit plus qu'Alicia, nue, les jambes relevées posées sur les épaules d'un George qu'Angelina ne reconnaît pas et dont les hanches vont et viennent brutalement alors qu'il fait l'amour à Alicia.
Leurs gémissements comme des prières flottent dans la pièce. Les suppliques enfiévrées, susurrées d'Alicia et les réponses, hachées de George sont autant de coups de poignards qui s'enfoncent dans sa poitrine.
Elle les voit entrer, simples lames d'acier brillantes et le sang s'échappe des blessures, souillant sa robe immaculée. Une petite mélodie aigue retentit, semblable à celle des boîtes à musique de son enfance. Du sang s'échappe à présent de sa gorge, de ses yeux. Tournant la tête, son reflet dans le miroir lui renvoie une image horrible. Ce rouge qui s'étale sur ses joues, craquelle sur sa peau et zèbre sa gorge de traînées couleur cerise. Sa bouche s'ouvre pour hurler mais son cri reste muet.
La musique s'achève et le son d'une boîte que l'on ferme. Le creux de ses mains qu'elle regarde à travers un rideau de sang se lézarde avant de se morceler. Terrorisée, elle voit ses mains se transformer en poussière.
Sur le lit, le couple vient de terminer ses ébats et George murmure tendrement des mots d'amours à Alicia. Hurlant toujours silencieusement, Angelina voit son corps disparaître, tombant en cendres éparses qui se perdent dans le noir...
Et s'éveille.
Les draps trempés de sueur collent à son corps nu. Le souffle court, Angelina se relève et paniquée s'enferme dans la salle de bain.
Son visage est pâle, ses traits tirés et durant une seconde, il est encore parcouru de trainées de sang imaginaires. Elle tourne le robinet et fait couler de l'eau. La morsure froide du liquide sur son visage brûlant éloigne le rêve en partie.
Son agitation a fini par réveiller William qui vient frapper à la porte, inquiet.
« Angelina ? Qu'est-ce qui se passe ? »
La nausée l'empêche de répondre. Elle a juste le temps de se laisser tomber sur le sol devant la cuvette des toilettes avant de se mettre à vomir. Son dernier repas a été digéré mais les glaires qu'elle éjecte brûlent son œsophage. Elle ferme les yeux et les rouvre aussitôt affolée.
Du sang, partout et ces images qui défilent en boucle dans sa tête.
Pourquoi a-t-elle si mal ?
William vient s'asseoir près d'elle et lui caresse le dos doucement pour l'apaiser. Elle vomit encore deux fois avant de tirer la chasse et de partir se laver les dents.
Se mettre dans un tel état pour une scène aussi banale, vraiment, sa stupidité va devenir légendaire à ce rythme. William l'enlace et de manière totalement anarchique, le désir enflamme son corps. Horrifiée, elle rougit mais il se contente de lui sourire et elle perd pied.
Leurs bouches se rencontrent avec empressement et ne prennent pas le temps de se découvrir. Elles se dévorent mutuellement, sauvagement. La passion, brute, embrase chaque parcelle de sa peau, de son âme et soucieuse d'oublier pour quelques heures la réalité, Angelina s'abandonne totalement, profondément, au brasier qui l'embrase.
A la lueur orangée de la lumière d'appoint, leurs corps se frôlent et s'affolent, se frottent et se caressent sans pudeur ni douceur. D'une main il retient les poignets d'Angelina au-dessus de sa tête et de l'autre, il marque de ses ongles, ce corps qu'il voit cette nuit pour la première fois.
Soumise, elle se laisse faire, soupirant et gémissant. Son corps est comme ramollit par toute cette chaleur qui la traverse et la consume. Le torse de William qui s'abaisse vers elle est couvert de suçons qu'elle a apposés avec une ardeur insoupçonnée.
Ses yeux se ferment à moitié, son ventre se creuse sous les caresses de la main masculine qui descend toujours plus bas, jusqu'à cette partie d'elle, si chaude, si désireuse d'avoir plus.
Elle se mord les lèvres et brusquement creuse son dos jusqu'à former un arc. Ses jambes s'écartent, ses cuisses se contractent, ses abdominaux frémissent.
« Regarde-moi. »
Obéissante, elle se perd dans l'ambre vert des yeux de William qui la questionnent. Parler est définitivement impossible, son cerveau s'avère incapable de former une phrase cohérente. Il comprend et d'un mouvement sec, entre en elle.
Une onde de plaisir la traverse et le bruit de succion quand il se retire pour mieux revenir contre son pubis augmente d'un cran sa fébrilité. Dévoué à son acte, William relâche les mains d'Angelina qui aussitôt, plante ses ongles dans le dos large du jeune homme.
La montée de plaisir est violente, accélérée par le visage humide de sueur, déformé par l'extase qui approche de William. Ses mains deviennent incapables de se déplacer, ses hanches vont et viennent à la rencontre de celles de l'homme et l'orgasme survient, dévastateur.
Il la suit très vite et leurs deux corps épuisés retombent sur le matelas.
Après quelques minutes passées à reprendre leurs souffles, Angelina vient chercher les lèvres de William comme on plonge la main dans un bocal de bonbon et leurs langues s'enroulent, gourmandes, pécheresses.
Cette fois, hors de question qu'elle reste inactive et désireuse de rattraper son inactivité précédente, Angelina renverse le corps de William, le plaque sur le lit et entreprend à son tour, de l'amener jusqu'à la jouissance.
Le réveil sonne en mode buzzer. Un marteau piqueur a élu domicile dans son cerveau et s'en donne à cœur joie. Les yeux obstinément clos, Angelina se colle contre la source de chaleur proche.
Le rire de William l'oblige à revenir dans le monde réel et à regret, elle quitte le monde cotonneux et réconfortant d'un sommeil sans rêves.
« Quoi ? Je veux dormir.
- C'est le premier jour des partiels. Tu es certaine de vouloir sécher ?
Elle ouvre les yeux et se relève, paniquée.
- Où sont mes habits ? Oh bon sang, on va être en retard. Bouge-toi qu'est-ce que tu attends ?
William ne bouge pas. Sa jupe déjà enfilée, elle se bat avec son soutient gorge quand elle réalise que son petit ami ne s'active pas.
- Qu'es-ce qu'il y a ?
Il est assis nu au dessus des draps et ses traits sont tristes. Angelina répète, soucieuse.
- Quoi ?
- Vas-tu me quitter à présent ?
Elle en lâche son sac de surprise et se penche pour le saisir une nouvelle fois.
- Au risque de passer pour une attardée, quoi ?
- Tu pleurais cette nuit quand on a fait l'amour la première fois. Tu pleurais aussi pendant la seconde, après avoir vomit et tu pleurais encore la troisième fois quand tu as mené la danse. Si coucher avec moi te fais si mal, nous devons rompre immédiatement.
Elle lui jette un t-shirt et un caleçon avant de lui tourner purement et simplement le dos. La main sur la poignée de la porte, elle se décide enfin à parler, cachant son mal être sous un ton enjoué.
- Idiot. Je ne vais pas te quitter et c'était très bien cette nuit. Ne t'inquiète pas. A plus tard. »
A peine la porte passée, Angelina s'effondre sur le sol, ses mains sur son visage. Elle ne s'en souvient pas. Comment peut-elle ne pas se rappeler avoir pleuré ?
Un quart d'heure avant le début des partiels, Angelina écrase avec le pied sa troisième cigarette. Le ciel est d'un bleu métallique inquiétant et l'air transporte l'odeur de la pluie. Alicia n'est toujours pas là, ça ne lui ressemble pas.
Dix minutes avant l'examen, l'angoisse l'emporte. Elle transplane.
Ses mains tremblent devant le canapé. Elle serre les poings et étouffe un début de larmes. Le moment est mal choisit pour ressentir des émotions aussi extrêmes.
« Alicia ? Tu vas être en retard dépêches-… toi »
Sa meilleure amie dort paisiblement, les draps défaits enroulés autour de son corps nu comme les bandelettes d'une momie. L'odeur du sexe a depuis longtemps disparue de la pièce mais le cœur d'Angelina se serre.
Sans un mot, elle tire sur les draps, agrippant l'épaule d'Alicia durement et la secoue sans ménagement. La jeune femme finit par ouvrir les yeux en grommelant.
« Georges, laisse-moi dormir… Oh merde ! Angie !
Angelina la regarde relever ses jambes dans un réflexe de protection et décide de passer outre ses sentiments personnels. Elle se contente de lui tourner le dos et de quitter la pièce.
- Les partiels commencent dans cinq minutes. Bouges-toi. »
Tout en courant dans les couloirs de l'université, elle se déteste de se sentir trahie.
La première journée a été épuisante et le retour à l'appartement réveille la plaie encore bien trop fraîche d'Angelina.
Sous les yeux tristes de sa meilleure amie, elle ouvre les fenêtres, la baie vitrée en grand et sort sur le minuscule balcon.
Le ciel est d'un bleu limpide, sans le moindre point blanc, prémices d'un nuage à l'horizon. La chaleur est étouffante, comme avant un orage mais ce n'est pas le temps qui meurt d'envie de gronder, seulement elle et son cœur qui semble se morceler à mesure que passent les minutes.
Alicia s'approche, hésitante. Angelina se retourne et sans lui jeter un regard, se contente d'enlever ses talons pour aller les déposer dans l'entrée. Comme un robot au système d'exploitation bien conçus, elle s'enferme dans la salle de bain et se déshabille.
L'eau tiède ne suffit pas à dénouer ses muscles de la tension qui les habite et pendant qu'elle se sèche, elle songe à contrecœur qu'elle ne l'en croyait pas capable. Lorsqu'elle ouvre la porte, Alicia est assise dos au mur, entre la porte de la salle de bain et celle de la chambre. Les jambes relevées contre sa poitrine, elle n'a jamais parue aussi perdue.
Pour la première fois depuis qu'elles se connaissent, Angelina n'arrive pas à lui parler. Sa bouche reste obstinément fermée parce qu'il n'y a rien, finalement, à déclarer qui pourrait les réconforter toutes les deux.
Au moment d'entrer dans la chambre, Angelina sent son courage s'en aller au galop et la douleur revenir. Elle chasse les premières larmes et résolument, se force à enlever les draps avec les mains plutôt qu'à coup de baguette. Tant pis si ces mains tremblent, tant pis si les larmes s'écrasent sur le tissu irrémédiablement tâché. Aucune lessive, aucun sort, ne pourra jamais effacer ce qui s'est passé la veille.
Il est hors de question qu'elle les supporte à nouveau sur sa peau. Elle les plie soigneusement et les dépose dans la cabine de douche dans la salle de bain. Sous les yeux effarés d'Alicia, elle leur met le feu et les observe se consumer. Quand il ne reste plus qu'un tas de cendres, elle part chercher une balayette et ramasse consciencieusement la moindre poussière avant d'aller tout jeter dans la poubelle de la cuisine.
Dans le silence, les sanglots d'Alicia sont comme le son d'une trotteuse la nuit quand on cherche le sommeil, ou comme les gouttes d'eau qui s'échappent d'un robinet qui fuit alors qu'on tente désespérément de se concentrer sur ses révisions.
Agacée, Angelina claque sa langue dans sa bouche, faisant cesser net les pleurs. Alicia relève la tête vers elle, comme un chiot qui attendrait patiemment la punition qu'il sait méritée et brusquement, Angelina ne se sent même plus en colère.
Juste infiniment lasse et fatiguée. Vide aussi. Les mots s'échappent, comme des voleurs, pressés de fuir, distants.
« Songe à te trouver un nouvel appartement. »
Tout est dit, consommé. Pour le moment, Angelina ne se sent pas la force de rester en présence d'Alicia même si au fond, elle ne peut rien lui reprocher. Elle n'accepte pas, c'est tout.
Fourrant dans son sac quelques affaires, elle n'ajoute rien, pas même un aurevoir avant de transplaner chez William.
Lorsqu'il lui ouvre la porte, l'immense sourire qui éclaire son visage ne lui donne pas envie de lui répondre. Un peu sonnée, Angelina se hisse sur la pointe des pieds et l'embrasse rapidement.
« Chirurgie demain pour toi aussi ?
Il hoche la tête et elle lui répond d'un sourire, crispé mais volontaire.
- Alors Docteur, je serais votre patiente.
Et sans se préoccuper de l'étonnement de William, elle s'allonge docilement sur le lit, la tête tournée vers lui, décidée à jouer le jeu, quitte à se brûler les ailes. Ce soir plus encore que la veille, elle ne veut ni réfléchir, ni ressentir de regrets. Elle veut juste vivre et se savoir aimée, juste arrêter ce cercle vicieux qui la pousse toujours, jours après jours, à pleurer seule chez elle.
- Docteur ? Dois-je me déshabiller ?
Il referme la porte et devant l'entêtement d'Angelina, décide lui aussi, de lancer les dès.
- Je vais le faire.
Ses mains grandes, tremblent quand il ouvre un à un les boutons de la tunique rayée verte et grise qu'elle porte. La peau de ses doigts est calleuse et sèche sur sa peau fraîche et la chaleur monte lentement, au fur et à mesure qu'il la dénude.
Il doit s'y reprendre plusieurs fois avant de parvenir à déziper la fermeture éclair de sa jupe et le gémissement qu'elle pousse quand il effleure ses hanches, les surprends tous les deux.
Le rouge aux joues comme un adolescent avant sa première fois, William à bien du mal à lancer les sorts pour vérifier les organes vitaux et se concentrer sur sa révision.
Tentatrice, Angelina l'appelle dans un murmure, en saisissant un de ses mains qu'elle fait glisser sur son corps, délicieusement.
- Docteur, je me sens si bizarre, juste ici.
Et pose la main à l'emplacement de son cœur. William échange un regard empli de désir avec elle mais n'ose pas parler, de peur de se réveiller sans doute. Il sursaute quand fermement, elle guide leurs mains plus bas.
- C'est si chaud ! Suis-je malade ?
Il arrache sa main et recule jusqu'à s'asseoir sur le bureau. Il ferme les yeux et ses mains crispées agrippent le rebord du plateau dans une tentative désespérée de bloquer la chute vertigineuse de ses sentiments. Etonnée, Angelina lève la tête et va pour le questionner mais il la devance.
Ses yeux naviguent de la chemise froissée blanche rayée de bleu nuit au pantalon droit noir, à son visage fatigué, visiblement épuisé par les nuits à réviser et part – elle s'en rend compte à présent – les excentricités de sa petite amie.
Ses paupières obstinément fermées, ses mains dont les jointures ressortent, sa poitrine qui se lève et s'abaisse par saccades, tout son langage corporel est en émoi et pourtant elle refuse de comprendre, jusqu'à ce que la phrase qu'il vient de prononcer poursuive son chemin, de ses oreilles à son cerveau et qu'elle prenne véritablement conscience du sens des mots qu'elle contient.
- Rhabilles-toi.
- Quoi ?
Ce n'est pas possible, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ne peut-elle pas elle aussi prendre sans donner ? Pourquoi Alicia arrive-t-elle à conjuguer sexe et amour dans des phrases indépendantes et elle non ? Pourquoi faut-il toujours qu'elle reste à l'arrière sans personne pour la consoler ? Pourquoi faut-il des mots pour que les gens se comprennent, pourquoi faut-il… Est-elle condamnée à étouffer sa tristesse dans un vulgaire oreiller comme un enfant pleure auprès de son doudou ?
- Si tu n'es pas capable de simplement réviser, mieux vaut que tu rentres.
- C'est une plaisanterie ? Comment je dois le prendre ?
Il passe nerveusement la main dans ses cheveux, la tête résolument tournée sur le côté pour ne pas la regarder. Ce simple geste semble la liquéfier. Comme dans son rêve où le sang et les larmes se mélangeaient jusqu'à ne plus former qu'un tout qui finissaient par la désagréger, lui aussi lui tourne le dos, lui aussi s'éloigne et elle refuse obstinément de l'accepter.
- Tu ne veux pas me dire ce qui cloche ? Au lieu de jouer les allumeuses ?
- Tout va bien !
- C'est ça et pourquoi t'es tu sentie obligée de crier dans ce cas ? Pourquoi es-tu sur le point de fondre en larmes ? Pourquoi as-tu pleuré cette nuit ? Je ne veux pas juste coucher avec toi Angelina alors arrête de me prendre pour un vulgaire sex friends d'accord ?
Se laissant tomber sur le matelas, Angelina rabat maladroitement les pans de sa tunique sur sa poitrine.
- Je suis désolée. Je ne peux pas t'en parler.
- Très bien. Je vais aller demander à Flemming de me prêter un matelas. Tu as besoin d'être seule. Bonne nuit. »
Et sans l'embrasser, muni de ses cahiers de révisions, il s'en va.
Automatiquement, Angelina pose son bras sur ses yeux pour cacher ses larmes.
« Je suis désolée. »
Le plus grave dans tout ça, c'est qu'elle ne sait même pas de quoi elle s'excuse.
Le dernier examen est terminé. En rangeant ses affaires, Angelina se sent à la fois soulagée et tendue. Maintenant quoi qu'il arrive, le sort est joué et les résultats lui diront si elle s'en est sortie. Quelques rangées derrière elle, Alicia enfile son manteau en lui lançant des coups d'œil peu discrets.
Jamais avant cette année, elles ne s'étaient autant disputées et en vérité, Alicia ne sait pas du tout comment s'y prendre pour recoller les morceaux. Elle se sent coupable d'avoir couché avec George dans le lit d'Angelina mais sur le moment, elle n'a pas réfléchit aux conséquences. En fait, elle ne comprend pas exactement en quoi c'est grave, mis à part que depuis, sa meilleure amie ne lui adresse plus la parole et passe le moins de temps possible dans les mêmes pièces qu'elle.
George n'a pas parut secoué une seule seconde quand elle lui a raconté, ce qui ne rend pas les choses plus faciles. Il a juste fait « Ah » et lui a caressé les cheveux. Difficile de savoir avec ça ce qu'il pense.
Dans le couloir, elles se retrouvent à marcher dans la même direction, comme deux étrangères et la situation la rend hystérique. Les murs délavés de l'université, le sol d'une teinte indéfinissable, usé par le passage des milliers de pas, l'odeur particulière qui ne sent rien mais qui pourtant est pleine d'un quelque chose que son nez reconnaît sans parvenir à se fixer sur ce que c'est, tout ça lui fait horreur.
Sa meilleure amie marche à quelques pas devant elle, si proche qu'en tendant le bras elle pourrait la toucher mais si lointaine dans sa personnalité actuelle. Angelina a toujours été le genre de fille à tout prendre sur elle, à garder ses problèmes pour ne pas déranger les autres, quitte à paraître insensible et cette carapace qu'elle s'est forgée au fil des années lui a été très utile à la mort de Fred. Seulement aujourd'hui, Alicia voudrait lui faire comprendre qu'elle a le droit d'être faible, le droit de pleurer devant quelqu'un, que ce n'est pas grave, ni même gênant, que c'est normal mais elle ne sait pas comment faire.
Les mots qui quittent sa bouche traîtreusement ne sont pas les meilleurs ni même les plus réconfortants mais ce sont les seuls qui lui sont venus à l'esprit et qu'il faut qu'elle dise quelque chose avant que la situation prenne des allures de séparation.
« Est-ce parce que c'était ton lit à toi et à Fred ? Ou est-ce simplement le fait que je couche avec George qui te dérange ?
Angelina se fige et soupire avant de se remettre à marcher. Le silence dure si longtemps qu'Alicia est persuadée qu'aucune réponse ne viendra combler le vide et quand, enfin, sa meilleure amie parle, sa voix est détachée, presque indifférente.
- Tant que tu es heureuse ça me va. J'ai juste été surprise.
- Il n'y a pas que ça Angie. Tu peux tout me dire, tu le sais…
Angelina se tourne vers elle en hurlant un « NON » qui résonne en écho fantôme dans l'atmosphère pendant plusieurs minutes. L'une en face de l'autre, elles ne prêtent aucune attention aux étudiants qui passent autour et les regardent comme on observe un animal dans un zoo.
Alicia l'observe, ses yeux perdus, comme aveugles à la vérité. Les vêtements d'Angelina sont lisses et parfaitement en place. Ses cheveux courts propres et brillants sont sagement coiffés, mêmes ses mains paraissent plus douces qu'à l'accoutumée. Et depuis trois jours, malgré les examens, elle sort courir pendant plus d'une heure tous les jours.
- Comment ça non ?
- Je ne peux pas tout te dire ! Je ne peux pas t'expliquer un comportement auquel je n'ai moi-même pas de réponses ! Je ne peux pas te dire ce qui me détruit le plus entre le fait que tu es osé coucher avec un mec dans mon lit, dans mon appartement, ou que ce mec ait été George ! Tu l'as détruit à l'époque, tu t'es amusée avec lui sans t'apercevoir une seconde qu'il t'aimait comme un fou et c'est moi qui l'ai ramassé ! Je ne peux pas te dire que je te déteste ou que je le déteste, parce que je crois que c'est moi que je déteste le plus en ce moment ! Et je ne peux pas non plus te parler de ma relation avec William parce que je ne sais pas si s'en est une, si c'est passager, si ça va durer, ni ce que je ressens pour lui. Alors non, je ne peux pas tout te dire et je ne veux pas tout te dire !
- Je…
- Je mange avec Harry, Ron et Ginny ce soir, fais ce que tu veux. »
Sans plus de cérémonie, Angelina plante Alicia au milieu du couloir sans voir qu'en arrière se tient William et qu'il est bouleversé.
L'ambiance est légère et détendue quand Angelina arrive au restaurant. Harry et Ron discutent d'une affaire. Ron vient d'entrer comme stagiaire pour clôturer ses études d'Auror et bien entendu, il fait équipe avec son meilleur ami. Dans une superbe robe ivoire à dos nu, très échancrée sur la poitrine, Ginny les regarde s'enthousiasmer avec un petit sourire discret. Les deux émeraudes serties de diamants qu'Harry lui a offerts pour leurs fiançailles sont les seuls bijoux qu'elle porte, à l'exception d'un fin bracelet en or à son poignet droit.
Ginny s'est un peu la métamorphose de la chenille en papillon. D'une année à l'autre, s'est révélée à sa famille et à ses proches, mature, sereine, compréhensive. Sa relation avec Harry est très équilibrée contrairement à ce que beaucoup de mauvaises langues pensent. Avec elle, le poids de la guerre semble s'alléger de ses épaules et Harry apparaît plus posé, plus mesuré.
Angelina se sent subitement gauche et seule, comme une tâche dans un ciel sans nuages et plus elle se rapproche de la table, plus la sensation s'accroit au point qu'elle ne parvient qu'à grand peine à sourire.
« Bonsoir. »
Ron lui sourit immédiatement, chaleureux comme à son habitude et le poids dans la poitrine d'Angelina diminue quelque peu. Harry se lève et vient l'embrasser, déposant deux baisers silencieux sur ses joues brûlantes. Ginny lui fait signe de s'asseoir et vient saisir sa main quelques secondes, le temps de la serrer doucement, lui apportant soutien et réconfort.
Puis, comme si de rien n'était, ils l'associent à la conversation, comme si elle en avait toujours fait partie et la pression s'envole. Bombardée de questions, Angelina cache son sourire d'un geste de la main, manquant de rire aux éclats devant les rappels à l'ordre incessants que se lancent Harry et Ron entre deux soupirs heureux de Ginny.
Durant l'apéritif et l'entrée, Angelina a presque l'impression d'être revenue à Poudlard. L'ambiance chaleureuse des repas dans la Grande Salle est à portée de main dans sa mémoire et c'est un peu comme une porte qui s'ouvre sur un passé joyeux, un brin innocent mais jamais douloureux. Les bougies enfermées dans leurs globes de verres diffusent leur lumière, paresseusement et les conversations autour de leur table ont le bruit de ces fonds sonores indistincts et réconfortants.
Un serveur impeccable dans son costume noir et son tablier blanc, leur amène le plat principal, du poisson et Harry se racle la gorge, éclatant la bulle de joie crée précédemment.
« Bien Angie, même si on t'adore tous les trois tu le sais – il lui fait un clin d'œil et elle cligne des yeux rapidement en faisant semblant de se pâmer – je t'ai invité parce que j'ai quelque chose à te proposer.
- Vas-y, exprime-toi.
C'est Ron qui le devance, s'exprimant avec un ton mesuré.
- George m'a dit que tu souhaitais te spécialiser en psychomagie. C'est vrai ?
Même si elle ne sait pas comment George peut être au courant, elle acquiesce, se demandant où il veut en venir. Curieuse, elle se penche inconsciemment en avant, manquant de plonger le collier de William dans son assiette.
- Avec Harry - et Ginny nous soutient parce qu'elle nous aime. Hermione aussi, mais comme elle se bat pour faire passer une loi contre la maltraitance des Elfes de Maison… Bref, tu la connais.
Ron se gratte la tête, visiblement perdu dans ses explications et s'efforce de lui sourire mais ses traits sont trop forcés pour paraître naturels. D'un coup de coude dans le ventre qui se veut tout sauf discret, Harry lui fait signe de se reprendre et tant bien que mal, Ron parvient à se remettre en selle.
- Nous aimerions faire quelque chose pour aider les enfants et les familles des victimes de la guerre. Il y a des centaines d'orphelins en Grande-Bretagne et les traumatismes vont demander des années de suivis et de thérapies.
Angelina acquiesce de la tête.
- C'est une bonne idée. Même parmi les adultes, nombreux sont ceux qui auraient besoin de réapprendre à se parler, à se faire confiance et à mettre simplement des mots sur les horreurs qu'ils ont subits.
Harry lui sourit tristement, hochant la tête en l'écoutant parler.
- Il y a aussi les jeunes de notre âge, parfois même plus jeunes, qui se sont retrouvés enrôlés de force dans le camp des mangemorts et qui sont condamnés à vivre avec le souvenir des crimes qu'ils ont été forcés de commettre.
Ron semble dubitatif sur les propos de son meilleur ami et Ginny, le regard vide, semble perdue dans ses pensées. Harry remonte ses lunettes d'un geste précis, décidé à faire comprendre son point de vu.
- Tous les mangemorts ne l'étaient pas par plaisir Ron. Tu sais à quel point il est difficile de choisir de se battre quand sa famille est menacée. Tout le monde ne naît pas courageux.
- Mais je ne comprends pas en quoi cette histoire me concerne, Harry. Je n'ai pas d'argent à te donner et peu de connaissances. A part en tant que soutien physique et moral, et vous pouvez être assurez que je vous soutiendrais, je ne peux guère vous aider.
Ginny cligne des yeux et se tourne en partie vers Angelina. Sa robe ivoire accentue la pâleur naturelle de sa peau et fait ressortir ses tâches de rousseur. Lorsqu'elle parle, sa voix est comme le murmure éthéré d'une apparition fantomatique.
- Tu te trompes. Qui mieux que toi pourrait être la présidente de cette fondation ?
- Quoi ! Mais je ne suis même pas encore diplômée ! Et même si je l'obtiens dans deux ans, vous ne pourrez pas attendre jusque là ! Les gens ne pourront pas attendre autant !
Ron, en train d'avaler goulument comme à son habitude, le contenu de son assiette, se fige, fourchette en l'air.
- En fait si on peut. D'une part parce que ce genre de démarches prend énormément de temps et que nous avons besoin de réfléchir à la structure, au nombre de psychomages, aux thérapies et à tout un tas de détails que nous devons régler parfaitement avant de présenter notre projet.
- Il faut une structure légère dans un premier temps. Des psychomages bénévoles qui accepteraient des prises de contact à distance, par lettres. Ainsi, les personnes se sentiraient moins enfermées dans une structure classique, malade-médecin.
- Tu vois, tu y réfléchis déjà ! Alors, est-ce que tu es partante ?
- Bien sûr ! Peut être pas pour être présidente mais honnêtement, ça ne change rien au fait que je n'ai aucun diplôme et aucune expérience !
Harry secoue sa main avant de saisir un morceau de pain pour saucer son assiette, un air gourmand sur le visage. Ginny l'observe faire avec l'air blasé de celle qui sait que toutes ses remarques éventuelles rentreront dans une oreille pour ressortir par l'autre sans s'inscrire dans la mémoire de son fiancé.
- Je peux soutenir ton CV pour que tu entres à Sainte Mangouste cet été en section psychomagie. Cela pourrait t'aider, non ? J'ai besoin de monter ce projet avec quelqu'un de convaincu, qui s'investira à deux cent pour cent, je ne veux pas que tout tombe à l'eau parce qu'au bout du compte, les mécènes n'auront pas le cran de tenir tête au ministère ! »
Angelina ne sait pas quoi répondre. Conscient de sa gêne, Harry change de sujet. Jusqu'à ce que George ne franchisse soudainement la porte du restaurant, se dirigeant immédiatement vers eux et tirant Angelina vers lui, sans se soucier des exclamations de surprise des clients.
« Qu'est-ce que tu es allée raconter à Alicia ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Lâche-moi !
- Le repas est terminé. Elle réfléchira à votre proposition. Angie, vient.
- Non !
Elle ramène son bras contre elle et se rassoit, butée. George cligne des yeux, abasourdi. Elle lui trouve l'air stupide, comme si elle ne lui avait jamais rien refusé depuis qu'ils se connaissent. A lui à présent de comprendre qu'elle n'est pas une poupée en porcelaine, sage et incapable de se défendre, de bouger, d'exister ! Elle serre les dents, la colère dirigeant ses pensées et ses actes, décidée enfin, à vivre comme elle en a envie.
- Non ?
- Tu m'as très bien entendu. Je ne sais pas ce qui te prend mais ça attendra que tu te sois calmé. Ton comportement est totalement disproportionné et immature.
Si les yeux de George pouvaient s'écarquiller plus, nul doute qu'ils le feraient. Pas préparé à cette dispute, persuadé qu'elle le suivrait sans rechigner, tirant temporairement un tirant temporairement un trait sur leur froid, il est complètement dépassé par la dispute qui se profile.
Il jette des regards nerveux vers les tables avoisinantes, à la recherche d'un support illusoire mais d'un accord tacite propre à tous les humains, chacun se détourne de la table et de ce groupe étrange d'amis qui provoquent un esclandre. Il s'entête, voulant lui faire entendre raison à tout prix sans réaliser qu'il n'y parviendra pas et qu'elle a déjà pris sa décision.
- Alicia est venue au magasin en larmes me dire que tout était fini. C'est de ta faute. Alors tu vas venir avec moi et t'excuser auprès d'elle. Arrête de t'éloigner des gens qui t'aiment juste parce que tu as peur de souffrir à nouveau.
Angelina croise les bras et lui offre un sourire aussi carnassier et malsain que celui qu'il lui a adressé, cette fameuse nuit maudite imprimée dans ses rétines.
- Tu te trompes. Que je sois ou non avec vous, je continue à souffrir. Ne joue pas les Saints, tu es l'instigateur de ma dispute avec Alicia et l'unique responsable de ses larmes.
Sur le visage crispé de George, Angelina aperçoit un tic qu'elle connaît bien au coin des lèvres et sait qu'elle a visé juste. Il se sent coupable et elle ne compte pas étouffer ses craintes.
Elle a toujours eut la vengeance mauvaise mais jamais encore elle n'avait pu prendre tant de plaisir à faire souffrir quelqu'un et sa dernière phrase assassine, fuse comme la lame d'un poignard, en direction d'un George qui semble se briser devant eux.
- Ta présence ici et ta petite scène me donne envie de vomir.
Désemparé, George regarde son frère, sa sœur et son futur beau frère un court instant et finit par prendre une décision qui parait lui coûter beaucoup. Quand il parle, sa voix tremble et se brise sous l'émotion.
- A quel point t'ais-je blessé cette fois pour que tu veuilles à ce point me faire souffrir ? Je ne voulais pas ça Angie, je te le promets.
Angelina sent ses yeux la piquer et comprend avec horreur qu'elle va bientôt fondre une nouvelle fois en larmes. Incapable d'accepter l'idée de paraître aussi faible, elle se lève et pousse sa chaise contre la table.
- Harry, Ron, Ginny, je suis désolée mais je ne pourrais pas finir le repas. Je vous remercie de la proposition, je vais sérieusement y réfléchir. Merci encore, je paierai la note, faites-vous plaisir. Bonne soirée.
George lui tend la main et durant une seconde, elle envisage de la saisir et de s'excuser. Les yeux bleus pleins d'espoir ne regardent qu'elle, indifférents aux visages surpris de sa famille. Elle choisit pourtant de le dépasser même si au moment où ses jambes se mettent en mouvement, elle pourrait se défigurer à coups d'ongles rageurs.
- Je n'ai rien à te dire sauf que je vais me réconcilier avec Alicia. Pas pour toi, pour elle et pour moi, parce que c'est ma meilleure amie. »
Se détestant comme jamais, elle quitte la salle sans s'arrêter ni se retourner. Dehors l'air est frais et les passants souriants. George ne la suit pas, probablement trop accablé pour retenter un énième bras de fer qu'il sait perdu d'avance et quelque part, cette absence de poursuite la déçoit.
Des couples flânent, blottis l'un contre l'autre ou discutant en se tenant la main. Toute seule, elle erre un moment, traînant devant les vitrines plongées dans le noir des boutiques du Chemin de Traverse.
Ses pas l'amènent inconsciemment jusqu'à la terrasse de Florian Fortarôme, encore ouverte malgré l'heure tardive. Deux amies y dégustent des glaces en discutant gaiement. Ecœurée, alors qu'elle s'apprêtait à passer une commande monstrueuse pour se remonter le moral, Angelina fait demi-tour et reprend sa marche sans but.
Quittant le monde magique pour les rues de Londres, elle finit par descendre une volée de marches pour accéder à la Tamise. Le niveau est bas et le fleuve noir. Elle s'assoit sur les graviers, sentant ces derniers se glisser dans ses chaussures ouvertes et griffer ses jambes nues.
Sa robe, beige clair aux motifs imprimés chocolats est un peu fine et elle n'a pas pensé à prendre un gilet. Résultat, rapidement, la fraîcheur nocturne imprime sur sa peau, l'habituelle chair de poule. Elle se frotte les bras et les épaules, sans faire un geste pour se relever et partir.
L'eau est calme et il n'y a pas un souffle de vent. Les rumeurs de la ville s'éloignent comme une feuille oubliée dévale un cours d'eau.
Alors, enfin, les larmes qu'elle a retenues si longtemps, s'écoulent sur ses joues glacées, noisettes brillantes, qui partent mourir dans son cou.
Fin du chapitre
Voilà, pour le texte, je me répète mais n'hésitez surtout pas à donner votre avis, pour m'aider à progresser et si vous êtes tentés par une carrière de bêta reader, n'hésitez pas non plus !
Là dessus, je vais retourner bander mon poignet, j'ai super mal ^^.
Alfa
