Je suis de retour avec un nouveau chapitre, une nouvelle béta, de nouveaux projets, une nouvelle couleur de cheveux...
Je vais bientôt publier la traduction d'une fanfiction appelée "The Hangman's Hands" par Mercurie. Fandom : Thor/Avengers.
Merci à Amyrtia ₩. Black pour la correction de ce chapitre et à Sniff Freakin' Black qui va assurer la re-correction de toute la fanfic depuis le début. J'ai changé quelques passages des chapitres précédents, n'étant jamais contente par ce que j'écris. Toutefois, il ne s'agit qu'un changement sur la forme, le fond, l'histoire ne changent pas.
ENJOY!
Chapitre 8 : Un Noël pas comme les autres
POV Elizabeth Williams :
Cottage en banlieue de Little Hampton, mercredi 24 décembre, 19h
Dix-neuf heures viennent de sonner au loin, dans un petit village au sud de l'Angleterre, quand un hululement brise le silence du soir, me faisant sursauter.
Accoudée à la rambarde de mon balcon, je regarde mon hibou s'envoler dans le ciel brumeux avant qu'il ne disparaisse entièrement dans les nuages…
Saisie par l'air glacial de ce début de soirée, je me presse de quitter le balcon avant de refermer la porte-fenêtre derrière moi. J'écarte les rideaux violets du lit afin de mieux m'y avachir. Allongée sur le dos, je me mets à penser…Chose assez rare chez moi vous direz Emily, comme quoi j'agis « toujours sasn réfléchir ! » Je repense à la lettre que je viens d'écrire à Rodolphus en réponse à celle qu'il m'a envoyée, il y a peu :
« Rodolphus,
Tu peux aisément imaginer ma surprise quand j'ai reçu ton hibou. Je suis sûre que tu aurais bien aimé être là pour voir la tête que je faisais. Crois-moi, tu n'aurais pas été déçu.
Je passe sur le fait que tu aies eu l'extrême gentillesse de me rappeler mes faits et gestes lors du bal de Noël– ce qui était tout à fait inutile, Emily m'ayant déjà fait un rapport complet – je ne peux pas ignorer tes moqueries si explicites.
Oui, samedi soir, j'étais totalement saoule, oui j'ai eu mal au crâne le lendemain, oui je t'ai bel et bien évité dans le train et NON je ne sors pas avec Sirius Black ! Qu'est-ce que c'est que cette question ? Quelle drôle d'idée, est-ce que tu as été cherché une bêtise pareille ? J'ai bien failli m'étouffer de stupeur quand je l'ai lu. Si tu étais un tant soi peu observateur tu saurais que je ne peux pas l'encadrer. D'ailleurs il n'y a rien à observer, il te suffrais juste d'écouter les ragots de l'école, tout se sait à Poudlard. Et puis, même si un jour – je dis bien un jour, qui ne risque pas d'être demain – il s'avère que je sorte avec ce type, cela ne te regarderait absolument pas. Est-ce que je te demande la date de ton mariage moi ? Non mais vraiment…
Bon ben joyeux noël quand même Rodolphus,
Elizabeth. »
Je m'enfouis la tête dans l'oreiller, c'est Noël et je n'ai qu'une envie : rester au lit et ne voir personne. Ce qui est plutôt mal barré étant donné qu'on a des invités et que ma mère me tuerait si je choisis ce soir pour faire ma tête de lard !
Sans que je m'y attende, Hélène a sauté sur le lit à mes côtés. Elle m'a fait peur
« On attend plus que toi Sissi. glousse-t-elle en se laissant rebondir sur mon matelas.
- Tu aurais pu frapper !
- Oui c'est vrai j'aurais pu…
Morgane retiens-moi !
- Les Tonks sont arrivés, maman m'envoie te chercher, elle commence à s'impatienter !
- Ça va, ça va… Je mets mes échasses et je descends !
Hélène, dans un virvoltement de longs cheveux blonds, sort de la chambre en chantonnant gaiement. On se croirait dans une série pour ados : la jolie blonde au caractère si agréable et sa brune de sœur au mauvais caractère…
Soupirant une dernière fois, j'ôte ma carcasse du lit pour aller enfiler mes « échasses »: deux jolis escarpins blancs – les mêmes que pour le bal du lycée. Enfin prête, je m'engouffre dans les escaliers… BADABOUM !
Je me retrouve en bas des escaliers dans une position assez douloureuse pour mes jambes comme pour mes fesses !
- Sissi ! S'exclama ma mère en arrivant. Mais qu'est-ce qui t'es arrivée ?
- Je descends les escaliers sur les fesses pour ne pas abîmer mes chaussures ! Ça me paraît évident, non ?
Ma mère rigole de moi et de mon indéniable maladresse. C'est un miracle que je ne me sois jamais rien cassé !
- Allons lève-toi donc maladroite, on t'attend pour commencer l'apéritif.
Je réussi finalement à me relever – non sans pester une dernière fois- et emboîte le pas à ma mère vers la salle à manger. La décoration de la pièce était très simple seul le lustre en cristal était un tant soi peu ostentatoire… Surmontant la longue table en bois recouverte d'une nappe rouge, il n'était allumé que lors des grandes occasions magiques ou moldu.
Je pénètre dans la pièce et tout mon énervement s'envole quand un ouragan de toutes les couleurs me fauche les jambes. Deuxième fois de la soirée que je me retrouve sur le derrière. Pff…
- Dora, je m'exclame faussement vexée, tu as une drôle de manière de saluer les gens.
- Marraine Sissi ! rigole la petite fille de trois ans.
- Nymphadora ! gronde Andromeda. Je t'ai demandé quelque chose, il me semble !
- Oui, maman, répond-elle contrite.
Nymphadora change aussitôt la couleur de ses cheveux. Elle troqua ainsi une extravagante chevelure arc-en-ciel contre une sobre, brune, la même que son père.
Je prends la petite fille dans mes bras et nous allons nous installer sur le canapé en forme de « u » entourant la table basse. Tandis que tout le monde prend place et que je papouille la petite Nymphadora qui ri aux éclats, Andromeda lance :
- Au fait Elizabeth – Andromeda n'utilise que très rarement de surnoms -, je ne te l'ai pas encore dit : mon cousin vient passer Noël avec nous. Cela m'embêtait de prévenir ta mère à la dernière minute, mais elle m'a assurée qu'il y avait assez de nourriture pour encore trois cousins !
Rire général. Malgré son éducation très bourgeoise, Andromeda a su garder une fraîcheur de vivre, sa meilleure qualité : avoir épousé le cousin de mon père ! Mon père et lui ont le même sens de l'humour, parfois un peu gras mais toujours drôle.
- … il avait déjà quelque chose de prévu, mais il a dû décommander à la dernière minute.
Qui ? Zut, j'ai perdu le fil. Ah oui le cousin !
- D'accord… Et ? Parce que je suppose qu'il y a un « et », je demande.
- Et je pense que tu le connais, il est à Poudlard !
- Tu sais, je ne connais pas tous les élèves de Poudlard ! je rigole.
- Oh, mais…
- T'inquiète pas, lui, tu le connais ! Intervient Hélène, avec un petit sourire en coin.
Hein ? Qu'est-ce qu'elle raconte celle-ci ?
- Parce que tu le connais, toi ? je demande, méfiante.
- Bien sûr que je le connais après tout qui ne le connaît pas ?
Ma soeur est un vrai mystère pour moi.
La sonnerie retentit, je pose la petite métamorphomage à côté de moi et me précipite dans le couloir de l'entrée. Je jette un coup d'œil dans le miroir afin de vérifier ma tenue – avec un peu de chance, il sera mignon - tandis que la cloche retentit une nouvelle fois.
- Ca va, ça va… je râle plus pour moi-même que pour le visiteur dehors..
Je pose ma main sur la poignée, tourna la clé dans le verrou, appuis sur la poignée, prépare mon plus beau sourire, tire sur la porte…
- Aaaaaah ! je crie en repoussant aussitôt le battant.
C'est un cauchemar.
-~.ooOoo.~-
POV Sirius Black
24 décembre, 19h, une route au sud de l'Angleterre.
Cela fait déjà un moment que je roule en moto sur les petites routes du sud de l'Angleterre dans le Hampshire. Je suis en route pour fêter Noël avec ma cousine et la famille de son mari mais je ne suis guère d'humeur à fêter Noël cette année…
Ce mois-ci par malchance, la pleine lune tombe le soir de la veille de Noël et Remus a catégoriquement refusé que nous soyons présents cette nuit-là. Seul Peter a accepté sans discuter, il avait même l'air soulagé de ne pas avoir à rester pour la transformation de Remus. Je n'ai vraiment pas apprécié sa couardise, d'accord c'est la première fois qu'il se défile comme ça mais il n'a même pas pris la peine de se justifier correctement, il a simplement marmonner dans sa barbe. Remus, dans sa bonté presque naïve, lui a simplement répondu que c'était tout à fait normal que Peter ait envie de passer Noël en famille. Bah tiens…
En tout cas, malgré nos protestations à James et moi, le lycanthrope n'a pas cédé, on l'a harcelé pendant une semaine sans résultat ! Le samedi du bal, il a fini par craquer, excédé par notre instance, il accepta mais seulement un seul d'entre nous pouvait rester avec lui. N'arrivant pas à se mettre d'accord, nous avons dû tirer au sort, et finalement c'est James qui restera aux côtés de Remus jusqu'à la fin de la pleine lune.
Sortant de mes pensées, je ramène son attention sur la route et je crois que j'arrive à destination. Suivant les indications d'Andromeda, je m'engage dans une longue allée de platanes et gare ma moto devant un cottage qui, au premier abord, paraît aussi grand que le manoir Black. Mauvais point… Je déteste tout ce qui me rappelle cette famille de fou, Andromeda mise à part.
Une chose froide m'atterrissant sur le nez, je lève la tête vers le ciel, je suis arrivé à temps : la neige commence à tomber à gros flocons, Noël est en train de s'habiller de blanc…
Le casque sous le bras, mon blouson en cuir noir sur le dos, je m'avance à pas rapides sous le porche. Andromeda m'a écrit que ses cousins ont deux filles d'à peu prés mon âge. C'est donc une surprise, peut-être bonne, qui m'attend.
Dans le reflet d'une vitre, je me passe la main dans les cheveux pour lisser une mèche rebelle. Je suis toujours aussi canon ! Satisfait, j'inspire un grand coup et tire sur la chaînette reliée à la cloche. Elle retentit magiquement de l'autre côté de la porte alors qu'aucun bruit ne trouble le silence de la nuit au-dehors. J'entends du bruit de l'autre côté, mais apparemment la personne n'est pas pressée de m'ouvrir ! N'étant pas d'une patience absolue, je tire de nouveau sur la chaînette et j'entends une voix à l'intérieur de la maison.
La poignée de la porte s'abaisse lentement, une embrasure se crée, elle se fait de plus en plus importante, je prépare mon plus beau sourire – celui que de nombreuses filles trouvent irrésistible - lorsque le visage de mon hôtesse apparaît enfin. Visage qui disparaît aussitôt dans un violent claquement de porte….
…
Je crois que j'ai des hallucinations…
Je reste abasourdi un instant : ai-je bien vu la personne que je viens de voir ? C'est… Impossible ! Pas elle ! Toutes, sauf elle !
La porte se rouvre soudain pour laisser apparaître Andromeda.
- Sirius! s'exclame-t-elle. Entre donc, tu ne vas pas passer la nuit dehors !
Je referme la mâchoire. Je ne m'étais même pas aperçu de mon état d'hébètement jusqu'à ce qu'Andromeda fronce les sourcils en me regardant, se demandant probablement ce qui m'arrive.
Obéissant machinalement, je rentre et d'un coup d'œil, j'avise toutes les personnes présentes dans la pièce : Ted Tonks, le mari de ma cousine Andromeda, ravissante ce soir dans une robe moldue bleu roy, une femme blonde un peu plus âgée qu'elle mais peu marquée par l'âge, probablement Mrs Williams, Mr Williams et Hélène. Tiens, elle est là elle aussi – moi qui croyais qu'elle n'avait aucun lien de parenté, elles sont tellement différentes l'une est charmante et l'autre est plus… teigneuse.
Mais quelle teigne vraiment, il n'y en a pas deux comme elle à Poudlard, heureusement d'ailleurs.
Elizabeth Williams, la dernière personne présente dans la pièce. Vraiment la dernière personne - Moldus et Sorciers - sur cette planète que je m'attendais à voir dans ce trou paumé.
Par contre, il faut quand même lui reconnaître quelque chose : elle est diablement sexy fichée sur des talons trop hauts pour elle – elle se tord le pied à chaque fois qu'elle fait un pas – une petite robe noire près du corps qui dévoile des formes que l'uniforme de Poudlard ne m'avait pas permis de remarquer. Elle n'est pas la fille la mieux foutue qu'il soit mais au moins ce n'est pas une planche à pain. Je crois que mes yeux se sont arrêtés sur son décolleté carré par eux-mêmes et ne veulent plus s'en détacher.
Un raclement de gorge me fait lever les yeux vers son visage. Je ne pense pas qu'elle soit furieuse, non, non, pas furieuse : totalement hors d'elle. Elle doit probablement se faire violence pour ne pas me sauter à la gorge. Brr… J'en aurais presque froid dans le dos.
Bon je crois que je vais éviter de me retrouver seul avec elle dans une pièce sombre ce soir, il pourrait m'arriver des bricoles…
- Tu dois être Sirius ! s'exclame Mrs Williams en s'approchant de moi, main tendue, ma fille m'a beaucoup parlé de toi.
Je lui sers la main puis, mécaniquement, je tourne la tête vers Elizabeth qui se défend aussitôt à voix basse :
- Même pas en rêve Black, c'est pas moi c'est ma sœur.
- Sirius, je suis super contente que tu passe Noël avec nous ! s'écrit la dite sœur en me sautant au cou pour me faire la bise à la française.
Je reste un moment sans voix… Mon regard passe de l'une à l'autre des personnes présentes dans le couloir : deux sœurs, l'une qui ne peut pas m'encadrer et l'autre, l'autre… Mignonne mais un peu collante. J'ai toujours du mal à croire qu'elles sont vraiment sœurs, elles sont aussi différentes que Dumbledore et moi. La soirée s'annonce longue… Très longue !
-~.ooOoo.~-
POV Elizabeth Williams :
Je n'arrive toujours pas à croire que je viens de passer le réveillon de Noël avec Sirius Black ! De tous les élèves de Poudlard, il a fallu que je tombe sur lui. Merlin, pourquoi ? Pourquoi tant de cruauté ?
Nous nous sommes tous installés à la table ovale et ma mère a eu l'idée géniale de penser que Black et moi aimerions être à côté pour parler un peu de l'école, de nos amis communs… Je me demande si ma mère a vraiment eu mon âge un jour. C'est à se demander si nous sommes vraiment reliés par le sang. Non mais je vous jure !
J'étais prête à mordre à la moindre réflexion. Par chance, personne, pas même Black, n'a essayé de me contrarier… Ma sœur fit bien une tentative, mais le coup de pied qu'elle reçut sous la table lui ôta le goût de continuer !
Dora fut assise de l'autre côté de Black et ne cessa de parler tout au long du repas. Un vrai moulin à paroles ! Black semblait en admiration devant la petite fille et c'était réciproque, elle dévora chaque parole que son cousin pouvait prononcer. Quand je pense que je ne me suis pas doutée que le fameux cousin dont nous parlait Andromeda c'était Sirius Black ! Mais quelle idiote !
Après quelques verres de champagne, de vin blanc et autres boissons, l'ambiance s'est légèrement détendue entre nous. Cela ne signifie pas que Black et moi sommes devenus bons amis, loin s'en faut, mais certaines pulsions meurtrières se sont estompées…
Maintenant que le repas est terminé, je me porte volontaire pour débarrasser la table avec Hélène - qui, elle n'a pas vraiment eu le choix - tandis que Black prend congé.
- Tu rentres déjà ? demande ma mère. Tu ne veux pas rester un peu plus longtemps ? Il n'est pas si tard.
- J'ai de la route à faire, je préfère de ne pas m'attarder et puis j'ai déjà bien abusé.
Oh je t'en prie Black pas ça ! Je ne peux pas les voir, mais j'entends distinctement son petit manège. Je suis sûre qu'il a déjà ma mère dans sa poche. Vaut mieux être sourd que d'entendre de telles bêtises ! Quel comédien, on en viendrait presque à le plaindre. J'ai bien dit presque parce que le jour où je plaindrai ce type n'est pas encore arrivé.
Demain matin toute cette histoire ne sera qu'un mauvais souvenir, demain matin, on sera en famille, on fêtera Noël sans Black. Ah l'attente est insupportable. Plus que quelques minutes et je serais libérée de sa présence.
Une pile d'assiettes et de verres dans les bras, je me dirige vers la cuisine. Je n'ai pas envie de participer aux effusions d'aux revoirs. Soudain, je sens que ma cheville se tord à cause des talons, je perds l'équilibre, les assiettes me glissent des mains, s'écrasent sur le carrelage noir et blanc de la cuisine et je ne tarde pas à les rejoindre. Aïe. Par réflexe, j'ai mis les mains pour amortir ma chute et je me retrouve avec des morceaux de verres dans les paumes. Ah bordel de merde, je déteste ma vie !
Ma mère arrive, alarmée par le bruit et me découvre, allongée par terre et la vaisselle éparpillée sur le sol. Elle se précipite inquiète vers moi.
- Elizabeth ? Ça va ?
Elle se penche vers moi pour m'aider à me relever. Je fais une grimace.
- Tu t'es fait mal ?
- Je suis mal tombée, je vais certainement avoir quelques bleus mais rien de grave, je la rassure.
Ma mère est du genre à s'inquiéter pour pas grand-chose : le nombre de fois où elle a voulu m'envoyer à Sainte-Mangouste pour vérifier que je n'avais pas reçu un sortilège d'oubliettes quand j'oubliais de faire quelque chose. Dans mon cas, ça arrivait souvent. Que dis-je ça arrive souvent.
Ma mère me tire jusqu'au lavabo pour nettoyer mes paumes tout écorchées.
- M'man, c'est bon je peux le faire toute seule je t'assure ! je râle.
Le reste des gens arrive dans la cuisine et j'entends que quelqu'un ramasse la vaisselle. Cinq secondes plus tard, Black est à côté de moi tout sourire.
Oh non ! Oh non non non non non ! J'ai un mauvais pressentiment
- Il y a trop de neige dehors les routes sont totalement impraticables. Tes parents m'ont proposé de rester ici pour la nuit, j'ai accepté.
Et il me dit ça comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Si je n'avais pas les mains déjà écorchées par tout ce maudit verre, je crois que je lui aurais sauté à la gorge. Au lieu de ça, je me contente de l'assassiner des yeux. Son sourire s'élargit. Je vais le tuer.
Ma mère arrête l'eau du robinet qui coulait pour nettoyer mes mains.
- Et comme nous n'avons plus de poudre de cheminette puisque que quelqu'un a oublié d'en acheter…
Je me mords la langue pour éviter de dire quoi que ce soit que je pourrais regretter. Je maudis ma mémoire défaillante. Je savais bien qu'un jour, ça allait m'attirer des ennuis.
- Et puisque les Tonks vont occuper la chambre d'ami, tu dormiras avec ta sœur et Sirius prendra ta chambre.
Je regarde ma mère puis Black puis je retourne mon regard vers elle.
- PARDON ?
C'est tout ce que j'ai pu dire. Quelle mère fait dormir un garçon de 16ans dans la chambre de sa fille du même âge ? Ma mère est-elle à ce point désespérée de me caser avec un foutu Sang-Pur qu'elle met Black dans mon lit ? Bon d'accord je ne suis pas censée y être en même temps que lui, mais quand même. C'est mon lit par Morgane !
- Allez hop, tous les deux, en haut et que je ne vous revoie plus avant demain matin. Sissi tu as assez fait de dégâts comme ça, Hélène aide-moi à nettoyer.
- Et pourquoi je dois partager ma chambre moi, Sissi peut dormir sur le canapé !
- Hey ! je proteste
- C'est Noël, arrête donc de râler. Tu préférerais partager le lit avec moi et ton père comme quand tu étais petite ?
Je ricane. Douce vengeance.
Hélène me fusille du regard, je lui souris.
Je constate soudain que les Tonks et mon père ne sont plus dans la pièce, probablement en train de s'installer dans la chambre d'ami. J'attrape Sirius par la manche et le traîne avec moi dans l'escalier.
Arrivée en haut des marches, je trébuche une nouvelle fois, mais cette fois-ci Black m'attrape par le bras, m'évitant de tomber. Je me dégage aussitôt de son emprise sans même le regarder.
- De rien, ce fut un plaisir de t'empêcher de t étaler lamentablement sur le sol une fois de plus.
Je hausse les épaules, refoulant une envie de meurtre. Je m'assieds sur la dernière marche pour enlever ces échasses qu'on appelle escarpins. Au moment de me relever, une main apparaît devant mon nez. Je l'ignore et me relève toute seule.
- Ne joue pas à ça avec moi, tu ne fais que m'énerver !
Je ne le regarde pas, mais je sens qu'il se retient de dire quelque chose. Je daigne finalement lever les yeux vers lui et son visage s'éclaire tout à coup d'un large sourire et il éclate de rire. Ce n'est pas un rire qu'il a, c'est un véritable aboiement !
Je renonce à comprendre ce qui se passe dans la caboche de ce garçon. Et après on dit que les filles sont compliquées… Ces gens-là n'ont jamais rencontré Sirius Black.
Je crois que la meilleure tactique, c'est de l'ignorer ça a bien marché mes cinq dernières années à Poudlard. Je me retourne et trace mon chemin dans le couloir, j'entends les pas de Sirius derrière moi, mais quand je pénètre dans ma chambre, il n'est plus là. Allons bon. Jetant un coup d'œil derrière moi je le vois à l'entrée de la chambre d'amis, souhaitant certainement bonne nuit aux Tonks.
Très bien, quelques minutes sans lui sont des minutes précieuses dont il faut profiter. Je me dirige vers mon armoire pour prendre les vêtements dont j'ai besoin pour la nuit et demain matin. Un sifflement admirateur me fait me retourner en sursaut.
- Cool la déco ! T'as très bon goût !
Pff… Le répit a été de courte durée. Je le regarde alors qu'il fait le tour de ma chambre aux couleurs rouge et or. Pour ma défense, j'étais tellement contente en première année d'avoir été réparti à Gryffondor comme mon père avant moi que j'avais tanné mes parents pour qu'on refasse ma chambre aux couleurs de ma nouvelle maison. Ma mère a eu beau me dire que je le regretterais plus tard je n'en aie pas démordu et me voilà à 16ans avec une chambre qui ressemble à la salle commune de Gryffondor.
En tout cas, Black, lui, a l'air aux anges.
-~.ooOoo.~-
POV Sirius Black:
J'adore sa chambre ! Sérieusement j'aurais jamais cru qu'une fille comme elle ait sa chambre décorée aux couleurs de sa maison.
- J'ai décoré ma chambre quand j'avais 12ans, inutile d'en faire tout un plat !
Elle semble sur la défensive. Je me tourne vers elle, détachant mon regard des murs. Elle ne semble pas vraiment très heureuse de me voir ici. Et par ici je ne suis pas sûre si c'est sa chambre ou simplement chez elle. Je me sens soudainement mal à l'aise, le regard qu'elle me lance est tout sauf amical. Je me gratte l'arrière de la nuque, pas vraiment certain sur quoi faire ou dire. Elle, elle ne dit rien, elle ne fait que les cent pas dans sa chambre ramassant diverses affaires qui traînent sur le sol.
- Tu sais le bazar ne me dérange pas. Quand j'habitais chez mes parents, on pouvait à peine voir le sol de ma chambre.
- Quand tu habitais ? Tu n'habites plus chez eux ?
Oh… Je croyais que toute l'école était au courant. Généralement quand une rumeur est lancée c'est difficile de l'arrêter. Comment ça se fait qu'elle ne soit pas au courant ?
Elle s'est arrêtée de marcher et me regarde enfin.
- J'ai quitté le domicile familial l'été dernier, je ne supportais plus cette ambiance de… noirceur.
- Je suis désolée.
Sa voix était semblable à un murmure, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris. Je crois que c'est la première conversation civilisée que nous ayons jamais eue depuis que nous avons fait connaissance en première année.
Nous sommes tous les deux plantés au beau milieu de sa chambre et par son regard fuyant je peux dire qu'elle est aussi mal à l'aise que moi. Bon, je crois qu'il est temps que je prenne les choses en main sinon nous allons continuer à se taper dessus jusqu'à la fin de notre scolarité. Je me rapproche d'elle franchement, ne gardant plus qu'un mètre de distance entre nous. Je ne peux que fixer mes pieds.
- Tu sais, je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé à Poudlard… Pour ce que j'ai fait…
Le fait que ce soit elle qui s'excuse était le comble du ridicule. C'est quand même un peu moi le salaud de l'histoire Je me sens super mal. Quand je lève les yeux vers elle, je constate que non seulement elle ne pardonne absolument pas mais elle a l'air folle de rage. Ses yeux brillent et ses lèvres sont pincées comme si elle se retenait de dire ou faire quelque chose.
- J… J'ai vraiment étais un connard sur ce coup-là, je regrette.
Son visage se ferme encore plus, si c'est possible. Ses yeux se fixent dans les miens et elle clôt la distance nous séparant.
- Tu n'es qu'un salopard Sirius Black !
Woh ! Je savais qu'elle était en colère mais là elle commence à me faire peur. Index en avant, elle appuie sur mon torse.
- Tu m'a traité de salope, tu m'a frappé, pas une simple claque, noooooon ! C'est trop gentil ça ! Un coup de poing ! Tu m'a donné un coup de poing !
Elle insiste entre chaque phrase par une pression de son doigt sur moi. Elle va finir par se faire mal… Ou par me lancer un sortilège Doloris, au choix… Son visage est rouge de colère. Dois-je commencer à craindre pour ma vie ?
- Tu es chez moi, dans MA maison, dans MA chambre et tu oses me dire que tu es désolé ?! DÉSOLÉ ?
Son poing s'est entièrement refermé et elle me donne maintenant des coups qui ont autant d'effet qu'une caresse. Pas étonnant que cette fille se fourre toujours dans des galères incroyables, elle a autant de force que Dora.
Je sens que les réconciliations sont en mauvaise voie.
- Tu n'es qu'un TROLL DES CAVERNES, une saloperie de scrout-à-pétard, un véracrasse puant, UNE ESPÈCE DE…
Woh ! Avant qu'elle ne finisse sa phrase, je lui applique ma main sur la bouche et lui attrape les poignets avec lesquels elle n'arrêtait pas de me frapper. Elle continue de se débattre et de marmonner contre ma main. Si je la relâche et elle va continuer à hurler et je ne pense pas que ça nous mène où que ce soit. Je la plaque contre le mur de la chambre, c'est le seul de garder ma prise sur elle, si je laisse partir maintenant elle va probablement me tordre le cou. Un poignet aplati contre le mur et l'autre tentant vainement de retirer ma prise sur sa bouche, elle commence à me donner des coups de pied.
- BON MAINTENANT CA SUFFIT !
A mon tour de jouer de la voix, et cette fois elle va m'écouter. Je reprends sur un ton plus bas :
- Je sais que je me suis conduit comme le pire des Serpentards…
Haussement de sourcils de la part de ma captive. J'ai finalement toute son attention dirigée vers ma personne.
- … et j'en suis désolé, mais si tu continus de hurler je vais pas pouvoir t'expliquer.
Elle hoche de la tête, je ne la relâche pas pour autant, je n'ai pas encore entièrement confiance en son self-contrôle. Je soupire. Je ne sais pas vraiment par où commencer.
- Ils sont fous de magie noire dans ma famille, leur idéologie du Sang-Pur me rendait fou et… Et pendant un moment j'ai cru que tu étais comme eux.
Je pause, elle me lance un regard choqué.
- Et puis après j'étais perdu, je ne savais pas quoi penser. Ta meilleure amie est une née-moldue et pourtant tu es sortie avec Rodolphus Lestrange, tu es assez difficile à suivre comme fille.
Sa main qui bataillait pour libérer sa bouche abandonne sa besogne et vient s'écraser contre mon torse dans une attente de qui ressemble à une frappe. Quand je vous dis qu'elle a pas de force ! Je n'ai senti qu'une petite pichnette. Je lui souris. Son regard reste froid et déterminé.
- J'ai vraiment un été un enfant de salaud quand je t'ai frappé. Je n'avais jamais levé la main sur une fille avant, je ne sais pas ce qui m'a pris j'ai juste pété les plombs. Est-ce que…
Je retire ma main de sa bouche.
- … est-ce que tu me pardonne ?
Oh Merlin ça sonne tellement pathétique. Je suis pathétique. Mais au nom du ciel qu'est ce qui m'arrive. ?
Elle ne dit rien, elle ne fait que me fixer. Je me rends soudain compte de notre délicate position : elle est appuyée contre le mur et je ne suis qu'à quelques centimètres de son visage, je peux sentir son souffle chaud sur moi. Sa respiration est courte et rapide, elle n'est pas tranquille. Je me remémore soudain le premier jour de l'année, comment nous nous étions retrouvés dans la même situation, la façon dont nous avions été si proche et comment elle a retourné la situation avec son ironie et sa malice.
Elle n'a pas allumé les lumières en entrant dans la chambre, juste la petite lampe sur la table de chevet à côté de son lit. Je suppose qu'elle ne s'était pas attendue à ça. C'est quoi ça d'ailleurs ? Moi au-dessus d'elle, nous, séparés seulement par une volonté de ne pas céder à une impulsion qui faillit de plus en plus.
Sans vraiment y réfléchir ma main qui retenait son poignet contre le mur se pose doucement sur sa joue. Mes yeux ne cessent de faire l'aller-retour entre ses lèvres et ses iris marron, mon autre main vient se placer à côté de son visage sur le mur. C'est plus fort que moi, je ne veux qu'elle s'échappe, qu'elle ait la possibilité de s'enfuir. De s'enfuir loin de moi. Je me penche vers elle, je sens mon propre cœur battre à m'en briser les côtes, nos bouches ne sont qu'à quelques millimètres l'une de l'autre. Plus qu'une seconde et je vais pouvoir goûter ses lèvres, savoir quelle saveur elles ont. Ma respiration s'accélère, je ferme les yeux et je l'entends murmurer :
- Non.
Ce mot, ce murmure, ce souffle qu'elle vient de lâcher est comme un couteau dans mon cœur. Ses mains se posent sur ma poitrine. J'ouvre les yeux et je cherche à capter son regard mais elle a délibérément tourné la tête sur le côté, les yeux perdus dans la pénombre regardant partout sauf vers moi. Elle me pousse un peu plus fort et je me redresse, mes bras tombant le long de mon corps, incapable de réagir de façon cohérente.
Elle ne dit rien, elle ne fait que passer à côté de moi sans me regarder. Elle ramasse les affaires qu'elle a laissées tomber juste avant notre altercation et se dirige vers la porte. Je n'arrive pas à détacher mon regard d'elle, espérant vainement qu'elle daigne poser ses yeux sur moi mais son regard est plus que fuyant. Sans aucune hésitation, elle ouvre la porte, glisse hors de la pièce et referme la porte derrière elle. Elle n'a rien dit, ne m'a pas regardé, elle s'est juste enfuie. Lâchement.
Une violente colère m'envahie et j'émets un juron de rage et de douleur quand mon poing rencontre le mur. Puis c'est le tour de mon pied et je continue comme ça jusqu'à ce que mon poing soit en sang. Je n'avais pas réalisé que j'avais dû inquiéter toute la maisonnée jusqu'à ce que j'entende frapper à la porte. Le visage d'Andromeda apparaît dans l'embrasure de la porte me demandant quel est mon problème et si le fait de prendre le mur comme punching-ball peut attendre jusqu'à demain matin. Je ne réponds rien et elle referme la porte, j'entends des voix derrière la porte. Andromeda me connaît trop bien pour s'inquiéter de ce genre de choses, je comprends vaguement ma cousine dire aux autres que tout va bien que ça va me passer.
Ça va me passer… Oui, peut-être bien… Ou peut-être pas, non ! Mais quel con je fais ! Quel con vraiment ! Je la plaque contre un mur en lui hurlant dessus, c'est compréhensible qu'elle n'ait pas envie de m'embrasser. Mais quel idiot !
Je me laisse glisser le long du mur. Assis là, j'ai presque envie de m'arracher les cheveux de la tête.
Je l'ai bien vu dans son regard, dans son attitude, que ce qu'elle attendait de moi c'était que je la laisse tranquille pas que je la force à faire quelque chose contre sa volonté. Putain j'ai complètement dérapé. Elle avait raison de dire que j'étais... J'étais quoi d'ailleurs ? Ah oui, un véracrasse puant, un troll des cavernes, entre autres jolies choses dont elle m'avait affabulé la ressemblance. Je ne peux pas m'empêcher de sourire à cette pensée, elle a du vocabulaire à défaut d'avoir des muscles.
Pff… Comment est ce que j'ai pu déraper comme ça ? C'est quoi la prochaine étape ? Je la couche sur le lit prétendant qu'elle est consentante ?! Par la barde de Merlin, je suis vraiment un trou du cul.
Je balance ma tête en arrière, dans l'espoir que la douleur de mon crâne arrive finalement à me calmer.
Aussi loin que je me souvienne, depuis que j'ai commencé à m'intéresser aux filles, je n'ai jamais obtenu de refus. Est-ce pour ça que je n'ai rien vu venir quand elle m'a repoussé ? Et dire que je pensais pouvoir faire amende honorable auprès d'elle après les incidents de Poudlard maintenant c'est sûr qu'elle ne va plus jamais vouloir me parler. Et ça, ça me fait drôlement chier. Je ne pense pas pouvoir supporter qu'elle m'ignore tous les jours. Non, je suis sûr que je ne vais pas le supporter.
Je suis dans la merde.
Alors ?
Review mes amis !
