Le tintement du verre brisé


Réponses aux reviews :

- Licorne-Klaine : Merci beaucoup, ça me fait très plaisir. J'espère sincèrement que tu vas aimer ce chapitre.

- Mlie : Ta review me fait énormément plaisir. Je suis super heureuse que tu apprécies autant ma fiction et je te laisse lire la suite.


Chapitre 9 :

Quand il se réveilla le lendemain matin, entouré par la délicieuse odeur de Kurt, Blaine soupira d'aise en serrant plus fort l'oreiller qu'il tenait contre son visage. Il inhala un grand coup le mélange de laque, de shampoing et de parfum que le tissu dégageait avant de rouler pour se retourner et faire face au côté où Kurt avait dormi. Mais son sourire se fana aussitôt qu'il découvrit les draps vides, plutôt que le corps chaud du jeune homme. Il se releva précipitamment en tendant l'oreille et en lançant un regard circulaire à la pièce faiblement éclairée. Il se détendit en percevant le son de l'eau couler dans la salle de bain adjacente et se laissa tomber sur le matelas soulagé.

Le jet d'eau se coupa et la porte s'ouvrit sur Kurt enveloppé dans un drap de bain blanc et moelleux, la peau encore humide et les cheveux ébouriffés et non séchés. Il s'approcha du lit sur lequel reposait toujours Blaine et se pencha pour déposer ses lèvres sur les siennes. Le baiser ne dura pas longtemps et ne fut pas approfondi, mais le coeur de Blaine fit un bond dans sa poitrine. Kurt ne comptait pas s'éloigner, ni l'ignorer et rien d'autre ne comptait.

- La douche est à toi dans dix minutes, informa Kurt contre sa bouche.

Le jeune homme se recula et récupéra des vêtements dans un de ses grands placards coulissants avant de retourner se préparer dans la salle de bain. Blaine se pencha pour attraper ses affaires éparpillées sur le sol et enfila son boxer, tandis que Kurt se coiffait et s'enduisait le visage de crèmes hydratantes.

Il ré-apparut dans sa chambre complètement habillé et hydraté un peu plus d'une dizaine de minutes plus tard. Blaine le remplaça dans la pièce, un sourire s'étalant sur son visage lorsqu'ils se croisèrent et que Kurt le déshabilla du regard.


- Je te vois au lycée, murmura Blaine en glissant ses mains dans les poches arrières du pantalon de Kurt.

Il fronça le nez, mais acquiesça faiblement.

- Que se passe-t-il ? continua le jeune bouclé en penchant la tête sur le côté l'air intrigué.

- Je te l'ai dit hier, je ne peux pas être avec toi devant Karofsky.

Blaine le rapprocha de lui et posa son front contre le sien en ancrant son regard aux yeux bleus de Kurt.

- Ce connard ne gagnera pas, Kurt. Même si je ne peux pas être avec toi en public, il ne m'empêchera pas de l'être en dehors du lycée.

- Et s'il le découvre ? demanda-t-il d'une voix faible.

- On trouvera une solution pour que ça n'arrive pas, et surtout, pour qu'il te foute la paix.

Kurt soupira et acquiesça en silence. Blaine laissa remonter une de ses mains pour venir la poser sur sa joue et l'embrassa tendrement avant de sortir ses clés de voiture et de quitter la résidence Hudson-Hummel.

Il resta en bas des escaliers quelques minutes après que Blaine ait refermé la porte de sa chambre et récupéra son sac de cours pour monter prendre son petit-déjeuner. Il s'installa entre Finn, qui lui lança un regard interrogateur, et son père, qui nourrissait sa petite soeur. Il se servit, sans prononcer le moindre mot, une tasse de café et attrapa une orange dans la corbeille de fruits posée au centre de la table.

- Quelqu'un de spécial ? demanda Burt en brisant le silence et en donnant une autre cuillerée de compote à Lizzie.

Kurt sursauta tellement fort qu'il laissa tomber son fruit sur le sol et n'osa pas le récupérer. Il avala difficilement sa salive et évita le regard que son père posait sur lui.

- Que… que veux-tu dire ?

- Le garçon qui vient de partir, expliqua-t-il. Est-ce quelqu'un de spécial pour toi ?

Il pesa le pour et le contre en se penchant pour rattraper son orange et commença à l'éplucher en ouvrant la bouche.

- Oui, il l'est.

- Bien, répondit Burt en hochant la tête. Tant mieux. J'espère que tu me le présenteras.

Kurt sourit faiblement avant de mordre dans un quartier du fruit.

Burt reposa le pot de compote ainsi que la cuillère sur la table avant de se lever pour aller travailler. Il pressa l'épaule de son fils et donna une tape dans le dos de Finn avant de quitter la pièce. Et Kurt se sentit soudainement plus léger, comme si un poids qu'il ne soupçonnait même pas d'avoir en lui, venait de le quitter par ce geste.

Son père ne s'était plus comporté ainsi avec lui depuis des mois. Il ne put s'empêcher de sourire en se retournant pour l'observer ajuster sa casquette de baseball sur son crâne dégarni et enfiler sa doudoune démodée. Ils venaient de faire tous deux quelques pas l'un vers l'autre, aussi infimes soient-ils. Ils se rapprochaient lentement d'une relation père-fils qu'ils avaient vaguement connus quelques années auparavant.


- Hé oh, Anderson ! s'exclama Santana en claquant des doigts près de son visage pour attirer son attention.

Il secoua la tête et se retourna vers elle, assise en face de lui autour de la table qu'occupait habituellement le glee club à la cafétéria. Il reposa sa fourchette sur son plateau et fit un signe vers elle pour lui demander ce qu'elle désirait.

- Il t'a fait quoi l'autre gay refoulé ? demanda-t-elle en avalant une tomate cerise.

- Rien, siffla-t-il en attrapant un morceau de pain.

- Oh je t'en prie, on dirait que t'essaies de l'assassiner à distance. Vas-y, raconte-nous ce qu'il t'arrive, insista-t-elle en se tournant vers Quinn pour obtenir un peu de soutien.

La jolie blonde approuva et Blaine souffla en lançant un dernier regard noir au sportif, installé à la table à la droite de la leur.

- C'est juste un connard.

- Jusqu'ici rien de nouveau, commenta Quinn.

Blaine n'ajouta pas un mot et suivit Kurt du regard lorsqu'il le vit passer près de lui pour sortir de la cafétéria, une bouteille d'eau et son téléphone portable dans les mains.

- Oh ça y est, j'y suis, sourit Santana.

- Tu y es ?

- Ouais, j'ai compris. Tu veux éclater Karofsky à cause de Porcelaine, non ?

Il fronça les sourcils et Quinn prit la parole, pour continuer la déduction de son amie.

- Il se passe un truc entre Kurt et toi et tu détestes Karofsky car il le martyrise depuis son entrée au lycée, n'est-ce pas ?

- Plus ou moins, mais pourquoi ça vous intéresse ?

- Kurt est notre ami, répondit Quinn.

- Ouais, ce n'est pas parce que mademoiselle la Schtroumpfette en chef a décidé que l'on ne devait plus adresser la parole à Kurt, car il a soit-disant déshonoré le glee club, que l'on doit lui obéir. Alors, ne te fais pas prier le Hobbit et raconte-nous tout.

Blaine continua a les observer dubitatif face à l'air innocent que les deux jeunes filles affichaient.

- Vous êtes des commères.

- Et des garces, ajouta Quinn en souriant.

- Mais on sait pas mal de choses intéressantes sur tout le monde dans le lycée, compléta Santana.

Elle lança un regard complice à Quinn et se retourna vers Blaine en souriant.

- Vous vous préoccupez vraiment de Kurt ?

Elles acquiescèrent vivement.

- Et vous me promettez de ne rien répéter à personne ?

Santana grimaça et Quinn fit la moue, mais elles acceptèrent tout de même.

- Ok, souffla Blaine. Ce connard l'a embrassé.

Elles restèrent un moment à le fixer, avant que Quinn ne soit obligée de retenir Santana pour qu'elle reste assise sur le banc qu'elles occupaient.

- Il a osé toucher Porcelaine, cracha-t-elle en repoussant vivement la main de la blonde.

Blaine hocha la tête la mâchoire fermement contractée. Elle se mit à jurer en espagnol et Quinn passa une main dans son dos pour la calmer.

- Quand ? demanda la blonde d'une voix dure.

- L'an dernier.

- Et on n'a rien remarqué, siffla-t-elle. On était avec lui tous les jours et on n'a rien remarqué, putain !

- Laisse-nous t'aider, proposa Santana.

Il se mordit la lèvre inférieure. Elles étaient d'anciennes amies de Kurt et, visiblement, se préoccupaient encore énormément de lui. Et puis, peut-être pourraient-elles être utiles.

- Je suis son ancienne couverture, Quinn est une garce et on est des cheerleaders. Avec nous deux, t'obtiens tout ce que tu veux savoir sur n'importe quel idiot de McKinley. Et t'es capable de détruire n'importe qui.

- Très bien, ça marche. Mais avant Karofsky, aidez-moi pour autre chose.

Elles se rapprochèrent de lui et Blaine sourit. Il venait de se trouver deux alliées.


La sonnerie annonçant la fin de la journée de cours venait de retentir et Kurt essayait tant bien que mal de se frayer un chemin entre les différents groupes d'étudiants rejoignant le parking, lorsqu'une main se referma autour de son poignet et le tira violemment vers un couloir secondaire et presque vide. Son coeur s'accéléra et il avala sa salive en essayant de repérer quelqu'un qui pourrait lui être d'une quelconque aide dans la foule d'adolescents peuplant l'allée principale, mais sans résultat. Il devrait, comme d'habitude, se retrouver seul face à Karofsky et espérer qu'il ne le toucherait pas cette fois-ci.

Kurt se fit pousser contre une rangée de casiers et écarquilla les yeux en reconnaissant la personne venant juste de l'extraire de la foule d'élèves. Personne qui ne correspondait absolument pas au sportif. Il soupira presque d'aise sans lâcher la jeune fille, vêtue de son habituel uniforme de cheerleader, du regard. Quinn lui sourit en re-serrant sa queue de cheval blonde.

- Quinn, qu'est… commença-t-il, mais elle le coupa aussitôt.

- Salle 630.

Il fronça les sourcils alors qu'elle le tirait déjà vers les escaliers pour le mener jusqu'à la salle qu'elle venait d'indiquer. Il se laissa faire interdit et perplexe. Sérieusement, ils ne se parlaient plus depuis des mois. Et encore, en admettant qu'ils s'étaient à un moment adressés plus d'une dizaine de mots par semaine. Mais cela ne les avaient pas empêchés de s'apprécier. Kurt se souciait de Quinn et savait que ce sentiment était réciproque.

Elle s'arrêta soudainement face à la salle et le poussa à l'intérieur. Il eu le temps de croiser le sourire malicieux de Santana avant que celle-ci ne l'enferme dans la salle inoccupée. Il soupira de rage en s'approchant de la porte pour les obliger à le laisser sortir, quand deux bras s'enroulèrent autour de son ventre.

- Tu m'as manqué, soupira la voix de Blaine en embrassant sa nuque.

Kurt se retourna dans ses bras en soulevant un sourcil.

- Tu m'expliques ?

- Elles nous couvrent. Moi, je t'embrasse et elles, elles surveillent la porte pour empêcher que quiconque ne vienne nous déranger.

- Pourquoi ferraient-elles ça ? demanda Kurt en fronçant les sourcils.

- Pour toi, répondit simplement Blaine en se rapprochant de lui. Tu as des amies qui tiennent à toi, Kurt.

Il ne put répondre que les lèvres de Blaine se posaient contre les siennes et que sa langue quémandait l'accès à sa bouche, qui lui autorisa aussitôt en plaçant une main sur sa joue.

- Mes parents ne sont toujours pas rentrés, tu pourrais peut-être passer un peu, proposa Blaine d'une voix suave.

- Désolé, j'ai quelques petits trucs à régler. Mais après, je te rejoins si tu veux.

Blaine sourit en l'embrassant rapidement avant de le relâcher et de le laisser s'éloigner vers la porte, où Santana feignait de ne pas les observer à travers la vitre.

- Envoie-moi un message quand tu arrives.

Kurt hocha la tête, la main sur la poignée, et sortit. Quinn vérifiait qu'aucun élève ne s'approchait de cette partie du couloir, tandis que Santana était postée devant la salle. Il leur sourit reconnaissant et réajusta la hanse de sa sacoche en cuir sur son épaule avant de rejoindre sa voiture.

Il s'installa au volant et prit la route de la Dalton Academy, il avait un petit quelque chose à régler avec Sebastian et cela ne pouvait plus attendre un jour de plus. Il devait le voir ce soir même pour ne plus jamais à avoir affaire à lui dans le futur.

Il allait enfin se débarrasser du jeune homme et commencer à faire ses propres choix par lui-même, sans être ni contraint, ni forcé.


Une fois là-bas Kurt s'adossa devant la porte de la salle commune des Warblers et attendit la fin de la réunion, les bras croisés. Lorsqu'il aperçu les premiers Warblers sortir, il se redressa impassible aux regards étonnés qu'il provoqua par son absence d'uniforme. Sebastian sortit en compagnie de deux autres chanteurs et s'excusa vivement en l'apercevant. Il fronça les sourcils l'air sévère en avançant vers lui et l'attrapa violemment par le bras pour le traîner jusqu'aux dortoirs, deux étages plus haut.

- Qu'est ce que tu fous là, putain ? siffla-t-il une fois que la porte de sa chambre eu claqué derrière eux. T'es malade ou quoi ? On aurait pu te voir !

- Ça t'en aurait posé des problèmes, n'est ce pas ? se moqua Kurt en le repoussant. Ta parfaite petite chorale se serait demandée pourquoi un inconnu trainait dans les couloirs à t'attendre, et ça tu ne le veux pas. Personne ne doit être au courant de ton petit business, on le sait tous les deux.

- Tu es un problème. J'essaie encore de calmer Karofsky depuis que tu l'as giflé, espèce d'idiot. A quoi pensais-tu ?

Kurt inspira profondément en se refermant sur lui-même à la mention de cet épisode encore trop frais et douloureux pour lui.

- Et toi, à quoi pensais-tu en m'envoyant l'attendre ? demanda-t-il d'une voix légèrement vacillante. Tu es au courant de tout Sebastian, tu étais là quand il a agressé Azimio et tu m'as quand même envoyé pour que je me retrouve seul avec lui. Je savais que tu es un connard, mais là tu as dépassé les bornes.

- Oh s'il te plait, Kurt, arrête. C'était l'année dernière ! Passe à autre chose maintenant, ça en devient pitoyable à force.

- Pitoyable ? répéta-t-il. Je suis pitoyable car une brute me répète régulièrement que je lui appartiens et menace mes proches ?

Sebastian laissa échapper un petit rire moqueur en lissant un de ses sourcils.

- Que veux-tu qu'il fasse, sérieusement ? T'enlever et te forcer à l'épouser ?

- Non, répondit fortement Kurt. S'en prendre à Blaine fait plus partie de ses projets.

Le Warbler se figea et son sourire se crispa aussitôt le prénom du jeune bouclé introduit dans la conversation.

- J'ai su à l'instant même où je vous ai vu ensemble que tu allais le mêler à tes problèmes, siffla Sebastian. Blaine tient à toi, mais tu vas juste le faire horriblement souffrir, comme tu le fais avec n'importe quel mec. Je te jure que si Karofsky le touche, Kurt… menaça-t-il.

Kurt s'avança d'un pas lent, mais déterminé, jusqu'à lui et le foudroya de son regard glacé et menaçant.

- Il est temps de se préoccuper de Blaine vu que tu es à l'origine de tout ceci. Je ne suis pas toi, je ne compte pas le tromper puis me préoccuper de sa souffrance, ni même l'entraîner dans des problèmes dont il ne connaissait même pas l'existence avant de devenir la cible de Karofsky. Tu es mal placé pour t'inquiéter de ce qui peut lui arriver.

- Que veux-tu ? demanda Sebastian en faisant claquer sa langue contre son palais.

- Tout arrêter.

Il ouvrit la pochette extérieure de son sac et en sortit une pochette en plastique transparente qui renfermait quelques comprimés ovales et colorés.

- J'en ai marre, Sebastian. Débrouille-toi tout seul avec tes conneries, j'arrête tout, répéta-t-il.

- Tu penses sérieusement que c'est aussi simple ? Que tu décides de me lâcher et que j'accepte docilement ?

- C'est ça, t'as compris.

Il le nargua par un sourire moqueur et déposa la pochette dans la paume de sa main. Sebastian inspira profondément en repliant ses doigts autour des comprimés.

- Et pour Blaine, ne t'en fais pas, je compte bien le garder près de moi et ne pas le faire souffrir. Tout ce que tu as été incapable de faire avec lui.


Note de l'auteur : Bienvenue à Quinn et Santana, et sans doute bientôt au revoir Sebastian.

J'espère que ce n'est pas trop difficile pour vous de suivre vu que je fais des références aux anciens chapitres. Si, vous en avez besoin, dites-le moi et je ferai des résumés en début de chaque chapitre.

J'attends vos avis sur ce chapitre et à bientôt.

PS : Ca ne va rien changer dans votre lecture, mais comme vous l'avez peut-être remarqué j'ai passé le rating de M à T. Au début je prévoyais des scènes de violences, mais pour finir je n'écrirai pas de passages violents et détaillés. Il n'y aura pas besoin de rating M.