Bonjour à tous,
Je suis désolée pour cette attente de près de 3 mois depuis le dernier chapitre. Pour faire simple, je n'étais plus du tout motivée. Pourtant j'ouvrai régulièrement mon fichier pour écrire, mais les mots ne venaient pas. D'ailleurs je n'avais même plus envie de lire les autres fics que je suivais en temps normal, donc désolée aussi pour mon absence de review et je vais tâchais d'y remédier.
En fait, il faut remercier Aya72 pour son message qui a eu un effet boost sur moi. J'ai reçu son message hier en fin de journée et dès le soir je me suis remise à écrire. Résultat plus de 1000 mots en une soirée et un chapitre fini. Alors merci beaucoup Aya car peut être que sans ton message, ce chapitre aurait prit plus de temps pour être publié.
Donc voici le nouveau chapitre : "Maudite colère"
Toujours aussi sombre. J'ai essayé de rendre Elrond antipathique envers Roxanne mais ce n'est pas facile. Il n'y a que Glorfindel qui est "un petit rayon de soleil" mais elle ne le voit pas encore, car elle est trop obnubilée par son envie de liberté.
Bonne lecture.
Merci à aliéna wyvern, TsuchiiChan, kpopjay, Julindy et Aya72 pour leur review.
réponse à kpopjay :
Et oui c'était bien Glorfindel cet elfe blond :-)
Tu attendais la confrontation entre Rox et Elrond, et bien c'est dans ce chapitre.
Pour ce qui est de la faire "revenir sur terre" comme tu dis, ça ne sera pas son séjour à Imladris en lui-même mais ce sera plus l'intervention de certaines personnes. Rox sera toujours aussi turbulente dans ce chapitre. Elle va s'emporter envers la mauvaise personne et elle va automatiquement être remise sur les rails de sa "mission" par... surprise! réponse dans le prochain chapitre.
A bientôt
Biz
Ce qu'il vit le figea. Il passa sa main dans les cheveux de feu de Roxanne et elle en ressortit rouge de sang. Une plaie béante était présente sur son crâne. Il en déduit une violente chute de cheval.
La jeune femme souffrait d'une grave contusion et presqu'aussi rapidement qu'elle s'était enfuie, elle fut ramenée à Imladris.
Cette fois, Glorfindel allait monter personnellement la garde. Cette humaine avait, semble-t-il, le don pour se blesser, et étant donné que c'était lui-même qui l'avait trouvé, il s'en trouvait automatiquement responsable.
Toutes les interrogations à son sujet réclamaient des réponses, alors hors de question de les laisser s'envoler avec elle.
Encore un rêve.
Encore la guerre.
Toujours du sang, des morts, de l'amertume.
L'immense plaine était emplie de corps de soldats de tous camps. Des Elfes, des Orques, des Loups, des Trolls, mais aussi des Hommes et des Nains. Se frayer un chemin était particulièrement difficile. Le peu de parcelle de terre non recouverte par les cadavres était imbibée de sang.
Elle n'était qu'une simple spectatrice, mais l'odeur des chairs en décomposition la prenait à la gorge. Elle voulait se réveiller mais le cauchemar ne semblait pas vouloir la lâcher. Pourquoi l'obligeait-il à regarder cela ? Ce n'était pourtant pas son histoire.
Le spectacle était des plus morbides. Jamais elle n'en avait vu de tel. Un haut le cœur plus fort que les autres l'obligea à tomber à genoux pour vider son estomac.
Ses mains et ses jambes étaient souillés par le liquide rouge des guerriers tombés. Elle se releva, terrifiée et dégoutée par la sensation, les yeux fixés sur ses mains ensanglantés, comme si elle était responsable de ce massacre. Elle… ou un autre ? Qui était le coupable ? Qui était l'auteur de ce massacre ? Qui avait appelé tous ses alliés pour affronter l'Ennemi ?
Elle voulut crier mais aucun son ne sortit de sa gorge. Affolée, elle lâcha du regard ses mains pour constater que le paysage avait changé. Les cadavres n'étaient plus présents, mais la peur n'avait pas disparu. La terre de la plaine avait gardé sa couleur vermillon et des rigoles la parcouraient de-ci de-là, charriant du sang jusqu'au fleuve non loin de là.
Elle n'osait plus bouger. Une impression d'oppression la plombait. Sans la voir, elle sentait dans son dos qu'une chose bien plus effroyable était présente. Elle ne voulait pas savoir ce que c'était. Elle voulait juste que ce cauchemar se termine. Les larmes coulèrent d'elles-mêmes sur ses joues.
Mais elle devait se retourner. C'était la condition pour que tout cela s'achève.
Alors avec tout le courage qu'elle trouva en elle, elle pivota lentement, très lentement. Elle avait fermé les yeux car elle ne souhaitait toujours pas regarder. Mais ses autres sens ne pouvaient être tus. L'odeur était toujours là, et le bruit de ses pieds dans le sol détrempé était écœurant.
Une fois son mouvement accompli, elle respira un grand coup malgré les relents immondes. Puis toute tremblante, elle ouvrit les yeux.
Face à elle, une masse sombre immense. Elle ne put dire du premier coup d'œil de quoi il s'agissait, mais alors que la plaine était complétement plate l'instant d'avant, elle avait à présent en son centre une haute colline sanguinolente.
Sanguinolente ? Comment une colline pouvait saigner ? C'est alors que ses yeux s'écarquillèrent et qu'enfin son cri raisonna dans la plaine.
Roxanne se réveilla en sursaut. Quel cauchemar effrayant !
Elle eut à peine ouvert les yeux qu'une douleur effroyable lui saisit la tête. Elle se redressa vivement et s'enserra le crâne avec ses mains. La douleur était vive et elle sentit sous ses doigts une large entaille. Elle ôta immédiatement ses mains pour vérifier si la plaie était béante, mais à la place elle constata que ses poignets avaient été liés entre eux par une corde relativement fine.
Roxanne n'avait pas encore conscience de son environnement. Elle était encore embrumée par son sommeil et la douleur lui paralysait l'esprit. Mais son instinct de fuite était toujours actif, et se savoir ainsi prisonnière ne lui plaisait guère. Alors elle se mit à forcer sur ses liens autant qu'elle le put, mais ses gestes étaient désordonnés et non efficaces.
La rousse s'agitait sur son lit, s'énervant de plus en plus en voyant que les cordes ne cédaient pas. C'est alors qu'elle entendit un léger toussotement. Elle s'arrêta net. Figée, elle remarqua son erreur. Elle n'avait pas pensé à observer où elle se trouvait. Elle pouvait être n'importe où, mais au lieu de ça elle s'était emballée et n'avait pas pris soin de se repérer.
La tête toujours basse, Roxanne remarqua qu'elle était dans le même lit que celui où elle s'était réveillée la fois d'avant. Elle était donc de retour chez les Elfes. Elle se raidit immédiatement, car cela signifiait qu'un de ces Elfes était avec elle, en ce moment même, dans cette pièce.
Roxanne osa alors relever la tête vers la source du bruit. Face à elle, négligemment assis sur une chaise, l'Elfe blond qui l'avait pris en chasse semblait attendre son réveil. Il n'y avait aucune expression sur son visage et Roxanne ne pouvait savoir quelles étaient ses intentions. Elle prit peur et du coup elle reprit de plus belle sa manœuvre de libération.
Mais l'Elfe ne semblait pas accepter son envie de liberté, car il se leva pour venir jusqu'à elle. Roxanne ne lui laissa pas le temps de s'approcher et sauta, du mieux qu'elle put, hors de son lit. Elle se sentait pris au piège. La pièce était relativement exigüe, la présence de cet homme potentiellement dangereux et le fait de ne pas avoir la pleine capacité de ses mains, la rendit craintive et inquiète.
Rapidement, Roxanne se trouva bloquée dans un coin de la chambre. L'Elfe continuait d'approcher dans sa direction et aucune issue n'était disponible. Dos au mur et en panique, Roxanne ressemblait à un petit animal piégé par un prédateur. Et alors que l'Elfe n'était plus qu'à deux pas d'elle, ses nerfs craquèrent et elle s'accroupit, les bras au-dessus de sa tête en position de défense.
Glorfindel fut stupéfait par sa réaction disproportionnée. La jeune femme était complétement morte de peur devant lui, alors que son intention n'était pas mauvaise.
Il admettait que lors de leur confrontation il avait été brutal envers elle, mais c'était uniquement pour la maîtriser. Il ne comprenait pas sa crainte démesurée, car il avait vu sa capacité à se défendre et elle avait largement de quoi le tenir en respect si elle le souhaitait.
Pourquoi alors réagissait-elle de cette façon ?
Avait-elle eu de mauvaises expériences par le passé qui l'aurait traumatisée à ce point ? Glorfindel pensa à cette éventualité.
Alors pour éviter de la brusquer plus encore, il se mit à son niveau sans plus bouger, attendant qu'elle se détende et constate par elle-même qu'il ne lui voulait pas de mal.
Roxanne, quant à elle, attendait avec crainte le coup qui ne venait pas. Complétement contractée et tremblante, elle finit par se demander ce que pouvait tramer l'Elfe. Elle baissa alors ses bras et surprise, elle constata que son tortionnaire n'avait pas une attitude menaçante. Au contraire, il affichait le même visage légèrement souriant qu'elle avait souvenir d'avoir vu après leur combat. Roxanne ne savait pas trop comment réagir. Il l'avait poursuivi, ils s'étaient battus, il avait essayé de la noyer, puis il se montrait désormais avenant. Pourquoi un tel changement de comportement ?
Pouvait-elle lui faire confiance ? Après tout, Höa ne l'avait pas attaqué. Il devait y avoir une bonne raison à cela, car jamais Höa ne l'avait trahit.
Glorfindel et Roxanne se fixèrent pendant un long moment. L'Elfe comprenait que la jeune femme était en pleine réflexion. Le doute et le questionnement étaient visibles sur son visage. Le souffle de la jeune femme était toujours saccadé et elle se tenait encore recroquevillée dans l'angle de la chambre.
L'Elfe tenta une nouvelle fois de se montrer bienveillant et il tendit une main vers Roxanne. Le geste eut pour effet de la forcer à se coller encore plus contre le mur. Mais voyant que ce n'était nullement malintentionné, elle finit par accepter – non sans appréhension – la main tendue.
Cela faisait bien longtemps que Roxanne n'avait pas eu un contact amical avec un autre être vivant. La plupart du temps, les rencontres étaient agressives et contraintes, et seul Höa lui apportait un peu de chaleur affective. Alors elle fut dérangée par ce rapprochement.
Glorfindel fut soulagé de voir qu'elle acceptait enfin de lâcher un peu leste. Il lui prit la main chaleureusement et d'un geste la tira vers lui pour la remettre sur ses pieds. Aussitôt debout, Roxanne préféra rompre le contact et sans le regarder, elle le remercia. Bien sûr, il ne comprit pas ce qu'elle lui dit, mais il saisit son intention. Il remarqua également sa gêne et il se décala d'elle, lui laissant un espace personnel plus raisonnable.
Un profond silence s'installa. Glorfindel l'observant, quelque peu perplexe, et Roxanne, tête baissée, le visage caché par ses cheveux, attendant que cela passe. L'Elfe pressentait que la communication allait être difficile. D'abord à cause de la barrière de la langue, mais aussi à cause du comportement – limite sauvage – de la jeune femme. Il n'avait jamais eu ce genre d'expérience par le passé et il prit cela comme un défi, auquel il devait réussir. Son âme de Noldo ne pouvait aller contre cette épreuve.
La vie à Fondcombe était relativement calme comparée à celle de Gondolin. Il était un soldat, formé et rompu aux techniques de combat, et l'aperçu des capacités de la jeune femme l'avait interloqué. Les histoires à son sujet avaient été enjolivées pour en faire une sorte de légende, mais une part de vérité existait et les deux Elfes qui étaient chargé de garder sa porte en avaient fait les frais. Car aussi humaine qu'elle en avait l'air, elle était aussi dangereusement mortelle qu'un guerrier aguerri. Heureusement les deux gardiens se remettront de leurs blessures. Mais le Seigneur Elrond avait été contrarié par sa tentative de fuite. Quelque chose en cette jeune femme semblait contrarier le Semi-Elfe. Glorfindel l'avait bien remarqué, car le naturel calme et posé du Seigneur avait disparu et depuis l'arrivée de l'humaine, il était plus sombre et taciturne, passant beaucoup de temps dans d'anciens écrits.
Avait-il eut la même intuition que lui à son sujet?
Glorfindel n'allait pas tarder à le savoir, car Elrond lui avait demandé de lui amener la jeune femme lorsqu'elle serait réveillée.
Mais avant de la conduire au Seigneur de ce lieu, Glorfindel voulait tenter par lui-même de converser avec elle. Au moins connaître son nom. Sans gestes brusques et avec beaucoup de douceur, il l'invita à venir se rassoir sur son lit.
Roxanne n'était toujours pas très rassurée, mais elle accepta de le faire. Elle le craignait. Il n'y avait qu'à voir la taille de ses avant-bras pour comprendre que toute tentative de rébellion se relèverait douloureuse. Cet Elfe était aussi impressionnant en taille et en carrure que ses ainés, dont elle gardait un souvenir plus ou moins précis. Il fallait dire que plus d'une centaine d'années s'était passé depuis ce jour, et hormis dans ses rêves, jamais elle ne les avait revus. Elle leur en voulait terriblement.
Perdue dans ses souvenirs du passé, elle ne prêta plus attention à son gardien et elle sursauta vivement lorsque ce dernier se présenta face à elle. Mais elle se calma rapidement en voyant qu'il n'avait qu'un verre d'eau en main. Il le lui tendit et elle l'accepta, mais avant de le boire elle en renifla le contenu. C'était une habitude qu'elle avait prise et qu'elle faisait inconsciemment à chaque fois qu'elle s'apprêtait à mettre quelque chose dans sa bouche. Ses sens ne l'avaient jamais trahi.
Glorfindel, qui était parti chercher sa chaise pour s'installer en face de la rousse, ne put retenir un sourire en la voyant faire. Il lui sembla qu'elle ne lui faisait toujours pas confiance.
Pendant que Roxanne buvait d'une traite l'eau fraîche et désaltérante, Glorfindel prit place devant elle. Assis, les coudes sur ses genoux, il la regarda, ne sachant pas trop comment commencer.
Le regard perçant de l'Elfe mettait mal à l'aise Roxanne. De plus, il avait repris son air sérieux où aucune expression ne transparaissait. Son anxiété redoubla et son envie de fuite refit surface. Derrière son geôlier, l'unique porte de la pièce, tentante mais inaccessible. Aussitôt, son esprit se mit à réfléchir à un plan pour sortir de sa prison. Mais tout jouait en sa défaveur. Elle avait un adversaire redoutable, elle était attachée et elle n'avait pas d'arme. Même l'Elfe n'en portait pas, elle ne pouvait donc lui en dérober.
Ne supportant plus son regard, Roxanne baissa les yeux. C'est là qu'elle vit la solution. Dans ses mains, elle avait toujours le verre que lui avait donné l'Elfe. Son plan d'évasion germa instantanément dans son esprit.
Mais un coup contre le bois de la porte stoppa net sa réflexion.
Glorfindel, qui n'avait pas encore trouvé le moyen de communiquer avec la jeune femme, se leva pour aller ouvrir la porte. C'était un de ses hommes qui venait lui faire un rapport. Il jeta un regard vers la rousse et voyant qu'elle était calme, il referma la porte derrière lui pour écouter l'exposé.
Aussitôt la porte fermée, Roxanne mit en branle la première étape de son plan. Elle ne perdit pas de temps, et se précipita de mettre le verre sous l'oreiller du lit. D'un geste prompt, elle pressa dessus. Le bruit de casse fut atténué par l'oreiller. Elle choisit parmi les morceaux brisés celui qui était le plus adapté à son projet, puis elle reprit sa place sur le lit. Roxanne commença à trancher ses liens, mais elle ne devait pas aller jusqu'au bout. Elle devait laisser juste ce qu'il fallait de brins pour pouvoir se libérer par sa seule force.
Tout en tendant l'oreille, elle œuvra, puis dissimula l'ersatz d'arme dans un repli de ses vêtements. Roxanne eut juste le temps de reprendre une pose « normale » avant que l'Elfe ne revienne dans la pièce. Elle pria intérieurement pour qu'il ne remarque pas l'absence du verre, ni les brins défilés de ses liens.
Glorfindel revint s'assoir, sans se doutait de rien. Il décida d'arrêter de réfléchir et il se lança. Il se présenta de façon formelle dans chaque langue qu'il connaissait, mais comme il s'en doutait la seule réaction de la jeune femme fut celle de l'incompréhension. Il put à son tour l'entendre baragouiner dans un dialecte chantant, sans rien saisir. Cela ne servait à rien de vouloir à tout prix essayer de parler, car hormis si l'un entre eux ne prenait la peine d'apprendre la langue de l'autre, jamais ils ne se comprendront. Il décida d'entamer une autre approche.
L'Elfe s'approcha de Roxanne et s'accroupit face à elle. Elle ne put refréner son envie de reculer et en la voyant, l'Elfe émit un doux son rassurant, un peu comme s'il souhaitait apaiser un animal.
- Ooooh, n'ayez pas peur.
Puis constatant qu'elle avait toute son attention, il dit son nom en se pointant du doigt. Plusieurs fois il répéta son geste essayant de faire comprendre que le son qui sortait de sa bouche était son nom, puis il se tut et son doigt se dirigea vers Roxanne. Il semblait attendre qu'elle lui réponde à son tour.
Roxanne n'était pas idiote. Elle avait parfaitement compris du premier coup que l'Elfe se nommait « Glorfindel ». Elle trouva ce nom aussi bizarre que ceux de ses ainés. Néanmoins hors de question pour elle de révéler la moindre information à son sujet. Qui sait ce qu'il pourrait en faire ? Roxanne était suspicieuse. Le monde dans lequel elle évoluait désormais était encore truffé de choses dont elle ignorait entièrement le sens et elle préférait se méfier de tout.
La réponse ne venait toujours pas, alors Glorfindel se fit implorant. Et finalement la jeune femme ouvrit les lèvres, mais au vu de son faciès et de sa longue tirade, il ne sut toujours pas quel était son nom. Il se releva fièrement. Il n'avait pas pris cela comme un échec, au contraire, cela lui donna encore plus envie de réussir.
- Je vais devoir vous amener devant le Seigneur de ce lieu, dit Glorfindel d'un ton sérieux, sachant très bien qu'elle ne comprenait pas, mais tel était le protocole.
Il se présenta à la porte et lui indiqua de le suivre. Roxanne n'attendait que cela depuis qu'elle avait échafaudé son plan, alors elle fit ce qu'il lui demanda. L'Elfe ouvrit la porte et fit quelques pas à l'extérieur. Lorsque Roxanne sorti à son tour, elle se trouva immédiatement encadrée par deux soldats armés. Glorfindel était d'ailleurs lui aussi en train de se parer de son arme, qu'un des soldats avait gardé pour lui en dehors de la pièce. Un dernier coup d'œil à la jeune femme et il prit la tête de l'escorte.
Roxanne le suivit dans le dédale de couloirs, escaliers et autres chemins, toujours talonnée de près par les deux gardes. Elle essaya de mémoriser le trajet pour éviter de se perdre lorsqu'elle se sera débarrassée des deux loustics qui la collaient. Ils continuèrent de monter dans les hauteurs de la cité, croisant constamment d'autres Elfes, lesquels Roxanne préférait ignorer royalement. La seule chose qui l'intéressait était de se retrouver dans un endroit relativement calme et dépeuplé.
Malheureusement pour elle, ils arrivèrent dans une vaste bibliothèque où une personne semblait attendre leur venue. Glorfindel salua cette personne et commença à lui parler. Roxanne observa cet Elfe qui était bien plus petit et moins imposant que le grand blond. Il avait plus la carrure d'un homme, mis à part la présence de ses oreilles pointues, signe caractéristique de cette race. Il avait de longs cheveux bruns, des yeux gris mais elle ne saurait lui donner un âge. En tout cas, il ne lui inspirait pas confiance et lui-même ne semblait pas particulièrement réjoui de sa présence. Si tel était le cas, pourquoi ne la laissaient-ils pas partir ?
Fier et avec une pointe de suspicion, le Seigneur Elrond s'approcha de la jeune femme que venait de lui amener Glorfindel. Elle avait une allure de sauvageonne avec ses cheveux de feu indisciplinés et son regard effronté. Plus il l'observait et plus il avait l'impression d'avoir devant lui un démon du passé. Pourtant cela ne pouvait pas être possible. Elle n'était pas de sa race et aucun descendant de cette famille maudite n'était connu. Mais il existait toujours une ombre sur le destin de l'un d'entre eux. L'un de ceux qui lui avaient volé son enfance à lui et à son frère jumeau, Elros. Jamais il ne leur avait pardonné pour cela.
Elrond dut retenir son élan d'émotions négatives suite à la remémoration de ce moment douloureux de sa vie. Il reprit constance.
- Le Seigneur Glorfindel me dit que vous vous êtes tenue convenablement depuis votre réveil, lui annonça-t-il. Mais ne pensez pas que cela me fera oublier vos actes méprisables envers ceux que vous avez blessés durant votre escapade nocturne. Pour cela je pourrais vous punir sévèrement, mais étant donné que nous ne pouvons nous entretenir clairement sur ce sujet, je mets cet incident en suspens.
Roxanne rageait intérieurement. Elle avait saisi que cet Elfe était celui qui gouvernait cet endroit et que vu le ton de ses paroles incompréhensibles, il n'était pas aussi aimable que son compatriote blond.
Elrond continuait de lui parler, évoquant le grand chien qui l'accompagnait ainsi que d'autres informations à son sujet que l'on lui avait rapporté. Il savait que ses paroles étaient du vent pour elle, mais il avait besoin de s'exprimer à voix haute. D'une certaine manière cela l'aidait à mettre du clair dans ses idées.
Mais plus il lui parlait, plus Roxanne sentait une vague de colère montait en elle. Son ton plein de reproches ne lui plaisait guère. Pourquoi agissait-il ainsi ? Ils ne s'étaient pourtant jamais rencontrés. Avait-elle par mégarde fait une chose qui allait contre ses intérêts ? Elle s'était toujours tenue à l'écart des affaires des populations de ce monde. Et à part avoir battu sévèrement deux gardes et voler un cheval, elle n'avait pas l'impression d'avoir mérité autant de mépris. C'était plutôt eux qui lui avaient apporté plus de problème qu'autre chose.
Bien trop concentrée sur sa colère, Roxanne ne le remarqua pas mais la douce chaleur qui accompagnait le port de son bien le plus précieux – sa bague – augmentait progressivement. C'était un signal qu'elle ne savait pas encore interpréter et elle allait rapidement le comprendre.
Lorsque Elrond eut fini sa tirade, il se senti plus apaisé. Il n'était pourtant pas allé jusqu'au bout de sa pensée. Sa théorie n'avait pas besoin d'être révélée. En fait, en y réfléchissant bien, elle était tout bonnement farfelue. Elle n'était que le fruit de son passé tortueux qui n'avait pas été guéri et auquel un simple pardon ne suffirait pas à pacifier.
- Laissez-nous, indiqua le Semi-Elfe aux gardes.
Ils quittèrent la pièce et leur surveillance fut immédiatement remplacée par celle de Glorfindel.
- Je me suis permis d'essayer de communiquer avec notre invitée, mais sa langue m'est totalement inconnue, dit-il tout en gardant un œil sur Roxanne. Votre connaissance linguistique est plus étendue que la mienne, vous aurez sans doute plus de succès.
- Et notre invitée a-t-elle un nom ? demanda Elrond à la fois à Glorfindel et à la rousse.
- Hélas, ce fut là aussi un de mes échecs.
Elrond posa un regard dur sur la jeune femme. Roxanne se tendit tant la situation lui déplaisait fortement. Les deux Elfes le constatèrent. Le regard de Roxanne se fixa sur le pommeau de l'arme de Glorfindel. L'épée était à portée de sa main, il lui suffisait d'agir vite. Mais son regard insistant indiqua clairement son intention et par sécurité il se décala d'elle.
- J'ai également pu constater que la contrainte et la captivité la rendait nerveuse et prompte à combattre, déclara l'ancien Seigneur de la Maison de la Fleur d'Or.
- Je vois cela, répondit Elrond méfiant.
Honteuse de s'être faite démasquée aussi facilement, Roxanne ne put retenir sa colère.
- Foutez-moi la paix ! Je n'ai pas demandé à être ici. Vous me retenez prisonnière et vous croyiez que j'allais gentiment me laisser faire ? Vous vous mettez le doigt où je pense et bien profondément, débita-elle sans aucune retenue dans son langage.
Elle continua ainsi, choisissant la violence des mots à la violence physique. Mais une gêne se fit sentir à l'une de ses mains. Au début elle n'y prêta pas attention, mais plus son discours avançait et plus la gêne se fit douloureuse. Inconsciemment elle se secoua la main, tentant de la faire passer.
- Et arrêtez de vouloir à tout prix me parler, je pige que dalle à votre langue ! Et vous aussi d'ailleurs, vu la tête d'ahuri que vous tirez. Non mais vous vous verriez, ahahah. De toute façon ce n'est pas pire que votre tête d'avant. Dès le début je vous ai trouvé louche et …
Mais la douleur ne passa pas et enfin Roxanne prit conscience que quelque chose de pas normal se passait avec son bijou. Elle regarda sa main. La lueur de la pierre était toujours présente et son intensité était identique, mais une brûlure remontait progressivement le long de son bras.
Et alors qu'elle se souvenait d'avoir déjà ressenti ce genre de brûlure, une main se posa sur sa main portant la pierre.
Elrond n'avait à aucun moment parlé de la présence énigmatique de ce bijou à la lueur si pure, mais le fait que la jeune femme stoppa net sa diatribe pour se focaliser dessus, il ne put que faire la même chose. L'éclat de cette pierre n'avait pas son pareil. La douce lumière qui s'en dégageait était fascinante et terriblement attrayante. Mais la jeune femme ne semblait être du même avis. Son visage montrait une souffrance telle qu'il fut tenté de lui apporter son aide. Il tendit son bras vers elle et voulu la poser sur la source de son malaise. Mais sitôt posa-t-il sa main qu'une violente réaction de la jeune femme l'arrêta dans son geste.
« Il a touché ma pierre… Il a touché ma pierre… Il la veut pour lui ! »
Ainsi furent les pensées de Roxanne qui venait de brusquement rejeter la main, jugea-t-elle chapardeuse. Déjà bien énervée par les derniers événements, il n'en fallut pas plus pour qu'elle sombre définitivement dans la rage.
Brisant d'un coup les derniers brins de ses liens, Roxanne sorti de sa cachette le morceau de verre cassé et s'élança vers le malotru qui menaçait sa possession.
Glorfindel avait observé toute la scène et grâce à ses réflexes il eut le temps de contrer la rousse avant qu'elle n'atteigne sa cible. Il fut étonné de pouvoir facilement la contenir, mais la jeune femme, aveuglée par un sentiment trompeur, semblait souffrir terriblement d'un de ses bras. Pourtant elle continua à se débattre et à pester.
Les deux Elfes ne comprirent pas sa réaction exagérée.
Roxanne fulminait à tout va. Elle s'emportait toujours ainsi lorsque quelqu'un en voulait à son bijou. Personne d'autre qu'elle n'avait le droit de le porter. Personne !
- Calme-toi…
Une voix résonna dans sa tête. Un murmure infime qui eut l'effet escompté. Cette voix, Roxanne avait souhaité l'entendre depuis si longtemps, qu'elle crut d'abord l'avoir rêvé. Elle se fit la plus attentive possible, guettant un nouveau murmure, mais elle n'entendit rien. Alors elle chercha du regard autour d'elle un possible signe de celui qui avait parlé, mais elle ne vit rien. De nouveau agacée et éprouvée par sa brûlure, elle se remit à se débattre.
Elrond et Glorfindel restèrent circonspects devant les multiples changements de comportement de la jeune femme. Le guerrier la tenait fermement, les deux bras maintenus dans son dos, l'empêchant tout geste déplacé envers le Seigneur d'Imladris. Il s'en voulait de ne pas avoir pris plus de précaution, mais aussi de ne pas avoir été plus vigilent. C'était de sa faute si elle avait pu avoir accès à un objet acéré et ainsi couper ses liens.
Et alors qu'elle s'était remise à gigoter, Glorfindel senti qu'elle perdait rapidement en force et progressivement il dut la laisser se mettre à genou car elle ne tenait plus sur ses pieds.
La douleur de la brûlure avait finalement envahi presque tout son corps. Roxanne se souvenait d'avoir déjà ressenti cette brûlure mais les choses ne se déroulaient pas de la même manière. Terrassée par la souffrance, elle finit par laisser aller ses sanglots.
- Cesse ta colère…
Roxanne releva brusquement la tête. Elle était désormais certaine d'avoir entendu sa voix. C'était bien lui. Elle le chercha lui et ses frères autour d'elle, car la dernière fois c'était ainsi que ça s'était passé. Mais elle ne les vit toujours pas.
Déçue, elle ne put que se faire suppliante, et dévoila aux deux spectateurs un de ses aspects qu'elle aimait le moins.
Progressivement Roxanne essaya de se calmer comme la voix le lui indiquait, et en compensation elle vit la douleur diminuer mais sa vue se brouilla de plus en plus, jusqu'à avoir un voile noir devant les yeux. Roxanne comprit qu'elle allait les revoir, enfin. Du moins, elle l'espérait.
Et alors que son corps se faisait lourd et qu'elle se sentait partir, elle distingua une ombre caractéristique derrière l'Elfe brun qui se tenait devant elle. Elle voulut l'appeler et elle l'appela.
Roxanne ne vit pas l'incrédulité sur le visage d'Elrond et de Glorfindel, lorsque de ses lèvres sorti son nom.
- Maedhros…
J'espère que vous n'êtes pas trop perdu et que vous avez réussi à reprendre la suite de ma fic.
Je promet de ne pas vous faire attendre aussi longtemps pour le prochain chapitre.
Laissez moi un petit commentaire, ça ne pourra que m'aider à retrouver ma motivation.
Je lance aussi un appel pour savoir si l'une d'entre vous se sentirait pour devenir ma bêta pour cette fic. Laissez moi un message si vous êtes partante.
Biz
Notes :
Concernant le rêve de Roxanne en début de chapitre, c'est après la Bataille des Larmes Innombrables, Nirnaeth Arnoediad, une des bataille du Premier Age qui se déroula sur la plaine d'Anfauglith. Les Orques furent chargés par Morgoth de rassembler les corps, les armes et les armures de tous ceux qui étaient tombés au combat. Ils édifièrent ainsi une grande colline, Haudh-en-Ndengin, qui se couvrit d'herbe. Elle fut également appelée Haudh-en-Nirnaeth, la Colline des Larmes. (merci wiki!)
