Titre : Au placard !
Auteurs : Baby Dracky ! / Nicolina
Avertissement : Cette fic est classée PG-17… Grande nouveauté pour Baby Dracky ! Donc, si vous n'aimez pas les histoires où Drago et Harry partagent plus qu'une haine farouche l'un envers l'autre, je vous déconseille fortement de lire l'histoire qui suit !
Disclaimer : L'œuvre « Harry Potter » est la propriété exclusive de Mme J.K.Rowling, de même que tous les personnages et tous les termes spécifiques appartenant à cet univers !
Résumé : Romance Drago/Harry ! Harry déambule seul un soir dans les couloirs de Poudlard , et là, il découvre une nouvelle pièce où l'attend un dangereux assaillant…
Note de l'auteur : J'aime énormément le personnage de Drago Malefoy, et j'ai un petit faible aussi pour Harry Potter… Alors…
Bonjour à tous !!!
Pour une fois je ne suis pas en retard dans la mise à jours de l'un de mes chapitres !!! Je ne suis pas peu fière de moi, je peux vous le dire !!! Mais je dois avouer que j'étais vraiment très inspirée !!! J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre et que vous serez nombreux à nous faire savoir ce que vous en aurez pens !!!!
Babydracky :
Crazy Snape : Juste pour répondre à ta question, il n'y a pas de mauvais côté dans les placards, chacun peut rentrer du côté qu'il veut ! Mais généralement, les personnes savent de quel côté entrer !!!
Eowyn Malefoy : Voici la suite !!! J'ai vraiment été très inspirée ! J'espère que ce chapitre ne te décevra pas !
Lalouve : Et pourtant… T'as vu ? On a été rapide cette fois-ci ! ;) Contente que la fic de Yu-Gi-Oh te plaise, moi qui craignait que personne ne la lise ou ne me laisse un gentil mot… C'était mal vous connaître ! ;)
Namasta : Eh bien pour une fois vous ne pourrez pas dire qu'on vous aura fait attendre !!!! N'ai-je point été rapide ??? èé Sinon, pas de soucis, je n'oublie pas JN mais j'avoue qu'en ce moment je n'ai pas très envie de la continuer… Mais je m'y remettrai sûrement pour Noël !
Flore : Bon, on ne pourra pas dire que je n'aurai pas été rapide !!! !!!! Non mais !!!! Le « poteau rose », hein, Flo, Flo… C'est du joli… Bref, j'espère que ce chapitre te plaira !!!! Tu me diras ! ;) Bisous !!!!!!!!
Zed Oras : Merci beaucoup de ta review ! C'est vrai que ça fait toujours plaisir d'en recevoir ! J'espère que la suite te plaira !
Alexiel : J'espère que tu aimeras la réaction de Harry… Pauvre petite chose qu'il est !
Gayana : Contente que tu aies aimé surtout si ce n'est pas habituellement ton genre de lecture ! ;) Merci d'avoir laissé une petite review… J'espère que la suite te plaira !
Clôtho : On ne pourra pas dire que je n' ai pas été assez rapide ! !
Vif d'Or : ## Vile flatteuse !!! Tout ça pour avoir un nouveau chapitre !!! C'est honteux !!! Mais on dirait bien que ça a march ! ;)
Frite12 : Voici la suite ! Bisous !
Lee-NC-Kass : Merci beaucoup de vos compliments ! C'set vraiment très gentil à vous !!! Je ferai de mon mieux pour ma thèse ! ;)
Céline402 : Merci de tes encouragements et de bisous !!! Voici la suite ! ;)
Cyrano : Merci de ta review ! Suite à ta gentille demande, voici la suite !
Mifibou : Hum… Je ne suis pas sûre que JKRowling apprécie ce que je fais subir à ses persos… -- ! En tout cas je suis heureuse que tu apprécies cette fic !!! Nico et moi même en sommes flattées !!! J
Lunny : Et voici un deuxième chapitre !!! Quelles chanceux vous êtes pour ces vacances !!!! ;)
Oxaline : Merci beaucoup de tes gentils compliments !!! Je suis contente de savoir que je ne suis pas la seule à aimer lorsque les choses traînent un peu ! ;) J'espère que tu aimeras la suite !
Fan de Babydracky : Le voici !
New-Sha : Merci de ta review, voici la suite !
Farahon : Merci ! Voici la suite !
Her-moi-neu : Quel courage d'avoir tout relu ! J Mais j'ai dû faire de même afin d'écrire ce nouveau chapitre !!! ;) J'espère qu'il te plaira !
Coucou tout le monde !!!! Eh bien pour une fois vous n'aurez pas eu attendre longtemps pour le chapitre. Babydracky a fait du très bon boulot contrairement à moi pour le dernier chapitre qui a été très long à venir. Merci pour les reviews et de suivre notre fic. Bisoussssssssssssss à tous et bonne lecture.
Nicolina :
Réponses aux reviews chap 8
Her-mio-neu : Oui, oui je confirme, c'est très courageux de relire tous les chapitres. Surtout que la fic est très longue. Merchi pour la review et cette fois au moins tu n'auras pas à tout relire puisque le chapitre est venu vite.
Farahon : Eh bien voici la suite et merci.
New-sha : C'est très gentil d'avoir lu notre fic. Babydracky et moi on espère que tu aimeras la suite et merci pour la review.
Fan de Babydracky : Le voila le tout beau, tout neuf chapitre de Babydracky qui je suis sûr te plaira.
Oxaline : Merci pour le compliment. On est contente que l'histoire te plaise et on espère que tu aimeras la suite tout autant. Merci pour ta review.
Lunny : Moi non plus je ne m'attendais pas vraiment à terminer ce chapitre avant les vacances. Mais bon, mieux vaut tard que jamais, vu le temps que j'ai mis. Merci pour la review et voila la suite.
Minerve : Eh oui, il fallait bien que Drago l'apprenne. S'il s'en était pas aperçu, c'est vraiment qu'il était très aveugle. Merci pour la review.
Mifibou : Encore une courageuse qui lit notre fic d'une traite. Ca fait très plaisir de le savoir en tout cas et surtout que l'histoire plaise. Ce serait plutôt une bonne idée le placard pour JKR mais chuis pas sûr qu'elle veuille. Enfin, voila la belle suite de Babydracky et merci pour la review.
Cyrano : Eh non, je sais que c'est pas gentil de laisser les pauvres lecteurs comme ça mais que veux-tu ? On aime bien faire souffrir les lecteurs. Enfin plus particulièrement moi parce que Babydracky n'est pas aussi sadique, fort heureusement. Mais je sais qu'elle me soutient donc. . . Alors voilà la suite et tu remarqueras que ça n'a pas été une dure et longue attente. Merchi pour la review.
Céline 402 : Oh mais elle s'est bien mise au boulot. Et d'ailleurs voilà la suite.
Lee-NC-Kass : Comment horrible ? Il se termine très bien mon chapitre ? Non ? Comment c'est pas du tout le cas ? Mais. . . mais. . .bon ça va, c'est vrai que j'ai encore abusé sur le suspense mais y'a pire que ça non ? Enfin bon, voilà la suite et merchi pour ta review.
Frite12 : Eh oui, ils le savent enfin tous les deux. Il est temps. Merci pour la review et voila la suite de Babydracky.
Lemoncurd : Tant mieux que l'histoire te plaise toujours autant, c'est rassurant. Merci pour la review.
Vif d'or : C'est gentil de m'excuser pour le retard. Oh non, on ne laisse pas tomber. Jamais. En tout cas, merci beaucoup.
Clôtho : Eh oui, c'est cruel mais bon. . . Faut bien un peu de suspense sinon ça ne donne pas envie de lire la suite. Heureusement que la relation avance sinon, ce serait un peu trop lent je pense. Voilà la suite et merci.
Gayana : Ah ça ca fait plutôt plaisir. C'est très gentil d'avoir lu notre fic et plus encore que tu l'ais aimé. On espère que tu aimeras la suite et peut-être liras-tu d'autres fics HP par la suite. Ca c'est à toi de voir. Merci beaucoup pour la review.
Alexiel : Eh oui, c'est le choc. Drago a un peu de mal à digérer la nouvelle. Oh Babydracky réserve bien des surprises. Merchi pour la review.
Ornaluca : Oui, pauvre Ryry, lui qui est si sensible. Il en voit de toutes les couleurs le pauvre. Merci pour la review et voilà la suite.
Zed Oras : C'est très gentil d'avoir lu la fic et d'avoir reviewé. Merci beaucoup.
Flore : Hello !! Oui, c'est sûr que ça faisait un peu long mais je pouvais vraiment pas finir plus tôt. Je ne pensais d'ailleurs pas le finir y'a 2 semaines alors c'est pour dire. Enfin bon. . . Drago a quand même tout découvert, c'est une bonne nouvelle non ? Merci pour la review et voilà la suite.
L'ange de l'apocalypse : Pourquoi ? Pourquoi ? Mais parce que, parce que. C'est vrai que Drago a un peu de mal mais c'est Drago. Merchi pour la review.
Namasta : Merci c'est gentil. C'est vrai que Drago est décevant mais faut le comprendre. Merci pour la review.
Lalouve : Bah en fait, c'est un pur hasard, si j'ai réussi à finir le chapitre et qu'on l'ait envoyé à cette date. Enfin t'auras pas eu à attendre trop longtemps cette fois. Merci beaucoup pour la review.
Eowyn Malfoy : Contente que tu adores la suite. Ca fait très plaisir. Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Crazysnape : Oui, oui, il sait. S'il va changer d'avis ? Mystère, peut-être ou peut-être pas. Merci et voilà la suite.
Voici donc le nouveau chapitre de « Au Placard ! » !!!! J'espère que celui-ci vous plaira !!!! ;) A vous de me le dire !!!!
Bonne lecture !!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mais que se passait-il donc avec lui ? Pourquoi avait-il réagit ainsi à la proximité de Malefoy ? Pourquoi sa respiration s'était-elle faite haletante, pourquoi son cœur s'était-il mis à battre aussi frénétiquement dans sa poitrine ? Cela faisait quelques longues minutes déjà que Malefoy était sorti de la salle de Potions, et pourtant son aura se faisait toujours fortement sentir dans la pièce. Harry avait chaud et froid à la fois, et il ne savait pas si cette fine couche de sueur qui avait recouvert sa peau était due aux bouffés de chaleur qu'il sentait monter en lui par vagues ou bien si la peur et l'angoisse qui l'envahissaient se manifestaient de la sorte.
Qu'est-ce qu'il lui avait pris de se saisir de la main de Malefoy et de la panser avec tant de précaution comme si elle fut faite d'une porcelaine des plus fragiles. Bien sûr Malefoy saignait, mais tout de même… Quelques jours auparavant la seule idée de toucher la peau de Malefoy l'aurait révolté au plus haut point ! Alors que là, ça lui avait semblé presque naturel. Avait-il donc pris l'habitude d'étreindre les mains de son homme et ce geste lui paraissait donc plus « normal » ? Mais pourquoi le réaliser envers Malefoy qu'il détestait tant ? Ces sentiments à son égard n'avaient absolument pas changé, même s'il devait admettre, l'estomac au bord des lèvres, que Malefoy était attirant. Pas qu'il l'attirât lui, bien sûr ! Non, grands dieux ! Mais il devait admettre que Malefoy était un très beau jeune homme qui deviendrait très certainement un homme très séduisant. Tout le contraire de ce qu'il était, lui ! Malefoy n'avait très certainement pas besoin de se rendre dans les placards de Poudlard pour se trouver quelqu'un qui apprécie sa compagnie.
Harry avait bien pris conscience que le fait d'être attiré par un homme ne le gênait pas outre mesure, surtout par son homme ; par contre, le fait de trouver Malefoy beau garçon le gênait plus. Il ne souhaitait pas avoir ce genre de pensées envers cet être abominable ! Certes, vu de l'extérieur, Malefoy était agréable à regarder mais ce qui était en lui était d'une laideur sans nom. Alors que Harry se dirigeait vers son dortoir et qu'il tentait de se persuader que Malefoy n'éveillait absolument aucun intérêt en lui, il se remémora les quelques instants où le corps de Malefoy et le sien avaient été si proches. Il avait tout de même ressenti quelque chose de particulier, quelque chose qu'il ne ressentait pas à la proximité de ses amis… Peut-être son corps était-il devenu plus réceptif depuis qu'il s'était éveillé aux caresses de son homme ? Peut-être n'attendait-il plus qu'une chose maintenant… Que son homme pose à nouveau ses mains sur lui… Ses paumes si larges et si douces… Tout comme l'étaient celles de Malefoy… D'une grande douceur… Harry bannit immédiatement ce souvenir de ses pensées, se convainquant très vite que même si Malefoy avait les mains douces, jamais il ne pourrait susciter chaleur et tendresse avec elles !
Il ne prit même pas sa douche avant d'aller se coucher, il était bien trop las et énervé pour cela. Une fois sur son lit, il ne souhaita plus bouger d'un pouce. Il se laissa aller au sommeil, accueillant avec plaisir les bras de Morphée. Ils étaient aussi doux et réconfortants que ceux de son homme. Aurait-il le courage de retourner dans le placard pour lui faire face à nouveau maintenant qu'il avait compris ? En aurait-il la force ? Il ne souhaitait pas penser à cela maintenant, à présent que les limbes du sommeil s'offraient à lui. Il ne souhaitait plus penser à rien. Alors qu'il glissait dans un sommeil sans rêve, il se surprit à penser encore qu'il regrettait d'avoir donné son mouchoir préféré à Malefoy car il savait que ce dernier le ferait très certainement brûler dès sa sortie de l'infirmerie. Ce mouchoir que Ginny lui avait affectueusement brodé pour son anniversaire. Pourquoi son inconnu n'était-il pas Ginny ? Pourquoi était-ce un homme qu'il trouvait aussi attirant ? Pourquoi cela ne le dérangeait-il pas ? Pourquoi ne pouvait-il penser à autre chose qu'à ses mains tendres et à ses lèvres gourmandes ? Il avait besoin d'elles. Il ne pouvait plus s'en passer. Samedi, il irait ! Quel qu'en soit le prix à payer !
Le lendemain matin, quand il se réveilla, il était bien plus reposé qu'il ne l'avait été depuis fort longtemps, et cela malgré sa retenue de la veille. Il grogna lentement quand il dut s'extirper du lit et se dirigea les yeux presque clos à la salle de bains. Il avait besoin d'une bonne douche pour se réveiller, mais surtout pour éradiquer cette odeur de bouc qui commençait à se manifester. Il ne resta pas trop longtemps sous la douche de peur de finir par y prendre racine tant il s'y sentait bien. Mais il ne pouvait décemment pas se permettre d'arrivé en retard à son cours de ce matin, qui se trouvait être celui du professeur McGonagall. Il en avait assez fait pour le moment.
Alors qu'il rejoignait ses amis à la table des Gryffondor dans la Grande Salle, Harry se rendit compte qu'il souriait très facilement à leurs plaisanteries et qu'il était de plutôt bonne humeur. Sa décision avait été prise, même sur les verges du sommeil et il n'en démordrait pas ! Advienne ce que pourra, se disait-il, il ne se lamenterait pas sur son pauvre sort jusqu'à samedi! Il irait la tête haute à son rendez-vous à Pré-au-lard et il y ferait preuve de grand courage ! Il fallait qu'il y croie ! Ce qu'il partageait avec son homme en valait la peine !
Alors qu'il reprenait un gros muffin au chocolat noir et aux éclats d'amande, son regard croisa celui de Malefoy. Un regard froid et haineux. Il se rappela alors qu'il avait une retenue à faire avec Malefoy ce soir encore. Son sourire se crispa à cette idée. Qu'allait-il encore lui faire subir ? Harry reporta à nouveau son regard sur Malefoy, qui avait depuis tourné la tête et qui parlait à l'un de ses camarades Serpentard de manière assez houleuse. Malefoy ne devait vraiment pas être une personne très matinale… Mais en y réfléchissant un peu plus, il se dit que cela était en fait dans la nature de Malefoy. Aucune heure ou aucune saison n'avait d'influence sur lui, il était constamment ce personnage pompeux, insupportable et méchant. Alors qu'il allait baisser les yeux, il vit Malefoy resserrer élégamment son nœud de cravate et ses yeux suivirent le mouvement de ses mains. Il ne pu s'empêcher de fixer un bref instant la peau de son cou si blanche et si délicate, puis ses yeux se portèrent sur le torse de Malefoy que ce dernier avait légèrement découvert pour avoir un accès plus facile à sa cravate. Son torse était assez large, chose à laquelle il n'avait jamais fait attention, et sa respiration, qui soulevait lentement sa poitrine, était très régulière. Il était comme hypnotisé. Il se demanda brièvement quelle senteur pouvait avoir le souffle de Malefoy et si ce torse si large était aussi prometteur qu'il y paraissait.
Harry faillit s'étouffer avec un morceau de son muffin quand il prit conscience du cours de ses pensées. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait enfin ? Quelle était cette fixation sur Malefoy, enfin, plus précisément, sur le corps de Malefoy ? Cela faisait à peine quelques jours qu'il « était » avec son homme, qu'il prenait du plaisir à le visiter à chaque fois et voilà qu'il avait déjà des pensées impures envers un autre homme, et qui plus est, Malefoy ! Il se sentait si sale ! Il ne devait pas trahir son homme, ne serait-ce que par la pensée, il ne voulait que lui, pas quelqu'un d'autre, pas Malefoy ! Il ne comprenait pas trop pourquoi le corps de Malefoy l'obnubilait, mais il ne voulait pas creuser d'avantage la question. Malefoy était un reptile répugnant et il le resterait à tout jamais. Harry, lui, avait besoin de la chaleur réconfortante de quelqu'un d'aimant, de son homme à lui. A part lui, personne n'existait.
La journée passa rapidement sans incidents majeurs, si l'on ne prenait pas en compte le fait que Seamus ait tenté de transfigurer une perruche jaune en perroquet rose et que la seule chose qu'il ait réussi à faire fut de lui brûler joyeusement le bout des plumes. La perruche s'était envolée outrée, non sans lui avoir laissé traces de son mécontentement en lui becquetant le haut du crâne avec virulence à plusieurs reprises. Cet incident avait au moins eu comme bénéfice de faire sourire Harry, il avait même rit. Pauvre Seamus. McGonagall semblait hors d'elle de voir que certains de ses élèves de septième année n'étaient pas encore capables de combiner deux sorts à la fois. Heureusement pour lui, son petit lapin crème s'était bien transformé en petit poussin gris ! Certes, il était prévu qu'il le change en coq argenté, mais il n'était pas trop loin du compte tout de même !
Malgré le fait que ce soit enfin vendredi, jour tant attendu par tous les élèves de Poudlard, Harry n'avait pas vraiment hâte que la journée ne s'achève. Il savait qu'il lui restait une punition à faire ce soir encore. Une autre soirée entière à passer avec Malefoy. Il appréhendait réellement cette retenue, bien plus que toutes celles qu'il avait jamais eues à Poudlard, et ce n'était pas peu dire vu le nombre de détentions qu'il avait réussi à avoir depuis sa première année ! Mais malgré tout ce que les professeurs avaient pu lui imposer de faire durant une retenue, rien ne pouvait le mettre plus au supplice que de faire une nouvelle détention avec Malefoy. Bien sûr, il avait déjà eu à faire plus d'une détention en sa présence, mais jamais aucune ne s'était achevé telle que celle qu'il avait eue hier soir dans les cachots du professeur Rogue. Jamais la présence de Malefoy ne l'avait tant indisposé. Bien sûr, être en sa présence n'avait jamais été quelque chose d'agréable ou de profitable, mais le sentiment de vertige qu'il avait ressenti la veille ne lui disait rien qui vaille, et le fait qu'il n'ait pu détacher ses yeux du blond durant le petit-déjeuner ne le rassurait guère non plus !
Il ne comprenait pas ce qu'il se passait en lui, et il ne savait vraiment pas pourquoi il réagissait ainsi… Tout ce qu'il savait c'est que pour le moment il ferait mieux de garder ses distances, de très grandes distances avec Malefoy ! Quelque chose n'allait pas, quelque chose n'était plus pareil. Et ce quelque chose ne lui plaisait définitivement pas ! Il espérait juste qu'il pourrait faire cette dernière retenue sans incidents. Peut-être son trouble se serait dissipé d'ici ce soir, peut-être que tout se passerait bien. Aussi bien qu'une retenue pouvait se passer, bien sûr. Heureusement, ils étaient en retenue avec le professeur McGonagall. Il serait plus en sécurité sous le regard autoritaire de son chef de maison ! C'est quelque peu rassuré qu'il se traîna jusqu'à sa Salle Commune où Ron l'attendait pour faire une partie d'échecs afin de le détendre avant sa retenue. Il en aurait très certainement besoin.
Malgré la bonne humeur qui avait régné dans la Salle Commune, et la partie d'échecs qu'il avait même failli gagner contre Ron, Harry avait perdu toute bonne humeur dès qu'il s'était mis en route pour sa retenue de la soirée. MgGonagall l'avait regardé l'air sévère durant toute la journée. Heureusement, par contre, il n'avait plus croisé Malefoy de la journée. Il espérait que son égarement de la matinée ne se manifesterait plus. C'était sûrement parce qu'il avait passé une bonne nuit mais qu'il avait été quelque peu déçu de se réveiller seul, que son homme lui avait manqué ce matin… C'est sûrement pour cela que ses yeux s'étaient perdus dans la contemplation de Malefoy. Cela n'arriverait plus.
Harry entra d'un pas décidé dans la salle des Métamorphoses où le professeur McGonagall l'attendait déjà, assise à son bureau. Il vit également que Malefoy était déjà arrivé et qu'il était assis à ce qui semblait être son pupitre habituel vu son aise. Il ne le regarda que du coin de l'œil et ne chercha pas à pousser le vice trop loin en le fixant vraiment. Il attendit que le professeur McGonagall leur donne les consignes d'un ton froid et distant pour se mettre au travail. McGonagall aurait pu être plus sévère que cela, vraiment, car nettoyer une salle de classe qui était relativement propre n'était pas grand chose à ses yeux, surtout qu'il avait été depuis son plus jeune âge la « femme » à tout faire chez les Dursley. Il nettoyait au moins une fois par semaine la maison complète, sans parler de la cuisine qu'il devait nettoyer au minimum quatre fois par jour après le passage du porc ambulant qu'était son cousin Dudley.
Cette punition eut au moins le mérite de le faire sourire quand il s'imagina Malefoy et ses doigts raffinés balayer la petite couche de poussière qui s'était accumulée. Cette simple pensée le poussa à regarder brièvement Malefoy et il fixa un court instant ses doigts délicats. Une nouvelle bouffée de chaleur s'empara de lui et il détourna bien vite les yeux pour passer toute la soirée à fixer son seau d'eau sale et sa serpillière qui commençait furieusement à s'effilocher. Mais qu'importait, ses yeux ne quitteraient pas le bout de son nez ! Hors de question qu'il se remette à fixer Malefoy ! Plutôt se faire avaler tout cru par le poulpe géant du lac ! Certes son comportement pouvait paraître étrange, mais il espérait que Malefoy ne remarquerait rien et qu'il n'y ferait nullement attention. De toute façon Malefoy ne faisait jamais attention à lui, la seule chose qui pouvait éveiller son attention serait une nouvelle idée de rendre Harry le plus miséreux possible.
Bon, il devait arrêter d'accorder ces pensées à Malefoy, il ne méritait pas qu'il lui accorde une seule seconde de son attention ! Il allait se concentrer à cette noble tâche qu'était celle d'essorer sa serpillière et nettoyer encore une fois le parquet humide qu'il foulait négligemment. S'il continuait à récurer les endroits qu'il avait déjà faits à plusieurs reprises, le sol finirait par être plus étincelant qu'il ne l'avait jamais ét ! McGonagall trouverait très certainement cela louche que sa salle soit aussi étincelante. Quand leur professeur fut de retour, elle leva un sourcil interrogateur en leur direction semblant hautement étonnée de les trouver chacun à un bout de la pièce, mais surtout, de ne trouver aucune trace de combats. Elle devait avoir redouté de retrouver sa salle mise à feu et à sang, et la découvrir presque brillante comme un joyau n'était très certainement pas une des hypothèses qu'elle avait formulée. Après une brève inspection des lieux, elle les avait laissé quitter la salle, bien plus tôt que tous deux n'auraient osé l'espérer.
Aussitôt que Harry eut franchi le seuil de la porte il se décida à partir au quart de tour. Il ne souhaitait pas avoir à faire face à Malefoy maintenant alors qu'il avait réussi à éviter ses regards durant toute la retenue. Il lui avait semblé, alors que cela paraissait fortement improbable, que Malefoy avait essayé de croiser son regard à plusieurs reprises, comme s'il avait senti que quelque chose n'allait pas. C'est vrai que ce n'était pas tous les jours que le « grand » Harry Potter baissait les yeux devant le « méchant » Drago Malefoy. Mais il ne voyait vraiment pas ce qu'il pourrait faire d'autre pour ne pas se retrouver dans une situation, au mieux, embarrassante. Alors qu'il espérait pouvoir se sauver à la va-vite, il se sentit basculer en arrière. Malefoy venait de le saisir sans douceur par le col et le forçait à revenir sur ses pas. Que voulait-il à présent ? Avait-il donc tant l'habitude que cela qu'ils s'échangent moult insultes qu'il n'avait pu se satisfaire d'une retenue civilisée faite dans le calme et le silence le plus total ?
Alors qu'il se retournait pour lui faire part de son mécontentement pour avoir été alpagué de la sorte, Malefoy lui glissa quelque chose dans la main de manière fort agressive. Mais que pouvait-il attendre de Malefoy autre que de la violence et de la haine ? Le jour où Malefoy se montrerait civilisé envers lui, les chouettes auraient des dents.
« Merci », grommela Malefoy.
Harry le fixait les yeux écarquillés ayant du mal à saisir le sens de la parole de Malefoy. Il avait cru l'entendre dire « merci », mais c'était impossible, complètement et irrémédiablement impossible ! Mais en fixant Malefoy, il pouvait voir que ce dernier était mal à l'aise, il avait détourné les yeux pour ne pas avoir à croiser son regard. Si Harry ne l'avait pas mieux connu, il aurait même eu l'impression que les joues de ce dernier s'étaient légèrement empourprées, comme s'il avait été pris sur le fait en train de faire une grosse bêtise. Et remercier un Potter quand on était un Malefoy en était très certainement une ! Il faudrait qu'il aille vérifier le bec d'Hedwige tantôt pour voir s'il n'était pas entré dans une dimension parallèle.
Après avoir contemplé les jolies joues rosées de Malefoy, Harry baissa les yeux vers le mouchoir qu'il savait avoir en main. Malefoy ne pouvait décemment le remercier que d'une seule chose, il ne viendrait pas le remercier d'être encore en vie et de perpétuer ainsi le mythe du Survivant. Le mouchoir était à nouveau propre et lui semblait même plus blanc qu'il ne l'avait jamais été. Il ne lui fut pas difficile de reconnaître l'odeur qui s'en dégageait, lavande. Il semblait que Malefoy ait un petit faible pour cette fleur-là. En tout cas, c'est vrai que ce parfum était très agréable, et Harry ne put s'empêcher de sourire en voyant que Malefoy s'était donné la peine de laver son mouchoir, enfin de le faire laver serait plus juste, il se doutait bien que Malefoy n'avait point usé de ses petits doigts délicats pour faire une lessive, car si ça avait été le cas l'apocalypse se serait déjà abattue sur toute la surface de la planète. Mais ce qui le surprenait le plus c'est qu'il se soit donné la peine de lui rendre son mouchoir et non pas de le jeter dans la première poubelle qu'il aurait eu en vue.
« Tu as été voir Pomfresh ? », lui demanda-t-il sans réellement savoir pourquoi il lui posait cette question. Cela ne le regardait absolument pas, mais surtout ne l'intéressait pas ! Bien sûr, quelle idée ? Jamais il ne s'inquiéterait pour cet idiot qu'était Malefoy !
« Non, Potter », répondit Drago impatiemment, « Et d'ailleurs, ce n'était rien. »
Il pouvait sentir dans la voix venimeuse de Malefoy qu'il était ennuyé par cette question. Mais pour une fois qu'il disait qu'une blessure infligée à son corps de sang pur n'était rien, il y avait de quoi se poser des questions. Il l'aurait plutôt vu aller se plaindre au professeur Rogue en l'accusant de l'avoir presque amputé et rendu handicapé de la main !
« Tu aurais peut-être dû. Ca peut s'infecter, tu sais ? », le relança-t-il alors que celui-ci s'éloignait déjà, sans même comprendre pourquoi il le faisait.
L'étonnement se lut sur le visage de Malefoy. Ce dernier, qui avait pourtant un visage toujours fermé, n'avait pu masquer son étonnement. Il devait très certainement se demander pourquoi il agissait ainsi. Harry lui-même ne se comprenait plus. Mais après tout, être blessé par un éclat de fiole qui avait contenu une potion bizarre pouvait peut-être dangereux, qui sait, il aurait pu avoir une gangrène. Ce qui serait fort dommage vu les magnifiques mains dont Drago avait été doté par la nature. Harry se serait giflé à cette seule pensée et se fit douleur pour ne pas poser ses yeux trop longtemps sur ces doigts délicats. Le visage de Malefoy se referma aussi brusquement qu'il s'était ouvert et son air mécontent réapparut dans tous ses traits.
« Fous-moi la paix Potter, » aboya-t-il de manière fort peu élégante en se retournant brusquement pour être de nouveau face à lui. « Arrête de jouer au héros. Je n'ai pas besoin de toi pour savoir ce que je dois faire. Alors, si tu veux bien, je vais retourner à mon dortoir, profiter du fait de ne plus t'avoir dans mes pattes et surtout dormir. »
Harry ne pipa mot, n'étant pas particulièrement surpris de la réaction agressive de Malefoy. Celle-ci collait tout à fait bien au personnage. En tout cas, au personnage que ce dernier montrait au public. Dommage que ces traits ne soient pas aussi doux que ceux de l'ange qu'il lui avait été possible d'observer à la bibliothèque.
Harry fit route vers son dortoir la tête pleine de questions. Il aurait aimé savoir à quoi ressemblait son homme, qui il était. Son physique importait peu, c'est lui qu'il voulait, lui, pour ce qu'il était ! C'est lui tout entier qu'il voulait. Harry était convaincu que c'était un garçon très tendre et aimant, cela se ressentait en tous ses gestes, et en cela Harry ne pouvait pas se tromper. Bien sûr, c'était le cœur de son homme qui comptait le plus à ses yeux, mais il était si difficile de se remémorer les instants passés avec lui, la tendresse échangée, sans pouvoir penser à un visage. Il savait, de par leurs rencontres précédentes qu'il était grand et bien bâti, de cela il était sûr, et il se surprit à en être heureux ! Il devait s'avouer que plus loin que son âme, c'est aussi le corps de son homme qu'il désirait à présent, et il ferait tout pour le lui faire comprendre. Jamais il n'avait été aussi décidé.
Demain, il se rendrait à Pré-au-Lard et il ferait comprendre à son homme combien il avait besoin de lui, aussi bien moralement, sentimentalement que physiquement. Il ne pouvait plus supporter cette situation, les mensonges, les faux-semblants, les cachotteries ; même si cela lui permettait d'être lui-même sans appréhension, d'être son véritable moi sans craindre de la réaction de l'autre. Harry était décidé. Il serait fort et limpide !
Il se réveilla donc le lendemain matin plus décidé que jamais ! Il avait préféré refuser l'invitation de ses camarades de chambre de se joindre à eux pour le petit-déjeuner, préférant prendre son temps pour se préparer. Il prit donc une très longue douche ? qui parvint quelque peu à le détendre, puis il put se permettre de rester un petit temps devant sa garde-robe pour choisir ce qu'il allait mettre. Il n'avait pas énormément de choix, mais ce nombre de vêtements était largement suffisant, car il lui suffisait d'habitude de plonger la main dans sa malle pour en sortir un quelconque vêtement. Il savait qu'il n'était pas des plus agréables à regarder et ne voyait nullement l'intérêt d'essayer de s'embellir en portant des vêtements spécifiques. La publicité mensongère ne faisait pas partie de son caractère, et quand bien même, il était persuadé qu'aucun vêtement quel qu'il soit ne pourrait le mettre en valeur !
Il s'attela donc à la tâche d'essayer de se rendre correct et choisit donc un jean délavé, qui était suffisamment large pour ne pas le serrer de trop lors de sa rencontre avec son homme, et un pull qu'il aimait particulièrement et qui était d'un beau vert émeraude qui était en parfaite harmonie avec ses yeux. Bien sûr, son homme ne pourrait le voir, mais Harry se sentait plus confiant ainsi. Ses yeux avaient une brillance particulière et leur couleur était joliment rehaussée. Heureusement qu'il n'était pas né en plus avec les yeux marrons, il avait au moins hérité d'une des beautés de sa mère. Il passa pas moins d'une demi-heure à tenter vaillamment de mettre ses cheveux en ordre, mais ce fut peine perdue, ces derniers semblaient comme répondre à une autre apesanteur.
Fin prêt pour l'affrontement qui l'attendait en fin de matinée, Harry se décida à attendre que la plupart des élèves soient partis à Pré-au-Lard pour tenter de s'approcher discrètement du Saule Cogneur. Il n'y avait aucun doute quant au lieu du rendez-vous ; Pré-au-Lard, la Cabane Hurlante.
« Douce jouvencelle désirée,
Vos pieds devront vous mener,
Jusqu'à votre sœur Morgane le Fay,
Au bourg des Sorciers.»
« Dans trois jours « ensoleillés »,
L'être désiré sera convié,
A la onzième heure sonnée,
La porte sera scellée. »
Il s'était, bien sûr, demandé pourquoi ce rendez-vous amoureux avait lieu à Pré-au-Lard, car ce petit bourg n'était pas si proche de Poudlard, puis il s'était dit que comme le rendez-vous avait été fixé un week-end où les élèves qui n'étaient pas punis, cela allait sans dire, étaient autorisés à y aller, il n'y avait rien de suspect là-dedans. Mais la Cabane Hurlante ? Cela l'étonnait plus. Beaucoup d'élèves n'osaient même pas s'approcher de cette bâtisse en ruines, alors imaginez-vous devoir pénétrer dedans pour trouver le placard ! Surtout que l'enveloppe était à la base envoyée à une jeune fille ! Etait-ce pour éprouver la sincérité des sentiments qui naissaient dans les placards ? Etaient-ce pour voir si les deux parties étaient prêtes à faire ce sacrifice courageux afin de se rencontrer à nouveau ?
D'après ce qu'il avait pu comprendre des paroles de Ron, qui un soir miraculeusement s'était décidé à expliquer précisément les fonctionnements du placard à Neville, il suffisait de rater un rendez-vous pour ne plus recevoir d'enveloppe. Ce qui était logique après tout, car l'enveloppe était envoyée directement dans la poche de la personne qui avait été présente dans le placard ! L'estomac de Harry se noua à cette simple idée et décida de se dépêcher un peu de peur de rater son homme, jamais il ne pourrait se le pardonner.
Il passa rapidement par les cuisines se disant que cela ne lui servirait à rien de s'affamer et de tomber d'inanition, et une fois que Dobby lui eut donné un échantillon de tout ce que les elfes avaient servi au petit-déjeuner, Harry se dirigea à pas de loup vers la cour interne de l'école. Heureusement pour lui qu'il avait pris sa cape d'invisibilité car son chemin avait été min ! Des embûches à tous les coins du château l'attendaient ! Il avait failli renverser le professeur Rogue, qui semblait plongé dans un ouvrage poussiéreux, en remontant des cuisines, Peaves s'était mis à jeter des ballons d'eau du haut des marches afin d'arroser un groupe de Pouffsouffle de première année en riant à gorge déployée et l'avait raté de peu, dans le Hall, il avait failli écraser la queue trapue de Miss Teigne qu'il n'avait pas remarquée être allongée sur le tapis, vu sa fourrure texture moquette, tout pour plaire ce chat, et enfin, quand il arriva à la porte d'entrée, Colin faillit lui rentrer dedans, suivit de peu par son frère qu'il faillit aussi se prendre de plein fouet, qui, semblaient-ils, avaient oublié de prendre des pellicules pour leurs nouveaux appareils. Après toutes ses difficultés et un infarctus évité de peu, Harry se dirigea plus décidé que jamais vers le saule Cogneur.
Heureusement qu'il connaissait le chemin le plus court et le plus à couvert pour se rendre à la Cabane Hurlante. C'est avec une aisance qui le surprit lui-même qu'il réussit à atteindre la bonne souche et qu'il pénétra dans le passage secret qui devait le mener son encombre à son prochain lieu de rendez-vous. Il marcha donc un certain temps dans ce passage secret qui lui remémorait certains souvenirs qu'il ne souhaitait pas voir revivifiés… Il tenta de se vider l'esprit en pensant à tout autre chose, à quelque chose d'agréable, à son homme. Il termina donc son cheminement le cœur battant la chamade et les joues en feu, le visage seulement éclairer par le léger faisceau de lumière bleutée créé par sa baguette.
C'est après de très longues minutes qu'il sortit enfin du passage secret et qu'il se retrouva au pied du grand escalier de la Cabane Hurlante. Il ne put s'empêcher de fixer ses escaliers morbides qui menaient au premier étage de la bâtisse. Il se rappelait les avoir montés durant sa troisième année lorsqu'il était à la recherche de son ami Ron, et de son ennemi, Sirius Black ! Ses yeux s'embrumèrent immédiatement à cette idée. Il avait pensé qu'il serait plus fort que cela, que revenir ici ne lui procurerait pas autant d'émotions, mais il avait eu tord. Il souffrait, son cœur se contorsionnait douloureusement dans sa poitrine. Il regarda les marches, une à une, et se rendit compte qu'elles étaient toutes recouvertes d'une épaisse couche de poussière, celle-ci avait eu raison du temps et elle était redevenue maîtresse des lieux. Il ne restait plus aucune trace d'eux dans cette maison, plus aucune trace de ce qui s'y était passé… A part… Harry porta les yeux vers la porte qui menait à la pièce où l'affrontement avec Quedever avait eu lieu et put voir que celle-ci avait été abîmée. Seule cette porte témoignait de leur présence un jour en ces lieux.
Harry pu voir également que la porte était entrouverte, cette porte l'attirait et le mettait à souffrance. Il allait poser le pied sur la première marche quand un éclair éblouissant éclata et réussit même à se manifester en cette bâtisse par le creux des volets brisés. Harry sursauta et se retourna fébrilement, sur ses gardes. A peine eut-il regardé derrière lui qu'il vit la magnifique tapisserie de la fée Morgane. Elle se trouvait au cœur du hall et jurait furieusement avec la laideur des lieux. Harry lâcha donc la rampe de l'escalier, soulagé de ne pas devoir monter au premier étage et devoir faire face à ses fantômes les plus enfouis.
Il s'approcha d'un pas incertain de la tapisserie. Il y découvrit encore une fois la fabuleuse fée d'Avalon dont les yeux brûlants ne le quittaient jamais. Elle était si belle, et elle semblait si entière. Aujourd'hui, la toile semblait avoir été brodée uniquement de teintes pastels, c'était des coloris très doux et sobres, mais ils émanaient pourtant d'eux une douce chaleur. Morgane, comme à son habitude, trônait au cœur de la tapisserie. Elle était vêtue d'une très jolie robe vert d'eau en velours léger. Le col en était relativement échancré et l'on pouvait voir la naissance d'une poitrine blanche et généreuse. Les manches de la robe, aux broderies fines et détaillées, étaient très larges et tombaient élégamment sur ses genoux repliés. Cette robe semblait si soyeuse, tout comme les pétales des fleurs qui s'ouvraient à peine sous les caresses de la fée. Morgane était assise sur un parterre de fleurs bourgeonnantes, au cœur d'une herbe fraîchement baignée dans les perles de la rosée matinale ; seules les fleurs touchées par les doigts féeriques voyaient leurs bourgeons éclore et donner naissance à des fleurs jaunes d'une grande beauté. Les ongles rouge sang de la fée contrastait comme des coquelicots au cœur d'un jardin de bouton d'or. Un arbre s'élevait glorieusement derrière la fée et venait déposer avec tendresse et délectation ses fleurs blanches et parfumées sur les frêles épaules et sur la chevelure flamboyante de la fée. Des fleurs de tilleul fraîchement éclosent dont Harry pouvait presque sentir le doux, mais pas moins envoûtant, parfum. Les cheveux de la fée étaient plus flamboyants qu'ils ne l'avaient été jusqu'alors, et Harry crut même y discerner des reflets dorés. Le visage de Morgane était comme toujours impassible, mais ces yeux malicieux ne le quittèrent pas un seul instant, et ses lèvres rubis exprimaient une moue coquine.
La tapisserie de Morgane symbolisait le printemps, la renaissance, le renouveau. Cela était-il un bon signe pour la rencontre qui allait suivre ? La tapisserie était en totale opposition avec le temps qui régnait à Pré-au-Lard, où une forte tempête semblait s'être abattue. Il n'y voyait presque rien dans la ruine où il se trouvait tant le ciel était couvert alors qu'il n'était pas encore midi. Harry regarda une dernière fois Morgane, qui sembla lui rendre un regard confiant, et il souleva la teinture afin d'ouvrir la porte froide et poussiéreuse qu'il savait se trouver là. Une fois entré, il posa ses mains sur le mur qui était face à lui et le halot rosé apparut instantanément. Comme toujours, Harry se laissa happer par la brise fraîche mais douce.
Il sentit immédiatement les mains de son homme se saisirent des siennes. Il était venu ! Même à Pré-au-Lard il était venu pour le… la… voir. Il lui restait une chance si son homme était attaché émotionnellement à la personne qu'il rencontrait depuis quelques fois dans le placard. Il sentit les lèvres chaudes de son homme se poser délicatement et galamment sur chacune de ses mains avant de les lâcher. Harry sursauta lorsqu'il sentit les mains de son homme se poser sur ses joues. Jamais il ne lui avait touché le visage jusqu'à présent. Tout comme Harry n'avait jamais eu l'occasion de toucher le sien. Mais là, il n'osait point bouger. Il savait que son homme cherchait à visualiser son visage, à découvrir ses traits. Il était terrorisé. Il n'avait qu'une envie c'était de repousser ses mains pour qu'il ne découvre pas qu'il était un homme, pour qu'il ne découvre pas qu'il était Harry Potter. Mais il se fit violence et laissa son homme commencer son inspection… Il avait décidé d'être honnête avec lui, et l'honnêteté commençait très certainement par la laisser découvrir qui il avait en face de lui.
Il sentit les mains s'arrêter un court instant sur ses lunettes. Combien d'élèves à Poudlard portaient-ils des lunettes ? Harry n'aurait su le dire. Mais c'était très certainement un grand indice pour son homme que de savoir que la personne qu'il rencontrait portait des lunettes. Toutefois, Harry eut peur que les caresses de son homme ne le mène à découvrir la cicatrice en forme d'éclair qu'il arborait sur le front, c'était trop tôt pour lui. Il se décida donc à agir sachant très bien, quelque part en lui, qu'une fois que ses mains se seraient posées sur son homme, celui-ci serait trop troublé pour continuer cette découverte. Harry laissa donc ses mains se poser sur le torse de celui qui l'attirait tant et il se mit à le caresser avec toute la tendresse qu'il éprouvait en cet instant. Il sentit une hardiesse s'emparer de lui et il laissa ses mains se glisser sous la chemise de son homme. Il sentit ce dernier sursauter. Ses mains étaient froides, il pouvait les sentir se réchauffer au contact de son torse qui était si brûlant ce soir qu'il en fut surpris. Ses inquiétudes se turent lorsqu'il sentit son homme s'approprier ses lèvres. Cela faisait si longtemps qu'il avait envie de sentir à nouveau ces lèvres sous les siennes qu'il eut du mal à retenir un râle sauvage de lui échapper.
Au lieu de cela, il laissa ses mains se perdrent dans le dos finement sculpté de son compagnon. Son homme semblait être sportif vu les muscles fins qui se dessinaient régulièrement et lissement sur son corps. Harry en fut satisfait bien malgré lui. Il sentit son homme rapprocher leurs deux corps, et bien qu'il souhaitât de tout son être se laisser aller dans ses bras, se perdre dans son étreinte, Harry savait que c'était risqué, qu'il risquait de tout découvrir, il ne pouvait en être autrement… Il voulait être sincère avec son homme, mais il avait si peur de perdre sa chaleur… Il ne pouvait pas… Il avait besoin de lui ! Il caressait ses pommettes de manière si affective que Harry crut qu'il allait défaillir sous ce traitement. C'est avec regret qu'il garda leurs corps à distance et qu'il continua les caresses suggestives qu'il faisait à son homme. Sa peau était si douce, on aurait cru du lait. Il aurait aimé connaître la teinte de sa peau. Il espéra que celle-ci soit aussi pâle que l'aube, aussi crémeuse et laiteuse. Bien sûr, son homme aurait pu avoir le teint basané que cela n'aurait rien changé à ses sentiments, il se délecterait de lui comme un chat lape malicieusement son lait. Il voulait goûter sa peau, mais il n'osait faire ce nouveau pas dans leur « relation ».
Harry crut défaillir lorsqu'il sentit la langue de son homme se faire plus gourmande et quitter ses lèvres, qu'il avait tendrement titillées, pour se perdre dans son cou. Comme Harry aurait eu envie de lui faire subir le même sort ! Les yeux mi-clos, la tête rejetée en arrière, il errait dans une toute autre galaxie. Ces caresses étaient tout simplement fabuleuses. Il sentait qu'il allait se perdre sous peu si la torture ne cessait pas. Comme si son homme eut conscience de son état d'esprit, l'humidité de sa bouche quitta son cou pour s'emparer de ses mains tremblantes. Leurs mains étaient les seules parties de leurs corps qui se touchaient à présent, et bien que le traitement qu'elles subissaient en cet instant, était des plus plaisants, Harry en voulait plus. Il avait besoin de sentir chaque partie de son homme, de l'avoir près de lui !
C'est avec culot que Harry poussa son homme contre le mur solide qui se trouvait être derrière lui. Il avait besoin de le sentir ce soir. C'est sans gêne et plus par réflexe animal qu'il laissa son genou remonter jusqu'à l'entrejambe de son homme, qu'il eut l'immense joie de découvrir particulièrement durcie. Cette simple constatation l'excita bien plus qu'il ne l'avait été jusqu'alors. Son homme le désirait autant que lui le désirait, son corps le trahissait autant que celui de Harry. Il se sentait mieux. Il se sentait fort. Il exerça donc une pression plus forte sur l'élément convoité. Il sentit son homme trembler de tout son corps. Harry savait comme cette torture pouvait être douce et intenable à la fois.
Harry crut qu'il allait perdre pied lorsqu'il sentit les mains de son homme se perdre dans ses cheveux. Il sentait en ces doigts fébriles quelque chose de sauvage et de retenu, alors que leurs langues se mêlaient dans une danse un peu plus brutale, un peu spasmodique. Son homme se saisissait de ses mèches pour ne pas se perdre, pour ne pas couler, mais aussi pour ne pas le brusquer, lui, Harry le sentait, alors que lui n'attendait qu'une seule chose en cet instant ; être brusqué.
Les mains de son homme se perdurent le long de son cou et se posèrent, affamées, sur son corps. Harry était trop perdu dans les sensations qu'il ressentait pour se rendre compte que son homme avait cessé de les caresser et qu'il était devenu aussi immobile qu'une statue de cire. Il laissa sa langue glisser le long de ce cou qu'il convoitait depuis que son homme avait posé les mains sur lui. Il crut mourir quand il le découvrit plus crémeux que son fromage blanc favori, et qu'il se délecta d' une saveur des plus appétissantes qu'il n'avait jamais goûtée jusqu'alors.
Sa hardiesse se fit si forte et son appétit si dévorant qu'il laissa ses mains se perdre vers ce point si dur qu'il l'obnubilait tant à présent, la preuve que son homme le voulait lui aussi. Il se mit à caresser cette chair tendue, comme un joaillier caresse ses pierres les plus précieuses, avant d'exercer des pressions un peu plus fortes et sentir cette grosseur vibrer au creux de sa main. Cette dernière pression fut accueillie par un râle sourd qui l'excita davantage encore. Harry savait qu'il allait exploser sous peu, et pour une fois, aucun sentiment de honte ou de culpabilité ne s'emparait de lui.
Il crut brièvement qu'il allait atteindre les portes de L'Eden, lorsqu'une poigne de fer l'éloigna de son homme. L'instant d'avant il était aux portes du paradis, et là, il sombrait dans les enfers. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que son homme avait pris conscience de tout. Sa poigne ferme sur ses bras, qui lui laisserait très certainement des bleus, sa respiration haletante, mais surtout l'écart entre leurs deux corps, qui n'était peut-être pas si grand, mais que Harry ressentait comme des chaînes de montagnes qui se seraient élevées et interposées entre eux d'un coup, et qui auraient tout brisé, tout.
« Tu sais, c'est ça ? », lui demanda-t-il d'une voix qu'il ne reconnut même pas comme étant la sienne. Il se demanda même brièvement comment il était encore en état de parler.
Son homme ne lui répondit pas. Harry était au bord des larmes. Son homme devait le haïr à présent. Il devait être dégoûté de s'être laissé touché par un autre homme, mais surtout d'avoir touché un autre homme. Harry ne pouvait laisser la situation telle quelle. Il devait lui expliquer, lui dire qu'il n'avait jamais voulu se jouer de lui, qu'il était sincère, qu'il tenait à lui. Qu'il n'était pas juste un flirt pervers inavou ! Il le fallait, il ne pouvait pas le laisser partir comme ça !
« Je suis désol », reprit-il d'une voix presque mourante tant la douleur qu'il ressentait lui déchirait les entrailles, « Ne crois pas que je me sois joué de toi… Je suis sincère… Je tiens à toi… Je t'aime… »
Harry se surprit lui-même à ces paroles. En était-il donc arrivé à ce point de non-retour ? Etait-il donc amoureux de « son » homme à ce point-l ? Oui, fut la seule réponse que lui donna son cœur brisé. Il avait sentit la brise fraîche s'abattre sur lui, et il savait qu'il était seul à présent. Que l'homme avec qui il avait partagé tant de choses l'avait entendu mais qu'il ne souhaitait plus rien avoir affaire avec lui. Harry resta là un long moment, seul, seul avec son cœur brisé.
Harry était miséreux.
Il n'avait pas dormi correctement depuis plusieurs nuits déjà. Il ne cessait de rêver de lui, de sa chaleur, pour se réveiller pantelant une fois conscient qu'un vent froid et glacé s'abattait sur lui et qu'il tentait de geler son cœur à tout jamais. Il n'osait plus dormir de peur de rêver, de peur de se réveiller le lendemain matin un peu plus vide qu'il ne l'avait été la veille. Il n'était plus que cela : vide. Il déambulait dans les couloirs de Poudlard complètement vidé de toute vitalité, de tout, il allait en cours et continuait à vivre comme une carapace vide. Il bougeait, il parlait, il mangeait, mais il ne sentait plus rien.
Il gardait les yeux constamment ouverts, fixant un point à l'horizon que lui-même n'aurait pu situer, de peur que s'il ne cligne qu' une seule fois des yeux, les sensations merveilleuses qu'il avait découvertes auprès de l'homme du placard ne resurgissent et ne le détruisent.
Il ne ressentait plus rien ou sa souffrance était si grande qu'il ne pouvait même plus la sentir réellement. Il sentait son cœur déchiré et son âme meurtrie se refermer sur eux-même afin de tenter de se panser, mais rien n'y ferait, la blessure était bien trop profonde. Une fois encore il avait cru être aimé, une fois encore il avait été rejeté. Son amour piétiné et bafoué. Il n'en pouvait plus. A quoi bon continuer ?
Il n'avait plus conscience de tout ce qui l'entourait. Ses amis semblaient lui parler, sûrement inquiets pour lui, mais il ne comprenait même pas leurs paroles. Il ne se rendait même plus compte des insultes dont Malefoy devait le gratifier quotidiennement, mais l'avait-il seulement vu cette semaine ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne vivait plus. Il souffrait. Son corps continuait à survivre mais lui, son âme, était une plaie béante.
Il avait bien reçu l'enveloppe rose qu'il avait toujours reçue après ses visites dans le placard. Il avait failli la brûler tant sa seule vue lui soulevait l'estomac, puis la douce odeur de tilleul qui s'en dégageait lui rappela son amie Morgane, et il l'ouvrit le cœur au bord des lèvres. Le poème était presque pareil à ceux qu'il avait reçus précédemment, et il indiquait clairement le lieu du prochain rendez-vous. La classe des Charmes et Enchantements.
« Doux jouvenceau apeuré,
Vos pieds devront vous mener,
Jusqu'à votre sœur Morgane le Fay,
Dans la salle enchantée.»
« Dans une semaine, jour pour jour, en soirée,
L'homme adoré sera convié,
A la douzième heure sonnée,
La porte sera scellée. »
Harry savait qu'il ne lui servait à rien de se rendre à ce rendez-vous car malgré les paroles de Morgane, il savait qu'il ne viendrait pas, il ne viendrait plus jamais. Mais n'avait-il pas besoin de cette confirmation pour pouvoir aller de l'avant, pour pouvoir prendre conscience une fois pour toute de la rupture, du fait qu'on ne voulait plus de lui ? Mais l'avait-il jamais voulu après tout ? Il était donc résigné à se rendre au prochain rendez-vous et conspuait tous les dieux de la terre pour avoir organisé ce prochain rendez-vous une semaine après le précédent. Jamais il n'avait eu à attendre autant, et maintenant qu'il était au supplice, ils ajoutaient à sa peine. Mais s'il avait été chanceux dans sa vie, cela ferait longtemps qu'il aurait su… Il avait voulu y croire et voilà où il en était. Seul et brisé.
La semaine fut longue et laborieuse et Harry eut du mal à garder un suivi des jours qui passaient. Heureusement que le rendez-vous était pour samedi soir, car au moins, il savait que ses camarades lui rappelleraient samedi au matin qu'il ne devait pas se rendre en cours. Le samedi matin, ses camarades durent lui confirmer à plusieurs reprises que l'on était bien samedi car il oubliait tout simplement qu'il leur avait déjà posé la question. Alors qu'il sortait de la Grande Salle pour aller voir Hedwige, qui était la seule personne à ses côtés qu'il supportait vu qu'elle ne le regardait pas avec des yeux de cocker inquiet et qu'elle n'essayait pas de le faire parler, il fut bousculé par des filles de Serpentard qui ne s'excusèrent même pas, ô surprise, et qui chuchotaient de manière fort comploteuse. Pas que cela intéresse Harry de toute façon. Il les entendit juste dire qu'elles avaient hâte de la fête de ce soir et que Katarina serait ravie de son cadeau d'anniversaire, un moment seule à seul avec Drago Malefoy !
Quelle chanceuse ! , pensa Harry ironique, même s'il dut admettre que Malefoy n'était très certainement pas un si mauvais cadeau que cela… Au moins une et un qui s'amuseraient bien ce soir… Harry se sentit sombrer un peu plus en se disant qu'il avait à présent des preuves du succès qu'avait Malefoy. C'est sûr que ce n'était très certainement pas à lui que ça arriverait. Harry soupira en s'éloignant d'elles. Il avait entendu dire que les Serpentard organisait une grande fête, à laquelle seuls les Serpentard étaient conviés, dans leur Salle Commune pour fêter les dix-huit ans d'une de leur camarade. Encore une fille à papa chéri de Mangemort. Grand bien leur fasse ! La seule chose à laquelle il aurait le droit ce soir serait un placard vide, froid et effrayant.
La journée passa comme les précédentes. A l'heure fatidique, Harry se dirigea vers le point de rendez-vous. Il avait cru qu'il aurait plus de mal à s'y rendre, que ses jambes ne le porteraient pas, mais il était là, toujours aussi vide, face à cette nouvelle tapisserie de Morgane. Son cœur était si flétri qu'il ne put contempler dignement cette nouvelle somptuosité qu'il avait sous les yeux. Morgane portait aujourd'hui une robe jaune pâle, si pâle, qu'elle lui donnait presque un teint hâlé. Cette robe était assez légère, presque transparente. Elle virevoltait, telles des vagues sur une mer calme, poussée par une brise chaude. Les cheveux de la fée suivaient les mêmes pas de danse, et ses boucles soyeuses se déroulaient avec volupté, et sous ce soleil éclatant qui éclairait toute la tapisserie d'une onde dorée, ses cheveux avaient presque la teinte brillante de l'or. Elle était debout, droite et glorieuse, entourée d'un champ haut de blés et d'orges mêlés. Les épis de ces céréales étaient emmêlés avec soin et esthétisme dans sa chevelure et formaient comme un diadème sur le haut de son front. Ces teintes estivales, cette myriade de dorées, faisaient ressortir les yeux ensorceleurs de la fée, des yeux d'un violet profond mais lumineux, des yeux d'améthyste. Ses lèvres, toujours d'un rouge marqué, souriaient, elles souriaient à la fin de l'été. Souriaient-elles à la fin d'une histoire ? D'un Amour ?
Pourquoi les tapisseries de Morgane étaient-elles toujours en opposition avec le cœur de Harry ? Pourquoi était-elle si heureuse sur ces tapisseries, pourquoi y faisait-il si bon alors que Harry était malheureux, qu'il avait si froid ? Il posa délicatement sa tête sur la tapisserie, son front sur l'épaule dénudée de la fée et expira lourdement. Il lui fallait y aller.
Il souleva lentement la tenture, avec une grande délicatesse, comme pour dire adieu avec respect à sa fée, et il ouvrit avec grande précaution la porte en bois qui se trouvait derrière. Il savait qu'il ouvrait cette porte pour la dernière fois.
Il referma sans bruit la porte derrière lui et s'appuya dessus comme pour y trouver le courage nécessaire, conscient pourtant que Morgane devait très certainement être déjà partie. Il tendit les mains, tremblant de la tête aux pieds, et toucha le mur. Ses mains prirent une teinte rosée, une teinte si chaudes alors qu'elles étaient gelées. Rien ne se produisit et il restait là, les mains collées au mur, la tête vide, le regard absent, attendant tout simplement.
Il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée, ou alors un instant peut-être seulement, depuis qu'il avait posé les mains sur le mur quand il sentit le vent froid se manifester sur son corps meurtri. Il ne sentit même pas le froid qu'il l'envahissait à chaque fois que le placard se fermait, son corps étant très certainement à présent un bloc de glace.
Il retira ses mains du mur et se retourna pour partir. C'était fini.
Un instant il crut entendre un murmure et sentir quelque chose l'agripper par le pull. Il se retourna vivement, et se maudit immédiatement de l'avoir fait. Vide. Bien sûr qu'il n'y avait rien derrière lui ! Comment aurait-il pu en autre autrement ? Toujours et encore du vide !
Harry se laissa tomber lourdement sur le sol, prenant appuis contre la porte. Il ramena ses genoux à son torse et les serra convulsivement. Comme il se détestait ! Bien qu'il n'avait cessé de se dire que l'homme du placard, l'homme qu'il aimait tant, ne viendrait pas, une partie de lui, folle, avait gardé l'espoir qu'il viendrait quand même. Qu'il lui donnerait quand même une chance vu tout ce qu'ils avaient partagé. Quel imbécile il avait ét ! N'avait-il pas été clair par ses gestes et par son mutisme la fois précédente ? Il ne voulait plus rien avoir affaire avec Harry ! Il devait le haïr à l'heure actuelle, il devait le détester pour ces moments passés ensemble. Il devait se sentir trahi, humilié, sali… Le seul sentiment qui devait régner en lui était le dégoût… Ou pire, l'indifférence… Oui… Il l'avait sûrement déjà oubli !
Harry se mit à pleurer. Il n'avait plus pleuré depuis la perte de son parrain, Sirius, qu'il chérissait tant. N'avait-il pas le droit d'être heureux, d'être chéri, d'être aim ? Cela lui était-il donc interdit ? Devait-il constamment perdre tous ceux qui lui importaient ? La vie était injuste avec lui ! Mais ne le savait-il pas déj ? Il s'en voulait d'être aussi faible, comme il se haïssait pour cela ! Pourquoi continuer à y croire ? Pourquoi continuer à se battre en vain ?
Des larmes amères coulèrent le long de ses joues sans qu'il en soit réellement conscient, sans qu'il y accorde plus d'intérêt. Pourquoi les essuierait-il ? Elles étaient la preuve flagrante de sa faiblesse, elles prouvaient à elles seules que sa vie ne valait rien, qu'elle ne signifiait rien, ni à lui, ni à personne.
Il resta là longtemps à pleurer en silence, laissant ses larmes couler, espérant qu'elles finiraient par se tarir pour toujours. Comment faisait-il pour avoir encore des larmes à verser après toutes celles qu'il avait déjà inondé ses joues ? Il ne se rendit même pas compte qu'il s'était endormi dans le placard, ses larmes coulant toujours dans son sommeil. Il ne prit pas plus conscience des bras chauds et réconfortants de sa fée qui se posaient sur lui comme sur un oisillon fragile. La fée déposa un baiser aimant sur le front fiévreux, meurtri et marqué à jamais, de son protégé.
Pourtant, dans son sommeil sans songes, Harry croyait qu'il était à nouveau seul. Il était persuadé maintenant qu'il le serait à tout jamais. Qui pourrait bien vouloir de lui ? Il ne lui restait plus rien. Il était vide. Il était détruit. Il était seul.
Voici donc la fin de ce nouveau chapitre… Alors ??? Qu'en avez-vous pens ??? Mon pauvre petit Harry… Mais pourquoi le faire souffrir ainsi ??? Pauvre petite chose qu'il est… TT
J'espère que vous serez tous de tout cœur avec lui et que vous serez là pour le soutenir !!!!
A bientôt !!!! ;)
Merci à tous ceux qui ont été lire ma fic de Yu-Gi-Oh et qui l'ont « reviewée » !!! C'est super gentil !!!
