Le mercredi, c'est Harry, voilà donc l'avant-dernière partie du deuxième chapitre.

Merci donc Philippe gryffondor, Lunenoire et Mary Cooper pour vos reviews. Ca fait toujours plaisir


Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous...



Ses yeux s'ouvrirent d'un coup. Il se sentait soudain alerte et pas le moins du monde désorienté. Cela lui prit un moment pour découvrir pourquoi il était dans la chambre de Ginny. Hermione n'était plus au lit avec lui. Elle était assise en tailleur sur l'autre lit, un air perplexe sur le visage, comme elle tournait les lourdes pages du livre sur ses cuisses.


« Hermione ? » chuchota-t-il. Il n'avait pas l'impression d'avoir toute sa voix.


« Mmm ? » dit-elle le regardant distraitement, puis elle eut l'air très contente qu'il soit réveillé. « Oh, Harry, regarde ce que j'ai trouvé ! » Elle se mit debout et porta avec effort le gros livre (Harry pouvait maintenant voir que c'était un album de photos) jusqu'au lit où il était. « regarde ! » dit-elle encore, commençant au début. Sur la page de garde de l'album se trouvaient deux photos magiques : un représentait Mr et Mrs Weasley avec petit bébé très roux, deux petits garçons de quatre et six ans se tenant devant eux devant un sapin de Noël. Les garçons les regardaient d'une drôle de façon. Le plus jeune essayait de se mettre un doigt dans le nez, et Mrs Weasley continuait à lui enlever la main de la figure. La légende manuscrite indiquait « Noël 1970, Molly, Arthur, Bill, Charlie et Annie. » L'autre photo montrait encore Mr, Mrs Weasley, Bill et Charlie, l'air un peu plus âgés maintenant. Il y avait aussi une petite fille avec des cheveux roux brillants, des yeux bleus, et ses couettes bouclées dansaient comme elle rebondissait sur les genoux de son père, tandis que sa mère tenait un bébé qui avait l'air un peu plus jeune que le bébé de la première image. La légende disait. « Molly, Arthur, Bill, Charlie, Annie et Peggy, Noël 1972. » Vingt-quatre ans plus tôt. Les filles sur la photo dans le bureau de Mr Weasley…


« C'étaient des sœurs ! » dit Hermione dans un souffle, comme si elle avait lu son esprit. Il acquiesça.


« Je peux voir… »


Ils tournèrent les pages de l'album, regardant les petites filles grandir, se raréfiant vers l'âge de sept ans. Les photos étaient principalement des deux filles, mais il y avait aussi d'autres portraits de famille : Mr, Mrs Weasley assis tandis que Bill et Charlie, à environ dix et douze ans, se tenaient à côté d'eux, les petites filles, d'environ quatre et six ans, agenouillées devant, tandis que Mrs Weasley tenait un bébé à l'air irrité avec des cheveux roux vif (encore plus que le reste d'eux). Il agitait ses bras, la légende les identifiant tous, y compris le fait que le bébé était Percy. Noël 1976.


« Où diable avez-vous pris cela ? »


Harry et Hermione sursautèrent. Quand il vit qui avait parlé, il était encore plus surpris. Il n'avait jamais entendu Mrs Weasley jurer. Après un moment, elle réalisa qu'elle ne se comportait pas comme d'habitude, et avait l'air d'essayer de se calmer. Elle lissa sa robe, qui n'en avait pas besoin, et dit d'une voix plus aiguë que d'habitude « Oh, je suis désolée, Harry, Hermione. Je montais voir comment cela allait, Harry. Que… Que faites-vous avec l'album photo de Ginny ? »


Hermione regarda Mrs Weasley dans les yeux avec sympathie. « Mrs Weasley… quand sont mortes Annie et Peggy ? » dit-elle doucement. Instantanément, Harry put dire qu'elle aurait souhaité qu'elle ne demande pas, car Mrs Weasley commença à pleurer et s'assit lourdement à côté de lui sur le lit.


« C'est justement cela… Elles ne sont pas mortes. »


« Mais… »


« Je sais, je sais. Tu as trouvé cela, et tu penses qu'elle sont mortes. Hé bien, c'est juste un petit peu plus compliqué que cela… »


Ils attendirent pendant qu'elle se mouchait et essuyait ses yeux. « Oh, mon Dieu » dit-elle finalement, comme il elle venait de se réveiller. « Je n'avais pas pensé à elle depuis si longtemps maintenant. Puis, à chaque fois que je me rappelle, c'est comme si cela arrivait encore… »


« Vous n'avez pas à en parler… » commença Hermione.


« Oh » dit soudain Mrs Weasley, plus fort que ce qu'elle avait parlé jusqu'à présent. « Mais je le veux. Ne vous inquiétez pas pour moi. Cela ira bien. Descendons à la cuisine, je vais nous faire un peu de thé, et tout vous expliquer… pour ce qui peut être expliqué… »


Harry et Hermione s'échangèrent un regard intrigué dans le dos de Mrs Weasley et descendirent à la cuisine. Elle avait été si distraite en voyant l'album photo (que Hermione avait avec soin replacé sur les étagères au-dessus du bureau de Ginny, où elle l'avait trouvé), qu'elle n'avait même pas mentionné le fait qu'il avait été sur le lit d'Hermione dans la chambre de Ginny, et pas sur son lit dans la nouvelle chambre de Ron.


« Où sont-ils tous ? » demanda Harry comme ils descendaient.


« Les jumeaux sont retournés à Pré-au-Lard avec Angelina et Lee. Bill est en haut et lit. Arthur a du aller au bureau pour un moment, et Draco aide Ron et Ginny à dégnomer le jardin. Nous aurons un peu d'intimité. »


Il acquiesça, se demandant pourquoi être en privé était important. Après tout, l'album photo était dans la chambre de Ginny. Elle savait sûrement ce qu'il y avait dedans.


Après avoir fait le thé, Mrs Weasley soupira et alla vers la fenêtre, tenant sa tasse et sa soucoupe. Elle se tenait en leur tournant le dos, regardant son jardin désordonné et prolifique. « Savez-vous quand Arthur et moi sommes nés ? » demanda-t-elle, puis elle n'attendit pas leur réponse. « Arthur est né en 1938, et je suis née en 1940. J'avais cinq ans et lui sept ans quand Dumbledore a battu Grindelwald et que la guerre des moldus s'est achevée. Même en étant si jeune, nous nous souvenons des célébrations… entre l'Angleterre moldue et de la sorcellerie, je pense que les fêtes et l'allégresse ont durées pendant un mois. C'était étrange aussi. Nous avions vécu toute notre courte vie jusque là immergés dans la peur et l'incertitude. Arthur et moi nous sommes originellement rencontrés quand nous étions assez jeunes. Comme beaucoup d'enfants moldus, nos parents nous ont envoyés dans le nord pour plus de sécurité, loin du Blitz et du ministère, qui était la cible de certaines des attaques de Grindelwald. Vous auriez dû voir le Chemin de Traverse, dévasté… Pas que je l'ai vu non plus, bien sûr. D'autres enfants me l'ont dit. L'apparence qu'il a aujourd'hui… La plupart de son style a l'air ancien, mais il a été reconstruit après la chute de Grindelwald. C'était ses gens, et non le Blitz qui ont fait cela.


« J'ai commencé à Poudlard en 1951. Arthur était en troisième année. Nous n'étions même pas amis jusqu'à ce qu'il ait presque fini sa septième année. Soudain, il a semblé me remarquer, et nous avons commencé à nous rencontrer à Pré-au-Lard parfois… »


« La plupart de notre cour a été faite par chouette postale, si vous pouvez le croire. Je sais que cela a l'air très innocent pour les jeunes gens d'aujourd'hui. Mais j'avais encore deux ans d'école avant de finir et il avait commencé à travailler au ministère… Puis, quand j'ai eu dix-huit ans, je suis allée travailler comme professeur à l'école du village à Pré-au-Lard. Beaucoup de familles de sorciers éduquent simplement leurs enfants à la maison, mais il y a quelques écoles à travers le pays pour ceux qui ne peuvent pas enseigner à leurs enfants, à cause du travail ou juste parce qu'ils préfèrent les envoyer à l'école, pour les habituer à être avec d'autres enfants, spécialement s'ils n'ont pas d'autres frères et sœurs. »


Elle se retourna vers eux, un timide sourire sur le visage. « Quand j'ai eu vingt-et-un an, Arthur est venu à l'école et m'a fait sa déclaration devant ma classe. Vous auriez dû voir cela. Seize paires de petits yeux, ronds comme des soucoupes, comme Arthur se mettait sur un genou et me suppliait de l'épouser. Comme si je n'allais pas dire oui… » Elle se colora, baissant les yeux. « Nous avons eu une sacrée vague de félicitations quand j'ai dit oui, vous pouvez me croire. Personne ne sait à quel point un petit de sept ans peut s'exciter. J'avais commencé avec les plus petits, mais alors, j'avais un peu changé. »


« Nous étions engagés depuis presque un an. Ma mère voulait assez de temps pour préparer le mariage. Je suis l'aînée de trois filles, et j'allais faire un merveilleux mariage… sauf que nous n'avions pas vraiment assez d'argent pour parler de la noce. Nous étions juste moi, mes sœurs Emily et Meg, et notre mère. Notre papa avait été tué dans la guerre moldu… Il avait pensé que c'était la plus grande menace, pas Grindelwald, et il n'était pas très bien considéré à cause de cela. Certain ont dit que c'était un traître. Mais Colm O'Connor était un homme bon et un bon sorcier. Maman a encore une recommandation et une médaille qu'il a reçu du bureau de la guerre moldu pour sa bravoure, mourant pour sauver les hommes qui étaient sous son commandement… Je suppose que nous nous sommes vraiment qualifiés pour le nom d' 'amoureux des moldus' dans cette famille. Mais j'arbore personnellement ceci comme un badge honorifique. Je me souviens du sacrifice que mon père a fait. Il n'avait à s'enrôler dans l'armée moldue, à se mettre en face de ces horribles balles et de ces grenades et à risquer d'être censuré par le ministère s'il faisait quoique ce soit pour aider l'effort de guerre moldu par la magie. Quand je pense à ce qui aurait pu arriver ici si la Grande Bretagne n'avait pas été du côté des gagnants… défaire Grindelwald aurait été bien en-deçà de la situation dans laquelle nous aurions été. »


Hermione et Harry la regardèrent. Harry déglutit, se souvenant avoir vu des films sur la Bataille d'Angleterre à l'école quand il était plus jeune. Il se posa des questions sur la famille de sa mère… Sa mère était née en 1960, tante Pétunia en 1954. Leurs parents devaient être nés vers 1934, ou peut-être plus tôt. Ses grand-parents ne devaient pas avoir été beaucoup plus vieux que les Weasley. Ils devaient avoir été des adolescents durant la guerre, ou s'ils avaient attendu d'avoir plus de vingt ans pour se marier et avoir leurs filles, ils avaient peut-être fait la guerre. Après tout, ils étaient des moldus. Harry regarda Molly Weasley, la voyant sous un tout nouveau jour. Il n'avait cependant toujours pas entendu parler des autres petites filles.


« Au moment où nous avions économisé assez d'argent pour le mariage, j'avais vingt-deux ans et Arthur en avait vingt-quatre. Nous étions ensemble depuis six ans. Aucun de nous n'avait jamais eu un autre petit ami ou une petite amie. Cela ne semblait pas si étrange en ces temps là. J'ai continué à enseigner après que nous nous soyons mariés, mais j'ai arrêté un an plus tard parce que nous attendions Bill… Après cela, j'ai juste voulu me concentrer sur être une mère. Démodé, oui, mais… Je suppose que je suis juste comme cela. »


« Beaucoup de gens, quand ils voient les grandes familles, peuvent penser qu'elles ont grandi de façon hasardeuse. Ils ne pensent pas qu'il y avait un planning. Arthur et moi avions tout planifié avec soin. Deux ans après nous être mariés, Bill était né. C'était le plan. Et nous voulions qu'il ait un petit camarade de jeu qui ne soit pas trop éloigné de son âge, alors deux ans plus tard, nous avions Charlie. »


« Alors, je n'étais pas prête à avoir un autre bébé après cela. J'avais deux petits en couches culottes qui avaient besoin que je leur fasse tout, et Bill faisait déjà beaucoup de magie accidentelle, même à l'âge de deux ans. En fait, Il avait un peu moins de deux ans quand Charlie est né. Il n'a jamais été question que Bill soit un cracmol. Je n'avais jamais entendu parler d'un enfant sorcier manifestant le type de magie qu'il faisait à un si jeune âge… Les autres furent plus faciles avec moi. »


« Arthur et moi pensions que quand Charlie a eu quatre ans et qu'il était assez vieux pour aller à l'école, ce serait le bon moment pour un autre bébé. Quand les garçons sont partis pour l'école où j'avais enseigné, le premier jour d'école de Charlie, s'il vous plaît, j'ai commencé mon travail ! Quand le bus les a ramené à la maison cet après-midi là, ils avaient une petit sœur, Annie… »


« Le bus ? » s'étonna Hermione. Harry voulait qu'elle retourne aux sœurs.


« Oh, oui. Il y a un bus qui apparaît dans le pays, ramassant les enfants qui vont à l'école de Pré-au-lard. Il fonctionne sur le même principe que le Magicobus. » Molly Weasley soupira. « Je confesse que j'ai encore plus aimé m'occuper d'une petite fille que des garçons. Ils étaient aussi devenus si… Je ne sais pas, comme de petits hommes. Ils ne voulaient pas que leur maman tourne autour d'eux. Même Charlie. Et Arthur et moi avons décidé d'essayer de faire la même chose que nous avions fait avec eux, avoir un autre bébé d'environ deux ans de moins, afin qu'ils soient presque du même âge. Et quand Annie eut juste passé son deuxième anniversaire de deux mois, Margaret était née. Nous l'avions nommée comme cela à cause de ma sœur Meg. Nous l'appelions Peggy. »


« Annie et Peggy s'adorèrent dès le début. La première fois qu'elle vit Peggy, Annie essaya de la prendre et de la tenir, comme une de ses poupées. Nous nous sommes demandés un peu ce que nous allions faire, continuer tranquillement à avoir des enfants comme si Vous-savez-qui n'avait pas terrorisé le monde de la sorcellerie pendant les deux années précédentes. Peut-être que nous ne voulions simplement pas le laisser décider de nos vies, décider de combien nous espacions nos enfants. Cela n'a pas été très long. Nous n'avons juste pas tenu compte de lui pour décider quoi faire. »


« Puis, quand Peggy avait trois ans et Annie cinq, Bill est parti à Poudlard. Annie et Charlie étaient à l'école de Pré-au-lard. Dans un an, Peggy serait assez âgée pour l'école aussi, alors nous fîmes ce que nous avions fait avant. Nous avons planifié d'avoir un autre bébé. Percy est né juste avant que Peggy ne commence l'école, et elle avait le cœur brisé. Elle a pensé que j'avais un remplacement pour elle. Je n'ai jamais oublié son visage quand elle est montée dans le bus scolaire. Elle avait l'air si petite et si perdue, et je n'avais d'autre choix que de me tenir là, tenant le bébé et lui faisant au revoir de la main, quand ce que je voulais vraiment était de la ramener à la maison, ravoir ma petite fille. »


« Une fois de plus, nous décidions d'avoir un bébé qui serait le compagnon du dernier. Nous voulions que le nouveau bébé naisse l'année des deux ans de Percy. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les jumeaux sont arrivés. Au lieu d'avoir un bébé qui serait un camarade de jeu pour Percy, les jumeaux se suffisaient à eux-mêmes. Vous savez comment sont les jumeaux, spécialement ces deux là. Pauvre Percy, il n'a jamais vraiment eu quelqu'un qui soit son ami à cause de cela. Et ensuite, même très, très jeune, Fred et George s'avérèrent avoir un sens de l'humour très malicieux, et leur victime favorite était Percy. »


Elle se retourna vers eux, alla à la table et s'assit. Elle posa son thé et mit ses mains sur la table, devant elle, très soigneusement. « Nous avions fini d'avoir des enfants. Nous en avions sept, cinq garçons et deux filles. J'avais assez de travail sous la main avec une bambin qui commençait à marcher et deux bébés, tous portant encore des couches. Nous n'avions pas l'intention d'avoir plus d'enfants. Nous avions notre famille. »


Elle déglutit et regarda Hermione et Harry. « C'était en 1978, l'année où sont nés les jumeaux. Puis, un an plus tard, durant les vacances de Pâques des enfants… » Sa voix s'éteignit. « Je sais qu'ils se tiennent pour responsables. Bill et Charlie. Spécialement Bill. Je sais que c'est pour cela qu'il a tout laissé tomber pour venir ici depuis l'Égypte, pour cela qu'il a mis sa propre vie en attente, pour s'assurer que Vous-Savez-Qui et les Mangemorts ne vont pas… Je l'ai entendu dire à Charlie qu'il avait des cauchemars où il arrivait ici d'Égypte et trouvait la Marque des Ténèbres au-dessus de la maison. » Harry déglutit. Il connaissait les cauchemars…


« J'essaye de ne plus le harceler pour qu'il s'établisse, qu'il se marie et ait des enfants. La dernière fois remonte à des années, il voyait une gentille fille, il avait environ vingt-six ans. Un bon âge pour se marier lui ai-je dis, pour qu'il puisse commencer à avoir des enfants avant trente ans. « Pourquoi » m'a-t-il dit « voudrais-je avoir des enfants ? Je serais un père lamentable… »


« J'ai discuté avec lui pendant un moment avant de réaliser qu'il parlait d'Annie et de Peggy, et à quel point il se blâmait. J'ai essayé de le rassurer, de lui rappeler qu'il avait seulement quinze ans et Charlie treize ans… Mais je pense que c'est quelque chose qu'il n'a jamais vraiment surmonté. Après la réaction de Bill, bien sûr, j'ai évité de parler à Charlie de mariage et d'enfants. Il n'était pas l'aîné, mais il semblait se blâmer autant que Bill… »


« Que s'est-il passé ? » chuchota Hermione. Molly leva les yeux, croisant son regard.


« Vous savez, nous avions l'habitude de simplement laisser les enfants descendre la route jusqu'au village quand ils voulaient. Arthur avait l'habitude de prendre les enfants au travail. Une fois, alors que Bill avait douze ans, Charlie dix, Annie six et Peggy seulement quatre, il les a pris tous les quatre. C'était quand Percy est né, et que j'avais besoin qu'ils ne soient pas à la maison. J'étais complètement débordée, alors il les a pris au travail pour la journée. Ils ont pris la cheminette jusqu'au Chemin de Traverse, pris le métro jusqu'à Westminster. Si Percy n'était pas né si tôt, je ne les aurais pas fait prendre à Arthur, ils auraient été à l'école. Mais c'était la fin de l'été et ils ne rentreraient pas à l'école avant encore une semaine. Alors il me les a pris. »


« En tous cas… Quand Bill avait quinze ans et Charlie treize, ils étaient à la maison pour les vacances de Pâques. Annie avait neuf ans et Peggy sept ans. Percy avait trois ans et les jumeaux n'avaient qu'un an, mais me distrayaient beaucoup. Bill était un garçon si gentil… Il se porta volontaire avec Charlie pour prendre les filles au village pour jouer dans le parc. Il y avait des balançoires, une mare pour les courses de bateau, et d'autres enfants avec qui jouer… J'étais si reconnaissante. Tout ce que je pouvais penser était qu'il y avait trop d'enfants dans la maison ! Après ce jour, je n'ai jamais repensé cela… »


« Bill et Charlie ont dit qu'ils n'avaient aucune idée de comment c'était arrivé. Ils avaient dit qu'à un moment, les filles se balançaient côte à côte tandis que Bill et Charlie jouaient à la balle avec quelques garçons du village qui leur avaient demandé de jouer avec eux, et l'instant d'après, les balançoires étaient vides, juste continuant à se balancer en avant, en arrière, en avant, en arrière. Ils n'en ont rien pensé d'abord. Ils ont juste cru qu'elles avaient rencontré quelques autres petites filles pour jouer à la poupée. Alors Bill a envoyé Charlie faire le tour des sentiers du parc pour voir s'il les trouvait, juste pour savoir. C'est encore un parc adorable, mais je n'y ai pas été depuis des années. Je n'ai pas été capable de le contempler… Je pense que je passerais simplement tout le temps à errer ici et là, espérant encore les trouver, comme si je pouvais découvrir un endroit où les garçons n'avaient pas pensé à regarder. Bien, les garçons et chaque sorcier du ministère que Arthur avait pu mettre là-dessus…


« Charlie n'avait pas pu les trouver, alors il vint chercher Bill. Bill n'était pas spécialement soucieux. Elles pouvaient avoir eu en tête de revenir toutes seules à la maison, d'après lui, ou être allées à la maison d'une nouvelle petite amie pour jouer à la dînette ou quelque chose comme cela. Après que quelques heures aient passé, Bill savait qu'ils étaient attendus à la maison. Lui et Charlie avaient peur de rentrer à la maison sans elles, m'ont-ils dit plus tard. Ils sentaient qu'ils ne pouvaient pas se fier aux autorités moldues. Si la police avait voulu venir à la maison, ou demandé ce que faisait Arthur comme métier… Puis ils ont pensé que les petites chipies devaient déjà être rentrées à la maison et qu'ils paniquaient pour rien. »


« Alors ils ont finalement décidé de rentrer à la maison seuls, rentrant et disant « D'accord, espèces de petites terreurs ! Où êtes-vous ? » Je leur ai demandé où étaient les filles, et ils ont eu l'air choqués qu'elles ne soient pas là. Arthur était alors rentré du travail, et il redescendit à Ottery St. Catchpole avec les garçons, passant au peigne fin chaque pouce du parc, frappant aux portes… Il appela tous ceux de son service au ministère, et soudain, il y avait vingt sorciers parcourant le village, utilisant des sorts variés pour regarder à l'intérieur des maisons des gens pour essayer de trouver Annie et Peggy. »


Elle soupira et posa sa joue sur sa main. « Ils n'ont jamais rien trouvé. Pas un ruban, pas même le petit ours que Peggy emportait partout. Nous n'avons jamais su ce qui leur était arrivé. C'était deux ans avant la chute de Voldemort, alors cela pourrait avoir été des mages noirs… Mais nous ne savons pas si ce n'étaient pas des moldus, quelqu'un… quelqu'un qui aimait les petites filles… » Elle frissonna et mit son visage dans ses mains, pleurant en silence, tandis que Harry déglutissait et essayait de ne pas être malade. Il haïssait contempler le type de personne qui faisait de telles choses, et leurs raisons. On en entend parler au journal, mais jamais dans les détails atroces. Il pouvait simplement pas supporter d'y penser.


Elle essuya ses yeux. « Oh, les larmes que j'ai versées sur elles. J'avais une telle plaie dans mon cœur, où qu'elles aient été. Charlie et Bill étaient de retour à Poudlard, se sentant tous les deux terribles, et je devais m'occuper des jumeaux et de Percy, mais tout ce à quoi je pouvais penser était mes deux petites filles chéries. Quand les garçons furent de retour de l'école fin juin, j'ai parlé à Arthur d'essayer d'avoir un autre bébé. Les filles avaient disparu depuis plus de deux mois, et tout était morose et désespérant. Je lui ai dit 'Oui, je sais que nous avions dit que nous avions fini, et oui, j'aurai quarante ans l'an prochain, mais c'est pourquoi cela doit être maintenant ! Je n'ai plus beaucoup de temps…


Elle soupira profondément. « Je ne sais pas si je pensais qu'avoir un autre bébé serait comme une espèce de sortilège ou de potions, afin que les filles rentrent soudain à la maison après qu'il soit né et disent « Tu as essayé de nous remplacer, n'est-ce pas ? Hé bien nous voilà ! » Sauf que bien sûr, cela ne s'est pas produit. Et puis… Oh, je me sens horrible pour cela, mais je ne pouvais m'empêcher de penser à ce moment… quand Ron est né, j'étais si déçue. J'aurais espéré avoir une autre fille. J'avais déjà cinq garçons. Simplement deux mois plus tard, je… » Elle rougit maintenant, surprenant Harry. « Je me suis débrouillé pour concevoir encore. Je savais que je ne devais pas vieillir beaucoup plus pour avoir d'autres enfants. Quelques sorcières osent avoir des enfants quand elles ont cinquante ans ou plus. Mais c'est plus dur, sans mentionner l'idée de courir après un gamin à cet âge… Ainsi, le printemps suivant, Ginny était née, et j'avais finalement à nouveau une petite fille. J'étais contente, mais… bien sûr, rien ne pouvait remplacer Annie et Peggy… »


La voix d'Hermione trembla quand elle demanda à Mrs Weasley. « Ron n'est pas au courant, n'est-ce pas ? Il semble penser que les filles étaient ses cousines, et qu'il ne les voit plus maintenant qu'elles ont grandi. »


Elle secoua la tête. « Non, il ne sait pas. Penses-tu que je veuille lui dire que j'étais déçue qu'il ne soit pas une fille quand il est né ? Il n'est certainement pas une déception pour moi maintenant, vous le savez, n'est-ce pas ? C'est un garçon formidable… Je ne voudrais pas qu'il pense que j'ai jamais pensé autrement. Percy et les jumeaux étaient assez vieux quand ils ont découvert. Et Percy en particulier ne l'a pas bien pris, parce qu'il était assez vieux pour avoir quelques bribes de mémoires d'elles, et m'avait posé des questions sur elles une ou deux fois. Je lui ai aussi donné la version des cousines jusqu'à ce qu'il sorte de l'école. Après que je lui ai dit, il n'a pas passé beaucoup de temps à la maison, commençant à porter Barty Croupton au pinacle et restant tard au travail. Il a été un peu mordant avec moi pendant un temps. Alors j'ai décidé de le dire aux jumeaux avant qu'ils commencent leur septième année. Ils l'ont en fait assez bien pris… »


« Quand l'avez-vous dit à Ginny ? » bégaya Harry, haïssant penser à la pauvre Ginny apprenant pour ses sœurs disparues, qu'elle était née pour les remplacer…


Elle soupira. « C'était inévitable. Après que nous soyons venus à Poudlard dans sa première année… quand nous pensions qu'elle était morte dans la Chambre des Secrets… Je la tenais serrée dans le bureau du professeur MacGonagall, pleurant comme une femme folle. J'étais tellement contente qu'elle aille bien ! Et je ne pouvais m'empêcher de dire 'C'était encore comme pour Annie et Peggy…' »


« Bien sûr, elle ne savait pas ce dont je parlais. Je le lui ai expliqué, en pleurant tout le temps, et puis la petite chose me tenait et me réconfortait, me disant que tout allait bien, que bien sûr c'était normal que je réagisse de cette manière… » Elle sourit et secoua la tête. « Ginny m'a toujours surprise, depuis le jour où elle est née. J'aurais dû savoir qu'elle le prendrait bien. Je lui ai montré les images de ses sœurs quand nous sommes rentrés à la maison en été. Elle a tout d'elles maintenant. C'était ce que vous regardiez. Je l'ai laissée prendre l'album à l'école avec elle. Après la naissance de Ron, j'avais pris toutes les photos avec les filles et les avait mises dans un album à part, au lieu de les mélanger avec les photos des garçons. Arthur a juste celle pendue dans son bureau. Il n'a pas voulu la laisser, a-t-il dit. Il voulait les voir, se souvenir d'elles tous les jours. Après l'avoir dit à Ginny, je lui ai donné l'album. Je n'avais pas vraiment besoin des photos. Je pouvais voir les filles à chaque fois que je voulais, juste en fermant les yeux. »


Hermione renifla et Mrs Weasley lui tendit un mouchoir. Elle se moucha bruyamment et essuya ses yeux. « C'est simplement terrible, Mrs Weasley. Je veux dire, papa et maman… Je ne suis pas sûre que je devrais dire cela, mais ils ont eu trois fausses couches avant que je naisse. Maman avait peur de sortir du lit tout le temps qu'elle me portait. Et elle a eu deux autres fausses couches quand j'étais jeune, en essayant de me donner des frères et sœurs. Maman et papa…. Ils appellent en fait tous les autres bébé. Ceux qui ne sont jamais nés. C'est un sentiment très étrange que d'avoir ces presque membres de la famille. Mais ce n'est pas la même chose que pour Annie et Peggy. Elles étaient nées. Vous les connaissiez… Je suppose que c'est pour cela que maman ne me perdait jamais de vue lorsque j'étais plus jeune… Heureusement, elle a surmonté cela, sinon je n'aurais pas pu aller à Poudlard. »


Harry n'avait jamais su que les parents d'Hermione avaient eu de telles difficultés à créer une famille. Molly mit sa main sur celle d'Hermione maintenant, faisant un signe de la tête. « J'ai fait la même chose. Après la disparition d'Annie et Peggy, nous avons arrêté d'envoyer les enfants à l'école de Pré-au-Lard quand ils en avaient l'âge. Je leur enseignais ici, à la maison. J'avais été une enseignante après tout, pendant presque six ans. Mais j'ai aussi fait planter à Arthur cette grande haie autour du jardin, et j'ai interdit aux enfants de descendre au village à moins qu'ils soient avec moi ou avec leur père. Aucune d'eux n'est ensuite retourné dans le Londres moldu, ou allé au ministère. Juste au Chemin de Traverse, pour les fournitures scolaires. L'idée qu'ils aillent à Londres me rendait trop nerveuse. Je pensais que ce serait trop difficile de suivre leur trace dans le métro. Je les ai gardé aussi près de moi que possible. J'étais une telle épave quand Ginny est allée à Poudlard et puis que nous avons entendu ce qui se passait à l'école, et quand le directeur nous a contacté et nous a dit que Ginny était dans la Chambre… »


Elle couvrit sa bouche de la main. Hermione regardait la table, déglutissant. Harry acquiesça, comprenant. Il avait pensé que Ginny était morte, aussi, et il s'était senti terriblement mal… Il ne pouvait pas imaginer comment avait du se sentir Mrs Weasley, après avoir déjà perdu ses deux autres filles.


Ils sursautèrent tous quand la porte de la cuisine s'ouvrit soudain et que Ron et Ginny entrèrent, suant et riant.


« Tu as vu le dernier ? » demanda Ron à sa sœur, à bout de souffle.


« Celui qui faisait de vilains gestes comme tu le projetais par-dessus la clôture ? Oui. Et je te remercierai d'arrêter de faire le même geste à Draco… »


Juste à ce moment, Malfoy rentra, l'air fatigué mais joyeux. « Quelle affaire ! » dit-il d'un air satisfait, se jetant dans une chaise à table. « Sacrément beaucoup » Il croisa le regard de Mrs Weasley. « Je veux dire, une sacrée quantité de fun en plus par rapport au jardinage moldu que nous avons fait, Potter. Très satisfaisant, quand on envoie voler ces petits parasites dans les airs… »


Ron riait. « Tu aurais dû voir le dernier que Malfoy a eu, Harry. Une super grosse tête, comme citrouille sur laquelle on se serait assis… »


Harry n'écouta que d'une oreille les histoires de dégnomage. Il regarda Mrs Weasley et pensa à Sam et Katie. Tant de familles déchirées. Est-ce que Peggy et Annie Weasley avaient été enlevées par un sorcier ou des moldus ? Il souhaitait savoir. Il regarda Ron qui parlait. Ayant vu comment était Ron pour son seizième anniversaire, quand il avait appris la relation entre Harry et Hermione, Harry ne portait pas beaucoup d'espoir qu'il le prenne bien quand il découvrirait finalement pour ses sœurs. D'un autre côté, la manière dont Ron répondait pour un rien faisait que les gens voulaient rarement lui dire les choses qui allaient sûrement le mettre en colère.


Harry se sentait en fait bien reposé après la sieste sous somnifère, et il rit avec les autres durant le dîner et après, souhaitant qu'il y ait plus de temps à passer au Terrier au lieu de devoir aller à King's Cross le lendemain pour prendre le Poudlard Express. La nuit du dimanche, il y aurait la fête de bienvenue, puis le lundi matin, tôt, il commencerait sa sixième année à l'école. L'école. Rogue. Est-ce que Rogue allait bien ? Serait-il là pour le premier jour du trimestre ? Si non, qui enseignerait les potions ?


Après dîner, ils se prélassaient dans le salon tandis que Ron et Malfoy aidaient Mrs Weasley à nettoyer les choses du dîner. Mr Weasley était déjà monté au lit. Il semblait qu'avoir joué au Quidditch plus tôt dans la journée l'avait achevé. Ginny bavardait avec Hermione et Harry, spéculant sur ce que serait le trimestre à venir pendant qu'ils la regardaient avec sympathie. Cela commençait à l'énerver, pouvait voir Harry. Elle fronça les sourcils comme si elle se demandait pourquoi ils la traitaient comme une enfant. Hermione allait lui expliquer, quand Ron rentra à grandes enjambées dans la pièce, les grandes jambes la traversant rapidement, ses grands pieds frappant le plancher, faisant trembler les photos encadrées. La bouche d'Hermione était encore ouverte. Elle la ferma soudain, puis chuchota à Harry « Garde le occupé. Je vais dire à Ginny que nous savons. » Elle se leva pour partir, prenant Ginny par le bras et la tirant vers les escaliers Ginny avait l'air encore plus embêtée, mais elle leva les sourcils à destination de Ron et haussa les épaules comme elle partait.


Ron se jeta dans un grand fauteuil en cuir usé, et Argent bondit sur sa cuisse et miaula bruyamment, demandant à être caressé. Harry resta où il était, sur le canapé. Étant donné que Hermione lui avait dit occuper Ron, il avait soudain la langue liée, et il n'avait absolument aucune idée de comment faire cela. C'était comme s'il venait de rencontrer Ron et qu'il ne savait pas quels sujets de conversations pourraient l'intéresser.


« Tu veux jouer aux échecs ? » demanda Ron négligemment, brisant le silence. Il continua à caresser le petit chat aux rayures argentées.


« Certainement. » Harry se leva pour attraper l'échiquier sur l'étagère à côté de la cheminée, tirant une table basse entre son canapé et le fauteuil de Ron. Ils étaient silencieux et ils mirent en place leurs pièces, puis commencèrent à jouer en silence. Ron laissa les blancs à Harry.


Ron avait une pile de pièces capturées à Harry, et Harry en avait quelques unes de Ron. C'était calme (à part les pièces de Harry critiquant ses décisions) depuis si longtemps que Harry sursauta quand Ron parla, tellement il fut surpris.


« Harry » dit-il soudain. Harry le regarda. « Tu sais que tu dois le faire, n'est-ce pas ? Parce qu'elle ne le fera pas. Bien… elle ne peut pas. Je veux dire, tu te souviens de Viktor Krum. Et du retourneur de temps. »


Harry se souvint que Ron avait essayé de lui parler une paire de fois chez Mrs Figg, le jour de son anniversaire. Était-ce ce qu'il voulait lui dire ? Il pouvait dire que Ron parlait d'Hermione, mais c'était tout. « De quoi parles-tu ? » voulut-il savoir.


« De rompre avec Hermione. »


Harry secoua sa tête. Il pensait qu'il entendait de travers. « Quoi ? Pourquoi est-ce que je romprais avec Hermione ? »


« Parce que tu n'es pas amoureux d'elle. » Harry s'étonna encore. Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait.


« Quoi ? » dit-il encore. « Je… J'aime Hermione. » bégaya-t-il d'une voix tremblante, même s'il réalisait qu'il ne l'avait jamais dit avant.


« Je n'ai pas dit que tu ne l'aimais pas. Bien sûr que tu l'aimes. Et je vous aime tous les deux et elle nous aime tous les deux. Nous sommes amis, nous nous aimons. C'est différent. J'ai dit que tu n'étais pas amoureux d'elle. »


« Je… Je suis… » Harry essaya de commencer des phrases avec aucune idée sur quoi dire après le premier mot. Il prit une grande inspiration et essaya une approche différente. « Est-ce que tu me dis que tu m'as convaincu de ne pas la repousser après la mort de Dudley afin que je puisse rompre avec elle maintenant, tout cela parce que selon toi, je ne l'aime plus ? »


« Cela n'implique pas que j'ai jamais pensé que tu étais vraiment amoureux d'elle. Bien, ce n'est pas vrai… A un moment, j'ai cru que tu l'étais, et j'ai cherché des choses pour étayer cette idée. Je voulais le croire, vraiment. Mais la preuve n'était simplement pas là. »


Harry prit un grand plaisir à prendre un des pions de Ron, ayant un frisson par procuration de la taloche que lui donnait son cavalier. « Alors tu essayais de nous garder ensemble pourquoi ? »


Ron lui prit calmement le même cavalier avec sa tour. « A ce moment, c'était parce que tu avais besoin d'elle. Quelle que soit la base de tout cela, tu avais besoin d'elle, et elle avait besoin de savoir que tu ne la blâmais pas pour Dudley. Cela aurait été le pire moment possible pour rompre. »


« Et à ton humble opinion, quelle est la base de tout cela ? »


« Bien… je vais te le dire dans une minute. Laisse-moi commencer petit à petit pour que tu saisisses. » Ron se pencha en arrière, oubliant la partie d'échec pour un moment, caressant Argent, confortablement posé en boule sur sa cuisse. « Tu te souviens de la troisième année, quand elle allait à tous ces cours simultanément, en utilisant le retourneur de temps ? »


« Qu'est-ce que cela vient faire ici ? Et elle a dit que si nous lui disions encore qu'elle nous avait caché cela, elle nous enverrait un sortilège pas piqué des vers. »


« Ce n'est pas qu'elle ne nous l'ait pas dit. Elle n'était pas sensée. Le point est qu'elle a commencé avec quelque chose qui lui semblait logique, et quand elle a découvert qu'elle avait tort, elle n'a pas pu l'admettre. Elle a frappé Malfoy, pas que je ne l'ai pas soutenue pour cela, mais ce n'est pas ce que fait Hermione, et elle a crié sur un professeur. Bien sûr, c'était Trelawney, mais elle reste un professeur. Il a pratiquement fallu qu'une foutue maison tombe sur elle avant qu'elle comprenne qu'elle n'était pas une fichue immortelle, qu'elle avait besoin de dormir, de pauses, et de toutes ces choses normales qui nous maintiennent tous sains. » Harry vacilla, se demandant à quand remontait la dernière fois que Ron avait passé une nuit normale… « A la fin de l'année, elle n'était définitivement plus saine. Et tout cela s'est produit parce qu'elle a fait quelque chose qu'elle considérait comme logique et qu'elle ne pouvait pas admettre avoir tort. »


« D'accord » dit-il de mauvaise grâce, encore énervé quant à l'affaire du sommeil. « Bien. Tu as fait ton point sur le retourneur de temps. Mais qu'est-ce que cela a à faire avec Viktor, ou moi, puisque c'est la question ? » Harry avança vicieusement sa dame en avant, mettant le fou de Ron en péril.


« Je n'essaye pas de faire le point sur le retourneur de temps, Harry. » Maintenant, la reine de Ron prenait celle de Harry. « C'est un motif. D'accord, ensuite… Viktor Krum. Elle reste cloîtrée dans la bibliothèque, il la remarque et pense 'Bien. Il y a quelqu'un avec un vrai cerveau dans sa tête. Elle ne me tourne pas autour et ne pouffe pas insupportablement.' Je veux dire, elle a des tonnes de bon sens en plus par rapport à la plupart des filles sur comment se comporter avec un garçon. Et elle n'a plus été folle des stars depuis Lockhart. Je suppose que ce crétin étant un imposteur l'a guérie pour cela. »


« Et… » dicta Harry, parcourant l'échiquier à la recherche d'un mouvement qui ne le condamnerait pas. Il ne vit rien de prometteur.


« Et il a commencé à essayer de mieux la connaître, et elle pense 'Merci, quelqu'un qui remarque finalement que je suis une fille.' Nous, bien sûr, étions de complets crétins pour cela, alors elle avait parfaitement raison. Je le vois maintenant. Et cela lui semble logique encore. Juste comme elle pensait probablement mériter le remonteur de temps, elle a probablement pensé qu'elle méritait Viktor Krum. Tu sais, juste parce que c'est elle. Elle n'a pas pensé qu'il avait pour elle des sentiments qu'elle ne partageait pas. C'était juste un détail en désordre. Elle ne pouvait pas admettre qu'elle avait tort d'être avec Viktor Krum jusqu'à ce qu'elle soit enlevée et rendue, et qu'il s'avère qu'il avait quelque chose à voir avec cela. »


« Il était sous Imperius. »


« Oui, mais bon. C'était la deuxième maison qui avait besoin de lui tomber sur le tête. Elle n'a même pas pu rompre proprement avec lui. Alors tu es arrivé avec le Plan Viktor Krum, et même quand cela a marché, elle ne pouvait toujours en finir et voir de quoi cela aurait l'air. C'était au printemps. Et elle flirtait avec toi depuis… quand était-ce ? »


« Octobre » marmonna Harry, prétendant seulement fixer l'échiquier à la recherche de mouvement maintenant.


« Depuis Octobre. » Ron fit une pause. « Le retourneur de temps… logique pour elle. Viktor Krum… logique pour elle. Mais elle avait tort les deux fois. Et s'il y a une chose pour laquelle Hermione est terrible, à part le Quidditch, c'est bien d'admettre qu'elle a tort. »


« Alors tu dis que Hermione est avec moi parce qu'elle pense que c'est logique ? Mais qu'elle a tort et qu'elle a besoin qu'une troisième maison lui tombe dessus ? »


« Exactement. »


« Tu m'as perdu quelque part. Quelle est la part de la logique ? Parce qu'en partant du premier moment où j'ai vu la photo qu'elle m'a envoyée avec ma carte d'anniversaire, la logique n'a pas joué un très grand rôle dans cela pour moi. »


« Tu es le type. Tu as vu cette photo et depuis, tu as pensé avec tes… »


« Ron… » avertit Harry.


« …hormones. La part de la logique est à de nombreux autres niveaux. Un, tu es le fameux Harry Potter. Avec qui va-t-elle être après le célèbre Viktor Krum ? Deux, tu es son ami. Je pense qu'elle voulait faire quelque chose de différent d'avec Krum. De plus, tu ne mutiles pas son nom. Mais mon point est … elle est Hermione Granger, sorcière la plus intelligente, née de moldus ou pas, à être à Poudlard depuis un bon moment. Elle a un peu un problème de titre, Hermione. Elle se sent titrée d'être avec toi, et le fait que vous deux ne soyez pas amoureux ne compte simplement pas. Puis par-dessus cela, elle a été kidnappée et on lui a administré cette potion. Alors après cela, elle a magiquement été obligée d'être après toi aussi. »


« Mais nous n'avons pas… tu sais… jusqu'à ce que l'effet ait disparu. »


« Mais vous deux ne seriez probablement pas allé aussi loin que ce que vous avez fait si ce n'avait pas été cette potion. Puis, après que l'effet ait disparu, et après qu'elle ait appris pour cette potion par Lucius Malfoy, elle devait rester sur la même route parce qu'elle ne pouvait simplement pas admettre que la potion avait eu un effet sur elle. Elle ne voulait pas le croire. Elle devait rester avec toi à ce moment là, pour sa propre santé. »


Harry ricana. « Je crois que c'est la première fois qu'on m'accuse d'être bon pour la santé de quelqu'un. »


« Elle n'a pas aimé se sentir manipulée, Harry. Elle aime avoir le sentiment qu'elle tient les rênes tout le temps. J'ai pu voir à quel point elle était secouée, quand nous étions dans la forêt et que Malfoy expliquait la potion. Une fois encore, elle pensait faire quelque chose de logique, mais elle ne pouvait pas admettre avoir tort. Tu dois être fort, Harry. Tu dois rompre. Elle ne peut pas et ne le fera pas. »


Harry lui fronça les sourcils. « Je peux dire que tu as pensé à cela, mais cela ne signifie cependant pas que tu aies raison. Et ce n'est pas comme si tu étais un observateur désintéressé, n'est-ce pas ? Rien à gagner si nous rompons ? » Il foudroya Ron du regard, accusateur, mais Ron maintint un masque de complète innocence.


« Écoute, Harry, j'ai fait une faute avec Parvati. Je pensais d'abord que je ne voulais pas être avec une fille que je n'aimais pas complètement. Mais c'était assez difficile de rester si haut d'esprit quand quelqu'un comme Parvati était après moi. Alors j'ai pensé, OK, où est le mal ? Qui dit que chaque personne avec qui tu sors doit être quelqu'un avec qui tu penses que tu vas pouvoir rester jusqu'à ton dernier jour ? Pourquoi ne peut simplement pas sortir avec quelqu'un pour mieux le connaître ? Et puis il s'est avéré que ses hormones la rendaient folle et qu'elle voulait plus que sortir avec moi. Cela m'a fait peur. Je veux dire.. c'est différent. Ce n'est pas juste sortir ensemble. Cela pourrait lui faire penser que j'avais des sentiments pour elle que je n'avais pas. Aussi tentant que cela était, j'ai résisté un temps. Ce qui a commencé à lui faire croire qu'elle était repoussante ou quelque chose comme cela. Je ne pouvais pas gagner. Et ces Serdaigles… »


« Tu aurais du voir ta tête… »


Ron acquiesça. « Je souhaite simplement… J'aurais souhaité avoir eu pour elle les sentiments qu'elle voulait que j'aie. C'est quelqu'un de bien Parvati. Et quel que soit le gars qui sera avec elle, il sera sacrément chanceux. »


« Alors tu changes d'avis sur l'explication la-logique-et-Hermione-ne-veut-pas-admettre-avoir-tort quant à ce pour quoi nous sommes ensemble ? »


« C'est ce pourquoi elle est avec toi. Le côté hormonal est ce pour quoi tu es avec elle. »


Harry fronça les sourcils. « Bien, j'ai réussi à lui résister pendant quelques temps, n'est-ce pas, pour quelqu'un d'aussi hormonalement agité que ce que tu dis. »


« J'ai résisté à Parvati aussi. Je dis que tu as finalement cédé à cause des hormones. »


Harry fixait encore l'échiquier. Et si Ron avait raison ? Et si…


« Bien sûr, il y a une autre chose avec toi qui n'a rien à voir avec Viktor Krum ou le retourneur de temps. »


« Qu'est-ce que c'est ? » Harry ne put enlever le mécontentement de sa voix.


« Hé bien, il est possible que Hermione ait d'abord commencé à être après toi à cause de Tu-Sais-qui qui a récupéré son corps. »


« Explique-toi ? »


« Elle t'a embrassé sur le quai du train, puis t'a envoyé cette photo. Tout avant la Bulgarie. Penses-y. Je veux dire combien de fois crois-tu que Trelawney ait prévu ta mort ? »


« Qu'est-ce que Trelawney a à voir avec cela ? Cela fait probablement plus de cent fois maintenant. J'ai prédit ma propre mort à plusieurs reprises, quand j'ai fait des diagrammes stellaires. Elle pensait que j'étais merveilleusement stoïque, tu te souviens ? Quelle rigolade… »


« Mon point de vue est qu'elle se sent assez en sécurité de prédire ta mort parce qu'elle pense probablement qu'elle l'aura prédit à un moment ou un autre, et elle pourra montrer la prédiction deux mille trente-sept parmi les quatre mille et dire 'aha ! Je le savais !'. Je veux dire, si l'on devait choisir à Poudlard la personne avec la plus longue espérance de vie, ce ne serait certainement pas toi. »


« C'est simplement super d'entendre cela de la bouche de mon meilleur ami ! » Harry se mordit les lèvres et essayer de calmer sa respiration.


« Oh, allez Harry ! Je ne dis pas que cela va forcément arriver. En fait, plus le temps avance, moins cela semble probable. Tu es un Animagus maintenant, tu ne sens pas la douleur, même du sort du Cruciatus, et ta technique de duel est étonnante, aussi longtemps que tu es extrêmement suspicieux quant à la personne contre laquelle tu te bats. Je crois que c'est pour cela que Neville t'a battu aussi. Bien que l'effet de cette potion soit probablement ce qui a aidé le plus. Mais tu ne peux pas me dire qu'il y a un an, même toi tu ne te demandais pas combien de temps il te restait à vivre. Je veux dire, tu as vu Cédric mourir. Vivant à un instant, et plus celui d'après… »


Harry sentait son cœur battre de plus en plus vite. « Est-ce que tu essayes de me dire » dit-il à travers ses dents « que tu penses que Hermione est avec moi parce que je pourrais mourir bientôt ? Parce que j'ai une grosse cible sur moi ? »


« Bien, je ne le dirais pas vraiment comme cela… »


« Oh ? » dit Harry plus fort, de plus en plus en colère. « Comment le dirais-tu ? J'ai une espérance de vie de zéro, alors elle a pensé qu'elle allait me tirer avant de pouvoir être accusée de nécrophilie ? »


« Harry tais-toi ! » lui siffla Ron. « Avant que quelqu'un n'entende… »


« Cette conversation est terminée ! » l'informa Harry. Il sortit furieux de la salle, essayant de s'éloigner autant que possible de son meilleur ami. Correction, pensa-t-il. Mon ex- meilleur ami. Puis il pensa à quelque chose, et se retourna sur ses talons, revenant dans le salon. »


« Et autre chose… »


« Je pensais que la conversation était finie. »


« Autre chose » répéta Harry, l'ignorant. « Je pense qu'à partir de maintenant, mon meilleur ami sera… sera Draco Malfoy. Voilà ! qu'est-ce que cela te fait, ancien ami ? »


« Harry… »


« T'es tu entendu ? » demanda Harry. « as-tu écouté ce que tu disais ? Comment peux-tu prétendre être mon ami et dire de telle choses ? »


Ron le regarda avec tristesse. « Harry, c'est parce que je suis ton ami que je peux le dire, que je dois te le dire. Tu dois rompre avec Hermione parce qu'elle ne le fera pas. C'est simple. »


« Oh, oui, c'est simple. Je dois rompre avec elle pour te rendre les choses faciles, Weasley. Pas de putain de danger. »


Harry n'avait jamais parlé ainsi à Ron avant. Il n'avait jamais parlé à qui que ce soit de cette façon avant, pas même à Dudley, sa tante ou son oncle (bien qu'il ait pensé des choses similaires avec eux). Il n'avait même jamais parlé de cette manière à Draco Malfoy. Il n'avait pas même fait quelque chose comme cela la seule fois où il avait été presque autant en colère que Ron, quand Ron avait refusé de croire que Harry n'avait pas mis son propre nom dans la Coupe de Feu.


Il sortit furieux de la pièce et rentra dans Draco Malfoy. Malfoy eut l'air alarmé, mais se rattrapa immédiatement en remplaçant son expression par un air sûr de lui. « Alors » dit-il de sa voix traînante. « Je vais être ton meilleur ami, maintenant, n'est-ce pas ? »


Harry le poussa et passa devant lui, allant vers les escaliers. « Casse-toi Malfoy. » Il monta les marches deux à deux, tenant serré la rampe, marchant à l'aveuglette, ses yeux remplis. Comment Ron pouvait dire de telle choses sur lui, et sur Hermione ?


Il se déshabilla, ne gardant que son caleçon, et se mit dans le lit, son esprit bouillonnant. Il n'avait pas beaucoup plus d'espoir que cette nuit serait plus reposante que les autres nuits du mois précédent. Quand il entendit Ron entrer dans la chambre un peu plus tard, il fit semblant de dormir, tournant le dos à Ron, les yeux fermés. Ron n'essaya pas de lui parler. Il entendit un bruit de tissu, Ron se préparait pour aller au lit. Puis il entendit les ressorts grincer comme Ron montait dans l'autre lit.


Les mots de Ron couraient dans son cerveau comme il commençait finalement à s'endormir… Tu dois être fort, Harry. Tu dois rompre. Elle ne peut pas et ne le fera pas.


Bien je suis damné si je fais cette saleté de chose, pensa Harry.


Casse toi, Ron Weasley.


* * * * *


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