Samedi 23 juillet 2012. 21h30 :
Je rentre dans le bar bondé de monde et je me demande déjà ce que je fais ici. Je ne suis jamais à l'aise quand il y a trop de personnes autour de moi mais ma sœur a raison, j'ai le droit de vivre ma vie en sortant et en oubliant le temps d'une soirée mes problèmes.
JMurphy : On dirait un chiot égaré en plein milieu d'une foire aux animaux. Je suis à gauche du bar à regarder nos futures proies de ce soir...
Je lève les yeux pour l'apercevoir à quelques mètres de moi et effectivement il regarde une bande de filles. Je me fraye un chemin jusqu'à lui difficilement, c'était vraiment une mauvaise idée de venir ici. J'arrive jusqu'au bar et tape l'épaule de Murphy.
- Hé ! Content de voir ta face de rat, me dit-il en me serrant contre lui à peine une seconde.
- Pareil, ta tête de raton laveur me manquait un peu.
Je m'installe sur la chaise de bar à côté de lui et je vois déjà que ma bière préférée est sur le comptoir.
- Merci, mec, lui dis-je en levant mon verre vers lui.
- Au retour à la vie de célibataires et à nous la vie de débauche ! crie Murphy par-dessus la musique en entrechoquant nos verres.
- Bon parle-moi de ta vie de merde, peut-être qu'elle sera moins pire que la mienne.
- Je crois que je ne pourrais jamais dépasser ton niveau d'emmerde. Un décès, une rencontre, un déménagement, une salope manipulatrice, une sœur, le retour de la salope qui repart en te brisant le cœur... Désolé, mais je crois que je ne te surpasse pas Arsène.
Je rigole malgré tout ce qu'il vient dire quand il m'appelle comme ça, Arsène comme Arsène Lupin, le célèbre voleur.
- Ça fait une éternité que tu ne m'as pas appelé comme ça, depuis la fin du lycée !
- Qui d'autre qu'Arsène Lupin pouvait voler les contrôles d'un prof sans qu'il ne s'en aperçoive ? Ce surnom te collera toujours à la peau, me dit Murphy qui regarde de l'autre côté de la salle.
Je suis son regard pour voir une table où deux filles sont en train d'enchaîner shot sur shot.
- Tu ne perds vraiment pas le nord, Murphy. Tu t'es fait plaquer i peine 48 heures et tu es déjà à la recherche de la suivante.
- Bah quoi ! Je ne vais pas me morfondre éternellement, 24 heures c'était déjà beaucoup !
J'éclate de rire, ça ne m'étonne pas de la part de Murphy d'enchaîner conquête sur conquête. Au lycée, c'était déjà le tombeur de ses dames. Et il avait le droit à son surnom lui aussi. Je fini mon verre, tape sur le comptoir pour commander une nouvelle tournée. Je me tourne vers mon ami et lui dit :
- Fais-moi le topo, Don Juan.
Murphy fait son petit sourire en coin, avant de reporter de nouveau son attention sur les deux jeunes femmes.
- Ça fait 1 heure qu'elles sont là. La brune est la chef, la blonde n'a commandé que des soft mais il y a environ 28 minutes, elles ont commencés à boire des shots. Je crois que la brune fête son anniversaire, la blonde est timide mais rigole souvent. Je dirais 19 et 20 ans respectivement. Toutes les deux célibataires, au vu de la brune qui commente tous les mecs qui passent devant elles. Et avant que tu me piques ma future proie, je prends la brune, je sais que tu as un penchant pour les brunes, finit Murphy en vidant d'un seul trait sa vodka et en réajustant sa chemise.
- Tu fais encore plus flipper qu'au lycée, mec. Mais depuis mon ex, je n'aime plus trop les brunes.
Je sirote ma bière en regardant la petite blonde qui se trouve à quelques mètres de moi. Malgré que le bar soit obscur, je peux apercevoir le bleu de ses yeux, une petite fossette se dessiner sur son menton quand elle rigole, le tic nerveux de tortiller une mèche de ses cheveux entre ses doigts et ses jolies formes dans sa robe grise. L'alcool doit me donner du courage et les événements passés me donnent l'envie de n'être plus la même personne. Je regarde Murphy et lui dit :
- Don Juan et Arsène Lupin le retour ?
- Et comment !
Il se penche vers le bar et appelle la serveuse :
- Monroe ! Monroe, la dernière et la prochaine commande des deux filles là-bas, dit-il en pointant la table en question, tu les mets sur mon compte et on ira leur ramener.
Elle hoche la tête en préparant des shots de tequila, des quartiers de citron et une salière sur un plateau. Elle nous tend en nous souhaitant bonne chance et nous partons voir la brune et la jolie blonde. C'est cette dernière qui nous voit arriver en première et elle tapote la main de son amie quand nous nous arrêtons à leur table. Murphy pose le plateau et s'accoude sur la table en regardant la brune. Jolie teint mate, un regard perçant mais elle n'a pas le charme de la blonde qui est encore plus jolie de près.
- C'est pour nous ? demande la brune en désignant les shots.
- Oui, on s'est dit que c'était plutôt sympa de faire connaissance en buvant de la tequila ensemble, souffle Murphy qui est en mode dragueur.
La jeune femme distribue les verres pour la blonde et elle et nous regarde avant d'assener :
- Merci, c'est cool. Mais maintenant, vous pouvez aller voir ailleurs si j'y suis.
J'éclate de rire en voyant le visage de Murphy se décomposer en une seconde, il n'a pas l'habitude de se faire rejeter de la sorte. La jolie blonde me regarde par-dessus son verre en l'avalant d'un seul trait. Je passe derrière Murphy pour m'approcher d'elle et tourne le dos à Murphy qui commence déjà à argumenter.
- Attends, avant de nous rejeter, regarde nous, deux personnes super gentilles qui vous ont offerts à boire et sont plutôt sympa à voir. Je m'appelle Murphy.
- Raven, répond la brune en rassemblant ses cheveux en un chignon. Merci Murphy, mais on est là avec ma pote pour fêter mon anniversaire. Et pas besoin de mec pour nous satisfaire, tu sais, souffle-t-elle. Je me retourne pour la voir accouder à quelques centimètres de Murphy et en lui faisant un clin d'œil avant de prendre la main de la blonde.
Je fais semblant de refermer la mâchoire de Murphy, et le connaissant depuis le temps, je sais que ce genre de filles l'intrigue et l'attire. La blonde éclate de rire, ses joues ont pris une jolie teinte rosée et son rire se tut quand je la regarde.
- Arsène Lupin, lui dis-je en saisissant sa main.
- Clarke, me répond-t-elle, souriante, en retirant sa main. Arsène, vraiment ?
- Je préfère garder une petite partie de mystère ce soir... lui murmurais-je en me rapprochant d'elle.
Cela fait une éternité que je n'avais pas rejoué les dragueurs, mais ce soir, je ne suis pas moi, je suis Arsène, celui qui a craqué pour la jolie blonde.
Soudain, une main s'écrase mollement sur mon visage et je l'écarte pour voir Raven presque allongé sur la table qui me tue du regard.
- Non, non ! Toi ! Ne t'approche pas. Elle a trop bu, elle est vulnérable et elle est mineure. MINEURE., me crie Raven qui a l'air aussi éméchée.
- Oh je n'ai pas trop bu, juste 1 bière, et 9 shots ! Et je ne suis pas mineure pour très longtemps, encore 37 jours, s'exclame Clarke qui est devenu bavarde soudainement.
Je jette un coup d'œil à Murphy, je sais qu'il voudrait mettre la brune dans son lit, mais à croire leurs âges et à son hochement de tête, c'est un frein pour lui. Nous sommes des vieux croûtons comme il aime le dire, 22 ans chacun. Murphy commence à s'excuser du dérangement occasionné auprès de Raven alors que je m'approche de Clarke et de lui murmurer à l'oreille :
- Dommage, que tu ne sois pas plus âgée parce que j'étais tenté de lécher la tequila qui avait coulé le long de ton cou...
- Ça fait très Papy Michel ce que tu viens de dire, mais vu que je suis alcoolisée et que toi aussi sûrement, je vais prendre ça pour un compliment, souffle-t-elle tout près de mon visage.
- Au plaisir, Clarke.
Je pose ma main sur l'épaule de Murphy pour qu'on regagne notre place et j'entends juste la blonde dire à son amie :
- J'espère que je n'ai pas trop bu pour me rappeler d'Arsène demain matin.
Je sourie pendant que Murphy nous recommande des bières et que je regarde toujours la blonde qui me fixe et qui détourne le regard. Je m'étonne moi-même de mon comportement envers Clarke, je ne suis pas du genre à draguer comme ça. Mais il y a quelque chose dans son regard et sa timidité qui m'a donné envie de mieux la connaître. Je suis interrompu dans mes pensées par Murphy qui claque des doigts devant mon visage.
- Hé ho, tu reviens parmi nous ?
- Ouais, désolé, lui dis-je en tournant le dos à Clarke et à son amie.
- Dommage qu'elles soient trop jeunes, ça m'aurait bien fait mon petit déjeuner... dit Murphy qui scrute le reste du bar pour voir trouver une nouvelle proie.
- Tu n'as jamais voulu te trouver une fille avec qui tu resteras plus longtemps qu'une nuit dans ton appart pourri ?
- J'ai 22 ans ! Je suis trop jeune pour me maquer, me marier, avoir des enfants, un labrador et une maison ! s'exclame-t-il en en éclatant de rire.
Je rigole aussi en regardant discrètement par-dessus mon épaule pour voir la jolie blonde dessiner sur un bout de papier. Je la regarde, fasciné, avant de m'apercevoir que Murphy a la tête tournée de l'autre côté du bar.
- Murphy ? lui demandais-je, intrigué par son manque de réponse.
- Elle, dit-il dans un souffle.
Je suis son doigt pointé pour voir une fille brune qui fait tourner ses glaçons dans un whisky et qui parle à Monroe. Elle lève la tête et j'aperçois un tatouage sur sa joue et une ribambelle de dessins qui descend de son épaule jusqu'à ses doigts.
- Tu craque pour les tatouées maintenant ? lui dis-je en portant ma bière à mes lèvres.
Pour toute réponse, il hoche la tête, tape deux fois sur le bar pour attirer l'attention de la barmaid qui vient avec un grand sourire sur le visage.
- Monroe, dis-moi tout sur elle, dit Murphy qui fixe toujours la brune en question.
Elle éclate de rire, avant de nous resservir des bières.
- Ne perds pas ton temps, Murphy ! Emory est du genre solitaire et menaçante envers les mecs trop entreprenant...
- Emory... Emory... murmure-t-il en regardant dans le vide.
C'est une des premières fois que je le vois dans un état pareil juste parce qu'il a vu une jolie fille.
- Monroe, reprend-t-il, tu lui ressers un whisky de ma part.
- Comme tu veux, mais ne t'étonne pas si elle te jette son verre à la figure, rigole Monroe qui part préparer le verre de la brune.
Nous la regardons servir le whisky à la fameuse Emory qui fixe le verre, puis regarde Murphy avant de vider le verre d'un seul trait. Mon ami lui fait son fameux sourire au coin, comme si elle allait craquer et se jeter dans ses bras dans la seconde. J'observe avec malice la réaction de mon ami quand la brune tatouée lui fait un magistral doigt d'honneur. Monroe et moi éclatons de rire et Murphy la regarde toujours comme si c'était la 7eme merveille du monde. Il rappelle la serveuse à qui il demande de resservir un verre à Emory.
- Tu es suicidaire ou quoi Murphy ? lui demandais-je quand je le vois vider son verre, toujours aussi obnubilé par la brune.
- Non, mais j'adore les défis.
J'attrape ma veste en jeans et me lève, j'ai vraiment trop bu et quand j'ai bu, je suis du genre à déclarer mon amour à n'importe qui et surtout aux jolies blondes.
- J'ai un défi pour toi, Don Juan, lui dis-je en le serrant contre moi brièvement. Si tu arrives à sortir avec elle, je me fais tatouer le motif de ton choix.
Il me regarde puis la brune avant de reporter son attention vers moi.
- Arsène, j'accepte ton défi.
Nous nous serrons la main pour sceller notre accord. Je quitte le bar en regardant une dernière fois Clarke qui finit un shot et Murphy qui s'est installé à côté d'Emory.
Mercredi 16 mai 2013. 16h45 :
Je n'ai aucune envie d'être là, mais je n'ai pas le choix, je dois le faire pour ma sœur. J'ai toujours aimé les arts, mais me retrouver entouré de bourges qui s'extasie devant des toiles blanches, ce n'est pas mon truc. Je déambule parmi les personnes qui ne font aucunement attention à moi. Je m'arrête près du buffet d'hors-d'œuvre quand une chevelure blonde attire mon attention plus loin. Un fol espoir me prend que ce soit la jolie blonde que j'ai rencontré l'été dernier. Elle a toujours hanté une partie de mon esprit même si je suis de nouveau en couple. Je ne dirais pas que je la cherchais partout mais dès que je voyais une blonde dans Paris, je pensais automatiquement à elle. Je m'approche de ce que je pense être un nouveau mirage mais je m'arrête de suite quand je la reconnais. Clarke. La jolie blonde, qui est majeure désormais, n'a presque pas changé, elle est aussi belle que dans mon souvenir. Ses cheveux tombent en cascade sur ses épaules, ses yeux bleu mis en valeur par un maquillage discret et sa bouche rouge cerise. Je suis encore plus fasciné que l'année dernière. J'attends qu'elle ait finie de parler avec une vieille dame pour venir en face d'elle. Clarke plaque un sourire factice qui ne ressemble pas à celui que j'ai vu au bar. Je lui fais un grand sourire sincère, je suis simplement heureux de l'avoir retrouvée, elle avait éveillé ma curiosité l'année dernière et j'ai envie de mieux la connaître. Elle boit sa coupe de champagne en me regardant et je me lance enfin à lui parler :
- Alors Clarke, on a lâché la tequila pour le champagne ?
Elle hausse les sourcils, regarde derrière moi, pose son verre sur le plateau et son regard se fait soudainement froid.
- On est dans une exposition sérieuse ici pas dans un bar au bord de la plage ! me dit-elle d'un ton dédaigneux avant de me tourner le dos et de s'éloigner.
Je la regarde s'éloigner pendant que je tombe des nues. Me suis-je tromper de personne ? A-t-elle une sœur jumelle ? Ne me reconnaît-elle pas ? Ou alors elle est vraiment comme ça et je me suis fait des films sur elle en l'idéalisant ? Je continue mon chemin dans la salle d'exposition en évitant soigneusement depenser à elle. Mais malgré le râteau monumentale que je me suis pris, je n'y arrive pas.
Lundi 9 septembre 2013. 18h :
Cela fait plus de 3 ans que je viens à l'Ark'afé, je connais chaque recoin par cœur, chaque habitué et pour rien au monde je ne quitterais cet endroit. Je suis à une table quand soudain je vois une tête blonde rentrer timidement dans le bar. Elle regarde tout autour d'elle en restant sur le pas de la porte avec un petit sourire sur le visage. Elle enlève ses écouteurs et se dirige vers le comptoir. En 1 an, je l'ai vu deux fois, ce n'est plus une coïncidence à ce stade-là, c'est le destin. Malgré notre dernière discussion qui a fini en fiasco, j'ai toujours eu envie de la revoir. Je l'observe du coin de l'œil, c'est décidé, je resterais dans mon coin, je ne me ferais plus remarquer.
Je la vois s'éloigner avec sa boisson et regarder tout autour d'elle pour trouver une place. Elle s'assoit à une table que personne ne prend habituellement à cause des plantes qui s'y trouvent à proximité. Je me demande si elle a toujours les manières de petite bourge que j'ai pu voir à l'exposition en mai. Elle enlève sa veste et je la découvre sous un nouveau jour, son tee-shirt taché de peintures de toutes les couleurs, un jean troué et même un peu de peinture séché derrière son oreille sur son cou. Clarke fouille dans son sac et y sort un carnet, une trousse et un pinceau qu'elle coince dans un chignon qu'elle vient de se faire. Dans mon coin je la regarde, fasciné par sa concentration quand elle dessine. Je me rends compte qu'elle n'est rien des préjugés que je me suis fait sur elle. Je ne la connais pas, mais ma curiosité est poussée au maximum et je tombe encore plus sous son charme.
Mercredi 27 novembre 2013. 17h45 :
2 à 3 fois par semaine, je viens exprès pour voir Clarke franchir la porte du café. Depuis septembre, je la vois toutes les semaines, elle a pris ses habitudes. Elle commande la même chose, s'installe à sa table, écoute de la musique, dessine et écrit dans son carnet. Des fois, j'ai envie de m'approcher de sa table, de m'installer devant elle et de lui dire « Salut, je suis Arsène. La personne qui t'a plus ou moins dragué l'année dernière dans un bar et dont tu ne sembles plus te rappeler. » Je me suis fait le scénario des milliers de fois, mais j'ai toujours une excuse pour ne pas le faire et je la laisse dans sa bulle, je la regarde faire et partir.
Lundi 3 février 2014. 17h33 :
Je me planque derrière les plantes quand je sais que c'est bientôt l'heure. Clarke va arriver et comme tous les lundis, jeudi et un mercredi sur deux, elle sera là à boire son café. Je risque de passer pour un pervers bizarre à l'espionner comme ça mais ce n'est pas le cas. J'ai enfin trouvé le courage d'aller lui parler, ce n'est plus le bordel dans ma tête. Je suis célibataire, j'ai repris les cours, ma sœur est heureuse, tout va bien pour moi. Clarke arrive dans le café, son bonnet est couvert de neige, elle l'enlève et secoue ses cheveux. Elle est belle de l'été à l'hiver et de l'hiver à l'été. Elle s'installe à sa place, je vais dans la salle pour me donner une contenance, je salue 2-3 personnes avant de souffler un bon coup et d'aller vers elle. Mais je me fais couper le chemin par Finn qui apporte la boisson à la blonde. Il s'installe devant elle tandis qu'elle lève les yeux pour le regarder et lui fait un sourire timide. Je regarde la scène se dérouler devant mes yeux, Finn qui drague Clarke, Clarke qui rougit et ne répond presque rien, puis Finn l'invite à sortir un soir dans un restaurant. Je n'attends pas la réponse de Clarke et m'éloigne pour regagner ma place.
Lundi 16 juin 2014. 16h45 :
Je passe devant le café et je la vois assise à l'une des tables que les serveurs sortent lorsque les beaux jours arrivent. Elle porte une jolie robe fleurie qui colle parfaitement au printemps avec ses cheveux relevés dans un chignon brouillon. Depuis la dernière fois, je n'ai pas essayé de lui reparler, j'ai su par la suite qu'elle avait rembarré Finn, j'étais plutôt satisfait. Mais je reste toujours dans l'ombre, je lui fais quelques sourires, je reste là à la regarder. Je vois Clarke se lever, se diriger vers une des baies vitrées et se mettre à genoux pour observer des fleurs. Elle les touche délicatement et prend un pot de fleurs pour le mettre sur sa table, puis elle regarde autour d'elle comme si elle voulait prendre toutes les autres fleurs. Je m'approche un grand pas et me saisis de plusieurs pots pour les poser devant elle. Elle me fait un grand sourire en replaçant une de ses mèches derrière son oreille.
- Merci, me dit-elle doucement en lissant les pages de son carnet.
Je me demande vraiment si elle se souvient de moi quand elle m'a rencontré dans le bar ou lors de l'exposition de l'année dernière.
- Avec plaisir, Clarke. Je lui rends son sourire, fier de lui avoir parlé pour la première fois au café, et puis je fais comme d'habitude, je reste dans mon coin.
Lundi 21 septembre 2015. 18h31 :
2 ans qu'elle vient toutes les semaines, presque toute seule, des fois elle parle avec d'autres habitués du café, je crois qu'ils sont dans la même école. Mais c'est la première fois que je la vois avec un air paniqué sur le visage, prendre ses affaires précipitamment et quitter en vitesse le café. Je regarde sa place où elle a oublié son carnet. Je me dirige vers sa table mais je me fais encore couper le chemin par Finn qui se saisit du carnet et crie le nom de Clarke à travers le café mais elle secoue la main et part définitivement du café. Finn observe le carnet, le retourne dans tous les sens et s'adosse au mur avant d'ouvrir l'ouvrage et le lire. Je suis abasourdi par ce que je vois et en colère, Finn se permet tout et n'importe quoi, juste parce qu'il craque pour Clarke. Pas que je ressente de la jalousie, mais Clarke est une fille géniale qui ne mérite pas un crétin dans son genre. Il lit quelques pages avant que quelqu'un l'appelle et repose le carnet de Clarke sur sa table. Je le vois s'éloigner et je m'approche pour m'emparer de ce que Clarke a de plus précieux. Je le mets dans mon sac sans l'ouvrir au contraire de ce crétin de Finn. Car je sais qu'il aurait fini sa lecture dès qu'il aurait pris sa pause et Clarke ne mérite pas que quelqu'un lise sans permission ses écrits.
Lundi 21 septembre 2015. 22h49 :
Allongé sur mon lit, je fixe mon sac depuis une heure. La curiosité me démange et j'aimerais juste savoir si dans son carnet elle se souvient de moi. Je laisse la musique me porter tandis que j'essaie de calmer ma curiosité.
Je vous ai vue hier, je voudrais vous revoir,
Rendez-vous à cinq heures au café des remparts.
Peut-être ce billet vous semblera bizarre,
Peut-être viendrez-vous, peut-être est-il trop tard ?
Mais c'est plus fort que moi et j'attrape le carnet. Je suis aussi minable que Finn mais j'ai tellement envie d'en savoir plus à son sujet.
Je l'ouvre timidement et regarde seulement les dessins. Pour l'instant. Certaines pages sont froissées, déchirées et pliées en tous sens à force d'être manipulé. Je trouve que cela donne une âme à ce carnet. Je tourne les pages en découvrant l'univers de Clarke, ses aquarelles illuminent ma chambre à peine éclairé. Je scrute le chien qui gambade dans un pré, une petite fille qui fait du poney, un portrait des parents de Clarke dans un atelier, le café remplis de gens, des fleurs jaunes et en face un dessin de moi. Je souris tendrement devant mon portrait, elle a pensé à tous les détails. Je regarde les autres dessins de l'Ark'afé qu'elle a fait, et je m'aperçois de temps à autres toujours dans un coin. Finn est souvent dessus aussi, à mon plus grand déplaisir. Je tourne encore une page et je tombe sur un autoportrait de Clarke devant un miroir qui ne porte qu'une grande chemise et ses cheveux tombent en cascade sur ses épaules dénudés. Je rougis en refermant brutalement son carnet. Je suis allé beaucoup trop loin dans mon exploration, je n'aurais jamais dû faire ça. J'allais le remettre dans mon sac quand j'aperçois un papier dépassé des pages. Je m'en saisis et vois le nom du bar où j'ai rencontré Clarke. Je retourne la feuille froissée, curieux, et un dessin brouillon me saute aux yeux. Les traits sont incertains, tremblants et d'une ressemblance très approximative mais je me reconnais de dos. Clarke ne m'as pas vraiment oublié et m'a dessiné après notre première rencontre et a écrit en dessous : « A... ? 23/07/12 » Et ma curiosité reprend de nouveau, je cède et lis tout son carnet.
[...]
Hâte de me retrouver loin d'ici, très loin, avec Raven sur une plage, en bikini avec de supers beaux serveurs à moitié à poils.
[…]
Des fois, je ne comprends pas la réaction des gens sur mon père. Je ne suis pas non plus la fille de Keith Richard ou John Lennon ! Juste la fille d'un photographe. Juste une fille.
[...]
Ne craignez pas d'atteindre la perfection, vous n'y arriverez jamais.
[…]
Hier, Raven voulait se trouver un nouveau mec à draguer dans ce nouveau bar et a essayé de me refaire boire de la tequila, mais depuis la dernière fois, c'est pas une bonne idée.
[...]
Pourquoi quand je dis que je suis célibataire tout le monde me plaint, essaye de me caser avec leur voisin, leur frère ou l'ami d'un ami ? ET POURQUOI PAS ME CASER AVEC LEUR CHIEN PENDANT QU'ON Y EST !?
[…]
Le silence est le plus puissant des cris.
[…]
Raven m'a présenté son petit ami, tout à fait charmant et très beau. Mais vu qu'ils se disputent toutes les deux minutes, je ne pense pas que ça va durer.
[…]
Un mec plutôt mignon m'a aidé aujourd'hui. Si je n'étais pas si bornée et con, je lui aurais bien demandé son numéro. Mais vu que je ne sais jamais quoi dire à un mec, puis que je babille comme une enfant de 2 ans et que je ne bave pas, je limite mes contacts avec les mecs. Qui voudrait d'une fille qui n'a aucune expérience en la matière, qui ne sait parler que d'arts, de musique et de météo ? Je sais que je suis une cause perdue. OK c'est bon, j'arrête de me prendre la tête.
[…]
De toute façon, je finirais seule, mangée par un poisson rouge...
[…]
1/Passer l'été sans se prendre la tête, 2/Se détendre sans se prendre la tête, 3/Arrêter de se prendre la tête.
[…]
Musique du jour : Smith'N'Wesson de Superbus
Etre avec quelqu'un d'autre, dire que c'est de ma faute,
habiter ailleurs, enfin rire de bon cœur.
J'ai laissé faire mais si tu m'abandonne, j'aurais caché mon Smith'N'Wesson.
J'ai laissé faire mais si tu m'abandonnes, je devrais changer la donne.
[…]
En vrai, j'en ai marre d'être seule.
[…]
Mon carnet + moi = Pour la vie.
Je lis les derniers mots avant de m'effondrer de sommeil en rêvant toute la nuit de ma jolie blonde.
Mardi 22 septembre 2015. 15h20 :
Je me rends en cours et j'ai toujours le carnet de Clarke en main. Je ne sais pas si je devrais lui donner en main propre, lui avouer que j'ai tout lu et qu'elle risque de me haïr pour cela. Ou que je le laisse sur le comptoir de l'Ark'afé pour qu'il le lui redonne. J'ai envie de lui raconter notre première rencontre, les moments où je l'ai croisée, mais je vais passer pour un vieux pervers qui l'épie depuis des années. Quand j'ai lu son journal, j'ai eu comme le sentiment que je la connaissais par cœur, elle est tellement réservée qu'il est dur de savoir ce qu'elle pense réellement. Et maintenant, je sais que c'est une fille avec une très bonne oreille musicale, un grand talent en dessin, un humour certain et merveilleuse. Je regarde de nouveau quelques dessins avant d'être interrompu par mon téléphone :
JMurphy : J'ai eu ton mot sur mon bureau. Qu'est ce qui se passe ?
ArsèneLupin : J'ai retrouvé la blonde du bar.
JMurphy : Celle qui était habillée comme une strip-teaseuse et qui dansait sur les tables ?
ArsèneLupin : NON ! La jolie blonde aux yeux bleus. La mineure.
JMurphy : Oui, je m'en rappelle ! Tu l'as rencontrée de nouveau au Grounders ?
ArsèneLupin : Non, en fait, je l'ai revue plusieurs fois depuis cette fameuse soirée. Mais elle ne semble pas se souvenir de moi, mais elle m'a dessiné. J'ai besoin de tes conseils.
JMurphy : MON DIEU, ARSENE A BESOIN DE MOI. Fais ce que tu fais de mieux.
ArsèneLupin : C'est à dire ?
JMurphy : Ecris. Raconte-lui ton histoire. Tu aimes les histoires.
ArsèneLupin : J'aurais pu trouver ça tout seul. Mais merci Bro'.
JMurphy : Toujours à ton service. Passe à la maison, tu nous manques face de rat.
J'écoute, pour une fois, les conseils de mon meilleur ami, me saisis de mon stylo et lui écris :
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Mardi 22 septembre 2015 – Paris – 15h30
Musique du jour : Where is my Mind ? – Pixies
Ouais, où as-tu eu la tête pour oublier un si joli carnet ? Sinon, je dois avouer que tes dessins sont impressionnants. J'ai vu ceux que tu as faits cet été sur la terrasse du café. En les regardant, j'en ai presque senti l'odeur des fleurs.
Par contre, niveau musique, il faut refaire ton éducation musicale ! Lisa Mitchell, Vanessa Carlton, Kelly Clarkson... VRAIMENT ?
Je te donnerais bien quelques noms de groupe vraiment sympa à écouter si tu continues à oublier ton carnet.
Sinon je vais te copier et te donner « les conseils 1-2-3 » :
1/ Arrête de te prendre la tête, tu m'as presque fait avoir une migraine. 2/C'est cool la solitude mais c'est bien d'avoir des potes. 3/Ne pars pas à l'étranger.
A bientôt,
Arsène Lupin, gentleman mais pas voleur.
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Pour ce qui est du dessin, je préfère ne pas me lancer dedans, je suis vraiment très nul. Je ne suis bon qu'à écrire.
Jeudi 24 septembre 2015. 12H45 :
Je souris quand je vois que Clarke m'a répondu. Vu que le destin se met contre moi à chaque fois que je veux lui parler, je ne communiquerais qu'avec ce carnet. Et quand ça sera le bon moment, j'irais lui dire que je suis Arsène.
Samedi 10 octobre 2015. 22H :
Clarke danse, hurle et gesticule dans tous les sens dans cette salle remplie de monde. Je découvre une nouvelle Clarke, insouciante et pleine de joie. Elle s'arrête un moment pour boire à grande gorgée une bouteille d'eau et des gouttes s'échappe du goulot pour couler le long de son cou. Ça me rappelle le premier soir où je l'ai rencontrée, où la tequila avait aussi coulé. Je lorgne sans vergogne sur elle avant de me ressaisir, faut que j'arrête ma fixette sur Clarke et son cou.
Jeudi 12 novembre 2015. 16h12 :
Bientôt 2 mois que je corresponds avec Clarke toutes les semaines et moi aussi j'ai pris mes habitudes. J'arrive dans le café, je dépose mes affaires, fais le tour de la salle, passe derrière les plantes et me saisis de notre carnet pour lire nos correspondances. Mais aujourd'hui, ça ne passe pas comme prévu. Je tâtonne autour du mini bananier pour trouver le carnet, mais je ne trouve rien. Je sors de ma cachette, je vois Finn assis à la table de Clarke en train lire le carnet et faire des photos des pages. Je suis en colère, c'est notre carnet, et ce foutu Finn se permet de fouiller dedans. Je le savais jaloux, je le voyais lorgner dessus depuis un bon bout de temps. Je m'avance vers lui, me racle la gorge et lui arrache le carnet des mains. Il lève les yeux vers moi, avec une expression de biche éblouie par des phares avant d'avoir un petit sourire au coin.
- Tu n'as pas honte de faire ça, Collins ? dis-je en colère.
- Parce que tu n'as pas fait pareil pour pouvoir communiquer avec la princesse ?
- Tu ne connais aucune de mes motivations, Finn. Alors maintenant, tu te casses et tu ne touches plus à ce carnet. C'est clair ? Je me rapproche de lui pour l'intimider et essayer de le faire partir.
- Et tu penses lui dire quand que tu es Arsène ? me demande-t-il en se levant. Parce que tu crois vraiment qu'elle va se jeter dans tes bras parce que vous parlez ensemble ? Quand elle saura qui tu es vraiment, elle partira en courant.
Et il part derrière le comptoir avec son petit air satisfait. Je tacle une chaise avant de serrer le carnet contre moi. C'est décidé, je vais lui dévoiler mon identité.
21 novembre 2015. 21H :
Après 4 jours où je n'ai eu aucune nouvelles de Clarke et après avoir appris qu'elle sortait avec Finn ce soir, je suis d'une humeur exécrable. Finn lui a dit qu'il était Arsène Lupin. Et c'est pour cela qu'elle sort avec lui. Rien ne va ces derniers jours, je suis rempli de colère. Ça serait mentir de dire que je ne suis pas jaloux de Finn, je suis le réel Arsène, et l'autre tête de raton se fait passer pour moi parce que je n'ai pas le cran d'avouer à Clarke qui je suis. Le seul moyen que j'ai trouvé d'évacuer ma colère c'est de boxer. J'enfile mes écouteurs et mes gants avant de commencer mon échauffement. J'essaie de ne pas penser à ce que fait Clarke à cet instant précis. Est-ce qu'elle lui parle de nos conversations ? Lui pose-t-elle des questions sur lui ? Je commence à frapper doucement le sac de frappe. Ma colère s'apaise petit à petit mais je sais que le moment est arrivé pour moi de divulguer ma réelle identité. J'espère que Finn va faire une bourde et que Clarke va se rendre compte qu'il n'est pas le réel Arsène. J'aimerais être là au moment où il se prendra un râteau de sa part. Un rire nerveux s'échappe de mes lèvres pendant que je donne des coups de pieds latéraux au sac. Je fais ça pendant plusieurs minutes avant qu'un doute ne me prend. Finn a pris des photos du carnet, alors il sait plus ou moins tout. Clarke ne verra que du feu si elle lui pose des questions, Finn en profitera et connaissant ce fourbe, il ira plus loin. Il y a un an, je l'ai entendu dire à un de ses amis qu'il aimerait bien « pécho la petit blonde sexy ». Je suis sûr qu'il va essayer de l'embrasser. Une colère noire me prend les tripes et je jette toute ma frustration en frappant de toutes mes forces sur le sac de frappe. Uppercut, crochet, uppercut, coup de pied, crochet du droit... J'imagine que c'est la tête de Finn que j'ai en face de moi. Je me laisse submerger par tout ça en écoutant la musique à fond.
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Is that all you got ?
(C'est tout ce que tu as?)
I'll take your best shot.
(Je vais prendre tes meilleurs coups)
Is that all you got ?
(C'est tout ce que tu as?)
I'll take your best shot.
(Je vais prendre tes meilleurs coups)
Is that all you got ?
(C'est tout ce que tu as?)
Well, it's alright ! It's alright !
(Bien, c'est pas mal ! C'est pas mal!)
I'll take your best shot.
(Je vais prendre tes meilleurs coups)
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J'me réveille pour une journée de plus qu'il ne sens pas dehors,
La bête le ronge et petit à petit le plonge dans de sombres pensées dans le désir de m'y enfermer,
de plus en plus sur lui-même pour réaliser qu'en fait il n'y a plus personne que j'aime.
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You think you knew me.
(Tu pense me connaitre)
On this day I see clearly everything has come to life,
(A ce jour je vois clairement, tout a repris vie)
bitter place and a broken dream,
(Un endroit amer et un rêve brisé)
and we leave it all behind.
(et on laissera tout derrière.)
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Je m'effondre de fatigue contre le mur, je me suis défoulé de tout mon soul contre le sac, j'ai plus aucune force et j'ai juste une envie, c'est de dormir. J'enlève mes gants quand je reçois un message.
Sis' : Est-ce que tu pourrais venir me chercher ?
ArsèneLupin : J'arrive. Je serais là dans 30 minutes.
Je vais prendre une douche express avant d'aller chercher ma sœur à son travail. Mes poings me font mal mais je me sens mieux. Je fonce à ma voiture, et conduit tranquillement avant d'arriver en avance devant son travail. Je laisse l'auto-radio allumée pendant que je me permets de fermer les yeux 2 minutes.
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It might not be the right time
(Ce n'est peut-être pas le bon moment)
I might not be the right one
(Je ne suis peut-être pas le bon)
But there's something about us I want to say
(Mais il y a quelque chose que je voudrais te dire à propos de nous)
Cause there's something between us anyway
(Car il y a quelque chose entre nous quoi qu'il arrive)
But there's something about us i've got to do
(Mais il y a quelque chose que je dois faire à propos de nous deux)
some king of secret I will share with you.
(Une sorte de secret que je vais partager avec toi)
I need you more than anything in my life
(J'ai d'avantage besoin de toi que de toute autre chose dans ma vie)
I want you more than anything in my life.
(Je te désire d'avantage que toute autre chose dans ma vie)
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Waiting in the car
(Alors qu'on attend dans la voiture)
waiting for a ride
(Qu'on attend d'aller faire un tour)
at night the city grows
(La ville prend vie la nuit)
look at the horizon glow
(Regarde l'horizon s'embraser au loin)
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I'm giving you a nightcall to tell you how I feel.
(Je t'appelle cette nuit pour te dire comment je me sens)
I want to drive you through the night down the hills.
(Je veux te conduire pendant la nuit traversant les collines.)
I want to tell you something you don't want to ear
(Je vais te dire quelque chose que tu ne veux pas entendre)
I gonna show you where its dark, but have no fear.
(Je vais te montrer là où c'est sombre mais n'aies pas peur)
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Des bruits de pas et de conversations me réveillent, je crois que c'est ma sœur qui arrive enfin mais ce que je vois devant moi me coupe le souffle. Clarke marche à coté de Finn sur le trottoir d'en face, ils parlent tranquillement, avant que Finn se tourne de mon côté et m'aperçoit. Je lui fais un sourire mesquin pour ne pas lui montrer ma colère. Clarke tombe presque sur lui, il lui prend les mains et l'attire contre son torse. Je sais qu'il fait ça juste pour m'énerver, il sait que je ne vais pas sortir de ma voiture. Il me jette un dernier regard avant d'embrasser Clarke sur la bouche en prenant son visage entre ses mains. J'ai encore plus envie de lui défoncer la tronche et au lieu de ça je donne un grand coup de poing dans mon volant. Je suis quand même satisfait de voir que Clarke ne l'embrasse pas en retour. Ils reprennent leur chemin tranquillement, comme si de rien n'était. Alors que je n'ai qu'une envie, c'est de courir après eux et de dire la vérité à Clarke. Mais elle ne me croira sûrement pas.
Sis' : Désolé, je sors dans 5 minutes.
ArsèneLupin : Prends ton temps.
Il faut que j'avoue à Clarke que Finn n'est qu'un imposteur et il faut que je le lui dise maintenant. Une idée me vient en tête et je fouille frénétiquement dans ma boite à gants pour trouver tout un tas de cartes visites. Au bout de quelques secondes, je trouve la carte de Clarke avec son adresse mail dessus. Elle est souvent sur son téléphone, je suis sûr qu'elle verra mon mail. Je réfléchis trente seconde avant de taper :
Tu pensais vraiment que Finn était le vrai Arsène Lupin ? C'est mal me connaître, ma chère Bonnie.
Arsène, qui aurait voulu être à la place de Finn pour te voler ce baiser.
Je mets mon téléphone dans ma poche, en espérant que Clarke aura vu mon message et qu'elle mettra une baffe monumentale à Finn. La portière côté passager s'ouvre et ma sœur s'engouffre dans ma petite voiture avant de me faire un petit sourire épuisé.
- Merci d'être venu... me dit-elle en m'embrassant sur la joue.
- Pas de problème. Raconte-moi ta journée.
- Je ne vais pas te raconter ma journée. Faut qu'on parle. Je me tourne pour la regarder et je vois que son regard est déterminé.
- D'accord, parlons alors.
Je commence à rouler en écoutant tout ce qu'elle à me dire et mon téléphone vibre. J'espère vraiment que c'est Clarke qui m'a répondu.
Vendredi 27 septembre 2015. 14h30 :
JMurphy : Dès que tu sors de la fac, faut que tu viennes, faut que tu les rencontres !
J'avais prévu de me reposer chez moi et d'aller à l'Ark'afé un peu plus tard mais je suis heureux pour Murphy donc je vais changer mes habitudes. J'arrive à la clinique et me présente à l'accueil.
- Bonjour, j'aimerais avoir le numéro de chambre d'Emory Murphy s'il vous plaît ?
- Chambre 209. 2éme étage après les consultations, me dit la rousse qui fait un sourire et bat des cils.
Je la remercie et lui tourne le dos avant de me diriger vers l'ascenseur. Comme il prend trop de temps, je prends les escaliers. J'arrive au deuxième étage et longe la baie vitrée. Je suis à deux chambres de celle d'Emory quand je vois une chevelure blonde familière sur le parvis de la clinique. Elle sert contre elle une brune, que je reconnais comme étant Raven et un grand blond. Elle fait un grand sourire quand elle touche le ventre arrondi de Raven. Je m'adosse contre un pilier avant de sortir mon téléphone.
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De : ArsèneLupin-mail
à : ClarkeGriffin-mail
Objet : Alors ?
C'est une fille ou un garçon ? Au fait j'adore la couronne de fleurs que tu as dans les cheveux.
Arsène.
()
Clarke sort son téléphone, lit le message avant d'éclater de rire et le montre à ses amis. Chacun regarde dans des directions opposés pour voir où je suis. Je rigole doucement, car de là où je suis, personne ne peux me voir.
()
De : ClarkeGriffin-mail
à : ArsèneLupin-mail
Objet : Va falloir être patient.
Je te ferais un dessin dans le carnet lundi pour te dire si je serais marraine d'une reine de la mécanique ou d'un petit prince.
Tu me fous vraiment la trouille, tu es toujours là où s'y s'attend le moins. Arrête de m'espionner et sors de ta cachette.
()
Je souris, avant d'éteindre mon téléphone et de toquer doucement à la chambre 209. J'attends qu'on m'invite à rentrer avant de voir Murphy assis aux côtés d'Emory sur son lit. Ils me font de grands sourires, heureux de me voir, et je m'approche d'eux. Murphy se lève et je le serre contre moi longuement. Pour une fois il se laisse faire et ne semble pas vouloir s'éloigner non plus.
- Félicitions mon grand ! lui dis-je en lui faisant une petite tapette sur le crane.
- Merci. Je suis content que tu sois venu.
Je lui fais un sourire et je me penche sur le lit pour serrer Emory contre moi et l'embrasser sur la tempe.
- Félicitation à toi aussi. Parce que accoucher des jumeaux de John à du te donner un sacré travail !
Elle éclate de rire en ébouriffant mes cheveux.
- Ce n'était pas de la tarte mais tout est bien qui se finit bien, me dit-elle chaleureusement. Son regard dérivant vers un petit lit où deux bébés semblent dormir profondément. Tu peux les approcher, ils ne vont pas te vomir au visage comme John quand il a trop bu de vodka.
J'éclate de rire à ce souvenir. Lors d'une de nos premières sorties tous les trois, il y a trois ans, Murphy avait trop bu et m'avait vomi dessus. Emory était morte de rire et n'arrivait plus à se calmer. Depuis mon ami ne boit presque plus d'alcool ! Je m'approche du lit et vois les bébés qui sont l'un contre l'autre. Tous les deux les cheveux noirs, le nez bizarre de leur père.
- Qui est qui ? demandais-je curieux.
- Zacharie à gauche et Abigaël à droite, me dit Murphy en posant une main sur mon épaule.
- Tiens, un petit cadeau pour les petits, lui dis-je en lui tendant un sac.
- Merci tonton Arsène ! chantonnent en cœur Murphy et Emory.
Mon ami ouvre les cadeaux et y sort deux doudous. Un petit mouton tout doux pour Zacharie et un petit renard pour Abigaël.
- Merci pour eux. Emory s'approche de moi en m'embrassant sur la joue. Et dépose les doudous dans le lit de mon neveu et ma nièce.
Depuis qu'Emory est entrée dans la vie de Murphy, nous formons une grande famille. À part ma sœur, je n'ai plus personne. Et Murphy est ce qui se rapproche le plus d'un frère pour moi. Un des bébés commence à pleurer. Et par un ancien réflexe, je m'approche du berceau pour prendre Abigaël dans mes bras pour la calmer. Je la berce doucement en chantonnant une chanson douce. Elle referme les yeux dans l'instant mais je la garde contre moi. Je lève les yeux pour voir mes amis dans les bras l'un de l'autre qui nous regarde tendrement. Murphy prend l'autre bébé dans ses bras et se place à côté de moi.
- Qui aurait cru que le grand Arsène et le grand Don Juan seraient aussi tendre avec des bébés à 25 ans ?
Je lui tape sur l'épaule avant de m'éloigner, de marcher jusqu'à la fenêtre où je vois encore Clarke sur le parking parler avec sa meilleure amie. Murphy se place à côté de moi et regarde dans la même direction que moi.
- Et dire qu'il y a près de 3 ans ½, on était célibataire, à draguer tout ce qui bougeait dans ce bar...
- TU draguais tout ce qui bougeait ! nuancais-je.
- Bon, c'est vrai. Mais si je n'avais pas dragué Emory ce soir-là, je n'aurais pas ces merveilles dans ma vie, dit-il en embrasant sur le front ses enfants. Fiancés, puis mariés, propriétaire d'un loft, maître d'un labrador nommé Jaha et maintenant papa.
Il se tourne vers moi et me souffle :
- Je suis heureux Arsène. C'est quelque chose que je n'aurais jamais pu rendre possible sans toi et Emory. Et tu mérites la même chose mon pote.
Je hoche la tête avant de voir ma jolie blonde monter dans une voiture. Je pense que je serais heureux si je pouvais mettre tous mes problèmes de côté et dévoiler tout ce que je ressens à Clarke. Je regarde ma nièce qui dort paisiblement dans mes bras puis vois Murphy embrasser tendrement sa femme qui serre leur fils contre eux. Moi aussi je veux la même chose et je crois que c'est avec Clarke que je le veux.
BONNE ANNEE LES AMIS !
Oui je viens avec 3 semaines de retard, je m'excuse de tout le temps que ça m'as pris d'écrire ce nouveau chapitre mais j'ai eu une fin d'année digne d'un marathon et j'ai pris mon temps. En plus, c'était plutôt fun d'écrire tout un chapitre sous le point de vue d'Arsène ! J'espère que cela vous plaît. La semaine prochaine on reviens au PDV de Clarke et ses problèmes...
Sinon, merci à chacun d'entre vous, vous êtes de plus en plus nombreux à me laisser des petits mots et à suivre mon histoire ! D'ailleurs j'adore parler avec vous et si vous le souhaitez vous pouvez me suivre sur Twitter (où je donne des informations sur l'avancement des chapitres de CIE) sous le pseudo : GoodGame0101 !
N'hésitez pas à me dire ce qui vous plaît ou non, et si une deuxième chapitre sous le PDV d'Arsène vous intéresserait ou non.
Bref, j'espère que tout va bien, on se retrouve la semaine prochaine !
Looooove !
-Géraldine.
PS: La Playlist Deezer est à jour. (Je vous conseille vraiment d'écouter les musiques au même moment que l'histoire)
PS-PS : DEMAIN C'EST LE RETOUR DE THE 100 !
