Je suis désolée du retard, j'ai oublié de dire que je partais lontemps en vacances... Et y avait pas d'ordi ! Et ensuite, j'ai réussi à pommer la clef USB où était toutes mes fanfics... TToTT Pas taper moi ! Pas taper moi !
Chapitre 9 : Fuite révélatrice.
Le coup avait été juste et rapide. La voleuse tombait à pic, inconsciente.
« Light ! Light !!! LIGHT !!! »
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Dark avait sursauté, la télévision des Niwa lui avait tout montré.
- Elle a été touchée ? s'inquiéta Emiko.
Le Voleur Fantôme fronça les sourcils. Light n'avait pas pour habitude de se laisser avoir aussi facilement, surtout quand elle savait ce qui l'attendait dehors ! A moins que… Un petit sourire ironique se dessina sur ses lèvres :
- J'y ai presque cru !
- Qu'est-ce que tu veux dire ? l'interrogea Daiki.
Son sourire s'étira un peu plus, teinté d'amusement :
- Elle feinte !
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Eléna regardait avec satisfaction cette silhouette se rapprocher du sol. Elle entendait déjà le bruit sourd de sa rencontre avec le sol. Soudain, les deux ailes noires s'ouvrirent et battirent un grand coup, arrêtant net la voleuse. Celle-ci, à l'aide d'un autre battement, se propulsa vers la Commandant en volant en raz-mottes. La militaire n'avait rien pu faire, elle avait senti deux mains l'empoigner par le col et la soulever dans les airs. Elle était à présent à plus de dix mètres du sol. Devant elle, deux yeux bruns dénudés de toute trace de pitié.
- Je vais être très claire ! lui assura Light. Je te donne deux jours à partir de maintenant pour quitter la police ! Pas une petite heure de plus ! Sinon, je viendrai m'occuper particulièrement de ton cas !
Le regard meurtrier de Light avait réussi à faire transpirer Eléna. Quelques secondes avaient passé quand la militaire sentit que ses pieds se posèrent au sol, la sortant de sa torpeur. Light la lâcha et réajusta le tableau qu'elle avait coincé sous son épaule pour agripper la Commandant à deux mains. La voleuse se retourna et commença à marcher, afin de pouvoir prendre de l'élan pour décoller un peu plus loin. Elle ne fit même pas deux pas qu'Eléna leva son arme vers elle :
- Ce sera ta dernière erreur !
- LIGHT-SAN !!! l'avertit quelqu'un dans la foule.
La dénommée fit un brusque écart de côté, juste à temps. Elle sentit une balle lui frôler le cou. Un mince filet de sang coula, accompagné d'une impression de brûlure.
- Le tableau ne sera déclaré "volé" que demain matin. J'ai donc toute la nuit pour t'arrêter !
- Voilà qui promet ! pensa Light avec un sourire sarcastique.
Son regard se déplaça vers la foule, y cherchant un passage pour fuir. Sans appel, la foule était trop compacte… Elle y reconnut Risa Harada, celle qui l'avait prévenue et donc sauvée.
« Merci Ri… »
- Plus tard, les remerciements !
Light prit à droite, fonçant dans le petit parc qui entourait le musée.
« On ne vole pas ? »
- Tu veux qu'on fasse une partie de "Tir au pigeon" ?
Comme pour appuyer les dires de la voleuse, les balles fusèrent près d'elle, arrachant branches et écorce au passage.
« Si on s'en sort, je milite pour la plantation d'espaces verts dans la ville ! »
La plaisanterie arracha un petit sourire à l'Être Ailé. Mais une balle qui passa trop près de son épaule la rappela à l'ordre. Si elle débouchait dans la rue, elle serait mal ! Déjà, elle pouvait voir la fin du parc devant elle.
« On est mal ! »
- Yep !
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Une fois sortie du parc, Light s'arrêta net. Une dizaine de centimètres de plus et elle piquait une tête.
« Il y a un canal ici ? »
- Zut ! J'ai dû tourner à gauche trop tôt ! fit Light en regardant autour d'elle.
Une balle siffla, lui arrachant de la peau à l'épaule gauche. Mais elle s'estima heureuse, quelques centimètres plus bas et c'était l'os qui volait en éclats. Un cylindre noir entoura son avant-bras gauche et le tableau de Rio. A l'intérieur de la voleuse, Etzumy commença à paniquer : les voix des policiers se faisaient de plus en plus proches. D'autres balles fusèrent et la manquèrent. Mais Light plongea la tête la première dans la canal, mimant une chute après avoir été touchée. L'eau ralentissait les projectiles. Tout aurait été parfait si l'alerte oxygène ne retentissait pas quelques minutes plus tard.
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Satoshi courait après les policiers, dans le petit parc bordant le fleuve Yuifira. Plutôt les quelques rangées d'arbres et de buissons. Ses hommes et ceux d'Eléna avaient pris de l'avance, couvrant les abords directs du fleuve. Ils lui avaient assuré que l'un d'entre eux avait touché Light, et qu'elle était tombée à l'eau. Le jeune héritier des Hikari préférait ne pas le croire, même si le fait que la voleuse était morte, tuée par une balle ou par noyade, était envisageable. Il secoua violemment la tête de gauche à droite, chassant ces pensées morbides de son esprit, manquant de se prendre une branche en ne regardant pas où il allait. Satoshi continuait sa course, guettant la moindre trace de Light autour de lui.
Une trace écarlate sur un tronc, des feuilles retournées en continu, comme si on avait traîner quelque chose, des branchages cassés attirèrent son attention. Il frissonna. Il se sentait observé. Un regard lourd, perçant, menaçant. Un danger. Le jeune policier regarda autour de lui, essayant de le trouver, de l'appréhender. Mais ce danger restait invisible à ses yeux. Sa respiration s'accéléra, ainsi que les battements de son cœur. Une branche craqua. Satoshi fit volte-face. Ils étaient là. Deux yeux. L'adolescent eut le malheur de faire un pas en arrière, sous l'effet de la surprise, les yeux lui sautèrent à la figure. Il tomba en arrière, s'imaginant déjà être découvert au petit matin, égorgé par un esprit libéré de l'"Etincelle d'espoir". Mais non… Une langue lui léchait sans interruption la figure, pendant qu'il se remettait de sa frayeur inutile. La créature en question poussait des « Kyou » en permanence. Satoshi s'assit par terre, la bestiole roula sur ses cuisses. Il se remit sur son séant lui aussi et le fixa de ses grands yeux bleus foncés. L'humain le détailla, lui et son pelage noir. Il ressemblait à With, le serviteur de Dark, alors il devait être…
- Tu es le serviteur de Light ?!
Le lapin transgénique sauta à terre et commença à gesticuler, tout en poussant ses « Kyou ». Satoshi se leva en le regardant. Il ne comprenait absolument rien, mais il croyait deviner.
- Tu veux me mener jusqu'à Light ?
Le démon acquiesça et fonça sans attendre dans un buisson. Le garçon le suivit. Il n'eut pas à faire beaucoup de chemin, la voleuse était là, derrière le buisson, adossée à un arbre.
- Light ! Light, ça va ?!
Elle ne répondait pas, sa tête était basse, ses mèches brunes sur le devant, cachant son visage. Satoshi s'agenouilla à côté d'elle, l'appelant doucement. Il posa une main sur son épaule, dans la température le surprit. Légèrement tiède et glacé. Il enleva sa main et la regarda. Elle était tachée d'un liquide écarlate. Elle avait donc bien été touchée.
- Satoshi…kun…
- Ca va ? lui demanda-t-il précipitamment.
- J'ai… sûrement dû… avaler la moitié… de Yuifira… mais je tiens le coup…
- C'est tout ? continua-t-il, se rappelant les feuilles retournées.
- Sous l'eau… j'ai dû m'accrocher… ma jambe…
Sans attendre la permission de la voleuse, il souleva doucement le morceau restant de la jambe du pantalon. La jambe de Light était dans un sale état : une profonde entaille longeait le mollet.
- C'est en train de se soigner tout seul…
- C'est sûrement infecté ! riposta-t-il.
- La nature et la magie sont bien faites !… Attends encore un peu, ça va bien plus vite maintenant…
Satoshi enleva sa veste et la posa sur le dos de la voleuse, puis il s'assit à côté d'elle, en silence.
- Comment va Etzumy-chan ? s'enquit-il après quelques minutes, bien que la question lui brûlait les lèvres depuis le début.
- Je la maintiens inconsciente, pour ne pas qu'elle subisse la douleur…
Le policier se mordit la lèvre, ne voulant rien répliquer. Light faisait ça pour le bien de son hôte, il n'y avait rien à ajouter.
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Satoshi avait effacé consciencieusement les traces de Light, et commença à regarder dans les environs. Les policiers étaient passés ici il y a un moment, il était fort probable qu'ils ratissent la zone en sens inverse. Une fois revenu de son petit tour, il trouva la voleuse debout, l'attendant sagement. Elle lui sourit et lui assura qu'elle était à présent en état de se déplacer sans trop endommager sa blessure, car celle-ci ne s'était pas complètement refermée. Le jeune policier hocha la tête et prit le tableau de sa mère sous le bras. Durant la marche, Wizu les suivait par les arbres, surveillant les environs de son perchoir. Ils continuèrent ensemble jusqu'à l'orée du parc. Mais dans la rue, plusieurs policiers étaient groupés, Eléna avec eux.
- Et merde ! lâcha la voleuse entre ses dents. 'Manquait plus qu'elle !
Satoshi n'avait rien dit, mais il n'en pensait pas moins. La Commandante élevait la voix, semblait passer un savon à ses hommes, qui s'étaient figés. Elle hurla encore quelque chose. Les policiers firent le salut militaire, puis se dispersèrent rapidement. Eléna resta sur place, leva la tête, sonda le ciel nocturne.
- Bon ! chuchota Light. Ça va pas être de la tarte !
Le jeune policier sentit le changement dans la voix de la fuyarde, ce ton sérieux. Il la regarda. Une expression sérieuse était peinte sur son visage. Elle fixait Eléna, puis se mit à regarder de tous les côtés. Elle finit par planter son regard brun dans les yeux bleus du garçon.
- Satoshi-kun, est-ce que tu es capable de te créer des ailes ?
Le jeune Hikari n'en croyait pas ses oreilles, mais pourquoi… ?
- Es-tu capable de le faire, oui ou non ? insista la voleuse.
Il la fixa un instant, engageant une conversation visuelle avec elle : « Tu sais ce que ça me fait ? » « Oui, je suis au courant. » « C'est vraiment nécessaire ? » « Sinon, je ne te le demanderais pas. » « Je risque d'hurler, de nous faire repérer. » « Je m'occupe de ça. », puis il ferma les yeux. Une violente douleur lui enflamma entre les omoplates. Il tomba à genoux. Light prit immédiatement une plume noire entre ses doigts et murmura :
- Illusion !
Eléna se retourna immédiatement vers les arbres, elle aurait juré entendre la voix de la voleuse, mais pourtant tout était calme. Elle scruta les ombres jouant sur les troncs à l'aide de la brise naissante. Non… Tout était calme…
Satoshi enlaça son frêle corps d'adolescent. Il ouvrit la bouche, prit une grande inspiration, se préparant à hurler de douleur. Light, ne le quittant pas des yeux, claqua des doigts. Il expulsa l'air de ses poumons, mais aucun cri ne sortit. Il n'avait plus de voix. Une aile banche perfora la peau de son dos, se déployant dans un tourbillon de plumes blanches, l'autre suivit. Le jeune héritier resta un instant à quatre pattes sur le sol, reprenant son souffle. La voleuse s'agenouilla en face de lui, faisant fi de sa propre blessure, et le caressa les cheveux dans un geste tendre et rassurant :
- Tu es très courageux Satoshi.
Elle avait laissé tomber la particule, ne voulant pas s'embarrasser avec les futilités du langage dans un moment pareil. Satoshi se releva, non sans peine. La voleuse croisa le regard de son serviteur, celui-ci vint vers elle, se transformant et lui donnant des ailes noires. Elle fixa Eléna, qui regardait dans leur direction, mais ne voyait rien.
- Nous sommes invisibles ? la questionna-t-il, ayant recouvré sa voix.
- Non, j'ai utilisé un sort qui fonctionne à partir d'illusion. Mais si nous quittons cet endroit, nous serons à découvert.
Sans lui laisser le temps de répliquer, Light fit apparaître une plume noire dans sa main. Elle ajouta, non sans un léger sourire amusé :
- Le sort que je vais réaliser maintenant me demandera une grosse dépense d'énergie, je risque de m'évanouir. Si c'est le cas, tu devras me réveiller rapidement. Use des baffes, ne t'en prive pas ! Après ce que je t'ai fait subir…
Satoshi hocha la tête. Elle pouvait lui faire confiance, il n'allait absolument pas s'en priver ! Light posa sur lui un regard assuré, puis tendit sa main, paume vers lui. Sans rien dire, il appliqua sa main sur la sienne. La plume se mit à briller d'une lumière noire.
- Unsichtbarkeit ! incanta sa propriétaire.
La plume se mit à briller plus violemment. Sa lumière obscure se répandit sur le corps de Light, puis sur celui de Satoshi. Au contact, il devina que ce n'était pas de la magie noire. Un sceau se traça au sol, un sceau qui n'appartenait pas aux Hikari. Il n'eut pas le temps de le regarder plus, la lumière devint trop vive, il dut fermer les yeux. La lumière se fana aussi rapidement qu'elle était apparue. Le jeune Hikari sentit que la main de Light partait en arrière. Il ouvrit difficilement les yeux, mais assez vite pour voir la brune reculer, s'adosser à un arbre et se laisser glisser à terre. Sa main droite se ferma et s'ouvrit plusieurs fois pendant qu'il s'approchait d'elle. Elle fendit l'air, mais son bras fut arrêté par un autre bras. La claque qu'il s'arrêtait à lui coller ne fut jamais, Light venait de la parer.
- C'est bon… je suis encore là…
Dommage, vraiment dommage !… La voleuse se releva doucement et resta quelques instants adossée au tronc, prise de vertiges. Elle respira un bon coup, puis prit le tableau de Rio sous le bras, qu'elle avait enveloppé d'un linge noir. Ses ailes noires se déployèrent et battirent un grand coup. Propulsée, elle perça la cime des arbres sans encombres. Elle fit volte-face, dominant le petit parc… et la rue.
- Satoshi !! Attends !!! lui ordonna-t-elle par télépathie.
Le jeune policier, qui s'apprêtait à la suivre, stoppa net son mouvement. Eléna, un pistolet dans chaque main, tenait dans sa ligne de mire l'endroit exact par où Light était passée, et là où Satoshi allait passer. Elle était forte, très forte ! La brune, après avoir demandé au garçon d'attendre le bon moment, se déplaça dans le ciel, faisant bouger le moins d'air possible. Elle se posta sur le toit d'une maison relativement proche de la militaire et tendit la main vers elle :
- Passatwind !
Une boule d'air fonça vers Eléna, la faisant tomber. Satoshi en profita pour s'envoler et s'éloigner. La voleuse le rejoignit immédiatement et ils prirent rapidement de l'altitude. Une fois à bonne hauteur, ils commencèrent à ralentir l'allure, pour finir par adopter une vitesse assez lente. L'héritier des Hikari regarda la ville illuminée, un beau spectacle. Il se surprenait à ne pas devoir penser à battre des ailes, mais ça s'expliquait assez facilement. Son corps était imprégné des vols de Krad, et lui, avait acquis ces automatismes. Il regarda Light, qui semblait perdue dans ses pensées. Au bout d'un moment, elle ferma les yeux, soupira et se retourna, tournant le dos à la ville. Après un moment d'incrédulité à l'état pur, Satoshi la fixait avec insistance. Elle volait ! Elle volait, le dos vers le sol ! Les mouvement de ses ailes étaient différents, plus amples et légèrement plus rapides. La jeune fille posa le tableau sur son ventre et noua ses mains derrière sa tête. Le regard vague vers les étoiles, elle lâcha un nouveau soupir d'aise.
- Tu es différente, n'est-ce pas ?
Light stoppa sa contemplation de la voûte céleste pour regarder son accompagnateur.
- Différente ? répéta-t-elle.
- Oui, de Dark et de Krad.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Il baissa son regard vers la ville, semblant y chercher de l'inspiration.
- Et bien… Ta magie, tu utilises d'autres magies qui ne sont pas de ton élément… Tandis que Dark et Krad ne manipulent que la magie relative à leurs éléments… Et puis… Ta façon de l'utiliser… Tu n'es pas une œuvre d'art, n'est-ce pas ?
Light, ne quittant en rien sa position décontractée, leva les yeux vers les étoiles :
- Nous sommes tous des œuvres d'art. Toi, moi, Dark et Krad… C'est vrai que je suis légèrement différente de ces deux zozos, mais pas dans ce sens !
Satoshi comprit que la voleuse ne lui dira rien. Ses réponses étaient trop évasives pour pouvoir l'aider. C'était donc à lui de tout découvrir, et ce, par tout les moyens mis à sa disposition. Cependant, il lui posa une autre question :
- Est-ce qu'Etzumy-chan est au courant ?
Il voyait déjà la suite : « Au courant de quoi ? » , « Que tu es une œuvre d'art. » et là, elle se retrouverait coincée. Elle aurait le choix entre dire oui ou non, confirmant l'idée de sa nature d'œuvre, ou autre chose… Mais quoi ? Cependant, contre toute attente, celle-ci lui répondit avec un grand sourire :
- Et si tu lui posais directement la question ?
Satoshi pâlit en un éclair. Le temps d'un battement de cœur, les yeux de Light devinrent émeraudes et ses cheveux argents. Les ailes noires disparurent. Etzumy chuta, inconsciente. Sans perdre une seconde, Satoshi plaqua ses ailes contre son dos et piqua vers elle. Il réussit à l'attraper avant qu'elle ne s'enfonce, tête la première, dans la mer. Volant en rasant la surface de l'eau, il s'efforça à reprendre une respiration et un rythme cardiaque normal. Light était devenue complètement folle ? Ou lui faisait-elle comprendre qu'il ne devait pas chercher plus loin ? Il contempla le visage endormi d'Etzumy, pencha la tête et déposa sur ses lèvres un chaste baiser. Elle ne s'était sûrement pas rendue compte de ce qui lui était arrivé, et tant mieux.
Le jeune Hikari fonça jusqu'à la maison des Niwa. Ils devaient être morts d'inquiétude, vu l'heure tardive. Il se posa dans l'heure jardin, qui pourrait être renommé "piste d'atterrissage" en ce moment, son précieux chargement toujours endormi. L'adolescent aux cheveux bleus fronça les sourcils, il avait la désagréable sensation d'avoir oublié quelque chose. Mais la réponse lui sauta quasi-immédiatement aux yeux :
- LE TABLEAU !!!!
C'est pas vrai ! Il avait réussi à oublier le tableau de sa mère ! Il était sûrement au fond de l'eau maintenant ! Un drôle de bruit lui fit lever la tête. Il manqua d'éclater de rire. Non, il n'était pas à l'eau, puisque Wizu, sous sa forme primaire, battait frénétiquement des oreilles pour mener l'œuvre à bon port, le tenant par le tissu noir.
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Satoshi avança vers la maison, accompagné du petit démon qui maintenait le tableau en l'air. Ce fut la mère de Daisuké qui l'accueillit, katana au clair. Il dut éviter quelques coups bien sentis, avant qu'Emiko réalise qu'Etzumy était saine et sauve et que le jeune garçon ne représentait pas de danger, malgré les deux grandes ailes blanches qu'il arborait. Elle lui prit Etzumy des bras et Wizu put lui donner le tableau, maintenant qu'il avait les mains libres. Il se posta sur son épaule et d'un petit mouvement de tête, l'incita à entrer. C'est ce que l'héritier des Hikari fit, sous l'œil du maître Niwa. Il évita un moment son regard, fixant les escaliers. Le jeune garçon finit par rentrer ses ailes blanches et par se laisser tomber sur un coin du canapé. Il posa ses coudes sur ses genoux et prit sa tête entre ses mains, laissant échapper un long soupir. Daiki s'assit près de lui, compatissant :
- Ca n'a pas l'air d'aller très fort, mon garçon !
Satoshi afficha un petit sourire ironique :
- Oui, en effet… Si je savais le pourquoi du comment, j'aurais peut-être un peu moins mal à la tête…
- Tu veux du paracétamol ? demanda Kosuké, qui venait d'arriver.
- Des réponses à mes questions seraient plus efficaces.
- Quelles questions ? l'interrogèrent les deux hommes.
Daiki regarda son gendre s'asseoir sur le canapé. Il croisa ses mains, et écouta le jeune adolescent.
- Pourquoi est-ce que Light a… a réagi aussi radicalement… ?
- Qu'est-ce qui c'est passé ?
- Nous étions hors de danger et… je l'ai questionné sur sa nature…
- Sa nature ?
- Je ne pense pas qu'elle soit comme Dark et Krad… Elle est différente…
Kosuké et Daiki restèrent pensif suite à la réplique de Satoshi. L'un était en train de remuer dans ses souvenirs, de trouver un lien entre les différentes œuvres des Familles d'Artistes et Light. L'autre se rappelait de toutes ses discussions avec Kohané, l'hôte de Light à l'époque où Dark vivait en lui. Le jeune policier ne chômait pas non plus, énumérant une à une toutes les œuvres de sa famille et cherchant le moindre lien entre elles et la voleuse… Du moins, jusqu'à ce qu'une voix angélique s'interpose…
« Si elle vous le cache, c'est qu'elle a une bonne raison. »
- Tu la protèges ? s'exclama Satoshi en relevant la tête de surprise.
Daiki et Kosuké émergèrent de leurs réflexions et regardèrent le jeune garçon qui arborait une expression incrédule. Le père de Daisuké fronça les sourcils, il n'avait même pas caché cette expression et avait parlé à haute voix. Que lui avait dit cette entité, pour cela lui fasse un tel effet ?
« Certaines choses doivent demeurer inconnues aux yeux des autres, doivent être oubliées, Satoshi-sama. » continua Krad sur son ton calme. « Light a tiré un trait sur certains souvenirs, même si elle a refusé que je lui efface la mémoire. »
o°0°o
- Si tu veux, je peux te faire oublier…, fit Krad en avançant sa main vers le front de Light.
- Arrête ! cria-t-elle.
Elle lui attrapa le poignet, manquant de le lui briser. L'Ange Blanc resta interdit quelques instants.
- Tout sera effacé ! Les bons et mauvais moments, mes erreurs, je risque de les refaire… ! Et je ne veux pas !!! Même si ça me fera souffrir, je veux que ça me reste en mémoire ! Je ne veux plus que ça se reproduise ! Plus jamais !
Il la fixa un moment. Elle était à genoux, les mains et le visage crispés. Ses larmes tombaient sans interruptions. Krad posa doucement un genou à terre, son poignet toujours emprisonné. Il posa sa main libre contre la joue de Light :
- Tu es si compliquée… Mais soit, je respecterai ça.
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Krad poussa l'équivalent d'un soupir, ce qui fit frissonner Satoshi. L'adolescent ne voyait pas les souvenirs de celui qu'il hébergeait. Krad savait quelque chose ! Il était peut-être même, directement ou non, lié à ce refus de parler.
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Etzumy regardait les étoiles par le plafond vitré, assis sur le lit que formait le canapé déplié. Elle s'était réveillée il y a peu de temps, Emiko venait juste de finir de la changer. La jeune Hakura ne souvenait pas de ce qui c'était passé après la plongée de Light dans le fleuve. Elle aurait aimé pouvoir lui demander, mais la voleuse dormait profondément… Non, elle semblait s'être renfermée sur elle-même. C'était la première fois qu'elle faisait ça, il s'était passé quelque chose pendant son inconscience ? Doucement, la petite voleuse aux cheveux argents desserra l'étreinte que formaient ses bras autour de ses jambes repliées contre sa poitrine et s'allongea sous les couvertures. Wizu vint se lover contre son cou, essayant de lui apporter un peu de réconfort. Etzumy plongea très rapidement dans les bras de Morphée, épuisée.
