Petite note : C'est avec un peu de retard que je vous propose la suite de cette histoire. Duo commence à lever les pans du mystère qui l'entoure...et cela va lui permettre d'avancer avec Heero...pas à pas.

Bonne lecture !

Chapitre 9 – Révélations

Après que Duo se soit profondément endormi, Heero descendit à la cafétéria de l'hôpital. Il n'avait pas le cœur à le laisser complètement seul après ce qu'il avait vu et entendu, et Duo semblait totalement apeuré et perdu. Il se demandait bien depuis quand il se souciait davantage des autres que de sa tranquillité. Il avait du mal à laisser autrui pénétrer sa carapace, il se le refusait même, et Duo avait réussi, sans même essayer, naturellement.

Trowa, c'était différent. Ils avaient tous les deux une certaine réserve naturelle et le même amour du silence. Ils s'étaient tout de suite entendus, et ils savaient que chacun pouvait compter sur l'autre. Ils ne cherchaient pas à être intrusifs mais restaient disponibles l'un pour l'autre. Une belle amitié, tout simplement.

Heero fixait son café, semblant suivre les volutes de vapeur qui s'échappaient de sa tasse. Bien sûr, les échanges du médecin avec Duo l'avait interpellé.

Duo se nourrissait mal ? Pourtant il emmenait ses bentôs chaque midi, même si c'est vrai que les quantités n'étaient pas faramineuses. Il se rappela à ce moment d'une remarque de Quatre : il avait taquiné Duo sur les petites quantités qu'il ingurgitait et avait fait remarqué qu'il allait vite tomber dans le cliché du mannequin anorexique s'il n'y prenait pas garde. Duo avait piqué un fard et grommelé une réponse inintelligible. Ils étaient tous vite passés à autre chose car Duo ne les inquiétait pas outre mesure. Il était très mince, certes, mais ne semblait pas rachitique non plus.

Une chute d'escalier il y a un an ? Bien entendu, Duo étant très secret sur sa vie d'avant, il ne leur en avait jamais fait mention. Et il s'en était visiblement bien remis puisque cela ne se voyait pas du tout à sa démarche. Seule la manière dont Duo a répondu au médecin permettait à Heero de comprendre qu'il y avait sans doute une histoire derrière ce malencontreux accident…

Et puis, venait ensuite les conditions de son rétablissement : comment allait-il faire tout seul ? Rester à l'hôpital ou aller en maison de convalescence près des personnes âgées ? Et s'ennuyer à mourir pendant au moins deux mois le temps que ses blessures se rétablissent ? C'était la dépression assurée pour cet ado amoureux des contacts. Rentrer chez lui dans son appartement inadapté n'était pas une option envisageable, seul sans personne pour l'aider, et il sera bien obligé d'en arriver à cette extrémité… Heero sentit ses pensées vagabonder dans tous les sens, sans réussir à s'accrocher à une idée. Cela ne lui ressemblait pas !

Une sonnerie de téléphone le fit revenir au présent. C'était Trowa.

- Hi !

- Trowa.

- Comment va Duo ?

Pas d'entrée en matière. C'était bien du « Trowa ». Il avait tout à fait deviné ce que Heero allait faire ce matin.

- Il dort pour le moment.

- Il a vu le médecin ?

- Oui, je suis resté avec lui pendant qu'il l'examinait. Il a un œdème à la tête qui va se résorber, apparemment ce n'est pas trop grave et ils sont optimistes. Par contre, il a une triple fracture à la jambe avec au moins deux mois d'immobilisation. Dans le meilleur des cas.

Il passa sous silence les détails gênants qu'il avait relevé.

- Deux mois ! C'est long…surtout pour lui ! Comment va t'il faire ? S'inquiéta Trowa.

- Aucune idée, je ne suis même pas sûr que cela lui ait effleuré l'esprit. Il est sous calmants.

- Il va falloir le soutenir plus que jamais. As-tu pu lui parler un peu ?

- Quelques mots…

Leur échange à demi-muet du matin lui revint en tête mais il le garda pour lui. Trowa n'aurait peut-être pas saisi la solennité du moment.

- Veux-tu que je vienne te tenir compagnie ce matin ?

- Ca va pour le moment. Je lui ai promis de ne pas m'éloigner.

- Heero…commença Trowa, semblant hésiter à poursuivre.

- Hn ?

- …Non, laisse tomber. Ecoute, tiens-moi au courant si tu as d'autres nouvelles. Je vais prévenir Quatre et nous passerons sans doute dans l'après-midi tous les deux. Nous nous reverrons à ce moment-là. Dis-nous si Duo a besoin de quelque chose en particulier.

- Ok.

- A plus, Heero

- Hn.

Pour discuter sans déranger, Heero était sorti dehors. Il décida de tenter sa chance et d'aller voir si Duo était réveillé. Au passage, il se prit quelques magazines pour s'occuper dans la chambre.

En arrivant, il constata que Duo dormait toujours. Il se plaça sur un fauteuil à côté de lui et entreprit de commencer sa lecture.

En émergeant, Duo sentit quelque chose de lourd mais aussi de très doux sur sa main gauche. Il vit Heero, ou plus précisément sa tête, qui s'était visiblement endormi sur sa lecture et au passage, sur sa main. En voulant le chatouiller pour le réveiller, il ne put s'empêcher d'émettre un cri de douleur, réveillant Heero.

Heero surpris de s'être laissé aller à s'assoupir ainsi, se redressa brusquement et adressa un regard inquiet à son ami. Il lui demanda :

- Duo, que t'arrive t'il ?

- Ohh Heero, désolé, je t'ai réveillé ! Ecoute, ce n'est rien. En déplaçant ma main, j'ai senti une douleur à l'intérieur. Sans doute l'engourdissement.

Tout en disant cela, il essaya de bouger sa main droite qui le lançait. La douleur était bien présente et il n'arrivait pas à la mouvoir correctement. La grimace qu'il fit renseigna Heero sur le sérieux de la blessure.

- Il faudrait peut-être mieux vérifier. J'appelle une infirmière.

Duo grimaça mais il savait qu'il avait raison. Elle ne fut pas longue à venir. Une jeune femme aux traits asiatiques se présenta dans sa chambre.

- Bonjour Duane, je suis Sally PO, médecin interne en orthopédie, sous la responsabilité du Dr Tracy. Vous avez appelé ? Je devais justement venir faire le point avec vous.

- Bonjour Sally, je vous remercie. Je viens de me réveiller. Ça va bien mieux. Mais j'ai mal à la main droite. Ça ne doit pas être grand-chose mais…

- Je vais regarder, promit Sally PO. L'effet des calmants s'est estompé, l'anesthésie aussi. Vous allez retrouver progressivement la sensation de tous vos membres. Nous allons continuer les antidouleurs pour votre jambe, et cela, pendant quelques temps encore.

Tout en parlant, elle examina la main de Duo. Sa douceur surprit le malade, habitué à des infirmières plus « rustres ».

- Une radio va être nécessaire. Je pense qu'il s'agit d'une foulure que vous avez dû vous faire en tombant. Souvent, nous avons le réflexe de mettre nos mains en avant pour nous retenir. Il est tout à fait possible que cela soit le cas ici. Diagnostiqua t'elle.

- Eh bien, c'est la totale….soupira Duo.

- C'est sûr que ce n'est pas drôle, Duane, mais nous allons faire notre possible pour adoucir votre séjour et vous remettre sur pied ! Répondit Sally avec conviction. Je vais bander le poignet pour éviter les gestes brusques et je vais programmer la radio.

- Je vous en remercie. Fit chaleureusement Duo

Il laissa Sally lui mettre le bandage et essaya de ne pas hurler de douleur malgré toute la douceur qu'elle y mettait. A la fin, elle s'adressa à Duo :

- Avez-vous d'autres besoins avant que je ne m'en aille ?

- Non, merci beaucoup, je vais m'arrêter là pour le check up ! répondit ironiquement Duo.

- N'hésitez pas à me rappeler si vous avez besoin, je reste dans les parages. Jeune homme, occupez-vous bien de lui ! Finit-elle, en adressant un clin d'œil entendu à Heero, qui saisit parfaitement le message.

Elle sortit de la chambre, laissant nos deux amis seuls.

- Tu as meilleure mine que ce matin, fit Heero, coupant le silence qui s'installait.

- Je me sens mieux, la nausée est partie et je sens mon cerveau revenir à peu près en fonction. Même si, pour le coup, il y a des choses que j'aimerai bien oublier…

- Duo, tu es entre de bonnes mains, tu vas te rétablir et je vais t'aider, répondit Heero.

A ces mots, le natté regarda son ami dans les yeux. Duo se demandait comment son beau brun ténébreux avait accueilli sa requête plus tôt, alors qu'il était proprement terrorisé à l'idée de revivre seul les événements douloureux de l'année dernière.

- Pourquoi Heero ? Je veux dire…je suis tellement heureux que tu sois là, à mes côtés, alors que j'aurai l'impression de me noyer, de ne plus faire surface si tu n'étais pas là… Je ne voulais plus vivre ça tout seul, c'est trop dur…

Duo fit une pause, conscient d'être confus. Ses idées avaient du mal à sortir dans l'ordre et sa voix commençait à trembler d'émotion :

- Heero… Cela ne fait que quelques mois que l'on se connaît… j'aurai compris que tu me laisses tout seul…

La voix de Duo se cassa.

- Duo, pourquoi je l'aurai fait ? Répondit Heero, choqué qu'il puisse le penser.

Le ton de son ami rassura Duo sur son sérieux, il ne le laissera pas tomber.

- J'ai toujours été seul, Heero. Depuis que mes parents sont morts, j'ai l'impression de devoir tout supporter sans le soutien de quiconque. Je pensais que je résisterai, que ça ne me touchait pas…plus… mais en fait, c'est trop dur… Je veux être sûr que tu n'es pas un mirage…

Les larmes coulaient sur ses joues

- Duo, je ne suis pas un mirage, ni un miracle, ou même quoi que ce soit d'autre, mais ton ami. Et je ne veux pas moi non plus que tu sois tout seul pour vivre ça. Tu as besoin de moi, tu m'as demandé de l'aide, je suis là.

Heero fit une pause, peu habitué à parler autant.

- Tu sembles déjà avoir vécu la même chose… reprit Heero, doucement.

Son ami ne répondit pas tout de suite. Il savait que cette question viendrait.

- Je...je ne sais pas par où commencer …

- Tu n'es pas obligé de m'en parler. Ça ne changera rien pour moi, rassura Heero, voyant Duo perdu.

- Merci Heero….je crois…je crois que ça me ferait du bien d'en parler à quelqu'un mais comment être sûr que tu ne me fuiras pas après ? Se désola Duo.

Comme réponse, Heero serra la main valide de Duo.

- Regarde-moi, Duo.

Duo releva ses yeux pleins de larmes vers ceux de son ami. Il s'y plongea et ce qu'il vit le rassura. Du respect, de l'amitié, de la protection, une chaleur telle qu'il ne l'avait plus ressenti depuis longtemps. Heero s'exprimait peu par les mots mais quand il voulait faire passer des sentiments, il y arrivait très bien. Duo inspira fortement et commença :

- Crois-tu au destin, Heero ?

Heero regarda Duo, intrigué.

- Moi, je crois que je l'ai contrarié et que tout ce qui m'arrive est lié. Je suis fils unique, mes parents sont originaires de la région L2 mais vivaient dans la région L1 pour leur travail. Quand j'ai eu 10 ans, un camion est rentré dans notre voiture, j'étais à l'arrière. Mes parents sont morts sur le coup, apparemment. La voiture n'était plus qu'un monceau de ferrailles, de ce que j'ai pu entendre, et ils n'avaient aucune chance d'en réchapper. Moi, je me suis réveillé 2 mois plus tard alors qu'aucun espoir n'existait plus pour moi. J'ai même perdu un rein dans l'accident.

Heero se rappela alors la cicatrice dans le bas du dos de son ami natté et fit alors le rapprochement dans son esprit. Duo reprit :

- Depuis ce moment-là, j'ai l'impression que la mort cherche à me rappeler à elle, comme si j'aurai dû mourir lors de l'accident, en me faisant subir les pires tourments.

Le ton de résignation qu'employa Duo effraya Heero, mais il ne l'interrompit pas. Duo continua son récit :

- Ma Tante Mila était ma seule famille restante. Elle avait sa vie, sa famille mais accepta tout de même de m'accueillir chez elle. Je crois qu'elle s'est sentie obligée. Elle a deux enfants, deux cousins, qui n'ont jamais fait aucun cas de moi, je n'existais pas mais ce n'était pas grave, je ne m'en formalisais pas. Et puis, il y avait mon oncle, son mari…

Duo fit une pause, comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait dire :

- Mon oncle n'était pas heureux de mon arrivée, je lui coûtais de l'argent. Et puis, il a été licencié suite à un accident de travail qui l'a handicapé. Et ensuite, je n'ai pas compris, il m'en voulait, il me détestait, je ne sais pas… J'étais sa cible préférée. Des insultes, des gifles… et puis des coups que j'ai appris à éviter. Parfois. Pas toujours. Mais la dernière fois… oui la dernière fois, il y a un an, je n'ai pas pu l'éviter. Je n'ai même pas eu le temps de comprendre. Il est rentré dans ma chambre, complètement ivre, s'est mis à crier, à me frapper alors que j'étudiais sur mon bureau. J'ai eu très peur et j'ai essayé de fuir, mais il m'a rattrapé et il m'a poussé…dans l'escalier. J'ai dévalé l'étage complet. La dernière chose dont je me rappelle, c'est cette espèce de rictus qu'il abordait, comme s'il se disait : va t'il enfin me laisser en paix ? Je me suis réveillé à l'hôpital…comme aujourd'hui. Aurais-je dû mourir ? Sans doute …mais c'était encore raté. Il n'avait réussi qu'à me mettre une jambe dans le plâtre…

- Duo, il n'y a pas de fatalité. Tu devais et tu dois vivre. Fit Heero, d'un ton sans équivoque. Ne pense pas autre chose.

- C'est à la suite de cet …incident que ma tante Mila m'a supplié de partir, avant de détruire toute sa famille, et de me détruire, moi. Elle n'en pouvait plus elle non plus de l'ambiance désolante que j'avais amené avec moi à mon arrivée. Elle m'a aidé à monter mon dossier d'émancipation, alors que j'étais encore sur mon lit d'hôpital et à trouver mon nouvel appartement. Je précise que j'étais pleinement d'accord pour la procédure, je ne voulais plus revenir.

- Et ton oncle ?

- Je ne sais pas, dès que j'ai pu, je suis parti sans me retourner, je ne veux plus rien avoir à faire avec lui.

- Il n'y a pas eu de poursuites. Constata Heero.

- Je n'ai pas voulu faire de problèmes à ma tante. Je suis tombé dans les escaliers. Point.

- Duo…

- Oui, je sais, répondit-il en secouant la tête. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Ils étaient malheureux à cause de moi.

Le silence accueillit ce récit. Heero assimilait tout ce qu'il venait d'apprendre et Duo guettait une réaction de son vis-à-vis. Comment allait-il accueillir le récit de sa pauvre vie ?

- Duo. Tu as eu raison de partir dans ces conditions. Mais ne te crois pas coupable d'avoir rendue une famille malheureuse. Ce n'était pas ta faute, pas de ton fait.

Heero jugea bon de pointer la faille du récit. Duo semblait croire que ce qui lui était arrivé était pleinement sa faute. Or il n'en était rien.

- Mon émancipation, je l'ai attendu. Une fois dans la procédure, j'avais hâte de recommencer une nouvelle vie. Seul certes mais au moins je ne ferais du tort à personne, et puis honnêtement, ça ne changeait rien à mon isolement. Reprit Duo. Et cela m'a permis de vous rencontrer, Quatre, Trowa et toi. Je commençais à me dire que la roue avait tourné.

Il refit une pause puis reprit d'un air indigné :

- Mais alors, pourquoi suis-je encore là, dans ce lit, la jambe en miettes et la tête en morceaux ? Je n'ai pas subi assez de malheurs dans ma vie ? Pourquoi tous mes choix me mènent à des catastrophes ? Heero, je suis si fatigué …

Duo pleurait franchement. Revenir sur sa vie passée était terriblement douloureux et sa situation actuelle, pas fameuse …

- Comment je vais faire ? Mes études ? Mon boulot que j'aime malgré tout ? Mon autonomie chèrement gagnée ?

Duo perdait pied, commençait à s'agiter. Heero se leva :

-Duo, calme-toi, je suis là et je ne te laisserai pas, je te le promets.

Il le serra dans ses bras, mû par une envie irrépressible de le rassurer. Cela eut l'effet escompté : calmer instantanément Duo, qui n'en revenait pas.

- Je…je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris. Fit Duo, tout rouge.

Il avait le visage dans le torse musclé de son ami. Il sentait le parfum d'homme, léger et discret. Son pull lui caressait le visage et il sentit sa tension s'envoler d'un coup.

- Tu as relâché la pression, c'est tout. Ce n'est pas bon de tout garder pour toi.

Heero recula, Duo ne put s'empêcher de soupirer de regret, il était si bien dans ses bras. Il se sentait en sécurité.

- Tu ne m'en veux pas ?

- De quoi ?

- De t'avoir confié tout ça…une partie de ma vie ?

- Je fais partie de la tienne maintenant alors non, si c'était important pour toi.

Duo voulut répondre, profondément touché mais fut interrompu dans son élan : on frappait à la porte.

- Oui ?

La porte s'ouvrit, laissant apparaître Quatre et Trowa, lourdement chargés. Entre autres fleurs, gâteaux, chocolats et livres, il y avait de quoi faire. Heero croisa le regard de Trowa, qui leva les yeux au ciel de dépit.

- Mon Dieu, Quatre, mais qu'est-ce que tout ça ? Fit Duo

- Duo, j'ai eu si peur ! Comment vas-tu ? Eluda Quatre, en s'asseyant près de lui.

- Ca va mieux, les docs sont très pros ici. Quatre, je dois m'excuser. J'ai gâché ta soirée d'anniversaire…

- Mais enfin, tu n'as pas à t'excuser ! Par contre, je pense savoir contre qui diriger ma colère…

Les yeux bleus de Quatre flamboyèrent à ces mots et Duo ne put s'empêcher de frissonner.

- Je pense qu'il s'est puni tout seul, il ne va pas pouvoir reprendre le travail tout de suite, avec le coup que je lui ai donné. Fit Duo.

- Crois-tu que cela soit suffisant ? Il doit payer. Trancha Quatre, incisif.

- Il est possible que son visage ne soit pas tout à fait montrable en ce moment, effectivement. Rajouta Heero, pensif.

Ces amis le regardèrent, intrigués. Mais il n'ajouta rien de plus.

- De toute façon, peu importe. Je ne veux plus le voir. Fit Duo.

- Duo, il t'a fait du mal, tenta Trowa

- Comme beaucoup dans ma vie. Prenez un ticket, répondit ironiquement Duo.

Heero, voyant que la conversation allait déraper, changea rapidement de conversation. Un coup d'œil de Duo le convainquit qu'il avait bien fait. La fatigue commençait à le gagner et les traits de son visage s'affaissaient au fur et à mesure de la conversation.

- Nous allons te laisser Duo, tu dois te reposer et il est tard.

- Je suis désolé, effectivement je n'en peux plus. Dit-il en étouffant un bâillement.

Trowa leva un sourcil. Heero n'avait d'yeux que pour Duo et son confort, et ne semblait même pas s'en rendre compte. C'était assez rare pour être souligné.

- Duo, reposes-toi bien, dis-nous bien si tu as besoin de quelque chose, fit Quatre.

- Oui, pas d'inquiétude je vous le dirais. Mais là, je n'ai pas besoin de grand-chose à part de mon oreiller. Et je n'ai pas de doudou !

Heero se leva de concert avec ses amis. Il prit doucement la main de Duo et la serra tendrement comme un au-revoir, pour lui réaffirmer qu'il était là et qu'il ne l'abandonnait pas. Ce geste n'échappa pas à Quatre et Trowa, qui se regardèrent.

Peu après le départ de ses amis, Duo sombra dans le sommeil le plus profond. Le plateau repas apporté quelques instants plus tôt par le service resta intouché jusqu'à ce que l'infirmière se décide à l'ôter.