Voila enfin le dernier chapitre de cette fic ^^ Je suis désolée de ce retard...Gomen !!!!!

Bonne Lecture quand même^^

« Il ne faudra penser qu'à tes adversaires et surtout ne pas mettre les autres en danger inutilement… »

Tout alla à une allure ahurissante et je me repris en entendant un bruit sourd sur le sol, le bruit d'un corps.

« - CONSTANCE !!! »

La jeune fille s'était interposée pour me sauver et gisait par terre. Je n'eu le temps de me pencher sur elle car le rire dément d'Elmire me perça les tympans.

« - Quelle idiote celle-là ! »

Alors qu'elle parlait, je pris mon arc, poussée par la rage, et mon adversaire tomba, la gorge transpercée. Je m'agenouillai près de mon amie et enlevai la flèche de sa poitrine, elle avait été lancée avec tant de force qu'elle avait transpercé la Kamui. Elle respirait avec beaucoup de difficulté.

« - Pourquoi t'as fais ça ? POURQUOI !!!

- J'en sais rien…

- Tu vas pas mourir, tu vas rester avec nous hein ?

- Il fait…froid tout à coup…non ?

- Non, accroche toi, on va te ramener et te guérir. Ensuite, on ira sur la plage à Miami pour se détendre, ok ?

- Ok mais…laisse moi…dormir un peu, je suis…si fati…guée. »

Elle ferma les yeux et son souffle s'arrêta lentement. Koga poussa un long, très long hurlement, et j'éclatai en sanglot, serrant le corps sans vie contre moi, mes mains et mon visage couverts de sang, l'odeur d'acier emplissant mes narines. J'entendis des pas dans mon dos puis les cris de Ludivine et Ophélia. Etienne me prit par le bras pour me tirer en arrière mais je m'accrochais comme une possédée à mon amie.

« - Lou, lâche la, murmura-t-il.

- Non ! NON NON NON !!!

- On ne peut plus rien pour elle, lâche la, on va la ramener au Sanctuaire.

- NON !! PAS QUESTION !! ELLE EST PAS MORTE !!!

- Si, elle est morte, lâche la maintenant. »

Son ton était devenu plus sec, sans être agressif pour autant.

« - Etienne laisse moi faire. »

Il me lâcha et Ludivine prit sa place, elle parla d'une voix douce sans me toucher.

« - Elle a le droit à des funérailles convenables, tu ne crois pas ? Viens ma puce, on va sceller le Sceptre et la ramener auprès de ses parents. »

Je me retournai, toujours à terre, et m'élançai dans les bras de ma grande sœur, pleurant toutes les larmes de mon corps meurtri. Je vis Ophélia qui pleurait aussi, le Sceptre à la main, et Etienne prit Constance, la soulevant doucement. Ludivine me porta également et je sentis qu'on nous téléportait. Des cris parvinrent autour de nous, je ne savais pas où nous étions, je n'avais pas reconnu la salle à manger du Palais de Grand Pope, les yeux dans le vague. Quelqu'un voulut me prendre, mais je m'accrochai à la chemise de mon amie qui resserra son étreinte. J'entendis la voix de Zeus, si lointaine qu'elle me sembla comme dans un rêve :

« - Ophélia et Etienne, allez à Asgard pour sceller le Sceptre, vous serez aidés des Guerriers Divins. Ludivine, amène Lou chez elle, elle a besoin d'être un peu seule, mets son père au courant et demande qu'on ne la dérange sous aucun prétexte. Mu, Shaka et Camus, amenez le corps dans le temple d'Athéna et Saga prépare les funérailles avec Ka…avec Aldébaran. Je compte sur vous. »

Nous fûmes de nouveau téléportées, dans les couloirs de mon palais, et Ludivine se dirigea vers ma chambre. Elle me déposa doucement sur mon lit et me laissa après une légère caresse sur mon front. Je restai immobile un long moment, dans un autre monde, revoyant les dernières secondes de ma camarade, son expression désolée, l'étincelle de malice et de joie s'éteignant de ses yeux si purs. J'avais mal, mon cœur n'était plus, à sa place trônait une plaie béante. Si seulement je n'avais pas relâché mon attention, elle ne serait pas morte.

« Si seulement…avec des si on peut refaire le monde pauvre pomme ! »

J'étais furieuse, furieuse contre moi-même de ne pas avoir suivi les conseils de Minos, furieuse d'avoir été aussi impuissante, furieuse de ne pas être partie à sa place. Et soudain, je compris le fin mot de l'histoire qui me taraudait l'esprit depuis un bout de temps. Mon familier, sentant sans doute que j'allais l'appeler, vint se poser sur le matelas et je me mis en position assise pour le regarder.

« - Pourquoi t'as fais ça ?

- Ca quoi, »

Cependant, il y avait tellement innocence dans mon ton qu'il ne se sentit pas en mesure de me résister.

« - Pour le protéger.

- Alors c'est bien toi pas vrai ? C'est bien toi Cuerva, tu es celle que Rhada aimait.

- En effet. »

Alors j'avais raison, j'avais fais le rapprochement grâce aux noms, car Cuerva était un dérivé de cuervo qui signifie ''corbeau'' en espagnol.

« - Pourquoi t'es jamais revenue à ses côtés ?

- Je pensais qu'il me haïrait pour ma trahison, et puis quand j'ai vu qu'il me recherchait, j'ai songeais à réapparaître, puis j'ai eu honte de mon comportement. Tu père m'a juré de ne rien dire à Rhadamanthys.

- Je vois, mais tu sais, il t'aime toujours autant, et je pense qu'il serait le plus heureux des hommes si tu lui revenais enfin.

- Alors que faire ?

- Suis-moi ! »

Cette découverte avait pour un temps éloigné ma douleur, et je savais qu'elle allait m'assaillir de nouveau en beaucoup plus puissante, mais tant pis, j'en faisais abstraction pour le moment. Je descendis dans la salle à manger, après avoir bandé ma blessure, dans laquelle dînaient mes parents et les trois Juges.

« Parfait »

« - Papa, j'ai un service à te demander, dis-je, reprenant mon souffle.

- Quoi donc ma puce ?

- S'il te plait, rends sa forme à Kara.

- Pourquoi ?

- Tu sais pourquoi, fais-le s'il te plait.

- Comme tu veux. »

Il se leva de sa chaise, tandis le bras et l'oiseau noir se retrouva entouré d'une fumée blanche scintillante au travers de laquelle je vis une silhouette se dessiner, d'abord un peu bizarrement, puis de plus en plus précisément. Un cri provenant du Wyvern me fit brutalement sursauter, il semblait avoir reconnu la jeune femme. La fumée se dispersa, et Cuerva se tenait droite dans la salle, regardant ses jambes, plus du tout habituée après dix ans dans la peau d'un corbeau. Elle était habillée d'une robe grise, mon paternel l'avait sans doute fait apparaître pour ne pas qu'elle soit nue. Rhadamanthys se précipita sur elle et l'enlaça à l'en étouffer. Je vis quelques larmes discrètes rouler sur leurs joues à tous les deux, deux amoureux qui se retrouvent après de longues années de séparation. Minos se plaça derrière moi et me prit par la taille en déposant un léger baiser dans mon cou. Cette scène de retrouvaille me fit mal au cœur, les voir dans les bras l'un de l'autre, cela me rappelait tous les moments complices que j'avais partagé avec Constance. Et maintenant, c'était fini, plus jamais je n'allais la revoir, plus jamais je n'allais entendre son rire enfantin, plus jamais. Sans m'en apercevoir, je m'étais mise à pleurer. Je me retournai et me réfugiai dans les bras de mon compagnon qui m'accueillit doucement, caressant mes cheveux et mon dos, me laissant me libérer de ma tristesse. Ce déluge de sensation m'épuisa et le Griffon me souleva pour me ramener jusqu'à ma chambre et me coucher sur mon lit. Il repartit, conscient qu'il fallait que je sois un peu seule. Je finis par m'endormir.

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Le lendemain, au matin, quand je m'éveillai, une douleur sourde enchaînait mon cœur. Je sentis des bandages autour de mon corps, signe que Pandora s'était occupée de moi un peu plus tôt. Je me levai difficilement, faisant attention à ne pas rouvrir ma blessure ou abîmer mon épaule qui était encore fragile. Sans même prendre la peine de déjeuner, je m'habillai chaudement et partis pour le Sanctuaire. Les chevaliers étaient réunis dans la salle à manger, étonnant qu'ils y soient tous d'ailleurs car il n'était que sept heures. Etienne, Ludivine et Ophélia étaient également présents, dans les bras de leurs compagne ou compagnons. Apparemment, personne ne voulait être seul aujourd'hui. Les familiers ne disaient rien, et le pire pour moi ce fut de voir, devant la cheminée, à l'écart de tout le monde, assis sur le tapis, Kanon avec Koga sur ses genoux. Je me dirigeai vers eux, l'ancien Marinas me scruta avec des yeux tellement douloureux que ma culpabilité monta encore d'un cran si c'était possible.

« - Je suis tellement désolée Kanon si tu savais, » dis-je d'une voix brisée.

Il ne me répondit pas, mais je vis dans ses prunelles une étincelle de colère. Je ne pouvais pas lui en vouloir, après tout, si je m'étais moins inquiétée pour Karasu, ou plutôt pour Cuerva, elle ne se serait pas interposée. Non. Si j'avais atteint le maximum de ma puissance en me détachant de mes amis et de Minos, rien ne se serait passé ainsi. J'avais joué mon égoïste, j'avais peur de me retrouver seule, et au final c'est ce qui était arrivé. Je m'écroulai à côté du gémeau, écrasée sous le poids de ma faute, et j'éclatai en sanglot sur l'épais tapis. Je sentis rapidement une main dans mon dos, Etienne sans doute. Mais qu'importe le geste où la parole, je ne pourrais jamais me pardonner ce que j'avais fais. Quelqu'un m'enlaça doucement et je mis mon visage dans la courbure du cou du Griffon, m'enivrant de son odeur épicée qui piquait le nez. Le silence, juste rompu par mes sanglots et ceux d'Ophélia, Ludivine se retenant tant bien que mal, sans doute parce qu'elle se sentait responsable de nous quatre, étant la plus âgée, ce silence donc dura un long moment avant que le Dieu des Dieux, accompagné de Poséidon et de mon paternel, n'apparaissent. Nous levâmes tous le regard vers eux et Zeus prit la parole :

« - Vous avez été courageux mes chers enfants, et je vous remercie infiniment pour ce que vous avez accompli. Cependant, je tiens à vous présenter toutes mes excuses, les plus sincères, pour vous avoir exposé à un danger pareil. L'enterrement de Constance aura lieu cet après-midi, dans le cimetière des chevaliers. L'âme d'un enfant divin ne peut aller dans le cercle des réincarnations, elle est donc bien morte pour de bon. »

Le Dieu des océans prit la suite, nous regardant tous les quatre :

« - Je tiens moi aussi à vous remercier d'avoir été si présents pour elle. Lou, ne culpabilise pas trop, je ne t'en veux absolument pas.

- Je vous présente…mes plus sincères condoléances, murmurai-je en baissant les yeux, incapable de le regarder en face. Vous savez, Constance était notre petit soleil, et jamais nous ne l'oublierons.

- Je sais.

- Et sa mort nous affecte tous beaucoup, intervint Hadès. Rendez-vous à 16h00 au cimentière des chevaliers alors. Pandora ! Occupe-toi de mettre au corps de beaux habits.

- Oui Altesse. »

Les trois divinités disparurent et je laissai mon regard errer dans la salle. Toutes les personnes présentes étaient avec Ophélia ou Ludivine. Les couples Saga/Mû et Shura/Shaka, de même qu'Angelo, se chargeaient de consoler comme ils pouvaient l'ancien dragon des mers. Je poussai un long soupir.

« - Minos s'il te plait, j'aimerais retourner dans ma chambre.

- Ok, je t'y amène. »

Il salua les autres de ma part et nous téléporta aux Enfers. Dans les couloirs, alors que sa main serrait étroitement la mienne, le Griffon marcha doucement pour atteindre ma chambre. Je m'allongeai sur mon lit, la tête sur ses genoux, et il me caressa les cheveux tendrement alors que mes larmes roulaient de nouveau sur mes joues. Je pensais pourtant être déjà à sec, mais apparemment non.

« - Calme toi, chuchota-t-il.

- - C'est…ma faute.

Non, c'est pas ta faute et personne a le droit de te dire une chose pareille tu m'entends ?

- …
- Tu m'entends ? »

J'acquiesçai et sentis un léger baiser derrière mon oreille. La porte s'ouvrit et, sans même me redresser, je savais déjà l'identité des deux visiteurs. Cuerva s'agenouilla face à moi et essuya les perles salées de mon visage. Quant à Rhadamanthys, il s'assit à côtés de Minos, en silence. Les heures passèrent, toutes semblables. Eaque et Rune nous rejoignirent, tous restèrent avec moi mais sans prononcer la moindre parole. Ils respectaient mon chagrin. Au bout d'un moment, un seul geste très discret de ma part leur fit comprendre que j'avais besoin de réfléchir et ils partirent. Même si je savais qu'ils étaient derrière la porte, écoutant le moindre bruit, je me levai commençai à tout casser dans la chambre, pleurant, hurlant mon désespoir et ma fureur, jetant tous les objets à terre jusqu'à ce qu'ils se brisent, frappant les murs. Ma blessure se rouvrit, mes poings recouverts d'égratignures qui saignaient abondamment, le visage ruisselant de larmes et de sang à force de le frotter de mes mains. Quand mes cordes vocales furent aussi brisées que mon cœur, je m'écroulai au sol parmi les bibelots en miette. On aurait dis qu'un ouragan était passé par là. Enfin, me rendant compte de l'heure, je refis mon bandage, laissant les blessures de mes mains sans rien, et mis la robe que j'avais prise pour le mariage. J'enfilai des bottes noires et un long manteau avant de mettre à mon poignet droit un ruban blanc et un autre jaune. Puis je sortis de la pièce. Les couloirs étaient vides, mais je retrouvai les trois Juges dans la salle du trône, près eux aussi. Nous allâmes à la surface et nous rendîmes dans le cimentière. Le ciel était gris et le vent froid. Devant la tombe creusée, tous étaient déjà présents. Kanon se dirigea vers moi et me prit dans ses bras. Je lui rendis l'étreinte. Cela devait être beaucoup plus dur pour lui, perdre la femme de sa vie sans lui avoir avoué ses sentiments, quelque chose que personne ne souhaiterait. Koga se frotta doucement à ma jambe et je le pris contre moi, à genoux sur le sol froid, voulant lui insuffler un peu d'espoir, alors que moi-même je l'avais déjà perdu. Des Dieux apparurent, les douze olympiens pour être exact, plus Poséidon, Athéna, Odin et Hadès. Les enfants divins d'Asgard étaient également présents et Erwan vint vers moi pour me soutenir, de même que Salyana et, à mon grand étonnement, Albérich. Pandora et Etienne se tenait près d'Ophélia et Camus, tandis que Ludivine arrivait vers moi.

« - Où est Loki ? demandai-je, m'apercevant de son absence.

- Il arrive, c'est lui qui va porter le cercueil avec Saga, Angelo et Shura. »

Le cercueil. Quel mot affreux ! Mais je n'eu pas le temps de me plonger dans mes pensées qu'il arriva justement. Les quatre chevaliers étaient habillés de noir, ils avaient la tête basse et semblait vraiment triste.

« - Nous sommes tous rassemblés ici cet après-midi pour dire un dernier adieu à Constance, fille de mon oncle Poséidon, dit Athéna. Cette perte est sans doute une des plus douloureuses dans le cœur de beaucoup d'entre nous, car elle a su s'imposer avec tant de sincérité et de joie que nous la voyions tous comme un membre indispensable de notre grande famille. Malgré son jeune âge, elle était très respectée par nous tous, elle a été la première à maîtriser complètement son Cosmo et elle était une des plus puissantes enfants divines. Jamais nous ne l'oublierons, elle restera gravée dans nos cœurs. Ophélia, tu m'as demandé si tu pouvais rajouter quelque chose alors je te laisse la parole.

- Je tenais juste à dire qu'elle était celle qui nous remontait le moral, celle en qui on pouvait toujours avoir confiance, notre petite sœur à nous, notre soleil, et je regrette de ne pas l'avoir pris assez souvent dans mes bras quand j'en avais envi, ou de ne pas l'avoir assez soutenu lors de ses coups durs. Elle n'hésitait jamais à venir nous aider ou nous consoler, ou même nous donner un coup de pieds aux fesses quand nous en avions besoin, mettant de côtés ses problèmes pour s'occuper de nous. Aujourd'hui, je te dis adieu ma belle, et j'espère que d'où tu es, tu nous vois et tu nous surveilles. »

Durant ces discours, je m'étais mise à pleurer silencieusement, une main dans celle de Kanon qui sanglotait sur mon épaule, l'autre enserrait dans celle de Minos, les bras de Rhadamanthys autour de mon cou. Et, alors que le cercueil s'enfonçait dans la terre creusée, je ne pus me résoudre à me dire qu'elle était dedans, face à moi, et que jamais je ne la reverrais. La neige se mit à tomber à gros flocons, décorant de son manteau pur les alentours, recouvrant les tombes. Enfin, le corps fut enseveli et les chevaliers, après cinq minutes, partirent, à commencer par Kanon, soutenu par son frère et Mû. A la fin, il resta seulement Etienne, Ludivine, Ophélia et moi, tous les quatre fixant la pierre tombale, tremblant de froid mais ne voulant pas faire un pas, espérant sans doute secrètement que Constance jaillirait de sous la terre en criant ''POISSON D'AVRIL !!!''. Mais on était en février, et elle était bel et bien morte. Un jour, elle m'avait dis que la vie, c'était comme un obuquin, qu'on vivait des aventures, qu'on était victime de la plume de l'auteur, qu'il y avait un début, un miliue et une fin. Aujourd'hui, c'était clair, nous venions de finir le dernier chapitre de sa vie, et ce livre allait nous hanter pendant encore de nombreuses années. Nous finîmes par rentrer au Palais de Shion, dans la salle à manger, où nous attendaient des tasses de café ou de chocolat chaud. Je ne pris rien, allant de réfugier sur les genoux du Griffon qui m'enlaça étroitement. L'année ne pouvait pas plus mal commencer.

Trois jours. Trois jours depuis l'enterrement. Trois jours que je n'étais pas sortie de ma chambre, trop malheureuse pour faire face aux autres Spectres. Valentine, Sylphide et Pharaon avaient été impuissants face à mon chagrin, de même que les trois Juges. Chaque soir, je m'endormais en pleure dans les bras de mon compagnon qui faisait tout ce qu'il pouvait pour me consoler, sans grand succès. Ludivine était venue toute une matinée, Etienne de même. Ophélia, quant à elle, restait dans le onzième temple sans en sortir. Alors que la nuit tombait et que je fixais le jardin, comme souvent, je sentis une présence dans mon dos et me retournai pour voir une jeune fille de mon âge environ, avec de longs cheveux châtains foncés et de beaux yeux sombres. Son doux visage était éclairé d'un petit sourire et sa voix était aussi chaude que les rayons du soleil. Cependant, son corps, enveloppé dans une robe blanche cintrée, était translucide.

« - Qui es-tu ?

- Tu n'as pas une idée ? Pourtant je suis en toi depuis un long moment maintenant.

- ???

- Je suis Vladimira, tu portes mon étincelle dans ton corps, tu as oublié ?

- Vladimira ?

- Oui, tu sais, grâce à mon étincelle, tu ne peux mourir au combat, tu te rappelles ?

- Oui, je me rappelle oui.

- Mais j'ai une autre faculté, celle d'exaucer le vœu qui tourne sans cesse dans ton esprit. Cependant, tu te doutes bien qu'une telle chose a un prix.

- Lequel ?

- Applique celui de l'échange équivalent qui régit le monde, alors tu sauras. »

Il ne me fallut qu'une milli seconde de réflexion pour assimiler ce qu'elle venait de me dire et faire le calcul.

« - Comme faire ? demandai-je.

- Tu es bien décidée ? Tu es sûre ? Car il te sera impossible de revenir en arrière !

- Oui, j'en suis certaine.

- Alors va voir Zeus, il t'expliquera. »

J'acquiesçai et elle disparut. Je me téléportai dans la salle du trône où visiblement j'étais attendue.

« - Mon Oncle je…

- Je sais mon enfant, mais en es-tu vraiment sûre ?

- Oui mon Oncle, s'il vous plait.

- Très bien, si tel est ton choix, je vais t'amener dans la pièce où elle a été placée, tu auras tout juste deux minutes, vu ?

- Oui mon Oncle.

- Tu es bien courageuse pour faire cela. »

Je baissai les yeux et me sentis attirée vers un point invisible. Tout tournait rapidement autour de moi et j'atterris brutalement à même le sol dans la fameuse pièce, petite et faiblement éclairée. Et je la vis, la jolie Constance allongée sur une table, habillée d'un magnifique robe rouge, la peau pâle et le visage détendu. On aura dit une princesse endormie. Je m'assis près d'elle, les larmes recommençant à couler en abondance, et je la pris dans mes bras. Son corps était glacé et raide. Je me mis à la bercer comme un bambin le ferait avec une poupée, ne retenant pas mon chagrin. Bientôt, l'épaule d'albâtre fut mouillée.

« Que la grâce qui m'a été donnée lui soit accordée, sauvez là s'il vous plait, prenez moi à sa place… »

Et, alors que je sentais la vie me quitter, j'eu pour la première fois en quatre jours un véritable sourire, un sourire de bonheur, celui de donner une seconde chance à ma petite sœur. Je sentis une chaleur rassurante m'envelopper et je vis la belle Vladimira me sourire et m'entraîner là où, pour l'éternité, je serais témoin des aventures de ceux que j'aimais.

Fin du chapitre 9

Le prochain chapitre sera un court épilogue pour clôturer les aventures de nos cinq héros