Jeudi Matin

Assis sur la marche de la terrasse de son jardin, la tête entre les mains, Albafica fixe un rosier devant lui. Il n'a pas dormi de la nuit, attendant et craignant le retour de Minos, cherchant à comment lui annoncer qu'il vient officiellement de trahir les siens en commettant un meurtre et que le Grand Pope lui fera certainement payer. Les rares moments où il a pu fermer les yeux et dormir un peu, il se revoyait en train de tuer Shura du Capricorne ou d'assassiner Minos dans son bain.

- Tu es matinal, commente Luco en prenant place près de lui et en posant deux tasses de café entre eux. Le Seigneur Minos n'est pas rentré ?

- Pas encore, répond le fleuriste en prenant l'une des tasses avec un hochement de tête de remerciement.

Il boit une gorgée, le regard un peu absent. Le Spectre observe le jardin, admiratif, se rappelant de l'époque où il vivait avec Lugonis et qu'un jardin semblable s'étendait derrière leur fenêtre. Une époque lointaine à présent révolue depuis le jour où il a choisi de rejoindre le camp d'Hadès.

- Toujours décidé à aller avouer ton crime à ton Pope ?

- Oui… J'irais dans la matinée…

Le médecin tourne la tête vers lui et le regarde en se demandant comment aurait régit Lugonis s'il avait su pour la relation entre Albafica et Minos. Aurait-il approuvé les agissements de son fils adoptif ? L'aurait-il renié ? Peut-être vaut-il mieux ne pas le savoir.

- Luco ?

- Oui, Albafica ? sourit ce dernier.

Le Chevalier achève sa boisson, cherchant quelques prétextes pour retarder son départ pour le Grand Hôtel :

- Je suis curieux… Pourquoi es-tu devenu un Spectre ? Tu as choisi cette voie de ton plein gré. Tu as été élevé avec Lugonis par un Chevalier des Poissons, et pourtant tu as renié Athéna pour passer au camp ennemi.

Un petit sourire paraît sur les lèvres de Luco. Il s'attendait à ce que cette question soit posée tôt ou tard.

- A cause de Pefko.

- L'adolescent que j'ai vu à l'hôpital ?

- Oui, approuve le médecin en baissant les yeux sur son café inachevé. Je l'ai adopté un peu par jalousie, je l'avoue. Lugonis n'avait de cesse de me parler de toi, de tes progrès… et puis je me suis attaché à ce petit. Lugonis voulait aussi que je l'entraîne, pour en faire un Chevalier, mais moi je voulais un enfant avec une vie normale, non en faire un mini soldat comme il le faisait avec toi.

Albafica fronce légèrement les sourcils :

- Tu n'approuvais pas sa façon de m'élever ?

Luco se relève en prenant la tasse vide du fleuriste avec la sienne :

- Disons… je trouvais qu'il voyait un peu trop en toi le futur Chevalier des Poissons qu'il allait léguer à Athéna et pas assez l'enfant qui avait besoin d'une vie normale.

Le Guerrier se redresse à son tour :

- Je ne me suis jamais plaint de son éducation…

- Parce que tu n'as connu que ça. Si tu n'as jamais entendu parler de moi, c'est notamment à cause de cette histoire d'éducation. Nous avons commencé à être en désaccord dès qu'il t'a trouvé et a décidé de te former.

Tous deux gagnent ensemble la cuisine. Albafica prend les tasses des mains du Spectre et les met dans l'évier afin de les nettoyer.

- Donc, tu as adopté Pefko et tu l'as élevé à ta façon.

Luco attrape le torchon et essuie la vaisselle :

- Oui, jusqu'au jour où il est tombé gravement malade. Je ne trouvais aucun remède pour le soigner. Ton Maître est venu voir pour m'aider, mais il n'a rien trouvé non plus, Pefko était condamné. Je ne voulais pas le perdre, ce n'était qu'un enfant innocent et je ne savais pas quoi faire.

Le Chevalier ferme le robinet pendant que Luco range les tasses dans un placard.

- Que s'est-il passé ?

- L'Hôpital a été acheté par Rhadamanthe. Je ne savais pas qui il était. Il a fait le tour de tous les services pour dresser la liste de tout ce qu'il faudrait changer pour améliorer les soins.

Machinalement, Albafica gagne son salon pour voir comment se porte le Spectre du Wyvern. L'état de ce dernier est stable. La fièvre, bien que toujours présente, n'a pas augmenté.

- Il est passé en pédiatrie alors que je prenais ma pause et que j'étais au chevet de Pefko. J'ai pris sur moi pour lui faire visiter les lieux et il a compris tout de suite que je n'étais pas dans mon état normal. De fil en aiguille, il a quitté le sujet des modifications à faire et m'a posé des questions sur la santé de mon fils. J'ai fini par avouer que c'était sans espoir. Il n'a rien dit de particulier et nous avons repris la visite comme si de rien était.

Les yeux du médecin se posent sur le Juge inconscient, reconnaissants. Le fleuriste suit le regard :

- Et ensuite ?

- Il est venu me trouver et m'a proposé un marché. Il m'aiderait à sauver Pefko si je travaillais pour lui en échange. J'ai demandé en quoi ça consistait et il m'a répondu en toute honnêteté. Grâce à mon frère, je connaissais déjà l'essentiel sur le Guerre Sainte, il m'a par contre donné plus de détails sur les Spectres, leur point de vue… et n'a rien caché du travail qu'il me faudrait accomplir.

Luco s'assoit sur l'accoudoir du canapé en soupirant :

- Tu t'en doute, pour la vie de cet enfant, j'ai accepté. Rhadamanthe m'a alors offert du muguet blanc qui ne pousse qu'en Enfer. C'est une fleur qui a plusieurs propriétés curatives...

-…et grâce à laquelle tu as ainsi pu soigner ton fils, achève Albafica dans un murmure.

Pensif, il regarde le sol en cogitant sur ce qu'il a entendu. Il comprend les agissements du frère de son Maître, il a agi par amour pour son fils, en un sens il a même sacrifié sa vie pour celle de Pefko. Peut-on le blâmer pour ses agissements… ?

D'autres diraient surement que l'heure de l'enfant était venue et qu'il aurait fallu le laisser mourir.

C'est compliqué… Tout dépend du point de vue. En tout cas, je suis mal placé pour blâmer Luco.

- Ton travail à l'hôpital est lié à celui que tu fais pour Rhadamanthe ?

- Oui, mais je ne fais aucun mal aux enfants, ne t'inquiète pas. Je vais simplement rendre visite à mes collègues et je prends note des personnes qui sont condamnées par la maladie. J'abrège discrètement leur souffrance et ils viennent compléter l'armée du Seigneur Hadès.

- Tu en fait des soldats… Je vois.

Le fleuriste se passe une main dans les cheveux, moins certain d'apprécier cette facette du Spectre. Les soldats ne sont ni plus, ni moins, que la chair à canon de l'armée, ils ne sont pas liés aux étoiles démoniaques et n'ont pas de Surplis.

- Bien… c'était une histoire intéressante, Luco. Je te laisse veiller sur Rhadamanthe.

- Bonne chance, murmure Luco tandis qu'Albafica pénètre dans sa salle secrète.

Le Chevalier enfile son Armure par-dessus ses vêtements et effleure le blason dauphin accroché entre deux étagères remplies de sachets de plantes. Un instant plus tard, il se retrouve dans sa suite, au douzième étage du Grand Hôtel d'Athéna.

- Entez ! lance Saga en entendant toquer à la porte de son bureau.

Il lève les yeux et ne cache pas son étonnement en voyant Albafica pénétrer dans la pièce.

- Dis-donc, je vais finir par croire que tu ne peux plus te passer de moi, plaisante-il tandis que le Chevalier ferme la porte. Tu as du nouveau pour revenir aussi vite ?

- Je… Oui… Mais pas au sujet de l'ennemi.

Hésitant, le jeune homme fait quelques pas en direction du Grand Pope et tombe soudain à genoux en courbant la tête. Pris de court, Saga se lève immédiatement, alarmé :

- Tu ne te sens pas bien ?

- J'ai tué Shura…

Interdit, le Grand Prêtre reste un moment silencieux à dévisager le Chevalier prostré devant lui.

- Tu as… Dis-moi que j'ai mal entendu…

L'espoir de voir le Guerrier se relever en avouant qu'il n'est pas sérieux s'estompe rapidement devant son mutisme. Saga se rassoit, un peu dépassé par les évènements.

Gérer une Guerre Sainte est une chose, devoir également s'occuper des conflits entre les Chevaliers d'Athéna en est une autre. C'est une tâche qui ne lui plaît guère.

- Relève-toi et prend place, soupire-t-il en désignant une chaise.

Sans dire un mot, Albafica obéit et s'assoit comme demandé, les yeux rivés sur le bord du bureau.

- Bien… reprend le Supérieur en se rasseyant à son tour. Tu n'es pas du genre à agir sans réfléchir et sans raison. Tu l'as attaqué ?

-… C'est lui qui est venu me trouver… murmure le jeune homme. Ma seule excuse est que j'étais en position de légitime défense…

- Pourquoi t'as-t-il attaqué dans ce cas ?

Une rougeur s'étend sur les joues du Chevalier d'Or des Poissons qui tortille nerveusement ses doigts :

- Parce qu'il m'a surpris… Il a vu quelque chose qui lui a beaucoup déplu…

Fronçant les sourcils, le Grand Prêtre croise les mains sur son bureau en demandant à mi-voix :

- Que faisais-tu ?

Albafica se mordille nerveusement les lèvres en jetant des coups d'œil incertain dans toutes les directions. Il finit par avouer :

- Eh bien… hm… J'étais avec Minos du Griffon et…on… on s'embrassait… Lui et moi sommes plus ou moins en couple…

- Alba…

Saga secoue doucement la tête. Il s'en doutait. Il savait que le jeune homme ne disait pas tout à ses rapports, il devinait un certain attachement dans sa voix à chaque mention du Spectre.

Que peut-il dire ou faire dans une telle situation… ?

- La trêve existait déjà lorsque Shura vous a surpris ?

- Oui…

Le Grand Pope réfléchit en observant le Chevalier devant lui. Penaud, ce dernier fixe le sol, le dos un peu vouté.

- Dans ce cas, Shura est fautif de t'avoir provoqué. La trêve étant en place, ce que tu fais de ton temps libre ne le regardait aucunement… Bien sûr, ça serait différent si tu avais côtoyé ce Spectre auparavant.

Il regrette immédiatement ses paroles en voyant le jeune homme s'enfoncer un peu plus dans le fauteuil, comme s'il voulait disparaitre sous terre.

J'aurais dû me taire… Ne pas ajouter cette phrase et fermer les yeux en jouant l'autruche, laisser Shura prendre toutes les fautes.

- En réalité, bredouille Albafica en regardant le coupe papier en argent posé sur le bureau à côté d'un pot à crayons. Je… Je sortais avec Minos bien avant le début de la paix…

Il s'est mis dans une sacré situation. Je dois prendre les bonnes décisions…

Saga se relève en réfléchissant. Pour occuper ses mains, il glisse une capsule dans sa machine à expresso et vérifie si le réservoir est déjà empli d'eau, avant de l'allumer.

- Donc… cela ferait de toi un traître qui a tué l'un des nôtres. Si je dois appliquer nos lois ancestrales, tu sais quel châtiment t'attend, Albafica… soupire le Grand Prêtre en attendant que son café soit prêt.

- Je sais, oui… Néanmoins, je tiens à te jurer que je n'ai donné aucune information compromettante à Minos. Néanmoins, il est vrai que mes excuses ne changeront rien à mes agissements.

Le Chevalier lève les yeux vers lui en achevant dans un souffle :

- Les traîtres sont exécutés…

- C'est exact.

Prenant son café, le Grand Pope revient à son bureau mais ne s'assoit pas. Ses yeux se posent sur une photo où Kanon lui enfonce de force un bonnet de Père Noël sur la tête.

- Ecoute-moi bien, Albafica. Je devrais effectivement te tuer, cependant… Cependant, les règles écrites lors des premières Guerres Saintes sont maintenant assez vieilles, pas vraiment au goût du jour et je me refuse à les appliquer bêtement alors que je dois prendre certains facteurs en compte…

Le Guerrier se redresse un peu sur sa chaise tandis que son supérieur boit une gorgée de sa boisson chaude.

- Nous avons déjà un peu abordé le sujet, toi et moi rêvons tous les deux que la paix continue entre nos deux camps. Etant donné ta situation, tu dois avoir encore plus envie que moi de voir ce vœu se réaliser.

- C'est vrai… murmure le jeune homme.

- A quoi ça servirait de prendre ta vie ? Nous avons déjà perdu beaucoup de nos camarades durant cette Guerre, sans parler du fait que tu n'as aucun apprenti qui pourrait te succéder au poste de Chevalier des Poissons.

Il pose sa tasse près d'un classeur et croise les bras sur le torse en s'appuyant contre le rebord du bureau, face à Albafica.

- Et puis, honnêtement, je suis plutôt ravi par cette rêve, surtout si elle doit perdurer, c'est plutôt une bonne chose que les Spectres et les Chevaliers se mêlent, je pense. Néanmoins, je dois te pénaliser pour tes fautes.

Le Guerrier hoche la tête, anxieux :

- Oui, bien sûr, c'est normal…

- Tu es suspendu pour un temps indéterminé, tu me laisseras ton Armure d'Or en partant.

Les yeux écarquillés, Albafica acquiesce néanmoins.

- Tu ne peux plus venir comme ça te chante ici. Mais si c'est possible, j'aimerais que tu continues à me faire tes rapports pour les informations importantes, quitte à ce que tu fasses ça par mail, ou par téléphone… ou encore via l'intermédiaire de tes amis Shion et Dôko.

- Très bien… Je suppose qu'Athéna et les autres vont être au courant de ma mise à pied… ?

- Je suis obligé, mais je te garantis que ta punition ne sera pas modifiée contre une plus importante.

Le Chevalier hoche la tête :

- Merci pour ton indulgence…

Le regard de Saga s'assombrit de tristesse tandis qu'Albafica reste sur sa chaise à regarder ses pieds, presque honteux d'être toujours en vie.

- Qu'as-tu fait du corps ?

- Je ne pouvais pas le laisser sur place, bredouille le jeune homme en crispant les doigts sur sa chaise. Je l'ai déposé à la morgue, sans me faire voir d'Angelo…puis je suis reparti.

Le cœur au bord des lèvres, il se revoit en train de porter son confrère inconscient dont le corps refroidissait un peu plus à chacun de ses pas.

- Pauvre petit, murmure le Grand Pope, il était encore jeune. Trop jeune même. Il a perdu son frère trop tôt et meurt peu de temps après en voulant bien faire, sans même avoir pu faire ses preuves devant nous. Un bien sombre destin.

- C'était un innocent… soupire Albafica en relevant un peu la tête.

- Oui. Le Destin est parfois très cruel avec nos pairs.

Ses yeux se posent une nouvelle fois, avec regret, sur la photo de son bureau. Le fleuriste cligne des paupières.

Lui aussi a dû prendre une vie. Il a condamné Kanon… Ressent-il comme moi cette culpabilité qui colle sans cesse à la peau ?

- Est-ce que… ça finit par passer ?

- Précise ta pensée, Albafica.

Il prend une inspiration avant de répondre dans un souffle :

- Cette sensation… d'avoir tué quelqu'un qu'on ne voulait pas…

Saga l'observe longuement avant de répondre à mi-voix :

- Je l'ignore. Pour ma part, le visage de Kanon me hante encore à chaque seconde qui passe.

Le Chevalier des Poissons se lève lentement et retire son Armure qui va se rassembler d'elle-même derrière le bureau du Grand Pope.

- Avec un peu de chance, Shura a rejoint son frère à présent.

Vêtu de son simple petit pull et de son jean, Albafica hoche la tête sans répondre, songeant surtout à ce que lui a raconté Minos sur les Enfers. Les deux frères sont certainement en train de subir les tourments du Cocyte. A cause de lui.

- Je vais demander à Angelo de prendre soin du corps, nous ferons certainement une cérémonie pour Shura. Le fait qu'il soit arrivé dernièrement ne doit pas lui accorder moins de privilèges, les autres ont tous eu droit à un enterrement digne de ce nom.

- Aurais-je le droit de venir… ?

Saga croise les mains autour de son mug en prenant le temps de réfléchir à la question :

- Je verrai. Je dois en discuter avec Sisyphe et Athéna et je te tiendrais au courant. Tu peux disposer à présent.

Comme un automate, le jeune homme quitte le bureau de son Supérieur.

Le cœur gros, Albafica traverse la rue et se retourne. Le Grand Hôtel se dresse en face de lui, le dominant de ses quatorze étages. Jamais il ne s'est séparé de la Cloth d'Or des Poissons depuis qu'il en a hérité, il a l'impression de laisser une part importante de lui en arrière.

Ça aurait pu être pire… En un sens, il m'autorise presque à tout laisser tomber avec Athéna.

Enfouissant les mains dans ses poches, le jeune homme reprend son chemin.

C'est vrai, si la trêve cesse brusquement pendant mon renvoi, je ne serai pas obligé de reprendre mes missions pour les Chevaliers, je pourrais rester neutre… peut-être… je ne sais pas vraiment en réalité…

Il se mord les lèvres en marchant le long du trottoir.

Shion va me passer un sacré savon lorsqu'il apprendra la nouvelle. Je vais avoir du mal à le regarder en face après ça.

Cette pensée lui fait froncer légèrement les sourcils.

Une minute… C'est vrai, je suis fautif, mais je ne dois pas avoir honte ! Je ne dois pas me comporter comme un enfant penaud devant ses parents mécontents. Je suis avec Minos, j'ai des sentiments pour lui et je dois les assumer !

- Alba !

Le jeune homme s'écarte juste à temps pour éviter de se faire écraser par la moto qui vient de freiner brusquement à un centimètre de lui. Un instant plus tard, Minos le serre contre lui en laissant tomber son casque par terre.

Bien que surpris par cette démonstration affective inhabituelle, le fleuriste lui rend l'étreinte.

- Je suis content que tu sois revenu. Tu as pu voir Hadès ?

- Oui, répond le Spectre en s'écartant soudainement, réalisant qu'il se comporte certainement comme un amoureux niais et imbécile. Il a dit qu'il irait voir ça dans la journée.

Albafica se penche et ramasse le casque qu'il tend à son amant :

- Je vois.

- D'où tu sors ? Luco m'a dit que tu étais allé voir ton Grand Propre, soit disant que t'as buté un Chevalier d'Or ! J'étais en train de te chercher ! Même cette gourdasse ne laisse pas ce genre de choses impunies…

- Le Grand Pope, pas le Grand Propre, corrige le fleuriste dans un marmonnement. J'ai eu de la chance et je m'en sors bien, il m'a seulement renvoyé pour quelques temps et mon Armure est confisquée.

Minos le regarde avec des yeux ronds :

- Tu plaisantes !

- Non.

- Tu as réellement zigouillé un des tiens ?

L'idée fait sourire le Juge qui se met ensuite à rire en trouvant la situation vraisemblablement très cocasse. Le parfait, le pur Albafica a pris une vie !

- Pourquoi ? Il t'avait traité de Sardine et ça ne t'a pas plu ?

Aucun sourire n'apparait sur le visage du jeune homme qui ne goûte pas à la plaisanterie. Hilare, Minos ouvre son coffre et lui donne un second casque :

- Allez, dis-moi pourquoi tu as fait ça ! Si tu voulais rejoindre nos rangs, il suffisait de demander !

Albafica attache la sangle sous son menton et s'installe derrière le Spectre qui vient d'enfourcher sa moto, avant de répondre un peu froidement :

- Il m'a attaqué et comptait me faire la peau. C'était lui ou moi.

- Pourquoi il a fait ça ?

- Parce qu'il m'a vu en train de t'embrasser. Circule, Minos, les trottoirs sont pour les piétons, non pour les bécanes.

Le Juge tourne la clé de contact, plus stupéfait qu'il ne veut se l'avouer. Il est soulagé d'entendre le bruit du moteur, ainsi il n'a pas besoin de répondre. Pour dire quoi d'ailleurs ? L'adorable Albafica a tué… Cette nouvelle aurait de quoi faire jubiler le Griffon, pourtant il se sent un peu désolé pour la beauté assise derrière lui, une émotion qui ne lui plaît guère.

Une émotion de compassion….

Une émotion de faiblesse…

Une émotion beaucoup trop humaine !


A peine la moto se gare-t-elle devant la maison que la porte d'entrée s'ouvre sur Luco. L'expression inquiète sur le visage de ce dernier cède la place à un soulagement certain lorsqu'il voit Albafica descendre du véhicule.

- Tout va bien ? s'enquiert le Spectre tandis que le jeune homme retire son casque.

- Disons que je m'en sors pas trop mal… J'ai dû laisser mon Armure à mon Supérieur.

Le médecin fronce légèrement les sourcils :

- Autrement dit, si tu es attaqué, tu ne seras plus protégé par ta Cloth. Il va te falloir redoubler de prudence.

- Je sais, murmure Albafica.

Luco s'écarte pour le laisser passer et entrer dans sa maison.

Le fleuriste soupire en se passant une main nerveuse dans ses longs cheveux et se rend dans son salon.

Si je suis seul avec Rhadamanthe et que nous sommes agressés, je ne pourrai pas nous défendre bien comme il faut. Espérons qu'il ne se passera rien.

- Comment va-t-il ? interroge Minos dans son dos en le rejoignant avec le Spectre de la Dryade.

- La fièvre a légèrement diminué, répond ce dernier, mais c'est la seule amélioration notable.

Albafica tressaille en sentant son portable vibrer contre sa poche. Après un instant d'hésitation, il le sort et lit le nom affiché sur l'écran.

Shion. Il est surement au courant. Je ne me sens pas de lui parler maintenant, de lui expliquer. Sa tolérance à mon égard risque d'en prendre un sacré coup quand il saura que j'ai le sang d'un de nos condisciples sur les mains.

Il range le téléphone :

- Merci pour tout, Luco. Je vais prendre le relais pour veiller sur Rhadamanthe, tu as surement des patients qui ont besoin de toi.

- Tu es sûr ? Je peux prendre quelques jours supplémentaires.

Le jeune homme sourit en se tournant vers lui :

- Je t'assure que ça ira. Promis, je t'appelle si j'ai besoin de toi.

Le médecin le regarde longuement avant d'acquiescer finalement.

- Très bien… A la prochaine, Albafica.

Il lui presse doucement l'épaule, devinant ses angoisses, lui apportant silencieusement son soutien.

- Seigneur Minos, enchaîne-t-il en le saluant avant de partir.

Ce dernier répond à peine, trop occupé à observer le fleuriste qui vient de sortir une nouvelle fois son portable de sa poche en se mordillant anxieusement la lèvre inférieure.

- Tu ne réponds pas ?

- C'est Shion, il va sûrement me réclamer une explication. A l'heure actuelle, ils sont certainement tous au courant de ma mise à pied.

- Répond, Sushi, sinon il va débouler ici et trouver le moyen de me rejeter la faute dessus, ou te coller et ne plus partir…

L'idée de se retrouver devant les yeux accusateurs et la déception de son ami, d'être incapable de le regarder en face, décide le jeune homme qui prend l'appel :

- Bonjour, Shion…

Curieux, Minos se rapproche afin d'entendre le Chevalier, mais Albafica recule en lui jetant un coup d'œil signifiant clairement qu'il veut être seul. Constatant que le Spectre du Griffon n'a pas l'air de vouloir bouger, le jeune homme quitte le salon et se réfugie dans sa chambre dont il ferme la porte, soulagé de ne pas être suivi.

- Ecoute-moi avant de tirer des conclusions hâtives, le supplie le fleuriste en le coupant dans sa tirade anti-Spectre.

- Bordel, Alba ! tempête son ami. Plus rien ne va depuis que tu côtoies ce type !

- Je…

- Explique-moi pourquoi tu as été suspendu ! Saga ne nous a pas donné de détails, mais ne me fait pas croire que le Griffon n'a rien à voir là-dedans !

- C'est compliqué…

- Explique-toi ! Les rumeurs vont déjà bon train à ton sujet, même si Sisyphe a tenté de dissimuler certaines preuves, à ce qu'on raconte.

Déglutissant avec difficulté, il crispe la main sur son téléphone :

- Que disent les rumeurs… ?

- Shura manque à l'appel. Angelo a eu son corps à la morgue et d'après lui le Capricorne a été tué par une rose Piranha imbibée de poison ! Tu penses bien que tout le monde commence à raconter que tu es viré parce que tu serais l'assassin !

Albafica s'assoit sur le bord de son lit. Il sait que Saga ne le jettera pas en pâture et ne donnera pas les raisons de son renvoi, sûrement a-t-il demandé à Sisyphe et Angelo de ne rien dire.

Mais il suffit que l'un des deux ait parlé avant l'intervention du Grand Pope…

- Pourquoi tu ne dis rien ? C'est débile comme rumeur, si tu l'avais tué tu ne serais même plus en vie…

- Sauf si Saga décide qu'il y a déjà eu trop de morts, répond doucement le fleuriste.

Un long silence accueille ses paroles. Abattu, il triture un pan de sa couverture.

- Tu… Tu l'as vraiment… ? souffle Shion choqué.

- Oui.

- Le Griffon…

- N'est pas responsable. Je mentirai en disant qu'il n'a absolument aucun lien, mais j'ai agi en sachant ce que je faisais.

-… Mais qu'est-ce qui t'arrive, Alba… ? interroge le Guerrier sidéré. Toi qui était si irréprochable, si loyal envers Athéna…

- Je te l'ai dit, c'est compliqué. Au cas où tu te poserais la question, je n'ai pas tué Shura par envie ou parce qu'un Spectre me l'aurait demandé.

- Alors pourquoi ? Ce n'est tellement pas ton genre de faire ce genre de trucs…

Résigné, Albafica lui raconte l'agression de Shura, la raison de cette attaque et le combat à mort qui les a opposé. Il se sent maladroit dans ses explications et pas crédible un seul instant. Il a la sensation d'être un enfant fautif avec une mauvaise excuse.

Pourquoi a-t-il tué le Chevalier du Capricorne ?

Parce que ce dernier voulait abattre le traître qu'il était.

Traître…

Une petite part de lui ne peut s'empêcher de songer que Shura avait raison en agissant comme il l'a fait et qu'il aurait dû le laisser le tuer.

C'est tout ce que je méritais…

Une fois le récit terminé, son ami ne dit rien, se demandant certainement quelle attitude il est censé adopter et ce qu'il doit dire.

- Maudit soit le jour où tu as rencontré ce fichu Spectre ! Nous n'en serions pas là si…

- Ce qui est fait est fait, Shion. Avec des « si » on pourrait refaire le monde.

Un soupir se fait entendre à l'autre bout du combiné.

- Je ne sais pas quoi te dire, Alba. Toute cette histoire ne me plaît pas, si les autres apprennent que tu es vraiment l'assassin de Shura…

Accablé, Albafica ferme les yeux :

- Ecoute… Je ne te demande pas de m'approuver, ni de prendre ma défense et de te mettre les autres à dos.

- Désolé, j'ai besoin de… de… de réfléchir. Je te rappellerai.

- D'accord, murmure le fleuriste avant de raccrocher.

Pendant un moment, il fixe son portable d'un œil vide en songeant à l'avertissement du Chevalier d'Or du Bélier.

Peut-être ne refera-t-il plus jamais partie des Chevaliers d'Athéna. Si ses condisciples croient les « rumeurs » et si Saga le réintègre, plus rien ne sera pareil… Le Grand Pope le réintégrera pas si les autres voient en lui une menace ou ne lui font plus confiance.

Las, Albafica jette son téléphone sur le lit et se prend la tête entre les mains.

Maître… Vous auriez honte de moi…

Reste en vie après un tel crime. Au moins, j'aurais eu la paix dans la mort… enfin, tout dépend de l'endroit où m'auraient envoyé les Juges des Enfers, mais avec un peu de chance Minos se serait montré indulgent. Je n'en sais rien. Maintenant, je dois vivre avec la culpabilité d'avoir pris une vie humaine. Tout ça parce que Minos est entré dans ma vie. De quoi aurais-je l'air quand il se lassera et me laissera ? Est-ce qu'il vaut la peine de subir tout ce chambardement ? A cause de lui, je suis en train de tout perdre.

Je suis un idiot… je me suis attaché à ce satané Griffon, beaucoup trop attaché même, sans savoir si mes sentiments sont réciproques.

Sentant ses yeux s'humidifier, il les essuie vivement d'un geste rageur.

Pleurer sur mon sort ne m'avancera pas et rien ne peut corriger ma situation.

Le jeune homme se remet debout et ressort de sa chambre en laissant son téléphone derrière lui. Machinalement, il retourne dans le salon et observe Rhadamanthe un moment avant de replier la couverture afin de l'examiner.

Les cicatrices sont toujours visibles là où les membres ont été arrachés, néanmoins elles sont à présent un peu plus pâles et plus fines.

Diagnostic de Luco confirmé, ça s'améliore…doucement mais sûrement.

Il recouvre le Juge avec soin et regarde sa montre.

Déjà treize heures passée, je devrais manger mais je n'ai pas faim…

- Tu comptes rester là tout l'après-midi, Poisson ? interroge Minos en arrivant derrière lui.

- Que veux-tu que je fasse d'autre ?

Le Spectre du Griffon porte à ses lèvres le café brûlant qu'il vient de se préparer en cuisine :

- Tu as ton travail, tu n'as déjà pas ouvert hier de toute la journée.

Il ne quitte pas des yeux le fleuriste qui se tourne vers lui et note son visage un peu fatigué.

- Je dois veiller sur ton frère, répond ce dernier en désignant le blessé.

Minos baisse les yeux sur sa tasse avec un léger sourire :

- Son état a l'air stable et tu as surement besoin de te changer les idées. Je peux rester ici à ta place et s'il y a le moindre problème je t'appelle ou j'appelle Luco.

Etonné, le jeune homme lève les yeux vers lui, surpris par la vague compassion qu'il devine dans sa voix :

- … Tu es sûr ?

- Absolument, décrète le Juge en lui prenant le bras et en le tirant vers l'entrée. Va vendre tes pâquerettes et tâche de sourire en revenant ce soir.

Un peu déboussolé, Albafica ne se le fait pourtant pas répéter et s'empresse de quitter la maison sous le regard de Minos.

Ce dernier boit une nouvelle gorgée en le suivant des yeux depuis le seuil de la porte.

Pourquoi l'ai-je poussé à aller bosser ? J'aurais pu lui changer les idées autrement, dans l'intimité d'une chambre, par exemple.

En silence, il retourne dans le salon.

La situation le secoue, ma présence ne l'aiderait pas vraiment.

La main de Minos se crispe soudain autour du mug tandis qu'il serre les dents en sifflant un juron.

De la compassion ?! Mais qu'est-ce qu'il me prend ? Je dois être prudent ! Avec son air d'ange innocent, ce petit saligo me rend beaucoup trop humain et ce n'est pas du tout une bonne chose !


En introduisant sa clé dans la serrure du magasin, Albafica jette un discret coup d'œil dans la vitre de la porte.

Je n'ai pas rêvé, je suis suivi.

Une silhouette bouge dans le reflet et s'éclipse discrètement.

Ce n'est pas l'un des Chevaliers. Est-ce que par hasard… ?

Le jeune homme entre dans sa boutique et se dirige sans attendre derrière son bureau. Il attrape le téléphone fixe et compose le numéro de Minos qu'il connaît déjà par cœur.

Le Spectre décroche dès la première sonnerie :

- Ouais ? Je te manque déjà, Sushi ?

Le fleuriste retient de justesse le « oui » qui veut franchir ses lèvres et répond par une autre question :

- C'est toi qui me fait suivre ?

- Flûte ! grommelle son amant. Je pensais que Byaku serait plus discret !

Albafica s'assoit sur sa chaise en allumant son ordinateur :

- Il l'est, mais je te rappelle que j'ai une formation de Chevalier et savoir lorsque je suis suivi fait partie des compétences les plus basiques.

- Si tu le dis…

- Pourquoi ai-je donc un garde du corps ?

- Tu es privé de ta Cloth d'Or, l'un des tiens t'as déjà attaqué et tu as été agressé chez toi, Poisson. Je ne veux pas qu'on touche à mes affaires lorsque j'ai le dos tourné.

Une nouvelle fois, le jeune homme s'interroge : apprécie-t-il d'être considéré comme un objet ?

Normalement, non… Mais dans le cas du Spectre du Griffon…

- Je peux me défendre seul ! Rappelle ton chien de garde.

- Certainement pas, je ne suis pas fou ! Je vais lui demander de se faire plus discret et de déplacer sa voiture. A ce soir, Truite.

Il raccroche avant qu'Albafica ne puisse protester. Ce dernier repose le combiné en secouant doucement la tête.

Minos qui se la joue protecteur voire surprotecteur envers moi…

Le jeune homme ignore lui-même s'il trouve cette attitude un brin amusante, ou peut-être flatteuse…c'est également blasant et… vaguement adorable ?

Un instant… Il a dit « voiture » ?

Il redresse la tête pour voir quelques instants plus tard un véhicule passer devant son magasin avec à son bord un jeune homme aux longs cheveux blonds. Moins de deux minutes plus tard, le même homme revient dans la rue, entre dans le café librairie quelques mètres plus loin, sur le même trottoir que le garage de Minos et s'installer près de la vitre.

C'est lui, Byaku ?

Une sueur froide dégouline dans le dos du jeune homme. Il a la conviction que c'est lui le Spectre envoyé par le Griffon pour le surveiller mais…

Ce n'est pas le même que celui que j'ai aperçu dans le reflet. L'autre avait des cheveux plus courts et châtains-roux…


Jeudi Fin d'Après-Midi

Quatorzième étage du Grand Hôtel d'Athéna. Assise dans un fauteuil, la Déesse échange un regard avec Tenma, le Chevalier de Pégase, avachit sur un canapé. Ce dernier sourit et tourne la tête vers la porte qui s'ouvre au même instant sur le Seigneur des Enfers.

- La ponctualité n'est pas ton fort ! s'exclame Tenma avec un grand sourire. Voilà deux heures que nous t'attendons !

Alone lui jette un regard vaguement méprisant :

- J'avais des choses importantes à vérifier en Enfer.

Athéna sourit en se levant :

- Je suis heureuse que tu sois venu, Grand Frère.

- Cesse de m'appeler ainsi ! Ce temps est révolu, je suis à présent Hadès, le Maître des Morts !

- L'auto persuasion n'est pas toujours efficace, susurre une nouvelle voix à son oreille.

Alone se retourne vivement vers ce nouvel arrivant. Une douleur fulgurante lui traverse le torse tandis qu'une lame lui transperce la poitrine.

Une exclamation de surprise échappe à la Déesse tandis que Tenma bondit sur ses pieds, furieux et interloqué :

- Eh ! D'où sortez-vous ?!

L'Inconnu aux yeux verts ne se soucie pas d'eux, jugeant leur présence aussi insignifiante que celle d'un moucheron;

- Tu n'aurais jamais dû toucher à Rhadamanthe, dit-il avec nonchalance avant de repousser celui qu'il vient de blesser.

Une demi-seconde plus tard, il envoie Tenma, qui fonçait sur lui, droit sur un mur.

Athéna s'agenouille près d'Hadès. De la blessure s'échappe soudain une brusque énergie qui se répand dans toute la pièce avant de se dissiper tout aussi rapidement. La Déesse écarquille les yeux tandis que la chevelure d'Alone perd sa couleur noire pour reprendre son blond d'origine. Elle pose une main sur la plaie e la soigne sans quitter l'Intrus du regard qui évite une nouvelle attaque du Chevalier Pégase.

- Qui êtes-vous ?

Il se met à rire et attrape Tenma à la gorge en le plaquant au sol :

- La Déesse Athéna à la mémoire courte.

Sur ces étranges propos, il disparait.

- J'ai rien compris ! marmonne le Chevalier de Bronze en se relevant. Qu'a-t-il fait ?

- Hadès n'est plus là... répond Alone dans un murmure déboussolé.

Athéna le tient contre elle et lui caresse les cheveux :

- Où est-il alors...?

Tenma s'accroupit près d'eux, perplexe, mais pas mécontent de savoir que son ami d'enfance n'a plus rien à voir avec le Seigneur des Enfers.

- Je ne sais pas… Cet homme nous a séparés, mais normalement un tel geste aurait dû permettre à Hadès de se manifester physiquement immédiatement… Là, son énergie a simplement disparu.

Un peu titubant, Alone parvient à se remettre debout avec l'aide de la Déesse. Le jeune homme a le teint verdâtre et il n'ose les regarder en face. Il a honte de s'être laissé happé par le goût du pouvoir et d'avoir continué à alimenter la Guerre Sainte parce qu'il n'osait pas demander son ami ou à sa sœur de le libérer d'Hadès. Bien qu'ayant une partie du contrôle sur ce dernier, il ne l'avait tout de même pas totalement et l'essence du Seigneur des Enfers le consumait lentement mais surement.

- Que fait-on à présent… ? interroge Tenma en se relevant également. On ne peut pas vraiment considérer Hadès comme vaincu puisque nous ne savons même pas où il est… Devons-nous considérer que la trêve se perpétue ?

La Déesse rejoint sur bureau :

- En attendant d'en apprendre davantage, nous devons absolument contacter l'autre camp et nous mettre d'accord sur la marche à suivre.

Irrité de voir Alone rester debout alors qu'il vient d'être blessé, le Chevalier de Pégase l'oblige à s'assoir sur le canapé :

- Je suis d'accord mais après Hadès n'est-ce pas Pandore qui prend les décisions ?

- Elle s'octroie surtout beaucoup plus de pouvoir qu'elle n'en a en réalité, intervient Alone. Pandore va surement vouloir retrouver Hadès par ses propres moyens pour prouver ce qu'elle vaut et ne guère se soucier du reste. S'il faut traiter, c'est avec les Trois Juges.

Athéna prend le temps de réfléchir à la suggestion et finit par acquiescer :

- Descendons en discuter avec Saga, il contactera Albafica pour que nous puissions rencontrer ces Juges.

Tenma hausse un sourcil :

- Mais il a été viré, non ?

- C'est exact, mais nous avons besoin de lui pour entrer en contact avec les Spectres.

Quelques instants plus tard, les trois amis descendent au treizième étage afin de bénéficier de l'avis du Grand Pope.


Voilà, c'est la fin de ce chapitre ! Rdv la semaine prochaine pour la suite. Profitez bien de vos vacances pour ceux qui en ont !

Au cas où ça intéresseraient certaines et certains, dans ma boutique (internet) on commence à vendre les figurines des chevaliers du Zodiaaaaqueuuu ! Nous avons Shion, Milo, Sorrento (et oui), Shaka, Kanon... et d'autres, mais aussi du One Piece, du DBZ, du Game of Thrones... bref, voilà, vous vous en foutez mais moi je suis trop conteeeente !

J'espère que vous avez aimé ce petit chapitre !