14y(269 x 10²) x 296 ans plus tard, je vous livre ce chapitre. Vous acceptez les pardons en bisous ? :'(


LES PETITS POTINS DE POTTER

ACCUEIL :

Elle s'appelle Hermione Jean Granger.

Elle a 23 ans. Elle est née le 14 février de l'année 1989 à l'hôpital Necker dans le 15e arrondissement de Paris, en France. Elle est d'origine et de nationalité française. Elle a vécu dans le quartier du Montmartre jusqu'à ses treize ans. Elle a ensuite déménagé à Londres avec son père. Elle a eu un dobermann nommé Dax qui a trouvé la mort sous les roues d'un taxi. Elle a fait le lycée avec des personnalités telles que Théodore Nott, la nouvelle coqueluche littéraire du moment – les rumeurs disent même qu'elle serait sortie avec lui – et Blaise Zabini, le Super-Agent de Draco Malfoy – coïncidences ? Elle a toujours été première de classe, du CP à la Terminale (sauf en 5e, où elle n'a été que deuxième). Un Bac S en poche – Mention Très Bien – elle se tourne vers des études de psychologie. Elle postule parallèlement dans toutes les plus grandes boîtes de la capitale, s'appuyant sur ses résultats de bachelière exemplaire. Seul le Plaza daigne la prendre, et encore ! En tant que serveuse. Deux ans plus tard, ne se retrouvant apparemment pas dans les analyses Freudiennes, elle abandonne la psychologie au profit de la médecine. Elle passe le concours d'entrée haut-la-main et termine dans les dix premiers à chaque examen de fin d'année. Elle doit également prendre soin de son père malade – ne me demandez pas d'expliquer la maladie, je crains de ne pas avoir assez de caractères Word – hospitalisé dans un Centre spécialisé et réputé pour sa capacité à terroriser les infirmières. Grâce à son salaire de serveuse et les allocations de son père, elle arrive tout juste à joindre les deux bouts et ne s'en sort qu'avec deux ou trois mois d'impayés – ce qui relève du miracle.

Et pouf ! Elle s'éprend soudainement du jeune, RICHE et tumultueux Draco Malfoy.

Cherchez l'erreur.

Suspicieusement vôtre,

Harry POTTER.


« Jolie voiture. » dit Hermione en s'asseyant.

« Jolie robe. » répondit du tac au tac Draco.

Ils eurent tout deux un sourire en coin. Au fil des étapes du Contrat, « Jolie voiture/Jolie robe » était, en quelque sorte, devenu leur mode de salutation chaque fois qu'Hermione s'installait sur le siège de la limo perpendiculaire à celui de Draco.

« Robe…dans un style assez futuriste alors. » fit Hermione d'un ton un brin narquois.

Draco baissa les yeux sur ce qu'elle portait. A savoir un jean cigarette bleu nuit avec un top évasé en soie noire satinée dévoilant toute son épaule gauche et des compensées de sept centimètres. Le genre de chaussures vendues à l'arrière de New Look devant lesquelles toutes les filles bavaient. Ses cheveux avaient été remontés en une parfaite queue de cheval centrée crachant un geyser de boucles brunes brillantes et les fées du Palais de la Femme lui avaient administré un maquillage assez discret pour ne pas avoir l'air trop apprêtée mais qui mettait stratégiquement en valeur ses yeux en amande marron clair et son teint naturellement unifié. Une petite pochette Chanel en cuir matelassé noir clôturait le tout.

« Joli jean, autant pour moi. » se corrigea alors Draco.

Ils ne s'étaient plus revus depuis une semaine, date à laquelle avait eu lieu la réunion des Malfoy. Hermione, juste après qu'ils se soient éclipsés de la salle dans laquelle avait eu lieu la boucherie familiale, avait dû faire un sprint pour arriver à temps chez Fleury & Bott où elle devait travailler toute la fin d'après-midi.

« Alors ? Remise de la réunion chez les fous ? » lui demanda l'héritier tout en ressortant son BlackBerry de sa poche.

« Je crois que oui. Ce n'était pas si…terrible que ça, au final. On s'en est sortis avec nos deux bras et nos deux jambes. »

Draco eut un petit rire tout en pianotant sur le clavier de son portable. Côté fringues, il avait choisi l'option décontractée avec supplément cheveux ébouriffés. Levi's déchiré et légèrement taille basse, t-shirt Sixth June délavé, Converses rouges et Rolex platine au poignet – n'oublions tout de même pas la classe sociale à laquelle il appartenait.

« Le truc c'est que ces meetings de timbrés ne te causent pas de séquelles physiques – quoique… - mais des séquelles au niveau mental. »

« Oh ! D'accord. Jusque là, je ne souffre pas de dédoublement de personnalité ou d'hallucinations donc je pense que tout va bien sur le plan psychologique. »

Draco s'apprêta à répondre quelque chose lorsqu'il fut soudainement happé par ce qu'il écrivait. Ses sourcils se froncèrent et, pendant près de deux minutes, il oublia complètement qu'Hermione se trouvait dans la voiture et pianota incessamment sur son téléphone. Puis il émergea et regarda tout autour de lui, l'air de ne plus se souvenir de l'endroit où il était.

« Euh, quoi ? »

« J'ai juste dit que tout allait bien, sur le plan psychologique. »

Draco hocha lentement la tête, clairement très loin dans ses pensées. Il baissa à nouveau les yeux sur son écran puis fourra son BlackBerry dans sa poche et se massa l'arrête du nez.

« Désolé : qu'est-ce que tu as dit ? »

Hermione ouvrit la bouche mais ne répondit pas tout de suite.

« J'ai dit que j'étais amoureuse d'Hugo. » répondit-elle, légèrement agacée.

Draco releva lentement la tête vers elle, les yeux écarquillés, comme si elle venait de blasphémer. Puis il comprit qu'elle se payait un tantinet sa tête.

« Va falloir que tu luttes avec Miss Greengrass, dans ce cas, vu comme elle semble être ventousée à mon frère. Je ne sais même pas ce qu'il lui trouve… »

« Je ne sais même pas ce qu'elle lui trouve. »

« Je ne sais même pas ce qu'ils peuvent se trouver. »

« Qui se ressemble s'assemble. »

« Tout tombe sous le sens, dans ce cas. » conclu Draco avec un petit sourire.

Ils s'entre-regardèrent un instant puis Draco se remit sur son portable.

« Au fait » fit-il tout en calant ses pieds contre le fauteuil sur lequel sa voisine était assise, sans aucune gêne. « Je voulais te remercier pour l'autre fois. A la réunion. Tu nous a tous cloué le bec avec ton speech sur ton ex-vie de mendiante dans les bidonvilles de Londres. Ca a un peu détourné l'attention du cas « Draco Malfoy gay et fier de l'être ». »

Hermione roula des yeux puis mima une révérence.

« Tout le plaisir était pour moi. Je ne pensais pas que ça allait suffire pour que ta grand-mère me lâche. »

Draco eut un petit rire, ses yeux ne se détournant pas de l'écran de son portable pour autant.

« Grand-mère Lili est plus coriace que tous les Malfoy de l'Angleterre réunis lorsqu'il s'agit de provoquer. Mais il suffit de lui couper l'herbe sous les pieds pour qu'elle se range. Ou de citer son ex-mari. , elle se tait. Mais complètement. »

Il poussa soudainement un juron puis jeta son portable sur la banquette, l'air passablement contrarié.

« Ou de l'assommer avec une statuette de Gandhi. J'ai essayé, d'ailleurs…mais bon, étant donné qu'elle finit par se réveiller après, c'est nettement moins efficace que les deux autres options. »

Hermione haussa des sourcils.

« Tu as…tu as assommé ta propre grand-mère avec une statuette de Gandhi ? ! ! »

« Ouais. Je sais, ça ne se fait pas. Je veux dire : pauvre Gandhi, qu'a-t-il mérité pour atterrir sur le cuir chevelu parsemé d'implants capillaires blonds de Wilhelmina Malfoy ? Non. J'aurais plutôt dû prendre le Bouddha en bronze de Mère. Boudiné comme il est, il n'aurait presque pas senti le choc. »

« Mon Dieu… » souffla Hermione, estomaquée. « Vous êtes réellement une autre espèce, vous, les Malfoy. »

« Merci. Je prends ça pour un compliment. » répondit Draco en faisant lui aussi une petite révérence en avant.

Il laissa traîner son regard un peu plus longtemps que la norme sur Hermione et un lent sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'il aperçut les premiers signes d'exaspération sur le visage de sa partenaire.

« Et c'est reparti… » siffla-t-elle en fermant les yeux.

Le sourire de l'héritier gagna en épaisseur.

« T'aime vraiment pas ça, hein, quand on te regarde ? »

« Même pas un peu. »

« Pourquoi ? T'as pas confiance en toi ? »

Les yeux intrigués d'Hermione se vrillèrent sur l'héritier à la seconde.

« Quel est le rapport ? »

« T'as confiance en toi ou pas ? »

Hermione voulut répondre du tac au tac mais n'y arriva pas. Parce qu'au fond, elle n'avait pas vraiment confiance en elle et ne pouvait mentir sur ce point là. Elle ne pouvait même pas mentir à Malfoy bien qu'au fond, il n'était qu'un étranger pour elle.

Alors elle se contenta de hausser des épaules.

« Je ne sais pas. » finit-elle par dire. « Toi ? »

« J'adore lorsqu'on me regarde, la plupart du temps, alors je pense que oui. » répondit-il avec amusement avant de lever son index. « Ah ! Sauf lorsque je me retrouve en face d'une fille qui a des tâches de rousseur. Ca me déstabilise complètement, je perds mes moyens et je deviens complètement con. Mais c'est le seul cas. »

« Et pourquoi donc ? » voulut savoir Hermione.

« Oh ! Longue histoire. » Il reprit son portable, semblant être suffisamment calmé pour se remettre à pianoter dessus. « Disons que depuis le collège, les tâches de rousseurs sont devenues une sorte de fixation pour moi. Je ne peux pas y résister et je serais capable de faire n'importe quoi pour une fille possédant des mignonnes petites tâches sur les joues et un peu partout sur le visage. N'importe quoi. »

« Rectification : vous venez d'une autre planète, vous, les Malfoy. »

Draco roula des yeux.

« Ca va, c'est pas dramatique comme obsession. Il existe des gens dix fois plus timbrés sur cette Terre. Les Malfoy se classent juste en seconde place mondiale. »

« Juste. » releva Hermione.

« Ouais, juste. Parce qu'on est quand même un sacré numéro de cirque. »

Dix minutes plus tard, le faux couple sentit la limousine ralentir progressivement puis s'arrêter, des bruits de cris en sourdine en arrière-fond sonore et des éclairs de flashs mitraillant de l'extérieur le véhicule.

Ils étaient arrivés au Bellegarde, nouveau bar branché de la capitale dans lequel il fallait être vu dans les jours qui suivaient où mourir dans l'anonymat, seul, dans son lit, comme un pauvre misérable. Pansy avait choisi exprès un endroit où affluaient les célébrités car cela donnerait un coup d'accélérateur au Contrat, d'après elle. Draco et Hermione seraient susceptibles d'être vus, épiés, lorgnés par tout le beau monde anglais devant lequel leurs talents d'acteurs seraient requis afin de donner de la crédibilité à leur pseudo passion. Car ils allaient être en tête-à-tête pour la première fois.

Hermione commença à ressentir le stress qu'elle avait tenté de refouler pendant la toute fin du trajet. Et les paparazzis criaient. Certains avaient même collé leur objectif sur les vitres teintées de la voiture. Et les fans hurlaient. Hermione frissonna puis se tourna vers Draco. Ce-dernier était toujours concentré sur son portable. Qu'il lâcha en pestant la seconde d'après.

« Punaise, pas foutu d'arriver au niveau premium de Doodle Jump. Ils ont dû faire exprès de mettre des bombes rebondissantes et ailées pour ne pas qu'on y accède. Je vais poursuivre cette compagnie de pacotille, ça va les calmer direct. »

« Attends…tu t'énerves pour un pauvre petit jeu alors qu'il y a une folie sans nom à l'extérieur ? ! ! » suffoqua Hermione, totalement dépassée par la logique malfoyenne qu'elle apprenait petit à petit à découvrir.

Draco se tourna vers la fenêtre.

« Ah, on est arrivé. » remarqua-t-il tout simplement, ce qui donna envie à Hermione de le pendre par les pieds jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Au même instant, la fenêtre séparant le chauffeur des passagers se coulissa juste assez pour qu'une fourmi puisse s'y faufiler.

« Mr Malfoy, code habituel ? » demanda Walter, le chauffeur de la limousine.

« Ouaip ! » s'exclama Draco en glissant son BlackBerry dans sa poche de jean.

« Qu'est-ce que le code habituel ? » demande Hermione alors que la vitre se remontait aussi vite qu'elle s'était baissée.

Draco se contenta de montrer du doigt l'écran plasma qui s'alluma à la seconde, affichant un compte à rebours de quinze secondes. Il se tourna ensuite vers Hermione, l'air un peu plus sérieux que précédemment.

« Donne-moi la main. »

Hermione obtempéra précautionneusement. Ce dernier la lui serra comme un forcené.

« Aïe ! » hurla Hermione.

Draco n'en avait que faire.

« Comme tu l'as dit, dehors, c'est la folie. Ecoute bien ce que je vais te dire. » lui ordonna-t-il alors que le compte à rebours en était à 7. « Dès que Walter ouvre cette porte, tu baisses directement la tête. Même si je sors en premier, tu ne lâches pas ma main. Ensuite, tu me suis toujours tête baissée. Et c'est important que tu fasses comme je te le dis. Ne fais pas attention aux questions des journalistes ni aux interjections des fans. Tu fonces, juste derrière moi. Tu me suis. Tu me COLLES. OK ? »

Hermione eut tout juste le temps d'acquiescer que la porte s'ouvrit tout à coup. Hurlements, flashs, flashs et hurlements. Draco sortit en trombe, entraînant l'étudiante avec lui. Elle sentit alors quelqu'un d'autre la tenir par le bras alors que Malfoy lui tenait toujours la main et avançait.

Ca se poussait, ça se bousculait, et les flashs pleuvaient, de partout. Les questions aussi. Êtes-vous ensemble ? Vous êtes-vous réellement mariés à St Tropez ? A combien de mois de grossesse en êtes-vous ? Où est Rafaelo ? Est-ce vrai que vous êtes l'ex de Sirius Black ? Depuis quand êtes-vous végétalienne ? Pourquoi ne faites-vous pas de régime ? Souffrez-vous d'anorexie ?

Et les fans s'égosillaient, hurlaient, braillaient, psalmodiaient le nom de Draco. Draco, Draco, Draco, Draco, Draco. Et le Draco en question fonçait toujours en direction du Bellegarde, Hermione dans son dos, tête baissée. Hermione qui ne recevait pas les plus gentilles des remarques de la part des fans de l'héritier. Faire-valoir, bon remplaçable, fausse brune, ustensile, tu ne le mérites même pas ! Voici ce que son ouïe percevait au travers de cette cohue – et encore, ce n'était que la version censurée.

Au bout d'un demi-siècle, ils arrivèrent à atteindre le hall d'entrée. Enfin.

« Wow. » souffla Hermione, anesthésiée. « Ton fanclub d'hormones féminines ne vient-il pas de me traiter de 'trainée' ? Ou bien ai-je eu des hallucinations auditives ? »

« Ah bon ? Traînée ? J'ai pourtant plus entendu quelque chose comme 'pétas… »

« Je ne trouve pas ça drôle. Mais alors pas du tout. » le refroidit Hermione d'un ton plus glacial que le mot en lui-même.

Draco leva les yeux au ciel puis s'adossa contre le comptoir de l'accueil.

« Disons que tu as eu ton baptême. Toutes mes petites-copines sont passées par cette étape. Si ça peut te consoler, ton initiation a été nettement plus soft que celle de Fleur. Parce que pour elle, ça y allait. »

« Ca ne me console pas. Même pas un peu. Personne ne me traite de 'traînée'. Personne. Et encore moins des étrangères qui ne savent même pas comment je m'appelle. »

« Ahem, détrompe-toi sur ce dernier point. Un certain Harry Potter s'est chargé de leur livrer tout sur toi, jusqu'au prénom de ton ancien dobermann. »

Hermione blêmit et porta lentement sa main à sa bouche.

« D-Dax ? ! » chuchota-t-elle, des images de son seul et unique animal de compagnie lui revenant en rafale en mémoire. « Mais com… »

« Entrons. » l'interrompit Draco en désignant du menton la porte vitrée menant au cœur de la salle.

Là encore, tous les yeux convergèrent sur eux lorsqu'ils firent leur entrée. Même si la musique d'ambiance avait été mise à un volume plus que correct, Hermione ne put s'empêcher de remarquer à quel point le bruit de voix s'était réduit. Pour ne rien améliorer, Draco leur avait choisi une table située pratiquement au milieu de la salle.

Génial.

« Après toi… » lui fit galamment Draco en lui tirant sa chaise pour qu'elle puisse s'asseoir.

Hermione haussa des sourcils, assez surprise par cette attention, puis se rappela qu'ils devaient jouer aux Roméo et Juliette quitte à en écœurer Shakespeare. Elle le remercia alors d'un grand, d'un énorme sourire qui lui fit presque mal à la mâchoire.

« Merci beaucoup. »

Elle s'installa élégamment et Draco s'assit en face d'elle quelques secondes plus tard. Hermione feignit de réajuster sa queue de cheval tout en regardant un peu partout autour d'elle. Elle croisa quelques regards de commères au passage et crut reconnaître le top model Cho Chang quelque part, près du bar. Revenant à sa propre table, elle surprit le regard de Draco plongé sur ses…

« Eh ! » hurla-t-elle presque tout en réajustant son haut, le faisant sursauter au passage. « Mais vas-y, régale-toi les yeux ! »

« Bah étant donné que tu viens de remettre ton t-shirt en place, ça va être un peu difficile… »

« Pervers. »

Draco attrapa sa main et, charmeur, lui administra un délicat baisemain, ses yeux gris moqueurs toujours ancrés dans ceux de sa partenaire en crime.

« A ton service. »

Hermione retira furtivement sa main en secouant la tête.

« On peut être au moins sûr que tout en toi respire l'hétérosexualité. »

Draco leva ses mains au ciel comme adressant une prière de soulagement.

« Enfin ! Depuis le temps que je plaide ma propre cause ! »

« Tu n'en restes pas moins un pervers. »

« Avez-vous fait votre commande ? »

Le blond et la brune sursautèrent. Un serveur semblant être sorti de nulle part était posté devant leur table, un carnet à la main, un sourire commercial aux lèvres.

« Que prendrez-vous à boire ? » répéta-t-il en se tournant tout d'abord vers Draco.

Draco qui fit signe à Hermione de commencer.

« Les femmes d'abord. » se justifia-t-il, gentleman jusqu'aux bouts des ongles.

« Quelle galanterie, qui l'eût cru ? » s'exclama Hermione, légèrement narquoise, avant de s'adresser au serveur. « Je ne prendrais que de l'eau, merci. »

Les yeux du serveur sortirent presque de leurs orbites et il dévisageait sa cliente comme si elle venait de déclarer qu'Adriana Lima était la créature la plus laide de l'univers. Draco s'empressa alors de sauver la mise.

« Elle prendra une Téquila Sunrise. Pour moi, ce sera un Royal Rioà la goyave et au citron vert. Mettez-moi une ombrelle dedans – je les collectionne. »

Le serveur hocha la tête et griffonna la commande dans son calepin tandis qu'Hermione lançait un long regard à son pseudo petit-ami qui se permettait de rectifier sa commande sans même la consulter. Draco lui fit signe de laisser couler.

« Et avec cela, désirez-vous un assortiment d'amuse-gueules ? »

Draco se tourna vers Hermione.

« Ca te dit ? »

« Tiens, on se soucie mon avis, maintenant ? » répliqua Hermione en haussant des sourcils.

« C'est sa façon à elle de dire oui. » répondit Draco au serveur. « Mettez-nous tout ce que bon vous semble, du moment que ça ne nous empoisonne pas... »

« Très bien, nous nous occupons tout de suite de votre commande Mr Malfoy, Mlle Granger. »

Hermione tilta.

« A-attendez, comment connaissez-vous mon nom ? ! » demanda-t-elle, mais le serveur était déjà loin.

« Harry Potter. » répondit Draco à sa place en ressortant son BlackBerry.

« Mais qui est cet Harry Potter, à la fin ? »

Draco leva lentement les yeux de son écran et fixa Hermione, éberlué.

« Dans quel monde vis-tu pour ne pas avoir eu vent de l'existence de cette commère des bas fonds ? »

« Euh, à tout casser, je dirais : dans le monde normal. Celui où on range ses statuettes sur ses meubles, à leurs emplacements adéquats, au lieu de les balancer sur le crane de la première personne venue. Celui où on laisse les personnes ayant commandé de l'eau dans un bar vivre leur vie. »

« Mais QUI, justement, va dans un BAR pour commander de l'EAU ? Sérieusement ? ! Autant s'asseoir chez soi, dans sa cuisine, à côté d'un robinet. »

« Toujours est-il que tu aurais pu me demander avant de me commander un espèce de truc dont je suis susceptible de détester le goût. »

« Toute personne normalement constituée aime la Téquila Sunrise. » affirma Draco en se remettant sur son portable.

« D'après toi ou bien est-ce une vérité avérée ? Est-ce spécifié sur la bouteille ? Est-ce écrit : 'Aucune personne buvant de cette boisson n'est susceptible de ne pas en aimer le goût' ? »

« C'est écrit dans la Constitution Anglaise. Voilà. » souffla-t-il, agacé.

« Bien sûr. La Reine d'Angleterre l'a même dit dans son dernier discours, je suppose. »

« Tout le monde. Le prince William, Harry, Kate. Même Lady Diana l'a dit, du fin fond de son cercueil. »

« Aaaah, d'accord. Heureusement que tu étais là pour l'entendre. »

Draco leva une seconde fois la tête de son portable et se massa l'arrête du nez.

« Hermione. »

« Quoi ? » aboya cette-dernière, la Joie en personne.

« Tu es superbement, incroyablement et indiscutablement chiante. »


« Comment ça 'chiante' ? ! » s'exclama Hermione en posant ses poings sur ses hanches.

Deux jours plus tard, devant le guichet du cinéma Palladium, Draco se sentait à nouveau à deux doigts de craquer.

« Bon sang mais choisis une bonne fois pour toute ! »

Ils avaient réservé le cinéma pour eux tout seuls mais Hermione n'était même pas fichue de se décider sur le film qu'ils allaient voir.

« Mais ce n'est pas de ma faute si tous les films à l'affiche me plaisent ! »

Draco inspira longuement puis expira. Surtout. Rester. Zen.

Dehors, les paparazzis essayaient toujours de les mitrailler à travers les vitres de la porte.

« C'est bon ! J'ai trouvé. »

Draco se tourna vers sa partenaire, les yeux plein d'espoir.

« C'est bon ? » répéta-t-il d'une petite voix aigue. « On peut y aller ? ! »

« Mmmh oui. »

Hermione mordilla pensivement l'ongle de son index.

« Non. » dit-elle finalement et Draco eu presque envie de se pendre avec l'un des épais cordons rouges délimitant les files d'attentes.

« Bon. Tu sais ce qu'on va faire ? ! »

Il la rejoignit à grand pas.

« Donne-moi un chiffre. N'importe lequel. »

Hermione papillonna des paupières, étonnée. Le mascara qu'elle avait mis séparait et allongeait chacun de ses cils, agrandissant ainsi son regard.

« Pourquoi ? »

« Ne pose pas de question. Donne-moi juste un chiffre. »

« Je ne t'en donnerai un que lorsque tu m'auras dit pourquoi. »

SURTOUT. RESTER. ZEN.

« Pour ne pas rester planté là une seconde de plus à fixer les affiches comme des truites amorphes, voilà pourquoi. Maintenant, pour l'Amour du Ciel, donne-moi un chiffre entre 0 et 9. »

Hermione réfléchit tout en chassant une mèche de son champ de vision. Plus tôt dans la journée, Pansy avait décrété que sa couleur capillaire était incroyablement terne et lui faisait larmoyer les yeux tant la fadeur de l'éclat de ses mèches faisait peine à voir. Les fées du Palais de la Femme avaient donc eu pour mission de redonner vie à son brun qui, au bout de deux heures et demi de manœuvres intensives, se transforma en un châtain très clair assez proche du blond cendré.

Hermione fut sidérée de se rendre compte qu'elle adorait le résultat.

« …9 ? »

« OK. »

Draco pointa son index en direction des affiches et compta avec une impatience non dissimulée.

« 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9. »

Son doigt s'était arrêté sur l'adaptation du « Père Castor » par les studios Pixar.

« Aucun commentaire. » siffla-t-il tout en récupérant les deux énormes cartons de popcorns au beurre salé que la vendeuse leur tendait.

« Oh mais je n'ai rien dit. » lui assura Hermione, un sourire mauvais aux lèvres.

« Tiens. » marmonna-t-il tout en lui tendant d'un geste brusque sa commande.

Hermione attrapa son popcorn, ses yeux rieurs tenant tête au regard meurtrier de l'héritier.

« Tu sais qu'on peut toujours échanger nos billets si ja… » essaya-t-elle néanmoins.

« Non. Si c'est pour que tu prennes encore quatre-cent trente-sept ans à choisir, ça ira. »

« Comme tu voudras. » haussa-t-elle des épaules tout en commençant à picorer un grain de maïs soufflé.

Draco se dirigea d'un pas pressé vers la salle en question qui se trouvait à deux pas du coin snack et lui tint la porte pour qu'elle puisse rentrer avant lui.

« Père Castor, raconte-nous une histoire, Père Castor, raconte-nous deux histoires… » chantonna l'étudiante tout en portant un nouveau popcorn à sa bouche.

« J'ai dis : AUCUN COMMENTAIRE. » fulmina Draco tandis que la porte se refermait sur lui.


Draco ouvrit la porte du coude tout en secouant le carton de popcorns vide au-dessus de sa bouche.

« N'empêche que la cigogne, cette débile, si elle n'avait pas fait confiance au chevreau albinos, on n'en serait pas là à se demander si, oui ou non, elle a quelque chose à voir avec ce qu'il s'est passé chez le grand-père du phacochère nain. »

Il envoya valser le carton dans la poubelle de la sortie tandis qu'Hermione sortait de la salle à son tour.

« Oui mais non. Il faut dire qu'elle est tout de même vicieuse, cette cigogne. Avoir accepté de pactiser avec l'oie…c'était vache. »

« Mais c'est normal, elle était manipulée par le chevreau. C'est lui qui lui dictait ce qu'elle devait faire. »

Hermione secoua la tête en signe de négation.

« Elle n'était pas manipulée par lui, elle était amoureuse. Ce n'est pas pareil. »

« Pffff, ça revient au même. Amoureux, on devient totalement idiot. Totalement perdu, hors de tes pompes. Débile. Dépourvu de tout bon sens et de toute intelligence. Bon à rien. Facilement manipulable. »

Hermione haussa des sourcils, assez surprise par l'amertume qui se dégageait des propos de son voisin.

« Quoi ? » siffla ce dernier, surprenant son regard.

« Ca ne sentirait pas un peu le vécu, tout ça ? »

Draco se contenta de hausser des épaules mais son visage se crispa.

« Bref. » éluda-t-il. « Tout ça pour dire qu'il ne faut jamais faire confiance à une cigogne ou à un chevreau albinos. Tous des hypocrites. »

« Je suis sûre que c'était la morale que le Père Castor voulait nous inculquer. » pouffa Hermione.

Ils atteignirent le hall d'entrée et son envie de rire se stoppa net lorsqu'elle entrevit la horde de paparazzis toujours agglutinée devant la porte d'entrée du Palladium, au garde-à-vous, prêts à les mitrailler. Les agents de sécurités étaient postés de part et d'autre de l'entrée, à l'intérieur comme à l'extérieur.

« Êtes-vous prêts ? » leur demanda l'un des deux Men In Black tout en muscles qui surveillaient les allées et venues dans le bâtiment.

Draco hocha la tête tout en dégainant ses lunettes de soleil.

« 3…2…1… »

Les portes s'ouvrirent à la volée, donnant le coup de départ aux dix secondes de folie durant lesquelles Draco et Hermione durent courir jusqu'à la limousine garée sur le trottoir d'en face. Malfoy trouva à l'aveuglette la main d'Hermione et la serra tandis que cette-dernière baissait la tête et traversait flashs et hurlements aussi rapidement que ses sneakers à talons Isabelle Marant le lui permettaient.

Il lui semblait qu'à chaque fois, les bains de foules devenaient de plus en plus violents et oppressants. Elle était assez forte mentalement – du moins, c'était ce qu'elle croyait – mais entendre chaque fois les fans de Draco lui hurler toutes sortes de gentillesses et les journalistes lui poser des questions sans gênes, sans même prendre la peine d'y aller avec des pincettes, à la longue, Hermione commençait à saturer. Et elle n'en était qu'à son troisième baptême de célébrité, c'était dire.

Peut-être qu'un jour, dans ces trois années de Contrat forcé, elle arriverait à atteindre le niveau de détachement auquel se trouvait Draco. A savoir traverser le raz-de-marée de groupies hystériques et de paparazzis sans dignité avec un sourire Colgate Ultra Bright, une main dans les poches, sans se formaliser de ce qu'on lui hurle, puis s'effondrer quelques instants plus tard sur la banquette de sa limo et se plonger dans une énième partie de Doodle Jump.

Un jour, peut-être.


« Dieu du Ciel, ce que vous pouvez être grosse ! » s'exclama Daphné Greengrass-future-Malfoy-dans-48-heures en claquant de la langue.

Un jour, peut-être, Hermione réussirait à étrangler ce poison humain avec la lanière de son sac Balenciaga. Un jour.

« Je vous retourne le compliment. » rétorqua-t-elle, un grand sourire aux lèvres.

Daphné pinça la graisse quasi inexistante sur les hanches de l'étudiante à travers le tissu de sa robe de fille d'honneur.

« Quelle horreur… » murmura-t-elle. « Cette robe ne vous va vraiment pas. »

« Je m'évertue à vous dire que je porte du 38 et vous ne me faites essayer que du 34. A qui la faute ? »

« Ne pouvez-vous pas tout simplement…maigrir ? »

Hermione fixa sa « belle-sœur », les yeux écarquillés. Etait-elle débile à ce point ?

« Pardon ? »

« Je connais un très bon diététicien s'occupant des cas extrême et qui pourra… »

« Sans façon. Je me sens très bien avec mon poids actuel. Vous, par contre, vous en auriez bien besoin. »

Daphné lui adressa un rictus crispé.

« Pour votre survie, je vous conseille de baisser d'un ton lorsque vous vous adresserez à moi, Mlle Granger. Je ne suis pas votre amie et je pourrais très facilement empoisonner votre assiette ou votre boisson lors du mariage et maquiller votre meurtre en suicide. Les inspecteurs hawaïens n'étant pas très futés, il n'y aura rien de plus facile. »

« Vous semblez parler en connaissance de c… »

Hermione s'interrompit, la dernière phrase de Daphné lui revenant soudainement en tête.

« Attendez… les inspecteurs hawaïens ? Le mariage se passera à Hawaii ? ! ! » suffoqua-t-elle.

Daphné papillonna innocemment des paupières.

« Oups ! Vous ne le saviez pas ? »

« Mais…mais…je…non ! Bien sûr que non ! ! »

« Eh bien vous le savez maintenant. »

Hermione se laissa tomber sur le canapé en cuir juste derrière elle, indifférente au bruit de déchirure provenant de la fermeture éclair de sa robe.

« Comment vais-je faire ? ! » pensa-t-elle à haute voix.

« Oh, vous n'avez pas de quoi vous y rendre ? Quel dommage que vous ne puissiez pas assister à notre union en tant que fille d'honneur. Vraiment. Lucius sera très, très contrarié. »

Elle joua un instant avec une de ses mèches blondes puis continua d'une voix doucereuse :

« Mais c'est ça, les inconvénients d'être pauvre. La bassesse du niveau de vie force à faire des sacrifices, quelques fois. »

Hermione releva lentement la tête vers Daphné et lui adressa un regard glacial. Cette dernière lui souriait en retour avec toute la méchanceté qui coulait dans ses veines.

« Je rêverais de venir à votre mariage pour en faire votre pire cauchemar. »

Daphné eut un rire perçant.

« Et qu'allez-vous faire pour ne serait-ce que vous payer un aller simple pour Hawaii ? Vendre le taudis dans lequel vous habitez ? Vendre vos cheveux aux enchères ? Braquer une banque ? Utiliser Draco pour qu'il vous y emmène alors qu'il n'est même pas invité ? Laissez-moi rire. »

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer lorsque son portable se mit à sonner. Elle fusilla une dernière fois du regard Daphné qui la considérait d'un œil hautain, puis appuya sur la touche verte sans même vérifier le nom qui s'affichait sur l'écran.

« Allo ? » aboya-t-elle.

« Hum, oui, Hermione. C'est moi. Théodore. »

Oubliant l'échange verbal houleux qui venait de précéder cet appel, Hermione sentit son cœur s'emballer et son esprit s'embrumer la seconde suivante. Elle jeta un bref coup d'œil à Miss Greengrass – cette-dernière s'était éloigné vers l'une des vendeuses – puis se pencha de côté et mit sa main en coupe au niveau de sa bouche pour ne pas qu'on puisse l'entendre.

« T-Théo ! Comment vas-tu ? » bégaya-t-elle.

« Très bien, et toi ? »

« Je….ça va ! Bien ! Ca va bien. Très bien même. Et toi ? »

« Tu viens tout juste de me poser la question, Hermione. » lui fit remarquer son ex d'une voix rieuse.

Hermione écrasa sa paume de main sur son front en fermant les yeux.

« Merde, oui, mince, désolée ! Je, hum, c'est juste que je suis… »

« Pas la peine de te justifier ! J'imagine qu'entre ton boulot et tes cours, tu dois avoir l'esprit ailleurs. »

« …On peut dire ça comme ça, oui. » répondit d'une petite voix Hermione, bien que le seul véritable boulot à temps plein qu'elle ait exercé, ces derniers temps, n'était autre que jouer un personnage dans le Contrat.

« Je ne te dérange pas, au fait ? » s'enquit Théodore.

« Non ! Pas le moins du monde. » lui assura Hermione.

« …Parfait ! Alors, hum, si je t'appelle c'est pour savoir si tu as quelque chose de prévu ce soir…parce que j'organise une séance de dédicace pour mon livre – tu sais, celui que Mr Fleury t'as donné à lire, l'autre fois – et ça me ferait vraiment plaisir que tu viennes. Donc…je ne sais pas si…ça te dirait… ? »

Hermione ferma les yeux et se retint de couiner stupidement de joie.

« Ce soir ? » demanda-t-elle en prenant un ton pensif – parce que bon, même si elle mourrait d'envie d'hurler 'OUIIII !' à la seconde, une fille se devait toujours de faire mariner un minimum son prince charmant.

« Oui. Mais je comprendrais que tu aies une tonne de choses à faire et que tu ne puisses p… »

« C'est d'accord. Je serais là. » finit-elle par craquer.

« Vraiment ? » demanda Théo, l'air à la fois surpris et soulagé.

« Vraiment. Il faudra juste que tu me communiques l'adresse ainsi que toutes les coordonnées nécessaires. »

« OK, aucun souci. Je te ferais parvenir toutes les informations nécessaires par textos, ne t'inquiète pas. »

Depuis l'autre côté de la boutique, Daphné lui faisait signe que téléphoner, c'était bien beau mais que ça commençait tout de même à être bien long. Hermione la rembarra d'un haussement de sourcil. Non contente de l'avoir traitée de grosse, cette harpie en Jimmy Choo aux lèvres débordant de collagène exigeait en plus qu'elle mette fin à sa conversation alors que l'appel n'avait même atteint la barre des trente secondes ?

Bitch please.

Hermione lui tourna carrément le dos.

« Merci Théo, c'est aimable d'avoir pensé à m'inviter. »


« Il n'y a pas de quoi, ma chérie. Et puis c'est tout naturel. » répondit Pansy, un grand sourire aux lèvres – lèvres revêtues de la teinte « Rouge Coco » de Chanel.

Greta Sanchez, l'une des seules attachées de presse d'Angleterre capable de rivaliser avec Pansy Parkinson autant sur le plan de la hauteur des escarpins que sur celui du poids de leurs réputations respectives, lui rendit le même sourire hypocrite en levant sa coupe de champagne, son petit doigt en l'air.

On les appelait « Les Garces Frangées » dans le milieu, et pour cause : leur frange coupée au millimètre près ainsi que leur caractère inflexible, très légèrement tyrannique, marquaient leur signature au feutre indélébile partout ou elles allaient. Elles étaient en constante concurrence, sur tous les plans.

Qui dénichera la première la future superstar hollywoodienne de demain ? Qui mettra la main – ou l'ongle – sur la nouvelle Naomi Campbell des podiums ? Qui touchera le gros lot en représentant l'une des plus grosses pointures de la jet-set ? Qui saura déceler la nouvelle tendance en première ? Qui portera la couronne ?

« Je dois t'avouer que j'adôôôre ta jupe. Ce petit côté rétro, un peu vieillot, un peu…passé de mode. Il te sied à merveille. » lui assura Greta en pointant du doigt l'habit en question.

Pansy se força à continuer de sourire malgré la provocation ouverte de sa collègue.

« Oh, tu aimes, c'est vrai ? Figure-toi que c'est une nouvelle pièce de la toute nouvelle collection de Tadja Morris – je la représente, d'ailleurs. Je ne sais pas si tu la connais… »

Ô, quel doux bonheur il y avait à observer comme le visage botoxé de Greta se tordit en une moue horrifiée. Bien évidemment qu'elle connaissait Tadja Morris – qui ne la connaissait pas, d'ailleurs, dans le milieu ?

Nouvelle créatrice favorite de Bellatrix Lestrange depuis quelques semaines puis de Lavender Brown, elle venait de se faire une place en un temps record parmi les grandes pointures du monde de la mode. Le fait que Sanchez aie échoué à reconnaître la marque de la jupe de Pansy était déjà une semi-honte pour elle. Mais si l'on rajoutait EN PLUS le fait que ce Parkinson l'aie devancé en réussissant à obtenir un contrat de représentation avec Tadja Morris…le cœur de Greta dut en arrêter de battre pendant une bonne quinzaine de secondes.

« Enfin bref. » éluda cette-dernière d'un ton glacial. « J'ai appris que tu envisageais de ne plus être l'attachée de presse de Drac… »

« Pas le moins du monde. » la coupa fermement Pansy.

Draco Malfoy était le Graal de tout attaché de presse, agent ou autre métier chargé de manager une carrière. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce qu'il était plein aux as. Et Pansy savait à quel point Greta mourrait d'envie d'attirer l'héritier sous son aile.

« Pourtant, avec l'affaire de Rafaelo Delucci, cela a dut être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, non ? » continua d'un ton doucereux Sanchez.

« Ce n'était qu'un…égarement. Tu représentes bien Sirius Black alors je ne t'apprends rien en matière de faux pas. »

Et bim. Petit sourire de vipère Rouge Coco pour faire passer le tout. Pansy éprouva cent fois plus de plaisir à dévisager son ennemi de bonne guerre tandis que sa figure se crispait. Soudain, le téléphone de Greta se mit à sonner. Puis celui de Pansy. Puis celui de la quasi-totalité des autres personnes présentes sur la terrasse du Bellegarde où avait lieu le brunch organisé par Pansy.

On pouvait à présent nettement distinguer les commères du reste de la foule ce n'était tout simplement que les personnes qui avaient le nez plongé sur l'écran de leurs portables, portables synchronisés à envoyer une alerte dès qu'un nouvel article était publié sur le site des Petits Potins de Potter. Et au fur et à mesure que les invités présents – ainsi que des milliers d'autres londoniens dispersés un peu partout dans la capitale – lisaient la page, le visage de Greta se tordit en un sourire narquois tandis que celui de Pansy affichait une mine horrifiée.

« Oups, je crois bien que c'est la cerise sur le gâteau, cette fois-ci. » commenta Greta Sanchez, ses lèvres pulpeuses s'étirant en un sourire jubilatoire tandis que Pansy manquait tout à coup d'air.


Hermione attrapa la cerise qui trônait sur l'un des gâteaux du buffet et la porta distraitement à sa bouche. Elle regarda tout autour d'elle, un peu perdue. Il y avait une file interminable s'alignant devant la table où Théodore dédicaçait son nouveau livre avec entrain et bonne humeur. Tant de personnes encerclaient sa table que tout ce qu'elle pouvait entrevoir de lui n'étaient que sa jambe et son bras droit s'activant à signer le plus rapidement possible.

N'ayant apporté aucun bouquin, Hermione se contenta tout simplement d'attendre.

Elle attendit en observant les tableaux qui tapissaient les murs de la galerie d'art où avait lieu la séance de dédicace. Elle attendit en piquant de temps à autre de quoi grignoter sur les tables du buffet bio. Elle attendit en observant comme les filles venant de se faire signer leurs livres étaient en hyperventilation lorsqu'elles sortaient de la file, leur bouquin collé près du cœur. Elle attendit en se mirant dans les WC vides.

Elle tenta pendant près d'une demi-heure de donner une forme humaine et attrayante à ses cheveux…en vain.

Hermione soupira en laissant reposer ses mains sur le lavabo en céramique blanc. Pas de passage au Palais de la Femme, pas de chocolat ! Quelques fois, elle regrettait de ne pas avoir l'une des coiffeuses miracles de l'Institut de Madame Guipure à domicile, 24h/24, 7j/7. Cela lui aurait évité d'envisager de se raser le crane chaque fois qu'elle n'arrivait pas à passer ne serait-ce que ses doigts dans sa chevelure.

Mais mis à part ce problème minime, elle n'était pas si mal apprêtée. Chemisier noir manches courtes, jupe taille haute Lagerfeld, escarpins noirs lacés en satin Tadja Morris, bague Tiffany. Habillement n°32, section « événement casual-chic », classeur vestimentaire dictatorial de Pansy Parkinson.

Lorsqu'elle sortit, elle tomba nez à nez avec Théodore.

« Ha ! » sursauta-t-elle en portant la main à son cœur avant de reculer tout en éclatant de rire. « Oh mon Dieu, tu m'as fait une peur bleue. »

« Je te cherchais. » lui dit-il alors, un grand sourire aux lèvres mais d'un ton assez pressé. « Je t'ai vu rentrer mais étant donné la folie qu'il y a dans l'autre salle, je ne pouvais même pas m'éclipser trois secondes pour venir te saluer. »

Il se pencha vers elle et le cœur d'Hermione se mit à tambouriner sourdement. Puis elle comprit qu'il voulait tout simplement lui faire la bise.

« Ca me fait super plaisir que tu sois venue. Vraiment. » souffla-t-il en plongeant ses yeux vert dans les prunelles marrons clairs de son ancienne camarade de lycée.

Hermione ébaucha un petit sourire assez timide en signe de réponse. Elle détestait cette boule qui se créait dans son ventre. Elle détestait ces papillons qui voletaient à l'intérieur d'elle. Elle pensait pourtant les avoir enterrés depuis longtemps… la preuve en était que non. Et cela ne s'arrangea pas lorsqu'il la prit soudainement par la main.

« Maintenant que je t'ai, profitons-en ! » s'exclama-t-il avant de l'entraîner presqu'en courant dans le côté opposé à celui où devait se dérouler la suite de la dédicace.

Hermione se laissa faire, un peu étourdie. Ils passèrent par une porte blindée et montèrent des escaliers de service débouchant sur le toit de l'immeuble. Hermione y pénétra la première tandis que Théodore callait l'entrée avec une pierre pour ne pas qu'ils puissent s'y retrouver enfermés.

« Wow… ! »

Sous ses pieds s'étalait un parterre éclairé par les lumières scintillantes de la ville, que ce soit les lampadaires ou les phares des automobiles ou même les lumières des enseignes nocturnes. Hermione se pencha, à la fois hypnotisée et terrifiée par le vide et ses jeux de lumières. Son regard balaya tout le Nord de Londres, sa main tripotant machinalement son collier, véritablement émerveillée par la vue qui s'offrait à elle.

« C'est vraiment magnifique ! »

« N'est-ce pas ? » chuchota Théodore à son oreille.

Le corps de l'étudiante se raidit immédiatement. Elle ne le savait pas aussi près d'elle. Comment avait-il fait pour se rapprocher sans faire de bruit ? A nouveau, son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine. Il tambourinait si fort qu'elle crut un instant qu'il allait en sortir.

Et doucement, Théodore glissa ses mains contre ses hanches et les noua sur son ventre tandis que son menton se callait contre son épaule gauche. Hermione manqua de défaillir. Ce parfum…Dieu ! Etait-ce possible de perdre tous ses moyens juste à cause d'une fragrance ? Apparemment. Etait-ce possible de se redécouvrir amoureuse d'une personne que l'on pensait avoir oublié depuis si longtemps ? Apparemment.

Hermione soupira sans trop en savoir la raison. Elle pensait trop. Beaucoup trop.


LES PETITS POTINS DE POTTER

ACCUEIL :

*se racle solennellement la gorge *

.

Les roses sont rouges

Les violettes sont bleues

Il faut que je me bouge

Si je ne veux pas faire brûler mon cordon bleu

.

Mais avant d'aller me nourrir

Avec tout ce que, dans ma cuisine, je trouverai de goûtu

Je dois dès à présent vous dire

Que Draco s'est fait cocu

.

Comment ? Où ça ? A qui la faute ? !

Je vous entends déjà vous questionner

Premier indice : Théodore Nott

Second indice : sur le toit, tout en haut des escaliers

.

Quiconque aura songé à Rafaelo Delucci

Aura commis la plus grosse des erreurs

Car le délit sentimental n'a été commis

Que par Mlle Hermione Jean Granger

.

Embrassant goulûment notre cher écrivain

Semblant y mettre toute son âme, tout son cœur

Elle a oublié que même dans les conduits d'un souterrain

Traînassent les yeux curieux et vicieux de Potter

.

Quelle conclusion en tirer ?

Quelle sera la réaction de notre petit Draco ?

Va-t-il pour se consoler

Replonger dans les bras de Rafaelo ?

.

Toujours est-il que les photos sont ci-dessous

Si vous souhaitez juger du taux de bave échangés entre les deux amants par vous-même

Sur le toit de la Galerie d'Art Nationale de Londres – pas n'importe où !

Bien que pour plus romantique, ils auraient pu choisir pour endroit la Seine

.

Pour moi, il est clair, il est même limpide

Que seul le compte en banque de Draco intéresse

Cette jeune fille aux intentions cupides

Pour qui 'sortir avec Draco' rime avec 'ne s'acheter que du Guess'

.

Mais bon, elle est tout de même sacrément mignonne donc on la pardonnera bien volontiers de nous le ruiner jusqu'au statut de SDF. Hum, je m'égare.

.

Les roses sont rouges

Violets sont les bleuets

Je viens de faire cramer ma bouffe

Et je suis la seule personne à blâmer

.

Baudelairement vôtre,

Harry POTTER.


Satisfaits ou remboursés ? Encore désolée du retard mais ne pouvant me dédoubler, je n'ai pas pu faire autrement que dans ce timing là.

Sinon, un Draco en caleçon, doté d'une seule chaussette au pied, coincé sur un toit et totalement amnésique, ça vous intéresse ? Si oui, « Blackout », ma toute nouvelle fanfiction, répondra à toutes vos attentes, j'en suis sûre )

Xo,

IACB.

PS : Merci à A-Translator ! :)

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REPONSES AUX REVIEWS :

Lily : Merci ! Ca me fait plaisir :) J'espère que la suite t'as plu en tout cas. IACB.

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Elea : Merciii :D Ca me fait plaisir de vous avoir pris au dépourvu dans le bon sens. En espérant que ce chapitre te plaise, IACB.

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Lh42 : Contente d'avoir pu allonger ton espérance de vie, haha ! J'espère qu'avec ce nouveau chapitre, tu atteindras la centaine en roller ;) Merci pour tes reviews sur Blackout et Nine. Surtout pour Nine, parce que je porte toutes les reviews de cette fiction tout particulièrement dans mon coeur. Enespérant que tu aies aimé ce chapitre ! IACB.

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Guest1 : Merci beaucoup ! IACB.

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Bettina : (J'aime bien ton prénom :) Merci beaucoup ! J'espère que ce chapitre t'as plu, IACB.

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Lady A : Merci beaucoup ! Je m'enorgueillis du fait d'avoir pu te faire aimer Pansy Parkinson haha, non, plus sérieusement, ça me fait super plaisir. Je suis aussi contente que tu aimes les différentes formes d'écritures de la fic, j'essaie de varier au possible pour chasser l'ennui. Merci pour ta review & j'espère que tu as trouvé ton compte dans ce chapitre. IACB.

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Harry : Il est vrai que notre Hermione nationale a pu s'en tirer sans y laisser trop de plumes, contrairement à la fois avec les jumelles Patil. Très contente d'avoir pu te faire rire aux larmes ! C'est le but :p J'espère que ce chapitre t'as plu, IACB.

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Djam : Waouh, vraiment ? :o Tu diras merci à ta petite soeur de ma part, dans ce cas, ça me flatte énormément ! Je suis heureuse que "Le Contrat" puisse te plaire, en tout cas. Puis sens toi libre de parcourir mon profil pour lire d'autres fics...c'est gratuit ;) IACB.

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PS1 : Vous vous souvenez du pari fait par rapport aux trente première lignes de "Nine" ? Eh bien même chose avec "Blackout". Lisez les trente premières lignes du premier chapitre et OSEZ ME DIRE ensuite que cette fiction ne vous plaît pas. Hinhin.

PS2 : C'est le neuvième chapitre ;) (Ceux qui ont lu "Nine" comprendront)