Chapitre 8 :
Le soleil brûlant pointait son nez lorsque nos deux partenaires de longue date, collés l'un à l'autre,se réveillaient peu à peu. Ces deux êtres étaient dans une étrange position. La jeune femme était pratiquement allongée sur ce fameux écrivain. La main gauche glissée sous la chemise à moitié déboutonnée de celui-ci, elle caressait inconsciemment son torse. Ses deux jambes reposaient sur celles de Castle.
POV Rick
Je clignai d'abord des paupières puis j'ouvris grand les yeux. Je ne reconnaissais pas l'endroit où j'avais dû visiblement passé la nuit. Je voulus bouger mais un poids sur ma poitrine m'en empêcha. Je fus d'abord surpris de voir Kate Beckett… son corps... sur le mien ! Cependant, je finis par étirer un large sourire. Quand la mémoire me revint peu à peu. Cette magnifique soirée que j'avais passée aux côtés de la plus extraordinaire des femmes. Elle avait même voulu faire l'amour avec moi.
Je me redressai un peu à contrecœur et remarquai qu'elle avait plongé sa main sous ma chemise. Bien que j'aimais plus que tout ce contact, je ne devais pas en profiter. Je la soulevai donc avec délicatesse et je m'assis, la tenant contre moi.
- Kate... Kate... Réveille-toi.
- Castle... Castle ?!
Elle se redressa vivement.
- Mais où est-on là ? Pourquoi me tenez-vous comme ça ?
- Kate... la nuit dernière… vous vous souvenez quand même ?
- Mais de quoi parlez-vous ? Puis pourquoi m'avez-vous emmenée ici ?
- Osez nier la soirée d'hier !
- Qu'est-ce que vous avez fait Castle ?!
Je la regardais, incrédule, puis elle s'aperçut qu'elle avait glissé une de ses mains sous ma chemise déboutonnée. Elle fronça les sourcils fortement. Se posait-elle des questions ? Elle ne semblait visiblement pas comprendre la situation... Elle retira d'un geste brusque sa main, comme par répugnance . J'en fus outré. Comment pouvait-elle faire ça ? Nier, toujours nier ! Elle m'avait déjà menti par le passé… sur le moment où elle avait été touchée par ce sniper au cimetière. Comment osait-elle ?
- Castle, ne me dîtes pas qu'on a ...
- Non.
Elle sourit, ce qui me mit dans tous mes états.
- Je vous rassure apparemment, lâchais-je froidement.
- Que s'est-il passé alors ? demanda-t-elle.
- Rien... Rien d'important de toute façon. On ferait mieux de retrouver notre tribu.
Je me mis debout et partis en direction du camp, plus que déçu. Elle m'emboîta le pas. J'étais tellement énervé qu'une larme glissa le long de ma joue... Je pressai alors le pas pour qu'elle ne puisse pas remarquer mon désarroi.
Nous marchâmes à peine dix minutes avant d'arriver jusqu'à la tribu. Nous ne savions pas quoi faire face à ces individus. On devait leur demander de nous reconduire à l'hôtel mais cela risquait d'être difficile vu qu'ils avaient un langage différent du nôtre.
- Castle, allez voir le vieil homme qui m'a soigné : je pense qu'il parle un peu notre langue.
- Allez-y vous ! Moi, il me file les jetons...
- Arrêtez de faire la fillette !
Je lui lançai un regard noir puis je m'éloignai d'elle, allant à la rencontre de ce vieil homme. Je reconnus vite la cabane où il vivait car c'était la plus grande. J'y pénétrai silencieusement comme dans une église ... bien que ce fait soit plutôt rare. Il était dos à moi, assis en tailleur. Je ne savais pas trop où me mettre.
- Assis-toi.
Je sursautai. Je m'approchai avec lenteur, comme tétanisé, et je finis par prendre place sur le sol.
- Euh… Bonjour. Ma coéquipière et moi... Enfin… nous voudrions rentrer… Est-ce que vous pourriez nous aider ?
Il prononça alors des mots incompréhensibles pour moi à haute voix. Ensuite, le silence prit place. J'osais à peine bouger. Une femme âgée vint le voir et il lui murmura quelque chose à l'oreille. Peut-être était-elle sa femme ? La vieille me fit un signe de la main m'invitant à la suivre. Avant que je sorte, une voix derrière mon dos se fit entendre :
- Suivez-le. Il vous guidera. Faites attention aux apparences. Protégez-la.
La femme m'emmena près d'un jeune homme et lui parla. Il n'était pas robuste, il devait avoir quinze ans d'après moi. Ce dernier me prit par le bras et nous allâmes à la rencontre de Kate.
- Alors Castle ?
- Je crois que ce jeune homme va nous guider.
- Génial, vous voyez Castle quand vous voulez !
Le chemin fut long. J'avais des crampes : déjà par le fait d'avoir passé la nuit dehors, et aussi à cause de cette chaleur... Je n'en pouvais plus. Je découvris après deux longues heures, l'hôtel face à moi et j'étais franchement heureux ; quel soulagement ! Un sourire illumina le visage de Kate. Nous remerciâmes vivement le gamin. On voulait presque l'embarquer avec nous à l'hôtel. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'on disait mais il semblait fier de lui. On le laissa repartir et nous allâmes enfin vers quelque chose qui nous semblait un peu plus familier.
La réceptionniste, dès notre entrée, nous posa quelques questions :
- Mr Castle, Mlle Beckett, où étiez-vous passés ? On vous a cherchés partout.
- Nous nous sommes égarés en forêt, admit Beckett.
- Est-ce que tout va bien ? Il y a des animaux dangereux… Rien de grave n'est arrivé ?
- Tout va bien. Nous aimerions regagner nos chambres ... si ça ne vous dérange pas. Nous sommes exténués.
- Oui Mademoiselle, bien sûr.
Après avoir dormi au moins deux bonnes heures, je sortis de mon sommeil et descendis au bar du rez-de-chaussée. Elle était là. Elle avait un verre à la main. Ses cheveux étaient remontés en queue de cheval, elle s'était changée et portait un débardeur bleu marine ainsi qu'un short en jean. Elle était plus qu'attirante... mais je lui en voulais de faire comme s'il ne s'était rien passé entre nous dans le fin fond de cette forêt. Ou peut-être que c'était le poison du serpent ? Ou le remède qu'elle avait ingurgité ? Non, il fallait que j'arrête de lui trouver des excuses. Je m'approchai quand même d'elle mais elle était visiblement en pleine discussion avec ce jeune barman. Cela me donnait une raison de plus de m'approcher à vrai dire.
- Est-ce que Joyce travaillait régulièrement ici ?
- Pas vraiment. Que l'été. Elle vivait loin d'ici je crois.
- Est-ce qu'elle avait des ennuis par ici ?
- Non, pas que je sache...
- Bien, recontactez-moi si quelque chose vous revient... Est-ce qu'elle a de la famille ici ?
- Son petit ami travaille au port… Je crois qu'il est pêcheur d'après ce qu'elle me racontait.
- Merci.
Elle lâcha son verre et se leva du tabouret sauf qu'elle se retrouva face à moi.
- Castle ?
- Oui Lieutenant ?
- Vous n'êtes pas censé dormir ?
- Je me suis assez reposé comme ça. Du nouveau ?
- Oui.
- Dîtes-moi alors.
- Je préfère qu'on aille dans ma chambre histoire de ne pas être entendu.
Elle me guida jusqu'à sa chambre que je n'avais encore jamais visitée. Elle était assez simple mais les couleurs africaines y régnaient. Ça changeait de New York. Cette ville me manquait assez… Le bruit me manquait. Ma famille également.
Nous nous assîmes sur le lit et nous parlâmes "enquête".
- Donc demain à la première heure, nous irons au port.
- Bien. Je vais aller me reposer encore… La journée a été longue... Bonne nuit.
-…
Je me dirigeais vers la porte quand elle m'interpella;
- Castle ? Est-ce que tout va bien ? Je ne sais pas mais vous êtes bizarre depuis qu'on revenu... Vous êtes sûrement fatigué à cause de notre expédition je présume.
- Si seulement ce n'était que ça...
- Pardon ?
Je me retournai vivement et la sciai du regard.
- Quoi Kate ? Arrêtez de faire cette tête, je sais très bien que vous avez honte. Honte de vous souvenir.
Je repartis vers la porte quand elle me retint par le bras.
- Expliquez-moi.
Ne se souvenait-elle vraiment pas ? Je n'avais pas envie de lui poser la question… Je jouai alors un tout autre jeu. Je la pris par la taille par surprise et je la collai contre moi. Puis, toujours surprise de ma réaction, je lui volai un baiser, en plaquant fortement mes lèvres contre les siennes. Elle ne bougeait pas d'un poil. Je finis par la relâcher...
- De ça.
Je m'en allai la laissant seule désemparée. De toute évidence, j'étais plutôt fier de mon action. Je regagnai ma chambre songeur, comment allions-nous gérer toutes ces tensions ?
