Pour ceux qui le souhaitent, j'ai écris un autre chapitre où tout se termine bien pour nos deux héros. En revanche pour ceux qui ont aimé ou préféré la fin où les deux meurent, ne lisez pas^^
Bonne lecture.
Kyo tourna la pointe du katana vers sa propre chair, bien décidé à en finir avec toute cette souffrance. Malgré les cris alarmés de Kyoshiro, rien ne l'empêcherait de s'ôter la vie. Il avait conscience de sa lâcheté et de sa faiblesse. Lui, le grand Kyo aux yeux de démon voulait en finir avec la vie ? Quelle ironie ! Cela ne lui ressemblait pas. Mais pour la première fois de son existence, il comprit que sa fierté d'homme lui était inutile et que plus rien en ce monde ne l'intéressait. Il avait laissé mourir la seule personne qui comptait réellement pour lui, il devait expier une telle faute par sa mort. Il leva le bras et frappa.
Son geste qu'il avait voulu fort et rapide se figea à quelques millimètres de son ventre au son d'une voix féminine.
-K-Kyo !
Ses yeux s'ouvrir tout grand d'étonnement, son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine et son esprit se fraya un chemin afin de sortir de la torpeur dans lequel il était plongé depuis quelques minutes. Sans baisser l'arme qu'il pointait toujours sur lui, il tourna la tête en direction de ce son si délicieux à son oreille, et croisa le regard choqué de Yuya. Elle le regardait avec des yeux consternés et quand il se rendit compte qu'elle se mouvait dans les bras de Kyoshiro, il n'eut alors aucun doute : sa planche à pain était en vie. Mais comment ? Il était persuadé de l'avoir entendu expirer son dernier souffle.
-Kyo ! Qu…qu'est-ce que tu…Pourquoi ?
La voix de la chasseuse de prime se brisa et elle éclata en sanglots.
Après que Seiko soit morte, Yuya s'était sentie happé par une force invisible, l'obligeant à quitter le monde des vivants, la contraignant à quitter Kyo…Elle avait alors cessé de respirer pendant plusieurs minutes, poursuivant une lutte acharnée contre Seiko, dans un univers où seuls la mort et l'enfer régnaient. De là où elle était, elle avait entendu Kyoshiro hurler son prénom, et bien que Kyo n'avait pas parlé elle avait senti sa détresse et sa douleur comme si c'était la sienne. Rassemblant tout son courage et toute sa force, elle était finalement parvenue à contrer celle qui avait tourmenté sa vie durant plusieurs mois, et s'accrochant telle une désespérée, son corps avait de nouveau bougé, son esprit était devenu plus clair et grâce à un ultime effort, elle avait ouvert les yeux.
Mais l'horrible scène qu'elle avait découverte à son réveil lui avait glacé le sang et bien qu'elle est prononcée son nom à temps, l'empêchant de se donner la mort, elle ne pouvait réprimer ce chagrin et ses larmes qui lui brouillaient la vue et lui obstruaient la gorge à tel point qu'elle ne pouvait plus émettre un son. Kyo était sur le point de mourir à cause et pour elle. Elle en était à la fois heureuse et bouleversée, mais cela ne justifiait en rien un tel acte. Qu'aurait-elle fait si elle s'était réveillée trop tard ? Elle ne voulait même pas y penser.
Elle aperçut entre deux larmes, Kyo s'avançait vers elle tandis que Kyoshiro l'aidait à se remettre debout, la maintenant fermement contre lui pour qu'elle ne tombe pas.
-Yuya ! Comme je suis heureux ! Tu es vivante. Lança ce dernier avec un grand sourire.
Yuya lui rendit un pauvre sourire avant d'observer l'homme aux cheveux longs qui s'arrêta à sa hauteur, son visage offrant une expression qu'elle n'avait encore jamais vue. Ses yeux avaient perdu de leur éclat, ses traits étaient tirés et son visage semblait exprimer à la fois peur, souffrance et soulagement…
-Kyo ! Souffla-t-elle esquissant un petit sourire tout en réprimant cette fois ses larmes. Je…
A sa grande surprise, Kyo posa une main sur sa bouche afin qu'elle se taise et sans un mot il leva vers elle le katana avec lequel il avait voulu se tuer, et contre attente, le brisa avant de le lancer par-dessus son épaule avec mépris.
-Tu es libre ! Dit-il d'une voix neutre, sans aucune émotion apparente.
Et sur ces simples petits mots, il se détourna. Ramassant son tenro et son fourreau, il s'éloigna, prenant le chemin du retour. Yuya et Kyoshiro le regardèrent partir sans comprendre les raisons de son comportement. Enfin le jeune garçon avait bien une idée mais il préférait pour le moment ne rien dire. Il savait que Kyo était fâché contre lui-même. Non seulement il avait bien failli perdre Yuya, mais quand il avait voulu se donner la mort, celle-ci s'était finalement réveillée, apercevant et comprenant son geste. Pour lui, un acte pareil, sous les yeux des ses amis était honteux et considéré comme lâche. Il ne pourrait peut-être désormais plus faire face à la chasseuse de prime sans se sentir coupable, faible et misérable. Il n'était pas digne d'elle.
-Ne t'inquiète pas Yuya. Tu sais que Kyo est comme ça. Il ne montrera jamais ses sentiments à quelqu'un et encore moins à une fille.
-Je sais. Répondit-elle tristement avant d'afficher soudainement un visage déterminé. Mais ça va changer, crois-moi !
Elle regarda son ami avec un petit air malicieux auquel celui-ci répondit par un sourire bienveillant.
-Je vais te porter, tu dois être fatiguée.
-Non, ça va aller. Je crois pouvoir marcher toute seule.
-Tu es sur ?
-Oui !
Il relâcha son étreinte autour d'elle et s'assura qu'elle pouvait en effet marcher seule. Il se tenait prêt à la rattraper à la moindre faiblesse, mais au bout de quelques pas, Yuya avait parfaitement reprit le contrôle de ses jambes, et suivant de loin le démon qui ne s'était pas retourné, ils rentrèrent à la maison où Sakuya devait les attendre, inquiète.
Le retour fut long et difficile. Kyo gardait inlassablement le silence, ne prêtant aucune attention aux personnes qui marchaient derrière lui et Yuya, face à cette obstination et ce refus total de leur adresser la parole, ni même un seul regard, se sentait angoissée. Elle tenait d'une main maladroite, le bustier que Kyo avait déchiré afin de la laisser respirer, et de son autre main elle tentait en vain de se débarrasser de ces gants qui lui collaient à la peau.
Quand ils arrivèrent enfin à l'orée de la forêt, découvrant la cabane, Sakuya était assise sur les marches, une tasse de thé à la main qu'elle lâcha avant de se précipiter vers les trois compagnons. Kyo passa près d'elle sans un regard, se dirigeant à l'intérieur, et disparut dans le couloir. Interloquée par ce comportement, Sakuya comprit aussitôt qu'il préférait être seul afin de cacher sa souffrance. Elle pouvait le sentir, il avait très mal.
Se désintéressant pour le moment du démon, elle reporta son attention sur les deux autres personnes et fut abasourdie en découvrant la tenue et dans quel état se trouvait sa précieuse amie. Elle alla immédiatement la soutenir après un échange rapide avec Kyoshiro et l'aida à gagner la salle de bain.
Là, les deux jeunes femmes bavardèrent longtemps. Sakuya aidait la chasseuse de prime trop faible pour se laver seule, pendant que cette dernière lui racontait toute l'histoire, et son inquiétude sur l'attitude de Kyo qui la troublait.
-Tu sais Yuya ! Commença doucement la chamane tout en lui frottant le dos. Je pense que Kyo a été très éprouvé et tu ne dois pas lui en vouloir d'agir de cette manière. Il n'admettra jamais ses sentiments pour toi. C'est donc à toi de faire le premier pas.
-Oui tu as sans doute raison Sakuya.
-Je vais te laisser te détendre.
-D'accord.
La chamane se retira, laissant la chasseuse de prime à ses pensées. Yuya resta longtemps dans son bain à réfléchir à ce qu'elle devait faire. Elle avait échappé de peu à la mort, et quand elle avait reprit connaissance ses yeux s'étaient posés sur Kyo, un sabre pointé sur la poitrine, menaçant de se transpercer le cœur.
Elle avait lutté de toutes ses forces pour ne pas disparaître, mais en retour elle avait bien failli le perdre lui. Si elle ne faisait rien et laissait les choses ainsi, alors cela n'aura servi à rien de vivre. A quoi bon continuer ainsi, à faire semblant de rien. Elle aimait Kyo plus que sa vie. Il était ce pour quoi elle avait lutté pendant trois ans, tenant bon jour après jour, ne perdant jamais espoir de le revoir. Il était un être cher à ses yeux, et elle avait failli mourir sans avoir jamais osée lui dire ce qu'elle ressentait.
Kyo lui avait demandé de parcourir à nouveau les routes avec lui, et elle le désirait plus que tout. Cependant, pour que leur relation évolue elle devait se confier à lui. Cette fois, rien ne lui ferait changer d'avis.
Yuya sortit de l'eau bien décidée à dévoiler ses sentiments à l'intéressé. S'enroulant d'une simple serviette, elle prit la direction de la chambre de Kyo, dans la ferme intention de lui faire entendre ce qu'elle avait sur le cœur.
Elle ne prit pas la peine de frapper et entra dans la pièce, refermant la porte derrière elle. Elle avait refusé de passer par sa propre chambre pour s'habiller de peur que son courage ne retombe, et curieusement elle n'avait aucune gène de se trouver dans cette tenue dans la même pièce que Kyo.
Ce dernier, assit près de la fenêtre, les yeux dans le vague, sans rien d'autre que la compagnie de son tenro, porta son regard sur la jeune fille. Il semblait comme déconnecté de la réalité car il ne prêta pas le moins du monde attention à ce qu'elle portait. Pourtant, depuis qu'elle était entré, il ne pouvait détacher ses yeux d'elle, la fixant si intensément que Yuya en frissonna. Il l'observa s'avancer, ses deux mains enroulées autour de sa poitrine, et quand elle se planta devant lui, s'agenouillant à ses côtés, il prit enfin conscience de ce qu'il se passait, et son regard devint alors plus dur, et détournant la tête, il demanda d'un ton froid :
-Qu'est-ce que tu veux ?
Yuya fut quelque peu décontenancée par le ton de sa voix mais ne se laissa pas émouvoir.
-Kyo ! Merci de m'avoir sauvé ! C'est grâce à toi si je suis toujours en vie et…
-La ferme planche à pain. Dit-il en se tournant vers elle les yeux plus rouge que jamais, brillant d'une lueur soudaine.
-Hein !
Il se leva si promptement qu'elle tomba en arrière, et quand elle le vit se diriger d'un pas rapide vers la porte elle hurla presque.
-Je t'aime !
Cette déclaration eut le mérite de le stopper net alors qu'il posait la main sur la poignée, le faisant écarquiller les yeux. Il ne se retourna pas mais entendit Yuya se relever, furieuse et en proie à de nouvelles larmes.
-Espèce d'imbécile. Poursuivit-elle en colère.
Il grogna légèrement à ses mots.
-Kyo ! Ecoute-moi ! Je n'ai pas l'intention de te laisser partir avant de t'avoir dis certaines choses.
Yuya tremblait, et n'était plus vraiment sûre d'elle. Mais elle devait le faire, elle devait tout lui avouer. Elle n'en pouvait plus de tout ce temps à cacher ses véritables sentiments. Tant pis s'il devait se moquer d'elle.
-J'ai passé trois ans à attendre ton retour, convaincue que tu étais en vie. Au début je ne faisais que pleurer. Je ne supportais pas la vie sans toi. On me demandait souvent si j'étais amoureuse de toi et je répondais toujours non tout en me dépêchant de changer de sujet. Pourtant, c'était le cas, et je regrettais chaque jour de ne pas te l'avoir dis.
Elle s'arrêta un moment, laissant ses paroles faire leur effet, puis prenant une bonne inspiration elle continua.
-Aujourd'hui, alors que je luttais pour ne pas mourir, c'est ton visage qui m'apparaissait. Encore une fois, j'ai regretté de ne pas t'avoir dis avant ce que je ressentais. Alors ça suffit Kyo !
Elle s'approcha de lui et attrapa son bras, le forçant à lui faire face, ce qu'il fit de bonne grâce. Pourtant, il s'entêtait à garder le silence braquant sur elle un regard intéressé.
-Pour une fois dans ta vie Kyo, ne pourrais-tu pas être un peu plus bavard et avouer toi-même ce que tu ressens ? Tu crois qu'il est facile pour moi de te dire tout ça ? Si je dois reprendre la route avec toi, j'aimerais avant tout qu'on soit honnête l'un envers l'autre. Je t'aime Kyo et je sais, malgré ton air indifférent que tu tiens à moi. Sinon, pourquoi m'aurais-tu sauvée tant de fois ? Pourquoi aurais-tu voulu te donner la mort ? Pourquoi m'aurais-tu embrassé dans la forêt afin que je redevienne moi-même ? Alors je t'en prie Kyo, dis-moi à ton tour ce que tu ressens pour moi, j'ai besoin de savoir.
La chasseuse de prime ne se contrôlait plus, laissant libre cours à sa frustration, sa colère et ses pleurs. Elle lui martelait le torse de ses petits poings. Elle avait trop longtemps souffert de ce silence et de ces non-dits. Il était plus que temps qu'ils cessent d'agir comme des idiots.
-Kyo ! Quelle mal y a-t-il à avouer quelque chose d'aussi important ? Tu penses que cela te rendra plus faible ? Que les gens se moqueront de toi ? Que tu perdrais toute fierté ?
Elle se recula voulant lui infliger une claque, tant elle était exaspérée par son silence, mais il attrapa sa main avant qu'elle ne touche son visage. Elle leva alors son autre bras qu'il emprisonna également, et la serviette entourant sa poitrine tomba à ses pieds. Elle voulut échapper à l'emprise de Kyo afin de la récupérer, mais il l'en empêcha tout en la rapprochant de lui, passant ses bras puissant dans son dos.
-Kyo ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas encore me peloter alors que je viens de me confier à toi ? Tu cherches à te moquer de moi ? Arrête, je suis toute nue.
-La ferme ! Tu me casses les oreilles !
-Quoi ? Espèce de démon ! Lâche-moi !
-C'est à mon tour de parler, alors ouvre grand tes oreilles planche à pain car je ne le répéterai pas.
Yuya cessa de parler et même de bouger, se concentrant sur ce que Kyo s'apprêtait à lui, le cœur angoissé.
-Je tuerai tous ceux qui auront le malheur de reparler de cette journée… Il est évident que tu sois amoureuse de moi, personne ne peut résister à Kyo aux yeux de démon. Dit-il avec un sourire carnassier. Tu es bête mais tu as bien parlé. Je ne t'aurai pas demandé de prendre la route avec moi si je me fichais complètement de toi.
Yuya le regardait avec des yeux comme des soucoupes, buvant chacune de ses paroles, des frissons parcourant tout son corps.
-Tu viens de me prendre la tête pour que je t'avoue mes sentiments, alors très bien. Je t'aime ! Mais ne crois pas pour autant que je changerai pour toi. Si j'ai envie de te peloter, je le ferai. Mais je crois que là je vais faire plus que ça.
-Hein ! Quoi !
Dans un geste rapide et inattendu, Kyo se débarrassa de son kimono et renversa Yuya sur le futon, s'allongeant de tout son long sur elle, lui comprimant la poitrine.
-Kyo ! Ca va pas ! Tu m'écrases la poitrine.
-Tu n'en as pas. Tiens-toi tranquille ! Tu voulais qu'on soit honnête alors voilà comment moi je te prouve mes sentiments. Si t'es pas contente, tant pis pour toi.
Il lui écrasa les lèvres sans lui laisser le temps de répondre. La pression de sa bouche contre celle de Yuya se faisait forte, forçant l'ouverture afin d'y introduire sa langue. Elle se débattait furieusement refusant de se laisser dominer par ce démon, mais ses forces et sa volonté l'abandonnèrent rapidement, et elle finit par s'offrir toute entière à Kyo. Après tout c'était elle la fautive. Elle était arrivée presque nue dans sa chambre et l'avait encouragé à lui dévoiler ce qu'il ressentait. Il était donc normal qu'elle en subisse les conséquences. Mais en vérité, elle était heureuse. Elle et lui s'étaient enfin avoué leurs sentiments, c'était tout ce qui importait.
Elle sentit les mains de Kyo parcourir tout son corps la dévorant de baisers fiévreux, ne lui laissant aucun moment de répit. Pour sa première fois, elle aurait préféré qu'il soit plus doux, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir d'une telle frénésie. Elle-même se laissait emporter par cette vague de désir si longtemps retenue. Quand il la pénétra, c'était comme si plus rien ne comptait et n'avait d'importance. Yuya agrippait Kyo férocement, tandis que celui-ci entamait de longs va et vient, faisant gémir la chasseuse de prime, leurs regards rivés l'un à l'autre exprimant ce qu'ils ressentaient.
Kyo s'empara de nouveau des lèvres de sa planche à pain avant que tous deux n'atteignent enfin l'apogée de la jouissance, retombant essoufflés mais heureux.
Ils restèrent un long moment allongés, Yuya blottie dans les bras de Kyo. Quand elle se redressa voulant prendre la parole, il gronda lui demandant de la fermer, et la força à se rallonger prétextant qu'il avait sommeil, ce qui devait probablement être le cas. Mais quand il se pencha sur elle pour prendre possession de ses lèvres, elle comprit qu'elle s'était lourdement trompée.
-Planche à pain, je vais te montrer ce qu'il en coûte de tomber amoureuse de moi.
Yuya passa une nuit blanche à subir les assauts du démon, et elle savait qu'il en serait désormais de même chaque nuit. Souriante, elle s'endormit au petit matin, le cœur apaisé et l'esprit serein. Dans quelques jours ils reprendraient la route en quête de nouvelles aventures, car tel était leurs destins.
Et voilà, cette fois c'est vraiment terminé. A bientôt et merci pour vos reviews et de m'avoir lu jusqu'au bout.
