Puis tout s'est enchaîné. Sam, les larmes coulant librement sur ses joues, m'a envoyé au tapis d'un crochet du droit sur puissant avant de s'enfuir sans se retourner.
De la prostitution ? Il le pensait vraiment ? Il pense vraiment que je pourrais m'abaisser à ça?
Je suis sous la douche depuis plus d'une demi-heure complètement perdu dans mes pensées. Ma main me lance mais rien ne peut me faire plus mal que le dégoût que j'ai lu dans les yeux de dean. Le coup était parti tout seul. Je n'étais pas plus en colère contre dean que je ne l'étais envers moi. Comment est-ce qu'il en était arrivé à cette conclusion ? Qu'est-ce que j'avais bien pu faire qui puisse lui laisser croire une chose pareille ? Je suis interrompu dans mes sombres pensées par un coup frappé à la porte de la salle de bain. J'éteins l'eau en soupirant et quand j'attrape la serviette, je sens mes os craquer.

Ça réveille la douleur encore un peu plus et je ne peux retenir un gémissement de douleur. Ça n'a pas échappé à Max qui s'empresse de me demander si tout va bien. Je lui réponds que oui et me dit que quelqu'un m'attend à l'entrée. Lentement j'entends ses pas s'éloigner alors que les battements de mon cœur, eux, accélèrent considérablement. Il n'y a que lui pour être venu jusqu'ici, lui seul connaît mon adresse.

J'enroule mon poing dans une serviette et j'en enroule une autre autour de ma taille. Ni max, ni dean ne seront choquer de me voir à moitié nu. J'ouvre difficilement la porte à l'aide ma main valide. Je descends lentement, sans doute trop lentement car je vois max qui monte l'escalier en sens inverse. Il me demande une nouvelle fois si tout va bien. Deux fois en moins de dix minutes, je dois vraiment avoir une tête de déterré ! J'opine du chef, seule réponse que je suis capable de lui fournir vu l'état de stress avancé dans lequel je me trouve. Il passe un bras autour de mes épaules. Je le laisse faire, incapable de réagir. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté quand je vois dean. Le visage défait et les yeux rouges. Rouges d'avoir pleuré ? Le bleu qu'il a à la base du menton me rappelle notre altercation d'il y a quelques heures et un frisson s'empare de ma peau. J'hésite à avancer vers lui. Max ressert sa prise autour de moi mais je m'en dégage. Il me regarde, surpris. Alors qu'il ouvre la bouche pour parler, je l'interromps soudain :

" - Max, tu voudrais nous laisser seuls deux minutes ?

Il rouvre la bouche pour la refermer deux secondes plus tard et m'adresse un regard noir avant de tourner les talons vers sa chambre.

Je me retrouve alors seul face à dean au milieu du salon. Nous nous jaugeons du regard, incertains de la suite des évènements. Il avise ma main enroulée dans la serviette et je vois son regard s'assombrir. Il s'avance vers moi d'un pas, puis d'un autre, suivi d'un autre et d'un autre jusqu'à ce qu'on se retrouve nez à nez, bouches à bouches. Le baiser d'abord chaste devient rapidement passionné, désespéré. Je l'entends pousser un gémissement de plaisir et j'oublie tout. J'oublie tout ce qui a pu se passer hier et tous les jours avant cet instant. Il pousse de nouveau un son exquis et je prends ça comme un encouragement à aller plus loin, plus vite. Je glisse une main sous sa chemise qui disparaît bien vite sur le sol, bientôt suivi du tee shirt. Ma bouche quitte la sienne pour aller s'aventurer sur son cou.

Dean a l'avantage de ma quasi nudité, n'a eu qu'à faire glisser ma serviette pour pouvoir me toucher, me gouter. Je sens ses mains qui semblent être partout à la fois et ça me rend totalement fou. Je remonte chercher ses lèvres et les dévorer littéralement. Ce baiser est sauvage et animal mais c'est ce dont j'ai besoin, besoin pour me sentir vivant, me sentir vivant à ses côtés. Je sens un gout métallique envahir ma bouche, ma lèvre inférieure est en sang mais je m'en fiche comme de ma première chaussette. Je suis trop bien ici, je suis à ma place, enfin. Alors que je me penche pour capturer un bouton de chair de mes lèvres, j'entends un cri strident retentir dans la pièce.

Andréa...

J'avais complètement oublié où nous nous trouvions : en plein milieu du salon, à la vue de tous !

Je saute sur ma serviette précipitamment, la renfile à la hâte en faisant réapparaitre cette douleur et cours rejoindre Andréa qui s'est enfuie dans le jardin après avoir enfilé un jean. Je sais que je laisse dean en plan mais notre discussion peut attendre, pas andréa. Elle a toujours été là pour moi. Alors je la cherche partout, en vain. Quand soudain, j'entends des petits gémissements et des sanglots provenant de derrière un buisson. J'écarte quelques branches et je la trouve assise, la tête entre les mains, pleurant sans retenue. Je m'approche doucement et m'assis auprès d'elle.

- Andréa... Je suis désolé, vraiment. Tu n'aurais pas dû voir ça. Si tu ne veux plus me voir, je comprendrais.

- SAM! Arrête ! Arrête de jouer les martyrs ! je ne veux pas que tu t'en ailles. Ça ne remet pas en question notre amitié le fait que tu sois.. GAY ! s'écria-t-elle, les pleurs s'intensifiant encore un peu plus.

-Mais chérie, pourquoi est-ce que ça te met dans cet état ?

A l'appellation de son surnom, les pleurs s'étaient brusquement arrêtés.

- Parce que... Parce que je t'aime Sam ! Je t'aime depuis le début. Je pensais que j'avais peut être une chance. On s'entend tellement bien, on rigole ensemble et puis tu es tellement attentionné avec moi et tous ces surnoms affectueux m'ont laissé croire que peut être... toi et moi... enfin, j'imagine que je n'ai vraiment aucune chance.

- Andréa... je suis vraiment désolé. T'es vraiment une fille géniale mais...

-Mais je ne suis pas un homme ! Oui ça j'avais compris ! lança-t-elle sarcastique.

Je soupire las. Elle s'en va reniflant rageusement.

Je retourne au manoir en croyant y retrouver dean mais aucune trace de lui. Rien à part un mot trônant au milieu de la table à manger. Je peux y lire :

"Je suis désolé pour hier soir, j'espère que je pourrai m'expliquer ce soir.

A ce soir, je t'aime

Dean."..