Chapitre sept : The ride will take a while


[Gabrielle]

J'avais fini mon sac et allais le descendre lorsque Tool fit son apparition.

– Je ne suis pas handicapée Tool. Dis-je alors qu'il le mettait sur son épaule.

– Peut-être, mais tu n'es pas en un morceau non plus. Répliqua-t-il et je levai les yeux au ciel.

Je le suivis jusqu'à chez lui, profitant de la marche et du beau temps. Mes points de suture tiraillaient un peu, mais j'étais à bout de nerfs de devoir restée assise. Tool m'avait appelé pour m'offrir de rester avec lui le temps que les autres seraient partis et j'avais accepté, me disant que je n'avais rien de mieux à faire et aucune autre connaissance dans les parages. Et après ce qu'il avait fait pour moi, c'était la moindre des choses que j'apprenne à le connaître.

Il me fit monter avec lui dans l'ascenseur et ouvrit la porte de la chambre à côté de celle de Gunnar.

– C'est ta chambre, mais sens-toi libre de faire comme chez toi pour la cuisine ou l'espace commun en bas. Tu peux aussi venir cogner à ma porte si tu as besoin et que je suis... occupé.

– Je vois. Dis-je en lui envoyant un sourire amusé.

J'avais eu l'occasion de croiser une de ses occupations depuis mon arrivée à New Orléans.

– Alors, on commande ou on cuisine? me demanda-t-il et je haussai un sourcil.

– Tu sais cuisiner? demandais-je avec un air incrédule et il hocha la tête avec un air amusé.

– Hale. Dit-il avant de me faire signe de le suivre à son appartement.

C'était un grand loft avec une salle de bain près de l'entrée, un espace pour la cuisine, le salon et il y avait un énorme lit caché à moitié par un paravent au fond de la pièce.

– Assis-toi, je m'occupe du reste me dit-il avant de sortir une bière. T'en veux une?

– Je bois juste du fort. Répondis-je et il m'envoya un regard inquisiteur.

– L'âge légal au Canada c'est 18 ans. Expliquais-je et il rangea sa bière pour sortir une bouteille.

– Tant mieux, sinon je me sentirais mal de t'offrir ça. Mais juste pour être certain, ne dis rien à Barney. Dit-il et je levai les yeux au ciel, sans pour autant retenir un sourire.

J'avais bien fait de venir.

[Plane]

Ils étaient presque arrivés lorsque Church les contacta pour leur dire que le contact avait changé. Lee soupira et se rendit à l'arrière pour appeler Tool. Il prit son portable, pas de service. Il jura et prit le téléphone relié au système de l'avion. L'appel se mit sur haut-parleurs et Lee jura encore une fois, se disant que Barney se devait de trouver de meilleurs appareils. Il entendit quelqu'un décrocher et parla.

– Tool, écoute on a besoin que... commença-t-il avant de se faire interrompre.

– Christmas! s'exclama Gabrielle à l'autre bout du fil, attirant l'attention de tout le monde sur lui.

- Gabrielle? demanda-t-il. Est-ce que Tool est là?

– Il est en bas en train de fouiller dans ses réserves, je crois. Dit-elle d'une voix anormalement enjouée et légèrement décalée.

- Ses réserves? demanda-t-il avant de réaliser. Vous avez bu.

- Un peu... beaucoup? répondit-elle avant de rire.

Il regarda les autres et vit qu'une vague d'amusement traversait le groupe.

– Wow, Tool n'a pas peur de Barney. Lâcha Hale en riant.

– Je suis Canadienne Hale. Je peux boire si je veux depuis un moment déjà. Répliqua-t-elle avec un ton convaincu.

- Est-ce que tu es saoule? demanda Lee.

– Non... oui. Finit-elle par dire.

– Bordel. Lâcha Lee.

- Répète ça? demanda Gabrielle.

– J'ai dit bordel. Répéta-t-il avec un sourire amusé.

– Encore s'il te plaît, j'adore ton accent. Dit-elle et Lee se figea alors qu'il sentait le rouge lui monter aux joues.

Toll et Hale s'étaient mis à rire alors que Gunnar regardait le téléphone avec un air ahuri.

– Où est Tool, je dois lui parler. Dit finalement Lee en tentant de reprendre un ton normal.

– Je suis là. Dit-il et ils réalisèrent qu'elles les avaient mis sur haut-parleurs.

Ils entendirent un clic et l'écho disparu.

- Je peux vous aider? demanda-t-il avec un ton amusé.

– On a besoin d'informations, le contact a changé. Je t'ai envoyé ses infos. Dit Lee.

– Répète ça, j'adore ton accent. Répondit Tool alors que tous les autres éclataient de rire.

—Fuck off! Rétorqua Lee et ils entendirent le rire sonore de Tool avant qu'il ne raccroche.

Lee retourna au cockpit et prit place dans son siège. Barney se tourna vers lui.

- Alors il s'en occupe? demanda-t-il.

– Il a intérêt. Rétorqua Lee et Barney lui offrit un sourire amusé.

– Si ça peut te consoler, moi aussi j'aime ton accent. Se moqua Barney.

– Enculer. Lâcha Christmas et ils se mirent à rire.

[Tool's]

-Alors t'aimes l'accent de Christmas? Se moqua Tool en se tournant vers Gabrielle et elle rit.

Elle n'avait pas bu depuis un moment et Tool s'en était aperçu à la moitié du repas lorsque Gabrielle s'était levée pour aller chercher du pain. Il avait secoué la tête avec un air amusé et avait calé son verre avant de lui en offrir un dernier.

Avec Gabrielle un verre de plus faisait apparemment toute la différence. Elle pigea dans le bol de chips qu'il venait d'emmener et il se racla la gorge.

– J'aime bien son accent, mais il me traite comme une enfant. Lâcha-t-elle finalement.

– Ah. Ne t'en fais pas, il fait cet effet-là à tout le monde. Sauf avec Barney, on croirait que c'est sa femme. Dit Tool et Gabrielle sourit.

Elle prit une des bouteilles d'eau qui se trouvait dans le réfrigérateur avant d'aller s'asseoir sur le divan.

- Et Gunnar? demanda Tool en prenant place près d'elle alors qu'elle manquait s'étouffer avec sa gorgée.

Elle le regarda un moment et il pouvait voir l'hésitation au fond de ses yeux.

– Je ne sais pas comment l'expliquer. Je sais juste que je suis en sécurité avec lui. Que je peux...Dit-elle avant de s'interrompre.

– Lui faire confiance? offrit Tool et elle confirma d'un signe de tête. Je vois.

Il y eut un moment de silence et Tool revit toutes les fois où il avait dû aider Gunnar dans les derniers mois. Puis il revit Gabrielle en sang, ses marques plus vieilles. Il savait qu'au fond Gunnar était quelqu'un de bien, mais il pouvait lui nuire aussi bien qu'il pouvait l'aider.

– Il n'est pas le seul en qui j'ai confiance. Lui dit-elle et il retourna son attention sur elle. Je... Tu m'as sauvé la vie Tool. Je sais que je ne t'en ai pas reparlé depuis l'hôpital, mais j'y pense tout le temps. Je te dois la vie.

– Tu ne me dois rien Gabrielle. Dit Tool d'une voix douce.

– Bien sûr que si. Lui répondit-elle d'une voix légèrement tremblante. J'essaie de faire la paix avec le fait que ce n'est pas de ma faute qu'ils m'ont agressée et que tu as choisi de me défendre. J'essaie vraiment. Et le dessin m'aide énormément. Personne n'a jamais vraiment pris le temps de me partager sa passion, de m'apprendre quelque chose. Mais tu l'as fait. Et même si je ne parle pas, je sais que si un jour je me décide à le faire, tu seras là. Je n'ai jamais vraiment connu ça et c'est... Merci Tool.

Il sentit une boule au fond de sa gorge alors que des larmes menaçaient de s'échapper à tout moment. Gabrielle essayait tant bien que mal d'essuyer les siennes et il la prit dans ses bras. Elle pleura en silence et il ferma les yeux.

– Je te promets Gabrielle, tu seras toujours chez toi ici, en sécurité. Murmura Tool.

– Merci. Dit-elle avant qu'elle ne finisse par s'endormir.

.

Elle se réveilla au son de CCR alors qu'une odeur de café se rendit jusqu'à elle. Elle ouvrit les yeux et les referma aussitôt en grognant. Gabrielle entendit le rire de Tool et soupira avant de s'asseoir.

– J'aurais pu dormir sur le divan. Dit-elle en constatant qu'elle était dans son lit.

– J'ai connu pire. Dit-il en mettant un deuxième café sur la table.

Gabrielle se leva et alla le rejoindre. Elle allait lui demander le programme de la journée lorsque le téléphone de Tool sonna. Il répondit avant de s'excuser pour descendre en bas. Gabrielle finit son café et retourna dormir dans la chambre qui lui avait été assignée.

[Yang]

-J'ai vérifié les informations et Christmas avait raison. Dit Yang en regardant son écran. Il va falloir intervenir.

- Étais-tu toujours en route pour New Orléans? demanda Tool.

– Oui, mais je peux transférer et aller les rejoindre. Offrit-il et il entendit un long soupir à l'autre bout de la ligne.

– J'ai quelqu'un là-bas qui va pouvoir nous aider, mais il ne le fera pas à moins que je lui demande en personne. J'ai un service à te demander. Dit Tool. Gabrielle est chez moi et devait le rester le temps de la mission. Peux-tu t'assurer qu'elle va bien? Elle a l'air mieux, mais je veux être certain qu'elle ne soit pas seule en cas de rechute ou si les choses tournent mal pour nous.

– Je peux m'en charger, mais je ne suis pas certain de sa réaction à ma présence. Répondit Yang.

– Tu te débrouilleras. Je vais lui parler de toi un peu, comme ça elle ne sera pas surprise de te voir arriver. Conclut Tool. Et n'oublie pas, elle ne sait rien.

La ligne coupa et Yang regarda l'heure. Il espérait que Tool sache ce qu'il faisait, parce qu'il rencontrerait Gabrielle dans moins de trois heures.

[Tool's]

Tool avait pris le temps de ramasser ses affaires, de se trouver un transport et de mettre son matériel dans le camion. Gabrielle était retournée se coucher et avait visiblement besoin de sommeil. Il regarda l'heure et passa une main dans ses cheveux.

– Est-ce que ça va? demanda-t-elle et il sursauta. Désoler, je croyais que tu m'avais entendu arriver.

– Ça va, il n'y a pas de mal. Dit-il avant de se tourner vers elle. Il faut qu'on parle.

Elle le regarda avec un air interrogateur et il lui fit signe de s'asseoir.

– J'ai un ami qui devait venir passer un bout de temps ici qui est en route. Il s'appelle Ying Yang. Commença Tool et elle eut l'air encore plus confuse. Il arrive dans une heure environ. Le problème, c'est que je dois partir dans une demi-heure pour ne pas manquer mon vol. Il y a eu une urgence au travail et je dois aller rejoindre ton père.

- Est-ce qu'il va bien? demanda Gabrielle.

– Oui, il a juste besoin d'un coup de main. Répondit Tool. Est-ce que tu as ton téléphone?

Gabrielle le lui tendit et il le prit pour entrer des numéros.

– Tu es toujours la bienvenue ici, fais comme chez toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, Yang devrait pouvoir t'aider. Dit Tool avant de lui redonner son téléphone.

– Trench? demanda-t-elle et Tool se tendit.

– Si tu as une urgence et qu'on ne répond pas, appelle-le. Lui, moi et ton père on se connaît depuis un siècle et je suis certain qu'il pourra t'aider. Sinon, appelle Booker. Pour être honnête, je ne l'ai pas vu depuis des années et je ne sais pas où il est, mais il est fiable. Je ne crois pas que tu te rendes jusque-là, mais si jamais c'est une question de vie ou de mort et que personne ne répond, tu appelles ce numéro.

Gabrielle le regarda droit dans les yeux et il ravala sa salive.

– De vie ou de mort? C'est qui? demanda-t-elle d'une voix hésitante.

– Tu n'as pas besoin de le savoir. Répondit Tool avant de lui offrir un sourire rassurant. Ne t'en fais pas, on va revenir avant que tu n'aies le temps de t'ennuyer.

Il la prit dans ses bras et elle le serra jusqu'à ce qu'il lâche prise.

– Prends soin de toi. Lui dit-elle et il lui sourit avant de se rendre à son camion et de partir.

[Gabrielle]

J'avais fini par abandonner l'idée d'être productive et avait allumé la télé de l'aire commune. Mon attention se tourna pour la millième fois vers la porte du bureau et le souvenir de l'expression de Tool ne me lâchait plus. Quelque chose n'allait pas, j'en étais certaine.

Mon téléphone vibra et je vis un message sur l'afficheur.

Tu peux prendre des livres dans ma bibliothèque si tu veux. -Toll

Merci. J'espère que je n'ai pas rendu Christmas mal à l'aise, j'ai un peu trop bu hier. -Gabrielle

Non, on s'en ai occupé nous-mêmes. -Toll

Vous n'allez jamais l'oublier enh? -Gabrielle

Non. -Toll

Je ris malgré moi en pensant à ce qu'ils devaient faire subir à Lee. Il n'y avait que moi pour me mettre dans une situation pareille.

Je croyais que vous aviez un problème au travail, es-tu certain d'avoir le temps de me parler? – Gabrielle

On attend Tool, mais après ça devrait aller. Je voulais juste m'assurer que tu aies de quoi passer le temps en notre absence. -Toll

Je vois. Je dois y aller, je crois que l'ami de Tool arrive. -Gabrielle

Tu peux nous appeler si tu as une urgence. -Toll

Je me tournai vers la porte de garage qui s'ouvrit sur un homme qui avait l'air d'avoir ma taille. Son regard se dirigea vers moi et je lui offris un sourire gêné.

– Tu dois être Gabrielle? me demanda-t-il et je confirmai d'un signe de tête. Tu as les yeux de ton père.

– Merci... Yang? répondis-je, hésitante.

Il me sourit et je me détendis légèrement.

– J'allais me faire à manger si vous voulez vous joindre à moi. Offris-je et je pus voir l'amusement au fond de ses yeux.

– Avec plaisir, mais seulement si tu me tutoies. Répondit-il et je lui souris.

[Yang]

Gabrielle ne parlait pas beaucoup, mais il s'y attendait. Elle avait quand même fait l'effort de maintenir une conversation plus ou moins intéressante considérant le fait qu'il ne pouvait pas répondre à la moitié de ses questions. Il avait offert de débarrasser la table et était monté défaire ses valises.

[Gabrielle]

Yang avait l'air sympathique, mais très réservé sur sa vie privée. Pas que je lui reprochais, mais j'avais rarement vu quelqu'un éviter autant de questions simples. J'allais sortir du matériel de dessin lorsque je vis que la porte du bureau était restée entrouverte. Je savais que je ne devais pas, mais l'expression de Tool me hantait et j'avais l'étrange sensation que le comportement de Yang était en lien avec le problème.

J'entrai dans le bureau et ouvrit l'un des ordinateurs. Mot de passe... Je soupirai. Mon regard s'attarda sur les tiroirs et j'ouvris le premier. Mon cœur rata un battement en voyant un pistolet chargé à côté d'un trousseau de clés. Je regardai les classeurs et décidai qu'au point où j'en étais, j'étais aussi bien de me rendre jusqu'au bout. J'ouvris un dossier et j'eus l'impression que la terre avait arrêté de tourner.

Rien n'aurait pu me préparer à ça.

[Tool's]

Il avait fini par redescendre et avait froncé les sourcils en ne voyant pas Gabrielle. Sa fenêtre de chambre était ouverte et elle était près des escaliers. Elle n'était pas partie. Il allait se retourner pour appeler Barney lorsqu'il vit la porte du bureau ouverte.

Gabrielle était assise à la table avec des dossiers ouverts en avant d'elle. Elle avait l'air blême et il sentit son pouls s'accélérer. Barney aurait dû lui dire et Tool n'était pas là pour contenir les dégâts. Yang savait pertinemment qu'il n'était pas le meilleur en ce qui concernait les interactions sociales et il jura mentalement contre Barney.

Il s'approcha lentement, mais en faisant du bruit pour ne pas qu'elle sursaute. Elle leva les yeux vers lui et elle mit la main sur le pistolet d'urgence que Tool gardait dans le bureau. Il s'arrêta et attendit qu'elle parle.

– Pourquoi est-ce que t'es ici? demanda-t-elle et il retint de justesse un soupir.

– Barney et Tool s'inquiétaient de te laisser seule après ta crise de panique. Dit Yang.

– Ils n'ont pas l'air d'avoir de la difficulté à parler de ma vie pendant qu'ils persistent à me cacher la leur. Cracha-t-elle en poussant un dossier vers lui.

Il reconnut instantanément la photo. C'était la dernière mission de Tool. On pouvait le voir serrer la main d'un agent alors qu'il était couvert de sang devant l'ancien avion de Barney. Il prit place sur la chaise près d'elle et elle se tendit légèrement.

– Je suis loin d'être la meilleure personne pour t'en parler, mais si tu as des questions tu peux les poser. Offrit Yang et elle hésita un moment avant de parler.

– Qu'est-ce que vous faites exactement? demanda-t-elle et il prit une grande inspiration.

La journée allait être longue.

[Gabrielle]

Je prenais mon café en silence. Je n'avais pas dormi de la nuit, trop occupée à penser à toutes les informations fournies par Yang. Il m'avait expliqué leur travail en gros et ses paroles concordaient avec les dossiers lus dans le bureau. Je ne savais pas quoi en penser.

Ils étaient mercenaires, mais ils tuaient les méchants. Sauvaient les otages. Ils avaient été dans l'armée... Toll n'avait pas menti... pas complètement. Et Gunnar... Tool... Barney...

Je fermai les yeux et pris une grande inspiration avant d'expirer lentement. Ils m'avaient menti... pour me protéger. Mais ils m'avaient menti. J'entendis Yang s'approcher et je levai les yeux vers lui.

– Tu devrais retourner dormir. Me dit-il et j'eus un temps d'arrêt.

Il avait l'air inquiet. Je me souvins de toutes mes soirées, de toutes les conversations, de... Ils avaient pris soin de moi.

– Je... Je vais y aller. Il reste du café. Dis-je avant de retourner dormir.

Mais le sommeil ne vint pas.

[Yang]

Gabrielle avait passé des jours à parcourir les dossiers avant de finalement les ranger. Elle ne lui avait adressé la parole que pour le strict minimum nécessaire et il ne savait franchement pas comment réagir à ça. Elle avait eu quelques questions supplémentaires, sans plus.

Il lui avait dit comment ils s'étaient rencontrés. Il lui avait parlé de quelques-unes des missions qu'ils avaient faites et elle lui avait demandé pourquoi Barney ne lui avait rien dit. Il avait répondu le plus vaguement possible. C'était à Barney d'avoir cette discussion avec elle, pas à lui. Et il y avait certaines informations qu'il ne détenait pas non plus. Barney, Tool et Trench étaient dans le domaine depuis plus longtemps qu'eux. Et même s'ils se parlaient, il ne connaissait pas l'histoire des autres en détail.

– Je vais aller faire des courses, est-ce que tu as besoin de quelque chose? demanda-t-elle et il se tourna vers elle.

Il ne l'avait pas entendu arriver.

– Non merci. Est-ce que tu as besoin d'aide? demanda-t-il et il vit son regard dériver sur ses cuisses.

– Non. Dit-elle. À tout à l'heure.

Il soupira et se laissa tomber dans un fauteuil.

[Plane]

Barney regardait le ciel devant lui alors qu'il jurait mentalement. La mission avait été plus courte que prévu, mais il avait l'air de s'être fait rouler dessus par un dix tonnes, Toll et Gunnar avaient des points de suture de fortune et Lee et Hale avait des égratignures un peu partout. Il savait que personne n'avait osé le lui dire, mais Gabrielle les attendait et il devrait lui parler dès qu'il la verrait.

Tool s'était fait tirer dessus et s'il ne risquait rien, son bras lui était inutilisable pour les prochaines semaines à venir.

Il fit atterrir l'avion et ils débarquèrent le stock et Barney, Tool, Gunnar et Toll se rendirent à l'atelier en priant pour que Gabrielle ne soit pas trop sous le choc. Ils arrivèrent dans le garage pour voir Yang assis dans un fauteuil avec un verre à la main. Yang ne buvait pas. Barney soupira.

– Où est Gabrielle? demanda Gunnar et Yang leva les yeux vers eux.

[Gabrielle]

J'avais fini par sortir du magasin sans rien acheter. Je n'arrivais pas à me concentrer. Une partie de moi leur en voulait, mais je pouvais comprendre pourquoi ils hésiteraient à m'en parler. Je me demandais ce qui allait se passer, comment je réagirai la prochaine fois qu'ils partiront. Est-ce que j'allais rester à New-Orléans? J'allais devenir folle à rester dans ma tête. Je retournai en direction de chez Tool et m'arrêtai dans l'entrée du garage en voyant Barney, Tool, Toll et Gunnar me tourner le dos.

- Où est Gabrielle? demanda Gunnar avant qu'il ne se tourne vers moi en voyant Yang me regarder.

Je sentis mon souffle se couper. Il avait des bleus et des cicatrices de différentes tailles sur les avant-bras et une partie de son visage. Ma colère s'évanouit aussitôt en voyant la peur au fond de ses yeux. J'avais subitement l'impression de me retrouver devant lui lorsqu'il avait pansé mes plaies.

– Je... Commença-t-il et je m'approchai de lui avant de prendre sa main pour voir ses blessures de plus près.

J'entendis sa respiration s'accélérer légèrement avant de lever les yeux pour ancrer son regard au mien.

– Est-ce que ça va? Dis-je d'une voix si basse que je doutais qu'il m'ait entendu.

– Je vais bien. Dit-il et pour une raison quelconque sa remarque me fit me tourner vers Toll et Barney qui avaient des blessures similaires.

Et mon regard s'arrêta finalement sur Tool. Sa blessure avait l'air de saigner encore au travers des bandages et il avait l'air faible. Je m'approchai de lui et le fit s'asseoir sur une chaise.

– Va chercher la trousse. Dis-je à Yang d'une voix enrouée.

Yang s'exécutât sans dire un mot et j'entrepris de défaire les pansements de Tool qui ne protesta pas. Il me regardait, me dévisageait sans dire un mot. L'inquiétude se lisait facilement sur son visage et je mis une main sur ma bouche en voyant sa blessure par balle. Les larmes menaçaient de couler le long de mes joues.

Il m'avait sauvé la vie et il était blessé.

– Gabrielle. Dit mon père et je me tournai vers lui.

Son visage était enflé et ça ne pouvait pas lui faire du bien de me parler. Je me levai et me diriger vers le congélateur pour prendre un sac de glace que je lui tendis. Il le prit et mon regard dévia sur les autres.

Toll m'avait fait visiter la ville. Gunnar m'avait aidé. Barney m'avait accueilli. Tool m'avait sauvé la vie. Les larmes finirent par rouler le long de mes joues.

– Je sais. Finis-je par dire en aidant mon père à mieux positionner la glace.

Yang fini par revenir avait ce qu'il fallait et je me tournai vers Tool qui me regardait avec un million de questions au fond de ses yeux.

– La porte du bureau était mal fermée. Finis-je par avouer en prenant le désinfectant. Attention, ça chauffe.

Tool se tendit alors que je nettoyais la plaie.

– Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça. Avoua Barney.

– Je sais... Yang a répondu à certaines de mes questions. Je... vous m'avez menti, mais je... je comprends pourquoi vous l'avez fait. Finis-je par dire alors que je remettais un pansement sur l'épaule de Tool. Ça va aller?

– Je vais bien. Je suis désolé. Dit Tool alors que je finissais de couvrir sa blessure.

– Je... tu m'as sauvé la vie. Et... je me doute bien que c'est plus compliqué que ça en a l'air, mais selon ce que j'ai compris... je ne suis pas la seule que vous avez sauvée. C'est beaucoup à encaisser. Dis-je en me tournant pour leur faire face. Mais j'imagine que je vais m'y habituer... pas à vous voir partir, mais...

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que Barney se levait pour me prendre dans ses bras. Je le serrai à mon tour en fermant les yeux. La famille de ma mère me mentait pour leur image, mais eux m'avaient caché la vérité pour me protéger. Je n'approuvais pas la technique, mais je le sentais au fond de moi que j'étais en sécurité.

Je me défis de son emprise et me raclai la gorge avant de me tourner vers Toll et Gunnar.

– Est-ce que vous êtes blessés? demandais-je et ils me firent signe que non.

J'haussai un sourcil et Toll me montra ses points de suture.

– Je vois. Dis-je, sachant que je ne pourrais pas en faire plus.

Tool avait l'air de plus en plus pâle et je lui offris ma main.

– Tu ne te rendras pas en haut tout seul. Dis-je et il hésita un moment avant de la prendre.

– Gabrielle? Dit Barney et je me tournai partiellement vers lui.

– Je vais rester pour m'assurer qu'il va bien. Tu devrais aller te reposer. Dis-je et il eut l'air choqué par ma suggestion. Vous avez pris soin de moi, c'est à mon tour maintenant.

Je vis son regard s'adoucir malgré la surprise au fond de ses yeux. Je vis l'émotion dans ceux de Gunnar, Toll et Yang. Mais rien ne pouvait me préparer à la reconnaissance dans ceux de Tool.

– Tu n'es pas obligée... Commença-t-il avant d'abandonner en voyant mon expression faciale.

Je marchai près de lui pour m'assurer qu'il ne tombe pas et à mi-chemin vers l'ascenseur j'eus un temps d'arrêt.

– Papa? Demandais-je en me tournant vers lui et cette fois-ci la surprise se lisait partout sur son visage. Est-ce que Lee et Hale vont bien?

– Oui. Répondit-il, visiblement sous le choc.

– Je voulais juste savoir. Dis-je d'une voix hésitante. Prends soin de toi, je vais rester ici pour aider Tool le temps qu'il aille mieux. Il reste de la nourriture dans le frigo. Appelle-moi si tu as besoin de quelque chose, d'accord?

– Promis. Dit-il et je rejoignis Tool qui se trouvait maintenant dans l'ascenseur.