- Il est vous ! S'exclama Joe, vous voulez dire qu'il est comme vous.
- Non ! Non ! Ne voyez-vous donc pas ? Je suis un voyageur du temps. Il y a longtemps que je voyage dans le temps. Il s'est passé quelque chose de terrible, j'ignore quoi, mais ça a créé un deuxième moi. J'ignore pourquoi ni comment c'est arrivé : il est dérangé. Il me poursuit dans le temps, il cherche à me faire du tord. J'aurais du partir à sa poursuite la première fois que j'ai pris conscience de son existence. Je ne referai pas la même erreur. Il faut l'arrêter avant qu'il fasse pire et croyez-moi : il est capable du pire.
- Il est vous, il est dérangé; mais vous, est-ce que vous avez toute votre tête, insista Joe ?
Le docteur regarda pensivement la jeune Montréalaise.
- Vous êtes bonnes, avoua-t-il. Je ne peux en être absolument certain, mais je crois qu'il est ce que j'aurais pu être. On porte tous en soi sa part de folie, des événements imprévus peuvent conduire au pire. J'ai plus de 900 ans et le risque grandit avec l'âge.
- Vous avez quel âge, s'étonna Joe !
- Je croyais que c'était la sagesse qui venait avec l'âge, ajouta Amy.
- Quand vous aurez mon âge, répondit le docteur d'un ton moqueur, vous apprendrez que la sagesse et la folie sont souvent proches parents. Alors, si vous voulez laisser les questions de côté, nous devons y aller.
- Aller où ?
- Mary habite par-là. Nous devons inspecter son miroir. Si l'enfant de sang a commencé à communiquer avec elle, ça devrait laisser une trace. S'il n'y a pas de trace, ça veut dire que la fenêtre n'a pas été ouverte encore et nous irons un mois dans le futur refaire la même vérification. S'il y a une trace, il faudra aller dans le passé. Nous devons trouver le moment où la fenêtre a été ouverte, des questions ?
Les deux jeunes femmes levèrent la main.
- Parfait, reprit le docteur, venez !
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Juin 1914
Chez les Fisher, quelqu'un frappa à la porte, la domestique se précipita pour ouvrir, puis elle poussa un long soupire en reconnaissant le trio d'étranges individus devant la porte.
- Bonjour, commença le docteur en brandissant son papier psychique, je suis le d…
- Bien sur, docteur, dit-elle blasée, comme d'habitude… suivez-moi les miroirs sont par-là.
Le docteur regarda ses compagnes de voyages avec étonnement. Elle les guida dans la maison et s'arrêta devant chaque miroir en laissant le soin au docteur de passer son tournevis sonique sur la surface. Ils passèrent devant un salon où une adolescente jouait du piano.
- C'est Mary, demanda Amy ?
Le docteur jeta un coup d'œil dans la pièce. Elle était là, concentrée sur sa partition, le visage sans expression.
- Elle a l'air de s'ennuyer, remarqua Joe.
- Décidément, vous avez un l'œil d'un fin limier : pas surprenant que vous ayez déjoué les filtres de perception du Tardis.
- Par ici, insista la femme de chambre.
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Mai 1914
Chez les Fisher, quelqu'un frappa à la porte, la domestique se précipita pour ouvrir, puis elle parut exaspérée en reconnaissant le trio d'étranges individus devant la porte.
- Bonjour, commença le docteur en sortant son papier psychique de la poche de son veston, je suis le docteur et…
- Encore vous, s'exclama-t-elle, combien de temps encore la ville va vous envoyer inspecter nos miroirs !
- Ho ! Heu ! Je devrai sans doute faire une dernière visite dans un mois, improvisa-t-il, mais après ça, ça m'étonnerais que vous entendiez parler de moi.
- Comment sait-elle toujours qui vous êtes, s'étonna Amy ?
- Nous reculons d'un mois à chaque visite, répondit-il, ça fait déjà plusieurs fois qu'elle nous a vus.
- Alors, inutile d'inspecter les miroirs, nous savons ce que nous allons trouver.
- Nan ! Ça paraîtrait louche.
Comme la dernière fois, la domestique les guida dans la maison et s'arrêta devant chaque miroir en laissant le soin au docteur de passer son tournevis sonique sur la surface. Ils passèrent encore devant le salon où Mary se disputait avec sa mère. Ils passèrent le plus discrètement possible. La querelle semblait porter sur le manque de modernité de la mère et le manque de manières aristocrates de la fille.
- C'est triste, commenta Joe, personne ne semble écouter ce que l'autre a à dire.
- Vous avez aussi bonne oreille, lui dit le docteur sur un ton flatteur.
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Avril 1914
Chez les Fisher, quelqu'un frappa à la porte, la domestique se précipita pour ouvrir, puis elle parut surprise quand elle vit le trio d'étranges individus devant la porte.
- Bonjour, commença le docteur hésitant à sortir son papier psychique de la poche de son veston, je suis le docteur, de la brigade de vérification des miroirs de la ville de Chicago.
- Bonjour, docteur, dit-elle gentiment. Nos miroirs n'ont pas changé depuis la dernière fois que vous êtes venus.
- Nous devons les inspecter à nouveau. Ils ne sont pas conformes aux standards.
- Ha ! Je comprends parfaitement. Venez, nous allons faire le tour, une fois de plus.
Comme les autres fois, la domestique les guida dans la maison et s'arrêta devant chaque miroir en laissant le soin au docteur de passer son tournevis sonique sur la surface. Ils passèrent encore devant le salon. Mary était assise avec des amies et prenaient le thé en discutant. Mary riait.
- Elle m'a l'air gentille, dit Amy. C'est dommage qu'elle devienne une meurtrière en série.
- Ce n'est pas elle, c'est l'enfant du sang. Leurs personnalités vont fusionner et ça va créer une toute nouvelle personne.
- Ne pourrions nous pas empêcher cet événement de se produire, demanda Joe. Si elle ne se fait pas assassinée et si l'enfant de sang n'essaie pas de la sauver, toutes ses victimes seront à nouveaux vivantes.
- Et nous n'auront jamais eut l'idée de venir ici pour empêcher ça, alors comment se fait-il que nous aurons pu empêcher ça, coupa le docteur avec sévérité ? Très mauvaise idée ! Il ne faut pas jouer avec le temps. C'est une très mauvaise chose, très dangereux.
- Alors vous venez, s'impatienta la domestique !
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Mars 1914
Chez les Fisher, quelqu'un frappa à la porte, la domestique se précipita pour ouvrir devant un trio d'étranges individus devant la porte.
- Bonjour, commença le docteur sans sortir son papier psychique de la poche de son veston, je suis le docteur, de la brigade de vérification des miroirs de la ville de Chicago.
- C'est le truc le plus stupide que j'aie entendu, répondit brusquement la domestique.
Le docteur plongea la main dans sa poche et en sortie son papier psychique.
- Désolée, j'avais oublié. Voici mon autorisation. Vous reconnaîtrez le sceau officiel de la ville.
Soupçonneuse, la domestique étudia avec attention le faux document.
- Si vous n'obtempérez pas, je devrai vous faire arrêter par la policière ici présente.
- Il y a des femmes dans la police maintenant, demanda-t-elle en regardant Joe.
- Juste dans cette brigade, répondit Joe.
- Nous devons les inspecter. Certains miroirs se sont avérés dangereux et la ville a établit de nouveaux standards de sécurité.
Lassée de la discussion, la domestique accepta enfin de les faire entrer.
- Suivez-moi, dit-elle. C'est par là.
Comme les autres fois, la domestique les guida dans la maison et s'arrêta devant chaque miroir en laissant le soin au docteur de passer son tournevis sonique sur la surface. Ils passèrent encore devant le salon. Mary n'y était pas. Il la trouvèrent dans sa chambre, alors que la domestique frappa à la porte pour lui demander de laisser le docteur inspecter son miroir.
Mary les laissa entrer et observa avec attention le manège du docteur. Joe remarqua que la fenêtre le la chambre était grande ouverte.
- Vous ne devriez pas laisser votre fenêtre ouverte. On peut facilement avoir accès à votre chambre de l'extérieur.
- Je croirais entendre ma mère, bougonna-t-elle.
- Joe, s'exclama le docteur d'un ton de reproche !
- Désolée, obéit la Montréalaise.
- Alors, y a-t-il un problème avec mon miroir, demanda Mary ?
- Non, tout va bien, mentit le docteur en éteignant son tournevis sonique.
- Vous ne semblez pas convaincu, poursuivit Mary.
Le docteur lui lança un regard sombre.
- Il se peut que nous repassions pour nous assurer de la conformité de votre miroir, expliqua Amy.
- Vous n'allez pas me le confisquer, reprit Mary.
- Non, conclut le docteur à contrecœur.
Il quittèrent la maison.
- Qu'y a-t-il, docteur, demanda Amy dès qu'ils furent dans la rue.
- Il est ici.
- Vous voulez dire l'autre vous ?
- Oui, il est ici, dans la même ville, à la même époque.
- Comment le savez-vous ?
- Dans le miroir, la fenêtre venait à peine d'être ouverte. Mary n'a pas encore parlée à l'enfant de sang. Aucune trace résiduelle du contact, mais la fenêtre, elle, était là.
- Et comment allons-nous le retrouver, demanda Joe?
- Il faut retourner au Tardis, de là je pourrai scan…
Il arrêta sa phrase nette. Le Tardis était maintenant en vue du trio et devant la cabine, quelqu'un les attendait.
