Shôha s'interrompit en plein milieu de sa phrase, pâlissant. Et pas que lui, Minako blêmit en devenant blanche comme un linge. Juste à la gauche de Kyôraku qui ne sembla même pas le remarquer, Meiko se plia légèrement en deux, ses deux plaquées sur son ventre à peine arrondi, devenant si blanche qu'elle semblait sur le point de se fondre dans le mur. Avec un hoquet étranglé en réalisant que l'attention de tous était portée sur lui, Shôha se hâta de reprendre, jetant malgré tout des signes d'alerte à Yoruichi. La femme mâte les observa lui et Minako tour à tour, puis se tourna légèrement pour apercevoir sa compagne de jeu lorsqu'elles étaient enfant se tordre de douleur, secouée par des haut-le-cœur. C'était bien beau d'être enceinte lorsqu'on était capitaine de division ! Voilà où ça nous menait.

« Et donc, les secteurs sud et ouest sont parfaitement sécurisés. » Conclut précipitamment la capitaine de la 9e division.

Il y eut un long silence, chaque capitaine présent dévisageant avec insistance cet homme, qui ne perdait pourtant jamais son calme, céder à la panique sans aucune raison. Puis, hochant lentement la tête, Genryusai Yamamoto leva sa canne en se redressant.

« Bien. Vous pouvez disposer. »

Alors que Minako et Shôha esquissaient des mouvements similaires pour rejoindre la future-maman, Isshin entoura le cou de la pauvre capitaine de la 5e division sur le point de rendre ses tripes, la traînant au sol derrière lui.

« Je suis un peu rouillé ! » Déclara-t-il gaiement sans remarquer son teint qui verdissait lentement : « et si nous allions nous entraîner un peu tous les deux ? »

Elle eut le temps d'attendre de quitter l'enceinte de la 1e division. Puis elle cracha tous ses boyaux sur Isshin qui poussa un hurlement de surprise en voyant son beau haori tâché par le vomi de sa collègue. Il esquissa une mine écœurée en la dévisageant alors qu'elle était de nouveau prise de haut-le-cœur.

« Félicitation à la future-maman. » Déclara platement Kayo en regardant la scène de loin.

Pas loin derrière lui, Kyôraku et Ukitake observaient la scène en se fendant largement la poire. Et les trois censées sauveurs encore un peu plus loin soupiraient. Il était clair que la vie au Seiretei n'était pas triste.


220 ans plus tôt…

Elle tourna la tête vers son lieutenant qui était de nouveau plongé dans une montagne de paperasserie. Il lui fallut quelques secondes avant de pouvoir cesser de le fixer. Shinji n'était pas « beau » à proprement parler, comme on l'entendait. De ce côté-là, pas de soucis à avoir avec sa mâchoire trop large et trop prononcée, ses dents trop grosses, son sourire trop effrayant, ses yeux trop petits. Mais à sa manière, il avait son charme. La façon dont il esquissait son sourire en coin. Dont il regardait tantôt avec agacement, tantôt avec résignation. Sa façon d'être toujours derrière elle, quoiqu'elle fasse. Ses cheveux trop longs, qui ne lui donnait pourtant pas d'air trop raffiné des membres du clan Kuchiki. Sa façon d'outrepasser son titre de noblesse. De la traiter plus comme son égal qu'autre chose. De prendre soin d'elle. De lui jeter des regards furtifs lorsqu'il croyait qu'elle ne le voyait pas.

« Qu'est-ce que vous avez à rêver ? Remettez-vous au travail. »

Sans aucune honte d'avoir été prise en délit dans sa contemplation, elle jeta un regard à la nouvelle montagne de rapport qui lui venait de la 4e division. L'avantage d'avoir des lieutenants efficaces comme Shinji ou Lisa, ça aidait des capitaines aussi flemmards qu'elle ou Kyôraku à ne pas se noyer dans un océan de travail. Kensei par exemple s'arrachait les cheveux avec son capitaine. Parce qu'il préférait passer son temps à s'amuser avec Mashiro qu'autre chose. Résultat ? Ledit Kensei qui n'était pas déjà un gros bosseur voyait désespérément la lueur du jour faiblir dans la petite pièce qui servait à entreposer les dossiers. Des douzaines de pile atteignaient déjà le plafond.

« C'est une trop belle journée pour rester enfermer à travailler, tu ne penses pas ? Rangiku est à l'académie, Aoshi-sama a des affaires à régler avec sa famille et tout le monde est occupé avec sa division. Tu ne veux pas venir te promener avec moi ?

- Pas vraiment. »

Elle gonfla les joues comme une enfant de trois ans. Puis elle se redressa, abandonnant le travail en cours sous le regard outré de son vice-capitaine.

« Je vais à la 6e. » Déclara-t-elle d'un ton sec, boudeur.

Il l'ignora royalement, se replongeant de nouveau dans la montagne de dossier pour éviter le tsunami. Une moue agacée s'étala sur son visage. Puis elle disparut en shunpo alors que son vice-capitaine levait les yeux au ciel. Elle s'arrêta à quelques mètres de la caserne de la 6e division, évitant de justesse le boulet de canon qu'était Mashiro, poursuivie par un Kensei enragé qui tentait de l'étrangler.

« Kensei aho ! » Hurla-t-elle en bondissant en avant.

Une veine immense battait sur le front du jeune homme qui tentait de l'attraper par le col pour lui faire une prise de catch. Avec un soupir désabusé, le capitaine de la 9e division leur emboîta le pas. Il jeta un regard acéré à la jeune femme qui se trouvait face à lui et s'arrêta à sa hauteur en jetant un regard agacé à son ventre légèrement arrondi, camouflé par son shihakusho ample.

« Les femmes enceintes devraient rester à la maison.

- Je suis enceinte, pas infirme ! » S'écria-t-elle outrée : « je suis tout à fait capable de gérer une division sans le moindre problème.

- Puisque tu le dis. »

Il inclina légèrement la tête de côté pour la saluer et reprit sa route, filant Mashiro et Kensei qui se poursuivaient comme deux enfants. Avec un large sourire, plaignant le pauvre capitaine d'un naturel si calme, elle pénétra dans la caserne de la 6e division, saluant au passage ceux qui croisaient sa route.

« Sôjun-san ! » S'exclama-t-elle gaiement en voyant le Kuchiki en grande discussion avec Lisa, Kaien Shiba et Akami Suô.

Les trois se tournèrent vers elle alors qu'elle se dirigeait à grands pas dans leur direction, un sourire heureux plaqué sur le visage. Quoiqu'il se passe, étrangement, elle n'arrivait pas à s'arrêter de sourire.

« Kumiko-taicho. » La saluèrent les quatre lieutenants d'une même voix.

Elle tapota vivement les cheveux du Shiba qui se frotta la nuque avec un discret soupir. Bien qu'il reste absolument dans son rôle de membre du clan Kuchiki, elle arrivait à voir dans le regard de Sôjun Kuchiki l'étincelle qui prouvait qu'il n'avait pas oublié le fait qu'elle ait rampé après son père dans tout le domaine Kuchiki. Je-t'ai-vu ! Aurait exactement le même impact.

« Ginrei-sama est ici ? » S'enquit-elle en jetant un regard vers la porte fermée du bureau de celui-ci.

« Avec mon capitaine, le capitaine Ukitake et le capitaine Shihôin. » Lui répondit machinalement Lisa en remontant ses lunettes.

Elle tapota son ventre d'un geste machinal, le caressant presqu'inconsciemment. A l'intérieur, la petite vie se développait, lentement, patiemment. Hinari. S'appellerait cet enfant s'il était une fille. Sôjun. Si c'était un garçon. En raison du respect, de la reconnaissance et de toute l'affection qu'elle portait à celui-ci.

« Kaien-san, salues ta femme et ta sœur de ma part. Akami-bi salues Mirei-san. » Déclara-t-elle simplement en se dirigeant vers le petit bureau.


220 ans plus tard…

A bout de forces, Akami s'immobilisa, les jambes si tremblantes qu'elles ne la soutenaient plus, les pieds si douloureux qu'elle ne les sentait plus. Elle s'effondra au sol, au bout du rouleau, se traînant jusque dans un coin sombre pour éviter de tomber sur des shinigamis. Elle se recroquevilla sur elle-même, soufflant avec peine et releva la tête pour poser les yeux sur le ciel qui s'assombrissait inexorablement. Mirei-bacchan… Songea-t-elle intérieurement, brisée par la disparition de la vieille-femme. Elle en avait assez. Assez d'attendre. Meiko prenait trop de temps, suivant son plan à la lettre. Elle, elle en avait assez d'attendre. Elle avait juré de ne pas toucher à un seul cheveux des shinigamis ? Ils avaient tué sa grand-mère. Leur accord était caduc. C'était à cause des shinigamis que sa grand-mère était morte. Parce qu'ils avaient été incapables de comprendre qu'on les menait en bateau depuis le début. Elle avait souffert. Tohru avait souffert. Meiko avait souffert. Les Shiba avaient souffert. C'en était assez, elle était fatiguée, elle n'en pouvait plus. Alors, même si c'était la dernière chose qu'elle devait faire, elle aurait la tête de Yamamoto. Elle était restée dans l'ombre lorsqu'Aizen avait pété un plomb, évité consciencieusement toutes les crises majeures, à présent elle en avait assez de fermer les yeux sur la Soul Society.

« Si vous n'êtes pas capable d'aller jusqu'au bout Aozora-taicho, moi je le ferai. »

Et comme s'il était en accord avec elle, le ciel bleu s'assombrit inexorablement, revêtant une abominable teinte sombre, noire. Se fendant d'un immense sourire, Akami leva son Zanpakûto en écho avec celui de Tohru. Il était temps à présent. Ils avaient décidé tous les deux. Ils piégeraient les Shinigamis à l'intérieur du Seiretei et les élimineraient tous un par un. Gagnant une folie qu'elle avait repoussé pendant plusieurs années, Akami se concentra, ressentant la haine de Tohru dans chaque parcelle de son corps, son désir de vengeance. Ils avaient tous les deux trop réprimé la noirceur de leur âme, la profondeur de leur haine. Et dire que ni Yoruichi, ni Urahara, ni Meiko ni personne n'avait aucune idée de ce qu'ils prévoyaient de faire.

« Je suis vraiment désolée, Meiko-sama. Malgré que vous ayez tenté de nous arracher à nos ténèbres, nous haïssons trop la Soul Society pour oublier. Après tout, je ne suis qu'une poupée capricieuse, brisée. »

Les relents de reiatsu de Tohru l'entourèrent, alors qu'elle relâchait le sien, se fichant bien qu'il puisse être ressenti à trois kilomètres à la ronde.

« Et Tohru n'est qu'un gamin immature, revanchard. »

Elle se redressa légèrement, se laissant engloutir dans les ténèbres que créait le Zanpakûto de Tohru. Jizô-Jigoku était un Zanpakûto qui laissait les ténèbres recouvrir le monde pour absorber tout le reiatsu ambiant. Mêlé à Reiko qui confinait tout ce qu'elle voulait dans un espace et utilisait la loi de régression à l'intérieur…

« Réunis, Reiko. »

…les shinigamis n'avaient pas la moindre chance de résister à leur colère. Désolée, Meiko-sama. Vous étiez notre lumière, notre espoir. Mais votre source s'est tarie. Et nous avons choisi la haine et la vengeance.


« Ils ont cédé. »

Elle fronça les sourcils en dévisageant la moitié de son Zanpakûto. Assis sur une branche du cerisier, il parcourait le ciel de ses yeux argentés, empressé. Elle ferma les yeux, capable de ressentir l'intensité de leur haine jusqu'au plus profond de ses entrailles.

« S'abandonner à la haine ne les sauveras pas. Ça ne leur rendra pas tout ce qu'ils ont perdu. »

Elle le savait. Elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir, pour les sauver. Elle leur avait promis de faire disparaître celui qui avait causé tous leurs tourments, à condition qu'ils abandonnent leur idée de vengeance à l'encontre des shinigamis. Elle poussa un gémissement pitoyable en se recroquevillant sur elle-même, au pied du cerisier. Son monde intérieur n'était qu'une immense étendu neigeuse, sans la moindre vie, sans la moindre couleur. Il n'y avait qu'un simple cerisier au milieu de celui-ci, reflet de son cœur, son espoir, son amour. Toutes ces années, ce cerisier n'avait pas cessé de grandir, de déployer ses branches et ses fleurs, preuve qu'elle n'avait jamais cessé de croire, d'espérer, d'aimer. Elle n'avait jamais sombré dans les ténèbres, la haine, la vengeance. Elle était restée sur le droit chemin, en dépit de toute chose.

« Je ne veux pas avoir à me battre contre eux. » Murmura-t-elle en enfouissant sa tête entre ses bras : « je les ai aimés, aidés, protégés pendant tout ce temps… Ils sont ma famille. Je ne veux pas les affronter. »

Elle poussa un soupir étranglé alors que le loup qui représentait la seconde moitié de son Zanpakûto enfouissant son museau contre sa joue, dérisoire tentative pour tenter de la rassurer. Et la neige qui s'était arrêté longtemps auparavant s'était remise à tomber, preuve du déchirement intérieure dont elle était le subi. Sa loyauté envers la Soul Society, et sa loyauté envers ceux qu'elle considérait comme sa famille. Longtemps auparavant, elle avait perdu sa famille en décidant de protéger la Soul Society. Mais aussi absurde que cela puisse paraître, elle était incapable de se résoudre à abandonner tous ces shinigamis qu'elle affectionnait tant au prix de l'amour de ces deux enfants. Quelle femme ingrate elle faisait…

« Ce n'est pas de l'ingratitude. Tu les aimes cela va sans dire, sans condition. Mais es-tu prête à laisser mourir tant d'innocents pour les sauver ?

- Je ne le supporterais pas. » Murmura-t-elle en levant les yeux vers l'androgyne qui la transperçait du regard.

Elle était lui, et il était elle. Elle savait tout ce qu'il savait, et il savait tout ce qu'elle savait. Même s'ils ne raisonnaient pas pareils, ne pensaient pas pareils, elle savait que quoiqu'elle fasse, ils seraient toujours derrière elle. Parce qu'elle était eux, et qu'ils étaient elle.

« Nous te suivrons, quoique tu fasses. Parce que la seule chose que nous désirons plus que tout au monde, c'est que tu puisses trouver le bonheur, à nouveau. »

Elle sourit malgré les larmes qui lui embuaient les yeux, caressant le loup qui était complètement en accord avec l'autre. Elle le serra contre elle, enfouissant son visage à l'intérieur de sa fourrure soyeuse.

« Je vous aime… Plus que tout au monde.

- Nous le savons. Parce que nous sommes toi. Et nous t'aimons autant que tu le fais. »

Elle ferma les yeux, se concentrant pour réintégrer son corps, quittant son monde intérieur. Puisqu'il le fallait, elle avait prit sa décision. Elle les sauverait quoiqu'il lui en coûte. Se redressant dans un mouvement saccadé, elle sursauta en posant les yeux sur le sourire vorace de Noizumi Hanae. Oh mon dieu…

« Alors comme ça, tu laisses mon fils devenir un criminel, Taicho-san. »

La mère de Tohru. La femme qui avait complètement régenté le système du Gotei 13 en obtenant le poste de capitaine de la 10e division après Isshin Shiba, en abandonnant son titre de noble, son nom et sa famille pour ne devenir qu'une pauvrette du Rukongai. Et que personne n'avait jamais reconnu jusqu'à ce qu'elle tente un coup d'état, vingt ans auparavant pour faire tomber la famille Kumiko et réintégrer toutes les famille déchues. Elle avait été chassée de la Soul Society comme une malpropre après que celui-ci ait échoué. Et plus personne n'avait jamais entendu parlé d'elle jusqu'à… aujourd'hui. Ahurie, Meiko bondit sur ses pieds en la désignant du doigt.

« Tu… tu… tu… TOI !

- On ne t'as jamais appris que c'était malpoli de pointer les gens du doigt ? »

Presqu'aussitôt, elle laissa retomber son bras au niveau de sa hanche, et regarda autour d'elle. Oh non… Sur tous les endroits possibles du Seiretei, il fallait qu'elle l'emmène dans les égouts. Fronçant le nez à cause de la puanteur, elle fixa la femme en face d'elle comme si elle était une apparition, et qu'elle allait disparaître d'une seconde à l'autre. Celle-ci soutint son regard. Contrairement à beaucoup de nobles, dont elle, Akami et Yoruichi, Hanae savait garder son masque en toutes circonstances, même dans les plus rocambolesques. Et bien qu'elle ait aussi appris à le faire, elle avait toujours préféré se comporter naturellement.

« Que fais-tu ici, Hanae-san ?

- J'ai appris de Mirei-san, peu avant qu'elle meure que toi et Akami-bi étiez revenues. J'ai tout de suite supposé que ce n'était pas pour un pique-nique avec Yamamoto-sama. »

Yamamoto-sama. Bien qu'elle ait essayé de renverser l'une des famille noble les plus influente de la Soul Society, elle considérait toujours le Soutaicho avec un certain respect.

« J'étais venue pour la tête d'Aoshi. Tohru et Akami en ont finalement décidé autrement. Et malheureusement, malgré toutes les forces qu'ils ont pu réunir, ils sont faibles.

- Et tu t'entêtais à leur montrer qu'ils avaient progressé. Tu es capable de venir à bout d'un vice-capitaine sans même libérer ton Zanpakûto. Akami aurait sans doute recours au Bankai. L'écart de force entre elle et un capitaine est immense et pourtant tu continues à lui faire croire qu'elle peut y arriver. »

Hanae marqua une pause, plissant les yeux pour évaluer la femme en face d'elle. Son point fort était sans nul doute sans sens de l'observation.

« Je peux affirmer simplement en te regardant que l'écart de force entre vous deux est tel, qu'avoirs recours à ton shikai serait superflu. Alors, que crois-tu qu'il se passera pour Tohru, lorsqu'ils se mettront en tête d'affronter tout le monde ? »

Gardant résolument le silence, elle détourna le regard. Elle le savait, elle le savait tout ça. Mais elle ne s'était pas imaginée qu'ils auraient la présomption de défier le Gotei 13 !

« Je les sauverai, tous les deux. Même si je dois donner ma vie pour ça. Je l'ai juré… Sur la tombe de mes filles. Sur la tombe d'Hinari. Sur la tombe d'Asahi. Je les protégerai tous les deux. Avant que la maladie n'ait raison de moi. »

Hanae émit un long sifflement admiratif, plus ironique pour signifier que son idée était totalement suicidaire qu'autre chose.

« Et tu comptes affronter tous les shinigamis du Gotei 13 pour y arriver ? Je suis désolée de te décevoir, mais bien que la majeure partie des capitaines qui existaient dans le passé soient bien plus fort que ceux qui sont capitaines à présent, il reste Kyôraku-san, Ukitake-san, Hirako-san, Mugurama-san, Ôtoribarashi-san, Unohana-san. Ne te surestimes pas, ou tu finiras par mourir avant même d'avoir tenté quelque chose. »

Hanae réfléchit quelques instants.

« Et puis, quelques jeunes capitaines sont prometteurs aussi. Byakuya-kun, la petite Soi-Fon, Komamura-san est très fort lui aussi et Zaraki Kenpachi est un véritable monstre. Tu ferais mieux d'abandonner. »

Bondissant si brutalement que tous les os de son corps craquèrent, Meiko empoigna la mère de Tohru par le col, le visage tordue en une expression coléreuse.

« Tu abandonnerais ton propre fils ! Tu le livrerai à la mort !

- Je n'ai jamais dit ça ! » Cingla Hanae en haussant le ton. « J'aime Tohru autant que toi. Mais tu n'y arriveras pas toute seule.

- Je refuse de mêler Yoruichi-san oui qui que ce soit à ça. Même à toi, je ne te demande pas ton aide. »

Plus loin dans le tunnel, un ricanement fusa. Et de sa démarche féline, apparaissant dans les situations impromptus comme elle l'avait toujours fait, Yoruichi Shihôin émergea d'un des couloirs malodorants des égouts.

« Et tu crois vraiment que tu as besoin de nous demander notre aide ? Ces gamins veulent s'asseoir ce que nous avons haï, mais qui reste malgré tout la seule chose que nous aimons plus que tout au monde. Je me suis enfuie de la Soul Society, Hanae a organisé un coup d'état, et tu t'es évadé de prison alors que tu avais été condamnée à vie. Qu'est-ce qu'on peut craindre à présent ? On me respecte et vous êtes des fantômes. »

Hanae ricana tandis que Meiko gloussait stupidement, comme si Yoruichi avait dit quelque chose d'incroyablement drôle. Le stress, sans doute. Parce que bien que chacune d'entre elles se soient déjà beaucoup amusées à jouer au chat et à la souris avec le Gotei 13, aucune d'entre elles n'avaient jamais eu l'idée saugrenu de frapper de plein fouet celui-ci. C'était bien plus que de s'amuser, cette fois-ci. Et elles en étaient toutes conscientes.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que vous participiez.

- C'est trop tard pour regretter. » Claqua la mère de Tohru : « tu as planté l'idée de se battre contre des shinigamis dans la tête de mon fils, tu as grandement intérêt à le sauver ! Dans le cas contraire, je t'arracherai le cœur, et je m'occuperai de celui d'Akami-bi.

- Je ne pense pas que ce soit le moment pour ça. Et je ne pense pas que vous ayez envie d'en venir à vous battre l'une contre l'autre. De plus, je ne laisserai pas Akami-bi mourir aussi facilement. »

Meiko se mordit la lèvre inférieure, consciente que tout ce qui arrivait à présent était sa faute. Puis elle hocha légèrement la tête dans la direction d'Hanae, signifiant son accord.

« Bien. Si j'échoue, je t'offrira mon cœur. »


Fière, le menton relevé comme la noble qu'elle était alors que tous ne la considéraient que comme une pauvresse du Rukongai, elle pénétra dans l'immense pièce entre les deux rangées de capitaine. Elle savait que ça devait jaser, partout dans la Soul Society. Alors qu'elle n'était qu'un membre quelconque de la division auparavant, elle était soudainement montée en puissance et avait usurpé le titre de capitaine à tous. Sous le nez de Rangiku Matsumoto, l'actuelle vice-capitaine. Hanae. Hanae tout court, sans nom de famille. Que personne n'avait jamais vu auparavant, mais qui était d'une puissance suffocante. Elle s'arrêta soudainement, défiant tous les capitaines présents du regard. Répugnant. On cherchait encore de quoi remplacer les capitaines des 3e, 7e et 9e division, qui étaient en attendant administrés par leur vice-capitaine, pas assez compétent pour devenir capitaine. Aizen avait investi la 5e et Kurotsuchi avait quasiment quiconque tué ceux qui avaient objectés l'idée qu'il ne serait pas aux commandes de la 12e.

« Je suis Hanae. » Déclara-t-elle après un silence. « Juste Hanae. Et à présent le capitaine de la 10e division. Je m'en montrerai digne. »

Il était impossible que Ginrei Kuchiki ou Shunsui Kyôraku ne l'aient pas reconnue. Mais impassibles, ils la dévisageaient comme tous. Parce qu'elle avait choisi d'abandonner tout ce qui les reliait à eux, elle avait choisi de regagner l'anonymat. Et révolutionner enfin le système de noblesse de la Soul Society, pourri jusqu'à la moelle.