Lali oh ! J'espère que la reprise des cours s'est bien passé pour celles et ceux qui ont déjà repris ! Quant aux autres... Bonne chance également !
Bonne lecture !
Les trois équipes tentent de retrouver leurs chemins pour revenir à leur point de départ, là où attendent les trois divinités. Mais le temps s'écoule et la nuit tombe. Ils ont faim, ils ont soif, ils ont froid et ils sont blessés. Les esprit s'échauffent et des disputes éclatent. Et une seule pensée : ne pas être la dernière équipe arrivée.
Chapitre 8 : Dernière ligne droite !
Le groupe de Kitsune se trouvait devant une épreuve qui n'avait rien voir avec les précédentes : empêcher Murasakibara de dévorer la poche de bonbons qui se trouvait être leur dernier objet à ramener.
L'estomac du violet protestait déjà depuis au moins deux heures et Himuro ainsi qu'Akashi étaient étonnés -très légèrement pour le deuxième- qu'il ne se soit pas encore plaint. Le géant de Yosen avait gardé sa bouche fermée alors que les bruits gagnaient en intensité. Mais une fois que Murasakibara avait vu la poche en question, ses deux coéquipiers pourraient jurer l'avoir vu rentrer dans la Zone. Les yeux fous et des réflexes démultipliés, le violet avait ignoré les ordres de ses capitaines passé et présent et avait carrément couru sur les derniers mètres le séparant de cette provocation gustative.
Himuro n'avait même pas remarqué qu'il s'était mis à courir derrière son joueur quand celui-ci avait ignoré son ordre. Juste une seule pensée : si Murasakibara mangeait les bonbons, le groupe ne pourrait pas présenter tous leurs objets trouvés. Donc ils perdraient.
-Atsushi, n'y touche pas, c'est un ordre !
La voix d'Akashi fis écho à la sienne une deuxième fois. Le rouge n'avait pas la force de courir à son tour, son corps devenait de plus en plus douloureux à chaque minute passée. Une vague de douleur le plia en deux ce qui n'arrangea pas son dos écorché. Une main sur sa bouche, Akashi se laissa tomber à genoux, essayant vraiment de refréner ses nausées.
Si le brun de Yosen avait regardé en arrière quelques secondes, il aurait probablement vu cette terreur qui s'était inscrite sur le visage du plus jeune. Sa chute avait finalement dû être plus violente que prévue... Parce que pour qu'il recrache autant de sang...
Il se reprit vite : hors de question de paraître plus faible que ce qu'il était déjà. L'héritier richissime se releva et fit un pas. Le paysage tourna à nouveau alors il resta au sol.
Akashi se sentait misérable.
Un peu plus loin, Himuro cherchait à arracher le paquet de bonbons des mains de Murasakibara qui n'avait qu'une seule idée : manger ! Ils avaient tous terriblement faim et le brun sentait de plus en plus régulièrement de légers malaises dues cette faim terrible. Mais pour le très gourmand violet, cette partie de l'épreuve devait s'apparenter à l'Enfer de la famine.
Le paquet allait bientôt se déchirer s'ils continuaient à tirer chacun de leurs côtés. Mais le géant était bien plus fort et Himuro lâcha le premier. Surpris d'avoir enfin le paquet, Murasakibara fit deux pas en arrière et l'arrière de sa tête heurta brutalement une pierre aussi grande que lui, étrangement placée debout. Le violet s'accroupit et appuya avec ses deux mains sur la zone douloureuse :
-Muro-chin, ça fait mal !
-C'est ta faute ! Si tu avais lâché ce foutue paquet-...
-Mais j'ai faim !
-On a tous faim !
Himuro regretta immédiatement d'avoir hurlé et il s'approcha de son ami :
-Il faut qu'on tiennent, tu comprends ? On doit gagner ! Tu as envie de perdre, toi ?
Murasakibara gonfla un peu ses joues en détournant le regard :
-Je n'aime pas perdre.
Le brun descendit à sa hauteur en souriant un peu :
-Moi non plus.
Il tendit la main et attendit. Le violet souffla et tendit les bonbons. Himuro l'aida à se relever et ils retournèrent en arrière près d'Akashi.
Sa main était rouge du sang qu'il cherchait à arrêter de cracher.
Les éternuements de Takao s'empiraient de plus en plus. Leurs vêtements à tous étaient trempés mais le brun avait trop souvent goûté à l'eau glaciale du lac qu'ils avaient dû traverser. Toujours reliés par cette corde tricolore, ils avaient au moins la chance d'être sur un terrain plat cette fois.
Toujours premier, le brun avait les yeux fermés et tanguait. Il n'avait pas besoin de poser sa main sur son front pour savoir qu'il avait une fièvre monumentale. Ça avait été rapide...
-Takaocchi ?
Le possesseur de l'œil du Faucon se tourna à moitié vers Kise : sa chemise blanche étant trempée, tout le haut de son corps était totalement moulé et parfaitement devinable. Lui aussi avait l'air plus que fatigué. Après tout, après ces fichus rondins de bois, le reste du lac s'était fait encore à la nage. Tout ça pour un magazine porno ! Le blond marchait de travers depuis son fabuleux grand écart. Il grimaçait régulièrement mais étonnamment, ne se plaignait pas.
Un peu plus loin, Midorima avait l'air toujours aussi pâle. En même temps, Takao et Kise avait eu beaucoup de mal à le faire passer par un chemin qui s'enfonçait sous terre pendant quelques kilomètres. Le terrifiant souvenir de son emprisonnement sous la terre qu'il avait creusé ne disparaîtra pas facilement.
-On devrait se reposer un peu, tu n'as pas l'air bien du tout.
-Si on s'arrête maintenant... on risque de prendre du retard.
Le mannequin se tourna vers le vert pour chercher du soutien pour obliger le plus petit joueur à faire une pause :
-Midorimacchi, dis quelque chose !
Le garçon à lunettes leva le nez vers le ciel :
-La nuit va bientôt tomber. On devrait se dépêcher.
-Mais-...
-Ça va, je t'assure. Je ne suis pas en sucre.
Takao se remit à marcher, entraînant les autres. Un pas après l'autre. Lentement pour être sûr de rester debout. Pour comprendre lequel des deux pieds étaient véritablement le sien.
Jusqu'à comprendre que la fièvre venait vraiment de prendre le dessus sur sa conscience et qu'il était en train de tomber.
Malheureusement pour lui, il était déjà inconscient quand Midorima se jeta en avant pour le récupérer avant qu'il ne heurte le sol.
-Takaocchi ! Takaocchi !
La voix paniqué de Kise énerva le vert qui lui ordonna de se taire. Il posa sa grande main sur le front de son coéquipier de basket et serra les dents en sentant à quel point il était brûlant.
-Il faut vraiment qu'on se dépêche.
Aidé par Kise, il hissa le plus petit sur son dos et le blond attrapa la corde qui traînait sur le sol. Les deux garçons se mirent à courir, espérant retrouver rapidement les trois divinités. Pour Midorima, Takao était léger. Peut-être trop léger. Et jamais, il ne l'avait vu aussi faible. Et ça... ça lui serrait le cœur pour une raison qu'il ne comprenait pas.
Kuroko avait insisté pour refaire le chemin de l'épreuve à l'envers.
Ce qui signifiait retraverser le pont. La cheville de Kagami avait triplé de volume et était devenue violette mais le rouge s'accrochait. Aomine qui le maintenait toujours debout ne pouvait prétendre le contraire. Il serrait les dents et la flamme de la volonté brûlait dans ses yeux.
Et puis, depuis qu'ils étaient sur ce pont... :
-Aomine...
-Quoi, Kagami ?
… ils étaient devenus soudainement plus sympas l'un envers l'autre :
-Tu flippes pas vrai ?
-C'est toi qui flippes !
Kuroko leur jeta un regard polaire et les deux As se rapprochèrent encore plus, instinctivement. Le turquoise marchait très lentement sur ce pont qui lui rappelait de très mauvais souvenirs. Au moins, les trois garçons de Nekomata n'avaient pas recroisé les chiens démoniaques...
Mais oui, le bleu flippait à mort. L'étrange brouillard était toujours là et les enveloppait sans qu'ils ne puissent voir plus loin que le bout de leurs nez. En fait, l'As de Tôo craignait surtout d'entendre encore ces rires sinistres...
Ces rires qu'on aurait cru venir de fantômes.
Aomine refusait fermement de regarder ailleurs que droit devant lui. Il se concentrait comme un demeuré sur la nuque de son ancienne ombre. S'il regardait ailleurs, le bleu était certain de découvrir sa plus grande peur juste à côté de lui.
-Oy... Aomine ?
Juste Kuroko... Il entendait le rouge mais même pour lui, il ne détournerait pas le regard.
Quelque chose effleura son bras et il dut lutter pour ne pas se mettre à pleurer tellement l'idée d'être entouré d'esprits lui faisait peur.
Ils étaient vers la moitié du pont quand une caresse froide se fit sentir sur sa joue. Aomine s'arrêta de respirer et ferma les yeux. Kagami s'appuyait sur lui de tout son poids et ce contact là lui permit au moins de garder la tête froide. Il rouvrit ses yeux et tomba sur un visage brumeux.
Digne d'un film d'horreur, le visage se mit soudainement à ouvrir la bouche et un hurlement strident déchira les tympans des trois garçons. Le bleu lâcha le rouge pour venir couvrir ses oreilles et il aperçut entre ses larmes de douleur que Kuroko venait de faire de même.
Kagami tomba sur sa jambe blessée et cria à son tour, le poing contracté sur les vieilles blanches en bois. Il ouvrit un œil et remarqua que la créature fantomatique était surtout intéressée par Aomine qui était glacé d'horreur absolue.
Le turquoise releva à quatre pattes et chercha à attraper une partie du « fantôme ». Un nuage vaporeux se dispersa et se reconstitua immédiatement.
Le bleu avait laissé ses mains retomber près de ses cuisses et son visage n'était qu'un masque pure de terreur.
-Aomine-kun...
Une main squelettique aussi brumeuse que le reste s'avança près du bleu.
-Ne le touche pas ! Aomine-kun !
Il sembla au turquoise et au rouge qu'un rire moqueur se faisait entendre près d'eux quelque chose surgit du brouillard pour se prendre le « fantôme » de plein fouet. Cette chose sauta par dessus Kuroko et roula un peu plus loin sur le pont.
Kise se releva et massa son épaule sur laquelle il avait atterrit.
Midorima et lui avaient aperçut le pont et l'avaient emprunté sans hésitations. La voix du turquoise avait fait qu'ils s'étaient mis à courir et quand le blond avait aperçu ses amis à terre et cette horrible chose, il n'avait pas réfléchi et avait foncé comme un bourrin.
-Ki... Kise-kun ?!
Le mannequin offrit un sourire resplendissant au joueur fantôme comme s'ils s'étaient croisés dans la rue. Il se releva tandis que Midorima apparut, Takao toujours sur le dos.
-Midorima-kun...
Kuroko saisit le main du blond et marcha près du vert et ses yeux cyans ne cachèrent pas son inquiétude pour le brun. Kise aida ensuite Kagami qui s'appuya sur sa jambes valide en se retenant aux cordages. Et en tout dernier, le bleu.
Aomine ne semblait pas les voir. Il tremblait et hurla presque quand le mannequin toucha sa main.
-Aominecchi ! Tout va bien, c'est moi !
Les yeux bleus étaient fous de peur et Kise se rapprocha davantage :
-Aominecchi !
Kuroko s'agenouilla près de sa vieille lumière et toucha son bras.
-Aomine-kun... C'est finit...
Très lentement, le mat de peau dirigea son regard vers le turquoise et ouvrit la bouche, son torse se soulevant sur ce que qui devait être des sanglots. Mais il se reprit avant et se leva d'un bond.
-On s'en va, maintenant ! On restes pas davantage sur ce foutu pont !
Les autres approuvèrent et Kagami fut entraîné à la suite des autres par Kise. Le bleu traçait sans se retourner une seule fois en arrière.
Il était mort de peur.
Imayoshi attendait tranquillement près de la porte réservée au personnel du karaoké.
Momoi et Hanamiya ne devraient pas trop tarder. Le brun s'amusait beaucoup depuis qu'il passait la plupart de son temps avec l'autre brun sadique alors que celui-ci ne demandait qu'une chose : la paix. Le taquiner et voir ses réactions étaient sans conteste le meilleur dans tout ça .
Il était également ravi d'avoir revu son ancienne manager. Il s'était toujours très bien entendu avec l'adolescente aux cheveux roses alors travailler avec elle ne serait pas une contrainte. Surtout que ses interactions avec Hanamiya étaient également marrantes. Il était clair que ces deux-là ne s'appréciaient pas beaucoup bien qu'étrangement, le brun fasse des efforts pour être à peu près sympa -à sa manière- avec la jeune fille. Il avait même -difficilement, certes- accepté d'amener Momoi avec sa voiture.
D'ailleurs, cette même voiture passa rapidement devant lui et son conducteur se gara en un tournemain de maître. Hanamiya sortit de la voiture avec un tel sourire qu'il attira la curiosité d'Imayoshi. Et à suite, Momoi avec les joues gonflées et un regard mortelle.
-Bonsoir ~
-Imayoshi-sempai... Bonsoir.
-Quelque chose ne va pas ?~
Hanamiya roula des yeux en entendant les intonations de sa voix : c'était plus fort que lui, dès qu'il ouvrait la bouche, Sadique n°2 ne supportait plus Sadique n°1. Car oui, pour lui, Imayoshi était le plus sadique des deux !
-Hanamiya-sempai a … Il a …
La voix de la demoiselle se coupa tant elle était en colère.
Imayoshi se tourna vers lui et il sortit son portable. Le brun se rapprocha du garçon à lunettes en affichant un immense sourire à l'attention de Momoi qui le suppliant silencieusement de ne pas montrer la photo.
-Regardes comme elle est mignonne !
La rose cacha son visage dans ses mains, rouge de honte. Imayoshi regarda la photo et s'adressa à la plus jeune :
-Ça te va très bien ~
-Imayoshi-sempai... Ce n'est pas ce que je voulais entendre...
Les deux sadiques se regardèrent :
-Ces journées à thèmes sont vraiment étranges ~
-Sauf que toi, ça t'amuses.
-Mako-chan, je sais que tu t'amuses aussi ! ~
-Tch !
Hanamiya rangea son téléphone et entra dans le karaoké. D'un signe de main, Imayoshi invita Momoi à passer en deuxième. Les joues toujours rouges, elle entra dans le couloir qui menait aux vestiaires.
-Une fois que tu auras mis ton uniforme, rejoins-nous dans les cuisines. Je te présenterais aux autres ~.
Hanamiya ayant déjà tracé loin d'eux, Imayoshi donna le numéro de son casier à la jeune fille qui referma la porte derrière elle.
Elle rangea la robe et ses accessoires dans le casier et commença à se déshabiller. Sa tenue pour le karaoké se composait d'un short noir assez long ainsi qu'une chemise blanche et une cravate noire. Momoi avait également choisi de mettre un collant noir assez fin. Elle noua les lacets de ses bottes et referma son casier à clé.
Les cuisines étaient assez petite puisque peu de clients prenaient à manger au karaoké. C'était surtout les boissons qui remportaient un grand succès. Et apparemment, depuis qu'Hanamiya les préparaient, elles étaient encore plus délicieuses. Bien qu'il paraîtrait que le jeune homme serait surtout spécialisé dans les cocktails à base d'alcool...
Sans compter les deux bruns et la rose, le reste du personnel se comptait sur les doigts d'une main : un garçon qui se chargeait des problèmes en tous genres, un autre qui nettoyait les salles et enfin celui qui cuisinait.
Ouais.
Momoi était la seule fille... En même temps, la faune du quartier n'était pas composée de princes charmants ou de grands romantiques... Pas du tout même.
Trouvant les regards des trois autres assez louches, la rose fila directement vers Imayoshi : chemise blanche et cravate noire, il respirait une classe particulière. Hanamiya à sa droite était habillé de la même façon mais sa cravate était quasi desserrée. Juste là pour dire qu'elle était là.
-Voici Momoi Satsuki ! A partir d'aujourd'hui, elle se chargera d'accueillir les clients ! ~
Il la poussa légèrement dans le dos et la jeune fille s'inclina :
-Prenez soin de moi s'il vous plaît !
Immédiatement, elle se recula entre les deux sadiques et fit profil bas. Des drôles de loulous travaillaient ici.
Tant que tout se passait bien...
Akashi souleva la veste d'Himuro pour regarder son ventre. Sur son flanc gauche, un énorme hématome noircissait à vue d'œil. Il rabattit le vêtement et tacha de ne pas éclabousser le brun et le violet qui étaient revenus sur leurs pas en le voyant s'arrêter, avec son sang.
Sa gorge lui brûlait et l'odeur du fer était insoutenable. Akashi savait, que s'il ne voyait pas un médecin dans les minutes qui suivaient, ils allaient mourir. La nuit était tombée et tout ce ressemblait maintenant dans cette forêt.
-Aka-chin...
Le rouge n'avait même plus la force de dire qu'il allait bien. Son visage devait faire peur et il essuya le filet de sang sur son menton. Il ferma les yeux et se dit que finalement, il allait pouvoir revoir sa mère plus vite que prévu.
-Allez Akashi, debout ! On ne peux pas s'arrêter.
Himuro lui prit le bras et le souleva. Le plus petit tenait debout uniquement grâce à sa poigne et le brun finit par le prendre sur son dos, veillant bien à ne pas toucher ses blessures. Akashi cala sa tête contre sa nuque : c'était chaud. Ou alors, il était froid. Froid comme la mort peut-être... Inconsciemment, son souffle se ralentit comme s'il s'endormissait. Il était bien là contre Himuro. Ça n'égalait pas son lit mais le brun était confortable.
Murasakibara oublia sa faim un court instant quand il vit son ancien capitaine si dépendant des autres. Jamais, le grand Akashi Seijjuro ne se serait abaissé à être porté par un autre. Son visage était si blanc que les cheveux d'Himuro contrastaient parfaitement bien. Le violet capta le regard de son capitaine et ils se mirent à courir en même temps.
Pas question de perdre quelqu'un dès la deuxième épreuve.
Midorima et Kise s'étaient dit exactement la même chose !
Séparés du groupe de Nekomata, ceux de Tanuki avaient filé dans une autre direction. La fièvre de Takao était en train de l'emporter, il était déjà un poids mort sur le dos du vert. Sans réfléchir, ils courraient, Kise avec les longueurs de corde en main pour qu'elle ne se prenne dans rien.
Les feuilles et les branches fouettaient leurs visages et ils manquaient de tomber tant ils ne voyaient rien mais ils devaient se dépêcher. Takao murmurait des paroles sans queue ni tête, délirant par moment.
Kise ne voyait ni la lune, ni les étoiles, rien qui pouvait éclairer un tant sois peu le chemin. Il y avait des cris d'animaux en tout genre et d'autre bruits qui glaçaient son sang.
Midorima sentit les mains du brun étreindre sa veste noire :
-Shin-chan...
-Quoi ?
Il ne s'arrêta pas de courir, suppliant silencieusement les trois divinités d'apparaître devant ses yeux. Lui qui rêvait de devenir médecin avait souvent entendu des histoires de patients emportés en quelques heures par une fièvre monstrueuse.
Mais pas question que ce soit le tour de Takao.
-Je suis désolé...
-Pour ?
A gauche ? A droite ? Kise lui passa devant en accélérant, choisissant la gauche. Emporté par la corde, le Tsundere suivit.
-J'ai souvent voler ton dessert...
-Je sais.
-Et j'ai très souvent recopier tes devoirs...
-Je sais aussi.
Il lui faisait quoi là ?! On dirait qu'il se croyait sur son lit de mort !
-Et je t'ai embrassé...
Midorima voulu s'arrêter mais Kise le tira en avant, l'obligeant à poursuivre sa course. Takao continua avec sa voix fatiguée :
-Quand on t'a sortit de terre... Je t'ai fait du bouche-à-bouche... Mais... à la fin... Je t'ai embrassé...
Le cœur du vert tambourinait dans sa poitrine sans qu'il sache pourquoi.
-Alors désolé... d'avoir volé ton premier baiser...
Il le sentit sourire contre la peau de sa nuque. Non, c'était bon, ça allait ! S'il trouvait encore la force de raconter n'importe quoi, sa fièvre ne devait pas être aussi forte !
-Crétin !
-Tsundere...
-Tu m'énerves !
-Je t'aime.
Takao resserra ses bras et murmura cette fois à son oreille:
-Je t'aime.
Midorima ne sut pas quoi répondre. Parce qu'il sentait son corps devenir brûlant.
-Je suis fatigué... Désolé mais je vais dormir un peu d'accord ? Juste un peu...
La tête brune se cala et il inspira une grande bouffée de l'odeur de son Shin-chan. Il en était dingue de cette odeur.
En entendant à nouveaux les chiens démoniaques, Aomine avait suggéré l'idée d'abandonner Kagami.
Le regard choqué du turquoise et les insultes du rouge l'avaient convaincu que ce n'était pas si bien que ça. Pourtant... Si ça pouvait sauver leurs peaux à Kuroko et lui...
Difficilement, le bleu tenait le rouge tandis le turquoise cherchait à se souvenir du chemin qu'ils avaient emprunté quelques heures auparavant.
-Tetsu, dépêches !
-Je fais ce que je peux !
Finalement, il se décida enfin sur où aller et les trois garçons se remirent en route. Évidemment, avec Kagami, Aomine ne pouvait pas courir, ce qui ne l'arrangeait pas puisqu'ils étaient à nouveau courser par ces foutus clebs. Mais il était clair -malgré la nuit noire- que ce chemin lui disait quelque chose !
Il lui disait tellement quelque chose qu'il ne fut pas étonné de redécouvrir l'espèce de clairière où ils avaient été téléportés. Un éclat doré attira ses yeux bleus et Aomine sut que les trois divinités n'étaient qu'à quelques mètres.
Soulevant pratiquement Kagami, Aomine se mit enfin à courir en même temps que Kuroko vers ce qui devait être la ligne d'arrivée. Des craquements attirèrent leurs attentions et le turquoise découvrit Kise un peu plus à droite. Le blond parut surpris de les voir mais continua d'accélérer, Midorima sur les talons.
Puisqu'Aomine et le vert avaient leurs handicaps sur le dos, ils étaient un peu plus lents que le mannequin et le joueur fantôme qui étonnamment, étaient au coude à coude !
Kuroko savait sprinter apparemment...
La silhouette de Murasakibara apparut de l'autre côté des divinités et il sembla aux autres garçons qu'Himuro lui hurlait dessus. Malgré le fait qu'ils étaient pressés, ils prirent tous le temps de remarquer qu'Akashi était... complètement naze sur le dos du capitaine de Yosen. Son visage était caché et ses mèches sanglantes donnaient de la couleur aux cheveux et à la veste noire d'Himuro.
En se voyant tous, ils puisèrent dans leurs dernières ressources, oubliant la faim, la soif et la fatigue. Chaque groupe avait un blessé qui devait vite être emmené à l'hôpital.
Certains hurlèrent, d'autres se jetèrent en avant et ils finirent pas tous se rentrer dedans. Miraculeusement, les trois divinités avaient réussi à éviter ce chaos masculins.
Des gémissements de douleur se firent entendre et Kuroko s'extirpa de la masse et regardant Kitsune.
-Il faut... que Kagami-kun aille à l'hôpital ! Maintenant !
Le renard doré hocha de la tête et un trou noir se forma sous le corps allongé du rouge qui disparut en un éclair. Deux autres firent disparaître à leur tour, Akashi et Takao.
-Ryo-kun! Shin-kun !
Tanuki courait vers eux et sauta dans les bras du blond. Le vert poussait Aomine, à moitié avachi sur lui, pour se tourner vers le raton-chien.
-Vous allez bien?! Vous n'êtes pas blessés ?!
-Si on va bien ? C'est une plaisanterie, hein... ?
La voix basse de Midorima instaura un silence que même le bruit venant du ventre affamé de Murasakibara n'arriva pas à rompre.
-Est-ce que vous vous rendez seulement compte de ce que vous nous avez fait faire ?
Ils étaient tous épuisés, assis ou allongé à même le sol, blessés et terrifiés.
Nekomata qui se léchait une patte, releva son museau gris et lança un regard pleins de pitié pour le vert :
-Tu as choisi de participer, assumes.
Le vert ne se rendit compte qu'il marchait vers le chat que quand Aomine attrapa sa cheville. Il garda son équilibre mais ses yeux reflétaient parfaitement son envie d'étrangler les trois animaux mythiques.
Nekomata offrit un grand sourire à Midorima, le défiant silencieusement. Le renard doré se plaça entre les deux et parla doucement :
-L'épreuve est terminée. Les perdants sont...
Tanuki se sentit écrasé contre le torse de Kise quand celui-ci serra ses bras.
-... l'équipe de Nekomata.
Himuro, Murasakibara, Midorima et Kise se regardèrent puis louchèrent vers Kuroko et Aomine : les deux ne pouvaient pas le croire. Ils avaient... perdu ?
-Attendez... Peut-être... Peut-être que tous les objets n'ont pas été retrouvés !
Tanuki parla doucement à Kuroko :
-Nous avons tout suivit depuis le début... Tous les objets sont en votre possession.
-Comme prévu, vous recevrez tous les trois un... gage.
-Qu'est-ce que c'est ?
La voix épuisée d'Aomine porta à peine mais le renard l'entendit parfaitement.
-Vous verrez demain. Rentrez tous vous reposer et dormir. Comme cette épreuve a été dure, on vous laisse quelques jours avant la prochaine épreuve. Maintenant, les objets...
Les garçons ne discutèrent pas.
Chacun leur tour, ils vidèrent leurs poches sans un seul commentaire puis passèrent le portail.
Ils n'avaient plus la force de penser.
Midorima referma la porte d'entrée de sa maison sans un bruit.
Son corps entier était douloureux et il rêvait de trois choses : une douche, manger et dormir ! Il grimpa l'escalier en veillant à ne pas réveiller ses parents et sa petite sœur et passa la porte de sa salle de bain. Il inséra son uniforme dans la machine à laver et la mit en route. Et méticuleusement, le vert commença à frotter chaque partie de son corps jusqu'à en être rouge.
Kise avait jeté ses affaires à même le sol.
Assis dans sa douche, il pleurait. Il avait mal partout et sa peur ne disparaissait pas. Sa plus grande sœur, Mairu était devant la télé et avait parut très étonné de le voir rentré aussi tard dans la nuit. Mais le blond n'avait répondu à aucune de ses questions et était monté dans la salle de bain.
Murasakibara avait fouillé son frigo et avait ressortit tout ce qui était mangeable.
Se fichant totalement du boucan qu'il avait dû faire en rentrant, il avala le reste de salade de pâtes sans prendre une seule fois sa respiration. Ensuite, il s'attaqua à trois parts de gâteaux au chocolat. Il s'arrêta et regarda ses genoux : ils étaient tachés du sang d'Akashi. Le violet posa sa part à moitié entamée et cala son visage entre ses genoux. Il n'avait plus faim.
Himuro était dans son lit.
Il regardait son plafond. Akashi, Takao et même Kagami étaient au plus mal. Il pensa tout d'abord à son frère puis à Takao. Le brun qui avait été une vraie pile électrique avait parut si faible contre Midorima. Mais le plus mal en point devait être Akashi. Le rouge avait été en train de mourir contre son dos, il le savait. Une hémorragie interne sans aucun doute. Aaaah... Il devait rester en vie que le brun puisse récupérer sa veste.
Aomine était toujours sous le choc.
Caché- il n'y avait pas d'autres mots- sous sa couette, le bleu pensait encore et encore à cet espèce de fantôme qu'ils avaient croisé sur le pont. Rien qu'au souvenir, son corps se mit à trembler et il retint un gémissement plaintif. Il avait peur. Aomine se sentait comme un gamin terrifié et il se détestait pour ça. Mais il n'arrivait pas à s'en empêcher.
Kuroko cherchait le sommeil sans vraiment y croire. Pour la première depuis longtemps, il avait permis à Nigo de venir sur le chien. Le chien avait bien grandit et prenait du coup, plus de place mais le turquoise voulait de la compagnie. Kagami avait été blessé. Akashi avait été blessé. Takao également... Ils avaient tous faillit y passer aujourd'hui. Kuroko remonta sa couette sur son visage : ce jeu devait s'arrêter. Avant qu'il n'y ait un mort.
Momoi était très contente de sa première soirée de travail.
Il lui avait semblé qu'Imayoshi ainsi qu'Hanamiya étaient régulièrement venus l'observer mais elle n'en était pas sûre. Non, elle se faisait des idées.
Son uniforme de lycéenne à nouveau sur le dos, elle marcha en direction de chez elle. Un coup de klaxon se fit entendre et elle se retourna pour apercevoir les sadiques :
-Oy, gamine... Je te ramène, grimpe.
-Mako-chan est si gentil ~.
-Boucles-là !
La rose cligna un peu des yeux et prit place sur un des sièges. Elle eut à peine le temps de refermer la porte que Sadique n°2 appuyait sur la pédale d'accélération.
Les deux garçons discutaient visiblement d'un prof de leur fac.
-Hanamiya-sempai...
Les yeux du garçon la regardèrent dans le rétroviseur. La rose offrit son sourire le plus sincère et dit :
-Merci !
Il détourna immédiatement la tête. Imayoshi se mit à rire doucement en regardant par la fenêtre. Elle était bien là, Momoi. Avec ces deux-là...
-Tch ! Ne crois pas que ça va suffire pour que je supprime la photo !
Imayoshi eut juste le temps de se boucher les oreilles que les deux près de lui se mirent hurler à tour de rôle l'un sur l'autre.
Voilà... C'était repartie comme avant...
Et hop ! Chapitre bouclé !
Aaaah, je suis crevée ! 40H de cours en moyenne dans la semaine, je vais mourir. Ce chapitre m'a prit la journée... Mais je voulais le poster avant de repartir.
Merci pour vos commentaires :
Yuki Mirai : Ah, le fandom de Kagami t'a aussi dans le collimateur ? *habituée depuis le temps * Le temps qu'il trouve la lumière de toute façon celui-là... Plus aveugle, c'est pas possible ! Kuroko qui se rebelle donc Akashi qui change du tout au tout également ! Allez pour une fois ! *patpat * Je comprend ta douleur, j'ai les même horaires !
Emy-nee : Un crime ? Naaan... Pour certaines personnes peut-être mais moi, ça passe ! Momoi travaille dans un karaoké. Quoique... J'ai une super idée là ! Nan, vaut mieux pas la garder celle-là...
Laura-067 : Son dos possible, sa fierté, c'est mort ! Il a été traité comme un gamin pendant toute l'épreuve, son égo en a pris un sacré coup ! J'ai vu en effet ! J'espère que ce sera un truc du genre « plusieurs années plus tard ». Ça serait bien, ça.
Buli-chan : Himuro a eu deux gamins pour cette épreuve : Akashi qui change de mode toutes les deux secondes et Murasakibara... Ben c'est Mura ! Sport... Brrr... Je déteste mes horaires...
Gil Prussia Beilschimdt II : Tu veux une photo d'Akashi et de sa chemise déchirée ? J'en ai mais il va falloir mettre le prix ! Si je tue Kagami maintenant, je crains la réaction d'un fandom en particulier …
Alyxel : Ouais, Mars apparemment ! C'est trop loin en tout cas... Sa fierté surtout ! Midorima remercier quelqu'un ? Photoooooo ! Bon courage pour les tiens ! *se dope aux anti-dépresseurs * Bacon Powaaaa !
Prochain chapitre : Grâce aux coups de pouce des divinités, Kagami, Akashi et Takao se remettent durant la nuit. Cependant, Midorima veut avoir une discussion sérieuse avec le brun. Quant au groupe de Nekomata, il se voit attribuer un gage qui devrait faire s'améliorer leurs relations. Chapitre 9 : Esprit sain dans un corps sain !
