Puisque j'ai pris pas mal d'avance dans l'écriture de cette histoire, je pense que je peux me permette de publier ce chapitre en avance. J'espère que ce chapitre aura autant de succès que les précédents (du moins s'ils en ont eu...). Donc je vous souhaite à tous une bonne lecture et espère entendre vos avis. A bientôt !
Chapitre 09
Dure réalité
Heather avait passé une bonne partie du restant de l'après-midi à pleurer, en sécurité dans la salle sur demande. C'était la première fois qu'elle utilisait cette salle pour faire autre chose que s'entraîner. Mais elle ne pouvait pas laisser qui que ce soit la voir pleurer. Elle n'aimait pas attirer l'attention des autres, ni voir les regards de pitiés qu'on ne manquerait pas de lui lancer. Elle en avait soupé de ces regards bien assez après la mort de ses parents. Mais plus que tout ceci, elle refusait de parler de la raison de sa détresse.
Regulus avait bien joué son coup. Il avait réussi à se venger avec le coup le plus bas qui puisse exister. Il devait être tellement fier, un parfait Serpentard. Crétin !
C'est après s'être calmée, avoir repris contenance, et après qu'il n'y ait plus aucune trace sur son visage d'avoir pleuré toutes les larmes de son corps, qu'elle descendit dans la grande salle, plus pour faire acte de présence que pour manger quoi que ce soit. Son estomac semblait ne pas pouvoir ingurgiter quoi que ce soit.
Cependant, elle se força à manger un peu, à faire de son mieux pour paraître aussi enjouée ou irritée qu'à son habitude, mais au fond, même Sirius n'arrivait pas à l'irriter, à la sortir de sa douleur. Alors qu'elle prenait un peu de jus de citrouille, ce dernier posa la question fatidique.
- Tout va bien Heather ?
- Hum ? Oh... je suis juste un peu fatiguée, éluda-t-elle.
- Plutôt un peu déprimée, corrigea-t-il.
Lily lui lança un regard éloquent. Elle se doutait que si Heather avait un coup de déprime, elle ne voudrait pas en parler, et encore moins à l'un des garçons qui se trouvaient avec elles. Toutefois, Sirius ne sembla pas comprendre qu'il était temps pour lui de se taire ou bien de changer de sujet. Alors qu'il ouvrait de nouveau la bouche, Lily allait lui dire de lui foutre la paix quand Heather lui coupa l'herbe sous le pied :
- Je n'ai pas envie d'en parler, déclara-t-elle avant de se lever, s'excuser et s'en aller.
- Franchement, t'en rates pas une ! râla Lily à l'intention de Sirius. "Tact" est un mot inconnu pour toi ?
- Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? s'énerva Sirius.
Lily leva les yeux au ciel et soupira d'irritation. Elle se leva, tapa sur l'épaule de Lucinda qui comprit immédiatement l'intention de Lily. Elle se leva à son tour et toutes deux quittèrent la grande salle pour retourner dans leur salle commune. Elles seraient là si Heather voulait se confier à elles, mais elles ne la forceraient pas à parler.
Ce soir là, Heather n'avait pas voulu parler, ni les soirs ou les jours qui suivirent. Les semaines passèrent et aucune d'elles ne lui posèrent de questions quant à sa baisse de morale passée. Elle sembla reprendre un peu de bonne humeur. Parfois, Lily l'entendait pleurer la nuit quand elle pensait que ses amies dormaient. Seulement, Lily décida que si Heather ne souhaitait pas se confier, elle n'avait aucun droit de se permettre d'être curieuse.
Lily soupira intérieurement, essayant d'oublier ses tracas à ce sujet. Elle devait arrêter de se préoccuper à ce sujet. De toute façon, quoi que Heather eut subit, quoi qu'il soit arrivé, Heather semblait vouloir l'ignorer à défaut de l'oublier. Alors elle devrait faire de même. Curieusement, ce fut Heather qui la sortit de ses pensées.
- Décidément, je hais les fêtes populaires, marmonna Heather en entendant les filles glousser.
Lily se contenta d'acquiescer. Heather n'avait vraiment que peu d'intérêt pour les garçons et les amourettes. Elle était un peu trop lucide pour croire à l'amour, du moins c'est l'impression qu'elle donnait autour d'elle. Lucinda, elle, semblait toute excitée, si bien que Heather leva les yeux au ciel.
- Si elle se met à glousser elle aussi, je la renie, fit-elle à Lily d'un ton pince sans rire qui arracha un sourire à la rousse.
- Et tu serais prête à l'entendre se plaindre tous les soirs jusqu'à ce qu'elle t'ait à l'usure ?
- Tout compte fait je vais l'ignorer, se reprit Heather, faisant rire son amie aux éclats.
Elles étaient attablées pour le repas du midi. Tout le château semblait en effervescence à l'approche de ce jour fatidique qu'était la Saint Valentin. Heather ne comprenait pas le concepte de cette fête. Pourquoi un couple devrait-il fêter un jour particulier alors qu'ils pouvaient bien s'aimer toute l'année durant et s'offrir des cadeaux quand ils le voulaient ? Non, décidément, elle n'arrivait pas à comprendre.
Toutes les filles de leur maison étaient emplies de jois à l'approche de ce jour. Elles confectionnaient ou achetaient des chocolats qu'elles donneraient le jour j à celui dont elles espéraient une réponse favorable, si ce n'était pas déjà le cas. Toute cette mièvrerie dans l'air allait la rendre malade.
Un peu plus loin, elle vit Mckinnon embrasser très suggestivement un des septièmes années. Heather eut un frisson de dégoût et se tourna vers Lily qui observait la scène avec un air réprobateur.
- Je crois que je vais vomir, marmonna Heather. Je vais vaquer à mes occupations, dit-elle finalement à une Lily qui acquiesça machinalement. Avant de vraiment être malade... ajouta-t-elle pour elle-même.
Elle se précipita dans la salle sur demande, frissonnant une dernière fois de dégoût et lava mentalement ses yeux, ses oreilles et fit le vide dans son esprit. Elle se laissa tomber sur les coussins en tailleur et repris ses méditations quotidiennes. Un instant, elle sembla discerner une plume. Puis elle secoua la tête. Il s'agissait juste du souvenir de la plume qu'elle avait vue en janvier lors de la sortie à Prés-au-Lard.
Elle se secoua. Elle devait se concentrer et non laisser son esprit vagabonder vers des pensées futiles. Elle prit une grande inspiration et calma les battements de son coeur jusqu'à entrer dans une sorte de transe qui la calma instantanément.
Comme chaque jour, elle retrouvait sa tornade intérieur de fumée. Elle y entrait avec plus de facilité à présent. Elle ne se sentait plus aussi repoussée que par le passé, ce qui à son sentiment était une chose positive.
Lentement, elle fouilla, s'enfonçant plus profondément en son fort intérieur. Elle devait trouver sa forme, comprendre l'essence de ce qu'elle était. Comprendre l'animal qui sommeillait en elle, la représentait, la complétait. La forme commençait, au fil du temps, à s'affinier un peu plus dans son esprit. Elle pouvait presque voir les contours de ce dernier, bien que la forme fut toujours trop vague pour qu'elle saisisse complètement ce dont il s'agissait.
Tantôt elle pensait voir un animal quadripède, à d'autres moment, elle pensait voir des ailes se déployer, mais jamais elle ne parvenait à discerner le dessin complet. C'était un peu frustrant de ne toujours pas savoir quel genre d'animal la représentait, mais elle savait que pour devenir un animagus le chemin à arpenter était long et rigoureux.
Tout aussi lentement qu'elle était entrée en transe, elle laissa son esprit revenir dans son corps. Elle ouvrit les yeux et constata l'heure. Elle allait devoir courire pour arriver à temps à son prochain cours. Elle se leva d'un bond, étira son corps courbaturé d'être resté si longtemps immobile, puis elle quitta son sanctuaire personnel pour se précipiter en cours.
Le lendemain fut encore pire pour Heather. Sirius Black avait décidé de la poursuivre et Heather ne savait plus trop quoi trouver pour lui échapper. Sans compter qu'elle revoyait le regard blessé de Lucinda. Elle ne savait vraiment plus quoi faire. D'autant plus qu'elle ne désirait vraiment, absolument pas l'attention du Maraudeur, ni d'aucun garçon d'ailleurs.
Elle venait de le semer dans les couloirs et reprenait un peu son souffle avant qu'il ne l'appelle par son prénom, au bout du couloir. Eh merde ! Il court vite le con. Heather se remit à courir sous les regards désabusés des autres élèves présents. Ce petit jeu durait depuis le début de la matinée et ils s'en lassaient. A chaque interclasse, la jeune fille ramassait ses affaires en temps record pour se précipiter hors de la salle, espérant prendre suffisamment d'avance pour ne pas rester seule avec le garçon.
Les Maraudeurs secouaient la tête, lassés eux aussi de voir leur ami perdre son temps. Il était évident que Heather n'avait guère envie d'être l'objet de sa passion. De plus, se rendre aussi ridicule et continuer toujours et encore malgré l'intention évidente de la jeune fille de le fuir dés qu'il arrivait dans son champ de vision, était la chose la plus stupide à faire. Qu'allait-il faire sinon la braquer encore plus et la borner à fuir encore plus ? Même James n'essayait pas de poursuivre Lily de la sorte.
Heather commençait à manquer de souffle. D'un moment à l'autre, la crise d'asthme allait la rattraper et elle allait s'effondrer au sol. Elle sentait déjà l'incapacité de ses poumons à reprendre de l'oxigène. Elle prit le tournant d'un couloir et une main l'attrapa soudain par le poignet et la tira dans un placard. Elle faillit hurler quand la jumelle se posa sur sa bouche pour lui signifier de se taire.
Dans l'obscurité de cet endroit à l'espace réduit, elle ne put voir son sauveur potentiel. Elle commença à être prise d'un élan de claustrophobie et se força au calme. Il était stupide de trembler de la sorte, n'est-ce pas ? Elle attendit, sans un bruit. La respiration de son sauveur était calme, son coeur qu'elle pouvait entendre dû à leur proximité forcée, semblait cependant s'emballer à son contact. Son odeur était douce et la rassurait, si bien que son calme lui revint bien plus facilement.
- Sirius, aller viens ! fit la voix de Remus.
- Je suis sûr de l'avoir vue passer par là, s'écria le garçon.
- Laisse tomber, et viens manger, fit la voix blasée de Remus.
Après un moment, elle entendit Sirius soupirer et des pas s'éloigner. Elle attendit encore un long moment dans le noir avec son sauveur. Puis, ce dernier la poussa vers la sortie du placard et tous deux furent dehors. Quand elle vit à qui elle devait son salut, elle se demanda si elle n'aurait pas préféré mourir.
- Si tu espères un remerciement Black, tu peux aller te faire voir ! cracha-t-elle.
- Je ne l'ai pas fait pour toi, fit-il, offusqué en fronçant les sourcils. Je l'ai fait pour énerver cet imbécile, conclut-il en croisant les bras sur son torse.
- C'est peut-être un imbécile, mais lui au moins a de l'honneur et des amis, dont je fais partie ! rétorqua-t-elle. Toi tu es seul, et tu le resteras toujours. J'ai pitié de toi, Black...
Puis elle tourna les talons et détalla pour rejoindre ses amis dans la grande salle pour le repas du midi, laissant Regulus seul dans le couloir. Il la regarda partir et jura entre ses dents. Pourquoi avait-il toujours l'impression d'être perdant face à elle ? Il lui avait fait mal en lui prenant ce stupide ruban, pourtant, chaque fois elle le lui rendait au centuple. Elle appuyait là où ça faisait mal et n'hésitait pas à user de coups bas pour le blesser comme une vraie Serpentard l'aurait fait. Elle a été sortie dans la mauvaise maison...
N'ayant pas faim, il retourna dans sa salle commune et alla dans son dortoir. Il se laissa tomber sur son lit, regardant le plafond avant de ramener son bras sur ses yeux en soupirant. Pourquoi se sentait-il si mal à cause de cette fille si peu digne d'intéret ? Il se tourna sur le côté et, sentant l'irritation monter, tendit la main vers sa commode, tira le tiroir et en sorti le ruban vert. Il roula de nouveau sur le dos, admirant le ruban qu'il tenait à bout de bras au dessus de lui. Machinalement il l'entortilla autour de ses doigts et ferma les yeux. J'aurais dû le brûler...
C'était ce que sa conscience ne cessait de lui dire. Mais chaque fois qu'il l'amenait au dessus du feu, son esprit hurlait au crime et à la trahison. Son coeur battait la chamade et il ne pouvait pas amener ses doigts à se déserrer, laisser tomber l'étoffe dans le brasier. Je suis pathétique... et faible...
En soupirant, il ramena sa main et le ruban vers son visage avant de poser le dos de cette même main sur ses yeux, espérant disparaître sans laisser de trace. Le pire dans tout ça, c'est que, plus qu'énerver son frère, il avait voulu lui venir en aide. Il ne savait pas pourquoi, mais à la voir épuisée, au bord de la crise d'asthme, tenant à peine sur ses jambes, il avait eut peur qu'elle ne s'effondre. Mes félicitations, tu es un parfait crétin, Regulus, semblait se moquer son esprit.
Enervée, Heather piqua une pomme de terre avec force et l'amena à sa bouche avant de mâcher énergiquement sous l'oeil intrigué de Lily et de Lucinda. Les Maraudeurs, eux, prirent son énervement comme résultat du comportement de Sirius. Ce dernier, penaud, évitait de la regarder.
- On t'avait dit de la laisser tranquille, déclara calmement Lily comme s'il sagissait d'une remarque anodine.
Heather se garda bien de lui dire que ce n'était pas Sirius qui l'avait amenée à cet état d'irritation extrême. Si elle devait être honnête, Sirius ne l'avait jamais rendu aussi furieuse que son frère venait de le faire. Sauf peut-être la fois où il l'avait asticottée au sujet de Severus. Et encore, elle s'était calmée assez rapidement. Sirius ne la rendait pas furieuse, il l'irritait la plupart du temps. C'était un niveau bien inférieur à l'état émotionnel dans lequel elle se trouvait à cet instant. De loin inférieur.
Si Sirius pense que c'est de sa faute, peut-être me foutra-t-il la paix au moins jusqu'au lendemain... pensa-t-elle. C'était malhonnête, certes, et elle le savait, mais elle devait avouer qu'à ce moment elle se fichait bien de l'honnêteté. Ce n'était pas la première de ses priorités, loin de là.
De plus, elle lui en voulait suffisamment pour lui coller aux basques alors que Lucinda lui avait offert des chocolats pour exprimer son attachement, chocolats qu'il ne mérite pas, mais bon, là n'est pas la question, et qu'il l'avait remercié sommairement avant de se mettre à la poursuivre, elle, dés qu'il l'avait vue dans le couloir. Pauvre Lucinda... Il ne te mérite vraiment pas... Il ne mérite pas ces larmes que tu verses quand tu penses qu'on ne te voie pas...
Rien que d'y penser, sa fureur monta encore d'un cran. Elle reposa violemment son verre de jus de citrouille et se leva. Personne n'osa la suivre alors qu'elle quittait la grande salle d'un pas rageur, sans se retourner, sans un mot. James osa à peine la suivre du regard, assez effrayé, il devait l'avouer, par l'intensité de la colère de leur amie.
- Les gars... la prochaine fois que j'essaie de faire le mariole avec elle, rappelez-moi que c'est idiot, souffla-t-il.
Sirius, de plus en plus penaud, hocha la tête, les yeux rivés sur son assiette. Remus, lui, leva les yeux au ciel. Il n'était jamais le garçon qui mettait les filles en colère, alors ce conseil là, il n'en avait pas besoin. Peter, lui, était totalement à l'ouest, la situation lui passant à des kilomètres au dessus de la tête.
- Il n'y a pas qu'elle que vous ne devriez pas mettre en colère, insinua calmement Lily.
- Qui d'autre ? s'enquit James.
- James, fit Lucinda. Ne jamais mettre en colère une fille. Crois-moi, on fait toutes peur quand on est dans l'état de Heather. Et tu ne voudrais absolument pas être l'origine de cette colère, expliqua-t-elle.
Son frère hocha la tête, appuyant les propos de sa soeur. Il avait eu le malheur, une fois, de provoquer la colère de sa jumelle et il ne s'y était plus repris une seule fois après l'incident. Il avait tiré des leçons de cette mésaventure et n'était pas près de recommencer. Il en faisait encore des cauchemars certaines nuits.
James et Sirius déglutirent difficilement avant de décider de changer le sujet de conversation. Courageux, mais pas téméraires. Ils n'étaient pas complètement idiots non plus. Ils avaient un instinct de survie... de temps en temps.
Heather avait décidé de se calmer en allant voler. Elle avait pris son balais et avait entrepris de survoler le parc, espérant que l'air frais de la saison lui permettrait de se changer les idées. Mais il n'y avait rien à faire. Chaque fois qu'elle repensait au Serpentard, elle avait une envie presque irrepressible de casser une nouvelle fois son beau petit nez. Un jour elle allait très sérieusement lui botter le cul à cet arrogant connard.
Au moment de la reprise des cours, elle avait repris un semblant de contrôle. Son calme lui était légèrement revenu. Très vacillant, certes, mais tout de même revenu. Elle eut la satisfaction de voir que Sirius se comportait de nouveau en personne civilisée, si bien que son calme s'installa un peu plus fermement.
L'après midi fut longue même pour elle qui aimait apprendre de nouvelles choses. C'est ainsi que, lorsque leur dernier court fut fini, elle lâcha un long soupir de soulagement qui attira le regard étonné de Lucinda et amusé de Lily. Cette dernière avait bien compris l'état de nerfs et d'esprit de son amie pour qui la journée s'était révélée très éprouvante.
Pour la première fois depuis des semaines, Lily eut la satisfaction de la voir s'endormir dés que sa tête eut touché l'oreiller au lieu de rester des heures à se tourner et se retourner dans son lit en pleurant.
Les semaines qui suivirent, Heather se dévoua corps et âme à ses études. Très souvent, Severus se joignait à elle, partageant la table de la bibliothèque et s'entraidant de temps à autre. Lily ne se gênait pas non plus pour se joindre à eux en amenant Lucinda avec elle. Cependant, Lucinda s'éclipsait très souvent pour aller passer du temps avec son jumeau et les amis de ce dernier. Petit à petit, Heather avait remarqué que cette dernière se raprochait peu à peu de Sirius et elle s'en réjouissait intérieurement.
Sirius s'était montré bien moins envahissant ces derniers temps et Heather ne l'en appréciait que d'avantage. Elle lui parlait maintenant plus calmement et plus volontier, partageant son point de vue avec lui sur certains thèmes, certaines idées. Elle s'énervait beaucoup moins.
Le dernier match de quidditch arriva bien vite. Comme ils l'avaient imaginé dés le début, ils se retrouvaient opposés à Serpentard. Heather n'aurait pas été aussi énervée si un certain joueur n'avait pas fait partie de cette équipe.
Sur son balais, elle observait Regulus en maudissant son manque de bravoure. Que n'aurait-elle pas donné pour lui envoyer un cognard ? Elle se serait réjouit de le voir s'en prendre un et se retrouver hors service pour le restant du match. Mais voilà. Elle était trop gentille.
En un parfait duo, Sirius et elle défendaient leurs camarades des cognards, les renvoyant vers les adversaires. Heather avait vu juste, les batteurs adverses manquaient cruellement de précision. La tactique avait été décidée en conséquence. Heather demeurait près du gardien pour le défendre si les Serpentards décidaient de lui envoyer des cognards en espérant l'empêcher de rattraper le souafle. Sirius, lui, protégeait les autres.
Ils avaient eut raison de s'appuyer sur les remarques de Heather parce que les Serpentards n'avaient pas changé leur technique et, plus d'une fois, elle permis au gardien de ne pas manquer le souafle. Cependant, pour ce qui concernait la poursuite du vif d'or, elle ne pouvait rien faire. Regulus avait un niveau nettement supérieur à leur attrapeur.
Ce dernier passa devant elle et s'arrêta un instant pour la fixer. Elle ne baissa pas le regard, le toisant sans vergogne, le mettant au défit de ne serait-ce qu'oser quoi que ce soit contre elle, lui promettant qu'il n'en resortirait pas indemne. Au bout d'un moment, il sourit, clairement amusé, et repartit à la poursuite du vif d'or.
- Oh, je hais ce connard ! grogna-t-elle.
Le gardien parut amusé et rattrapa de justesse le souafle pour le relancer aux poursuiveurs de son équipe. L'amusement était clairement visible dans ses yeux et, avant qu'il ne puisse émettre une seule question ou remarque, elle lui lança :
- Et cette constatation se passe de commentaires !
Ce à quoi le gardien, et accessoirement capitaine de leur équipe, éclata franchement de rire. Heather bouda un moment, mais ce fut de courte durée car, voyant la bonne humeur de son coéquipier, elle finit pas sourire.
Bien évidemment, Regulus attrapa le vif d'or, mettant fin à la rencontre sportive. Serpentard avait gagné... encore. Heather cependant ne se sentit pas triste ni humiliée. Elle avait fait le maximum avec les cartes qu'on lui avait distribuées. Elle n'avait pas à rougir de leur défaite.
Et puis, sans qu'ils ne la voient arriver, la fin de l'année était là. La coupe des quatre maisons fut gagnée par Gryffondor au grand dam des Serpentards. Que voulez-vous, on peut pas toujours tout gagner, hein ? Après tout, ils avaient déjà gagné la coupe de quidditch, c'était déjà bien non ? De loin, elle avait adressé un regard d'excuse à son ami de toujours, Severus qui n'avait pas semblé trop préoccupé. Quand elle avait croisé le regard de Regulus par contre, elle y avait vu une étincelle de défi. Défi qu'elle allait relever. L'année suivante, elle se battrait encore plus fort et il ne pourrait pas lui tenir tête. Elle ne se laisserait pas abattre par lui, ni maintenant ni jamais.
Les Maraudeurs se réjouissaient de la fin d'année : plus de cours, des vacances pendant deux mois... Qu'y avait-il là pour ne pas se réjouir ? Sirius, lui par contre, semblait beaucoup moins joyeux que les fois habituelles. Heather pensa qu'il s'agissait d'un problème en rapport avec sa famille, mais elle n'osa pas aller lui demander. A présent qu'elle avait retrouvé une amitié plutôt normale avec lui, elle n'avait pas envie de gâcher tout ça en engagent une conversation qu'elle savait être un terrain extrêmement glissant.
Comme chaque année, Heather leur avait dit au revoir à tous sur les quai de la gare. Lily retourna chez ses parents, à la fois heureuse, et irritée. Heureuse parce qu'elle adorait ses parents, irritée parce qu'elle allait devoir supporter son "horrible harpie" de soeur. Lucinda rentrait avec son jumeau chez eux, Peter retournait lui aussi chez ses parents et James leur avait fait promettre de venir passer quelques jours chez lui durant les vacances. Il regardait particulièrement Sirius à ce moment pour une raison que Heather ignorait totalement.
- Passez de bonnes vacances, leur souhaita Heather en allant enlacer chacun d'eux.
Elle serra Sirius fort dans ses bras et lui sourit, espérant qu'il comprendrait et accepterait son soutient muet. Ce dernier lui sourit, effort lamentable qui résultat en une grimace de sourire. Elle l'embrassa sur la joue et se tourna vers Lily et Lucinda, les prenant dans ses bras en leur faisant promettre de lui écrire dés que possible.
- Hey, Heather ! s'écria James une fois à la fenêtre du compartiment dans lequel il se trouvait avec ses amis. Je t'inviterai à venir à la maison pendant les vacances.
Elle ne put s'empêcher de sourire, heureuse qu'il pense à elle. Elle qui ne quittait jamais Poudlard. Il lui fit un clin d'oeil alors que le train s'ébranlait, prenant peu à peu de la vitesse. Elle agita la main, perdant peu à peu son sourire avant de se diriger vers le château. Elle soupira avant de se reprendre. Elle avait deux mois pour s'entraîner à volonter pour devenir un animagus et également deux mois pour découvrir le mystère de son bracelet. Rien que de penser à ça, le sourire vint naturellement aux lèvre de la jeune sorcière qui repartit d'un pas plus guilleret.
16 Juillet 1976
Hey Heather,
J'espère que tes vacances se passent bien. Tu ne t'ennuies pas j'espère ? Je me sens toujours mal de te laisser seule à chaques grandes vacances. Pourquoi ne viendrais-tu pas passer quelques temps à la maison quand tu le souhaiteras ? Je sais que tu n'aimes pas t'imposer, mais mes parents seront ravis de te rencontrer après tout ce temps passé à leur parler de toi. Choisis la date et on t'attendra de pieds fermes sur les quais.
Remus et moi avons passé les premiers jours de vacances à dormir. On en avait bien besoin. On profite du jardin, du soleil chaud (tu ne reviendras pas de voir combien je suis bronzée maintenant) et du paysage qu'offre l'été. Remus commence déjà à faire ses devoirs pour être prêt pour la rentrée. Non mais tu y crois toi ?! Je dois avouer que je ne comprends pas toujours ce qui se passe dans le cerveau de mon frère.
A très vite,
Lucinda
18 Juillet 1976
Hey Lu',
Contrairement à tes peurs, je ne m'ennuie pas. Et non, ton frère a parfaitement raison. Dois-je te rappeler que l'année prochaine nous devons passer nos B.U. ? Il a bien raison de prendre de l'avance. Tu devrais en faire de même. Moi j'ai déjà commencé depuis un certain temps mes révisions sur l'Histoire de la Magie (ma bête noire). Je travaille beaucoup également sur d'autres projets personnels.
Je serai ravie de venir passer quelques jours chez toi. Si tu me dis que tes parents espèrent me rencontrer, je ne peux pas leur dénigrer se plaisir après quatre ans à t'entendre jacasser à mon sujet. Que dirais tu de la dernière semaine de Juillet ? Je pourrais prendre le train le lundi matin, qu'en dis-tu ?
Embrasse ton frère pour moi et dis lui que je le soutiens de tout mon coeur dans ses révisions et pour te supporter. Je sais que tu fronces les sourcils, arrête ! Avoue que tu as tendance à souvent lui taper sur les nerfs à ton pauvre frangin.
A bientôt,
Heather
20 Juillet 1976
Salut Heather,
Comment se passent tes vacances ? Moi je jongle entre révisions et crises de nerfs. Pas à cause des révisions bien sûr, à cause de mon problème HHS. Je pense que tu comprendras de toi même de quoi je parle. Elle me fout hors de moi et essaye à chaque fois de me rabaisser devant nos parents. Quelle garce !
Excuse-moi, je ne devrais pas te traîner dans mes problèmes, mais ça fait du bien de l'écrire à défaut de pouvoir le hurler. Je pense sérieusement à faire ce que tu m'as dit : "Lui botter le cul". Mais j'ai bien peur que ça ne ferait plus de mal que de bien, et en plus ça lui donnerait raison.
Tu ne le croiras pas, mais j'ai reçu une lettre de James. Ridicule n'est-ce pas ? Quelle écriture maladroite. Mais je dois le lui concéder, ce sera un E pour son effort exceptionnel. La prochaine fois il aura peut-être un O. Ce sera au moins une note positive à défaut qu'il ait ses B.U. .
J'attends ta réponse avec impatience,
Lily
22 Juillet 1976
Lil's,
Tu exagères. Ce pauvre garçon fait de grands efforts pour te plaire. Il n'est pas si horrible ni aussi stupide que tu sembles le croire. Il est en vérité assez doué et je ne serai pas étonnée qu'il réalise son rêve de devenir auror à défaut d'en réaliser un autre.
En ce qui concerne mes vacances, elles se passent sans grand mouvement. Je passe mon temps à réviser, faire des recherches, m'entraîner et passer du temps à Pré-au-Lard avec mon père. Sais-tu que c'est son frère qui tien le pub La Tête de Sanglier ? Il est assez spécial, pas très aimable et très peu bavard. Il semble reprocher quelque chose à mon père mais je ne sais pas quoi. Encore un mystère à éclaircir. On pourrait croire que j'y sois habituée depuis le temps, non ?
En ce qui concerne ton Horrible Harpie de Soeur, ignore là. Elle est jalouse de ce que tu as et de ce que tu peux accomplir. Elle doit aussi être jalouse de ta beauté parce que, soyons honnête, Lil's, tu es bien plus jolie qu'elle et surtout beaucoup plus intelligente. Ne laisse pas sa stupidité et sa méchanceté t'atteindre. Elle n'en vaut pas la peine. Et tu verras que l'ignorance offre de bien meilleurs résultats que la colère.
Dans l'espoir de te voir bientôt,
Heather
23 Juillet 1976
Hey Heather,
On t'attendra après demain sur les quais. J'ai hâte !
Lucinda
Heather sourit et décida d'aller confirmer son départ à son père. Ce dernier avait semblé ravi quand quelques jours plus tôt, elle avait parlé de ce projet avec lui. Il l'avait encouragé à profiter de ses vacances et de ses amis. Maintenant il ne lui restait plus qu'à faire sa valise pour la semaine qu'elle passerait en compagnie des Lupin. C'est sur cette pensée qu'elle s'attela à la préparation de son départ.
Des cris, encore des cris, toujours des cris. Cette maison devenait infernale. Il ne pouvait pas se passer un instant sans que sa mère ne hurle sur son frère qui semblait rester imperméable aux menaces. Il lui tenait tête avec un cran et une fougue qu'il lui enviait. Il ne se laissait pas intimider et défendait avec véhémence ses amis.
Regulus en avait eut assez d'observer la querelle, assez de voir son frère hurler sous les doloris, assez de voir le regard haineux de sa mère. Il était parti se réfugier dans sa chambre sans qu'on le remarque. Son père, lui, semblait ne même plus se soucier de ce qui se passait dans cette maison. Même pas de ses propres fils.
Allongé sur son lit, Regulus lançait et rattrapait le vif d'or qu'il avait conservé de son dernier match. Il avait trouvé ce match bien plus intéressant que les autres. Plus intéressant parce que cette fille avait été là. Parce qu'elle était celle qui avait monté toute la stratégie défensive de l'équipe adverse et qu'elle avait été très douée. Elle avait donné du fil à retordre à son équipe qui jusque là écrasait ses adversaires sans grande difficulté. Pour la première fois, il y avait eut une tension. Pour la première fois, il avait donné le meilleur de lui-même.
Il abandonna son vif d'or pour se retourner sur son lit, enfouissant son visage dans son oreiller étouffant le cri de frustration. Frustration de ne rien pouvoir faire pour stopper les cris dans cette maison, frustration d'avoir un père absent, frustration d'avoir une mère prodiguant si peu d'affection, frustration de penser à elle.
Il tendit la main vers sa table de nuit et en retira le ruban. Il avait oubié l'idée de le brûler. Il en était incapable. Il joua avec un moment avant de constater que les cris avaient cessés. Lentement, il rangea le ruban dans sa cachette et se leva. Il descendit les escalier et ne trouva que sa mère.
- Où est Sirius ? s'enquit-il finalement.
- Il ne remettra jamais les pieds dans cette maison. Je renie ce fils qui n'est qu'un incapable, dit froidement sa mère.
Et qu'est-ce que père en pense ? Tu te passes maintenant de son opinion ? Il n'aurait pas laissé faire ça... Regulus n'avait rien dit et s'était contenté de remonter dans sa chambre. Son frère était bien des choses, mais un incapable, certainement pas. Regulus avait toujours regardé son frère comme un model, il l'avait toujours idolâtré quand il était petit. Il aurait aimé lui ressembler, mais il était trop faible, incapable de briser ses chaînes, incapable de se rebeller contre cette éducation qu'il commençait à douter. Et à présent quoi ? A présent je suis seul...
C'était la dure réalité. Et pour la première fois, Regulus s'autorisa à pleurer sans en avoir honte, serrant contre son coeur ce ruban vert qui pour lui était le signe d'un espoir. Espoir qu'un jour, lui aussi pourrait être aimé pour ce qu'il était et non changé pour correspondre aux attentes d'une mère qui ne jurait que par la pureté du sang. Un espoir que le ruban et le simple regard d'une fille avait apporté dans son coeur sans qu'il ne veuille se l'avouer.
Fin du Neuvième Chapitre
Un petit avant goût du chapitre suivant ? Allez, je vous offre quelques dialogues pour vous faire plaisir !
Chapitre 10
Cor Leonis
- Salut Remus. Comment as-tu survécu à ta soeur sans moi ?
- Je l'ai menacée de l'enfermer à la cave avec les araignées.
[...]
- Je songe à passer mes B.U. dans neuf matières : Astronomie, Histoire de la Magie, Soins aux Créatures Magiques, Défense Contre les Forces du Mal, Potions, Métamorphose, Etudes des Runes, Sortièges et Botanique.
- Neuf ?
- Ce n'est pas si énorme.
- Tu es sûre de vouloir prendre Histoire de la Magie ?
- Il me faut bien un challenge !
