Hello mes amours !

Pour me faire pardonner de mon erreur du chapitre 8, je poste le chapitre 9 ;)

Je sens que vous n'allez pas spécialement aimer la fin de ce chapitre... mais rassurez-vous, c'est loin d'être la fin de l'histoire, et avec moi qui dit fin dit fin heureuse !

Merci encore pour vos réactions, je lis tous vos commentaires et je les aime tous !

Bonne lecture ;)


9. - Sacrifice

C'était la fin du monde, Hermione le sentait dans chaque fibre de son corps. Elle ne pouvait détacher son regard de la trappe refermée sur elle. Son cœur battait plus vite qu'il n'avait jamais battu, et chaque pulsation avait un nom.

Au bout d'un moment interminable à écouter les bruits du manoir, la Gryffondor lâcha un sanglot bruyant qui résonna dans le passage faiblement éclairé par la lueur de sa baguette. Son esprit était divisé en deux : fuir ou ne pas fuir ? Fuir et abandonner son pire ennemi qui avait tout sacrifié pour la sauver et qui s'apprêtait à mourir de la main de ses propres frères ? Ne pas fuir et se jeter dans la gueule du loup après tout ce que Malefoy avait risqué pour elle ? Rester ici à écouter l'enfer se déchaîner juste derrière le panneau, sa cachette, qui la séparait de tout ?

Immobile, plus paniquée qu'elle ne l'avait jamais été, Hermione était incapable de décider. Elle aurait tellement aimé aider Drago sans prendre le risque qu'ils se fassent tuer tous les deux. Fuir serait profiter de son sacrifice sans le remercier assez, le laisser perdre sa vie pourtant si précieuse. Sortir de ce passage serait gâcher tout ce qu'il avait fait pour elle.

Ce fut le hurlement prolongé qui retentit au-dessus d'elle qui départagea. Sans hésiter une seule seconde mais bel et bien consciente de sa folie, Hermione rouvrit la trappe et sortit dans le couloir en s'éclairant avec sa baguette. Chaque pas qu'elle faisait l'amenait vers ce qu'elle redoutait de découvrir, chaque inspiration qu'elle prenait réduisait la distance qui la séparait de la mort.

Mais Hermione Granger avait choisi.

En se laissant guider par les bruits de la bataille, elle courut dans les couloirs interminables du manoir sans savoir où elle allait, s'attendant à tout instant à se trouver face à un Mangemort. Qu'importe, elle était prête à vendre chèrement sa vie.

Enfin, à l'angle d'un mur, elle aperçut l'escalier qui menait à l'étage d'au-dessus. Elle le gravit, son appréhension montant à chaque marche. Arrivée en haut, elle s'immobilisa. L'immense salon était saccagé, retourné comme si une tempête y avait fait rage. Le canapé était éventré, le sol couvert de sang dont l'odeur atteignait déjà ses narines, les cadres et miroirs brisés, leurs morceaux éparpillés sur le sol. Il pleuvait des sortilèges de magie noire, détruisant tout.

Sa surprise passée, Hermione bondit en avant, tenant fermement sa baguette magique. Drago Malefoy se tenait au milieu de la pièce, blessé à l'épaule et au flanc droit, son sang s'écoulant abondamment sur le tapis déjà rouge. Autour de lui, un nombre inimaginable de Mangemorts le bombardaient. Certains étaient étendus morts par terre, mais les autres semblait invincibles. Une avalanche de malédictions s'abattait sur son bourreau et sauveur, ennemi et protecteur.

Sans perdre une seconde, la lionne se jeta dans le carnage en poussant un cri de guerre. Des Mangemorts se tournèrent vers elle, et quand ils la reconnurent, leurs bouches formèrent un O parfait. Mais Hermione n'avait d'yeux que pour Drago qui venait de s'apercevoir de sa présence. Sa réaction fut pire que tout le reste : pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, il parut réellement effrayé.

Alors, tandis que les Mangemorts se remettaient de leur surprise, elle prit conscience que son apparition ne faisait qu'accroître leur fureur : comment avait-elle pu oublier qu'ils la croyaient morte, son cadavre gisant au fond de la rivière ? Ainsi, en la voyant en vie, ils avaient la preuve de la trahison de Drago.

Elle lâcha un juron lorsque plusieurs sortilèges la visèrent en même temps, la forçant à rouler sur le côté pour les éviter. Sa venue avait au moins eu un avantage : les Mangemorts avaient oublié deux secondes la présence de celui qu'ils désiraient tant tuer, et celui-ci en avait profité pour se réfugier derrière un comptoir en pierre qui trônait encore dans un coin du salon, seul objet ayant survécu, qui le protégeait temporairement des sortilèges.

Un jet de lumière rouge frôla l'oreille d'Hermione qui répliqua avant de juger bon d'aller rejoindre Malefoy pour voir s'il allait bien. En quelques enjambées difficiles, elle traversa le salon tout en marmonnant des incantations et fut bientôt près du jeune homme. Elle s'accroupit près de lui, son attention partagée entre la bataille et sa blessure.

- Viens là, je vais t'aider, souffla-t-elle en s'approchant de lui.

Malefoy la dévisageait, l'air de ne pas en croire ses yeux.

- Que fais-tu là ? articula-t-il d'une voix hachée comme celle d'un robot.

- Quelle question ! Je n'allais quand même pas te laisser tout seul !

- L'heure de ma mort a sonné, Granger...

- Tu ne vas quand même pas te jeter la tête la première dans la gueule du loup ?! s'indigna la lionne en écarquillant les yeux.

Il riposta d'un regard mauvais.

- Ne vois-tu pas que je suis en train de me battre ?

- Bien sûr que si, et heureusement. Fais-moi voir ta blessure.

L'air lassé, le Serpentard ricana faiblement.

- Tu n'y peux rien, Granger...

- Pourquoi ? cracha Hermione, ébranlée. Parce que je suis une Sang-de-Bourbe ?

Malefoy leva les yeux au ciel.

- Il me semble t'avoir déjà expliqué que je me contrefiche des sangs purs et impurs. N'as-tu jamais compris que je me moquais de toi juste pour le plaisir de te voir t'énerver ? Juste parce que j'avais envie que tu me lances un regard noir ? Celui-là que tu fais en ce moment-même.

Hermione détourna la tête, mécontente.

- Tu ne peux rien y faire parce que c'est de la magie noire, et que la magie noire laisse...

- ...toujours des traces, je sais, compléta la Gryffondor à sa place. C'est bon, j'ai compris, la preuve est visible sur tout mon corps. Comment puis-je t'aider, alors ?

Malefoy se pencha derrière le comptoir pour lancer un sortilège, puis appuya sa tête contre la pierre gelée en se tenant l'épaule. Ce fut à ce moment-là qu'Hermione remarqua à quel point il était pâle. Malgré ses avertissements, elle se pencha sur sa blessure. Elle n'avait absolument rien d'une plaie normale, à part le fait qu'elle saignait abondamment : le sortilège semblait avoir creusé dans la chair à coup de couteaux pointus. Le contour était noir, écœurant à regarder. Déjà que la Gryffondor trouvait ses propres blessures horribles, elle réalisa que Malefoy s'était quand même retenu sur elle et qu'il ne l'avait pas autant abîmée qu'il l'était, lui. Si elle n'avait pas su qu'il s'agissait de magie noire, elle en aurait déduit qu'il avait été transpercé par une flèche empoisonnée.

- C'est pas beau à voir, hein ? lança Malefoy d'un ton méprisant. Ces salauds m'ont salement amoché. Je ne suis pas sûr de tenir très longtemps.

- Tu vas t'accrocher ! l'encouragea Hermione avec conviction. N'est-ce pas ?

- Mais bien sûr, ironisa le Serpentard en ricanant. C'est vrai que je crève d'envie de m'accrocher et de souffrir un peu plus à chaque seconde.

Rougissante, Hermione tenta de réparer sa gaffe :

- Je suis désolée, je voulais dire que... que tu allais survivre, parce que tu ne peux pas mourir, c'est impossible... Tu dois vivre.

- Je ne savais pas que tu tenais autant à moi, Granger.

Une lueur malicieuse traversa le regard de Malefoy. Hermione s'empourpra davantage encore.

- Figure-toi que je ne le savais pas non plus, lâcha-t-elle d'une petite voix.

Tandis que le Serpentard la dévisageait, abasourdi, elle soutint son regard pour le convaincre de sa sincérité. Peut-être qu'en lui avouant le fond de sa pensée, elle parviendrait à lui donner envie de vivre ? Après tout, qu'avait-elle à perdre à essayer ?

- Tu crois vraiment que j'ai envie de m'accrocher, alors que toute mon existence est fichue en l'air ? marmonna-t-il en la regardant droit dans les yeux. Alors que ma vie ne s'est limitée qu'à l'apprentissage de magie noire, alors que j'ai enchaîné les pimbêches dans mon lit sans jamais éprouver quoique ce soit pour l'une d'elle ? Alors que la seule chose que l'on m'ait réellement apprise en dix-huit ans d'expérience, c'est que l'amour est une faiblesse ? Alors que je n'ai jamais trouvé la moindre importance à mon existence, quelque chose qui m'empêcherait de mourir à part le fait que je ne pourrais plus m'admirer dans un miroir ? Tu vois, Granger, il n'y a absolument rien qui me retient en vie, rien du tout. Ma famille était peut-être ce qui me rattachait à la vie, mais maintenant ma famille est morte, alors je n'ai plus personne à qui me raccrocher.

Pourquoi son cœur se tordait-il ainsi de douleur ?

Hermione n'avait pu retenir de nouvelles larmes. Malefoy se confiait ouvertement à elle, ouvrant son âme tout entière, et ses arguments pour la convaincre que la meilleure chose à faire était de mourir lui donnaient plus envie de pleurer qu'autre chose. Il avait raison, dans le fond, elle le savait. Il avait raison au moins quand il citait les conditions dans lesquelles il avait passé sa vie. Il avait raison qu'à ce moment-là, rien ne le rattachait à cette Terre. Mais les choses n'avaient-elles pas changées depuis ? Les événements ne s'étaient-ils pas multipliés ? N'avaient-ils pas détrompé ses paroles ?

N'y avait-il pas quelque chose, une chose infime, qui le rattachait à la vie ? Ou plutôt quelqu'un... ?

- Et moi ? murmura Hermione d'une voix tremblante.

Elle n'avait pas pu s'en empêcher ; elle s'en mordit les doigts en voyant Malefoy la scruter du regard. Qu'attendait-elle de sa part ?

- Laisse tomber, je pensais juste qu'après tout ce temps, tout avait changé, mais je me suis trompée...

Détournant la tête pour ne plus avoir à supporter ses yeux sur elle, la Gryffondor lança plusieurs sortilèges. Les Mangemorts ne cessaient de les attaquer, et ils prenaient de l'avance. Même s'ils n'osaient pas trop s'approcher, leur manque de la répartie se faisait sentir.

En plaquant son dos contre le comptoir pour échapper à un sortilège, Hermione s'aperçut que Malefoy continuait de la regarder. Elle ferma les yeux une seconde, puis, prenant son courage de Gryffondor à deux mains, se tourna vers lui.

- Il faut qu'on bouge sinon ils vont nous tomber dessus et on n'aura plus aucune chance.

Comme pour confirmer ses dires, un jet de lumière vert lui effleura la tête si près qu'elle sentit ses cheveux se hérisser sous sa rapidité. Malefoy parut reprendre ses esprit.

- Rectification : tu vas bouger tout de suite. Avec un peu de chance, si j'arrive à les occuper tous en même temps, tu pourras filer, mais il faudra que tu cours. Tu auras peut-être le temps de rejoindre le passage et de...

Il s'interrompit quand Hermione secoua la tête.

- Quoi ? Tu penses que je ne peux pas y arriver ? Tu penses que je ne pourrais pas les retenir tous en même temps, étant gravement blessé ? Tu penses que...

- Malefoy, je te sais capable de le faire, le rassura la lionne d'un ton apaisant. Je suis sûre que tu pourrais même tous les tuer un à un, si tu le voulais.

- Alors quel est le problème ?

- Le problème, c'est que je ne compte pas m'enfuir, Malefoy.

Il écarquilla ses yeux gris.

- Pardon ? Et que comptes-tu faire ?

- Rester avec toi.

Un instant, il la fixa avec des yeux ronds, avant de refuser net.

- Pas question.

- Et pourquoi donc ?

- Parce que je ne veux pas.

- Moi, je ne veux pas m'enfuir.

- C'est mon manoir, c'est moi qui décide.

- Tu ne dois pas mourir.

- Granger, je veux mourir.

Perplexe, Hermione ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit... Elle ferma brièvement les yeux.

- O.K., alors redis-moi ça clairement en me regardant droit dans les yeux.

- Je veux mourir, affirma le jeune homme distinctement.

Elle resta silencieuse un moment, avant de s'écarter pour lancer un jet rouge derrière le comptoir, qui atteignit sa cible.

- Pourquoi ? interrogea-t-elle alors que les battements de son cœur s'accéléraient.

- Parce que c'est mon destin. Parce que je n'ai plus aucune raison de vivre. De toute manière, c'est moi qui décide, Granger.

- Parce que tu n'as plus rien à perdre ?

Elle n'avait pas pu chasser le désespoir dans sa voix, et s'en maudit intérieurement.

- Oui.

Coup de poignard en plein cœur. Le pire étant qu'elle ignorait pourquoi ce qu'elle ressentait était aussi violent et confus.

- Très bien, déglutit-elle d'une voix blanche. Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi je te retiens.

Il fallait se rendre à l'évidence, quitte à ressentir cette douleur fulgurante dans la poitrine, ces coups de couteau dans l'estomac, cette envie de vomir qui la saisissait aux tripes, cette détresse qui détruisait son âme... Pourquoi se sentait-elle si désespérée à l'idée qu'un Mangemort ayant passé sa vie à l'insulter choisisse de mourir ? Elle n'était pas censée s'en soucier, même si cette petite voix au fond d'elle lui rappelait qu'il n'était pas celui qu'elle croyait, qu'elle lui devait absolument tout...

- On va faire ce que tu as dit, alors.

Merlin, faites qu'il ne voie pas la souffrance dans ses yeux. Faites qu'il soit trompé par son visage faussement indifférent, faites qu'il ne remarque pas son regard fuyant. Et surtout, faites que malgré les bruits assourdissants de la bataille, Merlin, faites qu'il n'entende pas les battements de son cœur, trop rapides pour être normaux, faites qu'il ne perçoive pas la supplication dans le timbre de sa voix qu'elle tente désespérément de rendre impassible.

- C'est quand tu veux.

Merlin, faites qu'elle ne craque pas, pas maintenant, pas devant lui...

- Bats-toi jusqu'au bout, Malefoy... Bats-toi comme un Gryffondor même si tu es un Serpentard. Bats-toi au moins pour moi...

Aaaaah, que venait-elle de dire ? Hermione se mordit violemment la langue pour se punir.

- Je me bats pour toi, Granger, pour que tu aies le temps de t'enfuir. Depuis tout à l'heure, je me bats uniquement pour être sûr que tu es loin avant de les laisser me tuer et se lancer à ta recherche. Mais quand tu seras partie, je cesserais de me battre.

La Gryffondor trouva enfin le courage de le regarder à nouveau.

- Non...

- J'ai trahi les miens, Granger, ma mort est inévitable. Fais-toi une raison.

« Il n'a pas tort, fais-toi une raison, Hermione... »

La lionne puisa dans ses dernières forces pour opiner, même si son être tout entier criait « au secours ! », même si son âme brûlait de désespoir, même si son cœur crevait d'envie de le raisonner, lui... Elle devait se taire sinon elle le regretterait.

- Tu es prête ? questionna Malefoy.

« Je ne serais jamais prête. »

Hermione hocha la tête, ses traits convulsés dans un effort surhumain. Il devait sans doute s'imaginer qu'il s'agissait de détermination, d'envie de réussir à passer, sans savoir qu'en vérité elle se retenait juste de se jeter sur lui.

- À trois, alors. Attention, un... deux... trois !

Ils bondirent en même temps, chacun d'un côté, pile à l'instant où les Mangemorts arrivaient sur eux. L'effet eut au moins un avantage : surpris de les voir réagir ensemble, les hommes cagoulés se figèrent une demi-seconde, permettant ainsi à leurs ennemis de lancer quelques sortilèges qui touchèrent cinq d'entre eux.

Le cœur dans les talons, Hermione crachait des incantations, envoyant des jets de lumière rouge et vert, maintenant tous ses efforts pour se concentrer. Du coin de l'œil, elle suivait Malefoy du regard, virevoltant, comme s'il dansait. Il ne semblait pas trop gêné par sa blessure et sa volonté de fer animait chacun de ses traits.

Petit à petit, elle se dirigea vers le haut des escaliers, mais trop de Mangemorts étaient encore sur elle pour qu'elle puisse tenter quoique ce soit. Ils s'acharnaient davantage encore, puisqu'ils souhaitaient tant sa mort. Elle n'avait pas pensé à demander à Malefoy comment il comptait les emmener tous sur lui. Il fallait qu'elle attende, tout simplement.

Au bout de quelques minutes, Hermione commençait à se fatiguer. Elle devait sans cesse éviter des sortilèges mais avait déjà été touchée à la joue et à la jambe. Pour la joue, ce n'était pas gênant, à part peut-être le sang qui s'écoulait mais pour la jambe, c'était pire : elle pouvait à peine la bouger.

Essoufflée, elle se tourna vers Malefoy sans cesser de répliquer. Le Serpentard se trouvait en même position qu'elle, à la seule différence qu'il semblait maîtriser. Qu'attendait-il ? Non qu'elle soit pressée de fuir comme une voleuse en l'abandonnant à son triste sort, mais Hermione sentait qu'elle n'allait pas tarder à craquer si ça ne s'arrêtait pas.

Alors qu'elle allait renoncer, un éclair, accompagné d'un violent coup de tonnerre, illumina l'immense salon. À la même demi-seconde, un sortilège brisa les vitres, éclaboussant le salon de débris de verre. L'éclair et le sortilège parurent se rencontrer, fusionner, et un BOUM éclata brutalement, faisant trembler le sol à un tel point qu'Hermione perdit l'équilibre et s'écroula par terre. Elle se releva d'un bond, prête à se défendre à nouveau, d'ailleurs légèrement étonnée de ne pas avoir été touchée par l'un des sortilèges. Comme rien ne venait, elle regarda autour d'elle, sa baguette en l'air. Ce qu'elle vit la cloua sur place.

Tous les Mangemorts, sans exception, étaient étendus au sol, les bras en croix, l'air d'avoir été électrocutés. Tous les Mangemorts, même le seul qui n'avait pas de capuche sur la tête...

- Drago ! hurla Hermione en se précipitant vers lui.

Elle écrasa quelques doigts au passage sans s'en préoccuper, puis s'agenouilla près du corps de Malefoy. Plus pâle que jamais sous ses cheveux d'or, les yeux clos, il semblait déjà s'envoler vers le pays des morts.

Alors que son cœur se détruisait à petit feu, Hermione l'attrapa par les épaules et, sans se soucier de sa blessure, le secoua de toutes ses forces.

- Drago ! Je t'en prie, réveille-toi ! Allez ! Dragoooooo !

Sourd à ses hurlements désespérés, le jeune homme ne bougeait pas ; seule sa tête dodelinait sur son torse, comme rattachée par un fil invisible à son cou. Il avait l'air d'une poupée de chiffon. Cette constatation brisa l'âme d'Hermione : elle l'avait toujours connu fort, puissant, insensible, invincible... Le voir si vulnérable lui glaçait le sang.

- Drago ! Drago !

- Ggg...

Elle était tellement occupée à le secouer qu'elle ne remarqua pas tout de suite ses lèvres s'ouvrir imperceptiblement. Figée d'effroi, la Gryffondor cessa immédiatement de meurtrir ses épaules.

- Drago ?

- Ggg... Granger...

Sous l'effet de la surprise, Hermione faillit tomber dans les pommes.

- Tu n'es pas mort ! Je le savais ! Tu es vivant ! Oooooooh, merci, par Merlin, merci !

- Granger...

- Oui ? Qu'est-ce que tu dis ? Je t'écoute !

Des larmes de soulagement inondaient déjà son visage tandis qu'elle s'agitait dans tous les sens. Malefoy n'avait toujours pas ouvert les yeux mais ses lèvres remuaient.

- Granger...

- Oui ? Je suis là !

- Granger, vas-tu... te taire et cesser d... d'appuyer sur mon épaule ?

Hermione s'immobilisa.

- M... merci...

Enfin, ses paupières papillonnèrent avant de se soulever avec difficulté. Deux yeux chocolats rencontrèrent deux yeux gris.

- Granger... Pars... Fuis... Cours...

- Pourquoi ? Il n'y a plus aucun danger, ils sont tous assom...

- Le danger est... partout, G... Granger..., l'interrompit Malefoy d'une voix si faible qu'elle se tut instantanément. C'est toujours au... moment où on... s'y attend le moins... que tout s'envole... Ils vont se réveiller... Pars... Je t'en prie, pars...

- Pour t'abandonner ? Ça, jamais !

Il ferma les yeux un instant et Hermione crut défaillir.

- Drago ?

- Tu étais d'accord... il y a deux minutes... c'est ce qu'on... avait prévu...

La Gryffondor se mordit la lèvre inférieure avec angoisse.

- Je... je sais, mais...

- S'il te plaît..., Granger... Va-t'en...

- Mais tu vas mourir ! Que s'est-il passé ? Pourquoi l'éclair et le sortilège ont-ils... fusionné ? Et pourquoi tout le monde est à terre sauf moi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Affolée, Hermione recommença à gesticuler en agitant les bras dans tous les sens.

- Arrête de... vouloir toujours... tout comprendre..., murmura le Serpentard doucement.

- Je n'y peux rien, je veux savoir ! N'importe qui dans ma situation se trouverait en droit et en besoin de savoir ! Je veux comprendre, s'il te plaît, explique-moi !

- Granger... ils vont se réveiller...

Elle se redressa et regarda autour d'elle. Ils étaient tous allongés par terre, certains même sans leurs baguettes. Qu'avait-elle à craindre en ce moment-même ? Sûrement pas une quelconque attaque de leur part ! Ce qu'elle craignait par-dessus tout en cet instant, c'était que Malefoy meurt sous ses yeux.

- Ils sont assommés ! Je vais te soulever, je vais te conduire jusqu'au passage, et on s'en ira tous les deux, d'accord ? Oui, c'est une super bonne idée ! On va s'enfuir, je te soignerai...

- Tu ne sais... même pas... ce que j'ai...

- Raison de plus pour m'expliquer ! s'écria la lionne en bondissant sur ses pieds. Allez, viens !

Elle se pencha pour glisser une main sous sa tête.

- Attends..., gémit Malefoy lentement. Juste une question.

- On aura tout le temps de...

- Je t'en prie...

Ses paupières se soulevèrent à nouveau difficilement, comme si elles supportaient le poids du monde. La lionne finit par céder.

- Est-ce que tu penses toujours que je suis un monstre ?

Un pincement vrilla le cœur d'Hermione qui secoua la tête, soudain tremblante.

- Non... Non, tu n'es pas un monstre... Tu avais raison, finalement : tu es un ange, un ange tombé du ciel... Et un ange ne doit pas mourir...

Des mèches de ses cheveux bruns cachaient ses joues rouges. La Gryffondor sentit son cœur fondre lorsque les lèvres de Malefoy s'étirèrent en un sourire, pour une fois ni méprisant, ni narquois, ni arrogant, ni moqueur, ni charmeur. Un vrai sourire d'ange.

- Le sortilège s'appelle Foudroyus Identique, chuchota-t-il, répondant à la question qu'elle avait posé quelques minutes auparavant. C'est de la magie noire. Et si tu n'as pas été touchée, c'est parce que ton cœur est aussi pur que de l'eau claire.

Ce fut au tour d'Hermione de sourire.

- Quoique tu racontes, murmura-t-elle en s'abaissant à sa hauteur, sache bien cela : moi, j'ai quelque chose à perdre.

- Je t'ai menti... Moi aussi, Granger, j'ai quelque chose à perdre, ou plutôt quelqu'un : toi.

- Hé ! Ils sont toujours vivants !

Le cri proféré d'une voix perçante avait retenti derrière eux. À contrecœur, Hermione détacha son regard de celui du Serpentard et brandit sa baguette magique. Trop tard.

Un sortilège les avait déjà séparés. Ils furent chacun projetés d'un côté, atterrissant contre un mur opposé. Aussitôt, Hermione chercha Malefoy des yeux, mais il avait disparu. Un Mangemort se jeta sur elle et ils roulèrent au sol. La Gryffondor reçut un coup de poing en pleine mâchoire, en donna un autre dans l'estomac de son adversaire ; tandis qu'il se pliait de douleur, elle en profita pour se dégager et se relever. Alors qu'une lumière rouge frappait le Mangemort à ses pieds, Malefoy apparut à ses côtés, se tenant au mur, chancelant sur ses jambes frêles. Il était d'une pâleur cadavérique, tremblait de tous ses membres. Le réflexe d'Hermione fut de se ruer vers lui, mais un coup d'œil suppliant de sa part l'arrêta aussi facilement que s'il l'avait ligotée.

- Sauve-toi, Hermione...

Prononcer son prénom pour la première fois en sept ans eut l'effet désiré : après un dernier regard de détresse vers lui, Hermione fit volte-face et abandonna son pire ennemi au destin qui l'attendait.


Aïe, aïe, aïe, ne me jetez pas de tomates, s'il vous plaît !

Promis, ça va s'arranger !

J'espère que ça vous a quand même plu...

Merci d'avoir lu

J'attends vos réactions avec impatience :)