Titre : Le sang des innocents
Auteur : Tabourette
Beta : ClaP74
Rating : MA
Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin
Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir merveilleusement bien corrigé ce chapitre !
Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter appartiennent exclusivement à leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !
Petit mot de ma beta, ClaP74 :Le chapitre où Harry commence à comprendre quelque chose à ce qu'il lui arrive. Je dois dire que ce passage en particulier est vraiment drôle ! :D
Puis à ne plus rien comprendre, et finalement à comprendre, de nouveau. Et c'est tellement triste, enfin, moi je l'ai trouvé triste !
Nan mais sinon, c'est toujours autant génial ! Je dis Bravo à Tabourette ! :D
Voici la suite de l'histoire. On y retrouve le couple Severus/Harry. J'espère que ce chapitre va vous plaire !
On va partir dans une petite séquence émotion mais je voulais tous vous remercier de me suivre !
L'histoire à atteint les 100 reviews ! Ca me fait tout drôle de voir ça mais surtout énormément plaisir.
Grâce à vous je garde ma motivation pour écrire et votre soutient me donne envie de faire les choses le mieux possible. Sans ses lecteurs, une histoire n'est rien donc un grand merci à tous !
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
Les draps enroulés autour du corps, Harry ne cessait de tourner et de se retourner dans son lit. Il était déjà quatre heures du matin, mais le sommeil continuait de le fuir. Sans cesse repassaient dans sa tête les derniers événements survenus dans la salle avec son professeur de potion et apparemment vampire attitré. Il devait admettre que le reste de la journée s'était passé avec un calme inespéré de sa part. Il se sentait serein depuis cet événement et ses amis en avaient été aussi surpris que lui. Il faut dire que depuis la rentrée, Harry n'avait pas été un modèle de patience et de calme contrairement à aujourd'hui.
Mais ce qui perturbait le plus Harry cette nuit, c'était les émotions qu'il avait ressenties plus que les sensations. Quand Snape lui avait proposé de le mordre, il avait seulement ressenti un besoin d'aider de la part de son professeur plus que l'envie de boire son sang uniquement. C'est pour cette raison qu'il lui avait fait confiance et qu'il avait accepté aussi rapidement, en plus de la nécessité de faire disparaitre les sensations désagréables qui le maintenaient sous pression depuis plusieurs jours.
Il avait fait confiance à Snape. Et il n'avait pas été trahi. Malgré le petit incident sur la fin, Snape n'avait pas profité de sa condition de vampire pour le soumettre et profiter de lui comme il s'y attendait de la part du maitre des potions.
Rien que de repenser aux sensations des dents qui entraient en lui et des lèvres chaudes contre sa peau, un tressaillement le parcourut. Mais pas de dégout.
Harry ne savait pas combien de temps il pourrait tenir avant de sentir de nouveau le besoin de retourner voir son professeur pour une nouvelle séance de… traite. Malgré la manière dont ça s'était passé la dernière fois, Harry n'était pas pressé de recommencer. C'était une chose que ce soit bien passé, c'en était une autre de devoir donner son sang à un vampire. Comment sa vie avait-elle pu en arriver là ? Un jour, il détruisait le plus grand mage noir jamais connu il ne savait comment, et le jour suivant il se retrouvait dans les bras de son professeur de potion détesté, ses dents plantées dans son cou.
Il ne savait pas s'il existait une porte de sortie, mais apparemment non d'après Snape. Pourtant, vu comment il s'était planté sur ses prédictions sur leur couple Vampire-Source, il ne pouvait être sûr de rien.
.Dieu. Harry formait un couple avec Snape !
Le brun mordit dans son oreiller pour étouffer un cri de désespoir. Il ne manquait plus qu'il se retrouve à coucher avec son professeur. À cette pensée, Harry s'immobilisa, imaginant la scène, avant de se retourner dans son lit dans un râle de dégout. Il imagina Snape nu, encore une fois, et l'image passa aussi mal que la dernière fois au repère. Snape était… Snape. Impossible de l'imaginer comme une personne avec des besoins… sexuels. C'était son professeur, c'était… Snape. Impossible. Les professeurs étaient censés rester des êtres asexués pour leurs élèves, surtout les professeurs de potion qui s'appelaient Snape. Et Mcgonagall. Et Dumbledore. Et… tous les professeurs !
Comment allait-il réussir à dormir avec des idées pareilles maintenant ? Harry essaya de détourner ses pensées vers un sujet plus attrayant. Le quidditch tient, le début prochain de leurs entrainements. Très bien ça comme pensée!
Est-ce que Snape avait des besoins sexuels ?
Nooooon. Enfin, pour être tout à fait objectif, probablement que si. Malgré l'image qu'il avait de lui, il restait un homme à part entière.
Harry frappa des pieds et des poings sur son matelas de toutes ses forces en s'agitant avant de se lever d'un bond et de se diriger vers la salle de bain. Il fallait qu'il se change les idées. Mon dieu, il allait devoir revoir Snape en cours dans quelques jours. Ou peut-être avant si le besoin d'être délesté de son sang revenait avant. Comment allait-il faire ? Il ne pouvait pas passer sa vie à aller voir son professeur pour lui donner son sang quand il en ressentirait le besoin. Il ne voulait pas être lié à vie à Snape. Et pourtant, ça semblait être ce qui l'attendait, compte tenu de leur coup…relation Vampire-Source. C'était ce qu'il se passait pour Guiliane et Ulver en tout cas. Est-ce qu'il serait obligé de vivre avec Snape ? Toute sa vie ?
Une nouvelle discussion avec son professeur semblait nécessaire. Peut-être lors de leur prochain…entretien. Peut-être. S'il trouvait le courage d'aborder le sujet. En même temps, l'ignorance était tellement rassurante certaines fois. Rester dans l'incertitude pendant un temps était peut-être préférable à la connaissance de la possible horrible vérité.
Harry se passa de l'eau sur le visage et se regarda dans le miroir. Des cernes s'étendaient sous ses yeux fatigués, résultat de trop peu d'heures de sommeil ces derniers jours. Et ça n'allait pas être cette nuit que ça allait s'arranger.
Le brun écarta le col de son t-shirt et inspecta la base de son cou. Les traces de morsure étaient à peine visibles à présent. Il y a quelques heures encore, en sortant du bureau du maitre des potions, elles étaient à vif. Harry les effleura du bout du doigt avant de remettre son t-shirt en place. Elles n'étaient pas douloureuses et étaient aisément cachées la journée par le col de sa chemise d'uniforme.
Un long bâillement échappa au jeune homme qui jugea préférable de retourner dans son lit, en espérant que le sommeil cesserait de le fuir.
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
Au grand soulagement d'Harry, son corps et son esprit supportaient plutôt bien sa nouvelle condition de Source. Voilà deux semaines qu'il avait donné son sang pour la dernière fois à Snape et rien d'anormal n'avait refait surface. Il avait perdu depuis bien longtemps la sérénité occasionnée par sa dernière rencontre vampirique avec son professeur de potion, mais l'état d'agitation qu'il avait subit avant celle-ci n'était pas réapparu avec autant d'intensité. Certes, il se sentait plus nerveux qu'à l'accoutumée, mais ce n'était rien en comparaison d'avant, c'était supportable et gérable. Et tant que ça en resterait à ce stade, Harry n'irait pas trouver son professeur. Plus il évitait Snape, mieux il se portait. Et son professeur semblait s'accommoder de cet état de fait, car il ne lui avait parlé que pendant les cours.
Harry devait reconnaitre qu'il le trouvait plus grincheux et désagréable que d'ordinaire depuis quelques jours, mais on parlait de Snape ! Probablement l'inventeur des regards noirs et des remarques acerbes. Alors les points de comparaison étaient assez subjectifs.
Tout semblait donc aller pour le mieux pour le jeune Gryffondor. C'est pourquoi il ne rentrait plus en cours de potion avec la même appréhension qui l'avait saisie pendant le premier cours de l'année. Pourtant, le regard sombre que lui jeta son professeur en franchissant la porte de la salle de cours ce jour-là n'avait rien d'encourageant.
Tout en essayant de faire abstraction de ce regard, Harry s'assit derrière un des bureaux avant de continuer doucement sa conversation avec Ron. Quand la porte se referma avec un claquement sec, le silence se fit dans la seconde. Six ans de cours avec Snape vous faisaient acquérir certains réflexes.
Une recette de potion était déjà inscrite au tableau. Harry lut rapidement le titre avant de détourner les yeux pour croiser de nouveau le regard noir de son professeur fixé sur lui. Pourtant, Harry était à peu près certain de n'avoir rien fait ces dernières heures pour contrarier son professeur. Malgré tout, il baissa rapidement les yeux. Il entraperçut les mains de l'homme agrippées au dossier de la chaise de son bureau professoral à s'en faire blanchir les phalanges avant que son attention ne soit détournée par la voix sèche de la terreur des cachots qui portait plus que jamais bien son nom aujourd'hui.
-La potion inscrite au tableau était prévue pour le cours d'aujourd'hui, mais plutôt que de passer deux heures à vous regarder vous débattre avec une potion que, de toute façon, vous allez échouer à réaliser correctement, nous allons procéder à une interrogation écrite. Rangez donc votre matériel et prenez note d'étudier cette potion pour le prochain cours. Sortez un parchemin et laissez-moi apprécier l'étendue de votre déficience intellectuelle notoire en répondant à cette série de questions écrites au tableau. Je ne veux entendre aucun bruit.
La dernière phrase prononcée par le maitre des potions était plus qu'inutile compte tenu du silence de mort qui régnait déjà dans la salle.
Harry sortit avec un petit soupir discret deux feuilles de parchemin sans oser relever la tête de peur de croiser à nouveau le regard de Snape. Il était pourtant quasiment sûr de sentir la brûlure de celui-ci posé sur lui.
En relevant la tête pour regarder la question suivante au tableau, Harry finit pourtant par croiser de nouveau les yeux de Snape et son regard se laissa prendre par les deux orbes noirs qui lui faisaient face.
Malgré l'urgence de répondre à son questionnaire, Harry ne pouvait détacher son regard de celui de son professeur. Il vit Snape laisser échapper une petite grimace qu'il n'aurait su interpréter et se pencher doucement vers l'avant, comme s'il cherchait à se rapprocher de lui. Quand tout à coup, le Serpentard parut reprendre ses esprits et se recula sur sa chaise d'un mouvement brusque.
-Potter ! Sortez de ma classe. Immédiatement !
Harry se figea d'incompréhension. Tous les regards étaient fixés sur lui alors que le sien n'avait toujours pas quitté son professeur.
-Si je vous reprends encore une fois à tricher pendant mon cours, ce sera l'exclusion définitive.
-Mais…
-Suffit ! Si vous tenez à vos points de maison, je vous déconseille de continuer votre phrase.
-Pro…
-Sortez ! Hurla presque le maitre des potions.
Harry ramassa ses affaires avec incrédulité, ne comprenant pas ce qu'il venait juste de se passer. Il n'avait pas triché et son professeur le savait très bien, car il avait ses yeux rivés dans les siens juste avant son interpellation. Malgré tout, le Survivant se dirigea vers la porte, ne voulant pas argumenter avec son professeur qui semblait hors de lui.
-Et Potter, 50 points en moins pour Gryffondor, pour tricherie.
Harry resta bouche bée alors que la porte se refermait sur lui.
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
-Non, mais vous vous rendez compte ! Il me vire de cours alors que je n'ai rien fait !
Ron et Hermione acquiescèrent pour la énième fois en marmonnant de vagues paroles d'assentiments. Ce n'était pas comme si Harry répétait la même chose depuis la fin des cours. Ils avaient même espéré qu'il s'étouffe avec ses aliments pendant le diner, juste pour leur accorder quelques minutes de répit.
Le brun tournait en rond, rageur, dans la salle commune de Gryffondor. Il n'arrivait pas à décolérer depuis ce qu'il s'était passé en potion.
-Rien ! Je veux bien croire qu'il ne m'aime pas, mais il y a des limites quand même ! Je n'ai pas triché !
-On le sait Harry, ce n'est pas nous que tu as besoin de convaincre. Lui répondit doucement Hermione dans l'espoir de le voir enfin se calmer.
Harry aperçut le regard implorant de son amie et se décida enfin à se laisser tomber sur le canapé à côté d'elle. D'accord, peut être que ça faisait un moment qu'il se répétait, peut être que sa colère était un peu disproportionnée à ce stade-là, mais Snape lui avait vraiment joué un sale coup et Harry ne comprenait sérieusement pas pourquoi. Il pensait qu'avec ce qu'il s'était passé entre eux, les choses se seraient peut-être un peu améliorées.
Le brun passa nerveusement sa main dans ses cheveux déjà suffisamment en bataille en inspirant et expirant doucement pour enfin essayer de se calmer. Il avait peut être un peu surréagit. Il espérait que ce n'était pas les effets de condition de Source qui revenait le hanter.
Il ne comprenait vraiment pas. Snape le regardait et d'un coup…Etait-ce à cause de ce truc de vampire ou avait-il juste eu envie de faire enrager Harry une fois de plus. En tout cas, si c'était la deuxième option, Snape avait très bien réussi.
-Il faut que je parle à Snape. Déclara brusquement Harry en se levant d'un bond.
Ron le regarda alors avec des yeux ronds.
-Quoi ? Mais ça va pas ! Primo, je ne pense pas que Snape veuille te parler, deusio, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de remettre cet événement sur le tapis si tôt. Il avait quand même l'air bien furax contre toi.
-Mais je veux comprendre ! S'exclama Harry
-Je pense qu'il n'y a rien à comprendre Harry. La batard des cachots a juste voulu t'emmerder une fois de plus pour satisfaire son petit désir pervers de te faire du mal.
-Et bien si c'est ça, je ne vais pas me laisser faire par cette sale chauve-souris !
Et sans un regard de plus pour ses amis, Harry se dirigea vers la sortie d'un pas déterminé.
Marcher dans l'air frais des couloirs du château fit le plus grand bien à Harry et c'est avec un peu plus de calme, mais toujours en colère que le jeune Gryffondor frappa à la porte de la salle du bureau de Snape.
Quand aucun son ne se fit entendre et que la porte demeura résolument close, Harry tambourina plus fort contre la surface en bois.
-Professeur, il faut vraiment que je vous parle.
S'il ne parlait pas maintenant à Snape, il n'était pas sûr d'avoir le courage de le faire plus tard. Il devait le faire pendant que la colère lui en donnait la force. Il n'avait pas pensé au fait qu'il n'avait pas revu son professeur en tête-à-tête depuis la fameuse dernière fois où il lui avait donné son sang avant de se retrouver devant cette porte en bois. Et une partie au fond de lui redoutait cet entretien. Entretien qui n'aurait lieu que si son professeur ouvrait cette satanée porte. Il frappa de nouveau.
-Professeur Snape, je…
Devant lui, la porte finit par s'ouvrir pour laisser apparaitre… Ulver ? Qu'est-ce que le vampire de Guiliane pouvait bien faire à Poudlard ?
-Entre.
Ulver libéra le passage sans un mot de plus.
Des questions plein la tête, Harry obtempéra pourtant. Autant il avait tout de suite accroché avec Guiliane au repère, autant Ulver lui donnait des frissons dans le dos. L'homme était tellement froid et inexpressif.
En pénétrant dans la pièce, Harry remarqua immédiatement le bureau dévasté. Des parchemins jonchaient le sol en désordre alors que de l'encre d'un rouge sang s'égouttait dessus depuis le bureau où elle avait été renversée. La chaise se trouvait à l'autre bout de la pièce, en morceau, comme si quelqu'un l'avait jeté de toutes ses forces contre le mur en pierre. Ce qui avait probablement été le cas. Est-ce que c'était l'œuvre de Snape ?
Sans un regard ni pour lui ni pour la pièce en désordre, Ulver le dépassa et ouvrit une autre porte qui se trouvait au fond de la pièce. Harry hésita brièvement puis finit par le suivre. Il traversa une réserve de potions où des fioles côtoyaient divers ingrédients plus ou moins ragoutants et se retrouva face à un tableau. Ulver marmonna le mot de passe et le tableau pivota pour libérer le passage. Le vampire s'écarta pour lui laisser libre accès.
Harry entra dans la pièce qui s'ouvrait à lui d'un pas incertain. Il devait s'agir des appartements personnels de Snape et Harry n'était pas certain que ce soit sûr pour sa vie d'y pénétrer sans l'accord de son professeur de potion. Mais Ulver lui bloquait maintenant toute retraite et le tableau finit par se refermer.
Harry examina brièvement le décor qui lui faisait face sans oser s'y attarder, comme si Snape allait savoir qu'il avait passé trop de temps à regarder son intérieur.
Point de chaines et autres appareils de torture dans ce qui semblait être la pièce principale. Il s'agissait d'une salle tout à fait normale qui ne correspondait absolument pas à la vision qu'Harry se faisait des appartements de Snape. Un canapé et deux fauteuils très similaires à ceux présents dans leur salle commune étaient postés devant une cheminée. Un bureau trônait dans un coin de la pièce à côté d'une longue rangée d'étagères remplies de livres. Harry allait continuer à regarder discrètement le décor quand Guiliane surgit d'une des portes que comptait la pièce.
-Har…
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un bruit de chaine suivi d'un sifflement la coupa net. Tout le monde tourna la tête vers la source du bruit, un coin de la pièce qu'Harry n'avait pas remarqué. Le brun s'avança avant de reculer brusquement de peur. Il y avait des chaines finalement chez Snape. Avec son professeur attaché au bout.
Les poignets de Snape étaient en effet accrochés à deux grosses chaines, elles-mêmes reliées au mur derrière lui. L'homme était debout, tirant de toutes ses forces sur les entraves qui l'empêchaient de rejoindre sa Source. Ses yeux étaient à demi fermés alors qu'un râle de rage s'échappait de sa bouche ouverte, aux lèvres retroussées, et laissant apparaitre deux anormalement longues canines luisantes de salive.
Un nouveau sifflement se fit entendre de la part du vampire. Harry recula de peur, mais heurta Ulver qui se trouvait toujours derrière lui. À ce contact, Severus se démena de plus belle sur ses chaines à s'en déchirer la peau.
Ulver s'éloigna alors doucement d'Harry, les deux mains en l'air, clairement visibles. Les yeux du jeune homme firent la navette entre son professeur et Ulver, ne comprenant pas ce qu'il se passait.
-Harry, souffla doucement Guiliane, éloigne-toi d'Ulver s'il te plait.
Harry obtempéra tout en gardant un œil sur le vampire enchainé.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda doucement le Gryffondor, de peur qu'une parole plus haute que l'autre n'enrage encore plus le maitre des potions.
-Severus est juste jaloux, lui répondit-elle en le rejoignant, un léger sourire sur les lèvres. Ulver représente une menace pour lui. Il n'accepte pas qu'un autre vampire approche trop près de sa Source alors qu'il est attaché, surtout dans son état.
Un air sérieux et soucieux prit alors place sur le visage de la jeune femme.
-Harry, depuis combien de temps Severus ne s'est-il pas nourri ?
-Euh, deux semaines, hésita le jeune homme.
Un hoquet de surprise s'échappa d'Ulver.
-Pas étonnant qu'il soit dans cet état.
Harry regarda le vampire avant de reporter son regard une fois de plus sur son professeur.
-C'est à cause de ça qu'il est comme ça ? Euh, hésita de nouveau Harry, il nous comprend là ?
Harry détestait qu'on parle de lui comme s'il n'était pas là alors que manifestement il l'était et venait de se rendre compte qu'il faisait la même chose avec son professeur. Mais il ressemblait tellement peu au Snape impassible qu'il connaissait, qu'il n'arrivait pas à se faire à l'idée que le vampire en furie attaché par des chaines au mur de son appartement était son professeur.
-Probablement pas, non. Répondit Guiliane après un temps de réflexion. La soif ne réussit vraiment pas à un vampire. Surtout si ce vampire a une Source, visiblement. Je savais qu'on n'aurait pas dû le laisser gérer ça tout seul.
Guiliane prit Harry par le coude et le guida vers le canapé. Le brun jeta un coup d'œil à Ulver, mais le vampire ne fit pas mine de s'approcher.
-Écoute Harry, un vampire à besoin de boire. Ce n'est vraiment pas bon pour eux de les priver de sang. Comme tu peux le voir, ça ne leur réussit pas vraiment. Je sais que la relation entre Severus et toi n'est pas terrible, mais…
-Mais, il ne m'a rien dit. Protesta le plus jeune. Je vais bien depuis la dernière fois qu'il m'a pris du sang, je pensais que pour lui aussi. Enfin, je n'y ai pas vraiment réfléchi, mais… il ne m'a rien dit, je ne savais pas. Débita le Gryffondor d'un ton saccadé, cherchant ses mots.
-Oh, il t'a déjà pris du sang ?
-Oui, il y a deux semaines justement.
-C'est une bonne chose déjà. Je pensais que têtu comme il est, il aurait préféré laisser la folie l'emporter plutôt que de toucher une nouvelle fois à une goutte de ton sang après que vous vous soyez lié. Il avait l'air vraiment résigné à ne pas te toucher la dernière fois que je l'ai vu.
-En fait, j'en avais besoin aussi. Je veux dire, j'avais besoin qu'il me prenne de mon sang, je n'allais pas bien du tout et…enfin…je me suis rendu compte que c'était parce que mon vampire devait me prendre du sang. Mais depuis ça va. Je n'ai plus ressenti le même besoin et je n'ai plus eu de nouvelle de lui depuis. Il avait l'air d'aller bien. Il était juste… Snape quoi.
Guiliane ne put s'empêcher de sourire en entendant le « mon vampire » de Harry. Tout n'était peut-être pas désespéré entre eux finalement si Harry commençait à voir Severus comme son vampire.
-Je comprends, ne t'inquiète pas, le rassura la jeune femme. C'est normal pour une jeune Source de ressentir le besoin de donner du sang à son vampire. Si tu avais continué à attendre plus que les deux semaines, je pense que tu aurais encore ressenti les mêmes symptômes. Mais une fois que le vampire a commencé à se nourrir de sa Source, il doit continuer. Tu es sa seule source de nourriture Harry. Après que tu te sois lié avec Severus, il a eu beaucoup de mal à reprendre un autre sang que le tien. Mais maintenant qu'il a commencé à se nourrir de toi, il ne peut pas. Enfin, disons plutôt qu'il ne veut pas. Il préfère se mettre dans l'état dans lequel tu le vois maintenant plutôt que de boire un autre sang que le tien. C'est plus fort que lui. Sa vie est entre tes mains Harry, tu es sa Source.
Pendant tout le discours de Guiliane, Harry n'avait pas quitté Severus des yeux. Le vampire s'était maintenant calmé, mais restait visiblement aux aguets, ses yeux passant furtivement de sa Source à l'autre vampire présent dans la pièce.
-Tu veux dire, commença Harry, que si je ne lui donne pas mon sang, il va mourir ? Mais pourquoi n'est-il pas venu m'en demander alors ?
-On parle de Severus là, Harry. Quand monsieur s'est mis une idée en tête, difficile de l'en déloger, rigola la jeune femme. Et Severus a décidé que, malgré ta condition de Source, tu ne devais pas être impliqué dans votre relation vampire-Source. Il a bien vu que ça n'allait pas être possible, mais il a voulu persister. Un imbécile quoi.
Ulver ricana doucement derrière eux et Severus poussa un petit sifflement d'avertissement.
-Mais rassure-toi, Severus ne mourra pas directement du manque de sang. Il sombrera juste dans la folie et finira probablement par être tué où se tuer lui-même.
Ouah, vachement rassurant, pensa Harry.
-Si j'ai bien compris, je dois nourrir Snape, sinon il risque de se retrouver dans cet état. Tous les combien ?
-Pas dans cet état, pire que ça. Là, il est juste un petit peu énervé, minimisa Guiliane avec un sourire. Et tous les jours Harry, il doit se nourrir tout les jours. Au début tout du moins. Avec le temps, vous pourrez espacer un peu les dons.
Devant la tête de déterré que lui offrit Harry, Guiliane ne put se retenir de rire.
-Courage, Harry, ça se passera bien. C'est un gentil gars dans le fond notre petit Severus. Bon, j'aimerais te dire qu'il ne mord pas, mais ce n'est pas vraiment le cas.
Malgré le petit trait d'humour de Guiliane, Harry avait l'impression que la terre venait de s'ouvrir sous ses pieds. Il allait devoir passer le reste de sa vie à donner du sang à Snape pour ne pas qu'il devienne fou et finisse par se faire tuer. Et le laisser mourir n'était pas vraiment une option. Snape lui avait déjà sauvé la vie d'innombrables fois, dont celle où il avait fait de lui sa Source. Et malgré le ressenti qu'il avait par rapport à cette fois-ci, il en comprenait la nécessité. C'était donc à son tour de sauvegarder la vie de Snape.
-On ne peut vraiment pas laisser Snape comme ça? Lança Harry, la tête entre ses mains, pour essayer d'alléger la tension et le désespoir qu'il sentait en lui.
-Non, Harry, ce n'est pas une option, rigola la rousse.
Le brun se redressa et fixa de nouveau le vampire enchainé.
-Je suppose que je dois lui donner mon sang pour le sortir de cet état.
-Exactement.
Voyant le désespoir dans les yeux du plus jeune, Guiliane posa une main rassurante sur son épaule.
-Je t'assure Harry, que même si ce qui t'attend te parait insurmontable, tout va bien se passer. Je sais que Severus est un peu bourru, mais avec le temps, tu vas apprendre à le connaitre et à l'apprécier comme beaucoup. Voir peut être plus, ajouta-t-elle avec un petit clin d'œil suggestif. Mais devant la mine de dégout qu'afficha le Gryffondor, elle n'insista pas plus. Severus va faire des efforts lui aussi, il comprend bien, ou en tout cas, maintenant il va bien comprendre, les besoins qui règnent dans un couple vampire-Source et l'équilibre qui doit en résulter. Il est aussi novice que toi en la matière. Il a côtoyé d'autres couples de ce genre avant tout ça, mais sans en faire partie d'un lui-même, il ne pouvait comprendre tout ce que ça implique. Vous allez devoir apprendre tous les deux, ensemble. Mais je serais là, ainsi que d'autres personnes, pour vous aider et vous conseiller si besoin. Va le nourrir maintenant, ne le laisse pas souffrir plus longtemps.
Résigné, Harry se leva du canapé et fit face au vampire. Son vampire. Snape.
Il se passa nerveusement une main dans les cheveux.
-Il ne va pas te blesser, le rassura Guiliane, tu es sa Source, tu es la dernière personne à qui il veut faire du mal, ne l'oublie pas. Approche-toi doucement de lui, laisse-le venir à toi, il gérera la situation tout seul. Laisse-toi juste faire, ne résiste pas.
Harry avait l'impression qu'elle parlait d'un animal sauvage qu'il se devait d'apprivoiser. Rien de très rassurant en somme.
Tu es la dernière personne à qui il veut faire du mal.
Cela allait très vite se vérifier, pensa Harry.
Le jeune homme fit un pas vers le vampire qui le suivait des yeux avant de s'arrêter. Il continua à regarder le maitre des potions tout en s'adressant à la jeune femme.
-J'ai le droit de résister s'il me vide de mon sang ?
-Il ne le fera pas, rigola Guiliane. Il risque peut-être de t'en prendre un peu trop vu son état, mais les vampires ont une sorte d'instinct pour savoir quand s'arrêter à temps. La clef des chaines est sur le bureau. Nous allons vous laisser maintenant, vous avez besoin d'un peu d'intimité. Si tu as le moindre souci, ce soir ou dans l'avenir, n'hésite pas à envoyer un petit hibou, nous serons là pour vous aider.
-Merci Guiliane, pour tout ça. Et Ulver.
Devant son air de chiot apeuré, Guiliane ne put se retenir et alla serrer Harry sans ses bras.
-Tout va bien se passer, tu verras. À bientôt.
Ulver prit sa compagne par la taille et ils disparurent tous les deux par la cheminée dans une gerbe d'étincelles vertes.
Harry reporta alors son attention sur le vampire en face de lui. Il inspira un grand coup et avança.
-Ok, tout va bien se passer, se parla-t-il à lui-même avant d'ajouter, euh…professeur ? Je vais… je vais m'approcher pour que vous puissiez boire, d'accord ?
Tu es la dernière personne à qui il veut faire du mal.
Le vampire en face de lui se redressa à mesure que sa Source approchait de lui. Dès qu'il fut à portée de ses mains cerclées d'argent, Severus saisit les poignets d'Harry et l'attira dans ses bras.
Le jeune homme se tendit. Il s'attendait à être broyé par les bras puissants, mais contre toute attente, son professeur l'enlaçait avec beaucoup de douceur, comme si justement, il avait peur de le briser, peur de ne pas contrôler sa force.
Harry n'osait bouger alors que Severus vint directement fourrer son visage dans le cou du jeune homme, s'enivrant de son odeur, goûtant de sa langue la saveur de sa peau trop longtemps éloignée.
Sans crier garde, les canines s'enfoncèrent dans la chair tendre, là où les anciennes marques avaient depuis longtemps disparu.
Harry poussa un petit cri de surprise, mais ne ressentit aucune douleur, seulement la douce sensation de bien-être qui affluait en continu depuis les deux petits trous percés dans son cou jusque dans le reste de son corps.
Le Survivant agrippa inconsciemment le devant de la robe de son professeur, prenant appui sur lui, lui faisant confiance pour le soutenir de ses bras autour de son corps alors qu'une douce torpeur l'emportait.
Le moment sembla s'éterniser, plus que la dernière fois. Peut-être que son corps s'adaptait aux besoins de son vampire pour le laisser étancher sa soif.
Mais Harry ne se posa pas plus de questions, se laissant envahir par les sensations. Avant que sa Source n'ait pu ressentir le moindre inconfort, le vampire se retira de la chair tendre sous ses dents. D'un coup de langue, il nettoya les dernières traces de sang avant de resserrer sa prise autour du corps alangui contre lui. Il se laissa doucement glisser vers le sol en s'appuyant contre le mur, emmenant sa Source avec lui.
Harry sentait bien que c'était fini, mais ne voulait pas bouger, pas encore, savourant les dernières bribes de langueur qui l'enveloppaient. Son corps fut entrainé vers le bas. Il se laissa faire, cherchant juste une position pour s'installer confortablement.
Assis par terre, le dos appuyé contre le mur, le vampire repu laissa sa Source venir s'installer à califourchon sur lui et enfouir sa tête dans son cou avant de faire de même, ses bras toujours autour de lui dans une étreinte réconfortante.
À suivre
