Lovino se réveilla quelques temps plus tard. Il se sentait un peu bizarre, il tourna doucement la tête sur le côté. Il se rendit compte qu'il n'était pas entouré d'eau. Il était dans un lit... ? Il fronça les sourcils et leva un bras pour se frotter le visage, et remarqua qu'il portait un vêtement. Lovino cligna des yeux et souleva légèrement ce qui le couvrait. Il vit qu'il portait une large chemise. Il laissa le tissu lui retomber dessus et regarda autour de lui. La couverture recouvrait le reste de son corps, qui était immobile pour l'instant. Son regard se posa sur la forme près de lui. Antonio était assis dans son fauteuil, à côté du lit, et dormait en supportant sa tête sur une main. Lovino lécha légèrement ses lèvres sèches et tendit le bras, pour lui frôler le genou.

Antonio sursauta et vit trouble pendant quelques secondes avant de baisser les yeux. Il vit la main de Lovino et dirigea alors son regard vers lui. Leurs regards se croisèrent. La seconde suivante, Antonio s'effondrait à moitié sur Lovino pour le serrer dans ses bras et l'embrasser tendrement. Lovino devint rouge et ferma vivement les yeux quand son bel homme recouvra ses lèvres des siennes. Ils échangèrent un long baiser. Le plus âgé s'écarta un peu de l'autre au bout d'un moment et frotta gentiment le bout de son nez contre le sien avant de lui embrasser le front. Lovino était cramoisi mais se laissait faire. Il était trop faible pour riposter comme il le faisait d'habitude. Il essaya tout de même de calmer le marin en lui agrippant faiblement la manche. Antonio sentit sa main sur son bras et se redressa un peu pour pouvoir échanger un regard avec le plus jeune. Il lui sourit amoureusement et frôla ses joues rosées du bout des doigts.

« Pardon mon cœur... Je suis tellement content que tu sois enfin réveillé. »

Lovino devint encore plus rouge qu'il ne l'était déjà et tenta de le repousser. Une faible douleur se fit sentir à l'arrière de sa tête. Il gémit un peu et se frotta doucement le crâne, puis essaya de s'asseoir dans le lit.

« Ooh, doucement Lovi... ! dit-t-il en le retenant,

– Mais qu'est-ce que...

– Vas-y en douceur... Tu es resté inconscient pendant trois jours... ! dit-il d'un air sérieux,

– Quoi... ? Mais... Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il, l'air inquiet,

– À toi de me le dire... Je t'ai trouvé par terre, inconscient. dit-t-il en se mordillant la lèvre. »

Antonio prit un air triste et sombre en repensant à ce qui lui était passé par la tête lorsqu'il avait trouvé son amant comme sans vie par terre... Lovino s'en rendit compte et fronça les sourcils. Il tendit les mains vers lui et lui pinça les joues, tout en faisant la moue.

« Hey, je te signale que je suis en face de toi et que je vais bien. grogna-t-il. »

Antonio couina lorsque Lovino le pinça, mais son sourire réapparut. Il posa sa paume sur le front du convalescent pour avoir une idée de sa température.

« Comment te sens-tu ?

– Ça va, ça peut aller... Enfin je crois... ajouta-t-il en soupirant.

– Tu dois avoir soif. dit-il en lui tendant un grand verre d'eau, Tiens. »

Lovino envisagea le verre d'eau et fit une drôle de tête, mais il fallait avouer que ses lèvres étaient sèches et qu'il se sentait en effet déshydraté... Il prit le verre et but tout ce qu'il contenait, avant de pousser un soupir de satisfaction et de rendre l'objet. Le plus âgé posa le verre par terre et se redressa. Lovino se pencha vers Antonio et posa sa tête contre son torse pour humer son odeur. Il soupira de nouveau, mais parce qu'il appréciait ce qu'il faisait. Antonio rougit un peu à son tour et enroula ses bras autour de lui, il fit gentiment courir ses doigts le long de son dos. Lovino eut un frisson et s'arrêta net. Il venait de ressentir quelque chose dans la partie inférieure de son corps, sous la couverture. Il tourna la tête sur le côté et attrapa le bord de la couverture pour l'enlever de là. Il resta muet lorsqu'il constata qu'il avait une paire de jambes à la place de sa queue de sirène. Antonio s'écarta de lui-même et alla s'asseoir dans son fauteuil, qu'il rapprocha un peu plus du lit. Lovino faisait une drôle de tête. Il leva alors la jambe droite et l'arqua un peu pour mieux regarder, à la fois sa jambe et son pied. Il avait l'air perplexe... Il remua les orteils et haussa un sourcil. Antonio l'observa et se mordilla la lèvre.

« Tu peux m'expliquer... comment tu as fait ça ? demanda-t-il,

– Je... Je ne sais pas... vraiment... répondit-il tout bas,

– Mon Lovi est devenu un humain... souffla-t-il doucement,

– On dirait bien... »

Lovino fronça les sourcils et s'allongea de nouveau pour lever ses deux nouvelles jambes et les agiter lentement dans l'air. Il arborait un air surpris et curieux. Il tendit les bras pour attraper ses orteils, comme un bébé, ce qui le fit légèrement balancer en arrière. Antonio laissa échapper un petit rire et se leva pour empoigner la couverture et la jeter à moitié sur Lovino, pour le couvrir.

« Évite de me montrer tes fesses, mon cœur... »

Car oui, Lovino portait peut-être une chemise comme pyjama provisoire, mais il n'avait pas de sous-vêtements. Les deux hommes se mirent à rougir. Lovino ne comprenait pas vraiment ce qu'il avait fait de mal pour que son homme lui cache la partie arrière qui reliait ses jambes et le bas de son dos. Il décida alors de croiser, puis de plier ses jambes et de les baisser au niveau de ce qui avait l'air de perturber Antonio. Mais il ressemblait à une pin-up dans cette position. Antonio rit un peu et se gratta l'arrière de la tête. Il soupira légèrement et se dirigea vers le plus jeune pour l'embrasser chastement. Ensuite il commença à s'éloigner du lit.

« Je vais aller prévenir Bella que tu es enfin réveillé, elle s'est inquiétée pour toi. »

Lovino, par réflexe, et un peu sans réfléchir, se tourna rapidement dans le lit et voulut attraper le bras d'Antonio. Mais ses jambes étaient inutiles pour l'instant... Il chuta. Antonio le rattrapa de justesse et le tint comme il fallait dans ses bras pour le maintenir et l'aider à s'asseoir au bord du lit. Puis il posa un genoux à terre et plongea son regard dans celui de l'autre.

« Fais attention... ! Tu ne sais pas encore marcher, tu vas te faire mal en tombant. »

Lovino, rouge de honte, détourna la tête et grogna.

« Ooh ça va, je suis pas un bébé ! »

Antonio sourit tendrement et lui attrapa le menton pour tourner son visage vers le sien.

« Non, tu es un homme~ »

Après lui avoir dit cela, il lui vola un baiser parmi tant d'autres. Lovino recommença à rougir et couvrit son visage de ses mains. Antonio rit et se releva, ébouriffa légèrement les cheveux du plus jeune et sortit de la chambre. Lovino ronchonna et remit ses cheveux comme ils étaient. Il s'appuya un peu sur ses bras tendus sur le matelas et regarda la chambre, d'un autre point de vue. Ce ne fut pas long avant qu'Antonio revienne dans la chambre et se dirige directement vers lui. Il s'assit à côté de lui et sourit.

« Donne-moi tes jambes~

– Pourquoi... ?

– Pour voir~ Allez, pose les sur mes cuisses. »

Lovino haussa un sourcil mais obéit. Il leva comme il put ses jambes et s'aida de ses mains pour les mettre sur Antonio. Ce dernier les tint gentiment et se mit à malaxer ses chevilles et ses mollets. Lovino sursauta et fit une drôle de tête. Antonio le regarda du coin de l'œil et rit.

« Ça va ? Je t'ai fait mal... ? demanda-t-il,

– Non... C'est juste que... ça m'a fait bizarre.

– Ça te chatouille ? demanda-t-il en recommençant son geste,

– Je sais pa- aaaah ! Ha ha ha... ! Arrête... ! gémit-il en riant,

– Je vois, je vois~ »

Antonio sourit d'un air carnassier et remonta légèrement ses mains le long de ses tibias, jusqu'à ses genoux. Lovino frissonna et se mit à rire de plus belle.

« Arrête ça ! cria-t-il en riant. »

Lovino voulut le stopper en le tapant dans l'épaule et le bras, mais à cause de sa crise de rire, il manquait de force. Il rit aux larmes et commença à manquer de souffle. Antonio finit par s'arrêter de lui-même et tira Lovino sur ses cuisses pour pouvoir le câliner. Il enroula ses bras autour de lui et le serra contre son torse. Assit sur Antonio, Lovino était rouge écrevisse et reprenait son souffle. Il se recroquevilla un peu comme il le faisait en sirène. Antonio embrassa ses paupières humides et ses joues rouges. Lovino grogna et attrapa son visage de ses mains pour lui mordre la lèvre inférieure et l'embrasser. Antonio gémit légèrement à cause de la morsure mais laissa échapper un petit rire contre les lèvres de Lovino.

C'est alors que Bella arriva dans la chambre, elle frappa discrètement à la porte et entra de suite. Elle cligna des yeux en voyant le couple collé dans les bras l'un de l'autre, sur le bord du lit. Un large sourire se dessina sur ses lèvres. Les deux autres sursautèrent légèrement et tournèrent la tête vers la jeune femme.

« Ça va Lovino ? Tu nous as fait peur tu sais... dit-elle d'une petite voix amicale. »

Lovino l'observa et acquiesça. Antonio fit glisser un peu ses mains pour qu'elles maintiennent le bas du dos et une partie de la cuisse gauche de son amant. Lovino se tint à la chemise du jeune homme. Bella regarda les jambes de Lovino et remarqua qu'il avait du mal, même assis, à les mettre correctement. Elle s'approcha du couple et tapota gentiment leurs épaules.

« Lovino~ Ça te dirait de commencer à apprendre à marcher ? demanda-t-elle joyeusement,

– Je sais pas... J'ai... un peu peur...

– Ne t'inquiète pas Lovi~ On va t'aider. ajouta Antonio. »

Lovino déglutit et regarda ses deux compagnons d'un air incertain. Mais ils finirent par le convaincre, et Lovino commença par apprendre à rester en équilibre sur ses jambes. C'était la base. Bella fit des allers-retours dehors plusieurs fois pour s'occuper des cuisines pour le reste de l'équipage. L'air de rien, quelques heures défilèrent, et au bout de quelques temps, Lovino réussit plus ou moins à mettre un pied devant l'autre. Bien sûr il était aidé par Antonio et Bella. Ils le maintenaient pour qu'il ne tombe pas et se blesse. Au bout d'un long moment, la blonde décida qu'elle pouvait laisser les deux tourtereaux se débrouiller entre eux, et quitta la chambre pour au moins jusqu'au lendemain.

Lovino voulu se reposer mais Antonio en profita pour le soulever et le porter dans ses bras, en le soutenant sous les fesses pour qu'il soit plus haut que lui. Il fit un ou deux petits tours sur lui-même d'un air content avant de finalement s'affaler sur son lit avec Lovino. Ce dernier râlait tout en se tenant au Capitaine pour ne pas glisser trop loin dans le grand lit. Le plus âgé en profita pour rouler au dessus de l'autre et plongea doucement son visage au creux de son cou pour y déposer quelques baisers chauds. Lovino frissonna et gémit malgré lui. Les deux jeunes hommes rougirent en échangeant un regard. Lovino voulu se dégager de l'emprise d'Antonio mais ce dernier plongea sur ses lèvres et l'embrassa tendrement. Le plus jeune ne put résister à ses douces attentions et se laissa faire.

« Écarte-toi un peu, je vais te masser les jambes. »