Chapitre 9 : Touché en plein cœur.

L'Anglais avait les yeux ouverts depuis longtemps mais refusait de se lever à cause de son amant qui était allongé sur lui, la tête sur sa poitrine et les bras enlaçant son torse. Il ne voulait pas réveiller son ange endormi. D'une main distraite, il caressait le bas de son dos et son regard se perdait au loin.

En vérité John Rider culpabilisait. Cette nuit il avait fait l'amour avec Yassen. Il n'avait jamais connu de nuit pareille et ça avait été la plus belle nuit de toute sa vie. Durant un temps, il avait oublié qu'il était un homme marié.

Sa relation avec le Russe s'annonçait déjà compliquée parce qu'ils étaient à Scorpia, qu'il était son mentor et qu'ils ne pouvaient pas s'afficher en public mais s'ajoutait à ces contraintes le fait John n'était pas célibataire.

Il n'allait rien dire à sa femme, pour le moment du moins, mais s'il voulait que ce soit du sérieux avec Yassen, il fallait lui dire la vérité.

Il songeait à toutes les façons dont il pouvait l'annoncer au Russe: rien à faire. Il lui en voudrait terriblement. Il pensera que je l'ai trahi se dit John, ce qui n'était pas faux en un sens.

Par peur de mal faire, John décida de ne rien dire.

Son ange se réveilla et se mit instinctivement à lui sourire. Et à se cacher : il tira la couverture pour s'en recouvrir la tête. John rit et retira la couverture.

-Je n'ai même pas le droit à un petit bonjour ?

-Salut, dit timidement le Russe en posant son menton sur le torse de son amant.

Ce dernier l'embrassa sur le front et l'enlaça de ses bras. Il aurait voulu rester ainsi toute sa vie.

Après quelques longues minutes de tendresse, Yassen tenta de se défaire de son étreinte à contrecœur. En vain, John le retenait fermement.

-Je ne te laisserai pas t'en aller, lui dit-il.

-J'ai cours dans trente minutes, John. Et avec toi, en plus.

-On dira qu'on est tombé malade et qu'on doit rester au lit toute la journée.

Yassen se mit à rire.

-Tu sais bien que personne ne croira ça. Allons, j'ai déjà raté mon jogging, il faut que je me prépare.

L'Anglais le laissa se lever non sans une certaine frustration.

Yassen ramassa ses vêtements et jeta un regard attendrissant sur son amant.

-Tu ne te lèves pas ?

-Si je reste ici, tu n'auras pas d'autre choix que de rester avec moi, insista John tel un enfant.

Le Russe se pencha au-dessus de lui et dit sensuellement :

-Tu sais bien que ce n'est pas possible. Par contre si tu te lèves on pourra prendre notre douche ensemble…

Trente minutes plus tard John et Yassen étaient au réfectoire en train de déjeuner.

- Tu parles d'une douche en amoureux, je n'ai même pas eu le temps de te mettre du savon que tu étais déjà parti, reprocha John.

Yassen se mit à rougir. Ils étaient seuls tous les deux dans le réfectoire. Les autres recrues arriveraient dans un peu plus de trente minutes au plus tard.

Yassen ne savait pas si Scorpia donnait des sanctions aux élèves qui manquaient la course matinale.

Peu importe, tous les sacrifices valaient la peine pour un réveil comme le sien. De toute façon il doutait que quelqu'un le dénonce à Julia.

-Une autre fois on prendra notre temps, promit-il.

John n'avait pas touché à son plateau, il préférait dévorer Yassen du regard. Ce qui n'échappa pas à son élève.

-Et arrête de me regarder comme ça ! Gronda le Russe avec un sourire.

-J'essaie. Je t'assure que j'essaie.

Le Russe leva les yeux au ciel. Lui aussi avait envie d'embrasser John mais le moment était mal choisi. Il avait peur de se faire surprendre.

-Tu m'as prévu quoi pour aujourd'hui ? Demanda t-il dans l'espoir que John cessa ses provocations.

-Comme on a cours toute la journée ensemble j'ai prévu de t'entraîner au tir sur cibles mouvantes dans un environnement nocturne. Nous irons au hangar.

-Je serai noté ?

-Oui. Mais c'est normal si tu échoues : c'est l'un des exercices les plus difficiles. Au fait, aucune recrue n'a encore passé ce test.

C'était donc ça l'exercice spécial dont il parlait la dernière fois, se dit le Russe. Cette pensée en appela une autre.

-John, tu avais eu Christelle comme élève ? Se risqua à demander le Russe.

La question désarçonna l'Anglais.

-Elle ne t'en a pas parlé ? Oui je l'ai eu comme élève il y a des mois. Mais elle n'aimait ma matière. Je crois qu'elle a horreur des armes. Tu penses toujours à elle ?

Cette fois, ce fut au tour de Yassen d'être troublé.

-Pour la dernière fois il n'y a rien entre elle et moi. C'est juste… une amie.

-C'est un peu ce que tu avais dit à propos de moi hier soir avant qu'on…, s'amusa John.

-Je vais te …, menaça Yassen.

-Tu auras du mal, continua John.

Le Russe se mit à sourire de plus belle. Il ne s'était jamais senti aussi bien. Et c'était grâce à John. Il posa discrètement sa main sur la sienne.

- Tu sais mes sentiments pour toi, n'est-ce pas ? Lui répondit John.

Le Russe hocha la tête. Il avait confiance en son mentor, cela allait sans dire.

-Et… est-ce que cette nuit t'a aidé à clarifier tes sentiments à mon égard ? demanda John hésitant.

La question sembla gêner le Russe, il s'accorda néanmoins à révéler à son amant :

-Je ne regrette pas. Mais je doute sincèrement que notre relation ait un avenir.

Il vit que John était sur le point de protester et ajouta :

-Je te le répète, je tiens beaucoup à toi. Je ne sais pas si c'est de l'amour, en tout cas ça y ressemble. J'aimerais être avec toi moi aussi… mais ça paraît tellement impossible.

Un silence lourd de sens s'imposa. Il avait raison. Pourtant John refusait de le croire.

-Si j'avais pensé, ne serait-ce qu'une seule seconde, que nous deux ce n'était pas possible, je n'aurais pas couché avec toi. Jamais.

J'ai une femme, pensa John, je l'aime et si je l'ai trompé ce n'est pas pour l'histoire d'une nuit.

-Je te fais confiance. Et temps que tu seras honnête avec moi, je veux bien y croire.

Sur ces mots, les deux hommes se levèrent : il était temps de commencer l'entraînement.

L'exercice fut difficile, comme promis, ce qui n'empêcha pas Yassen de faire preuve de talent. Son professeur était parvenu à garder son impartialité, il avait assigné Yassen de reproches tout en reconnaissant néanmoins ses capacités.

Les heures défilèrent et arriva le moment de la pause. Aussitôt que Yassen eut posé son arme John l'enlaça par derrière.

-J'ai attendu ce moment toute la matinée, murmura L'Anglais au creux de son oreille.

-J'ai eu peur que tu profites de l'obscurité pour me sauter dessus.

-J'y avais songé, mais après je me suis dit que tu ne devais pas être en état.

Il déposa un baiser sur son cou et ajouta avec un peu plus de sérieux :

-J'espère que je ne t'ai pas fait mal.

-Tu as été très bien. Très tendre, comme maintenant, souffla le Russe.

Yassen se laissa bercer dans ses bras. Bon sang, comme c'est bon de se sentir aimé. Il était en train de rêver. Le monde pouvait s'écrouler qu'il n'en avait rien à faire.

Malheureusement, ce fut précisément ce qui arriva.

John se défit de Yassen lorsqu'il entendit des bruits de pas. Yassen commençait à ranger son matériel quand Julia Rothman fit son entrée.

Encore elle, pensa John. La journée avait si bien commencée.

-Julia, salua t-il poliment.

Elle mit un certain temps avant de lui répondre. Ses yeux lancèrent des éclairs à la vue du Russe. John lui réservait un traitement de faveur, elle en était persuadée.

-Tu es censé avoir fini depuis dix minutes déjà, fit t-elle remarquer.

-Qu'y a-t-il de si urgent ? demanda John.

-Nous en parlerons en déjeunant, l'invita la dirigeante.

Nous y revoilà, se dit John avec fatigue. Yassen s'approcha d'eux. Il attendait son amant pour quitter la pièce.

Julia le fixa avec mépris :

-Nous sommes en pleine conversation privée, Gregorovitch.

- Je t'attends dehors, John, dit Yassen en tournant le dos.

-Ce ne sera pas nécessaire, l'arrêta John. Puis s'adressant à Julia : je dois m'entretenir avec Yassen, et ça, ça ne peut pas attendre. Nous nous verrons après.

Julia eut un rictus. Quand John la refusait sous prétexte qu'il était marié, ça lui allait. Mais qu'il l'ignore pour une recrue sans intérêt, c'était hors de question.

-Mon cher John, tu me sembles t'attacher beaucoup à Yassen ces derniers temps, une once de jalousie perçait dans sa voix.

Yassen essaya tant bien que mal de ne pas sourire.

- Il m'est agréable, qu'y puis-je ? Ne seriez-vous pas jalouse, chère Julia ?

-Je t'en prie, John, si j'étais jalouse je ne t'aurais pas autorisé à rendre visite à ta femme il y a quelques jours.

L'esprit de Yassen quitta son corps. Avait-il bien entendu?

Sa …. Femme ? Sa femme ! John était marié ? Cela ne pouvait pas être vrai, Julia Rothman mentait. Mais pourquoi inventer un mensonge pareil ?

L'Anglais réalisa à présent à quel point il haïssait Julia.

Elle finit néanmoins par abdiquer. Elle avait crée un malaise entre eux mais en ignorait les conséquences.

-Très bien, on se verra plus tard, dit-elle avant de partir.

John attendit que la porte soit fermée pour parler à son élève :

-Je… Commença t-il.

-Dis- moi qu'elle ment John, supplia le Russe en le regardant droit dans les yeux.

John ne put rien répondre. Il sentait que tout était fini. C'était juste une question de temps.

-Si tu me dis que ça n'est pas vrai, je te croirai Toi, pas elle.

Le comportement de John en disait long sur la vérité. Il voulait l'entendre de sa bouche.

-Je voulais t'en parler mais je n'ai pas pu…. Balbutia John.

Yassen eut un mouvement de recul, comme si John le dégoûtait.

Il avait recouvré tous ses esprits. Tout était clair. John s'était royalement foutu de lui. Pire il l'avait mis dans son lit, il avait eu ce qu'il voulait.

-Ne me touche pas ! Hurla Yassen en voyant John se rapprocher. Ne me touche plus.

-Yassen je t'ai…

-Tu es marié, John. Alors va dire ça à ta femme, ou à un autre imbécile de mon genre. Parce que je reconnais que j'ai été con. Très con, dit-il plus pour lui-même.

Il sentait une colère sourde montée en lui, plus grande que lorsqu'il avait surpris Jordan en train de fouiller ses affaires.

-S'il te plaît il faut que l'on parle, dit John en tremblant. Je ne veux pas que ça finisse comme ça.

Yassen éclata de rire. Ce n'était pas le rire joyeux que L'Anglais avait pris l'habitude d'entendre, mais un rire qui masquait sa rage.

-Quand est-ce que tu vas arrêter de me prendre pour un idiot ? Il n'y a rien ! Il n'y a jamais rien eu ! Tu t'es servi de moi, tu…

John l'empoigna sauvagement, il refusait d'entendre cela.

- Jamais, je ne me suis foutu de toi. Je t'aime, Yassen. Et toi aussi.

-Je n'ai jamais dit une telle chose, murmura t-il. Tu n'es plus rien pour moi.

Il s'en alla. Une fois sorti du hangar, Yassen laissa libre cours à son émotion. Les larmes montaient malgré lui, il déambulait comme un cadavre qui dérivait le long d'une rivière. Il se sentait vide, lasse, fatigué.

Il avait vu en John un ami sur qui il pouvait compter. Puis un homme avec lequel il pouvait partager un amour réciproque. Chaque geste qu'il avait pris pour un signe de compassion était en réalité un signe de pitié.

Il voulait se tirer quelqu'un, c'est tout. A cette pensée le Russe ne put se soutenir davantage. Il s'assit sur un rocher situé au bord de la jetée.

John l'avait blessé comme personne ne l'avait jamais fait. Il ne pourra jamais lui pardonner. Il en était certain.

Le chaos de sa vie s'était définitivement renfermé sur une solitude sans fin.

La pluie tomba et Yassen décida qu'il était temps de retourner au hangar. Il n'avait pas mangé, mais ça ne lui importait peu. Il était juste pressé que la journée finisse.

John était présent, apparemment il n'avait pas quitté la pièce depuis le départ de Yassen.

Avec un professionnalisme déconcertant, le Russe sortit ses armes, les chargea toutes et attendit les instructions de son mentor.

John brisa le silence :

-Je ne pensais pas que tu reviendrais, avoua t-il. Il n'était pas pour autant rassuré.

Silence.

-Je n'ai pas eu le temps de te le dire tout à l'heure, mais je tenais à te demander pardon.

Toujours aucune réponse.

-Je ne voulais pas te faire de mal, Yassen.

En voyant qu'il allait une nouvelle fois prendre la parole, Yassen perdit patience.

-Je n'attends pas des excuses de ta part, je n'en ai rien à faire.

-Tu penses que ça ne vaut même la peine qu'on en parle ? Demanda John.

Il passa une main sur son visage triste. Il aurait préféré qu'il le frappe ou qu'il l'insulte. Tout, sauf lui être indifférent.

-Je savais que tu me le pardonnerais jamais, c'est pour ça que je ne voulais pas t'en parler.

-John, j'ai une arme entre les mains, et je te jure que la seule chose qui m'empêche de l'utiliser c'est le fait que je n'ai pas d'alibi. Alors maintenant soit tu commences ce putain d'entraînement, soit je me tire !

A présent il le fixait, il espérait une réponse.

John éteignit les lumières et l'entraînement commença. Lorsqu'il prit fin, l'élève partit sans un regard.

Yassen se doucha durant une bonne demi-heure. Il était trop lessivé pour dîner. De toute façon il ne voulait croiser personne.

Le soir, John avait enfin fini par rencontrer Julia. Elle voulait qu'il la tienne informée des progrès de ses élèves car plusieurs contrats avaient été proposés à Scorpia.

-Christelle et Jordan partiront bientôt avec Yermalov. Es-tu prêt à en faire de même avec Yassen ?

Le moment était mal venu. Ou peut-être était-ce le contraire. Passer du temps avec Yassen était vital pour John mais leur dernière entrevue ne s'était pas faite dans la joie. Tant pis, je tente ma chance, se dit John.

- Yassen est prêt, j'en suis presque sûr, confirma John.

C'était officiel, il était la cause de sa décente aux enfers. Le soir même John crut bon d'aller rendre une petite visite nocturne à son élève.

En le voyant, Yassen voulut refermer aussitôt la porte, John bloqua son geste :

-C'est professionnel, dit-il.

Il entra. La chambre du Russe était toujours aussi bien entretenue, des papiers déchirés en morceaux logeaient au milieu du lit. John reconnu la lettre qu'il lui avait adressé avant son départ pour l'Angleterre.

Il essaya de faire comme s'il n'avait rien vu.

-Julia va nous donner une mission. Te sens-tu prêt ? Demanda t-il.

Yassen s'assit un moment pour réfléchir. Il paraissait si pâle et ses gestes étaient lents.

-Dis- lui que c'est oui, dit-il d'une voix assez faible pour inquiéter John.

-Yassen ? Est-ce que ça va ?

Il marmonna quelque chose d'incompréhensible.

-Yassen ! Cria John.

Ce fut le dernier mot que Yassen entendit avant de s'effondrer.

L'Anglais crut devenir fou. Il espérait du fond du cœur que Yassen n'avait pas cherché à commettre l'irréparable. Dans tous les cas, ce serait de sa faute.

Il posa un oreiller sous sa tête et se mit à analyser ses symptômes. Le pouls était faible mais il respirait toujours. John compris qu'il s'agissait d'une crise d'hypoglycémie.

Il savait qu'il ne trouverait pas de sucre dans la chambre de Yassen, il courut donc chercher de la nourriture dans sa chambre.

Il avait administré les premiers soins à Yassen, il n'allait pas tarder à reprendre connaissance.

John lui caressa le visage. Yassen ouvrit les yeux.

-Ne te relève pas tout de suite, ordonna son professeur.

Il lui obéit. Dix minutes après il demeurait assis sur lit. Il ne savait que dire en guise de remerciements.

-Merci, tu peux t'en aller maintenant.

-Qu'est-ce qui t'a pris ? Gronda John. Scorpia exige de ses recrues qu'elles soient en plein de forme et apparemment tu n'as pas mangé depuis le petit- déjeuner.

Yassen avait honte de passer ainsi pour un faible. Il tourna la tête.

-Je n'avais pas faim.

Cette excuse était lamentable et John ne tarda pas le lui rappeler.

-ça n'a pas été une journée facile pour tous les deux. Mais si tu te prives de nourriture en plus de tes problèmes de santé, on risque de te …

Yassen jeta un regard accusateur à John. Merde, il ne sait pas, se dit John.

-Quels problèmes de santés ? Demanda le Russe. Répond-moi !

John s'installa près de lui.

-Le docteur nous a dit lors d'une réunion que tes poumons n'étaient en très bon état. C'est pour ça que tu n'as pas le droit de faire de la plongée sous-marine. Tu vas guérir, ce n'est pas aussi grave que ça.

-Scorpia me garde même en sachant cela. Ils avaient vraiment besoin d'un bouche-trou alors, répondit-il sur un ton cynique.

Il était en train de craquer.

-Je suis désolé. Je m'inquiétais juste pour toi.

Yassen secoua la tête :

-Personne ne l'a jamais fait, et personne ne le fera jamais.

-C'est complètement faux…

-Non, si tu t'étais soucié de moi tu serais resté mon ami. Tu ne m'aurais pas menti. Mais ne t'en fais pas, j'ai pris l'habitude maintenant, des gens qui se servent de moi.

-Arrête Yassen.

-Qu'est-ce que tu t'es dit en me voyant ? Que j'étais le genre de personne avec qui tu pouvais tirer ton coup et…

John le gifla.

-ça suffit maintenant ! Je t'en prie arrête, supplia t-il de nouveau.

Il se tenait la joue, il avait l'air très triste.

Avant de quitter la chambre, John posa des barres chocolat sur la table -pour que Yassen ne refasse pas une autre crise- et lui lança :

-Tu te souviens de ce que tu m'avais dit un jour « moi je vis pour des parcelles de bonheur ». J'étais en train de crever avant que tu ne sois là. Tu es ma parcelle de bonheur.

Une fois seul Yassen fondit en larmes, lui non plus n'allait pas survivre longtemps sans John.