Salut à toutes et à tous,
Vous l'avez surement remarqué, je n'ai pu commenter le dernier chapitre, à cause d'une merveilleuse panne d'internet qui dure depuis plus d'un mois (plaignez moi très, très fort), et qui risque de durer encore de nombreuses semaines (dixit le réparateur passé mardi matin à la maison). Si ça continue, je vais passer les vacances sans la moindre connexion.
Pour me rattraper, je vais vous parler un peu de ce chapitre, bien que je n'en sache pas beaucoup plus que vous à ce sujet, ne l'ayant pas encore lu. Enfin, d'après ce que m'a dit cette chère Taka (qui, je l'espère, vous transmettra ce message sans aucune modification), je pense que Lynna va se poser de nombreuses questions inutiles, maudire à peu près la Terre entière, discuter avec certaines personnes et peut-être, si nous sommes sages, faire certaines de ces maladresses typiquement lynnaliennes (d'ailleurs, j'en profite pour poser un copyright, je pense que je ne l'avais jamais fait : vous saviez que le prénom de l'héroïne de cette histoire venait en partie de moi ? =D)
Enfin, j'espère ne pas trop me tromper dans mes suppositions (si je suis à côté de la plaque, ne me lynchez pas, please), et vous souhaite une agréable lecture.
Bisous,
LaLouisaBlack.
PS : Taka, j'espère que ce n'est pas trop long =P
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C'état lalouisablack qui parle parle parle et me rappelle des choses...Mais elle se trompe sur un point : dans ce chapitre...pas de maladresse.
C'est terminé la Lynna maladroite ! *un éclaire déchire le ciel suivit d'un terrible coup de tonnerre*
Vous souvenez vous de la raison pour laquelle Lynna n'était plus maladroite dans AD ?
*.*.*.*
Chapitre 9 : Ca va ?
Elle ne sourit plus comme avant, tout à l'air forcé et détruit dans ses expressions, mis à part le désespoir et le dégoût. Elle me parle de moins en moins mais tente de respecter sa promesse de s'occuper de mes problèmes, sauf que quand je lui dis que mon problème c'est son état, elle change de sujet ou se tait pour finalement s'éloigner. Elle cherche à s'éloigner, à rester seule…Elle a cessé de se faire jolie, à chercher comment séduire, comment être une femme, elle laisse tomber sa vie sociale aussi, alors qu'elle venait de reprendre. Elle se fait happer par des ténèbres contre lesquelles je ne peux rien… [...]
L'amour de Lynna existe-t-il encore ? Ou plutôt sa force est-elle encore présente ?
* * * * * * * Łƴɲɳɑ * * * * * * *
-Et tu ne l'as pas retenu ? Alors qu'il était mignon ? s'exclame Sue dans l'antre de la cheminée.
-Mais si, et pas parce qu'il était mignon, je corrige. Non, en fait, je l'ai rattrapé et lui ai donné ma carte -celle avec l'adresse du Ministère anglais, tu sais ?- afin qu'il m'envoie la date de sa future visite à Pré-au-lard, ainsi, nous pourrons discuter un peu plus longuement. Il avait l'air vraiment très motivé !
-Et très mignon, marmonne Sue avec un sourire en coin indécent.
-NON ! je hurle, aussi rouge qu'un boutefeu chinois. Je fais ça pour son avenir, enfin je veux dire...
-Oui, son avenir... et le tien peut être. Tu aurais du l'inviter dans ta chambre.
-Il a dix sept ans ! Il est charmant mais...
-Lily disait la même chose de son correspondant. Et en plus il était majeur, quelle occasion manquée...
-Il y avait le concierge qui nous regardait !
-Donc tu as voulu qu'il te suive, tu avoues ! s'écrie-t-elle.
-Rah ! Tu sais très bien ce que j'ai voulu dire... Va-t-en ! C'est impossible de discuter avec toi, je soupire en faisant un signe de la main tandis que mon amie éclate de rire et me salue avant de disparaître.
J'expire longuement, regardant sans réfléchir dans les cendres de la cheminée de ma chambre d'hôte que j'ai louée pour deux ou trois nuits -toujours à cause de la maladie de Remus-, un vague sentiment de mélancolie m'envahissant. Poudlard... J'ai l'impression que le sentiment de bonheur que j'ai ressentit là-bas n'était que mensonge et artifice. Pourtant je l'ai bien ressentit, non ?
Rapidement, l'amertume prend place. Je sais très bien ce qui s'est passé : le seul bonheur que j'arrive encore à percevoir est celui de mon travail. Une petite boule se forme dans ma gorge, ce qui est très désagréable. Je sais exactement ce qui s'y est produit et pourquoi je suis ainsi : j'avais tout pour être ravie d'y retourner, je l'étais, et puis... Je me suis comme « interdit » d'être heureuse, de ressentir au maximum et de conserver ces émotions. Je n'ai plus le droit d'être contente, je n'ai pas le droit d'assimiler Poudlard à de la joie, Poudlard qui représente mon passé...
Parce que j'ai faillit à ma tâche.
Si Black avait été contrit, s'il avait accepté les accusations, j'aurais pu me dire qu'il avait un bon fond, mais non. Et puis il y a aussi ma part de responsabilité. J'aurai du aider Black à Poudlard. Il a abusé de la confiance qu'on lui avait offerte. J'ai abandonné mes amis. Il a rejeté ses souvenirs. J'ai ignoré les appels au secours. Il a méprisé nos vies. Nous sommes tous deux coupables, aucun de nous n'a le droit au bonheur. Lui, ce sont des monstres qui l'en empêche, moi, c'est mon esprit qui me l'ordonne. Je ne peux que faire semblant, sourire sans rien ressentir, rire en cachant ma crispation, voir mes amis sans être ravie de faire partit de leur groupe. Pourtant Dieu sait que je les aime.
Désormais, j'arrive à chasser de mon esprit mes souvenirs douloureux et gênant, j'arrive à penser à autres choses rapidement et en repensant à mes longues introspections à ce sujet pendant ces cinq dernières années -bientôt six- je me trouve idiote et bien naïve. Je suis fière de réussir à haïr Black, je suis satisfaite d'avoir enfin quitté cette crédulité insultante pour mes amis défunts, je suis même étonnée de voir la maturité que cela m'a permis d'acquérir. Je me sens plus femme désormais, plus sûre de moi, plus stable. Les émotions ont moins d'emprise, je pleure beaucoup moins, je ne suis plus aussi impulsive qu'avant -sauf lors de rare exception... Comme face à Snape par exemple-, je ris moins aussi...
Mais je suis horriblement triste de ne plus être celle que j'étais, de ne plus être Lynna, la fille un peu bête mais gentille, j'ai l'impression d'avoir perdu une soeur, une amie, un morceau de mon âme. Je ne suis plus une enfant, je n'ai plus le droit d'avoir un comportement irréfléchi, un caractère enflammé et de vivre au fil de mes sentiments. Puisque Black ne regrette pas ses actes, puisqu'il hait nos amis, puisque tout cela n'était qu'une supercherie, puisque mes autres amis ont eux aussi changé, mûrit, la Lynna d'antan n'a plus rien à quoi se raccrocher et doit donc cesser d'exister. Désormais, je dois prendre du recul, être plus calme, plus sérieuse aussi... Je dois être adulte. Et peut être que c'est ça qui me dégoûte de moi même, moi qui ait toujours voulu être un souffle de jeunesse pour les gens, qui voulait prendre soin d'eux, leur rappeler que la vie est belle...Je suis maintenant une femme tout ce qu'il y a de plus banal et qui n'a plus le droit de faire la gamine.
Quand je doutais de Black, cela me retenait à mon adolescence peut être à cause de mes anciens sentiments pour lui ? Je ne sais pas vraiment, maintenant, ce qui est sûr cependant, c'est qu'il n'y a plus rien qui me retient. Plus personne n'a besoin de « Lynna-patatras ». Black m'aurait-il maudite ? Quand je l'appréciais, je pouvais m'aimer, désormais, je ne peux que nous haïr. Je n'arrive même pas à nous aimer, je n'ose même pas essayer : comment réagirait Remus ? Comment apprécier un meurtrier ? Et si je retombais dans ce doute dévorant et presque criminel ! Non, je ne crois pas être capable de refaire la même erreur, cette histoire est définitivement terminée. Je hais Black, il me hait et moi aussi, je me hais.
Pourquoi avait-il parut si heureux en me voyant ? Me souffle une petite voix dans ma tête, me déstabilisant légèrement. Il devait être juste fier de voir qu'une personne était toujours embobinée...Mais son regard n'était pas ainsi, il n'avait pas cette expression lorsque...Non, je ne le connais pas, je ne l'ai jamais connu. Comment pourrais-je savoir quelle signification à son regard alors qu'il nous a tous roulé dans la farine ? Qu'il était un agent double, un traître et un meurtrier.
Et le plus triste dans tout ça, c'est que je n'en pleure plus.
J'ai changé moi aussi, finalement.
Et je n'en suis pas aussi fière que je l'aurais pensé il y a encore quelques mois.
Je me relève en chassant toute pensées sur Black de mon esprit, préférant réfléchir à comment remplir mes derniers mois en Angleterre : il faudrait que j'aille rendre visite à maman mais je n'ai pas envie. Elle va encore me prendre la tête. Et puis j'aimerais passer dire bonjour à Katty qui est revenu de son voyage...Peut être que je devrai organiser un repas entre fille, je pourrai y convier Sue et Pauline. Je commence à me déshabiller tout en réfléchissant à comment attendrir les relations entre elles : il est vrai que Sue est assez rentre-dedans mais j'ai l'étrange impression que ces tensions ne viennent pas uniquement d'elle.
Une fois en sous-vêtements, je me glisse sous l'épaisse couverture à l'odeur inconnue : ça me fait toujours bizarre de dormir dans un lit qui n'a pas mon odeur ou celle de Remus. Même l'odeur de Sue me convient, un rien trop parfumée mais ça va quand même. La journée a été longue pourtant je n'arrive pas à sentir le sommeil se répandre en moi. Je sais qu'il est tôt mais je devrai me lever à l'aube demain pour mon travail donc je préfère me mettre au lit tout de suite.
Après avoir rêvassé une bonne heure sur mon futur professionnel et mes amis, n'ayant toujours aucune envie de dormir je décide de m'occuper d'une manière tout aussi intellectuelle mais bien plus physique. Je respire profondément, ma main gauche coince entre deux doigt le bout d'un mamelon tandis que la droite se glisse entre mes cuisses afin de frôler mon intimité. Je cherche à me focaliser sur mes fantasmes en fermant les yeux, des hommes séduisants que j'ai croisé au travail en Roumanie ou dans la rue, des ex qui me regretteraient, des faits vécus me rendant plus sensibles, je m'imagine avec Remus qui étrangement -sans pour autant me gêner, bien au contraire- sait exactement comment agir, quel rythme adopter, quelles phrases dire, ou alors je suis avec ce jeune homme roux, décidant avec une grande magnanimité de lui apprendre certaines bases pour étourdir les filles de son âge -c'est étonnant comment un ego flatté peut griser une personne. Une remarque de Sue surgit de nulle part mais je la fait disparaître grâce à un nouvel amant imaginaire, au corps bronzé et aux muscles saillants, à l'odeur lourde et envoûtante, me serrant à lui, glissant une main derrière ma nuque pour mieux m'embrasser sans que je ne puisse m'échapper, me soulevant sans aucun problème, me murmurant mille et une parole érotiques au creux de mon oreille, frottant ses hanches aux miennes afin de me faire sentir son désir...Mon esprit vagabonde de corps en corps, tandis que mes doigts commencent à se faire plus insistants , se rapprochant toujours plus d'une zone rendu moins gênante et plus encline à m'aider à atteindre mon objectif.
-Je peux t'aider ?
J'ouvre les yeux, surprise mais peu gênée, je dois l'avouer, face à Remus, sortit de nul part -ou peut être de la cheminée- accroupi contre mon lit. Ses yeux sont terriblement cernés mais il semblerait que ce que le spectacle qui s'offre à lui efface toute la fatigue accumulée par la récente pleine lune. Il affiche un sourire à moitié entre la taquinerie coquine et le bonheur simple et si masculin face à une femme qui se touche, ne cherchant même pas à le dissimuler... Ah, les hommes.
Je sais qu'il aime ce qu'il voit, je sais aussi qu'il respectera mon refus... Si refus il y a, or :
-Peut être, je murmure en cherchant à prendre un air malicieux et une voix chaude, me mouvant lascivement sous la couette.
J'ai souvent l'impression que ce genre d'efforts me rendent ridicule, je ne suis pas comme Sue, ce n'est pas naturel pour moi, ça ne colle pas avec mon corps trop lourd, pas assez souple et pourtant, ça marche avec une efficacité incroyable, à chaque fois. Dix secondes plus tard, Remus est sur moi, nu, caressant alternativement mes hanches et mes seins d'une main vigoureuse, l'autre terminant avec empressement -et une légère maladresse qui s'estompe au fil des nuits que nous passons ensemble- le travail que j'avais débuté. Je le sens impatient et fébrile, ce qui gonfle mon estime et mon plaisir. Ses attentions me bouleversent plus que d'habitude, j'ai l'impression que c'est trop pour moi, je cherche à en rendre autant mais je n'ai pas la sensation d'y arriver, même si tout son être est saisi de frissons à cause de la différence de température entre son corps, excité, et l'air frais de la chambre, même si je sais qu'il ne tiendra pas longtemps ainsi, et encore moins en moi...
C'est étrange comme sentiment, est-ce moi qui suis devenue plus sensible ? Bah, aidons le plutôt à me faire venir en pensant à des choses plus libertines tout en s'occupant de sa virilité.
Sentant l'extase arriver, je fais un léger signe de la main à mon amant bien particulier puis l'aide à retirer mon dernier sous-vêtement pour écarter largement les jambes avant d'abandonner tout effort, laissant la jouissance contracter mon corps de toute part et Remus s'introduire en moi, ce qu'il fait avec une violence qui lui est assez rare, surtout deux jours après une pleine lune. Non pas que ça me déplaise mais, encore une fois, j'ai besoin qu'il ressente plus que moi, qu'il reçoive plus de plaisirs, bien plus que ce qu'il me donne... Et j'ai beau essayer par tous les moyens qui me sont offerts, cela me semble malgré tout impossible à réaliser.
Comme je l'avais prédit, il ne dura pas longtemps en moi, lâchant rapidement un grognement dans le creux de mon cou tout en serrant un peu plus fort mes hanches contre lui. Il réalise un dernier va et viens, plus léger que les autres avant de faire un mouvement pour se retirer. Sans m'en rendre compte, je l'enferme entre me jambes, empêchant toute retraite, ce à quoi il répond par un sourire fier avant de s'allonger sur moi, reprenant sa respiration habituelle, me serrant dans ses bras. Pourquoi j'ai fait ça ? Je le gardais en moi seulement au collège, plus maintenant. Bon,il ne doit pas trop se poser de question et penser que c'est parce l'acte a été particulièrement délectable, ce qui n'est pas faux, alors pas la peine de me prendre la tête avec un simple mouvement de jambe...
Il sait que ce fut bon, mais il a tout de même besoin de me le demander, d'une manière ou d'une autre. Mais plus que le plaisir que j'ai ressentis, je me focalise sur le malaise qui s'empare de mon esprit tandis que je repense au sentiment qui m'avait saisi durant les préliminaires, et même après : qu'est-ce qui m'arrive ? Suis-je vraiment sensibilisé ? Déjà, il y a quelques jours, dès qu'il était gentil avec moi j'avais envie de me coller à son corps, mais maintenant... C'est encore plus fort, mon coeur bat plus vite et est plus douloureux, ses mots me transpercent et me donne envie de rester avec lui, tout ce qu'il me donne est bien plus savoureux qu'auparavant et me semble trop beau pour moi, la simple pensée qu'il puisse s'en aller m'est insupportable...
Et pourtant... Je suis certaine de ne pas être amoureuse de lui ! Je l'étais, il y a presque dix ans, lors de notre septième année et quelques années après, mais plus maintenant.
Nous sommes des amis, des amants à certaines occasions, mais je ne l'aime pas comme... Comme Lily aimait James, comme je l'aimais il y a des années, lorsque nous sortions ensemble au collège.
Comment vérifier ?
Je l'embrasse lentement dans le cou en passant une main dans son dos humide de transpiration : c'est vrai que les nuits se font plus chaudes à l'approche de l'été. Je lui murmure quelques compliments qui le font sourire avant de changer radicalement le sujet.
-Qu'est-ce que tu fiches ici exactement ?
-Et bien... Je te faisais l'amour -l'expression me fait rougir à un point qui n'est pas normal- et tu m'as retenu donc...
-Non, ce n'est pas ce que je voulais demander : comment ça se fait que tu ne sois pas mort de fatigue ?
-Oh, la pleine lune tu veux dire ? Et bien Pauline a une amie qui est médicomage et elle lui a demandé de lui apprendre quelques sorts et potions pour les blessures et la fatigues qu'elle m'a ensuite enseigné -j'ai prétexté que c'était pour ta présentation, tu joueras le jeu, d'accord ? Ce n'est pas aussi bien que Pomfresh mais on sent quand même une grande différence.
-C'est super ! je m'exclame, sincère. Tu me les apprendras ?
Et bien, Pauline est vraiment une femme charmante finalement : elle m'aide moi -enfin, si on peut le dire ainsi-, elle soigne Remus indirectement... Franchement, elle grimpe à une vitesse folle dans mon estime ! Je suis heureuse que mon ami puisse désormais se rétablir plus rapidement, je me sens juste un peu nulle de ne pas avoir été celle qui l'ait aidé.
Nous discutons le reste de la soirée, dans le lit, nus, des différentes manières de soigner les griffures et morsures d'animaux, puis de ma journée à Poudlard avant de nous endormir.
Le lendemain, je me lève brutalement, regarde ma montre sur la table de chevet -sept heure dix... j'ai vingt minutes pour arriver au travail, c'est juste. Sans dire un mot mais affichant un air mécontent de moi même, je m'habille sans même m'être douchée puis part dans la minuscule salle de bain pour me maquiller. En retournant dans la chambre, je remarque Remus qui s'étire lentement dans le lit puis qui ouvre les yeux tandis que j'enfourne mes affaires dans mon sac à main avec une violence assez effrayante.
-Ça ne va pas ? J'ai fait quelque chose de mal ?
-Je suis presque en retard, je réponds sèchement. Mais ça va, ce n'est pas toi.
Je chasse une petite voix qui me demande si ce n'est vraiment pas de « sa faute » si je suis dans un tel état d'énervement.
Il me regarde, étonné : c'est vrai que d'habitude... Je veux dire « Avant », j'étais plus éparpillée et courrait dans tous les sens lorsque j'étais en retard, et je n'affichais pas un air aussi grave. Je lui murmure un « pardon » sincère, moi-même désolée de ne plus être la même.
-Ne t'en fais pas pour la note de la chambre, j'ai déjà réglé, mais tu dois partir à neuf heure tapante maximum et rendre les clés à l'accueil. Je rentre à la maison ce soir vers six heures. Ça ira ?
-Oui, fait-il, à moitié sonné par le débit de mes paroles, l'agitation autour de lui et le fait qu'il n'est pas encore tout à fait réveillé. Je me sens à peine comme un gigolo.
Alors que je me dirige vers la cheminée pour prendre une poignée de poudre, je sens mon poignet être tiré en arrière. En me retournant, je vois mon ami s'approcher de moi pour embrasser mon front en me souhaitant une bonne journée. En temps normal, j'aurai rigolé puis lui aurait signalé qu'il était nu comme un vers... Mais là... Je rougis et j'ai envie de pleurer,de me réfugier dans ses bras tout en fuyant le plus loin possible. Pourquoi ?!
-Passe une bonne journée.
Je n'arrive pas à répondre, la gorge trop serrée, puis m'échappe par la cheminée pour atterrir au Ministère de la Magie.
Bon sang, qu'est-ce que j'ai ? Ne me dites pas que je suis retombée amoureuse de lui ! Certes, ça fait dix ans qu'on couche ensemble, mais on est juste amis ! Et puis, c'est dix ans entrecoupés de longs mois en Roumanie. D'accord on se connaît mieux que n'importe qui d'autre, on sait exactement ce qu'un regard de l'autre signifie mais... Ce n'est pas de l'amour...
-Hello !
Je sursaute comme si un Magyar venait de me hurler dans les oreilles et pivote brutalement en dégageant ma baguette de ma poche. En face de moi, Sue me regarde avec un léger sourire, ne sachant comment réagir face à cette plaisanterie. Sans le vouloir, je suis furieuse, et je préfère m'éloigner le plus rapidement d'elle, pour ne pas me mettre à lui sortir des méchancetés cruelles, blessantes et surtout inutiles.
-Ça va ? Je ne vais pas t'attaquer tu sais, déclare-t-elle avec un sourire qui me met encore plus sur les nerfs.
-Excuse moi mais là, j'ai un rendez vous, je suis super stressée.
-Quoi ? On ne peut pas parler cinq minutes ?
-Non ! je déclare avec un peu trop de dureté.
Je prends une profonde respiration pour me calmer un moment puis relève les yeux vers mon amie, visiblement vexée.
-Pardon, je ne voulais pas, c'est ce rapport à rendre et la tension... Enfin, tu comprends. On se voit à midi pour manger si tu veux ? Je t'invite pour me faire pardonner.
-D'accord ! s'exclame-t-elle, tellement ravie de ne pas avoir à payer qu'elle semble prête à tout me pardonner.
Je m'enfonce dans la foule sans la saluer, toujours mécontente : de moi, d'elle, de tout ce monde qui parle, de cette réunion qui m'a forcé à me lever plus tôt, de ce travail... Respire calmement. Ça ne marche pas. Tant pis. Ça devrait passer.
Près de la fontaine de la fraternité à midi moins dix, j'attends Sue pour aller dans un restaurant situé dans le monde moldu : on en a découvert un tellement bon marché -et pourtant avec des plats de qualité- qu'on préfère se changer pour s'y rendre plutôt que d'acheter un vieux sandwich rassis à un prix exorbitant dans le hall. Finalement, ce matin, j'ai passé mes nerfs sur un greffier qui passait par là juste parce qu'il avait fait tomber un de mes dossier. Heureusement, j'ai réussi à le retrouver et à lui demander pardon avant qu'il ne dise à tout le monde que j'étais une folle furieuse injuste et bruyante.
Bon sang, reprends toi Lynna, si à chaque fois que tu fais une légère introspection tu te mets dans un tel état d'énervement, on n'est pas sortit de l'auberge. Soit tu en fais une totale, soit tu n'en fais plus du tout !
Finalement, je vois Sue arriver, habillée en moldue, faisant tourner quelques têtes sur son passage –pour ses vêtements ou sa beauté ?
Nous sortons du Ministère puis nous dirigeons vers le restaurant.
- Dis-moi Lynna ? Euh... Tu es allé à Azkaban, n'est-ce pas ? me demande-t-elle, une fois attablée dans un coin un peu en retrait.
Je cesse immédiatement la mastication de ma rondelle de tomate pour ensuite la reprendre, avaler et demander avec une certaine froideur :
-Qui t'a dit ça ?
-Ben, Remus parlait avec cette Peclercs l'autre jour et je les ais entendu parler de la prison et de toi avant d'aborder différent sorts... Alors...
Je ne réagis pas, regardant mon assiette, puis me décide à lui raconter ce qui s'est passé il y a plusieurs mois maintenant: ma rencontre avec Pauline, comment j'ai réussi à la convaincre de m'emmener à Azkaban.
-Et tu as pu... le rencontrer ?
-Oui. Et désormais, je le hais. C'est fait.
Je sens qu'elle veut en savoir plus, qu'elle veut me demander comment ça s'est passé, ce qu'il a dit. Je préfère ne pas entendre trop de question au sujet de Black donc je prends les devant.
-Il n'a aucun remords et a même accusé Peter d'être la cause de ce carnage.
-Peter ? Mais il est fou ! Peter est...
-Oui, il est fou, et je le hais, ne t'en fais plus, je tranche sur un ton qui n'est pas dans ma nature mais qui montre bien que je n'accepterai pas de parler plus longtemps sur ce sujet.
Elle regarde un moment son verre de vin avant de murmurer d'une voix si faible que je dois cesser de manger et me pencher pour l'entendre.
-J'ai honte de ce que je vais dire mais... Ça me faisait du bien de reparler de Sirius Black avec toi.
-Moi aussi, j'avoue avec un soupçon de tristesse, repensant non seulement à nos souvenirs mais aussi à ce que j'ai perdu en allant à Azkaban.
-Et puis... J'ai comme l'impression que tu as fait le travail pour nous deux, que maintenant, moi non plus je n'ai pas à culpabiliser pour lui. Non pas que je le faisais avant mais... J'évitais de penser à lui pour ne pas me mettre moi même en question. Maintenant, je peux le faire tout en sachant que je n'ai rien à me reprocher. Merci.
Ses immenses yeux noisette me fixent avec une gratitude et une humilité rare chez cette femme. Je hoche la tête puis me remet à manger, la nourriture me paraissant terriblement fade et caoutchouteuse. Oui, je dois faire ce travail pour elle aussi, pour qu'elle puisse vivre heureuse et insouciante, je dois le haïr quitte à me dégoûter de moi même.
-Enfin, maintenant, je ne te poserai plus de problèmes avec Bones puisque je n'ai plus besoin des archives.
-C'est vrai. Mais en fait on s'entend mieux lui et moi ! On a un peu parlé il y a quelques semaines et c'est un sorcier très gentil et respectueux, je comprends mieux pourquoi Croupton l'a engagé. D'ailleurs, Croupton a été muté il y a dix jours au département de la coopération magique, le pauvre homme.
-Ah... Et donc, ce Bones, tu disais ?
-Oui, William -maintenant on s'appelle par nos prénoms- est vraiment intéressant et cultivé et j'adore sa manière de voir les choses.
-Attends, il t'appelle Sue ou par ton vrai prénom ?
-Le vrai, tu te souviens que c'était ce qui m'énervait le plus, n'est-ce pas ? Et bien il m'a expliqué qu'il avait la garde de sa nièce depuis que les parents de celle-ci étaient morts durant la guerre -tu te rends compte ! Il est super sensible non ?- Bref, sa nièce donc se nomme Susan ! Comme moi ! s'exclame-t-elle avec un air ravi, un air que je ne lui avais pas vu depuis la mort de Lily et James. Et par peur de s'emmêler les pinceaux, il m'appelait par mon vrai prénom. J'ai trouvé ça tellement mignon que désormais, je ne lui en tiens plus compte.
-Donc on peut tous t'appeler A...
-Non ! Lui il peut à cause de Susan, sa nièce, toi et les autres vous gardez « Sue ». Compris ?
-D'accord, d'accord. Et elle a quelle âge cette petite ?
-Elle a fêté ses sept ans il y a trois mois... Elle a presque l'âge d'Harry, soupire-t-elle avec nostalgie.
Je souris à Sue : Harry Potter, sauveur de notre monde et seul être vivant ayant obligé James Potter à chanter sans menaces ou dossiers compromettant. Ce cher Harry aux yeux de Lily, ce tout petit bébé... Il a du grandir depuis. À quoi peut-il ressembler ? Comment vit-il la disparition de ses parents ?
-Tu crois qu'on le reverra un jour ? me demande mon amie.
-Qu'est-ce que tu voudrais lui dire ? je ricane.
- Je ne sais pas, j'aimerai bien savoir comment il va, lui raconter des trucs sur ses parents... Tu crois que Lily accepterait que je lui apprenne certaines choses de la vie ? m'interroge-t-elle avec une expression taquine.
-Rien que pour avoir prononcé cette menace, Lily m'a dit de là où elle est qu'elle venait de te maudire sur trente générations et que demain tu gagneras sept kilos !
-C'était une blague !
-Lily n'écoute plus.
-Quelle rabat joie celle là !
On se regarde une seconde avant de glousser comme deux grosses dindes.
